Efficience

  • IA & cancéro : NEC (Japon) va lancer des essais cliniques aux US et en Europe avec Transgene (France)

    NEC Corporation souhaite étendre l’application de ses technologies basées sur intelligence artificielle (IA), étiquetées sous la marque « NEC the WISE », au développement de médicaments anticancéreux axés sur l’immunothérapie avancée dans le cadre du renforcement de ses activités dans le domaine de la santé.

    Dans un premier temps, des essais cliniques portant sur des vaccins individualisés contre le néoantigène (antigène normalement non exprimé dans l’organisme – antigène induit par des tumeurs) seront initiés avec l’entreprise biopharmaceutique française Transgene, faisant ainsi de NEC la première entreprise japonaise à avoir lancé de tels essais.

    Les sociétés, qui ont signé un protocole d’accord fin octobre 2018, cibleront ainsi les cancers de la tête et du cou ainsi que le cancer de l’ovaire au moyen d’essais cliniques menés aux États-Unis et en Europe, précise NEC dans un communiqué publié le 27 mai 2019.
    En avril, une demande d’admission au programme de recherche sur les nouveaux médicaments (IND) de la FDA (États-Unis) a abouti à l’autorisation de procéder à un essai clinique de phase 1. Les demandes présentées au Royaume-Uni et en France sont en cours d’examen.

    Le médicament expérimental est développé conjointement par NEC et Transgene, indique l’entreprise japonaise.

    l’IA au service de l’analyse génomique

    18,1 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués dans le monde en 2018, indique une étude Globocan*. Selon les statistiques démographiques du ministère japonais de la Santé, du Travail et du Bien-être social de 2017, le cancer est la principale cause de décès au Japon.

    Il existe de grandes attentes dans le développement de meilleurs traitements contre le cancer, en particulier dans le domaine de l’immunothérapie, présentée par les experts comme la prochaine génération de traitement anticancéreux, qui se base sur le système immunitaire du patient pour lutter contre la maladie.

    Développement de l’immunothérapie individualisée avec l’IA (NEC) :

    Découverte de médicaments via IA : NEC évalue ses activités à 300 Mds¥ d’ici 2025

    NEC travaille depuis plusieurs années avec des établissements universitaires, notamment les universités de Kōchi et de Yamaguchi, dans le cadre de recherches sur la découverte de médicaments anticancéreux.

    Ces dernières années, l’avènement de l’analyse génomique a entraîné une croissance massive des données génomiques, qui ont nécessité le développement d’une intelligence artificielle (IA) adaptée pour pouvoir traiter efficacement et avec précision ces big data.

    NEC prévoit que ses activités de découverte de médicaments axées sur l’IA atteignent une valeur de 300 milliards de yens (2,46 Mds €) d’ici 2025 grâce au développement d’immunothérapies plus efficaces et plus sûres.

  • SFTélémed lance un appel à candidatures pour son prix de l’innovation (deadline : 15/07/2019)

    Dans le cadre du Congrès de la télémédecine 2019, qui se tiendra les 3 et 4 décembre 2019 à Paris, la Société française de télémédecine (SFTélémed) lance un appel à candidature pour son prix de l’innovation.

    Le concours, organisé en partenariat avec le Snitem et Medicen, s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui développent une innovation en télémédecine : éducation thérapeutique, pathologies chroniques, données/intelligence artificielle, pilotage/évaluation, innovation organisationnelle/parcours, dispositif médical connecté, formation….

    La date limite pour déposer son dossier de candidature, accessible via ce lien, est le 15 juillet 2019. Le dossier (avec extrait Kbis), accompagné du PPT de présentation, est à envoyé à secretariat@sf-telemed.org.

    Modalités de l’appel à candidature

    L’appel s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui remplissent les conditions suivantes :

    • être une jeune entreprise ​(3 ans maximum)​ et présenter un prototype ;
    • avoir développé une solution innovante en télémédecine/santé numérique (prototype ou solution sur le marché depuis moins d’un an, pilote expérimentation) ;
    • être domicilié sur le territoire français.

    Seront analysés : 

    • le respect des conditions de candidature ;
    • la présentation du projet/de l’entreprise sous format PPT ;
    • le dossier de candidature​.

    À l’issue de cette étape, 5 candidats seront pré-sélectionnés. Ils seront auditionnés devant un jury lors du congrès de la SFTélémed. L’annonce des résultats se fera lors de la session de remise de prix en fin de congrès.

    Le prix de l’innovation 

    Le prix accordé au gagnant sera :

    • de la part de la SFTélémédv : 
      • visibilité sur le site de la SFTélémed en qualité de partenaire ;
      • un an d’adhésion gratuite ;
      • une participation à un programme de formation ;
      • un accompagnement par nos experts à un projet médical ;
      • un stand au sein de l’exposition du congrès de l’année suivante​ ;
      • participation à une séance scientifique 2020 afin de présenter leur innovation récompensée lors du prix innovation ;
    •  de la part de Medicen :
      • avantages d’une adhésion à Medicen Paris Region (accès aux événements, aux outils de veille économique…) ;
      • participation orale lors des réunions du DAS santé numérique de Medicen Paris Region, permettant de présenter l’innovation à un panel de représentants industriels (grands groupes, ETI, PME…) et académiques/cliniques- Visibilité sur un événement co-organisé par Medicen Paris Region ;
      • accompagnement PME​ ;
    • de la part du Snitem :
      • Accès aux service du Snitem pendant un an, sous réserve que votre solution soit un DM : 
        • possibilité d’interroger nos experts ;
        • réglementaire (marquage CE), accès au marché, juridique (RGPD, Cnil…)​.
  • Conférence « Qualité des soins et résultats patients : la valeur en santé », le 25/06/19, Montpellier

    Le Cercle Valeur Santé organise une conférence sur le thème « qualité des soins et résultats patients : la valeur en santé » le 25 juin 2019, de 18h30 à 20h, à Montpellier (le lieu exact n’a pas encore été indiqué).

    Depuis 2016, le Cercle « réfléchit et promeut une prise en compte de la qualité et des résultats qui importent aux patients, au meilleur coût, rappelle le groupe de réflexion (communiqué). Aujourd’hui, il souhaite mettre en exergue des projets de terrain qui concrétisent cette démarche et engage un tour des régions de France à la rencontre des acteurs. »
    Dans la région Occitanie, « les parcours de soins personnalisés proposés aux patientes atteintes du cancer du sein par les praticiens du Montpellier Institut du Sein (MIS) et, aujourd’hui, partout en France, par les membres de la Fédération nationale des instituts du sein, en sont un exemple », contextualise-t-il.

    Dans le cadre de cette conférence, le Cercle invite les acteurs du secteur à découvrir cette démarche et à échanger sur la manière dont la valeur en santé peut contribuer à la transformation du système de santé français.

    Pour s’inscrire, envoyer un email à cerclevaleursante@gmail.com avant le 14 juin 2019.

    Programme

    • Présentation du Cercle valeur santé et de la démarche Valeur en santé :
      • Basile Gorin, président du Cercle Valeur Santé, et Martine Aoustin, ancienne directrice de l’Agence régionale de santé Languedoc-Roussillon.
    • Focus sur les parcours personnalisés mis en place par le Montpellier institut du Sein et la Fédération nationale des instituts du sein ainsi que les outils nécessaires à la coordination et la fluidification des parcours :
      • Sylvie Boichot, présidente de Move in med.
    • Vision européenne : « Quelle place pour la qualité des soins en Europe ? » :
      • Paul Garassus, président de l’Union européenne de l’hospitalisation privée.

  • Genopole lance un AAC pour intégrer les dispositifs Shaker et Booster (deadline : 15/07/2019)

    Genopole, biocluster français dédié à la recherche en génétique et aux biotechnologies appliquées à la santé et à l’environnement, lance un nouvel appel à candidatures (AAC) du 4 juin au 15 juillet 2019 afin d’intégrer sa 5ème promotion « Shaker/Booster ».

    Les dispositifs Shaker et Booster ont été créés fin 2017 :

    • Shaker s’adresse aux étudiants/doctorants/post-doctorants porteurs d’une idée innovante en biotechnologie : il a pour objectif de les aider à consolider leur preuve de concept et de les sensibiliser à l’entrepreneuriat.
    – Les dossiers d’inscriptions pour intégrer ce dispositif sont disponibles via ce lien : ils doivent être retournés avec le règlement signé par e-mail à shaker@genopole.fr avant le 15 juillet minuit.

    • Booster s’adresse aux dirigeants de jeunes entreprises innovantes de moins de 3 ans : il vise à les aider à fortifier leur société et à réussir leur levée de fonds.
    – Les dossiers d’inscriptions pour intégrer ce dispositif sont disponibles via ce lien : ils doivent être retournés avec le règlement signé par e-mail à booster@genopole.fr avant le 15 juillet minuit.

    Les 2 dispositifs ont déjà accompagné 9 projets ainsi que 22 start-ups ayant levé plus de 900 000 euros de financements privés et créé 40 emplois.

    Genopole accueille les innovations biotech qui ouvre la voie à un nouveau traitement ou diagnostic médical, offrant une solution en faveur de la transition écologique ou de l’industrie du futur (agritech, foodtech, greentech, cosmétiques…).

    Contacts

    • shaker@genopole.fr et booster@genopole.fr;
    • 01 60 87 83 03
  • CHAM 2019 : « Systèmes de santé : la gouvernance dans tous ses états », 27-28/09/2019

    « Systèmes de santé : la gouvernance dans tous ses états » est la thématique de la Convention on Health Analysis and Management 2019 (CHAM 2019), qui aura lieu le 27 et 28 septembre 2019 à Chamonix-Mont-Blanc. 

    Le dossier d’inscription, téléchargeable via ce lien, est à retourner avant le 1er juin 2019 à inscription@canalcham.fr.

    Pré-programme 

    Vendredi 27 septembre 2019 (Jour 1)

    Samedi 28 septembre 2019 (Jour 2)

  • Stratégie e-santé de la Suède

    La Suède porte une vision « e-santé » ambitieuse pour 2025 : être le meilleur pays dans le domaine de la e-santé pour permettre aux personnes d’avoir un accès plus facile aux soins et à l’aide sociale, équitables et de qualité, mais aussi de développer et de renforcer leurs propres ressources afin de bénéficier d’une plus meilleure indépendance et de participer à la vie de la société.

    La Suède a déployé sa première stratégie e-santé en 2006, suivie d’une deuxième en 2010. Adoptée en 2016, son nouveau plan « e-santé » pour 2025 s’appuie sur un plan d’action mis en place pour 2017-2019. Il définit des objectifs dans les domaines suivants :
    • cadres réglementaires ;
    • cohérence sémantique ;
    • standards techniques ;
    • suivi de la e-santé.

    En Suède, de nombreux services numériques sont déjà disponibles pour les professionnels de santé et pour les patients, tels que la e-prescription (représente 99 % des prescriptions en 2018), le dossier médical électronique, l’adressage, la téléconsultation, un portail patient (en 2018, 49 % des Suédois avaient un compte) avec prise de rendez-vous en ligne, un dossier patient national (« résumé patient national ») ou encore l’Electronic Expert Support, qui aide le pharmacien à détecter les interactions médicamenteuses.

  • DATA – Stratégie e-santé de la Suède

    La Suède porte une vision « e-santé » ambitieuse pour 2025 : être le meilleur pays dans le domaine de la e-santé pour permettre aux personnes d’avoir un accès plus facile aux soins et à l’aide sociale, équitables et de qualité, mais aussi de développer et de renforcer leurs propres ressources afin de bénéficier d’une plus meilleure indépendance et de participer à la vie de la société.

    La Suède a déployé sa première stratégie e-santé en 2006, suivie d’une deuxième en 2010. Adoptée en 2016, son nouveau plan « e-santé » pour 2025 s’appuie sur un plan d’action mis en place pour 2017-2019. Il définit des objectifs dans les domaines suivants :
    • cadres réglementaires ;
    • cohérence sémantique ;
    • standards techniques ;
    • suivi de l’e-santé.

    En Suède, de nombreux services numériques sont déjà disponibles pour les professionnels de santé et pour les patients, tels que la e-prescription (représente 99 % des prescriptions en 2018), le dossier médical électronique, l’adressage, la téléconsultation, un portail patient (en 2018, 49 % des Suédois avaient un compte) avec prise de rendez-vous en ligne, un dossier patient national (« résumé patient national ») ou encore l’Electronic Expert Support, qui aide le pharmacien à détecter les interactions médicamenteuses.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé de la Suède est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

    « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du Snitem, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

    Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

    Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOM élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de Resmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

    « Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTS, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de « rendre l’interopérabilité attrayante ».

    Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

    « [Si on veut ] remettre le patient au centre du système de santé, on n’a rien dit [tant qu’on s’en tient à ce mot d’ordre], affirme Alain-Michel Ceretti. Il faut le prendre en compte non en tant qu’organe malade mais en tant que personne au centre de l’intérêt à agir des producteurs de soins ». Le président de France Assos santé relève que le rapport remis en janvier 2019 par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, pour la préparation du projet de loi santé « a intégré ce concept-là [avec son idée d’un paiement] à la qualité et à la pertinence ».

    « Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

    L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

    Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMP et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

    Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

    « Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

    L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

    Administratrice du Syntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle Zablit présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

    Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

    « On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

  • PHW 2019 : « protéger, partager et valoriser » les données patients, les 3 axes de la start-up DrData

    Protection, partage et valorisation des données patients sont les 3 axes de la vision portée par la start-up DrData. À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, Nesrine Benyahia, P.-D.G de la société, a animé le 22 mai une conférence spéciale au cours de laquelle Eric Tanneau, médecin libéral, Hélène Gaillard, pharmacienne, et Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques, ont évoqué les spécificités de leurs corps de métier vis-à-vis de ces 3 enjeux importants de l’exploitation des données de santé.

    Protéger les données sensibles « car elles touchent à notre liberté » 

    « Il est nécessaire de récupérer des données de santé fiables via des objets connectés fiables pour avoir des données qui ne seront pas faussées, car elles touchent à notre liberté », déclare Eric Tanneau. Ces données doivent être protégées pour éviter toutes déviances (hacker).

    Le praticien estime qu’une interopérabilité est indispensable afin qu’aucune de ces données ne soit perdue. La nécessité que tous les acteurs du système de santé puissent partager ces données conduiraient à la création d’un système global, ajoute-t-il.

    Patients actifs : informer et accompagner sur l’importance du partage des données

    D’un point de vue juridique, les patients ne sont pas propriétaires de leurs données de santé mais restent les principaux concernés dans le partage de leurs informations personnelles, explique Eric Tanneau. Leur consentement est moteur pour ensuite collecter ces données, qui doivent être véritablement utilisées afin de mener des recherches. Il faut « créer une appartenance pour qu’ils participent à ce système de collecte », suggèrent les intervenants. 

    La valorisation directe des données du patient 

    Les données sont actuellement valorisées via la création de nouveaux produits mais cette valorisation est indirecte pour le patient car le temps écoulé entre la récolte et la création est long. 

    Il faut que « le patient puisse accéder à ses données individuelles pour savoir comment elles ont été utilisées, pour quelle étude et en quoi elles ont été utiles pour l’intérêt commun », explique de son côté Hélène Gaillard. 

    Ce nouveau modèle pourra permettre une valorisation directe pour le patient et l’accès à ses données personnelles l’aidera dans son parcours de soins, précise-t-elle.

    La question de l’Europe dans le domaine du data 

    À l’échelle européenne, la question de la coordination des données est un réel problème, notent les intervenants. D’un pays à l’autre, un patient peut perdre ses données car leur partage reste confiné à échelle nationale. Les patients doivent pouvoir accéder à leurs données partout en Europe, soulignent les speakers. 

    « Il est nécessaire d’aller plus vite pour comprendre cette révolution numérique », estime Gérard Raymond afin de créer ensuite une dynamique pour contrebalancer la Chine ou encore les États-Unis. 

  • PHW 2019 : CompuGroup cherche à se différencier sur le marché de la prise de RDV avec Clickdoc

    Une synchronisation du service de prise de rendez-vous avec le logiciel utilisé par les médecins (AxiSanté et HelloDoc) et un service de télésecrétariat médical totalement gratuit (« On appelle pour vous ») pour contacter les praticiens non adhérents à l’offre. Tels sont les 2 points sur lesquels CompuGroup Medical entend se différencier sur le marché de la prise de rendez-vous en ligne. À l’occasion de la Paris Healthcare Week (PHW), qui s’est tenue du 21 au 23 mai 2019, l’entreprise a officiellement lancé Clickdoc, sa plateforme web et application mobile de prise de rendez-vous médicaux avec médecins généralistes et spécialistes, qui va prochainement être complétée par un service de téléconsultation.

    Totalement gratuit pour les patients, Clickdoc est disponible à partir de 49,99 euros TTC pour les professionnels de santé équipés d’un logiciel CompuGroup Médical, soit 40 % des médecins en France, précise l’entreprise.

    Au cours de la PHW, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a présenté en détail pour H&TI les fonctionnalités de la solution ainsi que le service de téléconsultation à venir. De son côté, Franck Frayer, senior vice president Western Europe de CompuGroup Medical en France, est notamment revenu sur les ambitions de Clickdoc et sur sa vision du développement de la téléconsultation, estimant que son adoption « sera lente mais progressive ».

    2 PARTICULARITÉS : SYNCHRONISATION ET TÉLÉSECRÉTARIAT

    Clickdoc est disponible en France depuis début mars 2019 mais a été officiellement lancé à l’occasion de la Paris Healthcare Week. Le médecin peut bénéficier du service par le biais d’une plateforme web et le patient a accès à toutes les fonctionnalités via un site web et une application mobile disponible sous Android et iOS.

    Après une présentation générale du service, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a insisté sur les 2 particularités de l’offre :

    • « Pour les médecins, l’avancée principale est la synchronisation de la plateforme avec leur outil de travail » : Clickdoc est présenté comme une prolongation naturelle des logiciels professionnels AxiSanté et HelloDoc de CompuGroup Medical. Il s’intègre aux outils de travail des médecins équipés et permet ainsi une synchronisation de leur agenda ainsi que de leur liste de patients. Les praticiens travaillent de ce fait sur une seule interface.
    • Pour les patients, l’originalité de Clickdoc est le service de télésecrétariat « On appelle pour vous » : si le médecin avec lequel le patient souhaite prendre un rendez-vous n’est pas adhérent de Clickdoc, une équipe dédiée peut contacter le praticien pour prendre rendez-vous en son nom en fonction des disponibilités indiquées par le patient sur le site.

    Au-delà de la prise de rendez-vous en ligne et du service de télésecrétariat, Clickdoc offre diverses fonctionnalités, dont :

    • un coaching des médecins : audit et conseils à distance, formation sur site aux solutions et services mais aussi accompagnement digital ;
    • la téléconsultation (à venir) entre un patient et son praticien ;
    • l’échange sécurisé de messages et de documents, telles que les ordonnances, avec les patients à l’issue d’une téléconsultation notamment.

    Des données hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé

    CompuGroup précise que Clickdoc est une plateforme développée en conformité avec les exigences requises en matière de sécurité des données de santé. Par ailleurs, toutes les données sont hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé.

    QUESTIONS À FRANCK FRAYER

    Prise de RDV en ligne : CompuGroup est sur le marché depuis 2012

    Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer sur un marché déjà très concurrentiel ?

    Franck Frayer : Nous ne sommes pas vraiment un nouvel acteur puisque nous sommes sur le marché depuis longtemps. Nous avons lancé notre logiciel de gestion de rendez-vous en 2012 mais, à l’époque, nous ne croyions pas en une plateforme de mise en relation avec les patients par le biais d’un portail web. Nous nous sommes trompés. Alors nous avons changé notre stratégie.

    Une prise de contact répétitive pour faire connaître Clickdoc

    De quelle manière comptez-vous augmenter votre nombre de médecins adhérents ?

    Par le biais de notre service « On appelle pour vous », nous appelons les cabinets non adhérents pour leur expliquer qu’un patient souhaiterait prendre un rendez-vous avec eux. Nous n’avons pas d’approche commerciale mais nous précisons que nous appelons via le service ClickDoc. Grâce à cette prise de contact répétitive, nous nous faisons connaître petit à petit.

    Certains praticiens nous signalent qu’ils ne souhaitent pas prendre de rendez-vous en passant par un tiers mais quand nous prenons le temps de leur expliquer que notre service a été mis en place pour les patients qui en ont besoin, que tel patient n’aurait pas pu les joindre directement puisqu’il a effectué sa demande en dehors de leurs horaires d’ouverture, cela les amène à réfléchir.

    Nous offrons un vrai service gratuit dans le cadre de « On appelle pour vous », aussi bien du côté des patients que du côté des médecins, mais nous pensons que la démarche est bénéfique en termes d’image et de visibilité.

    « Le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé »

    ClickDoc va être lancé dans les prochaines semaines en Allemagne, où est basé CompuGroup. Pourquoi avoir choisi de développer en priorité ClickDoc sur le marché français ?

    Certes, il y a des blocages mais toutes les initiatives entreprises ici montrent que le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé. Par ailleurs, les acteurs sont bien préparés à l’arrivée de ces nouvelles technologies parce que les professionnels de santé sont massivement connectés par rapport au reste de l’Europe, comme en Allemagne, où il est plus rares que les praticiens utilisent des solutions numériques.

    Dans quels autres pays envisagez-vous de lancer ClickDoc ?

    Sur tous les marchés européens.

    « L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive »

    Un service de téléconsultation va prochainement être ajouté à l’offre ClickDoc.

    En ce qui concerne la téléconsultation, il peut y avoir 2 logiques :

    • il est possible de construire une plateforme hors-sol, soit une sorte d’uberisation du service : le patient échange en ligne pendant 5 minutes avec un praticien qu’il ne connaît pas et qui ne gardera aucune trace de la consultation ;
    • nous, nous suivons plutôt le principe porté par l’avenant n°6 à la convention sur le déploiement de la télémédecine en France, qui permet d’encadrer la pratique, d’assurer un vrai suivi du patient, de maintenir l’humain au cœur du numérique.

    Ressentez-vous un réel intérêt pour la téléconsultation de la part des médecins ?

    L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive parce que c’est un vrai changement. Nous avons présenté notre solution à des groupes de médecins, qui, au départ, affirmaient qu’ils ne pratiqueraient pas la téléconsultation. Nous les avons fait réfléchir, leur avons expliqué que tels ou tels problèmes pouvaient être rencontrés et comment les surmonter par le bais de notre service, simple d’utilisation, et nous leur avons montré que nous étions prêts. Au final, ils ont apprécié la solution et nous avons retourné la situation de départ.

    Cependant, dans la vraie vie, cette évolution des pensées va prendre du temps parce que nous ne pourrons pas rencontrer les médecins un par un.

    Pensez-vous que les patients sont plus enclins à pratiquer la téléconsultation ?

    Je ne sais pas. L’enjeu, c’est surtout que les patients qui veulent réaliser des téléconsultations se moquent de savoir si leur médecin pratique l’acte ou non. S’il n’en propose pas, il ira voir un autre praticien. Les médecins doivent prendre conscience de cela.

    « Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui »

    Que pensez-vous du principe d’État-plateforme, porté par Laura Létourneau et Dominique Pon à l’occasion de la présentation de la feuille de route du numérique en santé en avril ?

    Si l’idée est de mettre à disposition des services et que l’État ne s’implique pas, pourquoi pas. Il faut savoir comment diriger l’offre de manière à l’apporter aux patients pour qu’ils puissent s’en servir facilement.

    Il y a une subtilité dans l’exécution de cette mesure. Il ne faudrait pas que l’État se mette à fabriquer ses propres services parce que cela tuerait l’innovation. S’il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas d’innovation. On se retrouverait avec le même schéma que le Minitel ! Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui et que l’État construise un 3615 Santé. Quand j’évoque cette comparaison, on trouve que j’exagère mais je pense qu’il est important d’être vigilants.