Etablissements

  • Deux appels à projets cofinancent jusqu’à 35 000 € d’études d’usage en santé numérique

    Le 20 octobre 2026, l’Agence du numérique en santé a présenté deux appels à projets destinés à favoriser l’adoption des solutions numériques dans les secteurs sanitaire et médico-social.

    Ils cofinancent, jusqu’à 35 000 €, des études d’usage réalisées par des structures spécialisées, en partenariat avec des entreprises porteuses d’une solution numérique innovante. Il y a désormais deux appels distincts, l’un pour le médico-social, l’autre pour le sanitaire.

    Le constat de départ : une solution innovante n’est pas forcément adoptée

    Pour être pertinente, une solution devrait prendre en compte les besoins des professionnels, leurs pratiques et leurs contraintes d’utilisation. Le but est d’éviter qu’une solution techniquement aboutie soit ensuite délaissée parce qu’elle ne correspond pas aux réalités du terrain. Selon l’ANS, ces études doivent examiner la faisabilité de la solution sous plusieurs angles : utilité, utilisabilité, acceptabilité et viabilité économique.

    Un cofinancement réservé aux structures expertes des études d’usage

    Les appels à projets ne s’adressent pas directement aux entreprises. Ils visent les structures expertes dans la réalisation d’études d’usage, qui candidatent en partenariat avec une entreprise porteuse d’une solution numérique innovante destinée au secteur concerné. Selon l’ANS, il peut s’agir de tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique ou de living labs, implantés dans une structure de santé ou en lien étroit avec elle. Le cofinancement de l’étude peut atteindre 35 000 €. Le financement serait organisé en trois volets : validation initiale du besoin, définition du protocole de l’étude, puis mise en œuvre de l’étude. Les solutions fondées sur l’intelligence artificielle y sont décrites comme particulièrement attendues.

    L’appel en bref

    • Clôture : 30 octobre 2026 pour le médico-social, 30 novembre 2026 pour le sanitaire.
    • Montants : jusqu’à 35 000 € de cofinancement par étude d’usage.
    • Qui peut candidater : les structures expertes des études d’usage (tiers-lieux d’expérimentation, living labs), en partenariat avec une entreprise porteuse d’une solution numérique innovante.

    Deux secteurs, deux calendriers

    Deux appels à projets sont en cours. Pour le secteur médico-social, les candidatures doivent être déposées avant le 30 octobre 2026. Pour le secteur sanitaire, elles sont ouvertes jusqu’au 30 novembre 2026. Chaque appel dispose de sa propre page de présentation, que les structures sont invitées à consulter avant de déposer leur dossier.

    Source : Agence du numérique en santé (ANS), actualité (20 octobre 2026) – fiabilité : officielle

  • FHF, FEHAP, FHP : 60 % des répondants jugent hors d’atteinte les cibles DMP de juin 2027

    Dans un courrier du 7 septembre 2026 rendu public le 12 octobre, la Fédération hospitalière de France (FHF), la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés solidaires (FEHAP) et la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) demandent un assouplissement du calendrier HospiConnect (juin 2027) : 60 % des établissements interrogés ne se disent pas en mesure d’atteindre les objectifs de consultation du dossier médical partagé (DMP).

    HospiConnect sécurise l’identification électronique des professionnels qui exercent en établissement, selon l’Agence du numérique en santé (ANS). Le programme repose sur l’authentification à deux facteurs (2FA) : un identifiant complété par un second élément, comme la carte CPS, l’application e-CPS ou une clé de sécurité. Il s’appuie sur Pro Santé Connect, le service national d’identification des professionnels opéré par l’ANS. Le volet HospiConnect/HOP’EN 2 finance la gestion des identités et des accès au système d’information hospitalier, ainsi que la consultation du DMP depuis le dossier patient informatisé (DPI), d’après le ministère de la Santé. Les cibles incluent le recueil du consentement des patients et une consultation effective du DMP par les professionnels habilités.

    Les freins cités

    La FHF cite des délais trop courts, des solutions techniques insuffisamment matures et des référentiels encore instables. Elle mentionne aussi la charge administrative et des financements jugés insuffisants. Les fédérations avaient déjà alerté le ministère le 4 mai 2026.

    La proposition de la FHF

    La FHF propose de recentrer le jalon de juin 2027 sur des objectifs techniques maîtrisables par les directions des systèmes d’information, sous réserve que les solutions soient disponibles. Les évolutions organisationnelles seraient échelonnées jusqu’à la fin de HOP’EN 2 (Hôpital numérique ouvert sur son environnement), programme qui couvre 2026-2028 selon le ministère. Elles comprennent l’inscription des professionnels à l’Ordre, la gestion des moyens d’authentification et la formation à la 2FA et à l’accès au DMP. Les trois fédérations demandent aussi une simplification administrative, un accompagnement renforcé et une évaluation des coûts récurrents. La FHF invite les établissements à faire remonter leurs difficultés à leur agence régionale de santé (ARS).

    Si la proposition est retenue, les établissements garderaient juin 2027 pour la 2FA et l’accès intégré au DMP, et gagneraient du temps sur l’organisation. Pour les éditeurs de DPI et de solutions de gestion des identités, cette échéance technique resterait inchangée.

    Source : FHF, article d’actualité (12 octobre 2026) – fiabilité : déclarative

  • Mon espace santé : 5 à 6 millions de documents déposés chaque mois par les hôpitaux

    Ce que la certification vérifie

    Le référentiel de certification HAS version 2027 prévoit que la lettre de liaison soit versée dans Mon espace santé le jour de la sortie, sauf opposition du patient. Il demande aussi à l’établissement d’améliorer ses pratiques à partir d’indicateurs de complétude et de qualité des documents versés. Le référentiel 2025 reste applicable jusqu’au 31 décembre 2026.

    La fiche de France Assos Santé détaille trois attendus. Le patient est informé de l’usage de Mon espace santé et peut s’y opposer. Il connaît ses consignes de suivi grâce à la lettre de liaison déposée. L’établissement évalue l’usage du service, transmet les résultats à la commission des usagers (CDU) et propose un plan d’action.

    Le rôle des représentants des usagers

    France Assos Santé invite les représentants des usagers à rassembler, avant la visite, les plaintes liées à Mon espace santé et à repérer les services où la transmission des lettres de liaison pose problème. La fiche rappelle que les accès des professionnels sont tracés, horodatés et consultables par le patient. Elle note que l’accord du patient est présumé pour toute l’équipe de soin, dont les contours restent « flous dans les faits ».

    Pour les établissements, le dépôt de la lettre de liaison le jour de la sortie devient un point contrôlé en visite, mesuré par des indicateurs et suivi par les usagers.

    Source : France Assos Santé, fiche repère (2 octobre 2026) – fiabilité : déclarative ; HAS, référentiel de certification des établissements de santé, version 2027 – fiabilité : officielle.

  • Royaume-Uni : une boîte à outils pour évaluer et déployer l’IA dans les établissements du NHS

    Mesurer l’écart entre la complexité de l’outil et la maturité de l’établissement

    L’outil d’évaluation, développé par Jessica Morley, du Digital Ethics Center de l’université Yale, avec le centre, compare la complexité d’une solution d’IA à la maturité de l’établissement sur 12 dimensions : difficulté de la tâche, comportement des données et intégration aux systèmes existants pour l’outil ; gouvernance, infrastructure de données et capacité de supervision clinique pour l’établissement. Il rend l’une de quatre recommandations : gain rapide, déployer et surveiller, renforcer d’abord la maturité, ou renoncer.

    L’outil évalue une solution à la fois. Ses auteurs recommandent de comparer les résultats lorsque plusieurs projets sollicitent les mêmes équipes cliniques, informatiques et de gouvernance. Il se présente comme un prototype et ne remplace ni les normes de sécurité clinique DCB0129 et DCB0160, ni l’analyse d’impact sur la protection des données, ni les critères DTAC d’évaluation des technologies numériques, ni le marquage comme dispositif médical.

    Des modèles pour chaque étape du projet

    Les modèles couvrent le cycle de vie d’un projet : procédure de gouvernance de l’IA, formulaire de demande de projet, questionnaire de due diligence fournisseur, protocole de validation et de pilote, rapport d’évaluation, liste de contrôle avant mise en service, plan de surveillance après mise sur le marché et politique d’usage acceptable. D’autres documents doivent être ajoutés.

    Les modèles sont conçus pour être adaptés aux procédures de chaque établissement, ce qui permet de les reprendre comme trame de gouvernance de l’IA hors du NHS.

    Source : AI Centre for Value Based Healthcare, AI Framework et NHS AI Adoption Assessment Tool (lancement du 28 septembre 2026) · fiabilité : déclarative

  • Le CHU de Besançon Franche-Comté met en service son entrepôt de données de santé

    Le projet est piloté par Arthur Goudard, directeur adjoint chargé des affaires médicales, de la recherche et des relations avec l’Université. « Avec l’entrepôt des données de santé, nous créons un cadre où il est possible de croiser ces données à des fins de pilotage pour l’établissement, de recherche médicale et d’amélioration des pratiques », a-t-il déclaré à L’Est Républicain. L’établissement cite la qualité et la sécurité des soins comme premiers axes de recherche sur données massives.

    Les données sont hébergées exclusivement en France, dans des environnements certifiés. L’exploitation suit le référentiel de la CNIL sur les entrepôts de données de santé, sous la supervision d’un comité scientifique et éthique constitué à cet effet. Les patients peuvent s’opposer à l’utilisation de leurs données à tout moment auprès du délégué à la protection des données du CHU. Le projet est soutenu par Bpifrance, l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et la Région.

    Centre de recours de la Franche-Comté, le CHU prend en charge plusieurs centaines de milliers de patients par an, en hospitalisation ou en consultation. Il rejoint les CHU dotés d’un EDS, un mouvement engagé il y a une dizaine d’années par l’AP-HP et les hôpitaux de l’Ouest.

    Pour les équipes de recherche et les industriels, un EDS conforme au référentiel de la CNIL constitue un point d’entrée pour des études en données de vie réelle en Bourgogne-Franche-Comté. Les modalités d’accès pour des partenaires externes n’ont pas été précisées.

    Source : CHU Besançon Franche-Comté, actualité du site (septembre 2026) ; L’Est Républicain, 28 septembre 2026 ; macommune.info, 23 septembre 2026 – fiabilité : officielle pour le dispositif, presse pour les déclarations.

     

  • AP-HP : plus de 200 projets sur l’entrepôt de données et une feuille de route IA en phase de test

    L’AP-HP a mis en ligne en septembre 2026 son rapport annuel 2025. Son entrepôt de données de santé (EDS) a accompagné plus de 200 projets, selon le rapport. Les délais de mise à disposition des données sont désormais pilotés : moins de 30 jours pour un projet simple, environ quatre mois pour un projet nécessitant des données complexes. Sur l’IA, six chantiers ont été déployés en 2025 pour « préparer le déploiement à grande échelle » des projets. Selon les informations recueillies par l’équipe HTI, la Direction des services numériques (DSN) crée un poste de référent IA, confié à Vincent Rubod, jusqu’ici directeur Ingénierie et science des données du pôle Innovation & Données.

    Pourquoi cela compte : le premier CHU d’Europe publie ses délais d’accès aux données et nomme un interlocuteur unique pour l’IA. Pour un industriel ou une start-up, l’EDS devient un guichet aux règles connues : délai, circuit d’instruction dématérialisé, grilles de tarification en préparation pour 2026. Aucun des projets IA de soin n’est encore en routine, hors imagerie.

    Plus de 200 projets, des délais publiés

    Le rapport annuel attribue l’accélération au programme ACCES AP-HP, lauréat de l’appel à projets « Entrepôts de données de santé hospitaliers » de France 2030. L’instruction des projets est dématérialisée. Un guide de chaînage entre l’EDS et le Système national des données de santé (SNDS) est en ligne. Le rapport ne détaille ni la répartition des 200 projets par type de données ni leur durée. D’autres documents officiels complètent le tableau : le site de l’AP-HP recense 19 millions de patients distincts, 241 projets de recherche approuvés par le comité scientifique et éthique depuis 2017, 72 publications et 32 tableaux de bord. Au 31 décembre 2025, 156 études sur données de l’EDS validées par ce comité étaient en cours, selon la page Recherche et innovation de l’AP-HP. Le programme de travail 2026 de l’EDS prévoit un catalogue de données, l’outil d’exploration Panorama EDS, des grilles de tarification pour la mise à disposition des données et les travaux préparatoires à l’Espace européen des données de santé.

    Les projets IA lancés à ce stade

    Le rapport annuel décrit un cadre : une formation en ligne pour tous les professionnels et une charte pour un usage « responsable, sécurisé et conforme » de l’IA générative. Le détail des projets figure dans le programme de travail 2026 de l’EDS et dans un poster de l’AP-HP préparé pour la Journée de la donnée de santé du 9 octobre 2026. Trois projets sont portés avec la Direction de la stratégie et de la transformation et la DSN : ChatDPI, recherche dans le dossier patient et résumé clinique structuré, en évaluation clinique ; IA Codage, aide au codage des diagnostics CIM-10, en preuve de concept ; APIA, assistant d’IA généraliste interne, en preuve de concept. S’y ajoutent Écoute IA, aide à la rédaction des comptes rendus, en expérimentation avec un éditeur, et des IA d’imagerie déjà en routine clinique pour la détection de fractures. L’EDS développe ses propres outils : EDS-NLP pour l’extraction d’informations, EDS-Pseudo pour la désidentification des comptes rendus, EDS-PDF pour l’analyse des documents. Le programme de travail fixe l’objectif de 2026 : tester l’apport de l’IA sur les volets administratifs et soin en conditions réelles, puis évaluer le retour sur investissement avant un déploiement plus large.

    Un DPI qui évolue chez son éditeur actuel

    L’AP-HP et Dedalus ont signé une convention pour faire évoluer le dossier patient informatisé Orbis vers Care4U, sa nouvelle génération, dans un engagement de transformation à trois ans. Orbis est utilisé par 70 000 professionnels, quinze ans après son installation. Le premier CHU d’Europe fait donc évoluer son logiciel chez son éditeur plutôt que d’en changer.

    Une offre structurée pour les industriels

    Le rapport présente l’AP-HP comme un partenaire des entreprises, avec une offre organisée autour de ses plateformes et de tiers-lieux d’expérimentation, l’accord-cadre avec Siemens Healthineers et la convention signée avec Bpifrance lors d’APinnov 2025. La doctrine de « cloud souverain » adoptée en 2022 est maintenue, et la conformité intègre désormais les projets liés à l’IA et à l’Espace européen des données de santé.

    Source : AP-HP, Rapport annuel 2025 (septembre 2026) ; EDS AP-HP, Programme de travail 2026 (février 2026) ; AP-HP, poster « L’IA à l’AP-HP : projets et produits institutionnels », Journée de la donnée de santé (9 octobre 2026) · fiabilité : officielle

  • DETECSEPS : 6,3 M€ pour repérer le sepsis dès le tri aux urgences

    L’IHU Sepsis a annoncé le lancement du projet DETECSEPS, porté par l’AP-HP, les Hospices Civils de Lyon et les industriels IDS France et Volition. Lauréat du Challenge Prévention de l’Agence de l’innovation en santé (France 2030), il dispose de 6,3 millions d’euros sur quatre ans. Il testera aux urgences, chez 1 000 patients en conditions réelles, la combinaison du score clinique NEWS2, du biomarqueur sanguin Nu.Q NETs H3.1 de Volition et de l’automate i10 d’IDS.

    Le projet vise autant à renvoyer à domicile, en sécurité, les patients à faible risque qu’à repérer plus tôt ceux qui risquent d’évoluer vers un sepsis. S’il est concluant, il pourrait réduire l’engorgement des urgences et les hospitalisations évitables. D’ici là, aucun déploiement n’est à planifier.

    Une évaluation qui mesure aussi les coûts

    Le sepsis est une réponse dérégulée de l’organisme à une infection. Il causerait 21 millions de décès par an dans le monde. Le repérer tôt permet de le traiter avant la défaillance des organes. Mais le projet cherche aussi à identifier les patients pouvant rentrer chez eux. Une hospitalisation évitée libère un lit ; un retour à tort expose le patient à une aggravation. L’outil devra donc être fiable dans les deux sens.

    L’AP-HP, promotrice des essais, assure les analyses biostatistiques, de santé publique et médico-économiques (URCEco). Ces dernières doivent documenter les hospitalisations évitées et leurs coûts, données clés pour les financeurs.

    Un biomarqueur encore à évaluer au triage

    Une analyse publiée en 2026 associe le marqueur H3.1 à la mortalité à 28 jours chez des patients en sepsis ou en choc septique [Neumann C. et al., Crit Care Med 2026]. Mais ces patients étaient déjà graves : l’intérêt du marqueur au triage reste à démontrer. Il ne s’agit pas d’IA, mais d’un score associé à un biomarqueur.

    Ce que cela change

    Établissements : Pas de changement de pratique à ce stade. Suivre dès maintenant ses taux d’hospitalisation pour infection offrira un point de comparaison lorsque les résultats seront publiés.

    Industriels du diagnostic. Le projet illustre l’intérêt d’évaluations en vie réelle intégrant d’emblée un volet médico-économique.

    À surveiller

    La publication du protocole (critère principal, schéma d’étude).
    Les résultats, attendus au terme des quatre ans, dont le volet médico-économique.

    Source : communiqué AP-HP / IHU Sepsis, 16 septembre 2026 · fiabilité : déclarative (annonce du consortium, protocole non publié).

  • Ramsay Santé dévoile « Connecting Care 2030 », sa feuille de route à quatre ans en cinq piliers

    Ramsay Santé a présenté le 17 septembre 2026 son plan Connecting Care 2030. Numérique et IA y sont présentés comme des leviers de rentabilité, et le portefeuille d’activités fera l’objet d’arbitrages. Le groupe vise une croissance du chiffre d’affaires de 2 à 3 % par an après une perte nette de 48,3 millions d’euros sur l’exercice clos le 30 juin 2026.

    Pourquoi cela compte : l’un des principaux groupes de soins privés européens présente le numérique et l’IA d’abord comme des leviers de productivité et de marge, et annonce des arbitrages sur ses activités. Établissements, territoires et fournisseurs peuvent anticiper une demande d’outils au retour sur investissement mesurable et de possibles recompositions de l’offre locale.

    Un numérique d’abord mobilisé au service de la rentabilité

    Pascal Roché, directeur général, évoque la volonté de s’appuyer « sur le numérique et les gains de productivité pour transformer cette croissance en amélioration de la rentabilité ». Le plan prévoit des outils de télémédecine et de suivi à distance, des parcours de soins primaires intégrant l’IA, des outils de gestion du cycle de revenus et un recours accru à l’IA pour simplifier les processus administratifs et appuyer la décision clinique. Le groupe décrit un environnement contraint : évolution limitée des tarifs en France, fin des aides temporaires et sous-financement de l’inflation. Il a publié une perte nette part du groupe de 48,3 millions d’euros pour l’exercice clos le 30 juin 2026

    Des arbitrages annoncés sur le portefeuille d’activités

    Le groupe indique qu’il poursuivra la gestion active de ses actifs et de ses contrats, « plutôt que de chercher simplement à l’élargir ». L’objectif serait de concentrer les ressources sur les activités les plus porteuses. Cette orientation marque une inflexion après le plan « Yes We Care 2025 », au cours duquel le réseau est passé de 375 à 491 établissements et structures de soins.

    En Suède, une intégration des soins primaires, de l’assurance et de la santé au travail

    Parmi les nouveaux relais de croissance, le groupe prévoit de développer en Suède des offres d’assurance santé privée et de santé au travail, en complément de ses soins primaires. Il met en avant la croissance de l’hôpital St Göran, dont l’exploitation a été reconduite par la région de Stockholm à partir de 2026 pour huit ans, avec une prolongation possible de quatre ans. Ce modèle associe porte d’entrée en soins primaires, couverture assurantielle et service aux employeurs.

    Ce que cela change

    Pour les directions d’établissements, le plan illustre une approche de l’IA centrée sur des gains mesurables (blocs, planification, facturation), qui suppose de fixer les indicateurs avant tout déploiement. Pour les HealthTech et les éditeurs, la demande exprimée porte d’abord sur l’administratif, la gestion du cycle de revenus et le suivi à distance, avec un argumentaire attendu sur la productivité. Pour les organismes complémentaires, l’expérience suédoise offre un cas d’observation de l’intégration entre assurance et offre de soins.

    Source : Ramsay Générale de Santé, communiqué de presse « Le groupe Ramsay Santé dévoile Connecting Care 2030 » (17 septembre 2026) · fiabilité : officielle.

     

  • La HAS actualise sa grille ALARM avec un 8ᵉ facteur consacré au numérique

    Dans son rapport annuel abrEIGéS, mis en ligne le 11 septembre, la Haute Autorité de santé fait état de 5 576 évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS) déclarés en 2025, contre 4 630 en 2024, soit une hausse de 20 %.

    Ce volume reste très inférieur aux estimations épidémiologiques : l’étude ENEIS évalue entre 160 000 et 375 000 le nombre d’EIGS survenant chaque année dans les seuls services de médecine et de chirurgie. Pour classer ces déclarations selon neuf thématiques, la HAS s’appuie sur un modèle d’apprentissage supervisé de traitement automatique du langage. Le rapport identifie par ailleurs les logiciels de soins comme une cause profonde récurrente des EIGS liés à la prescription médicamenteuse (213 dossiers analysés), au point d’ajouter un huitième facteur :

    « systèmes d’information et technologie » à la grille d’analyse ALARM. Une première étude dédiée aux Ehpad, portant sur 230 EIGS, documente 45 % de décès et des lacunes en gestion des risques.

    Pourquoi cela compte : ces éléments dessinent un système de sécurité des soins qui se numérise et se professionnalise, mais reste aveugle sur une partie du risque réel.

    Grille ALARM : un facteur « systèmes d’information » ajouté pour analyser les risques de soins

    Le taux de déclaration, sous les 2 % du volume estimé par l’ENEIS, signale moins une amélioration réelle de la sécurité qu’un dispositif encore mal approprié par les professionnels. Pour les établissements et les éditeurs de dossier patient informatisé, l’enjeu est d’intégrer la déclaration au parcours de travail plutôt que de la traiter comme une démarche annexe : formulaires pré-remplis, alertes contextuelles ou modules dédiés dans le dossier patient peuvent réduire cette sous-déclaration chronique.

    Le recours de la HAS elle-même à un modèle de traitement automatique du langage pour trier ses déclarations valide, du côté du régulateur, la maturité de ces technologies appliquées au texte médical. C’est un argument de crédibilité pour toute solution de structuration ou de codage automatisé de données cliniques non structurées.

    Plus inédit : le rapport documente les logiciels de soins comme cause du risque, et non plus seulement comme outil de sécurisation. L’ajout d’un facteur « systèmes d’information » à la grille ALARM, ainsi que les préconisations sur l’ergonomie, l’interopérabilité et l’association des professionnels au choix des logiciels d’aide à la prescription, constituent un signal direct pour les éditeurs de logiciels métiers : l’expérience utilisateur devient un critère de sécurité patient documenté par le régulateur, mobilisable dans les argumentaires d’achat hospitalier.

    Enfin, l’analyse inédite consacrée aux Ehpad confirme un secteur médico-social structurellement sous-équipé en gestion des risques, avec neuf préconisations portant notamment sur la contention, les chutes et la prévention du suicide. Un terrain d’opportunité pour des outils dimensionnés aux contraintes de ces structures, plus petites et moins dotées qu’un établissement sanitaire.

    Source : Haute Autorité de Santé, abrEIGéS – Évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS), rapport annuel 2025. fiabilité : officielle.

  • Aval des urgences : 22 mesures remises à la ministre, dont la prévision des flux par IA

    Remis le 15 juillet à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, par six experts*, le rapport « Alternatives et aval des urgences » compte 9 recommandations et 13 propositions. Il propose d’inscrire les cellules d’ordonnancement dans les conditions d’autorisation des services d’urgence (SAU) de plus de 25 000 passages par an, en y intégrant la prévision des flux par IA. Il préconise aussi de généraliser la réorientation outillée et de capitaliser sur les outils de coordination existants. Sa reprise en septembre tient à la régulation à l’entrée imposée dès l’automne à une centaine d’établissements et à la feuille de route nationale sur l’aval des urgences attendue avant le PLFSS 2027.

    Pourquoi cela compte : le rapport doit nourrir la feuille de route nationale sur l’aval des urgences. Pour les hôpitaux, la gestion des lits deviendrait une obligation outillée. Pour les éditeurs, l’adoption sur le terrain primerait sur la nouveauté.

    L’IA au service des flux hospitaliers : des résultats encore difficiles à mesurer

    Le rapport cite des algorithmes déjà en service au CH de Valenciennes et au CHU de Nancy. Ils anticipent les tensions plusieurs jours à l’avance, ce qui permet de renforcer les équipes, d’avancer des sorties ou de moduler l’activité programmée. Mais aucun gain n’est chiffré, et les freins se situent en amont : systèmes d’information fragmentés, date prévisionnelle de sortie rarement fixée dès l’admission. Pour les établissements, la priorité est donc de fiabiliser les données de séjour avant d’acheter l’outil. En régulation médicale, l’IA reste un horizon, « sous réserve d’un encadrement rigoureux et d’une validation clinique ».

    Interopérabilité : capitaliser plutôt que reconstruire

    Les auteurs l’admettent : « on pourrait rêver d’un outil unique » de coordination ville-hôpital-médico-social. Les groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) peinent à obtenir des éditeurs des adaptations rapides. Plutôt que de nouveaux investissements massifs, le rapport recommande de généraliser les outils régionaux éprouvés en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. Il invite aussi à étudier ce qui a fait l’adoption massive de la télé-expertise, en citant Omnidoc. Les échanges prioritaires sont nommés : logiciels de régulation, plateforme du service d’accès aux soins (SAS), DPI, DMP, SMUR et transporteurs sanitaires. Pour les industriels, les références en production pèseront davantage que les promesses de feuille de route.

    Réorientation : des résultats mesurés

    Au Québec, l’outil Logibec réoriente environ 15 % des patients ambulatoires vers la ville ; il a été testé en France à Angoulême et Nancy. Plus de 90 % des patients acceptent la réorientation quand un rendez-vous leur est organisé. À Nantes, 10 % des passages aux urgences pédiatriques sont réorientés vers une consultation le lendemain, via Doctolib. Le rapport veut généraliser le forfait de réorientation ; la ministre a fixé le 5 juin l’objectif d’une réorientation pratiquée par tous les services d’urgence d’ici deux ans.

    * Liste des experts :

    • Dr Nabil Elbeki, chef des pôles urgences, réanimation-anesthésie, médecine polyvalente et soins de suite et réadaptation (SSR) au CH de Valenciennes.
    • Laurence Laignel, directrice des soins, coordinatrice générale des soins au CHU d’Angers.
    • Pr Olivier Mimoz, PU-PH et chef du service des urgences adultes et du Samu 86-Centre 15 au CHU de Poitiers.
    • Dr Christophe Schmitt, psychiatre à l’EPSM Metz-Jury et président de la conférence des présidents de commission médicale d’établissement (PCME) des centres hospitaliers spécialisés (CHS).
    • Arnaud Vanneste, directeur général du CHRU de Nancy.
    • Dr Jean-Marie Woehl, médecin interniste, président de la commission médicale d’établissement (CME) des hôpitaux civils de Colmar et vice-président de la conférence des présidents de CME des centres hospitaliers.

    Source : Ministère de la Santé, rapport « Alternatives et aval des urgences » (juillet 2026) · fiabilité : officielle (rapport de mission).