Incubateurs

  • Santé publique France lance le site Géodes, son observatoire cartographique des données de santé

    Le portail Géodes (Géo données épidémiologiques de santé), lancé en février par Santé publique France permet d’avoir accès à plus de 300 indicateurs, concernant les pathologies (les différents types de cancer, les allergies, les AVC, la dépression, la grippe, etc.) et les indicateurs de santé (alcool, tabac, perturbateurs endocriniens) ainsi que la surveillance syndromique (données des urgences, des médecins, des décès).

    Cette plateforme web dynamique centralise les données produites par Santé publique France à partir de différents systèmes de surveillance, d’enquêtes épidémiologiques en population générale, d’enquêtes de comportements et de bases de données médico-administratives.

    Il permet à l’utilisateur de visualiser ces informations sous forme de cartes dynamiques, de tableaux et de graphiques/séries temporelles. L’objectif est de rendre plus facilement consultables des données régulièrement diffusées dans divers bulletins et publications scientifiques. Il s’agit d’en faciliter l’accès à un public élargi, notamment à l’ensemble des acteurs de santé, mais aussi aux institutionnels, aux chercheurs, aux journalistes, aux associations, aux étudiants.

    L’outil permet notamment d’accéder à quelque 300 indicateurs concernant 40 thématiques, mais aussi d’établir des comparaisons entre indicateurs nationaux et régionaux, d’accéder aux détails techniques de chaque indicateur (source, période de mise à jour), de télécharger cartes et données et de les partager.

    La vocation de Géodes est de « fournir en toute transparence aux acteurs de santé des indicateurs de plus en plus fins géographiquement, au niveau de la région, du département et demain de la commune», souligne François Bourdillon, directeur général de Santé publique France

  • Kinésithérapie : la startup e-santé Kobus lève 1 million d’euros

    Kobus boucle une levée de fonds d’un million d’euros dans l’optique de devenir l’outil de suivi n°1 du parcours de soins pour les professionnels de la rééducation dans la zone francophone (France, Belgique, Suisse et Québec). La société francilienne s’est faite remarquer à l’occasion des Trophées de la santé mobile 2018, dans le cadre desquels elle a reçu le grand prix de l’application mobile de santé.

    Fondé en 2016, Kobus propose aux kinésithérapeutes un assistant digital personnalisable, simple d’utilisation, capable d’établir un bilan de santé précis du patient grâce à une base de données mise à jour en temps réel de plus de 1 000 tests validés enrichis par la communauté, précise la start-up dans un communiqué publié début mars 2019.

    L’outil permet également de mesurer l’évolution du patient en l’impliquant dans sa thérapie (avec photos, vidéos, bodychart, auto-questionnaire, suivi des exercices) et, par la suite, de lui adresser directement les bilans, facilitant la coordination avec les autres professionnels impliqués dans le parcours de soins.

    Kobus estime qu’actuellement plus de 1 500 kinésithérapeutes utilisent quotidiennement le logiciel, alimentant la base de données et aidant à numériser les pratiques. Déjà bien implanté sur son marché, la société a su convaincre le fonds d’investissement Side Capital, dirigé par Renaud Guillerm, de la soutenir.

    Un recrutement envisagé pour développer une version améliorée du logiciel

    « Nous souhaitons étendre la solution aux autres professions de rééducation (podologues, ergothérapeutes, chirurgiens…) sur le marché francophone », déclare la co-fondatrice de Kobus Laura Beaulier. Elle prévoit également de recruter pour élaborer une nouvelle version de son logiciel « encore plus facile à prendre en main », rendant « encore plus lisible le lien entre diagnostic initial et suivi.

    Un objectif de 10 000 utilisateurs en 2020

    Kobus souhaite également utiliser les données recueillies, une fois anonymisées, pour proposer de l’aide au diagnostic et à la prescription de protocoles aux professionnels. Il s’agirait d’atteindre les 10 000 utilisateurs en 2020.

  • Étude comparative : les chatbots santé n’ont pas encore gagné la confiance des utilisateurs (USA)

    Les chatbots santé Ada, Mediktor, Your.MD, Symptomate et HealthTap ont encore des efforts à faire pour gagner la confiance des usagers, révèle une étude comparative de ces 5 applications réalisée par société californienne User Testing, spécialiste de l’amélioration de l’expérience client. Les travaux, dont les résultats ont été publiés début 2019, démontre que, selon les utilisateur, ces outils gèrent encore imparfaitement les affections complexes et qu’ils manquent de convivialité.

    500 consommateurs ont évalué les applications en fonction de 5 paramètres : facilité d’utilisation, vitesse, crédibilité, esthétique et plaisir. Les participants ont reçu une liste de symptômes pour le rhume et l’intoxication alimentaire, et ont été invités à utiliser les chatbots pour obtenir un diagnostic. Ils ont ensuite répondu à une série de questions quantitatives et qualitatives sur leur ressenti.

    Résultats clés de l’étude :
    • Les agents conversationnel réagissaient correctement pour des affections faciles à diagnostiquer mais dans ces cas-là, une recherche sur Google aurait probablement rapporté les mêmes résultats, notent les auteurs de l’étude.
    • Les tentatives de diagnostic d’une intoxication alimentaire ont débouché sur des résultats nettement moins satisfaisants.
    • Une part important de testeurs a été rebuté par des problèmes d’ergonomie assez basiques.

    Chatbot : une image nuancée auprès des utilisateurs

    L’étude signale par ailleurs que selon le cabinet Accenture, l’un des principaux dangers pour les chatbots santé est le refus des patients de les utiliser.

    User Testing indique que seules 2 applications sur 5 se voyaient attribuer plus de 50 % de votes en termes de « crédibilité ». La société souligne cependant qu’à l’issue de l’expérience, 73 % des testeurs jugeaient ces applications « utiles », contre 12 % qui les trouvaient « inutile »».

  • Blockchain : Gustave Roussy s’allie à Embleema pour assurer un partage sécurisé des données patients

    L’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), premier centre anti-cancer en Europe, s’associe à la start-up française Embleema pour que les données des patients recueillies dans le cadre de parcours de soins soient numérisées et partagées de façon sûre afin de faciliter un usage anonyme à des fins de recherche.

    Grâce à la technologie blockchain, les patients exerceront un contrôle accru sur leurs données stockées :
    • consentement éclairé pour leur recueil, comme actuellement dans les protocoles de recherche ;
    • contrôle facile de l’accès et de l’usage.
    L’objectif est que les données de suivi de pathologie, ou « données concrètes », puissent servir la recherche clinique à tout moment avec l’accord du patient.

    Embleema va apporter son expertise technologique en matière d’échange sécurisé de données de santé par blockchain, permettant aux patients de consolider l’ensemble de leurs données sur un même dossier, et d’exercer à tout moment une pleine souveraineté sur leur partage, précisent les deux partenaires dans un communiqué publié le 5 mars 2019.
    L’Institut Gustave Roussy contribuera de son côté à la constitution du réseau en hébergeant des nœuds de la blockchain et validera les catégories de données pertinentes pour le partage avec la recherche en participant au consortium d’Embleema.

    « Initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche »

    Le Pr Alexander Eggermont, directeur général de Gustave Roussy, a déclaré que ce partenariat avec Embleema allait « initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche, en toute transparence et en respectant pleinement les droits du patient » (communiqué). Du côté de la recherche, cela permettra selon lui « d’utiliser des données concrètes pour mieux évaluer l’efficacité et la sûreté des traitements, ainsi que pour en développer de nouveaux plus rapidement ».

    Robert Chu, P.-D.G. d’Embleema, souligne pour sa part la nécessité d’ »accélérer le développement et la mise à disposition de nouveaux traitements » et d’ »améliorer le suivi en vie réelle des traitements existants ». Il estime que « l’implication du patient dès l’origine et la possibilité pour lui de contrôler le cheminement de sa donnée » est « une avancée majeure pour rattraper le retard français en la matière ».

    PatientTruth : 1ère application de la technologie d’Embleema

    La première application de la technologie Embleema a été déployée aux États-Unis sous le nom de PatientTruth. Elle permet  au patient non seulement d’assembler son historique de santé, et de garantir un contrôle total de l’accès et du partage, mais aussi de recevoir des jetons numériques pour sa participation à des études scientifiques.

    La société française développe actuellement une plateforme décentralisée permettant le partage de ces données avec la recherche clinique. La commercialisation des données par les patients est prévue pour cette année.

  • La plateforme E360 Genomics d’Iqvia anonymise les liens entre données génétiques et cliniques

    La société américaine Iqvia présente sa plateforme E360 Genomics, qui permet aux chercheurs en sciences de la vie d’agréger des données pour étudier les correspondances entre gènes et traits observables, notamment sur les maladies rares. La solution remplace les données sensibles par des symboles, de façon à ne pas identifier le patient et ainsi à protéger sa vie privée, indique l’entreprise dans un communiqué publié début mars 2019.

    En supprimant les informations d’identification des données patients, tout en maintenant les liens entre les données génomiques et les résultats cliniques, la société veut rendre plus souple et moins coûteuse la recherche pharmaceutique et l’élaboration de nouveaux médicaments.

    Fin 2018, Iqvia a commencé à contribuer au projet britannique de séquençage de génome « 100 000 génomes » (100,000 Genomes Project), avec une plateforme reliant déjà les résultats cliniques à des données génomiques anonymisées. Le 100,000 Genomes Project vise à séquencer 100 000 génomes de patients du NHS atteints d’une maladie rare, de leurs familles et de patients atteints de cancer. Il est porté par Genomics England, une société créée par le ministère de la Santé et des Affaires sociales anglais pour piloter cette initiative.

  • Médecine de précision : Wehealth by Servier s’allie avec CureMatch en oncologie

    Wehealth by Servier, direction e-santé du laboratoire pharmaceutique Servier, annonce un partenariat avec CureMatch, spécialiste de la médecine de précision. Il s’agira de développer et de commercialiser la plateforme d’aide à la décision de CureMatch, qui permet aux oncologues d’analyser les données génétiques d’un patient pour lui offrir un traitement individualisé.

    La start-up californienne CureMatch, basée à San Diego, a été fondée par l’oncologue Razelle Kurzrock, pour guider les médecins spécialisés dans la sélection des traitements, alors qu’il existe des milliers d’anomalies génomiques et des centaines de médicaments différents. « Chaque patient est unique : son profil génétique est unique, sa tumeur est unique. Son traitement devrait donc tenir compte de ces différences afin d’obtenir les meilleurs résultats », résume Razelle Kurzrock dans un communiqué publié le 4 mars 2019. La société a été reconnue en 2018 « meilleure solution d’intelligence artificielle pour la santé » par l’organisme indépendant AI Breakthrough.

    « Notre collaboration avec CureMatch a pour objectif de proposer aux patients atteints d’un cancer un large éventail de traitements individualisés et aux oncologues un outil innovant d’aide à la décision thérapeutique », explique David Guez, directeur général de WeHealth by Servier. Il souligne que la start-up bénéficiera, grâce à l’accord, « de l’expertise du groupe Servier en matière de recherche et de développement ainsi que de sa portée internationale qui lui permettra de s’adresser aux oncologues du monde entier ».

  • L’Institut Curie et Leo Pharma lancent un projet d’IA sur le cancer et le risque de thrombose

    La société pharmaceutique danoise Leo Pharma et l’Institut Curie vont collaborer sur un projet d’intelligence artificielle (IA) dans l’optique d’identifier les facteurs de risque de survenue de thrombose chez les patients atteints d’un cancer.

    Concrètement, les deux partenaires vont réaliser une étude rétrospective, baptisée « DASTO » (DAta Science for Thromboembolism in Oncolgy), afin d’ »évaluer comment la science des données, ou data science, peut compléter l’expérience du médecin pour aider à comprendre comment certains facteurs connus, et d’autres facteurs encore inconnus, peuvent amener des patients atteints de cancer à développer [une maladie thromboembolique veineuse (MTEV), ou thrombose,] », expliquent-t-ils dans un communiqué publié le 5 mars 2019.

    Si un tel apport de l’IA est observé, de nouvelles recommandations pour prévenir le développement de ces thromboses pourraient être émises et un ou plusieurs profils de patients à risque identifiés.

    LEO Pharma, qui travaille depuis 80 ans dans le domaine de la thrombose, développe des molécules pour traiter ou prévenir les maladies thromboemboliques.

    Prise en charge : « l’Institut Curie se positionne comme un acteur de référence dans le développement des nouvelles technologies »

    « L’Institut Curie travaille depuis de nombreuses années sur cette question médicale mais l’utilisation de nouvelles technologies en science des données pourrait améliorer la prise en charge de la maladie thromboembolique chez les patients suivis en cancérologie, commente le Dr Alain Livartowski, directeur des données de l’ensemble hospitalier à l’Institut Curie. En réunissant les savoir-faire de cliniciens de l’Institut Curie (anesthésiste et pneumologue) et de la direction des données de l’Institut Curie, ce partenariat pourrait répondre à un besoin médical non couvert. »

    « Cet accord entre un laboratoire pharmaceutique et l’Institut Curie (Carnot Curie Cancer) est un exemple emblématique de la stratégie de l’Institut Curie dans le domaine de l’analyse des données, note de son côté Amaury Martin, directeur « valorisation et partenariats industriels » de l’institut et directeur de l’Institut Carnot Curie Cancer. L’Institut Curie se positionne comme un acteur de référence dans le développement et l’application de nouvelles technologies visant à améliorer la prise en charge des patients. » 

    MTEV : un risque multiplié par 4 chez les patients atteints d’un cancer

    Les patients atteints d’un cancer présentent un risque multiplié par 4 de développer une maladie thromboembolique veineuse (MTEV) au cours de leur traitement, précisent LEO Pharma et l’Institut Curie.

    Ces derniers indiquent que le cancer constitue un des facteurs de risque les plus fréquents de survenue de MTEV en raison :

    • du cancer lui-même, le sang ayant tendance à coaguler plus facilement chez le patient atteint de cancer, ce qui augmente le risque de formation d’un caillot ;
    • des cathéters veineux centraux qui sont souvent posés chez les patients pour faciliter l’administration de la chimiothérapie ;
    • de certains traitements anti-cancéreux (chimiothérapie, traitements hormonaux, radiothérapie, chirurgie).
  • Étude : l’IA permettrait de dépister tôt le syndrome d’alcoolisation fœtale (Frontiers in Neurology)

    Des chercheurs américains et canadiens ont mis au point un nouvel outil permettant de dépister rapidement et à moindre coût le trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) chez les enfants. Une caméra et un écran d’ordinateur enregistre des mouvements oculaires et analyse ces données grâce à des méthodes d’apprentissage automatique. Cet outil basé sur l’intelligence artificielle (IA) a permis d’identifier des mouvements oculaires hors normes pouvant être des marqueurs d’un syndrome d’alcoolisation fœtale. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 18 février 2019 dans Frontiers in Neurology.

    À la recherche d’un outil de dépistage du syndrome d’alcoolisation fœtale

    En France, un enfant par jour est diagnostiqué avec un « trouble causé par l’alcoolisation fœtale » (TCAF), et un par semaine pour sa forme la plus grave, le « syndrome d’alcoolisation fœtale ». Le TCAF est la première cause de handicap mental non génétique. Ces enfants atteints de troubles du développement représentent par ailleurs un coût non négligeable pour la société et pour les familles.

    Le problème est que le diagnostic de TCAF est difficile à poser. Aucun test sanguin n’existe. Le diagnostic nécessite une batterie de tests et d’évaluations cliniques, qui représentent un ensemble coûteux. Or, plus il est posé tôt, moins le risque de développer une invalidité secondaire existe.

    La communauté médicale recherche donc une procédure simple, objective et efficace pour diagnostiquer ce trouble et le distinguer d’autres troubles du développement, tels que le trouble déficit de l’hyperactivité (TDAH). Des études reposant sur l’imagerie ont révélé des anomalies dans les voies de la substance blanche, qui ont été corrélées au contrôle du mouvement saccadé des yeux et au déficit d’inhibition latente (qui oblige une personne à prêter aux moindres détails et à être saturée d’informations) chez les enfants atteints de TCAF. L’exécution et le contrôle des mouvements oculaires saccadés impliquent de multiples zones cérébrales. Il s’avère que les enfants atteints de TCAF ont un contrôle de ces mouvements saccadés nettement plus faible.

    Un outil d’IA qui analyse les mouvements oculaires

    Des chercheurs américains ont donc construit un outil d’apprentissage automatique à partir de données sur les mouvements oculaires et des tests psychométriques chez des jeunes atteints de TCAF. Grâce à une caméra et à un ordinateur, les mouvements oculaires sont enregistrés lorsque des enfants, suspectés d’avoir un tel trouble, regardent plusieurs vidéos d’une minute. Ces mouvements ont ensuite été comparés à ceux d’autres enfants.

    « Parfois, les gens peuvent vous dire que vous n’utilisez que 10 % de votre cerveau dans la vie quotidienne. Mais dès que vous ouvrez les yeux et que vous traitez le monde visuel devant vous, plus de 70 % de votre cerveau est engagé. Votre système oculaire est si complexe que, si quelque chose se passe dans votre cerveau, vos yeux donneront une sorte de signature », a déclaré Laurent Itti, professeur d’informatique, de psychologie et de neurosciences à l’université de Californie du Sud (USC), l’un des auteurs de l’étude. Les résultats de cette étude ont été publiés le 18 février 2019 dans la revue Frontiers in Neurology.

    Résultats

    • La nouvelle procédure de dépistage ne prend que 10 à 20 minutes.
    • L’outil d’apprentissage automatique fournit un profil complet de mesures distinctes dans des domaines tels que le contrôle sensorimoteur et visuo-spatial, la perception visuelle, l’attention, l’inhibition, la mémoire de travail, les fonctions académiques et la structure du cerveau.
    • La sensibilité et la spécificité de l’évaluation étaient respectivement de 81,8 et 87,5 % quand toutes les données étaient combinées. Cette précision était de 80 % avec les données issues des tests psychométriques et des mouvements oculaires.

    Un dépistage rapide et peu coûteux

    « Le pipeline d’apprentissage automatique derrière cela donne des estimations objectives et cohérentes en quelques minutes, » estiment les chercheurs. Et si deux jeux de données sont suffisants, « le coût est abordable ». Par conséquent, ce dépistage pourrait être largement développé dans les centres de soins où les enfants viennent consulter régulièrement.

    Bien que cet outil ne soit pas destiné à remplacer le diagnostic complet par les professionnels, il est destiné à fournir des informations importantes pour que les parents puissent s’assurer que leurs enfants sont vus par des professionnels et bénéficient d’un apprentissage cognitif précoce ainsi que d’interventions potentiellement comportementales.

    Laurent Itti précise que cet outil d’intelligence artificielle reposant sur l’analyse des mouvements oculaires par ordinateur a déjà été utilisé dans le dépistage d’affections neurologiques et cognitives, et notamment dans la maladie de Parkinson.

  • L’entreprise américaine Livongo dévoile un système de télésuivi de l’hypertension avec chatbot

    La société californienne Livongo Health, spécialiste du traitement des maladies chroniques, a présenté un système de suivi de la pression artérielle activé par la voix lors de la conférence Signum 2019, qu’elle a organisé le 28 février 2019 à San Francisco pour fédérer sa communauté de clients.

    L’outil en question intègre les technologies Amazon Lex (interface conversationnelle) et Amazon Polly (synthèse vocale), basés sur l’assistant vocal Alexa. Après chaque contrôle de la pression artérielle, le système transfère les données recueilles au cloud de Livongo grâce au dispositif Cuff to Cloud, introduit en 2018. Le moteur d’intelligence artificielle baptisé « AI+AI » (Aggregate, Interpret, Apply and Iterate) est ensuite en mesure de livrer en temps réel au patient des conseils de santé personnalisés ou « Health Nudges » (« coups de pouce santé »), notamment des suggestions concernant son régime alimentaire.

    Une étude publiée en 2018 dans la revue Jama conclut que si la télésurveillance permet d’améliorer à court terme le contrôle de la pression artérielle quand des pharmaciens ou des infirmières assurent un accompagnement, ses bénéfices s’estompent avec le temps.

    Livongo est connu pour ses solutions numériques de suivi du diabète et a réalisé en 2017 une levée de fonds de 52,5 millions de dollars (48,8 M€) pour étendre son domaine d’activité à d’autres maladies chroniques. Aux États-Unis, le coût de l’hypertension dépasserait les 50 milliards de dollars (environ 44 Mds€) par an et cette affection demeure un problème de santé publique.

  • La start-up Oova développe un outil de suivi de la fertilité féminine par intelligence artificielle

    La société Oova, issue du Mount Sinai Hospital, prépare le lancement d’un appareil de contrôle de la fertilité féminine : il s’agit de proposer aux femmes une nouvelle façon de suivre leur concentration d’hormone lutéinisante et de progestérone, deux indicateurs clés en matière de fertilité.  

    Jerome Scelza, directeur technique et cofondateur d’Oova, souligne dans un communiqué publié le 26 février 2019 que cet appareil permettra à ses utilisatrices de recueillir ces données « en temps réel » et d’accéder à « des informations personnalisées en matière de santé reproductive ».

    Le prototype actuellement en développement marie biotechnologie et apprentissage automatique : la quantité d’hormones présentes dans un échantillon d’urine est d’abord mesurée grâce à une bandelette, qui est ensuite scannée et décodée par un algorithme d’intelligence artificielle avec la caméra d’un smartphone. Grâce à un suivi quotidien des niveaux hormonaux, l’appareil est capable de gérer l’évolution des cycles menstruels, de prévoir les pics de fertilité et de donner à l’utilisatrice des recommandations fondées sur des objectifs.

    Le lancement de l’appareil est prévu pour le troisième trimestre 2019 : un partenariat avec Thorne Research, qui commercialise des compléments nutritionnels pour femmes enceintes, devrait permettre d’atteindre plus de 3 millions de consommatrices potentielles.

    « Cet outil permettra aux patientes de prendre le contrôle de leur propre fertilité, un besoin auquel aucun produit du marché ne répond encore », relève le Dr Alan Copperman, conseiller scientifique principal de la société. « Le corps des femmes ne doit pas être une boîte noire », résume Aparna (Amy) Divaraniya, P.-D.G. d’Oova.