Alors qu’il présentera fin janvier 2019 sa contribution à la concertation « Grand âge et autonomie », qu’il a requalifiée « Autonomie et grand âge »*, le conseil de la Caisse nationale pour la solidarité et l’autonomie (CNSA) a adopté à l’unanimité le 4 décembre 2018 les « principes clés qui structureront sa contribution » sous la forme d’un scénario centré autour des deux axes suivants :
• « l’affirmation de la pleine et entière citoyenneté de la personne » : chaque citoyen doit pouvoir exprimer sa citoyenneté notamment par des droits et des devoirs officiellement partagés et reconnus et par l’exercice de ses libertés de citoyen.
• « l’affirmation du « chez-soi » qui détermine la capacité de la personne à vivre au cœur de la société ».
Fin janvier, le conseil proposera un scénario précis comprenant la gouvernance et le financement des politiques de l’autonomie. Pour ce faire, il renforce son fonctionnement et installe son comité permanent ainsi que des commissions spéciales.
Lors de la séance, les membres du conseil de la CNSA ont également adopté le budget prévisionnel 2019 de la Caisse, qui s’élève à 26,812 milliards d’euros, et ont pris acte de celui de la Sécurité sociale.
Un « PLFSS d’avant réforme »
Le conseil de la Caisse nationale pour la solidarité et l’autonomie (CNSA) a pris acte du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019. Il le qualifie de « PLFSS d’avant réforme », précisant qu’il sera vigilant sur la stricte affectation des fonds propres de la CNSA aux politiques de l’autonomie et attirant l’attention sur « la nécessité, dès 2020, d’une trajectoire plus ascendante de l’Ondam médico-social repensée en cohérence avec les réformes engagées par le gouvernement ».
Adoption du budget initial 2019 : 26,812 milliards d’euros
- En 2019, 22,395 milliards d’euros serviront à financer le fonctionnement des établissements et services médico-sociaux, dont :
- 10,617 milliards pour l’offre personnes âgées ;
- 11,777 milliards pour l’offre personnes handicapées ;
- 130 millions d’euros seront utilisés pour leur rénovation : nouveau plan d’aide à l’investissement (PAI).
- De plus :
- 2,21 milliards d’euros seront dédiés aux dépenses d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) des départements ;
- 607,2 millions d’euros aux dépenses de prestation de compensation du handicap (PCH) ;
- 143,4 millions d’euros au financement des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH);
- 180 millions d’euros à des actions de prévention de la perte d’autonomie mises en œuvre par les conférences des financeurs.
« Ce budget traduit aussi la mise en œuvre des récentes décisions du gouvernement », précise la CNSA, soit :
- accompagner le développement de l’habitat inclusif (15 millions d’euros) ;
- financer une mesure d‘accompagnement des personnes en situation critique (15 millions d’euros) ;
- mettre en œuvre la stratégie autisme (30 millions d’euros) ;
- renforcer la présence de personnel soignant au sein des Ehpad (123,7 millions d’euros).
principes clés de la contribution de la CNSA :
« L’affirmation de la pleine et entière citoyenneté de la personne »
« À chaque instant de sa vie, chaque citoyen doit avoir la capacité d’exprimer sa citoyenneté par » :
- des droits et des devoirs officiellement partagés et reconnus et par l’exercice de ses libertés de citoyens ;
- la reconnaissance de son rôle et de sa place pleine et entière dans la société, au contact d’autres personnes, d’autres générations, dans le respect de sa singularité et donc de ses différences.
Chaque citoyen doit pour cela :
- être écouté et participer à la décision ;
- exprimer ses choix à chaque instant de sa vie quel que soit son lieu de vie, son niveau de vie, par soi-même ou en y étant aidé.
« L’affirmation du « chez-soi » comme le lieu d’expression de cette citoyenneté jusqu’à la dernière seconde de la vie »
Le « chez-soi », « qui détermine la capacité de la personne à vivre au cœur de la société » :
- s’inscrit dans un ensemble d’interactions ;
- s’impose au système de protection sociale ;
- doit structurer chaque étape d’une politique de transformation globale, ascendante, partagée et durable de notre société.
« Ce nouveau cadre offert par l’expression de la citoyenneté contribue à la structuration d’un modèle en trois dimensions : personnaliste, solidaire et territoriale », explique la CNSA.
- La dimension personnaliste procède de :
- la reconnaissance de la citoyenneté conciliant liberté et sécurité ;
- la représentation des personnes pour permettre leur participation à la décision ;
- l’expression de l’aspiration des personnes ;
- la prise en compte du savoir « expérientiel » de la personne et de ses proches ;
- le design de l’accès à la réponse et à l’information.
- La dimension des solidarités procède de :
- la référence aux fondements de notre modèle de protection sociale ;
- l’émergence d’une acception contemporaine des solidarités : actifs/inactifs, intergénérationnel, urbain/rural, les nouvelles formes d’engagement, …
- La dimension territoriale car :
- les politiques sociales et de l’autonomie sont des politiques partagées avec les conseils départementaux ;
- elles impliquent tous les niveaux de la proximité : quartier, bassin de vie, commune, intercommunalité, départements, métropoles et régions qui aménagent le territoire pour améliorer la qualité de vie de tous les citoyens ;
- « les réponses se construisent dans la proximité, elles ne sont pas « hors-sol », elles sont contingentes » ;
- « les systèmes de contrainte de chaque territoire pèsent sur le système de protection sociale et peuvent générer de lourdes iniquités et pertes de chance ».
Le conseil de la CNSA souhaite que la nouvelle gouvernance des politiques partagées de l’autonomie prenne en compte :
- la complexité des risques ;
- la transversalité des réponses ;
- le périmètre élargi de la protection sociale ;
- les déterminants territoriaux ;
- l’association des parties prenantes, au premier rang desquelles les personnes ;
- l’évaluation et le contrôle selon de nouvelles règles : simplicité, preuve, confiance, approche conventionnelle, partenariat ;
- la production des datas.
Pour le conseil de la CNSA, « le financement des politiques partagées de l’autonomie doit prendre en considération les cinq composantes de la réponse apportée aux personnes : l’aide et l’accompagnement, les soins, le logement, une fonction présentielle et la coordination entre ces différentes dimensions ».