Financeurs

  • « Il existe un impératif moral à digitaliser notre système de santé » (Colloque Ethik IA – Sénat) 2/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! »

    Cet article constitue la suite de la synthèse des interventions de la première table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? », que vous propose Health & Tech Intelligence.

    Chaque orateur disposait de cinq minutes pour exposer sa vision des enjeux juridiques, éthiques et économiques de l’IA en santé.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    « Il existe un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey

    Thomas London considère qu’il existe « un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », à plusieurs titres :

    • notre système n’est pas soutenable à moyen terme, sa digitalisation permettrait de dégager des économies importantes ;
    • l’accès aux soins s’améliore en France mais n’est pas encore intégralement assuré (pour des raisons géographiques, sociologiques ou économiques). Les outils digitaux facilitent l’accès à l’information des patients ;
    • il existe une « tension palpable » sur les ressources humaines médicales et médico-sociales ;
    • la digitalisation du système de santé permettrait de répondre à une préoccupation croissante des décideurs politiques et professionnels de santé, à savoir la qualité des actes médicaux dispensés : il existe une variabilité importante dans les prises en charge, selon les établissements et les professionnels, rappelle l’intervenant. Cette variabilité se traduit par des taux de mortalité évitable parfois élevés. Thomas London préconise à ce titre d’automatiser certains processus pour en réduire la variabilité.

    Une étude réalisée par le cabinet McKinsey en 2013 (« Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France) a montré que le potentiel de création de valeur des technologies du numérique d’ici 2023 est chiffré à 1 000 milliards d’euros (tous secteurs confondus).

    Le Global Institute de la société McKinsey a réalisé une étude sur les conséquences des nouvelles technologies sur les ressources humaines, publiée en mai 2018 (intitulée « Skill shift : automation and the future of the workforce » et consultable ici). Ses conclusions se veulent « rassurantes ». L’étude rapporte un « effet net neutre ou positif » des technologies numériques, lesquelles n’induisent pas un chômage de masse mais renforcent l’efficacité, la qualité et la soutenabilité du système de santé.

    « Les stratégies européennes de soutien à l’innovation ne sont pas viables » David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris

    Les stratégies de soutien à l’innovation au sein de l’Union européenne sont-elles viables ? Professeur d’affaires publiques à l’IEP de Paris, David Fajolles juge que la politique de soutien à l’innovation en Europe est lacunaire, sinon « risquée ».

    Il rappelle que les États-membres se sont alignés sur la politique insufflée par la Commission européenne, qui propose une stratégie de communication proactive des données. L’Europe manque de capital risque disponible pour l’IA. Le European Tech Report (2017) a montré que le dispositif d’accompagnement des start-up est optimal en phase initiale (early stage), mais moins efficace lors du passage à échelle. Ce cocktail « risqué » peut, à termes, placer l’Europe à la remorque d’États plus innovants, comme la Chine ou les États-Unis et en faire « l’idiot éthique du village » mondial.

    Combler le retard français en matière d’IA, Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP

    Si la France « sait innover », d’après Michel Ballereau, elle accuse un certain retard en matière d’IA et doit « revenir dans le concert international » sous peine de s’en voir rapidement exclure.

    « L’IA peut améliorer le recours aux soins » en matière d’insuffisance rénale chronique, Magali LEO, Renaloo

    Membre de l’association de patients Renaloo, Magali Leo rappelle que les personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique subissent aujourd’hui des prises en charge relativement lourdes (à raison de 3 séances hebdomadaire de dialyse d’une durée chacune de 4h) et coûteuses pour les patients et l’Assurance maladie. Les modes de rémunération actuels sont peu propices à la rénovation des formes de prise en charge car ils favorisent les traitements non autonomes.

    Le recours en l’IA en matière d’insuffisance rénale chronique s’avère à ce titre pertinent. Il permettrait aux patients de réaliser leur dialyse à domicile, d’écourter les durées de traitement et d’en alléger le coût total. Par ailleurs, Magalie Leo regrette que les données compilées dans le registre « Rein » ne soient accessibles qu’au niveau régional, rendant à l’heure actuelle difficile la mise en place de dispositifs de prise en charge autonome au niveau national.

    « La mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions en septembre 2018 » – Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS

    Depuis 2016, les acteurs de santé peuvent avoir accès au Système National des Données de Santé (SNDS), ce qui permet de chaîner :

    • les données de l’Assurance Maladie (base SNIIRAM) ;
    • les données des hôpitaux (base PMSI) ;
    • les causes médicales de décès (base du CépiDC de l’Inserm) ;
    • les données relatives au handicap (en provenance des MDPH – données de la CNSA) ;
    • un échantillon de données en provenance des organismes d’Assurance Maladie complémentaire.

    Directrice générale de l’INDS, Yvanie Caille salue la création récente du Health Data Hub dédié à l’intelligence artificielle en santé. Elle rappelle également le rôle essentiel des CHU, qui disposent d’entrepôts de données importants (notamment à l’AP-HP) et l’existence de cohortes et registres nationaux.

    Elle souhaiterait « faciliter les synergies » entre les bases de données de santé. A ce titre, la mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions dans le courant du mois de septembre 2018.

    « Les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies » Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France

    Directeur de General Electrics France, Jérôme Chevillote rappelle que les industriels doivent assumer une double responsabilité : « catalyser les innovations et les rendre accessibles au monde ». Cette mission nécessite :

    • de pouvoir agir selon un principe d’efficience ;
    • d’évoluer vers « des pratiques quantitatives » ;
    • d’associer les patients aux processus de conception des outils en les faisant participer à des évaluations proactives pour réduire les risques.

    Dès lors, pour le Directeur de General Electrics France, les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies (de santé).


    Les deux tables-rondes suivantes portait sur les thématiques suivantes :

    • « IA, robotisation et accompagnement à la transformation des métiers du champ sanitaire et médico-social : comment mettre en œuvre une RSE digitale en santé? »
    • « IA, robotisation et innovation en santé : comment prendre le tournant de la médecine algorithmique et valoriser l’expertise française dans un contexte mondialisé » ?

    Les actes du colloque seront publiés à l’automne 2018.

  • Maladies rares : Sanofi-Genzyme et 23 acteurs de la e-santé mobilisés contre l’errance diagnostique

    Sanofi-Genzyme, unité opérationnelle de médecine de spécialités (maladies rares, sclérose en plaques, oncologie, hématologie et immunologie) de Sanofi, a annoncé par communiqué le 28 juin 2018 le lancement d’une démarche d’innovation visant à l’amélioration du parcours de diagnostic des maladies rares.

    23 acteurs français de la e-santé participeront, dans le cadre de cette démarche ouverte ayant vocation à s’inscrire dans la durée et avec le laboratoire 39BIS (laboratoire e-santé de Sanofi), au développement de solutions innovantes fondées sur les nouvelles technologies.
    Il est en outre prévu que ces solutions soient :
    – testées afin d’en évaluer l’efficience en particulier « là où les pertes de chances sont aujourd’hui les plus importantes » ;
    – partagées « avec le plus grand nombre ».

    Cette initiative anticipe par ailleurs l’annonce officielle d’un 3ème Plan National Maladies Rares destiné à améliorer la prise en charge des malades.

    Les membres impliqués dans cette démarche d’innovation ouverte

    Sanofi-Genzyme a révélé dans son communiqué qu’une « vaste démarche participative s’inspirant de méthodes d’innovation ouvertes avec différentes parties prenantes » avait déjà été engagée fin 2017 en collaboration avec Orange Healthcare. Dès lors, 23 entités telles que des associations de patients, des filières de santé et des acteurs du numérique ont été impliquées, notamment :

    • Sanofi-Genzyme, en collaboration avec Orange Healthcare ;
    • l’Alliance Maladies Rares, Maladies Rares Info Service, Vaincre les Maladies Lysosomales, l’Association Francophone des Glycogénoses ; 
    • Les Filières de Santé Maladies Rares (FAI2R, FILNEMUS, FIMARAD, AnDDI-Rares, MaRIH, DefiScience) ;
    • le pôle de compétitivité Medicen ;
    • l’INRIA, l’Institut national de recherche dédié au numérique ;
    • des médecins hospitaliers experts et non experts, des médecins généralistes et spécialistes libéraux, un médecin du travail, un médecin scolaire, des professions para et périmédicales (kinésithérapeutes, biologistes, psychologues) ;
    • les start-ups Anamnèse et Semeia.

    Une démarche qui veut répondre aux enjeux de santé publique attendus du 3ème Plan National Maladies Rares

    Si le 1er Plan National Maladies Rares a structuré une offre de soins de haut niveau (en permettant la labellisation de 131 centres de référence nationaux et de 500 centres de compétence régionaux) et si le 2ème Plan National Maladies Rares a complété cette offre par la création de 23 filières de santé réunissant tous les acteurs participant à la prise en charge des malades et à la recherche, un 3ème Plan National Maladies Rares 2018-2022 devrait s’attacher particulièrement au problème de l’errance diagnostique. Ainsi la démarche de Sanofi-Genzyme anticipe-t-elle les priorités de ce futur plan.

  • #FASN2018 : Déploiement d’une PTA – retours d’expérience et pistes d’amélioration

    A l’occasion de l’édition 2018 de FASN (« Faire Avancer la Santé Numérique ») organisée le 26 juin 2018 dans les locaux de l’entreprise Care Insight à Paris, plusieurs acteurs impliqués dans des projets de plateforme territoriale d’appui (PTA) ont fait part de leur expérience et ont esquissé des voies d’amélioration possibles de leur dispositif.

    L’atelier, modéré par David Clavereau, responsable du programme Start-ups et économie numérique de la société Care Insight, a réuni les intervenants suivants :
    -Valérie Chereau-Cornu, Directrice de l’Association Odyssée, Responsable de la PTA Odyssée ;
    -Franck Jolivaldt, Directeur du Département Innovation, GCS SESAN ;
    -Chantal Coru, Analyste fonctionnel, Orion Health.

    Genèse, finalités et caractéristiques des plateformes territoriales d’appui (PTA)

    Les PTA ont été instituées par le décret du 4 juillet 2017 relatif aux fonctions d’appui pour la coordination des parcours de santé complexes, pris en application de l’article 74 la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

    L’objectif de ce dispositif est d’apporter un soutien aux professionnels de santé pour la prise en charge des situations complexes à travers 3 types de services :

    •  l’information et l’orientation des professionnels vers les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales de leurs territoires pour répondre aux besoins des patients avec toute la réactivité requise. La plateforme peut par exemple identifier une aide à domicile, orienter vers une place en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD), etc. ;
    •  l’appui à l’organisation des parcours complexes, dont l’organisation des admissions en établissement et des sorties. En cela, la plateforme apporte une aide pour coordonner les interventions des professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux autour du patient ;
    •  le soutien aux pratiques et aux initiatives professionnelles en matière d’organisation et de sécurité des parcours, d’accès aux soins et de coordination. Dans ce domaine, la plateforme appuie de manière opérationnelle et logistique les projets des professionnels.

    La PTA Odyssée s’efforce, depuis 2006 sous une autre forme juridique, de répondre à ces objectifs

    Deux niveaux de réponses opérationnelles

    La plateforme Odyssée est issue d’une réflexion menée par un groupe de professionnels de santé libéraux, hospitaliers et d’acteurs du maintien au domicile. Ces acteurs interviennent dans 134 communes des Yvelines et du Val d’Oise.

    La plateforme est conçue pour apporter deux niveaux de réponses opérationnelles aux professionnels du territoire d’intervention (zone intervention PTA).

    • Niveau 1 : une information et orientation avec une réactivité. Ces réponses sont élaborées en considérant d’un point de vue global les ressources du territoire.
      Ce premier niveau inclut également une aide à la décision pour le professionnel de santé. Les professionnels de la plateforme peuvent également faire des propositions aux professionnels sur certaines situations (aide au diagnostic, aide à la prescription et mise à disposition d’une expertise, etc.).

    • Niveau 2 : un appui lourd à l’organisation des parcours avec réactivité (prise en compte de la demande) avec l’accord du médecin traitant.

    Les professionnels se sont appropriés le dispositif

    À l’échelle du territoire, sont utilisateurs :

    • 15% des malades et proches ;
    • 39% des professionnels de ville ;
    • 46% des hôpitaux.

    Le « succès » de la PTA Odyssée repose sur plusieurs éléments

    Le succès de la PTA Odyssée, d’après Valérie Chereau-Cornu, est attribuable aux facteurs suivants :

    • une gouvernance pluriprofessionnelle ;
    • un fort ancrage territorial ;
    • une réflexion de long cours menée sur la prise en charge des cas complexes ;
    • un « soucis de pragmatisme » qui incite les acteurs de la PTA à faire porter leurs efforts sur les actions « réalistes » et nécessaires à court et moyen termes ;
    • un dispositif complémentaire (mais non substituable) aux autres services existants (CLIC, MAIA, etc.).

    GCS SESAN et la plateforme de coordination Terr-eSanté

    Le GCS SESAN est l’expert opérationnel en systèmes d’information pour les acteurs de santé franciliens. D’après Franck Jolivaldt, directeur Innovation du GCS, « les outils numériques ont vocation à partager la prise en charge des patients avec l’ensemble des acteurs » de santé. L’interaction des professionnels de santé nécessite de pouvoir s’appuyer sur des outils numériques et des dispositifs de partage efficaces. Le GCS SESAN a fait le choix de l’outil Terr-eSanté.

    Terr-eSanté est une plateforme de coordination, d’échange et de partage d’informations, destinée aux professionnels de toutes disciplines, qu’ils exercent en établissements ou dans le secteur libéral. Terr-eSanté intègre des fonctions générales et des parcours thématiques centrés sur le diabète, la périnatalité, l’insuffisance cardiaque, le DCC (Dossier Communicant de Cancérologie) et sur la mission de service public PDSA (Permanence Des Soins Ambulatoires).

    Les Facteurs clés du succès d’une PTA selon le Directeur Innovation du GCS SESAN

    Retours d’expérience – Orion Health

    Analyste fonctionnel chez Orion Health, qui équipe plusieurs acteurs de santé, Chantal Coru évoque le rôle des éditeurs de logiciel en matière d’accompagnement des PTA :

    • Les contextes et les besoins de santé diffèrent d’une région à l’autre : ceci nécessite de développer des outils modulaires et neutres ;
    • Les régions sont porteuses de projets différents : l’outil doit s’adapter aux politiques de santé déployées à l’échelon régional ;
    • Les projets informatiques liés à la mise en œuvre d’une PTA sont complexes : le rôle d’intégrateur est de ce fait important ;
    • Orion Health, d’après sa représentante, bénéficie de deux avantages : des retours d’expériences internationales similaires et un déploiement de ses solutions dans deux territoires de santé numérique (TSN) sur cinq ;
    • Résorber la distance entre l’usager et l’éditeur de logiciel : l’organisation du projet doit dès la phase initiale tenir compte de cet enjeux.

    Les PTA et les SNACs présentent les avantages suivants : ils permettent de rationaliser un existant complexe, au bénéfice des usagers et des soignants, et constituent en cela un « levier de transformation » du système français.

    Les facteurs clés du succès d’une PTA, selon Chantal Coru, Analyste fonctionnel chez Orion Health

    Pour consulter le site internet de la campagne FASN 2018, cliquez ici.

  • #FASN2018 : C2Care, Implicity, Libheros, Jeconsens.fr et MaPUI LABS finalistes du start-up challenge

    La 12ème étape de la campagne « Faire avancer la santé numérique » s’est tenue le 26 juin 2018 à Paris. 

    L’événement a accueilli la finale d’un start-up challenge au cours de laquelle les 5 start-ups finalistes du concours, sélectionnées parmi 33 candidats, ont eu l’occasion de présenter leur produit-phare devant l’auditoire. Il s’agissait de :
    – Implicity ;
    – Libheros ;
    – Jeconsens.fr ;
    – MaPUI LABS, qui a présenté un outil nommé Hospiville ;
    – C2Care, qui a présenté ses dispositifs de réalité virtuelle.

    Le lauréat du concours, C2Care, a remporté une entrée gratuite pour deux personnes aux deux prochains rendez-vous de la campagne, prix conçu pour aider les start-ups à accroître leur visibilité.

    Critères de sélection des start-ups candidates et du lauréat

    • Caractère innovant du produit proposé : le projet présenté doit répondre à des enjeux contemporains tels que le parcours de vie à l’ère du numérique et constituer une avancée technologique profitable à la santé ;
    • Stratégie économique envisagée par l’entreprise : la viabilité du modèle économique de l’entreprise est examinée par le jury ;
    • Dimension internationale du projet présenté : les projets qui pourraient trouver un marché à l’étranger sont particulièrement appréciés ;
    • Cohérence du projet et de sa présentation : le projet, pour être sélectionné par le jury, doit être facilement compréhensible par lui ;
    • Cohérence de l’équipe porteuse du projet : une attention particulière est portée à la complémentarité des membres de l’équipe, de leurs expériences et compétences.

    Composition du jury 

    Le jury du start-up challenge de la 12ème étape du FASN compte trois membres :

    • Dr Claude BRONNER, Vice-Président de la Fédération des Médecins de France ;
    • Pascale SAUVAGE, Directrice de l’ASIP Santé ;
    • Rosalie MAURISSE, chargée de la Direction des Filières industrielles de Bpi France.

  • Les infrastructures et les TIC sont à la base du potentiel de développement de la Tunisie en santé

    Organisée par le Club Afrique de la Presse Parisienne (CAPP) en collaboration avec l’agence d’information AfricaPresse.Paris et la plateforme d’affaires et de recrutement Convergence, la conférence « Entreprendre en Afrique : les atouts de la Tunisie dans le secteur de la santé » s’est tenue à Paris, le 20 juin 2018.
    Cinq orateurs étaient invités à y prendre la parole, modérée par Alfred Mignot, directeur de AfricaPresse.Paris et Président du Club Afrique de la Presse Parisienne :
    – Philippe de Fontaine Vive Curtaz, Vice-Président honoraire de la BEI ;
    – Mounir Mouakhar, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis ;
    – Monder Khanfir, Vice-Président du Tunisia-Africa Business Council ;
    – Dr Maher Zahar, PDG de MIRE ;
    – Dr Khaldoun Bardi, Chirurgien et membre de l’Académie européenne de médecine.

    Ces cinq orateurs ont unanimement déclaré que la Tunisie était un « pays du seuil », soit un pays riche de nombreux atouts présentant de ce fait un potentiel de développement intéressant. D’après les intervenants, la Tunisie veut prochainement devenir une plateforme régionale de santé éventuellement numérique et de recherche : pour soutenir le développement de la santé en Tunisie, 7% du PIB sont dépensés dans le système de santé (pour un profil sanitaire comparable aux pays de l’OCDE), 43 % étant délivrés par le secteur privé.

    L’objectif est à la fois de rendre la Tunisie attractive pour les entreprises de la santé et les investisseurs d’une part, et pour les patients africains et européens d’autre part.

    L’attractivité de la Tunisie vis-à-vis des entreprises et des investisseurs

    La santé et la recherche en santé en Tunisie : des secteurs réunissant des professionnels recherchés

    D’après les intervenants, le système d’éducation et d’enseignement tunisien forme un personnel médical, paramédical et technique très qualifié et d’autant plus recherché que moins coûteux qu’en France, par exemple.

    Par ailleurs, concernant les domaines de la recherche et du développement, la Tunisie a, selon les intervenants, un profil intéressant du fait de ses 6 000 chercheurs, de son technopôle et de ses 111 laboratoires qui lui permettent d’occuper le 46ème rang dans le classement des pays publiant le plus de travaux de recherche scientifique. En outre, la Tunisie est associée à l’UE dans le programme Horizon 2020 : dans ce cadre, ses équipes peuvent postuler et prendre part aux mêmes programmes de recherche que les laboratoires européens.

    Les supports du profil R&D de la Tunisie : infrastructures et TIC

    • Les infrastructures tunisiennes

    Outre ses nombreux laboratoires, la Tunisie dispose d’environ 2 000 centres de médecine, parmi lesquels 167 hôpitaux dont 23 CHU. Ces centres sont répartis dans le territoire d’une façon relativement homogène, de façon à ce que tout Tunisien puisse avoir accès à un centre de soins à moins de 30 km de chez lui. Ce réseau d’établissements auxquels sont associées des équipes de recherches dessine un système de petites localités réunissant soignants, chercheurs et population locale : du point de vue du Dr Maher Zahar, cette facilité d’accès à la population permet de mesurer facilement l’impact de tel ou tel nouveau dispositif ou phénomène et contribue à rendre le profil R&D de la Tunisie intéressant. 

    •  Maîtrise des techniques d’information et de communication

    Le Président de la chambre de commerce de Tunis a rappelé que la Tunisie « est à la pointe des techniques d’information et de communication (TIC) » : ce domaine représente à l’heure actuelle 11 % du PIB de la Tunisie, pays ayant exporté en 2017 1 milliard de dinars de logiciels et de services informatiques.

    Pour faire de la Tunisie une référence internationale, « l’objectif de la Tunisie […] est de créer 80 000 emplois dans ce secteur des TIC » a indiqué Mounir Mouakhar.

    Investissements et santé numérique

    Les intervenants ont indiqué que la Tunisie bénéficie d’un système de « législation souple » dans le domaine de la finance. L’objectif de cette souplesse est d’encourager les investissements étrangers dans le domaine de la santé et de la recherche en santé, investissements en majorité drainés par la santé numérique.

    Le tourisme médical en Tunisie, miroir de l’attractivité du système de santé du pays

    Constat : un pays relativement attractif pour les patients

    Le tourisme médical mène, à l’heure actuelle, environ 400 000 patients étrangers (dont 3% européens) en Tunisie.

    La Tunisie est notamment la deuxième destination africaine la plus prisée dans le cadre du tourisme de la santé, et la deuxième destination mondiale dans le tourisme de la santé pour des soins de thalassothérapie, après la France.

    Cependant, la Tunisie reste classée 36ème sur 41 destination mondiale en santé, les pays comparables à la Tunisie en termes de développement économique et de situation géographique (Liban, Jordanie) étant toutefois moins bien classés que la Tunisie.

    Différents types de tourisme médical

    D’après le Dr Khaldoun Bardi, le terme de « tourisme médical » réunit au moins trois phénomènes qui expliquent le classement de la Tunisie et son attractivité pour les patients :

    • le tourisme du bien-être, représenté par la thalassothérapie, la balnéothérapie, etc. : dans ce cadre, la Tunisie jouit d’une situation géographique intéressante (proche de l’Europe, donc facile d’accès pour les patients européens) et de nombreuses infrastructures disponibles. De plus, la médecine, qui du fait des avancées technologiques devient de plus en plus préventive et associée au bien-être d’après le Dr Maher Zahar, pourrait dans le futur mener vers la Tunisie de plus en plus de touristes à la recherche de « bien-être » ;
    • le tourisme pour les soins dentaires, ophtalmologiques et esthétiques : de même que le précédent tourisme, il concerne des patients atteints par des pathologies peu invalidantes et peu prises en charge par les systèmes d’assurance maladie et de sécurité sociale étrangers. Le caractère bon marché de ces soins en Tunisie attire donc fortement la patientèle étrangère, et elle pourrait l’attirer plus encore si les établissements tunisiens obtenaient des accréditations nécessaires pour devenir une destination de tourisme médical pour les assurances plus que simplement pour les ménages ;
    • le tourisme de la santé menant à la prise en charge de patients très malades. Dans ce cadre, un alignement des procédures tunisiennes de prise en charge des pathologies lourdes sur les protocoles européens ou américain demeure à mettre en œuvre afin de développer ce dernier type de tourisme médical en Tunisie.

    Finalement, un dernier point a été soulevé lors de la clôture de la conférence : la satisfaction des Tunisiens vis-à-vis de leur propre système de santé.  D’après les intervenants, la population tunisienne serait satisfaite de son système de santé, comparable, pour des raisons historiques, au système de santé français. Cependant, ces dernières années, de nombreux mécontentements auraient été exprimés. Ceux-ci seraient explicables, selon le Dr Zahar, par la baisse du pouvoir d’achat en Tunisie, qui rendrait difficile l’accès aux soins.

  • Lauréats du Défi H 2018 : IA, RV et applis mobiles pour l’insertion des personnes handicapées

    Les trophées de la 7ème édition du Défi ont été décernés le 13 juin 2018 par Sogeti, filiale du groupe Capgemini fondatrice de ce concours, et Sophie Cluzel, Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, à trois équipes d’étudiants porteuses de projets de dispositifs innovants au service des personnes handicapées :
    • Guidecam : application de guidage destinée aux personnes aveugles fonctionnant grâce à une intelligence artificielle (IA) ;
    • VR Interview : dispositif de simulation d’entretien d’embauche en réalité virtuelle (VR) à destination des personnes souffrant d’un handicap cognitif ;
    • Tiresias : plateforme collaborative de prévention d’accidents de la voie publique conçue pour aider à sécuriser les personnes handicapées dans leurs déplacements.

    Les équipes porteuses de ces trois projets ont été sélectionnées entre le 11 janvier 2018 et le 13 juin 2018 parmi des propositions relevant de technologies variées – IA, robotique, réalité virtuelle ou augmentée, IoT, plateformes digitales – répondant à des problématiques variées liées à des handicaps cognitif, visuel, moteur ou auditif.

    Le Défi H

    Le Défi H est un concours organisé par Sogeti en partenariat avec le Monde Informatique ouvert aux étudiants de grandes écoles et filières scientifiques d’universités françaises porteurs de projets innovants, ayant pour but de faciliter l’insertion et le maintien dans le monde professionnel des personnes en situation de handicap. Durant le concours (environ cinq mois), ils peuvent développer l’outil qu’ils proposent pour la formation, l’insertion professionnelle ou le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

    Encadrement des candidats

    Les équipes candidates au Défi H peuvent comprendre 4 à 6 étudiants d’une même école ou université française. Sogeti met en lien chacune de ces équipes avec :

    • un coach professionnel issu de l’entreprise ;
    • une association de patients afin de mieux cerner les problématiques des personnes en situation de handicap ;
    • les partenaires historiques du challenge : la Mission Handicap Sogeti, L’ADAPT, Exéco, la Fondation Garches, Talentéo et Microsoft ;
    • la marraine annuelle du concours, qui était cette année Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées.

  • « Transformer le système de santé depuis les territoires » – Séminaire du Conseil régional d’IdF

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait le 21 juin 2018 une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer la santé des Franciliens ». Health & Tech intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes » avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé » avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de France (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP)
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients » avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé, prévention, ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    « La planification sanitaire, une responsabilité étatique assumée par les autorités municipales »

    Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé

    Sandrine Lamiré évoque le rôle des maires en matière de planification sanitaire. Elle rappelle que face à la pénurie de médecins en Ile de France, les maires sont parmi les premiers acteurs interpellés par les citoyens et sommés de prendre des mesures rapidement.

    Cette mission n’incombe pas aux élus locaux mais à l’Agence régionale de santé (ARS). Les dotations de l’Etat ne permettent pas toujours aux maires d’envisager la construction de maisons pluriprofessionnelles de santé. Sandrine Lamiré rappelle que les maires peuvent conclure des contrats avec les Agences régionales de santé compte tenu des besoins locaux et que ces outils s’avèrent particulièrement utiles.

    « Renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France »

    Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Ile-de-France

    • Quelle est l’actualité des GHT,  mis en place par la loi du 26 janvier 2016 ?

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent l’un des axes de réflexion actuels de la FHF. Serge Blisko considère que les projets d’aménagement urbain menés en Ile-de-France (notamment les transports) soulèvent des difficultés : « ils ne tiennent pas suffisamment compte de l’offre de soins qu’il faut intégrer à la réflexion en amont des projets de planification urbaine ».

    • Attirer les professionnels de la santé en Ile-de-France

    La FHF veut travailler en partenariat avec les offreurs de soins pour renforcer l’attractivité de la région aux yeux des professionnels de santé. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, rappelait en guise d’introduction à la journée de séminaire, que le temps de trajet quotidien d’une infirmière francilienne est estimé à 3h.

    « Le problème des ressources humaines est extrêmement important. Il convient de valoriser l’environnement professionnel pour résorber la pénurie de médecins et d’infirmiers ». Serge Blisko.

    • La répartition des internes en médecine en Ile-de-France est préoccupante

    Le président de la FHF se dit inquiet face à la raréfaction des internes en médecine franciliens. Dans le sillage de la réforme des études de médecine, les « taux d’inadéquation » n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’inadéquation est défini comme la différence entre les postes offerts par un département et les postes pourvus in fine au sein de ce département lors des choix des internes à l’été 2017.

    Ainsi, en 2018, la FHF constate 40% de non prise de poste en Essonne, 38% en Seine-et-Marne, 37% dans le Val-d’Oise et 30% dans les Yvelines. Ces taux sont imputables en partie aux temps de trajet et aux prix des loyers des cabinets médicaux et des domiciles. Serge Blisko en appelle donc au renforcement de l’attractivité de la région Ile-de-France auprès des jeunes et futurs professionnels de santé.

    « Le territoire, un maillon essentiel »

    Un représentant de l’hospitalisation privée en Ile-de-France

    L’orateur salue les déclarations récentes du Président Macron, qui, lors de la journée de la mutualité française, a annoncé vouloir mobiliser les acteurs privés. Les GHT ne doivent pas constituer le socle du système de santé. L’Ile-de-France compte 15 GHT contre une vingtaine de territoires de coordination de santé, lesquels associent acteurs publics et privés.

    « Il ne faut pas appuyer le projet de santé territorial sur les seuls GHT ».

    L’orateur salue le rapport du HCAAM publié en juin 2018, qui préconise de décloisonner les secteurs médical et médico-social. Le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs de santé.

    • Mieux coordonner les activités de soins entre les établissements publics et privés

    En matière de prise en charge aux urgences, les hôpitaux privés d’Ile-de-France accueillent près de 25% des patients, mais « les services de régulation ne tiennent pas suffisamment compte des hôpitaux privés », d’après l’orateur.

    • Supprimer ou modifier les dispositifs de classement des établissements de santé

    La gradation des soins produit par ailleurs des « effets délétères » dans la mesure où les professionnels de santé et les patients ne souhaitent se rendre que dans les établissements classés dans la première catégorie.

    • Faire de la qualité une priorité du système de santé

    L’intervenant en appelle ensuite à soutenir la « qualité » au coeur des organisations et des pratiques professionnelles : « nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte la qualité ».

    • Simplifier l’accès à l’innovation

    Il préconise enfin de simplifier l’accès à l’innovation et cite l’exemple de Ramsay Générale de Santé, qui a inauguré un incubateur destiné aux start-ups spécialisées dans la prévention (diagnostic du mélanome et de maladies oculaires avec l’intelligence artificielle par exemple).

    Le patient expérientiel

    Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs

    La FEHAP a forgé le concept de « patient expérientiel », inspiré de la Charte de Vancouver, qui consiste à faire des patients des acteurs et des sachants, en complément de la communauté de médecins. La Fédération est particulièrement attentive aux enjeux des ressources humaines en santé, des déplacements et temps de trajet entre le domicile et le lieu d’exercice professionnel, de l’accès aux soins des familles et des personnes en situation de handicap.

    Ancrer la formation universitaire dans les territoires

    Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13

    Pour le professeur Jean-Luc Dumas, le territoire doit devenir le déterminant majeur des formations médicales. Comment modifier la formation universitaire ?

    • « La pratique du numerus clausus sclérose nos territoires » ;
    • assurer la continuité d’un parcours ancré dans les territoires ;
    • créer une plateforme unique qui regroupe les formations initiales et continues ;
    • créer des passerelles et de nouvelles filières de formation ;
    • les universités doivent développer une offre de formation dans le champ de l’ « ingénierie organisationnelle » ;
    • les études de médecine doivent intégrer les innovations organisationnelles, techniques et numériques ;
    • valoriser le rôle des patients-enseignants au sein des universités ;
    • créer des « territoires universitaires de santé » ;
    • élaborer des « contrats de responsabilité en santé » dont l’université doit être l’une des parties prenantes ;
    • instituer une « plateforme d’échanges entre la demande et l’offre médicale ».

    Renforcer la coordination territoriale des parcours

    Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes

    Jean-Luc Plavis rappelle que les patients rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment lorsqu’ils sont atteints de maladies chroniques. Le « parcours de santé » se transforme souvent en « parcours du combattant ». Il faut « changer de paradigme » et faire de la coordination des acteurs et des établissements une priorité.

  • Appel à projets de la SATT Sud-Est : le numérique, le DM connecté et la e-santé parmi les thématiques

    La SATT Sud-Est a lancé, le 15 juin 2018, son « appel à projets de maturation transfert de technologies » dans quatre domaines correspondant à des enjeux industriels identifiés : la e-santé et les dispositifs médicaux ; le numérique ; les technologies liées à la « naturalité » (alimentation, bio-contrôle, actifs naturels) ; la cosmétique et la dermatologie.

    Grâce à cet appel à projet, la SATT Sud-Est souhaite soutenir les laboratoires de recherche dans son giron, tels ceux des université du Sud-Est, du CNRS, de l’Inserm ou du Centre Hospitalier Universitaire de Nice. La SATT les appuiera dans la réalisation de développements permettant le transfert de solutions mises au point vers un industriel pour une exploitation commerciale.

    Les candidatures sont à soumettre avant le 31 août 2018 et une réponse aux candidats est prévue pour le 20 septembre 2018.

    Des informations de contact et de plus amples renseignements liés aux différents aspects de l’appel à projets, dont la procédure de soumission, sont accessibles via ce lien.

    Le dossier de soumission est téléchargeable à partir de cette adresse.

    Accompagnement en transfert de technologie

    L’appel à projets vise les équipes de recherche des établissements actionnaires et membres fondateurs de la SATT Sud-Est : l’Université d’Aix-Marseille, l’Université Nice Sophia Antipolis, l’Université de Toulon, l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, l’Université de Corse, l’École Centrale Marseille, le CNRS, l’Inserm, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, le CHU de Nice.

    Il s’agira d’aider les laboratoires de recherche à mener à bien un projet de :

    • création d’entreprise ;
    • réalisation de prototype  ;
    • preuve de concept industriel pour une invention donnée.

    La SATT prendra en charge l’ingénierie du projet destiné au transfert et la stratégie de transfert du projet.

    Thématiques à l’honneur : DM de e-santé, numérique, « naturalité » et cosmétique

    Dans le cadre de l’appel à projets, la SATT a identifié quatre grands thèmes de transfert correspondant à des enjeux industriels :

    • les dispositifs liés à la e-santé : les dispositifs médicaux d’imagerie et de diagnostic étendus au bien-être et au maintien à domicile ;
    • les technologies numériques comprenant les objets autonomes et connectés, le traitement de leurs données massives. Ces technologies, peuvent trouver leurs applications de façon transverses sur tous les métiers de la sphère industrielle ;
    • les technologies liées à la « naturalité » : l’alimentation, le bio-contrôle, les actifs naturels pour la nutraceutique ou la cosmétique ;
    • les technologies pour la cosmétique à base d’actifs naturels ou de synthèse ainsi que les outils de diagnostic de la peau humaine. La dermatologie pour la prévention et traitement des maladies inflammatoires chroniques de la peau et les cancers de la peau non-mélanome.

    Critères de sélection

    Les dossiers déposés doivent être constitués au minimum d’une déclaration d’invention et du programme de maturation envisagé. Ce dernier doit permettre de décrire le fonctionnement concret de l’invention et de mieux renseigner ses caractéristiques techniques, ses performances, ses limites, etc.

    Voici les critères précis :

    • la pertinence du projet au regard de la thématique de l’appel ;
    • la maturité de la technologie (TRL) ;
    • la caractéristique et le type d’industrialisation pressentis ;
    • la situation juridique de l’invention;
    • les opportunités de protection de l’invention (propriété intellectuelle) ;
    • les moyens humains, financiers et matériels nécessaires au transfert vers un industriel ;
    • la taille et la typologie des marchés potentiels.

  • Le fonds French Tech Seed : 400 millions d’euros pour les start-ups de la French Tech

    Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé le 21 juin 2018 le lancement d’un nouveau fonds intitulé French Tech Seed à destination des start-ups de la French Tech et géré par Bpifrance.

    Ce fonds de 400 millions d’euros constitue un outil :
    – de financement du pré-amorçage à grande échelle ;
    – pour intervenir directement en fonds propres pour des levées de fonds importantes.

    Il s’agit du troisième volet du Programme d’investissements d’avenir (PIA) dédié au soutien des levées de fonds des start-ups technologiques issues des « apporteurs d’affaires labellisés » :
    • laboratoires ;
    • incubateurs ;
    • SATT.

    Cette annonce s’inscrit dans le plan « Actions start-ups 2018 » annoncé le 25 mai 2018 par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, décliné en 100 actions en faveur de la deep tech (« start-up à forte intensité technologique »).

  • Des disparités de santé persistantes en lle-de-France selon le lieu de vie (ORS)

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait, le 21 juin 2018, une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer le santé des Franciliens ». Health & Tech Intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes », avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé », avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de france (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP) ;
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients », avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé et prévention ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    Le Dr Isabelle Grémy rappelait, en prélude à la table ronde, quelques chiffres et élément-clés concernant la population des franciliens.

    Les inégalités sociales de santé persistent à l’échelle de l’Ile-de-France

    Selon la directrice de l’ORS Isabelle Grémy, l’état de santé de la population francilienne présente les caractéristiques suivantes :

    • un écart d’espérance de vie important : l’écart d’espérance de vie entre les populations les plus aisées et les populations les moins favorisées – résidant principalement en Seine-Saint-Denis – est évalué à 7 ans, selon des données de l’ORS.
      • La mortalité prématurée (survenant avant 65 ans) affecte particulièrement la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne ;
      • Toutefois, les mesures de prévention engagées en Ile-de-France pour lutter contre le tabagisme (paquets neutres, hausse du prix du tabac, etc.) commencent à porter leurs fruits : la consommation de tabac est passée de 26% en 2016 à 21% en 2017. Les actions de prévention sont efficaces auprès des populations aisées. De nouvelles mesures prises en 2017 ciblent les populations moins favorisées.
    • un cumul d’exposition aux risques sanitaires : la population francilienne est exposée à de nombreux facteurs environnementaux préjudiciables à la santé, tels que la pollution, les pesticides, le plomb, le monoxyde de carbone.
    • Tenir compte du lieu d’habitat : les études épidémiologiques américaines montrent qu’un individu pauvre résidant dans un quartier pauvre sera en moins bonne santé qu’une personne pauvre, au profil socio-économique similaire, mais résident dans un quartier aisé.
      • Des chercheurs français se sont inspirés des travaux réalisés outre-atlantique et ont démontré qu’à revenu égal, l’obésité affectait davantage les pauvres des quartiers pauvres que des quartiers aisés.
      • Isabelle Gémy insiste donc sur la nécessité de tenir compte des indicateurs environnementaux et socio-économiques dans l’évaluation de l’état de santé des populations.
    • Les populations vulnérables sont surreprésentés dans les zones surexposées aux risques sanitaires.

    Résorber les inégalités sociales de santé

    L’Ile-de-France présente des taux de mortalité prématurée élevés. Selon l’observatoire régional de santé, une attention particulière doit être accordée aux thématiques suivantes : nutrition, santé mentale, surpoids, consommation d’alcool et de tabac, inégalités sociales de santé persistantes, vieillissement de la population, actions de prévention auprès des familles et enfants en bas âge.