Etablissements

  • Chine : le gouvernement encourage le développement des technologies médicales (R&D)

    La Chine rationalisera les mécanismes d’évaluation des programmes de recherche et des performances académiques réalisés par les chercheurs et les instituts de recherche du pays, indique une nouvelle directive publiée le 3 juillet 2018 par le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil d’État (« State Council »).

    Objectif : réduire le nombre d’évaluations, améliorer les méthodes et l’efficacité de la recherche d’ici 2020 pour que les ressources soient mieux allouées et que les chercheurs soient plus motivés en matière d’innovation.

    En matière de e-santé, le document indique que le gouvernement :
    • assouplira la réglementation concernant les services de santé en ligne ;
    • encouragera le développement des technologies médicales, dont les systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle ;
    • renforcera ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques.

    Selon la directive du Conseil d’État chinois :

    • la Chine a assoupli la réglementation sur les services de santé sur internet, permettant aux hôpitaux de mener des consultations médicales à distance et de laisser les médecins rédiger des ordonnances en ligne pour les maladies chroniques et les plus courantes ;
    • Le pays envisage diverses innovations dans le secteur de la e-santé, soit le développement de systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle, de plateformes de formation basées sur le cloud et de dispositifs de santé mobiles.
      Les exigences en matière de soins pourraient être parfaitement adaptées aux technologies basées sur l’IA, analyse Fang Cong, vice-président de la start-up spécialisée dans la reconnaissance faciale Yitu Technology, ajoutant que les applications dans le domaine ont bien évolué, passant du « diagnostic d’une maladie unique [au diagnostic de] plusieurs maladies, et du traitement automatique du langage naturel (natural language processing) ou de la vision par ordinateur (computer vision) à une analyse complète » (source : South China Morning Post).
    • Le gouvernement est également en train de renforcer ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques et espère parvenir à l’interconnexion de l’information entre les hôpitaux tertiaires d’ici 2020 (avis d’avril).

    Objectif ultime : augmenter l’espérance de vie à 79 ans d’ici 2030

    Cet effort en R&D s’inscrit dans le cadre de l’objectif ambitieux du gouvernement chinois de faire passer l’espérance de vie moyenne de 76,3 ans (2015) à 79 ans d’ici 2030, et de réduire d’un tiers le taux de mortalité chez les jeunes patients atteints de maladies chroniques, actuellement de 19,1 %, indique la directive.

  • China: The government is encouraging medical technology development (R&D)

    China will streamline the mechanisms of evaluating research programs and academic performance of researchers and research institutes in the country, announced a new guideline issued on July 3, 2018 by the Communist Party of China Central Committee and the State Council.

    Goal: reducing the number of assessments, improve Chinese research methods and effectiveness by 2020 so that resources will be better allocated and researchers will be more motivated with enhanced innovation ability.

    Concerning eHealth, the document states that the government:
    • further loosened regulations on internet health care services ;
    • is encouraging the development of medical technologies, including artificial intelligence-based diagnostic systems;
    • is strengthening efforts to create a database of digital health records.

    According to the State Council:

    • China further loosened regulations on internet health care services, allowing hospitals to conduct remote medical consultations online and letting doctors write online prescriptions for chronic and common diseases;
    • The country is considering various innovations in the e-health sector, including artificial intelligence-based diagnostic systems, cloud-based training platforms and wearable health devices.
      Health care requirements may well be the perfect fit for AI, said Fang Cong, vice president of Yitu Technology, a startup specializing in facial recognition, adding that applications have grown from “diagnosis of a single disease to multiple ones, and from natural language processing or computer vision to comprehensive analysis” (source: South China Morning Post).
    • The government is also strengthening its efforts to create a database of digital health records and hopes to achieve inter-connectivity of information among tertiary hospitals by 2020 (April notice).

    Ultimate goal: increasing the life expectancy to 79 year old by 2030

    This R&D effort is part of the Chinese government’s ambitious goal of increasing the average life expectancy from 76.3 years (2015) to 79 year old by 2030, and reducing mortality rates among young patients with chronic diseases by a third, from 19.1%, said the guideline.

  • Appel à manifestation d’intérêt dans le champ du handicap de l’ARS Ile-de-France

    L’Agence Régionale de Santé Île-de-France lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour des projets d’extension visant la mise en œuvre accélérée de solutions nouvelles permettant de développer l’autonomie des personnes en situation de handicap dans la région.

    « Cette méthode, qui remplacera à chaque fois que possible les appels à projets, trouve son ancrage dans la démarche Réponse accompagnée par tous », précise Christophe Devys, directeur général de l’ARS Île-de-France dans dans l’AMI diffusé le 2 juillet 2018. L’idée sous-jacente de cette démarche est d’amplifier le mouvement de transformation de l’offre « en partant des besoins et des attentes des personnes handicapées et de leurs aidants ».

    Les modalités de réponse à l’AMI sont explicitées ci-dessous.

    L’ARS Île-de-France mobilise 200 millions d’euros au service de la transformation de l’offre pour les personnes en situation de handicap, indique Christophe Devys.

    L’ARS et les gestionnaires concernés sont engagés dans une « co-construction de solutions innovantes qui doit permettre la mise en œuvre de solutions nouvelles » en matière de prise en charge du handicap.

    Composition du dossier

    Les gestionnaires adresseront un dossier de candidature qui exposera le projet proposé et son adéquation avec les objectifs de l’AMI. Il sera composé :

    • du cadre dans lequel s’inscrit la réponse proposée (identification des besoins, en lien avec les acteurs du territoire) ;
    • d’une présentation des réponses proposées et des interventions déployées dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques professionnelles ;
    • des éléments de file active prévisionnelle et d’activité ;
    • de l’organisation humaine et financière prévue pour l’instauration des solutions proposées (tableau des effectifs prévisionnels par catégorie de personnels, plan de formation, budgets présentés en année pleine selon le cadre normalisé…) ;
    • d’une note architecturale et des besoins d’investissement ;
    • de la mobilisation partenariale, du lien avec les institutions (ARS, CD, MDPH) concernant les pratiques d’admission et la réponse aux besoins les plus complexes ;
    • du rétroplanning proposé pour le développement des solutions visées.

    Le financement de solutions nouvelles en termes de places pourra être proposé. Hors exception dûment documentée concernant l’accompagnement des situations complexes, leur financement sera plafonné au coût médian régional constaté pour une solution du même ordre, pour une déficience équivalente.

    Par ailleurs, et sauf disposition innovante impliquant un suivi de l’activité spécifique qu’il reviendra au gestionnaire de préciser, la solution proposée devra, dans sa mise en œuvre, respecter les objectifs d’activité fixés aux gestionnaires franciliens.

    Les opérateurs sont invités à joindre également tout document leur paraissant utile à la compréhension de leur projet.

    Modalités de candidature

    Une première fenêtre de dépôt de dossiers de candidature est ouverte entre le 3 juillet 2018 et le 15 octobre 2018.

    Une nouvelle fenêtre sera ouverte dans le courant du premier trimestre 2019.

    Pour toute information concernant l’appel à manifestation d’intérêt :

    ARS-IDF-AMI-PH@ars.sante.fr

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.

  • Le PRS 2018-2022 de l’ARS Bretagne axé sur les notions de coordination, pertinence et innovation

    Le projet régional de santé 2018-2022 de l’Agence Régionale de Santé de Bretagne a été rendu public le 2 juillet 2018.

    Parmi les grands principes sur lesquels repose la politique de santé régionale, on retrouve notamment :
    • une coordination plus forte des intervenants au bénéfice d’une prise en charge globale du patient-citoyen et ce au plus près de son lieu de vie ;
    • un renforcement de la qualité et de l’efficacité du système de santé.
    De façon opérationnelle, ce dernier principe consistera à privilégier la pertinence des pratiques et les innovations médicales, technologiques ou organisationnelles. Il implique également l’adaptation aux évolutions de la démographie des professionnels de santé.

    L’ARS a élaborée son PRS au cours d’une démarche collaborative impliquant les instances de démocratie en santé et l’ensemble de ses partenaires institutionnels, et ce depuis depuis la phase de diagnostic jusqu’à l’écriture : fédérations hospitalières et médico-sociales, URPS et instances de démocratie en santé (la conférence régionale de la santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, les conseils territoriaux de santé, etc.).

    Une feuille de route sanitaire à 7 orientations stratégiques 

    Le plan régional de santé de l’ARS de Bretagne repose sur 7 orientations stratégiques :

    Agir sur la prévention visant à éviter les atteintes prématurées à la santé et à la qualité de vie

    Il s’agit de mener des actions de prévention dans un approche englobante, avec la prise en compte de l’ensemble des déterminants de la santé et avec des actions à destination des populations à risque et des patients atteints de maladies chroniques tout particulièrement.

    Cela passe par une sensibilisation dès le plus jeune âge pour favoriser l’adoption de bons réflexes pour la santé, des consultations de dépistage précoce ou des programmes d’éducation thérapeutique auprès des publics souffrants de maladies chroniques.

    Un des leviers de mise en œuvre de ces actions sera le recours au « service sanitaire » assuré par les étudiants en médecine.

    Garantir l’accès à une offre de santé adaptée et de qualité tournée vers le domicile

    Il s’agit ici de garantir un accès aux soins malgré les difficultés sociales, économiques ou géographiques rencontrées par un patient et de répondre aux changements de mode de vie avec une demande clairement axée sur le domicile.

    • Les soins

    En matière des soins de premiers recours, promouvoir l’exercice coordonnée entre les équipes de premiers recours (médecin traitants et autres professionnels de santé), poursuivre le développement de maison de santé pluriprofessionnelles et enfin mettre en place un accueil sans rendez-vous pour désengorger les services d’urgences.

    Sur le plan des soins hospitaliers, il s’agira de développer la télémédecine, la chirurgie ambulatoire, l’hospitalisation à la journée et l’hospitalisation à domicile (HAD).

    • L’accompagnement médico-social tourné ver le domicile

    L’objectif ici est d’encourager l’ouverture des Ehpad en les faisant évoluer vers des pôles de services ouverts sur l’extérieur, au bénéfice des personnes résidant au domicile ; développer les services de soins et d’accompagnement à domicile pour les publics dépendants et développer des accompagnements combinant l’accueil en établissement et les soins à domicile.

    Faciliter les parcours de soins, de santé et de vie par une organisation plus coordonnée

    Afin de proposer un accompagnement en continu et au plus près des besoin, il faudra :

    • encourager les coopérations entre hôpital et la ville en facilitant la création de « communautés professionnelles territoriales de santé » ;
    • créer des nouvelles « plateformes d’appui » dans la région au service des médecins traitants dans le suivi des malades chroniques ;
    • favoriser la généralisation du DMP ;
    • financer le développement de systèmes de communication et d’échanges sécurisés entre professionnels ;
    • déployer dans la région des systèmes d’information permettant une meilleure orientation de la personne vers le dispositif le plus proche et le plus adapté.

    Renforcer la qualité et la pertinence des prises en charge

    Afin de délivrer des prises en charge pertinentes et adaptées à l’état de santé des personnes, les actions suivantes sont proposées :

    • développer le rôle de l’usager dans l’analyse de la qualité des soins par la méthode dite du « patient traceur » en établissement (analyse de la prise en charge délivrée sous forme d’un entretien entretien avec le patient) ;
    • organiser avec les professionnels de santé un programme d’amélioration de la pertinence des soins sur un certain nombre d’actes opératoires ou d’examens.

    Afin d’inciter à la qualité et à la pertinence, le PRS prévoit :

    • d’utiliser les contrats d’objectifs avec les établissements pour intégrer des objectifs précis d’amélioration de leurs indicateurs de qualité des soins ;
    • d’utiliser la tarification incitative à la qualité dans les établissements hospitaliers comme levier d’amélioration des pratiques ;
    • de mettre en place des contrats d’objectifs afin d’améliorer la pertinence des prescriptions médicamenteuses en établissement de santé et en EHPAD.

    Développer la performance et l’innovation du système de santé

    Afin de garantir la performance et la pérennité du système de santé, il faudra exploiter le filon des innovations technologiques notamment.

    Pour répondre à une démographie médicale en tension, la création de postes de médecins partagés entre établissements, ainsi que les « consultations avancées » de spécialistes hospitaliers sur les territoires sont prévues.

    Pour favoriser la pénétration des innovations dans le système de santé, sont prévues des actions visant à :

    • expérimenter de nouvelles organisations à travers des appels à projets ;
    • favoriser le développement de la recherche clinique dans les établissements hors CHU.

    Pour encourager la performance des établissements, on pourra développer des outils et systèmes d’information adaptés pour optimiser la gestion des établissements : achats, occupation des lits, dossiers communicants, mise en commun de fonctions logistiques et gestionnaires, etc.

    Améliorer la prise en charge des évènements exceptionnels

    Il s’agit d’améliorer la gestion de crises sanitaires en fédérant les structures de vigilance indépendamment, tous domaines confondus (pharmacovigilance, hémovigilance, centres anti-poison, etc.).

    Procéder à une mise en œuvre de la politique de santé régionale en mobilisant l’ensemble des acteurs

    L’ARS souhaite associer des représentants de l’ensemble des professionnels de santé et des usagers à la réflexion sur les besoins régionaux en santé, comme expression du souhait des autorités à renforcer la démocratie sanitaire.

    Ainsi, la place des usagers dans les établissement de santé sera renforcée et des expériences de formations croisées entre usagers et soignants seront davantage développées.

  • « Il existe un impératif moral à digitaliser notre système de santé » (Colloque Ethik IA – Sénat) 2/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! »

    Cet article constitue la suite de la synthèse des interventions de la première table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? », que vous propose Health & Tech Intelligence.

    Chaque orateur disposait de cinq minutes pour exposer sa vision des enjeux juridiques, éthiques et économiques de l’IA en santé.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    « Il existe un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey

    Thomas London considère qu’il existe « un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », à plusieurs titres :

    • notre système n’est pas soutenable à moyen terme, sa digitalisation permettrait de dégager des économies importantes ;
    • l’accès aux soins s’améliore en France mais n’est pas encore intégralement assuré (pour des raisons géographiques, sociologiques ou économiques). Les outils digitaux facilitent l’accès à l’information des patients ;
    • il existe une « tension palpable » sur les ressources humaines médicales et médico-sociales ;
    • la digitalisation du système de santé permettrait de répondre à une préoccupation croissante des décideurs politiques et professionnels de santé, à savoir la qualité des actes médicaux dispensés : il existe une variabilité importante dans les prises en charge, selon les établissements et les professionnels, rappelle l’intervenant. Cette variabilité se traduit par des taux de mortalité évitable parfois élevés. Thomas London préconise à ce titre d’automatiser certains processus pour en réduire la variabilité.

    Une étude réalisée par le cabinet McKinsey en 2013 (« Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France) a montré que le potentiel de création de valeur des technologies du numérique d’ici 2023 est chiffré à 1 000 milliards d’euros (tous secteurs confondus).

    Le Global Institute de la société McKinsey a réalisé une étude sur les conséquences des nouvelles technologies sur les ressources humaines, publiée en mai 2018 (intitulée « Skill shift : automation and the future of the workforce » et consultable ici). Ses conclusions se veulent « rassurantes ». L’étude rapporte un « effet net neutre ou positif » des technologies numériques, lesquelles n’induisent pas un chômage de masse mais renforcent l’efficacité, la qualité et la soutenabilité du système de santé.

    « Les stratégies européennes de soutien à l’innovation ne sont pas viables » David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris

    Les stratégies de soutien à l’innovation au sein de l’Union européenne sont-elles viables ? Professeur d’affaires publiques à l’IEP de Paris, David Fajolles juge que la politique de soutien à l’innovation en Europe est lacunaire, sinon « risquée ».

    Il rappelle que les États-membres se sont alignés sur la politique insufflée par la Commission européenne, qui propose une stratégie de communication proactive des données. L’Europe manque de capital risque disponible pour l’IA. Le European Tech Report (2017) a montré que le dispositif d’accompagnement des start-up est optimal en phase initiale (early stage), mais moins efficace lors du passage à échelle. Ce cocktail « risqué » peut, à termes, placer l’Europe à la remorque d’États plus innovants, comme la Chine ou les États-Unis et en faire « l’idiot éthique du village » mondial.

    Combler le retard français en matière d’IA, Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP

    Si la France « sait innover », d’après Michel Ballereau, elle accuse un certain retard en matière d’IA et doit « revenir dans le concert international » sous peine de s’en voir rapidement exclure.

    « L’IA peut améliorer le recours aux soins » en matière d’insuffisance rénale chronique, Magali LEO, Renaloo

    Membre de l’association de patients Renaloo, Magali Leo rappelle que les personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique subissent aujourd’hui des prises en charge relativement lourdes (à raison de 3 séances hebdomadaire de dialyse d’une durée chacune de 4h) et coûteuses pour les patients et l’Assurance maladie. Les modes de rémunération actuels sont peu propices à la rénovation des formes de prise en charge car ils favorisent les traitements non autonomes.

    Le recours en l’IA en matière d’insuffisance rénale chronique s’avère à ce titre pertinent. Il permettrait aux patients de réaliser leur dialyse à domicile, d’écourter les durées de traitement et d’en alléger le coût total. Par ailleurs, Magalie Leo regrette que les données compilées dans le registre « Rein » ne soient accessibles qu’au niveau régional, rendant à l’heure actuelle difficile la mise en place de dispositifs de prise en charge autonome au niveau national.

    « La mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions en septembre 2018 » – Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS

    Depuis 2016, les acteurs de santé peuvent avoir accès au Système National des Données de Santé (SNDS), ce qui permet de chaîner :

    • les données de l’Assurance Maladie (base SNIIRAM) ;
    • les données des hôpitaux (base PMSI) ;
    • les causes médicales de décès (base du CépiDC de l’Inserm) ;
    • les données relatives au handicap (en provenance des MDPH – données de la CNSA) ;
    • un échantillon de données en provenance des organismes d’Assurance Maladie complémentaire.

    Directrice générale de l’INDS, Yvanie Caille salue la création récente du Health Data Hub dédié à l’intelligence artificielle en santé. Elle rappelle également le rôle essentiel des CHU, qui disposent d’entrepôts de données importants (notamment à l’AP-HP) et l’existence de cohortes et registres nationaux.

    Elle souhaiterait « faciliter les synergies » entre les bases de données de santé. A ce titre, la mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions dans le courant du mois de septembre 2018.

    « Les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies » Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France

    Directeur de General Electrics France, Jérôme Chevillote rappelle que les industriels doivent assumer une double responsabilité : « catalyser les innovations et les rendre accessibles au monde ». Cette mission nécessite :

    • de pouvoir agir selon un principe d’efficience ;
    • d’évoluer vers « des pratiques quantitatives » ;
    • d’associer les patients aux processus de conception des outils en les faisant participer à des évaluations proactives pour réduire les risques.

    Dès lors, pour le Directeur de General Electrics France, les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies (de santé).


    Les deux tables-rondes suivantes portait sur les thématiques suivantes :

    • « IA, robotisation et accompagnement à la transformation des métiers du champ sanitaire et médico-social : comment mettre en œuvre une RSE digitale en santé? »
    • « IA, robotisation et innovation en santé : comment prendre le tournant de la médecine algorithmique et valoriser l’expertise française dans un contexte mondialisé » ?

    Les actes du colloque seront publiés à l’automne 2018.

  • L’étape française du projet européen eMen interrogera l’efficacité des services de e-santé mentale

    Le prochain séminaire français du projet européen en e-santé mentale eMen aura lieu au cours du mois de décembre 2018 au centre hospitalier Guillaume Régnier, à Rennes, et aura pour problématique centrale : « Comment les solutions de e-santé mentale peuvent être efficaces pour améliorer les services de santé mentale ? ».

    Un an après le premier séminaire organisé par le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS) en juin 2017 à Paris et quelques mois avant ce prochain événement français à Rennes, Health & Tech Intelligence se propose de revenir sur les objectifs et les principaux résultats attendus de ce projet européen de e-santé mentale qui :
    • regroupe six pays (les Pays-bas, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Irlande et le Royaume-Uni) mettant en commun une expertise technologique et clinique dans les domaines de la recherche et du développement.
    • est financé par le programme Interreg North-West Europe à hauteur de 5,36 millions d’euros ;
    • se poursuivra jusqu’au mois de novembre 2019.

    Objectifs généraux du projet

    La Commission européenne a relevé que l’utilisation moyenne en Europe du Nord-Ouest des dispositifs connectés de santé mentale n’était actuellement que de 8 % : le premier objectif du projet eMen est de faire passer cette utilisation à 15 %. Ce changement doit être promu par une première « plateforme transnationale pour l’innovation et la mise en œuvre de la e-santé mentale » formée par des partenaires privés et publics.

    Le principal bénéfice secondaire attendu de cette plus grande utilisation des produits de e-santé par la commission consiste en une augmentation de la capacité de performance et d’innovation économique de la région, qui passerait par :

    • la réduction des coûts de soins de santé ;
    • l’amélioration de la prévention ;
    • l’amélioration des soins et des traitements ;
    • la croissance des PME dans le domaine de la e-santé.

    Axes de travail 

    Le projet est articulé autour de divers axes de travail :

    • le développement et le test d’objets connectés de e-santé mentale : dans ce cadre, l’Inserm a proposé le développement de StopBlues (par ailleurs développé dans le cadre du Printemps), projet de recherche reposant sur la mise en place et l’évaluation d’une appli mobile et d’un site web de prévention de la souffrance psychique et du suicide ;
    • la formation et la sensibilisation à la e-santé mentale : dans cet axe qui relève de la communication, un cycle de 24 événements (18 séminaires et 6 conférences) est prévu dans l’ensemble des pays participants, comptant un séminaire tous les six mois dans un pays donné. Le prochain séminaire français aura lieu à Rennes en décembre 2018. La liste des séminaires passés et futurs est la suivante :
      • 06/09/2018, à Geel (Belgique) : « Wearables » ; 
      • 11/06/2018, à Düsseldorf (Allemagne) : « Mise en œuvre de la e-santé mentale : la révolution numérique dans les soins de santé mentale » ;
      • 24/05/2018, à Édimbourg (Écosse) : « Approches géocentriques de la santé mentale » ;
      • 10/04/2018, à Haarlem (Pays-Bas) : « Formation en santé mentale : maintenant et dans le futur » ;
      • 30/03/2018, à Hellemmes (France) : « Citoyenneté active et habilitation en santé mentale communautaire » ;
      • 23/02/2018, à Bruxelles (Belgique) : « Thérapie en ligne : réflexions sur les questions psychodynamiques, psychothérapeutiques et éthiques » ;
      • 16/11/2017, à Dublin (Irlande) : « Technologie pour le bien-être » ;
      • 12/10/2017, à Berlin (Allemagne) : « Entrer en contact avec les interventions numériques pour la santé mentale » ;
      • 11/07/2017, à Amsterdam (Pays-Bas) : « Confidentialité, qualité et défis techniques » ;
      • 22/06/2017, à Paris (France) : « La santé mentale en ligne : définitions, défis, expériences » ;
      • 26/04/2017, à Belfast (Irlande) : « Équité et cybersanté mentale : La technologie numérique peut-elle nous aider à atteindre une bonne santé mentale pour tous? » ;
      • 96/02/2017, à Malines (Belgique) : Conférence de lancement du projet.
    • l’élaboration de recommandations politiques à destination des décideurs européens et nationaux ;
    • la création d’une plateforme de coopération européenne favorisant la mise en œuvre et l’échange de bonnes pratiques en matière de e-santé mentale.

    Principaux résultats attendus 

    Les pays pilotes de eMEN attendent de lui qu’il mène :

    • au développement de 5 produits connectés de e-santé mentale : 2 dispositifs concerneront la dépression et les troubles de l’humeur, 2 autres l’anxiété et un dernier la prise en charge des états de stress post-traumatique. Un de ces produits (StopBlues) est développé en France ;
      • Ce développement doit être conduit avec un coût raisonnable.
      • Les produits doivent répondre à des besoins clairement exprimés par les usagers.
      • Ces dispositifs doivent être élaborés à partir des bonnes pratiques de e-santé mentale.
      • Les produits développés doivent par ailleurs être testés dans les pays partenaires du projet.
    • à la mise en place d’une plateforme de coopération transnationale qui permettra de favoriser la connaissance, l’innovation, la réalisation de tests et l’échange de savoirs dans le domaine de la e-santé mentale ;
    • à l’élaboration d’une méthodologie de recherche économiquement efficiente et reposant sur des données probantes (evidence based) afin d’évaluer au mieux la qualité des produits de e-santé mentale ;
    • au soutien de 15 PME proposant des services de e-santé mentale dans les 6 pays partenaires du projet ;
    • à l’émission de recommandations politiques transnationales pour une utilisation efficace et mieux cadrée à grande échelle des applications de e-santé mentale en Europe ;
    • à une sensibilisation des professionnels et du public suffisante pour atteindre 4 000 professionnels et 70 000 utilisateurs.
  • La territorialisation des EHPAD encadrée par un plan d’accompagnement à la transformation des EHPAD

    Au mois de juin 2018 et dans un contexte démographique de vieillissement de la population ligérienne, l’ARS Pays-de-la-Loire, en partenariat avec les conseils régional et départementaux ainsi que la CARSAT et plusieurs acteurs de la santé gériatrique (fédérations, représentants d’usagers, salariés), a conçu un plan régional d’accompagnement à la transformation des EHPAD : PACT EHPAD.

    La conception d’un tel plan répond notamment à la feuille de route de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn parue le 30 mai 2018, qui encourage à améliorer la qualité de vie des personnes âgées et à anticiper la perte d’autonomie liée au grand âge. Pour servir cette double visée, le plan représente pour 2018 un accompagnement financier de l’ARS de 22,5 millions d’euros.

    Il est en particulier articulé selon 4 axes qui consistent en :
    – un effort de refonte de la politique d’accompagnement des ressources humaines en EHPAD ;
    – la mise en place d’une veille régionale et d’un accompagnement des EHPAD en difficulté ;
    – un accompagnement de l’évolution des projets de soins prenant en compte l’évolution du public accueilli ;
    – un renforcement de la territorialisation des EHPAD : il s’agit d’ancrer l’EHPAD dans la cité, et pour ça, de définir de nouveaux modèles de prise en charge. Ce renforcement de la gouvernance des EHPAD sur les territoires implique notamment de réfléchir à la mise en place de nouveaux outils, à la définition d’une stratégie régionale d’expérimentation.

  • Pulsy, le nouveau Groupement régional d’appui au développement de la e-santé Grand Est

    Pulsy est le nouveau Groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) de la région Grand Est, apprend-on dans un communiqué du 28 juin 2018. Pulsy, pour « Proximité, Unité, Lien et Synergie » est le GIP impulsé par l’Agence Régionale de Santé Grand Est qui va œuvrer pour l’amélioration des services de soin en agissant sur les SI, l’organisation et la coordination des différents acteurs, les services de télémédecine et de téléradiologie, l’orientation des patients, la diffusion de comptes rendus d’imagerie et de biologie, les e-parcours, etc.

    Il est né du rapprochement des GCS Alsace e-santé, e-santé Champagne-Ardenne et Télésanté Lorraine. Les missions portées par Pulsy consisteront à conduire, développer, accompagner et promouvoir les usages de services de e-santé en conformité avec la stratégie régionale portée par l’ARS Grand Est et en cohérence avec le socle commun de services numériques en santé défini nationalement.

    Le GIP comprend d’ores et déjà environ 70 établissements-membres fondateurs organisés en quatre pôles : institutionnel, sanitaire, libéral et médico-social.

    Didier Mathia est le directeur préfigurateur du GRADeS Grand Est.

  • Les Centres Unicancer ont multiplié les initiatives innovantes en santé en 2017 (rapport d’activité)

    Unicancer a publié le 28 juin 2018 son rapport d’activité pour l’année 2017 qui répertorie entre autres les démarches innovantes engagées par les 18 Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) d’Unicancer au cours de l’année 2017, telles que le recours aux applications mobiles, à l’intelligence artificielle, à la réalité virtuelle, etc.

    Au cours de 2017 de nombreuses initiatives ont été conduites par les CLCC en matière d’innovations technologiques destinées à améliorer le suivi des patients et à accompagner l’exercice médical des professionnels de la santé. En voici une liste non exhaustive, consultable en détails dans le rapport d’activité du réseau hospitalier Unicancer.

    Unicancer rappelle que ses Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) sont « animés par la culture de la recherche et de l’innovation dans tous les domaines. Ils investissent dans les équipements technologiques les plus innovants, testent les nouvelles possibilités de la santé connectée et misent sur la recherche ».

    Centres de Lille, Marseille, Rennes, Toulouse

    Améliorer le suivi à domicile grâce aux applications smartphone

    En 2017, plusieurs Centres ont lancé des applications mobiles destinées à faciliter la vie des malades en rassemblant rendez-vous, dossier médical et contacts avec l’équipe soignante. Ces applications sécurisent le retour à domicile via des questionnaires de suivi et la saisie de constantes médicales, un système censé alerter l’équipe soignante en cas de problème et l’aider à contacter rapidement les patients prioritaires.

    Toulouse a lancé un projet pilote de suivi à distance via un portail Web, qu’il sera possible de généraliser à potentiellement tous ses patients suivis en chirurgie ambulatoire, en sénologie.

    Centres de Dijon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nice, Rouen

    Des équipements de pointe

    Les Centres de Marseille et de Montpellier ont acheté un accélérateur linéaire de particules avec IRM embarquée, pour une radiothérapie de précision y compris sur les tumeurs « mobiles » qui oscillent avec la respiration. A Nice, le scanner 4D permet de « filmer » les tumeurs, y compris celles qui bougent avec la respiration, pour cibler les contours à irradier.

    Pour la radiothérapie stéréotaxique, Nancy a investi dans un CyberKnife M6 de dernière génération et Rouen dans un TrueBeam Novalis STx Normand. Dijon s’est pour sa part équipé du premier TEP Scan numérique français.

    « L’apport d’Unicancer »

    Les marchés mutualisés d’Unicancer ont permis l’achat de plusieurs de ces machines.

    Institut du cancer de Montpellier

    Le supermarché virtuel, innovation au service de la prévention

    Epidaure, le département de prévention de l’Institut du cancer de Montpellier a conçu un supermarché virtuel « ludique et interactif » destiné à faire réfléchir les jeunes sur l’influence de la publicité, des techniques de vente, et leurs proches sur les choix alimentaires essentiels pour la santé et la prévention du cancer.

    Centre Henri Becquerel, Rouen

    Intelligence artificielle en imagerie médicale

    Le logiciel Body Comp AI aide à diagnostiquer la sarcopénie (perte musculaire). L’intelligence artificielle facilite l’analyse des scanners qui nécessite normalement une expertise pointue de radiologie.

    Centres de Caen, Lille, Lyon, Paris-Saint-Cloud, Rennes, Villejuif

    La recherche des Centres rayonne à l’American Society of Clinical Oncology

    Plusieurs Centres ont présenté leurs recherches au congrès de l’ASCO 2017 (American Society of Clinical Oncology), rendez-vous de la communauté internationale des cancérologues. Les résultats de l’essai Latitude sur le cancer de la prostate (Gustave Roussy) étaient présentés en conférence plénière, tout comme l’étude Profiler (Centre Léon Bérard) qui propose des traitements ciblés existant en fonction d’anomalies moléculaires détectées. Les centres de Caen, Lille, Paris-Saint-Cloud et Rennes y ont également présenté leurs travaux.

    Centres de Lyon et Saint-Cloud

    Réalité virtuelle avant les traitements

    Les traitements en oncologie peuvent être sources d’anxiété. Pour la réduire, le Centre Léon Bérard propose aux patients un casque simulant une plongée sous-marine pour une séance relaxante avant la chirurgie. A Curie, la réalité virtuelle sert avant la pose de chambre implantable, petit boîtier inséré sous la peau facilitant l’administration de la chimiothérapie.

    Centre Antoine Lacassagne, Nice

    Une fédération de recherche en radiothérapie

    Une fédération de recherche sur les interactions des radiations ionisantes de l’Université Côte d’Azur (UCA) associant le Centre Antoine Lacassagne a vu le jour en 2017. La Fédération Claude Lalanne rassemble une dizaine de structures et équipes de recherche autour de la recherche en radiothérapie.

    Le rapport d’activité 2017 est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien.