Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology ont mis au point un dispositif connecté permettant d’analyser le ton des conversations entre individus; ils rendent compte de leurs résultats dans la revue du MIT publiée le 1er février 2017.
Établi à l’aide d’une solution d’intelligence artificielle, ce dispositif pourrait devenir un « coach social » pour les personnes souffrant de troubles comme l’anxiété ou le syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage) pour qui certaines situations sociales peuvent s’avérer très stressantes.
En combinant des données audio et physiologiques à un système de deep-learning, les chercheurs du MIT’s Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory (CASIL) et de l’Institute of Medical Engineering and Science (IMES) espèrent pouvoir bientôt fournir un « coach social » d’IA à chaque individu portant le bracelet connecté qu’ils ont élaboré.
Un système de décodage des conversations
Ce système vise à analyser en temps réel et grâce à la technique du deep-learning les modes de parole, le langage corporel et les signaux physiologiques dans l’optique de déterminer le ton général d’une conversation entre individus, d’établir un « score de sentiment » et de classer ainsi le ton émotionnel des différents interlocuteurs.
Fonctionnement
Le capteur intégré au dispositif connecté permet de mesurer différentes caractéristiques : mouvement, fréquence cardiaque, tension artérielle, débit sanguin et température de la peau. Les données audio, la transcription des textes, l’énergie et le vocabulaire du locuteur sont également analysés afin d’établir la nature globale de la conversation.
Selon les chercheurs, l’analyse combinée de l’ensemble de ces paramètres permet de déterminer avec un taux de fiabilité de 83% le ton des propos tenus par une personne lors d’une discussion.
Tuka Alhanai, co-auteur de l’article paru dans la revue du MIT, évoque une « technologie pouvant prendre le pouls des émotions humaines ».
2 algorithmes d’analyse « entraînés »
Les chercheurs ont enregistré 31 conversations différentes de plusieurs minutes puis entraîné deux algorithmes à classer les données collectées : le premier établissait la nature de la conversation : heureuse ou triste, le second analysait et déterminait le « statut » de chaque intervalle de 5 secondes en 3 catégories d’humeur : positive, négative ou neutre.
Chercheur et IA : des observations similaires, une supériorité d’analyse de l’IA
Les résultats obtenus par les algorithmes étaient semblables à ceux obtenus par les humains : par exemple une longue pause et un ton monotone étaient associés à une histoire triste alors qu’un discours énergique et varié était associé à une histoire plutôt heureuse. Les résultats étaient également identiques pour le langage corporel.
Perspective
Les chercheurs du MIT prévoient d’améliorer leur prototype en augmentant le nombre d’interlocuteurs d’une conversation: la collecte de données serait ainsi réalisée à plus grande échelle, notamment avec les dispositifs commercialisés de type montre connectée, et leur croisement permettrait d’approfondir la recherche.
Ils précisent souhaiter développer leur solution en respectant l’intimité de l’usager : l’algorithme recueille « localement » les données sur le dispositif de l’usager, ce dernier ayant été informé du protocole et ayant fourni son consentement.