Etablissements

  • Le système de santé se dégrade d’après 65 % des Français (sondage BVA)

    D’après le sondage réalisé par BVA et les Contrepoints de la santé en juin 2018 (et publié le 28 juin 2018), la majorité des Français estime que le système de santé se dégrade. En effet :
    – 61% des personnes interrogées ont répondu « non » à la question « Pensez-vous que la politique du gouvernement va dans le bon sens en matière de santé ? » ;
    – 65% des sondés ont exprimé un sentiment « particulièrement marqué » de dégradation du système de santé.

    Par ailleurs, parmi 6 outils éventuels de transformation du système de santé, la santé en ligne et la télémédecine n’ont été citées comme « intéressantes en premier lieu » que par 6% des interrogés.

    Ces résultats doivent cependant être mis en relation avec de précédents sondages : l’opinion à ce sujet fluctue.

    Politique du gouvernement en santé : une opinion en constante évolution

    Seules 39% des personnes interrogées ont affirmé croire que la politique du gouvernement en matière de santé allait actuellement dans le bon sens.

    Ce chiffre est cependant moins important qu’au cours des précédents mois :

    • en mai 2018, 31% des sondés affirmaient être en accord avec la politique du gouvernement dans ce domaine ;
    • en avril 2018, ils étaient 37% ;
    • en mars 2018, 29%.

    Malgré un mouvement de fluctuation de l’opinion à ce sujet, le chiffre recueilli en juin 2018 tendrait à s’approcher de celui de décembre 2017 (43% des sondés avaient alors une opinion positive de la politique du gouvernement en matière de santé).

    Un sentiment de dégradation du système de soins à nuancer

    Si 65% des personnes interrogées ont exprimé un sentiment de dégradation du système de soins durant les 3 années précédentes, 73% d’entre eux ont pourtant affirmé qu’ils se trouvaient (eux et leurs proches) bien pris en charge par le système de santé.

    La santé en ligne n’est pas perçue comme une priorité

    A la question « Le système de santé est en pleine évolution. Parmi les 6 propositions suivantes, quelle est celle qui vous semble la plus intéressante, en 1er lieu ? »,

    • 50% des sondés ont cité le développement des soins de proximité ;
    • 28% le reste à charge zéro ;
    • 15% les mesures visant à éviter les gaspillages, la redondance d’examens, d’analyses, de consultations, etc.

    La réduction du nombre d’hôpitaux privés et publics par l’effet du regroupement de ces structures, la téléconsultation et le développement de la santé en ligne ont été choisis respectivement par 1%, 2% et 4% des personnes interrogées.

    Ces derniers chiffres (concernant la téléconsultation et le développement de la santé en ligne) peuvent être mis en relation avec les « vecteurs d’amélioration du système de santé » perçus en tant que tel et en premier lieu par les personnes interrogées en février 2018. En effet, à cette date :

    • 7% des sondés avaient cité en premier lieu la télémédecine parmi 8 vecteurs éventuels d’amélioration du système de santé proposés ;
    • 7% le dossier patient numérique ;
    • 8% les innovations numériques pour faciliter les rendez-vous médicaux, la coordination des soins et le suivi des patients.
  • Cimsa 2018 : 8 résolutions pour soutenir le déploiement de la e-santé en Afrique

    La Conférence internationale des ministres de la Santé et des ministres des TIC sur la sécurité et des soins en Afrique (Cimsa) s’est tenue à Cotonou (Bénin) du 17 au 22 juin 2018.

    Les intervenants, issus d’une trentaine de pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, sont parvenus à un accord comprenant huit résolutions visant à accélérer le développement de la e-santé en Afrique, dont :
    • la création de la déclaration de Cotonou sur l’accélération de la sécurité des patients et de la transformation digitale dans le secteur de la santé en Afrique ;
    • un appel au renforcement du partenariat public-privé relatif à la performance des systèmes de santé et de la sécurité des soins sur le continent.

    Ces mesures tentent de répondre aux défis auxquels doivent faire face les États africains sur les plans institutionnel, stratégique et opérationnel.

    Le Bénin souhaite se positionner en tant que leader et encourager les autres nations africaines à entamer une révolution numérique en santé.

    Une déclaration sur la sécurité des patients et la transformation digitale en santé

    Les huit résolutions présentées dans le rapport de synthèse établi à l’issue de l’événement sont :

    • la création de la déclaration de Cotonou sur l’accélération de la sécurité des patients et de la transformation digitale dans le secteur de la santé en Afrique ;
    • la signature de la Charte africaine sur l’amélioration de la qualité des soins, de la gestion des risques et de la sécurité des patients dans les établissements de santé ;
    • la mise en place d’une journée annuelle sur la gestion des risques et de la e-santé en Afrique ;
    • la création d’un fonds d’appui au développement de la sécurité des patients et de la santé numérique en Afrique (Faspes) ;
    • un appel au renforcement du partenariat public-privé relatif à la performance des systèmes de santé et de la sécurité des soins en Afrique ;
    • l’instauration d’un cadre de collaboration permanent entre les ministres de la Santé et les ministres des TIC en Afrique ;
    • la création d’une Agence régionale de sécurité sanitaire des produits de santé (Aressaps) ;
    • l’intensification d’une action pour la lutte contre les infections liées aux soins.

    E-santé et TIC : les défis à relever sur le continent africain

    Ces mesures ont été pensées en réponse aux recommandations énoncées lors de la conférence au niveau institutionnel, stratégique et opérationnel et à l’échelle des organisations sous-régionales, régionales et internationales afin de répondre aux défis du marché africain.

    « Les travaux ont permis de mettre en évidence l’existence d’une situation alarmante du développement de la sécurité des patients et de l’introduction des TIC dans les établissements de santé », a indiqué Dorothée Akoko Kindé-Gazard, présidente du Comité scientifique international (source : Lanouvelletribune.info).

    Sur le institutionnel, cette situation « alarmante » est liée :

    • à l’absence de programmes spécifiques pour traiter les sujets de santé numérique, a précisé Mme Kindé-Gazard.
    • à la pauvreté de l’environnement institutionnel et réglementaire approprié à l’utilisation des TIC dans la gouvernance des structures de santé ;
    • à l’inexistence d’un système de veille sanitaire sur les indicateurs relatifs à la sécurité des patients afin d’améliorer la collecte de données sur la santé.

    Sur le plan stratégique, les travaux issus de la conférence ont relevé :

    • l’absence de développement de référentiels communs pour la mise en place de technologiques du numérique dans le secteur de la santé ;
    • le manque d’accès, pour les citoyens, à l’information sur l’utilisation des réseaux sociaux, des dossiers électroniques mais aussi sur la sécurité en ligne et la confidentialité des données de santé.

    Sur le plan opérationnel, les participants à la conférence ont souligné :

    • l’utilisation insuffisante du numérique pour le suivi des données factuelles sur la prévalence des infections nosocomiales et les événements indésirables dans les établissement de soins ;
    • le manque de ressources humaines spécialisées en e-santé dans les États africains ;
    • le manque d’infrastructures adaptées pour traiter les questions relevant de la e-santé (au niveau des États africains).

    Le Bénin, moteur de la e-santé en Afrique ?

    « Le défi fondamental qui s’impose à nos États aujourd’hui, c’est comment utiliser dans un contexte d’extrême pauvreté et de rareté de ressources humaines et financière, le développement du numérique pour construire des systèmes de santé résilients de manière à pouvoir atteindre la couverture sanitaire universelle », a analysé le représentant résident de l’OMS au Bénin, le Dr Jean-Pierre Baptiste.

    Il estime que les résultats de la Cisma 2018 sont la preuve que le bon chemin est en train d’être pris pour le continent. Il souhaite que « le Bénin soit le flambeau de la e-santé [en Afrique] et puisse porter les messages de la présente conférence au niveau de l’Union africaine pour que [son] engagement soit aussi l’engagement de [toute] la région africaine ».

    « Nous venons de mettre les balises pour l’union entre les ministères des TIC et de la santé de tous les pays d’Afrique », a résumé de son côté le ministre béninois de la santé, le Dr. Benjamin Hounkpatin.

    Le prochain rendez-vous « e-santé » en Afrique se tiendra en août 2018 au Sénégal avec la réunion du Comité régional des ministres de la Santé.

  • Appel à projets : la CNSA finance service, produit ou application numérique soulageant la dépendance

    Améliorer les conditions de vie des personnes âgées en perte d’autonomie et des personnes handicapées grâce à des solutions innovantes mises au point dans le cadre d’une approche collaborative entre les acteurs du handicap et de la perte d’autonomie et des designers, tel est l’objectif de l’appel à projets de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dévoilé le 25 juin 2018.

    Les grands axes de travail sur lesquels vont se pencher les équipes engagées dans une approche d’innovation sociale par le design, dont l’objectif est de répondre à des besoins sociaux, sont notamment :
    • concevoir un accueil de jour gériatrique ;
    • améliorer l’organisation d’une maison départementale du handicap (MDPH) ;
    • développer un service, un produit ou une application numérique.

    Les dossiers de candidature sont à déposer du 3 au 28 septembre 2018 via la plate-forme de dépôt de la CNSA Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

    Sensibiliser aux enjeux du handicap et de la dépendance

    La CNSA souhaite grâce à ce projet favoriser la collaboration entre les acteurs du champ du handicap et de la perte d’autonomie, d’une part et designers, d’autre part.

    Les designers seront immergés dans les structures pertinentes afin d’être en capacité d’identifier les points à améliorer. Les solutions qu’ils proposeront seront testées sous forme de prototypes.

    Cette phase d’expérimentation sera l’occasion de recueillir des retours des utilisateurs afin de faire en sorte que les solutions élaborées répondent au plus grand nombre d’exigences remontées par l’ensemble des parties prenantes.

    Cap juin 2020 : une initiative pour construire des ponts avec des acteurs pouvant apporter un bénéfice aux personnes dépendantes

    Au-delà d’aboutir à des solutions concrètes, la démarche de la CNSA s’inscrit également dans un cadre pédagogique et d’étude. Voici les objectifs que se fixe la CNSA:

    • acculturer le secteur aux approches de design ;
    • intéresser les designers aux enjeux du handicap et de la perte d’autonomie ;
    • faire émerger des réponses innovantes à partir de constats de terrain ;
    • vérifier et donner à voir le potentiel du design comme mode de construction de solutions, de services et de politiques publiques dans le champ de l’autonomie.

    Afin de capitaliser sur les enseignements tirés de cette expérience, la CNSA organisera un séminaire de restitution en juin 2020.

    Critères d’éligibilité

    Les deux principes suivants doivent être satisfaits :

    • le projet innovant doit viser à améliorer l’accompagnement des personnes handicapées ou des personnes âgées en perte d’autonomie que ce soit dans le cadre d’un Ehpad ou à domicile ;
    • il est impératif que le projet soit porté par deux acteurs dont l’un du secteur médico-social et l’autre du monde du design.

    Pour tout renseignements, écrire à l’adresse suivante : innovation2018@cnsa.fr

    Modalités de soumission

    Le dépôt de candidatures se fait du 3 au 28 septembre 2018.

    La soumission de dossiers se fait via la plate-forme de dépôt de la CNSA, en sélectionnant la télé-procédure intitulée « Appel à projets thématique 2018 ».

  • La CNAM préconise de soutenir les expérimentations organisationnelles (« Charges et produits » 2018)

    La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) présente au Gouvernement et au Parlement ses propositions relatives à l’évolution des charges et produits au titre de l’année suivante et aux mesures nécessaires pour atteindre l’équilibre prévu par le cadrage financier pluriannuel des dépenses d’assurance maladie, dans un rapport intitulé « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses » publié le 29 juin 2018.

    À partir d’analyses réalisées sur l’évolution des dépenses et des pratiques, et en s’appuyant sur les recommandations françaises et internationales, le rapport Charges et produits pour l’année 2018 présente des propositions et des pistes de réflexion visant à améliorer la qualité et l’efficience des soins, et à optimiser les dépenses de santé.

    Parmi ces propositions :
    – Poursuivre le virage ambulatoire et l’adaptation des prises en charge en établissement ;
    – Renforcer les actions de pertinence des produits de santé et favoriser une adoption plus large des médicaments génériques et biosimilaires ;
    – Améliorer la pertinence et le bon usage des soins ;
    – Lutter contre la fraude et les abus en ville et à l’hôpital ;
    – Créer un dispositif d’appui à l’expérimentation et à la diffusion d’innovations organisationnelles ;
    – Soutenir le système d’innovation français ;
    – Soutenir la recherche et les actions d’évaluation dans des services de santé.

    L’édition 2018 du rapport est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de la CNAM.

  • Maladies rares : Sanofi-Genzyme et 23 acteurs de la e-santé mobilisés contre l’errance diagnostique

    Sanofi-Genzyme, unité opérationnelle de médecine de spécialités (maladies rares, sclérose en plaques, oncologie, hématologie et immunologie) de Sanofi, a annoncé par communiqué le 28 juin 2018 le lancement d’une démarche d’innovation visant à l’amélioration du parcours de diagnostic des maladies rares.

    23 acteurs français de la e-santé participeront, dans le cadre de cette démarche ouverte ayant vocation à s’inscrire dans la durée et avec le laboratoire 39BIS (laboratoire e-santé de Sanofi), au développement de solutions innovantes fondées sur les nouvelles technologies.
    Il est en outre prévu que ces solutions soient :
    – testées afin d’en évaluer l’efficience en particulier « là où les pertes de chances sont aujourd’hui les plus importantes » ;
    – partagées « avec le plus grand nombre ».

    Cette initiative anticipe par ailleurs l’annonce officielle d’un 3ème Plan National Maladies Rares destiné à améliorer la prise en charge des malades.

    Les membres impliqués dans cette démarche d’innovation ouverte

    Sanofi-Genzyme a révélé dans son communiqué qu’une « vaste démarche participative s’inspirant de méthodes d’innovation ouvertes avec différentes parties prenantes » avait déjà été engagée fin 2017 en collaboration avec Orange Healthcare. Dès lors, 23 entités telles que des associations de patients, des filières de santé et des acteurs du numérique ont été impliquées, notamment :

    • Sanofi-Genzyme, en collaboration avec Orange Healthcare ;
    • l’Alliance Maladies Rares, Maladies Rares Info Service, Vaincre les Maladies Lysosomales, l’Association Francophone des Glycogénoses ; 
    • Les Filières de Santé Maladies Rares (FAI2R, FILNEMUS, FIMARAD, AnDDI-Rares, MaRIH, DefiScience) ;
    • le pôle de compétitivité Medicen ;
    • l’INRIA, l’Institut national de recherche dédié au numérique ;
    • des médecins hospitaliers experts et non experts, des médecins généralistes et spécialistes libéraux, un médecin du travail, un médecin scolaire, des professions para et périmédicales (kinésithérapeutes, biologistes, psychologues) ;
    • les start-ups Anamnèse et Semeia.

    Une démarche qui veut répondre aux enjeux de santé publique attendus du 3ème Plan National Maladies Rares

    Si le 1er Plan National Maladies Rares a structuré une offre de soins de haut niveau (en permettant la labellisation de 131 centres de référence nationaux et de 500 centres de compétence régionaux) et si le 2ème Plan National Maladies Rares a complété cette offre par la création de 23 filières de santé réunissant tous les acteurs participant à la prise en charge des malades et à la recherche, un 3ème Plan National Maladies Rares 2018-2022 devrait s’attacher particulièrement au problème de l’errance diagnostique. Ainsi la démarche de Sanofi-Genzyme anticipe-t-elle les priorités de ce futur plan.

  • La question de la convergence des CTA (Paerpa) et des PTA à l’étude

    Faut-il faire converger les Coordinations territoriales d’appui (CTA) des Parcours de santé pour les personnes âgées en risque de perte d’autonomie (Paerpa) et les Plateformes territoriales d’appui (PTA) ?

    La société de conseil Alcimed le pense, et s’en explique dans un communiqué relayé par le site internet Hospimedia le 26 juin 2018. L’article ne précise toutefois pas les modalités d’un tel rapprochement.

    Deux dispositifs aux finalités convergentes

    Déployé depuis 2014 sur plusieurs territoires pilotes, le dispositif Paerpa (parcours de santé des aînés) vise à maintenir les personnes âgées à domicile le plus longtemps possible, améliorer la coordination des intervenants et des aidants, sécuriser la sortie de l’hôpital des aînés, éviter les hospitalisations inutiles et mieux utiliser les médicaments. Les coordinations territoriales d’appui (CTA) proposent un appui aux démarches du PAERPA pour accompagner et assister les professionnels dans la mise en œuvre du Parcours santé des aînés.

    Introduites par l’article 74 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les Plateformes territoriales d’appuis (PTA) ont pour mission d’orienter les professionnels de santé vers les ressources sanitaires et médico-sociales nécessaires à la prise en charge de patients complexes (pathologies chroniques notamment), de leur fournir un appui à l’organisation des parcours complexes, et de soutenir les initiatives professionnelles en matière de sécurisation des parcours (décret du 4 juillet 2016).

    Ces deux entités présentent « des similitudes » pour Alcimed, notamment au regard de leurs objectifs : « les deux dispositifs comportent indubitablement de nombreux points communs, à commencer par leurs objectifs, offrir aux professionnels de santé une coordination lisible et intégrée des parcours, et les moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre ».

    Malgré des éléments de différenciation

    Faire converger Paerpa et PTA pour « pérenniser les dispositifs » d’aide aux professionnels selon des modalités encore inconnues

    Interrogée par Hospimedia, Marie-Sophie Ferreira, responsable de mission en politiques publiques de santé chez Alcimed, considère qu’une convergence doit se faire entre Paerpa et PTA, sans négliger les autres dispositifs de coordination territoriale (MAIA, CLIC, etc.). Que recouvre précisément la notion de convergence ? Prendra-t-elle la forme d’une fusion, d’un rapprochement, d’une mutualisation des moyens et/ou des ressources humaines ?

    Si l’intégration des dispositifs Paerpa et PTA est plébiscitée par divers acteurs institutionnels (dont des directeurs d’ARS, d’après l’article), les modalités et leviers d’intégration demeurent encore imprécis.

  • Australie : une stratégie nationale de la e-santé pour favoriser la com’ interopérable et sécurisée

    Fin juin 2018, l’Agence de la santé numérique australienne a dévoilé une stratégie numérique nationale en matière de santé et a mis en évidence comment elle sera en mesure de résoudre les problèmes d’interopérabilité et de communication sécurisée entre les prestataires de soins, les professionnels et les patients mais aussi de soutenir l’adoption des services de santé numériques.

    Le Conseil de santé du Conseil des gouvernements australiens (COAG) a approuvé la stratégie, qu’il décrit comme sûre, transparente et sécurisée.

    Limiter les erreurs médicales dues à une mauvaise communication

    En Australie, des fax obsolètes et non sécurisés sont toujours utilisés pour partager les informations sur les patients entre les fournisseurs de soins.

    Le décès d’un patient a accéléré la mise en place de la stratégie numérique

    En mai 2018, un rapport du coroner* a révélé qu’un patient atteint d’un lymphome hodgkinien (forme de cancer du système lymphatique) était décédé seul parce que ses résultats d’examens médicaux avaient été faxés au mauvais numéro. Son hématologue n’avaient pas reçu les informations vitales qui auraient pu lui sauver la vie.

    L’une des principales priorités de la stratégie nationale est de permettre aux fournisseurs de soins de communiquer avec d’autres professionnels et leurs patients via des canaux numériques sécurisés.

    * Dans les pays de culture anglo-saxonne et au Japon, un coroner est un fonctionnaire chargé, au nom de la Couronne, d’enquêter sur les circonstances d’un décès violent ou obscur.

    Des acteurs de la santé se sont vus pour résoudre les soucis d’interopérabilité

    Le 6 juin 2018, des acteurs clés de l’industrie ont participé à un atelier de collaboration sur la messagerie sécurisée au cours duquel ils ont accepté d’adopter les outils, processus et normes éprouvés pour résoudre les problèmes d’interopérabilité entre systèmes de messagerie sécurisés et d’information clinique.

    La réunion était co-présidée par Emma Hossack, présidente de la Medical Software Industry Association (MSIA), Bettina McMahon, directrice générale de l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA), et Nathan Pinskier, président du comité d’experts e-santé du Royal Australian General College and Practice Systems et président du groupe de pilotage du programme Secure Messaging de l’ADHA.

    Deux consortiums ont été formés

    • Telstra Health dirige un consortium qui teste la livraison des documents relatifs à la décharge des patients de l’hôpital Royal Melbourne à un certain nombre de médecins généralistes. Les autres participants à cette mission sont CorePlus, Genie Solutions, Global Health, HealthLink et Zedmed.
    • Healthlink dirige un autre consortium chargé de tester la livraison des références d’un éventail de médecins généralistes à des spécialistes. Les autres acteurs de ce projet sont MedicalDirector, Best Practice Software, Genie Solutions, Global Health et Telstra Health.

    Les deux consortiums sont en train de finaliser une fonction de recherche grâce à laquelle une seule recherche permettra d’identifier les prestataires de soins australiens, offrant commodité et transparence aux cliniciens recherchant d’autres cliniciens.

    Les projets ont également été étendus à des praticiens paramédicaux et à des dispositifs de dossiers médicaux électroniques utilisés dans ce domaine (source : Opengovasia.com).

    Un consensus a été trouvé pour adapter la com’ numérique au secteur

    Bettina McMahon a déclaré que le partenariat avec le reste de l’industrie et ses clients était la clé pour résoudre les problèmes d’interopérabilité.

    « Les systèmes et les normes de messagerie sécurisée sont en place depuis de nombreuses années, mais en tant que pays, nous avons eu du mal à les mettre en œuvre à l’échelle nationale. Il a fallu du temps pour coproduire avec l’industrie une solution réalisable répondant aux attentes de la communauté clinique », a-t-elle expliqué (source : Opengovasia.com).

    « Nous avons commencé ce projet il y a dix-huit mois. Adopter un véritable processus de coproduction nécessite autant de temps et, finalement, cela nous a permis de parvenir à un consensus sur la façon dont nous allons adapter la communication numérique [au secteur]. »

  • Australia: Digital health strategy to solve interoperability and secure communication problems

    In late June 2018, the Australian Digital Health Agency unveiled national digital health strategy and highlighted how it will be able to solve problems concerning interoperability and secure communication among healthcare providers, professionals and patients but also support the uptake of digital health services.

    The Council of Australian Governments (COAG) Health Council approved the strategy, which it described as safe, seamless and secure.

    Reducing medical errors due to miscommunication

    In Australia, outdated and insecure fax machines are still being used to share patient information between healthcare providers.

    The death of a patient accelerated the implementation of the digital strategy

    In May 2018, a coroner’s* report revealed that a patient with Hodgkin’s lymphoma (a type of lymphoma) died alone because his medical test results were faxed to the wrong number. His hematologist did not received the vital information that could have saved his life.

    One of the main priorities of the national strategy is to enable healthcare providers to communicate with other professionals and their patients via secure digital channels.

    * In Anglo-Saxon countries and Japan, a coroner is a public official responsible for the investigation of violent, sudden, or suspicious deaths.

    Health actors gather to solve interoperability issues

    On June 6, 2018, key industry players attended a secure messaging industry collaboration workshop where they agreed to adopt the tools, processes, and standards that have been demonstrated to solve the interoperability problems across secure messaging and clinical information systems.

    The meeting was co-chaired by Medical Software Industry Association (MSIA) president Emma Hossack, Australian Digital Health Agency (ADHA) chief operating officer Bettina McMahon, and Dr Nathan Pinskier, chair of the Royal Australian College of General Practitioners (RACGP) Expert Committee for eHealth and Practice Systems, and chair of the ADHA’s Secure Messaging Program Steering Group.

    Two consortia were formed

    • Telstra Health is leading a consortium that tests the delivery of discharge summaries from Royal Melbourne Hospital to a number of general practitioners. The other participants in this work are CorePlus, Genie Solutions, Global Health, HealthLink and Zedmed.
    • Healthlink is leading another consortium that has to test the delivery of referrals from a range of general practitioners to specialists. The other participants in this project are MedicalDirector, Best Practice Software, Genie Solutions, Global Health and Telstra Health.

    Both consortia are finalizing a federated search capability wherein a single search will identify Australian healthcare providers, providing convenience and transparency for clinicians looking up other clinicians.

    The projects have also been extended to include allied health practitioners and electronic medical record products used in that domain (source: Opengovasia.com).

    Scaling digital communication: a consensus has been found

    Ms McMahon said the partnership with the rest of the industry and their customers is the key to solving the interoperability issues.

    « Secure messaging systems and standards have been in place for many years, but as a country, we’ve struggled to implement at a national scale. It has taken time to co-produce a workable solution with industry that meets the expectations of the clinical community, » she said (source: Opengovasia.com)

    « We started this project 18 months ago. But to adopt a true co-production process takes this long, and ultimately, has allowed us to reach consensus about how we will scale digital communication. »

  • #FASN2018 : Déploiement d’une PTA – retours d’expérience et pistes d’amélioration

    A l’occasion de l’édition 2018 de FASN (« Faire Avancer la Santé Numérique ») organisée le 26 juin 2018 dans les locaux de l’entreprise Care Insight à Paris, plusieurs acteurs impliqués dans des projets de plateforme territoriale d’appui (PTA) ont fait part de leur expérience et ont esquissé des voies d’amélioration possibles de leur dispositif.

    L’atelier, modéré par David Clavereau, responsable du programme Start-ups et économie numérique de la société Care Insight, a réuni les intervenants suivants :
    -Valérie Chereau-Cornu, Directrice de l’Association Odyssée, Responsable de la PTA Odyssée ;
    -Franck Jolivaldt, Directeur du Département Innovation, GCS SESAN ;
    -Chantal Coru, Analyste fonctionnel, Orion Health.

    Genèse, finalités et caractéristiques des plateformes territoriales d’appui (PTA)

    Les PTA ont été instituées par le décret du 4 juillet 2017 relatif aux fonctions d’appui pour la coordination des parcours de santé complexes, pris en application de l’article 74 la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

    L’objectif de ce dispositif est d’apporter un soutien aux professionnels de santé pour la prise en charge des situations complexes à travers 3 types de services :

    •  l’information et l’orientation des professionnels vers les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales de leurs territoires pour répondre aux besoins des patients avec toute la réactivité requise. La plateforme peut par exemple identifier une aide à domicile, orienter vers une place en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD), etc. ;
    •  l’appui à l’organisation des parcours complexes, dont l’organisation des admissions en établissement et des sorties. En cela, la plateforme apporte une aide pour coordonner les interventions des professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux autour du patient ;
    •  le soutien aux pratiques et aux initiatives professionnelles en matière d’organisation et de sécurité des parcours, d’accès aux soins et de coordination. Dans ce domaine, la plateforme appuie de manière opérationnelle et logistique les projets des professionnels.

    La PTA Odyssée s’efforce, depuis 2006 sous une autre forme juridique, de répondre à ces objectifs

    Deux niveaux de réponses opérationnelles

    La plateforme Odyssée est issue d’une réflexion menée par un groupe de professionnels de santé libéraux, hospitaliers et d’acteurs du maintien au domicile. Ces acteurs interviennent dans 134 communes des Yvelines et du Val d’Oise.

    La plateforme est conçue pour apporter deux niveaux de réponses opérationnelles aux professionnels du territoire d’intervention (zone intervention PTA).

    • Niveau 1 : une information et orientation avec une réactivité. Ces réponses sont élaborées en considérant d’un point de vue global les ressources du territoire.
      Ce premier niveau inclut également une aide à la décision pour le professionnel de santé. Les professionnels de la plateforme peuvent également faire des propositions aux professionnels sur certaines situations (aide au diagnostic, aide à la prescription et mise à disposition d’une expertise, etc.).

    • Niveau 2 : un appui lourd à l’organisation des parcours avec réactivité (prise en compte de la demande) avec l’accord du médecin traitant.

    Les professionnels se sont appropriés le dispositif

    À l’échelle du territoire, sont utilisateurs :

    • 15% des malades et proches ;
    • 39% des professionnels de ville ;
    • 46% des hôpitaux.

    Le « succès » de la PTA Odyssée repose sur plusieurs éléments

    Le succès de la PTA Odyssée, d’après Valérie Chereau-Cornu, est attribuable aux facteurs suivants :

    • une gouvernance pluriprofessionnelle ;
    • un fort ancrage territorial ;
    • une réflexion de long cours menée sur la prise en charge des cas complexes ;
    • un « soucis de pragmatisme » qui incite les acteurs de la PTA à faire porter leurs efforts sur les actions « réalistes » et nécessaires à court et moyen termes ;
    • un dispositif complémentaire (mais non substituable) aux autres services existants (CLIC, MAIA, etc.).

    GCS SESAN et la plateforme de coordination Terr-eSanté

    Le GCS SESAN est l’expert opérationnel en systèmes d’information pour les acteurs de santé franciliens. D’après Franck Jolivaldt, directeur Innovation du GCS, « les outils numériques ont vocation à partager la prise en charge des patients avec l’ensemble des acteurs » de santé. L’interaction des professionnels de santé nécessite de pouvoir s’appuyer sur des outils numériques et des dispositifs de partage efficaces. Le GCS SESAN a fait le choix de l’outil Terr-eSanté.

    Terr-eSanté est une plateforme de coordination, d’échange et de partage d’informations, destinée aux professionnels de toutes disciplines, qu’ils exercent en établissements ou dans le secteur libéral. Terr-eSanté intègre des fonctions générales et des parcours thématiques centrés sur le diabète, la périnatalité, l’insuffisance cardiaque, le DCC (Dossier Communicant de Cancérologie) et sur la mission de service public PDSA (Permanence Des Soins Ambulatoires).

    Les Facteurs clés du succès d’une PTA selon le Directeur Innovation du GCS SESAN

    Retours d’expérience – Orion Health

    Analyste fonctionnel chez Orion Health, qui équipe plusieurs acteurs de santé, Chantal Coru évoque le rôle des éditeurs de logiciel en matière d’accompagnement des PTA :

    • Les contextes et les besoins de santé diffèrent d’une région à l’autre : ceci nécessite de développer des outils modulaires et neutres ;
    • Les régions sont porteuses de projets différents : l’outil doit s’adapter aux politiques de santé déployées à l’échelon régional ;
    • Les projets informatiques liés à la mise en œuvre d’une PTA sont complexes : le rôle d’intégrateur est de ce fait important ;
    • Orion Health, d’après sa représentante, bénéficie de deux avantages : des retours d’expériences internationales similaires et un déploiement de ses solutions dans deux territoires de santé numérique (TSN) sur cinq ;
    • Résorber la distance entre l’usager et l’éditeur de logiciel : l’organisation du projet doit dès la phase initiale tenir compte de cet enjeux.

    Les PTA et les SNACs présentent les avantages suivants : ils permettent de rationaliser un existant complexe, au bénéfice des usagers et des soignants, et constituent en cela un « levier de transformation » du système français.

    Les facteurs clés du succès d’une PTA, selon Chantal Coru, Analyste fonctionnel chez Orion Health

    Pour consulter le site internet de la campagne FASN 2018, cliquez ici.

  • #FASN2018 : « Le parcours va au-delà de la prise en charge des maladies chroniques »(S. Martinon, ANAP)

    À l’occasion de la première édition de la campagne FASN 2018 dédiée au parcours de vie, Sophie Martinon, directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a exposé la vision de l’ANAP sur les parcours et la coordination des acteurs de l’écosystème sanitaire et médico-social.

    Le concept de départ étant le parcours de soin – qui a évolué vers le parcours de santé et de façon encore plus générale vers le parcours de vie – doit être compris aujourd’hui dans sa dimension la plus large possible.

    Au cours de son intervention, Sophie Martinon a notamment abordé les thématiques suivantes :
    • la place de la France par rapport aux autres pays développés : elle leur emboîte le pas sans accuser de retard ;
    • le parcours de santé qui ne s’inscrit pas uniquement dans la charge des maladies chroniques : elle a cité des travaux de l’ANAP qui ont fait émerger les aspects convergents des parcours dans les domaines aussi variés que la santé mentale ou la chirurgie, qui témoignent de l‘intérêt des parcours de santé s’inscrivant dans les parcours de vie ;
    • les enjeux de la structuration des parcours de soin : ils sont liés à l’organisation entre professionnels, l’outil de structuration et le financement qui y est associé.

    La France affiche le même stade d’avancement que les grands acteurs internationaux

    Selon Sophie Martinon, les réflexions et les projets menés à l’heure actuelle par les organes institutionnels français sur la thématique des parcours en santé correspondent au niveau des réflexions menées à échelle internationale. Ils s’inscrivent dans les mêmes tendances du fait de la confrontation aux mêmes problématiques : vieillissement de la population, développement des maladies chroniques, amélioration de la prévention et efficience du système de protection sociale.

    Ainsi, face à ces problématiques internationales convergentes, l’OMS a créé en 2016 un cadre stratégique en faveur des soins intégrés (Integrated Care) avec deux axes notamment : la réorientation des modes de prise en charge (leur évolution) d’une part, et la coordination non seulement des services de santé mais également des services médico-sociaux.

    Cette approche a été reprise par l’OCDE en 2017 et a été traduite dans le système française sous forme de PAERPA. 

    La structuration des parcours de santé non exclusivement réservée à la prise en charge des maladies chroniques

    La vision consistant à inscrire le concept de parcours dans le cadre de maladies chroniques est réductrice à l’heure actuelle, juge Sophie Martinon. Le parcours doit être compris dans sa dimension transversale pour comprendre ses retombées positives dans différents domaines système de la santé.

    L’ANAP a eu l’occasion de travailler sur des équipes pionnières en matière de développement de protocoles dans deux domaines notamment à savoir la réhabilitation après chirurgie (RAC) ou la réhabilitation psycho-sociale. Il s’agit de protocoles améliorés de réhabilitation.

    L’objectif était d’identifier des invariants organisationnels, des évolutions et des tendances similaires dans le champs de la chirurgie et de la santé mentale en l’occurrence. Six principes ont émergé de cette expériences :

    • la prise en charge de la personne dans la globalité et dans son cadre de vie : dans le cas de la RAC, un travail en amont et en aval à domicile s’imposait (habitudes de vie, nutrition, etc.)
    • le retour au cadre ordinaire de la vie de la personne : l’accompagnement psycho-social vise à assurer le retour à l’environnement ordinaire de la personne avec la reprise d’une activité professionnelle ;
    • repositionnement d’un soin dans le parcours de vie : encourager les actes mini-invasifs en chirurgie ou proposer une thérapie de remédiation cognitive permettant une réinsertion la plus rapide possible ;
    • synergie de différents acteurs de santé : intégration au sein d’une équipe traditionnelle de professionnels tels des diététiciens et le kinésithérapeute dans le cadre d’une chirurgie ;
    • évolution des compétences des professionnels dans un cadre plus collaboratif pour développer les échanges où l’enjeu du numérique prend tout son sens au service d’approches coopératives et de structuration de parcours. qui amène à une désinstitutionnalisation des patients.

    L’intégration des parcours de soins dans les parcours de vie est un enjeu structurant du système de santé.

    Les 3 enjeux de la structuration des parcours

    D’après la directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance, la structuration des parcours présente trois enjeux qui se superposent et se renforcent les uns les autres :

    • l’organisation : savoir comment les professionnels choisissent de structurer leur parcours. Pour que l’organisation choisie soit optimale, des prérequis existent comme l’instauration d’une relation de confiance entre les professionnels de différents secteurs (sanitaire et médico-social), alimentée lors de réunions et de discussions multipartites au sein d’un territoire notamment ;
    • l’outillage : il doit garantir une structuration systémique et sa pérennisation et l’outil numérique peut apporter une réponse aux parcours complexes et à la coordination usuelle quotidienne autour d’un patient
    • le financement : le financement expérimental rendu possible par l’article 51, qui n’est pas forcément une nécessité à un stade précoce, mais peut permettre de lever certains obstacles et donne un signal d’encouragement aux acteurs.

    Les questions organisationnelles entre les différents professionnels de santé sont un préalable extrêmement important à la structuration de parcours efficaces.