Etablissements

  • L’ARS Centre-Val de Loire publie le PRS deuxième génération assorti de 50 objectifs opérationnels

    Anne Bouygard, Directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire a signé, le lundi 25 juin 2018 l’arrêté de publication du nouveau Projet régional de santé. Le PRS définit la politique régionale de santé pour la période 2018-2027. Il résulte d’un travail mené avec l’ensemble des partenaires de l’ARS dans le courant de l’année 2017 et d’une consultant citoyenne à laquelle ont participé près de 8 000 personnes.

    La principale préoccupation exprimée par les personnes interrogées est centrée sur l’accès à un médecin, près de chez soi et dans un délai raisonnable. Les priorités identifiées par 30% des sondés portent sur le soutien aux personnes qui s’occupent d’un proche malade ou en situation de handicap, la souffrance psychique, la gestion des médicaments, et les liens entre la ville et l’hôpital.

    Cette réflexion s’est poursuivie en 2018 pendant une phase de consultation de 3 mois (de janvier à avril 2018), à travers la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, le travail des collectivités territoriales et des Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie. Le document final a été rendu public le 24 juin 2018 et intègre les propositions de l’ensemble des acteurs sollicités dans le cadre de cette réflexion partenariale.

    Le PRS affiche plusieurs objectifs : réduire les ISS, améliorer la qualité de vie, favoriser l’inclusion des malades et personnes en situation de handicap.

    Le projet régional de santé de l’ARS Centre-Val de Loire comporte trois documents

    • Le Cadre d’Orientation Stratégique (COS) – 2018-2027
      Il détermine les objectifs généraux de la politique régional de santé et les résultats attendus pour les dix années à venir, fondés sur les caractéristiques de la population et des attentes exprimées lors de la phase de consultation. Les axes structurants du COS peuvent être résumés ainsi :
      • Orientation 1 : « Préserver et améliorer l’Etat de santé de la population » ;
      • Orientation 2 : « Favoriser la qualité de vie, l’autonomie, l’inclusion des personnes malades et en situation de handicap » ;
      • Orientation 3 : « Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé » ;
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.
    • Le Schéma régional de Santé (SRS) – 2018-2022
      Il constitue la déclinaison opérationnelle du COS à 5 ans.
      • Le SRS s’appuie sur les spécificités de la région Centre-Val de Loire et de ses territoires.
      • Il a été construit autour de quatre axes transverses : Inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé ; Accès au système de santé ; Efficience du système de santé ; Continuité des parcours de santé ;
      • Il comporte vingt-trois chapitres et six parcours spécifiques : personnes âgées, handicap, autisme, cancer, addiction, santé mentale ;
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.
    • Le Programme régional relatif à l’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS).
      • Le  PRAPS 2018-2022, décline les programmes d’actions transversaux et spécifiques visant les difficultés rencontrées par les personnes les plus démunies, généralement les plus éloignées du soin.
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.

    Ces orientations sont déclinés en 50 objectifs opérationnels, traduits par des résultats à atteindre au cours des cinq prochaines années.

  • Les infrastructures et les TIC sont à la base du potentiel de développement de la Tunisie en santé

    Organisée par le Club Afrique de la Presse Parisienne (CAPP) en collaboration avec l’agence d’information AfricaPresse.Paris et la plateforme d’affaires et de recrutement Convergence, la conférence « Entreprendre en Afrique : les atouts de la Tunisie dans le secteur de la santé » s’est tenue à Paris, le 20 juin 2018.
    Cinq orateurs étaient invités à y prendre la parole, modérée par Alfred Mignot, directeur de AfricaPresse.Paris et Président du Club Afrique de la Presse Parisienne :
    – Philippe de Fontaine Vive Curtaz, Vice-Président honoraire de la BEI ;
    – Mounir Mouakhar, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis ;
    – Monder Khanfir, Vice-Président du Tunisia-Africa Business Council ;
    – Dr Maher Zahar, PDG de MIRE ;
    – Dr Khaldoun Bardi, Chirurgien et membre de l’Académie européenne de médecine.

    Ces cinq orateurs ont unanimement déclaré que la Tunisie était un « pays du seuil », soit un pays riche de nombreux atouts présentant de ce fait un potentiel de développement intéressant. D’après les intervenants, la Tunisie veut prochainement devenir une plateforme régionale de santé éventuellement numérique et de recherche : pour soutenir le développement de la santé en Tunisie, 7% du PIB sont dépensés dans le système de santé (pour un profil sanitaire comparable aux pays de l’OCDE), 43 % étant délivrés par le secteur privé.

    L’objectif est à la fois de rendre la Tunisie attractive pour les entreprises de la santé et les investisseurs d’une part, et pour les patients africains et européens d’autre part.

    L’attractivité de la Tunisie vis-à-vis des entreprises et des investisseurs

    La santé et la recherche en santé en Tunisie : des secteurs réunissant des professionnels recherchés

    D’après les intervenants, le système d’éducation et d’enseignement tunisien forme un personnel médical, paramédical et technique très qualifié et d’autant plus recherché que moins coûteux qu’en France, par exemple.

    Par ailleurs, concernant les domaines de la recherche et du développement, la Tunisie a, selon les intervenants, un profil intéressant du fait de ses 6 000 chercheurs, de son technopôle et de ses 111 laboratoires qui lui permettent d’occuper le 46ème rang dans le classement des pays publiant le plus de travaux de recherche scientifique. En outre, la Tunisie est associée à l’UE dans le programme Horizon 2020 : dans ce cadre, ses équipes peuvent postuler et prendre part aux mêmes programmes de recherche que les laboratoires européens.

    Les supports du profil R&D de la Tunisie : infrastructures et TIC

    • Les infrastructures tunisiennes

    Outre ses nombreux laboratoires, la Tunisie dispose d’environ 2 000 centres de médecine, parmi lesquels 167 hôpitaux dont 23 CHU. Ces centres sont répartis dans le territoire d’une façon relativement homogène, de façon à ce que tout Tunisien puisse avoir accès à un centre de soins à moins de 30 km de chez lui. Ce réseau d’établissements auxquels sont associées des équipes de recherches dessine un système de petites localités réunissant soignants, chercheurs et population locale : du point de vue du Dr Maher Zahar, cette facilité d’accès à la population permet de mesurer facilement l’impact de tel ou tel nouveau dispositif ou phénomène et contribue à rendre le profil R&D de la Tunisie intéressant. 

    •  Maîtrise des techniques d’information et de communication

    Le Président de la chambre de commerce de Tunis a rappelé que la Tunisie « est à la pointe des techniques d’information et de communication (TIC) » : ce domaine représente à l’heure actuelle 11 % du PIB de la Tunisie, pays ayant exporté en 2017 1 milliard de dinars de logiciels et de services informatiques.

    Pour faire de la Tunisie une référence internationale, « l’objectif de la Tunisie […] est de créer 80 000 emplois dans ce secteur des TIC » a indiqué Mounir Mouakhar.

    Investissements et santé numérique

    Les intervenants ont indiqué que la Tunisie bénéficie d’un système de « législation souple » dans le domaine de la finance. L’objectif de cette souplesse est d’encourager les investissements étrangers dans le domaine de la santé et de la recherche en santé, investissements en majorité drainés par la santé numérique.

    Le tourisme médical en Tunisie, miroir de l’attractivité du système de santé du pays

    Constat : un pays relativement attractif pour les patients

    Le tourisme médical mène, à l’heure actuelle, environ 400 000 patients étrangers (dont 3% européens) en Tunisie.

    La Tunisie est notamment la deuxième destination africaine la plus prisée dans le cadre du tourisme de la santé, et la deuxième destination mondiale dans le tourisme de la santé pour des soins de thalassothérapie, après la France.

    Cependant, la Tunisie reste classée 36ème sur 41 destination mondiale en santé, les pays comparables à la Tunisie en termes de développement économique et de situation géographique (Liban, Jordanie) étant toutefois moins bien classés que la Tunisie.

    Différents types de tourisme médical

    D’après le Dr Khaldoun Bardi, le terme de « tourisme médical » réunit au moins trois phénomènes qui expliquent le classement de la Tunisie et son attractivité pour les patients :

    • le tourisme du bien-être, représenté par la thalassothérapie, la balnéothérapie, etc. : dans ce cadre, la Tunisie jouit d’une situation géographique intéressante (proche de l’Europe, donc facile d’accès pour les patients européens) et de nombreuses infrastructures disponibles. De plus, la médecine, qui du fait des avancées technologiques devient de plus en plus préventive et associée au bien-être d’après le Dr Maher Zahar, pourrait dans le futur mener vers la Tunisie de plus en plus de touristes à la recherche de « bien-être » ;
    • le tourisme pour les soins dentaires, ophtalmologiques et esthétiques : de même que le précédent tourisme, il concerne des patients atteints par des pathologies peu invalidantes et peu prises en charge par les systèmes d’assurance maladie et de sécurité sociale étrangers. Le caractère bon marché de ces soins en Tunisie attire donc fortement la patientèle étrangère, et elle pourrait l’attirer plus encore si les établissements tunisiens obtenaient des accréditations nécessaires pour devenir une destination de tourisme médical pour les assurances plus que simplement pour les ménages ;
    • le tourisme de la santé menant à la prise en charge de patients très malades. Dans ce cadre, un alignement des procédures tunisiennes de prise en charge des pathologies lourdes sur les protocoles européens ou américain demeure à mettre en œuvre afin de développer ce dernier type de tourisme médical en Tunisie.

    Finalement, un dernier point a été soulevé lors de la clôture de la conférence : la satisfaction des Tunisiens vis-à-vis de leur propre système de santé.  D’après les intervenants, la population tunisienne serait satisfaite de son système de santé, comparable, pour des raisons historiques, au système de santé français. Cependant, ces dernières années, de nombreux mécontentements auraient été exprimés. Ceux-ci seraient explicables, selon le Dr Zahar, par la baisse du pouvoir d’achat en Tunisie, qui rendrait difficile l’accès aux soins.

  • Urgences : l’IGAS publie son enquête sur les circonstances ayant conduit au décès de Naomi Musanga

    L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié, le 22 juin 2018, un rapport intitulé « Enquête sur les circonstances ayant conduit au décès d’une jeune patiente suite aux sollicitations du Samu de Strasbourg le 29 décembre 2017 ». La publication du rapport coïncide avec le lancement d’une réflexion nationale sur la réorganisation des services d’urgence.

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a chargé par une lettre du 9 mai 2018 l’Inspection générale des affaires sociales d’enquêter sur les circonstances du décès de la jeune femme.

    Le rapport, établi par le docteur Anne-Carole. Bensadon et Juliette Roger, traite conformément à la demande de la ministre :

    • des procédures de régulation des appels mises en place au SAMU de Strasbourg et des modalités de traitement des appels reçus concernant Mme Naomi Musenga ;
    • des conditions de prise en charge de Mme Naomi Musenga par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg  ;
    • de l’accompagnement de la famille par l’établissement  ;
    • des modalités de signalement auprès de l’agence régionale de santé.

    Le rapport de 61 pages de l’IGAS est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien. Il met en évidence « de graves dysfonctionnements » dans le traitement des appels au Samu 67.

    Réorganiser la prise en charge des patients dans les services d’urgence

    La publication de ce rapport s’inscrit dans un contexte général marqué par la volonté affichée du gouvernement et du parlement de faire évoluer l’organisation des services d’urgence français. En atteste à titre d’exemple, un rapport remis le 22 mai 2018 à Agnès Buzyn dans lequel le député Thomas Mesnier (LREM) examine la situation des soins non programmés en France, définis comme « exprimant une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville ». Le rapport parlementaire est consultable en cliquant ici.

  • « Transformer le système de santé depuis les territoires » – Séminaire du Conseil régional d’IdF

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait le 21 juin 2018 une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer la santé des Franciliens ». Health & Tech intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes » avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé » avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de France (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP)
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients » avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé, prévention, ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    « La planification sanitaire, une responsabilité étatique assumée par les autorités municipales »

    Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé

    Sandrine Lamiré évoque le rôle des maires en matière de planification sanitaire. Elle rappelle que face à la pénurie de médecins en Ile de France, les maires sont parmi les premiers acteurs interpellés par les citoyens et sommés de prendre des mesures rapidement.

    Cette mission n’incombe pas aux élus locaux mais à l’Agence régionale de santé (ARS). Les dotations de l’Etat ne permettent pas toujours aux maires d’envisager la construction de maisons pluriprofessionnelles de santé. Sandrine Lamiré rappelle que les maires peuvent conclure des contrats avec les Agences régionales de santé compte tenu des besoins locaux et que ces outils s’avèrent particulièrement utiles.

    « Renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France »

    Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Ile-de-France

    • Quelle est l’actualité des GHT,  mis en place par la loi du 26 janvier 2016 ?

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent l’un des axes de réflexion actuels de la FHF. Serge Blisko considère que les projets d’aménagement urbain menés en Ile-de-France (notamment les transports) soulèvent des difficultés : « ils ne tiennent pas suffisamment compte de l’offre de soins qu’il faut intégrer à la réflexion en amont des projets de planification urbaine ».

    • Attirer les professionnels de la santé en Ile-de-France

    La FHF veut travailler en partenariat avec les offreurs de soins pour renforcer l’attractivité de la région aux yeux des professionnels de santé. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, rappelait en guise d’introduction à la journée de séminaire, que le temps de trajet quotidien d’une infirmière francilienne est estimé à 3h.

    « Le problème des ressources humaines est extrêmement important. Il convient de valoriser l’environnement professionnel pour résorber la pénurie de médecins et d’infirmiers ». Serge Blisko.

    • La répartition des internes en médecine en Ile-de-France est préoccupante

    Le président de la FHF se dit inquiet face à la raréfaction des internes en médecine franciliens. Dans le sillage de la réforme des études de médecine, les « taux d’inadéquation » n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’inadéquation est défini comme la différence entre les postes offerts par un département et les postes pourvus in fine au sein de ce département lors des choix des internes à l’été 2017.

    Ainsi, en 2018, la FHF constate 40% de non prise de poste en Essonne, 38% en Seine-et-Marne, 37% dans le Val-d’Oise et 30% dans les Yvelines. Ces taux sont imputables en partie aux temps de trajet et aux prix des loyers des cabinets médicaux et des domiciles. Serge Blisko en appelle donc au renforcement de l’attractivité de la région Ile-de-France auprès des jeunes et futurs professionnels de santé.

    « Le territoire, un maillon essentiel »

    Un représentant de l’hospitalisation privée en Ile-de-France

    L’orateur salue les déclarations récentes du Président Macron, qui, lors de la journée de la mutualité française, a annoncé vouloir mobiliser les acteurs privés. Les GHT ne doivent pas constituer le socle du système de santé. L’Ile-de-France compte 15 GHT contre une vingtaine de territoires de coordination de santé, lesquels associent acteurs publics et privés.

    « Il ne faut pas appuyer le projet de santé territorial sur les seuls GHT ».

    L’orateur salue le rapport du HCAAM publié en juin 2018, qui préconise de décloisonner les secteurs médical et médico-social. Le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs de santé.

    • Mieux coordonner les activités de soins entre les établissements publics et privés

    En matière de prise en charge aux urgences, les hôpitaux privés d’Ile-de-France accueillent près de 25% des patients, mais « les services de régulation ne tiennent pas suffisamment compte des hôpitaux privés », d’après l’orateur.

    • Supprimer ou modifier les dispositifs de classement des établissements de santé

    La gradation des soins produit par ailleurs des « effets délétères » dans la mesure où les professionnels de santé et les patients ne souhaitent se rendre que dans les établissements classés dans la première catégorie.

    • Faire de la qualité une priorité du système de santé

    L’intervenant en appelle ensuite à soutenir la « qualité » au coeur des organisations et des pratiques professionnelles : « nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte la qualité ».

    • Simplifier l’accès à l’innovation

    Il préconise enfin de simplifier l’accès à l’innovation et cite l’exemple de Ramsay Générale de Santé, qui a inauguré un incubateur destiné aux start-ups spécialisées dans la prévention (diagnostic du mélanome et de maladies oculaires avec l’intelligence artificielle par exemple).

    Le patient expérientiel

    Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs

    La FEHAP a forgé le concept de « patient expérientiel », inspiré de la Charte de Vancouver, qui consiste à faire des patients des acteurs et des sachants, en complément de la communauté de médecins. La Fédération est particulièrement attentive aux enjeux des ressources humaines en santé, des déplacements et temps de trajet entre le domicile et le lieu d’exercice professionnel, de l’accès aux soins des familles et des personnes en situation de handicap.

    Ancrer la formation universitaire dans les territoires

    Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13

    Pour le professeur Jean-Luc Dumas, le territoire doit devenir le déterminant majeur des formations médicales. Comment modifier la formation universitaire ?

    • « La pratique du numerus clausus sclérose nos territoires » ;
    • assurer la continuité d’un parcours ancré dans les territoires ;
    • créer une plateforme unique qui regroupe les formations initiales et continues ;
    • créer des passerelles et de nouvelles filières de formation ;
    • les universités doivent développer une offre de formation dans le champ de l’ « ingénierie organisationnelle » ;
    • les études de médecine doivent intégrer les innovations organisationnelles, techniques et numériques ;
    • valoriser le rôle des patients-enseignants au sein des universités ;
    • créer des « territoires universitaires de santé » ;
    • élaborer des « contrats de responsabilité en santé » dont l’université doit être l’une des parties prenantes ;
    • instituer une « plateforme d’échanges entre la demande et l’offre médicale ».

    Renforcer la coordination territoriale des parcours

    Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes

    Jean-Luc Plavis rappelle que les patients rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment lorsqu’ils sont atteints de maladies chroniques. Le « parcours de santé » se transforme souvent en « parcours du combattant ». Il faut « changer de paradigme » et faire de la coordination des acteurs et des établissements une priorité.

  • Le fonds French Tech Seed : 400 millions d’euros pour les start-ups de la French Tech

    Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé le 21 juin 2018 le lancement d’un nouveau fonds intitulé French Tech Seed à destination des start-ups de la French Tech et géré par Bpifrance.

    Ce fonds de 400 millions d’euros constitue un outil :
    – de financement du pré-amorçage à grande échelle ;
    – pour intervenir directement en fonds propres pour des levées de fonds importantes.

    Il s’agit du troisième volet du Programme d’investissements d’avenir (PIA) dédié au soutien des levées de fonds des start-ups technologiques issues des « apporteurs d’affaires labellisés » :
    • laboratoires ;
    • incubateurs ;
    • SATT.

    Cette annonce s’inscrit dans le plan « Actions start-ups 2018 » annoncé le 25 mai 2018 par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, décliné en 100 actions en faveur de la deep tech (« start-up à forte intensité technologique »).

  • Des disparités de santé persistantes en lle-de-France selon le lieu de vie (ORS)

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait, le 21 juin 2018, une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer le santé des Franciliens ». Health & Tech Intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes », avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé », avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de france (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP) ;
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients », avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé et prévention ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    Le Dr Isabelle Grémy rappelait, en prélude à la table ronde, quelques chiffres et élément-clés concernant la population des franciliens.

    Les inégalités sociales de santé persistent à l’échelle de l’Ile-de-France

    Selon la directrice de l’ORS Isabelle Grémy, l’état de santé de la population francilienne présente les caractéristiques suivantes :

    • un écart d’espérance de vie important : l’écart d’espérance de vie entre les populations les plus aisées et les populations les moins favorisées – résidant principalement en Seine-Saint-Denis – est évalué à 7 ans, selon des données de l’ORS.
      • La mortalité prématurée (survenant avant 65 ans) affecte particulièrement la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne ;
      • Toutefois, les mesures de prévention engagées en Ile-de-France pour lutter contre le tabagisme (paquets neutres, hausse du prix du tabac, etc.) commencent à porter leurs fruits : la consommation de tabac est passée de 26% en 2016 à 21% en 2017. Les actions de prévention sont efficaces auprès des populations aisées. De nouvelles mesures prises en 2017 ciblent les populations moins favorisées.
    • un cumul d’exposition aux risques sanitaires : la population francilienne est exposée à de nombreux facteurs environnementaux préjudiciables à la santé, tels que la pollution, les pesticides, le plomb, le monoxyde de carbone.
    • Tenir compte du lieu d’habitat : les études épidémiologiques américaines montrent qu’un individu pauvre résidant dans un quartier pauvre sera en moins bonne santé qu’une personne pauvre, au profil socio-économique similaire, mais résident dans un quartier aisé.
      • Des chercheurs français se sont inspirés des travaux réalisés outre-atlantique et ont démontré qu’à revenu égal, l’obésité affectait davantage les pauvres des quartiers pauvres que des quartiers aisés.
      • Isabelle Gémy insiste donc sur la nécessité de tenir compte des indicateurs environnementaux et socio-économiques dans l’évaluation de l’état de santé des populations.
    • Les populations vulnérables sont surreprésentés dans les zones surexposées aux risques sanitaires.

    Résorber les inégalités sociales de santé

    L’Ile-de-France présente des taux de mortalité prématurée élevés. Selon l’observatoire régional de santé, une attention particulière doit être accordée aux thématiques suivantes : nutrition, santé mentale, surpoids, consommation d’alcool et de tabac, inégalités sociales de santé persistantes, vieillissement de la population, actions de prévention auprès des familles et enfants en bas âge.

  • Etape de l’innovation : la mobilité au service du bien veillir, le 2 juillet 2018 à Guéret

    Cette journée organisée par la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret, la Région Nouvelle-Aquitaine et le réseau Innovez en Nouvelle-Aquitaine – ADI N-A, permettra d’explorer les technologies et les solutions innovantes développées pour favoriser l’autonomie et la mobilité des seniors.

    Elle se déroulera le lundi 2 juillet 2018 de 10h à 16h.

    Programme : 

    10h – 10h30 :

    Accueil des participants

    10h30 – 11h :

    Ouverture par Éric Correia, Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret et Anne-Laure Bedu, Conseillère régionale déléguée au transfert, à l’innovation et à l’accélération.

    11h – 11h45 :

    Conférence et débat avec Frédéric Serrière,  Dirigeant de GlobalAgingConsulting, sur :

    • les relais de croissance du vieillissement démographique;
    • les nouveaux besoins des baby boomers
    • les différentes stratégies du développement de produits et services
    • Innovation et génération : quel timing ?

    11h45 – 12h30 : Première session d’ateliers 

    Trois ateliers sont proposés en alternance par groupes : 

    • Mobilité des services et des technologies Témoignages croisés sur les services à la personne et leur modèle économique : quels usages des nouvelles technologies ? Avec la participation de Latitude Services, Elisad, Omnidom, Life Design Sonore, Facil’iti et la CCI de la Creuse (Portail Seniority Pro 23)
    •  Mobilité dans l’habitat et vers l’extérieur :  Trouver des solutions pour améliorer le quotidien et permettre le maintien à domicile des Seniors et répondre à la question suivante : quelles initiatives pour préserver la mobilité et le lien social ? Interventions de AEL Avenir Electrique de Limoges, Alogia, Bluelinea, et Ecosyst’M  
    • La réalité virtuelle au service des entreprises : Démonstration du cube immersif du Pôle Domotique et Santé et présentation des solutions développées par Independance Royale, Legrand, Domalys Intervention d’Immersion sur les technologies de l’espace 3D, présentation des actions du pôle Calyxis dédié à la prévention des risques à la personne et démonstration de solutions complémentaires au bien vieillir par ReSanté-Vous, Rev’Lim et Nutri-Culture

    12h30 – 14h :

    Déjeuner

    14h – 14h45 : Deuxième session d’ateliers

    14h45 – 15h30 : Troisième session d’ateliers

    15h30 – 16h : 

    Conclusion et clôture par Frédéric Serrière de GlobalAgingConsulting et Marie-Emmanuelle Fréour du réseau Innovez en Nouvelle-Aquitaine – ADI N-A

    Inscription : 

    Pour s’inscrire, cliquer sur ce lien. 

    Date limite d’inscription : 27 juin 2018

  • « La France, 1er pays européen des industries de santé »(présidents des 7 pôles de compétitivité)

    Le 5 juin 2018 est parue une tribune libre signée par les présidents de 7 pôles de compétitivité en santé :
    – Alsace Biovalley ;
    – Atlanpole Biotherapies ;
    – Cancer-Bio-Santé ;
    – Eurobiomed ;
    – Lyonbiopôle ;
    – Medicen Paris Region ;
    – Nutrition-Santé-Longévité.

    Le but de cette tribune libre commune intitulée « Il est temps de faire de la France LE pays européen des industries de santé » est d’interpeller l’État sur le futur de ce type de pôles ainsi que sur l’importance des industries de la santé en France.

    Constats de départ

    « La réalité quotidienne au sein de nos pôles de compétitivité nous force à faire le constat que la santé, ses industries et l’ensemble de ses acteurs ne sont pas suffisamment perçus par l’Etat comme un élément clef de compétitivité, d’innovation et de croissance. Dans le même temps, le caractère stratégique de notre indépendance sanitaire ne semble pas être mesuré à sa juste importance. Nous le regrettons.

    La santé, un domaine de compétitivité, d’innovation et de croissance

    Les industries de santé sont un des secteurs industriels les plus dynamiques et innovants au monde. En France, elles constituent un secteur riche en savoir-faire d’excellence, en entreprises innovantes et en valeur ajoutée. Deuxième filière industrielle française en matière de R&D, avec 11 % du PIB national pour un chiffre d’affaires annuel moyen de 65 milliards d’euros*, elles contribuent non seulement à l’essor économique du pays, mais aussi à son rayonnement international (3ème secteur exportateur). Ces industries doivent impérativement rester compétitives et pour cela la France a l’obligation d’innover en permanence. Ces innovations sont pour l’essentiel développées par des TPE/PME françaises très largement accompagnées par les pôles de compétitivité et qui participent à l’ambition française de « Start-up nation ». Ces entreprises recrutent nos diplômés français, font briller la France à l’international et sont les pourvoyeurs des solutions de santé de demain.

    Le rôle des pôles de compétitivité

    Fédérer les acteurs…

    En 12 ans, les pôles compétitivité en santé dans leur capacité à fédérer les forces industrielles et académiques autour de l’innovation ont fait la preuve de leur efficacité. Ils soutiennent la mutation structurelle des industries de santé par leurs actions à destination des entreprises innovantes, favorisent les approches pluridisciplinaires qui rendent possible l’intégration de nouvelles technologies et répondent à de nouveaux enjeux de santé.

    … pour favoriser l’innovation et améliorer la qualité des soins…

    Cet aspect économique majeur est combiné à d’autres éléments spécifiques à notre domaine d’activité : penser aujourd’hui la santé de demain afin de garantir à la population française un accès à des soins toujours plus performants. Le travail de mise en relation et de collaboration entre le monde académique, le monde hospitalier, les start-ups, les PME et les grands groupes a permis, et permettra demain, de mettre sur le marché et de rendre accessible au plus grand nombre les innovations en santé. De plus, le marché de la santé représente un débouché important pour d’autres technologies développées en France, comme le digital, le spatial, l’intelligence artificielle, les nanotechnologies… ou encore les nouveaux matériaux. Ces secteurs ont besoin de ce marché et de son dynamisme pour poursuivre leur croissance.

    … et garantir l’indépendance.

    Parallèlement, assurer son indépendance sanitaire consiste pour la France et pour l’Europe à continuer de maîtriser sa politique de santé publique. Dans cette optique, le réseau industriel doit être structuré et innovant. Les pôles de compétitivité en santé ont pris toute leur part dans le développement et la consolidation de ce réseau de plus en plus efficient. L’indépendance sanitaire signifie, non seulement, l’accès à certaines innovations développées sur le territoire national, mais aussi le maintien de capacités de R&D fortes et d’une partie de la production industrielle (pharmaceutique, biotechnologique, medtech…) en France afin de pallier au maximum les ruptures d’approvisionnement. Les pôles de compétitivité en santé, en accompagnant les entreprises dans la production et la mise sur le marché de nouvelles solutions, jouent ce rôle de catalyseur et de développeur de l’écosystème national. Les projets labellisés par les pôles ont ainsi permis la mise sur le marché de 400 nouveaux produits ou services depuis leur création.

    L’importance stratégique des pôles de compétitivité

    A l’heure actuelle, la place des pôles de compétitivité est réinterrogée. Régulièrement évaluées, ces structures, utiles et performantes, porteuses d’innovation sur le territoire national, visibles et très bien identifiées au niveau mondial, sont aussi modestes économiquement et légères en termes d’organisation. Extrêmement agiles, elles ont une réelle capacité à travailler ensemble. Les membres de nos réseaux reconnaissent et comprennent l’intérêt des pôles et de leurs actions – apporter de la stabilité au paysage et des clefs de lecture des enjeux – ce qui leur permet d’être focalisés sur leurs objectifs spécifiques tout en participant à une vision collective de l’innovation en santé. La constance et la structuration dans l’action ne sont-elles pas un moyen simple et efficace de favoriser l’innovation ?

    Nous voulons continuer à porter cette vision des industries innovantes de la santé dans un paysage complexe et en mouvement et être force de proposition auprès de l’Etat, des Régions et de l’ensemble des pouvoirs publics. La santé ce n’est pas seulement un coût, c’est aussi un secteur économique à forte valeur ajoutée, qui participe de la compétitivité et de l’attractivité de notre pays, en même temps qu’un enjeu de souveraineté ».

  • Suivi du cancer : l’AP-HM s’associe à Vitaris pour évaluer l’impact de dispositif de téléassistance

    Assistance Publique – Hopitaux de Marseille (AP-HM) s’est associée en mars 2018 à l’entreprise Vitaris, prestataire de solutions de téléassistance en France, pour lancer une étude clinique, selon un communiqué de l’entreprise diffusé fin mai 2018.

    Cette étude clinique intitulée « PREDOMOS » a fait l’objet d’un appel à projets remporté par Vitaris et vise en partie à évaluer l’impact des dispositifs de téléassistance sur la prise en charge des personnes âgées et isolées atteintes d’un cancer. Elle s’achèvera en 2021.

    Participants et finalités de l’étude

    Lancée en mars 2018, l’étude en question s’intitule PREDOMOS : PREcarité chez le sujet âgé atteint de cancer : Impact sur la qualité de vie d’une approche DOMOtique et par téléassistance pour les patients âgés pris en charge pour un cancer métastatique ou localement avancé et isolés Socialement.

    Cette étude multicentrique et randomisée est menée par les docteurs Daumas et Couderc du service du Pr Villani. Cette étude associe également la « plateforme méthodologique, biostatistique, data management » du Pr Auquier et les docteurs Baumstarck et Loubière.

    Mode opératoire

    L’objectif de cette étude est de faciliter le retour à domicile des patients âgés atteints de cancers traités par chimiothérapie. Pour ce faire, 160 patients seront équipés avec des solutions de téléassistance Vitaris. Dix centres, en région PACA principalement, ont engagé les inclusions en mars 2018.

    Vitaris installe chez les participants un dispositif de téléassistance connectée avancée permettant :

    • de détecter les chutes ;
    • elle contient un pack de sécurité de la maison (incluant les détecteurs connectés de fumée et de monoxyde de carbone) ;
    • un pack de suivi de l’activité et de l’inactivité (avec capteur de mouvement infrarouge) ;
    • un système d’éclairage automatique, permettant de faciliter les déplacements nocturnes ;
    • une écoute active 24h24 et 7j/7.

    Résultats escomptés

    L’objectif de cette étude est de comparer l’impact des équipements de téléassistance, couplés à la domotique et à un suivi social mensuel sur la qualité de vie des patients âgés. Une attention particulière sera accordée à la mesure de l’impact du lien social alimenté par l’écoute.

    Cette étude sera menée jusqu’au début de l’année 2021. Si ses résultats sont concluants, elle devrait permettre de renforcer la sécurité des personnes vivant leur maladie à domicile.

  • Le respect de l’ONDAM en 2017 « masque une situation très contrastée » (FHF)

    Si la Commission des comptes de la Sécurité sociale s’est félicitée, dans son rapport 2018 publié le 5 juin 2018, du respect de l’objectif national de dépense de l’assurance maladie en 2017 et du retour à l’équilibre prévu en 2018, la Fédération hospitalière de France tempère quelque peu ces projections dans un communiqué publié le 19 juin 2018.

    Un déficit global du FSV estimé pour 2017 à 5,1 Mds d’euros

    Chargée d’analyser les comptes de la sécurité sociale, la commission des comptes s’est réunie le mardi 5 juin 2018.

    Selon ses prévisions, le déficit global du régime général et du fonds de solidarité vieillesse s’établit pour 2017 à 5,1 milliards d’euros, proche de la prévision initiale de 5,2 milliards d’euros, d’après un communiqué de presse du ministère des solidarités et de la santé du 5 juin 2018.

    L’objectif des dépenses de l’assurance maladie n’a pas été dépassé en 2017

    Du fait notamment du dynamisme de l’économie, le déficit devrait se réduire encore en 2018 pour atteindre entre 0,3 et 0,9 milliards d’euros, en nette amélioration par rapport à la prévision votée dans la loi de financement de la sécurité sociale en décembre dernier (-2,2 milliards). Le rapport de la Commission des comptes est accessible en suivant ce lien.

    Dans un communiqué publié le 19 juin 2018, la Fédération hospitalière de France (FHF) tempère les analyses de la commission des comptes de la sécurité sociale et du ministère. Le texte, intitulé « Comptes de la Sécurité Sociale : un équilibre en trompe l’œil, qui masque un déficit des hôpitaux en aggravation », avance les quelques chiffres suivant pour justifier son positionnement.

    Nuances apportées par la FHF sur les données de la commission des comptes de la sécurité sociale

    L’année 2017 a été marquée par :

    • le dépassement des dépenses de soins de ville de 600 M€ ; 
    • une sous-exécution de l’enveloppe des établissements de santé de 600 M€ par rapport à l’objectif initial ;
    • un sous-financement de plus de 430 M€ pour les seuls hôpitaux publics ; 
    • un doublement du déficit du budget principal des hôpitaux publics entre 2016-2017 « passant de 470 millions d’euros à près d’1 milliard d’euros » ; 
    • la dette « s’est stabilisée au prix d’une nouvelle diminution des dépenses d’investissement qui sont passées sus le seuil de 4 Mds€ en 2017, alors qu’elles s’élevaient à plus de 6 Mds€ par an entre 2008 et 2011. 

    « Cette dégradation obère l’avenir et les investissements futurs de nos établissements, pourtant indispensables à l’entretien et à la rénovation des bâtiments, au renouvellement des équipements médicaux et hôteliers et à l’innovation » conclut la FHF.