Financeurs

  • Servier lance à Paris-Saclay un incubateur pour start-ups innovantes, y compris en e-santé

    Servier va ouvrir un incubateur dédié aux start-ups « les plus innovantes dans le domaine de la santé ». Il se situera au sein de l’Institut de recherche Servier Paris-Saclay, dont la première pierre a été posé le 19 juin 2019 et qui regroupera d’ici 2022 l’ensemble des activités de recherche du groupe basées en France.

    L’incubateur s’étendra sur une surface de 1 850 m2 et sera composé de 80 postes de travail. Il permettra aux start-ups hébergées de « développer leurs projets de façon autonome » et de « partager leur expertise avec les équipes Servier pour créer une dynamique partagée supplémentaire », précise Servier dans un communiqué.

    Contacté par Health & Tech Intelligence, le groupe explique que cet « hôtel à projets » sera appelé à accueillir « des entreprises du numérique et de la e-santé à partir du moment où cela fera sens » du point de vue du soutien que Servier peut apporter ou « vis-à-vis d’autres start-up présentes sur le site ». C’est le professionnel choisi pour la gestion de cet incubateur qui se chargera de sélectionner les jeunes sociétés appelées à rejoindre le site en 2022 : Servier fera partie du comité de sélection.

    « Le futur institut s’inscrit dans un écosystème extraordinaire par sa proximité avec CentraleSupelec, l’ENS, l’ICE, le CNRS, l’Inserm… et nous l’espérons bientôt un hôpital dédié aux soins et à la recherche à proximité », commente Olivier Laureau, président de Servier.

  • Éthique des algorithmes : « Les acteurs de la santé sont conscients des enjeux » (J.Béranger, Adel)

    « L’objectif d’une certification est de donner du sens, de la sécurité et de la confiance. » C’est ce qu’affirme Jérôme Béranger, chercheur (PhD) associé à l’Inserm 1027 de l’université Toulouse III – Paul Sabatier et directeur scientifique (CSO) de la société Adel (Algorithm Data Ethics Label), spécialiste de la certification des systèmes algorithmiques d’un point de vue éthique.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Jérôme Béranger explique constater une montée en puissance des enjeux relatifs à l’éthique dans le domaine de la e-santé. Il salue à cet égard le rôle du règlement RGPD et des actions menées au moment de son introduction. Le co-fondateur d’Adel indique que la santé est le domaine de base de sa société : détaillant les avantages concurrentiels que procure la certification, il fait part de son ambition de devenir une agence de notation autour de l’éthique et du digital.

    RGPD : il y a eu une « période d’inquiétude » puis une « prise de conscience »

    Pouvez-vous citer quelques références récentes dans le domaine de la santé ? Quelles sociétés et quels projets ont obtenu le label Adel ?

    Jérôme Béranger : Je peux citer notamment :

    • Digikare, sur Orthense : plateforme de suivi des programmes de soins en chirurgie orthopédique ;
    • DV Santé sur le système Monali : suivi médical pour la pratique médicale courante au quotidien pour les patients, élaboration de database pour analyse épidémiologique, recherche clinique ;
    • MSD France : observatoire sur le traitement du diabète de type 2 ;
    • Sanofi – Lab 39 bis : laboratoire d’innovation digitale pour les projets de santé numérique ;
    • Le GIP e-santé Occitanie – ARS Occitanie : évaluation technique, éthique, voire RGPD.

    Pouvez-vous évaluer la part que représente le domaine de la santé parmi les traitements que vous évaluez ces derniers temps ?

    Cette part est aujourd’hui de 100 % , c’est notre secteur de base. Notre plateforme d’évaluation éthique est désormais applicable à d’autres secteur d’activité comme l’assurance, la finance, les ressources humaines ou l’industrie. Nous sommes en train d’explorer ces nouveaux marchés.

    Pouvez-vous établir un bilan de l’entrée en vigueur du RGPD dans votre activité un an après ?

    Dans un premier temps, il y a eu de la part des entreprises et des start-ups, une période d’inquiétude autour du RGPD. Ce règlement a eu l’avantage de susciter une prise de conscience des acteurs autour des enjeux de conformité. Cependant, durant cette phase, toute l’énergie et les financements employés à assurer la conformité au RGPD était perdu pour la certification Adel. Puis, dans un second temps, c’est devenu plus bénéfique car les entreprises ont développé une prise de conscience et sensibilisé les acteurs du digital aux enjeux et risques éthiques. 

    « Les enjeux éthiques sont mieux perçus aujourd’hui qu’il y a quelques années »

    Pouvez-vous évaluer ce niveau de conscience des enjeux éthiques parmi vos partenaires, et plus particulièrement dans le domaine de la santé ?

    Les enjeux sont beaucoup mieux perçus aujourd’hui qu’il y a quelques années par les décideurs. Les médias se sont entre-temps beaucoup fait l’écho des problématiques de sécurité et de confidentialité des données notamment. En témoigne une présentation que j’ai récemment faite devant le Medef. Enfin, que ce soit le rapport IA de Cédric Villani ou le volet digital du Plan Santé 2022, on remarque qu’il y a un vrai mouvement en faveur de l’éthique dans le numérique et notamment en intelligence artificielle. 

    Quelles sont les conséquences de l’obtention de votre label éthique pour les organisations du domaine de la santé ? Est-ce un avantage concurrentiel vis-à-vis des clients, des autorités et des partenaires, comme c’est le cas s’agissant de la notation extra financière ?

    L’objectif d’une certification est de donner du sens, de la sécurité et de la confiance. L’impact d’une certification Adel est donc important auprès des clients mais aussi des autorités, notamment de la Cnil ou du ministère de la Santé. La similarité avec l’activité d’une agence de notation extra financière est importante, nous sommes d’ailleurs engagés dans un élargissement de nos activités dans cette direction. À moyen terme, Adel a l’ambition de devenir une agence de notation autour de l’éthique du digital.

    Plus concrètement, le processus de certification Adel permet de faire participer l’ensemble des collaborateurs d’une société à une réflexion sur les enjeux éthiques du développement d’un algorithme, comme l’a remarqué Pascal Recchia, le président de notre client Digikare.

    Quelle est votre position sur les logiciels dits « adaptatifs » d’apprentissage automatique (réseaux de neurones, etc) ? Pouvez-vous envisager un contrôle de conformité régulier ou continu pour un outil qui se reprogramme lui-même en permanence ?

    Pour l’instant ce n’est pas possible, une certification est conçue pour être valable à l’instant T. Cependant, nous avons développé une plateforme d’évaluation éthique en ligne qui est utilisée par les entreprises en interne (comme outil d’amélioration continu) pour leur permettre de s’auto-évaluer et de suivre l’évolution de leurs projets digitaux au sein de leur entreprise.

    D’ailleurs, nous avons mis à disposition des entreprises sur notre site une auto-évaluation gratuite pour sensibiliser les directions à l’approche de l’Ethics by design. Même si cela n’est qu’une version réduite de notre plateforme d’évaluation, cela apporte une idée plus concrète de notre méthodologie d’analyse.

    À moyen-long terme, nous pourrions auditer d’un point de vue éthique des systèmes experts et des logiciels d’apprentissage automatique adaptatifs, grâce à un contrôle de conformité régulier via une plateforme intelligente (ou une IA) d’évaluation, permettant de surveiller l’impact d’une évolution. 

  • AAC : la Mutualité française lance la 4ème édition de son prix de l’innovation (deadline : 31/07/19)

    La Mutualité française lance en partenariat avec la société Care Insight la 4ème édition du prix « innovation mutuelle ». 3 lauréats seront récompensés à l’issue de cet appel à candidatures (AAC). Ils bénéficieront d’une dotation financière et auront l’occasion de gagner en notoriété auprès des acteurs du monde mutualiste, de professionnels et décideurs de la santé mais aussi du grand public.

    La remise des prix aura lieu lors des Journées de rentrée de la Mutualité, qui se tiendront les 25 et 26 septembre 2019 à Nancy. Ils seront décernés dans les catégories suivantes : 
    • innovation technologique en matière de santé ;
    • innovation organisationnelle en matière de santé ;
    • coup de cœur des Journées de rentrée (catégorie regroupant les 2 précédentes) : le lauréat sera désigné parmi 3 candidats présélectionnés par le jury, à l’issue du vote des mutualistes, par le biais d’une application mobile dédiée.

    Les candidatures, ouvertes jusqu’au 31 juillet 2019, sont à effectuer par le biais d’un formulaire en ligne disponible via ce lien.

  • Canada : Imagia, start-up spécialisée dans le diagnostic du cancer par IA, remporte un AAP de 214M€

    Imagia, une start-up canadienne qui développe des outils d’aide au diagnostic en cancérologie, remporte avec l’Institut de recherche Terry Fox (consortium) un appel à projet lancé par le gouvernement canadien visant à améliorer le système de santé grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique canadien, a annoncé un investissement allant jusqu’à 49 millions de dollars (32,6 M€) consenti dans le cadre du volet 4 du Fonds stratégique pour l’innovation (concours du secteur de la santé et des sciences biologiques). Ce prix est combiné aux contributions des 97 partenaires du consortium à hauteur de 108 millions de dollars (71,8 M€) en espèce, soit 157 millions de dollars (104,4 M€) au total, auxquelles s’ajoutent 165 millions de dollars en nature (109,8 M€).

    Imagia, qui compte plus de 60 collaborateurs, va ainsi pouvoir profiter d’un financement total de 322 millions de dollars (214 M€) au total, lui permettant d’installer sa plateforme Evidens dans les hôpitaux canadiens pendant les 4 années à venir. La société souhaite également se développer dans le domaine des maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.

    Evidens est une plateforme basée sur l’IA conçue pour faciliter la prise de décision des médecins en leur permettant de définir le traitement adéquat à utiliser pour chaque patient, mais aussi pour accélérer la sélection des données nécessaires a la recherche.

  • Ailyan, Lattice Medical et PremedIT, lauréats health tech du premier AAP de l’accélérateur Eurasanté

    3 start-ups health tech, Ailyan, Lattice Medical et Running Care(PremedIT), font partie des 8 lauréats retenus à l’issue du premier appel à projets (AAP) de l’accélérateur Eurasanté, lancé en février 2019.

    • Ailyan conçoit des interfaces (logiciels) simplifiées pour favoriser l’accessibilité des personnes âgées ou handicapées aux TIC afin de faciliter leur maintien à domicile dans de bonnes conditions de sécurité, de soins et de services. L’offre logicielle est centrée sur l’autonomie et la stimulation cognitive pour permettre un usage simplifié de la tablette en Ehpad à visée thérapeutique. Ailyan a étendu en 2017 son activité aux tablettes senior à destination du grand public.

    • Lattice Medical développe une bioprothèse implantable personnalisée pour la reconstruction mammaire post-mastectomie, alternative aux prothèses siliconées. La solution brevetée porte sur le développement d’une chambre d’ingénierie tissulaire résorbable et imprimée en 3D afin de régénérer les tissus autologues adipeux. « Des applications de cette innovation sont aussi prévues pour réparer la peau du visage des grands brûlés ou pour la chirurgie esthétique du fessier », précise Eurasanté dans un communiqué publié le 7 juin 2019 à propos des résultats de son AAP.

    • Running Care (PremedIT) est une start-up spécialisée dans la e-santé pour le sport, alliant les sciences médicales à l’intelligence artificielle et à l’analyse prédictive. La société a mis au point son premier produit, Running Care, une application dédiée à la prévention et à la prédiction des blessures chez les coureurs.

    Les 5 autres lauréats sont HCS Pharma (biotech), Inbrain Pharma (biotech), Paragate Medical (DM implantable), Vaxinano (vaccins prophylactiques et thérapeutiques pour les maladies infectieuses) et X’Prochem (synthèse chimique de protéines de 60 à 400 acides aminés).

    Un programme d’accélération dédiés aux start-ups des Hauts-de-France

    Le programme d’accélération est ouvert aux start-ups implantées dans les Hauts-de-France ou souhaitant s’y implanter, et portant un projet innovant (innovation de rupture, technologique, d’usage, organisationnelle) dans les domaines e-santé, technologies médicales, biotechnologies, pharma et services spécialisés en santé. L’appel s’adressait plus précisément aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires significatif ou ayant bouclé une première levée de fonds d’amorçage.

    Le programme, d’une durée de 18 mois, a pour objectif de permettre aux start-ups sélectionnées d’accélérer leur développement vers la levée de fonds de série A. Les entreprises lauréates bénéficieront de l’expertise Eurasanté en financement de l’innovation, business développement, gestion des ressources humaines et accès au marché afin de soutenir leur déploiement.

    Ce programme d’accompagnement a été élaboré pour répondre aux différents besoins identifiés dans les entreprises :

    • lever des fonds pour pérenniser les programmes de R&D entamés et/ou financer une force commerciale efficace ;
    • structurer l’entreprise sur les aspects managériaux et RH (recrutement de talents, renforcement du leadership, organisation interne, fidélisation des employés) ;
    • Anticiper et appréhender les problématiques complexes relatives à l’accès au marché ; (développement clinique et réglementations spécifiques) ;
    • sécuriser l’innovation de l’entreprise pour optimiser son développement ;
    • déployer l’offre de l’entreprise en France et à l’international ;
    • élargir la gamme de produits ou de services.
  • SFTélémed lance un appel à candidatures pour son prix de l’innovation (deadline : 15/07/2019)

    Dans le cadre du Congrès de la télémédecine 2019, qui se tiendra les 3 et 4 décembre 2019 à Paris, la Société française de télémédecine (SFTélémed) lance un appel à candidature pour son prix de l’innovation.

    Le concours, organisé en partenariat avec le Snitem et Medicen, s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui développent une innovation en télémédecine : éducation thérapeutique, pathologies chroniques, données/intelligence artificielle, pilotage/évaluation, innovation organisationnelle/parcours, dispositif médical connecté, formation….

    La date limite pour déposer son dossier de candidature, accessible via ce lien, est le 15 juillet 2019. Le dossier (avec extrait Kbis), accompagné du PPT de présentation, est à envoyé à secretariat@sf-telemed.org.

    Modalités de l’appel à candidature

    L’appel s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui remplissent les conditions suivantes :

    • être une jeune entreprise ​(3 ans maximum)​ et présenter un prototype ;
    • avoir développé une solution innovante en télémédecine/santé numérique (prototype ou solution sur le marché depuis moins d’un an, pilote expérimentation) ;
    • être domicilié sur le territoire français.

    Seront analysés : 

    • le respect des conditions de candidature ;
    • la présentation du projet/de l’entreprise sous format PPT ;
    • le dossier de candidature​.

    À l’issue de cette étape, 5 candidats seront pré-sélectionnés. Ils seront auditionnés devant un jury lors du congrès de la SFTélémed. L’annonce des résultats se fera lors de la session de remise de prix en fin de congrès.

    Le prix de l’innovation 

    Le prix accordé au gagnant sera :

    • de la part de la SFTélémédv : 
      • visibilité sur le site de la SFTélémed en qualité de partenaire ;
      • un an d’adhésion gratuite ;
      • une participation à un programme de formation ;
      • un accompagnement par nos experts à un projet médical ;
      • un stand au sein de l’exposition du congrès de l’année suivante​ ;
      • participation à une séance scientifique 2020 afin de présenter leur innovation récompensée lors du prix innovation ;
    •  de la part de Medicen :
      • avantages d’une adhésion à Medicen Paris Region (accès aux événements, aux outils de veille économique…) ;
      • participation orale lors des réunions du DAS santé numérique de Medicen Paris Region, permettant de présenter l’innovation à un panel de représentants industriels (grands groupes, ETI, PME…) et académiques/cliniques- Visibilité sur un événement co-organisé par Medicen Paris Region ;
      • accompagnement PME​ ;
    • de la part du Snitem :
      • Accès aux service du Snitem pendant un an, sous réserve que votre solution soit un DM : 
        • possibilité d’interroger nos experts ;
        • réglementaire (marquage CE), accès au marché, juridique (RGPD, Cnil…)​.
  • Anapix et ExactCure parmi les 20 lauréats de la 2ème promotion du Prevent2Care Lab (Ramsay)

    La Fondation Ramsay générale de santé et ses partenaires, le fonds de dotation Pfizer Innovation France ainsi que l’accélérateur de la nouvelle économie Inco, ont dévoilé les 20 start-ups qui vont intégrer la 2ème promotion du Prevent2Care Lab, incubateur de start-ups dédié à la prévention santé. Il s’agit de D’un seul geste, Dynseo, Fizimed, Medoucine, Moona, SunnyCare, PKvitality, MaPUI Labs, ExoStim, iCare Sciences, Mon Emile, Ordopass, Anapix Médical, Someo Solutions, ExactCure, Weydo Music, Elimaje, Origin’ailes, Hajime et Fava.

    Elles seront hébergées à Paris et à Marseille au sein de l’Incoplex et seront accompagnées par les groupes Ramsay Générale de Santé et Pfizer. Le programme d’incubation dure 9 mois, durant lesquels les start-ups pourront réaliser des expérimentations et des initiatives d’open innovation avec des acteurs de la santé en France. Elles seront mises en lien avec le réseau d’Inco de 500 start-ups green et sociales réparties dans 35 pays.

    Le jury a sélectionné les projets pour le caractère innovant de leurs produits ou services, la viabilité de leur business modèle, leur potentiel de développement et leur capacité à répondre à un besoin clairement identifié.

    Une centaine de candidatures ont été reçues suite à l’appel à projets. Elles devaient être orientées sur l’un des 3 types de prévention :
    • primaire : prévenir l’apparition d’un problème de santé en informant sur les comportements à adopter et en incitant au passage à l’acte ;
    • secondaire : diagnostiquer et agir à un stade précoce de l’évolution de la maladie afin de s’opposer à son évolution ou faire disparaître les facteurs de risque ;
    • tertiaire : éviter les potentielles rechutes chez des personnes qui ont déjà été malades.

    Prevent2Care Lab : présentation des 20 lauréats

  • PHW 2019 : « protéger, partager et valoriser » les données patients, les 3 axes de la start-up DrData

    Protection, partage et valorisation des données patients sont les 3 axes de la vision portée par la start-up DrData. À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, Nesrine Benyahia, P.-D.G de la société, a animé le 22 mai une conférence spéciale au cours de laquelle Eric Tanneau, médecin libéral, Hélène Gaillard, pharmacienne, et Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques, ont évoqué les spécificités de leurs corps de métier vis-à-vis de ces 3 enjeux importants de l’exploitation des données de santé.

    Protéger les données sensibles « car elles touchent à notre liberté » 

    « Il est nécessaire de récupérer des données de santé fiables via des objets connectés fiables pour avoir des données qui ne seront pas faussées, car elles touchent à notre liberté », déclare Eric Tanneau. Ces données doivent être protégées pour éviter toutes déviances (hacker).

    Le praticien estime qu’une interopérabilité est indispensable afin qu’aucune de ces données ne soit perdue. La nécessité que tous les acteurs du système de santé puissent partager ces données conduiraient à la création d’un système global, ajoute-t-il.

    Patients actifs : informer et accompagner sur l’importance du partage des données

    D’un point de vue juridique, les patients ne sont pas propriétaires de leurs données de santé mais restent les principaux concernés dans le partage de leurs informations personnelles, explique Eric Tanneau. Leur consentement est moteur pour ensuite collecter ces données, qui doivent être véritablement utilisées afin de mener des recherches. Il faut « créer une appartenance pour qu’ils participent à ce système de collecte », suggèrent les intervenants. 

    La valorisation directe des données du patient 

    Les données sont actuellement valorisées via la création de nouveaux produits mais cette valorisation est indirecte pour le patient car le temps écoulé entre la récolte et la création est long. 

    Il faut que « le patient puisse accéder à ses données individuelles pour savoir comment elles ont été utilisées, pour quelle étude et en quoi elles ont été utiles pour l’intérêt commun », explique de son côté Hélène Gaillard. 

    Ce nouveau modèle pourra permettre une valorisation directe pour le patient et l’accès à ses données personnelles l’aidera dans son parcours de soins, précise-t-elle.

    La question de l’Europe dans le domaine du data 

    À l’échelle européenne, la question de la coordination des données est un réel problème, notent les intervenants. D’un pays à l’autre, un patient peut perdre ses données car leur partage reste confiné à échelle nationale. Les patients doivent pouvoir accéder à leurs données partout en Europe, soulignent les speakers. 

    « Il est nécessaire d’aller plus vite pour comprendre cette révolution numérique », estime Gérard Raymond afin de créer ensuite une dynamique pour contrebalancer la Chine ou encore les États-Unis. 

  • Open Mind Innovation, la start-up qui décrypte les variations des activités cérébrales

    Comprendre les variations de l’activité cérébrale en fonction des situations auxquelles elle est soumise, tel est l’objectif de la start-up de neurosciences française Open Mind Innovation, créée en 2019 par Guillaume Victor-Thomas dans l’optique d’adapter le cerveau humain aux aléas du quotidien.

    La société est constituée d’une équipe de 19 collaborateurs, dont 9 chercheurs, spécialisés dans les neurosciences cognitives, la data science, la psychologie, le game design et la réalité virtuelle (RV). 

    Elle a créé à Paris un « Performance Lab », au sein duquel des « patients » passent un bilan cognitif, comportemental et émotionnel d’une valeur de 900 euros. Une expérience de RV est réalisée au cours de l’évaluation afin d’analyser leur gestion du stress, leurs émotions et les réactions de leurs capacités cognitives. 

    D’ici fin 2019, la start-up espère boucler un tour de table afin de financer ses recherches et ainsi de développer de nouveaux services dans le domaine des neurosciences.

  • PHW 2019 : « Le télésuivi des maladies respiratoires ferait économiser 500 M€ » (P. Castet, Aqsitania)

    « Il y a en France à peu près un million de personnes ayant des maladies respiratoires chroniques de type BPCO, asthme sévères et mucoviscidoses. Nous estimons donc que si nous arrivons à équiper toute la population et à prévenir ne serait ce que la moitié de ces crises, nous pourrions faire économiser au moins 500 millions d’euros par an à l’Assurance maladie », indique Patrice Castet, cofondateur et directeur des opérations de la société Aqsitania, interviewé par H&TI le 23 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week.

    « Mon associé Patrick Hanusse, qui a été directeur de recherche au CNRS, a conçu une nouvelle méthode d’analyse du signal qui permet d’en extraire l’information utile, explique-t-il. Nous appliquons cette technologie aux signaux respiratoires parce que nous nous sommes aperçus qu’il y avait un gros trou dans la raquette des pneumologues, le télésuivi à domicile. Notre principale contribution est un test consistant à 3 minutes de respiration calme à domicile sans assistance, grâce au PRP (profil respiratoire personnel), ce que nous avons appelé la « ventilométrie » ».

    « Actuellement, les tests de pneumologie sont réalisés en milieu hospitalier ou médicalisé avec l’assistance de professionnels de santé, rappelle Patrice Castet : le test de spirométrie, utilisé habituellement, qui consiste à souffler très fort et à respirer très fort, ne peut pas être effectué par des patients très malades parce que cela peut déclencher chez eux des crises d’exacerbation respiratoire. Notre test est si simple d’utilisation qu’il peut être réalisé en autonomie par ces patients, ainsi que par des personnes âgées, handicapées ou par des enfants. »

    « Ce test a une grande valeur prédictive, insiste-t-il. Au bout de cinq années d’existence, Aqsitania peut affirmer qu’il est possible dans certains cas d’anticiper la crise au moins une semaine avant qu’elle ne survienne. Cette année, il y aura des publications co-signées par les médecins pneumologues qui mènent nos essais cliniques dans de grands CHU afin de démontrer la pertinence de notre approche. »

    Quelle est la particularité de votre dispositif ?

    Patrick Hanusse : Différents essais ont été réalisés par différentes structures sur la possibilité de faire un spiromètre à domicile mais tous ont été invalidés par la HAS : la mesure était trop difficile à réaliser en autonomie et de toute façon on n’arrive pas à détecter les crises.

    Avec notre technologie, tout ce que nous demandons aux patients c’est de respirer trois minutes dans un débitmètre, associé avec un objet connecté, qui va poster le signal respiratoire sur une plateforme d’analyse. Celle-ci va calculer des marqueurs de la forme du signe respiratoire, des biomarqueurs qui qualifient l’état respiratoire de la personne à l’instant « T ». Nous avons aussi une application mobile qui permet de faire le même genre de suivi.

    C’est un modèle qui apprend l’état de la personne au fur et a mesure et détermine la plage de fluctuation habituelle de chaque patient. Lorsqu’il en sort une fois, on considère que c’est un accident, quand c’est deux fois il y a une chance sur 100 donc nous commençons à alerter, si c’est trois fois c’est une chance sur 1 000 donc ça va générer nécessairement une alerte parce que nous savons que la personne sort vraiment de son état respiratoire habituel.

    Où avez-vous mené vos essais cliniques ?

    En cinq ans d’existence, nous avons réalisé des essais cliniques avec de grands CHU, ceux de Bordeaux, Grenoble, Lyon, Rouen et la Pitié-Salpêtrière à Paris. Les médecins participants disposent d’un tableau de bord avec l’état de leurs dizaines ou centaines de patients à un instant « T ». Cela leur permet de ne s’intéresser qu’à ceux qui dérivent. Le but de ce suivi est de leur éviter des crises, l’exacerbation respiratoire, qui peut les conduire aux urgences en détresse respiratoire avec des conséquences pouvant être graves, le handicap ou la mort.

    Avez-vous pu prouver que les résultats du PRP (profil respiratoire personnel) étaient plus précis que ceux obtenus avec la technique habituelle ?

    Le PRP est entièrement nouveau. C’est la raison pour laquelle il faut que nous bâtissions avec les médecins un référentiel, de la même façon qu’il y a 40 ans au moment de l’apparition de l’échographie, quand nous avons commencé à avoir des images, nous nous sommes demandés comment les interpréter. Il a fallu que les professionnels de santé se forment à l’analyse et, petit à petit, nous avons su que telle ou telle configuration avait telle ou telle signification. De même aujourd’hui, il faut établir des signatures d’événements cliniques pour pouvoir dire que lorsqu’un profil respiratoire se comporte de telle manière ou de telle autre, nous pouvons établir tel ou tel diagnostic.

    C’est le principe de l’essai clinique que nous venons de terminer au CHU de Bordeaux avec 120 patients asthmatiques sévères : nous avons pu comparer les résultats du PRP avec ceux qu’obtiennent les médecins selon leur technique habituelle. Nous allons être en mesure de démontrer que nous voyons les crises arriver progressivement une à deux semaines à l’avance en fonction des personnes chez les asthmatiques sévères. C’est vraiment unique au monde.