DMN

  • Journée de l’Innovation en Santé à Narbonne le 2 mars 2017

    « L’innovation au service de l’amélioration des soins et de la gestion hospitalière », tel est le thème de la journée de l’Innovation en Santé qui aura lieu à Narbonne le 2 mars 2017 par la CCI d’Occitanie dans le cadre du comité stratégique régional de filière santé Occitanie.

    L’objectif de cet événement est de renforcer les collaborations entre les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite et les entreprises fournisseurs de produits et services innovants.

    L’ARS présentera notamment son panorama du secteur de la santé en Occitanie.

    Objectifs

    • Faciliter la rencontre entre acheteurs et entreprises locales innovantes du secteur de la santé
    • Faire connaître ses projets de développement et de partenariat
    • Renforcer les collaborations entre structures hospitalières et entreprises fournisseurs de produits et services innovants

    Programme

    •  9h45  : Accueil des Participants
    • 10h30 : Panorama du secteur de la santé en Occitanie par l’ARS
    • 11h00 : Présentation des processus d’achats des donneurs d’ordres présents
    • 12h00 : Pause déjeuner
    • 13h00 : Rendez-vous professionnels (B2B) entre Acheteurs et Fournisseurs
    • 16h00 : Fin de la journée

    L’inscription est possible via le lien ci-contre : inscription Journée Innovation Santé

  • Epidémiologie cardiovasculaire : le suivi par smarpthone contribue aux études cliniques (JAMA)

    Une équipe de chercheurs de l’Université de Standford aux États-Unis a évalué la faisabilité d’études de recherche populationnelle comportementale en santé cardiovasculaire à l’aide de smartphones.

    Les résultats de cette étude (Smartphone Apps May Help Study Cardiovascular Health, Behaviors) ont été publiés en ligne par la revue JAMA Cardiology le 14 décembre 2016.

    Le modèle des études populationnelles était auparavant fondé sur des questionnaires et impliquait de devoir fréquemment rappeler les participants. La technologie mobile, grâce notamment à des capteurs intégrés aux smartphones, permet aujourd’hui de mesurer directement une activité en conditions réelles.

    Des études ont établi l’importance de l’activité physique, de la condition physique, du sommeil ainsi que de l’équilibre alimentaire en termes de facteurs à prendre en compte en santé cardiovasculaire. Les chercheurs ont donc appliqué la technologie mobile à ce domaine, offrant ainsi une alternative à l’évaluation du suivi et des comportements en santé cardiovasculaire.

    Les caractéristiques de l’étude

    Il était demandé aux participants de télécharger une application permettant de mesurer leurs données pendant 7 jours, de remplir des questionnaires et de réaliser un test de marche de 6 minutes.
    Du lancement au gel des données (mars à octobre 2015) :

    • 48 968 personnes ont participé, l’âge médian était de 36 ans avec un pourcentage d’hommes de 82 %;
    • 40 017, soit 82% des participants ont téléchargé leurs données;
    • 42% des participants ont collecté leurs données pendant 4 jours, 9% pendant 7 jours;
    • 82% des participants ont rempli une partie des questionnaires;
    • 10% ont terminé le test de marche de 6 minutes, disponible uniquement à la fin des 7 jours.

    Les principaux résultats rapportés par les chercheurs

    • Le recrutement de personnes consentant à participer à ce nouveau type d’étude basé uniquement sur l’utilisation des smartphones est facile.
    • Collecter des données en temps réel et à grande échelle à l’aide de smartphones, les stocker, les sécuriser, les anonymiser et les partager y compris avec les participants, est réalisable.
    • Obtenir un ensemble de données à travers le test de marche de 6 minutes peut être effectué en quelques semaines.
    • Il existe une faible corrélation entre l’activité perçue par l’individu et celle qui est enregistrée, ainsi qu’entre le risque perçu et le risque formellement estimé.

    Challenges et limites de la « recherche mobile » en santé

    Les auteurs pointent également dans leur étude les principaux défis et limites de la « recherche mobile » en santé :

    • les biais imputables à l’âge et au sexe des participants,
    • la chute rapide de l’engagement des participants dans la durée, entraînant une perte de la collecte de données pour plusieurs mesures.

    Pour les chercheurs, l’intérêt traduit par le téléchargement de l’application, reflet du consentement de l’engagement à se joindre à l’étude est essentiel et doit être optimisé afin de pouvoir conforter cette nouvelle approche d’évaluation de la santé des populations.

    Ils concluent que l’évaluation en conditions réelles et à grande échelle de l’activité et de la condition physique, ainsi que du sommeil à l’aide de dispositifs mobiles pourrait être un apport utile aux futures études populationnelles de santé.

    L’éditeur de l’étude précise que la division de médecine cardiovasculaire du département de Médecine de l’Université de Stanford a reçu le soutien d’Apple en nature, sous forme de développement de logiciel.

  • Perte d’autonomie : une solution de domotique basée sur le big data expérimentée dans l’Aisne

    Prédical annonce le 13 janvier 2017 que les premières installations de sa solution de vigilance domotique de lutte contre la perte d’autonomie des seniors débuteront dans le département de l’Aisne, en février 2017, dans le cadre d’un appel d’offre remporté en partenariat avec AAGDA.

    300 domiciles de personnes âgées seront équipés gratuitement.

    Partant du constat que 40% des femmes et 15% des hommes de plus de 70 ans vivent seuls en France et que cette catégorie de population est en expansion, Prédical a développé une solution technologique visant à comprendre et prévenir la perte progressive d’autonomie des seniors, plutôt que d’agir après un accident.

    Le principe est de placer des capteurs connectés sur les portes, le frigidaire, les pièces de vie etc., puis d’analyser les données remontées afin de comprendre le comportement et les habitudes de vie d’une personne, afin d’y détecter toute anomalie.

    Par exemple, une perte d’appétit, potentiellement symptomatique, peut être détectée par une fréquence moindre d’ouverture du frigidaire. Un signal est alors envoyé aux proches et aux aidants via une application.

    « Notre objectif n’est pas de connaître la vie des personnes que nous équipons mais de leur donner les moyens, ainsi qu’à leurs proches, de prendre des actions préventives et de limiter l’occurrence d’accidents. Pour les enfants qui vivent souvent éloignés de leurs parents, c’est un grand soulagement de pouvoir veiller sur le confort de leurs parents à distance », indique Stéphane Besseau, directeur général de Prédical.

    Le prix de cette solution pour les seniors et leurs familles s’élève à 49€ par mois, éligible à 50% d’abattement fiscal, sans engagement ni frais d’installation.

    Prédical a réalisé une levée de fonds de 226 000€ en novembre 2016.

  • Inde : deux sociétés s’allient pour lutter contre le diabète grâce à l’intelligence artificielle

    La Société de recherche pour l’étude du diabète en Inde (RSSDI) a annoncé fin décembre 2016 un partenariat avec Wellthy Therapeutics, une entreprise indienne de thérapeutique numérique axée sur l’amélioration des soins du diabète grâce à l’IA.

    Ensemble, ils vont déployer au niveau national Wellthy Diabetes, un coach basé sur l’IA conçu pour les personnes diabétiques et un assistant clinique virtuel pour les médecins.

    C’est la première fois qu’un tel service pouvant être prescrite par les médecins aux patients est approuvé par la RSSDI.

    Une appli pour aider les médecins à offrir des soins plus personnalisés aux patients diabétiques

    La RSSDI et Wellthy Therapeutics vont travailler ensemble dans le but de développer des protocoles de soins et des guidelines pour améliorer le mode de vie des personnes atteintes du diabète en Inde et les encourager à adopter des comportements plus sains au quotidien (alimentation, activité physique…).

    Le but est aussi de permettre aux médecins de prendre des décisions sur un patient précis en temps réel.

    • Wellthy Therapeutics offrira l’application à tous les médecins membres de la RSSDI pour qu’ils puissent la prescrire à leurs patients. Le service sera personnalisé et adapté à la situation personnelle de la personne diabétique.
    • Les deux sociétés :
      • publieront conjointement des recherches sur les habitudes des patients atteints de diabète.
        Objectif : mieux comprendre le mode de vie des malades en créant la plus grande base de données d’Asie sur le comportement des patients diabétiques.
      • organiseront des ateliers en ligne et hors ligne afin d’aider les médecins à s’adapter aux nouveautés technologiques pour les encourager à offrir des soins en continu via des outils numériques.

    Depuis 1995, le nombre de personnes diabétiques à triplé en Inde

    Au cours des vingt dernières années, des milliards de dollars on été dépensés dans la recherche pharmaceutique et médicale, rappellent les deux partenaires. Cependant, durant cette même période, les niveaux moyens de sucre dans le sang ont stagné et le nombre de personnes diabétiques en Inde à triplé, passant de 20 millions en 1995 à plus de 70 millions en 2015.

    « À l’occasion de la 70e année de l’indépendance de l’Inde, nous nous engageons à aider 70 millions de diabétiques en leur permettant des soins continus 24h/24, a déclaré Abhishek Shah, co-fondateur et PDG de Wellthy Therapeutics, à l’occasion de l’annonce officielle du partenariat. En utilisant l’intelligence artificielle et les applications mobiles pour améliorer la pratique de la médecine, nous rendons possible la prescription d’une modification d’un mode de vie pour chaque patient et la prescription de soins quotidiens pour lutter contre le diabète à des prix abordables et accessibles à la grande majorité des Indiens. »

  • Australie : une appli mobile basée sur le cloud pour détecter l’autisme précocément

    Le Centre australien de recherche sur l’autisme Olga Tennison (OTARC) de l’Université de La Trobe (Melbourne) a lancé en 2016 avec la Fondation Salesforce une application aidant les parents à détecter à un stade précoce l’autisme chez leur(s) enfant(s).

    Le but n’est pas de remplacer l’évaluation professionnelle mais d’encourager les parents à consulter plus rapidement un médecin en cas de doute.

    Les premiers retours étant positifs, l’application est actuellement en plein essor. Après avoir été lancée début 2016 en Australie, aux États-Unis, en Russie et au Royaume-Uni, elle est sur le point d’être traduite dans différentes langues à travers le monde, aussi bien en Asie qu’en Europe.

    ASDetect : une appli pour inciter les parents à prendre RDV avec un médecin au plus tôt

    Un partenariat entre l’Université de La Trobe et la Fondation Salesforce

    Le 20 février 2015, les autorités de l’Université de La Trobe rencontrent Salesforce et lancent l’idée d’un partenariat. Objectif : créer une application mobile fonctionnant sous iOS et Android afin d’aider les parents à détecter les premiers signes de l’autisme chez leur(s) enfant(s). Son nom : ASDetect.

    Le programme a été commandité par la Fondation Salesforce, une ONG qui effectue des dons de technologies et de ressources. Huit employés de l’organisation issus du monde entier (Atlanta, Singapour, Washington…) se sont mobilisés pour le projet.

    L’objectif est de créer une application au design simple pour que les parents puissent l’utiliser sans formation poussée.

    Concrétement, ASDetect propose aux parents de suivre et d’enregistrer les données recueillies à partir de l’observation de leur(s) enfant(s) âgé(s) de 11 à 30 mois. Le service fournit une assistance et des conseils basés sur les recherches effectuées par l’OTARC sur les troubles du spectre de l’autisme (TSAs).

    Des vidéos d’évaluation pour aider les parents à détecter plus tôt l’autisme de leur enfant

    La fonctionnalité centrale de l’application est l’intégration de séquences vidéo présentant des évaluations cliniques réelles. Grâce à ces films, les parents peuvent ainsi mieux repérer quels sont les comportements qui doivent les alerter.

    • 1. Un questionnaire d’évaluation leur est proposé. Ils doivent s’interroger sur différents aspects du développement de l’enfant : répond-il au contact visuel lorsqu’on l’appelle par son prénom ? Quel est sa part d’engagement lorsqu’un jeu de simulation est lancé ? Etc.

    Pour chaque question, les parents peuvent visionner deux vidéos : l’une montrant un enfant atteint d’un TSA, l’autre présentant les réactions d’un enfant au développement normal.

    • 2. Les réponses au questionnaire sont ensuite envoyées à la base de données de l’OTARC. Le groupe de recherche les analyse puis envoie aux parents un e-mail personnalisé présentant les résultats. S’il perçoit un risque de TSA, il recommande aux parents d’aller consulter un médecin pour effectuer un diagnostic plus détaillé.

    Le Dr. Josephine Barbaro, chercheuse à l’OTARC, clarifie : ASDetect ne peut pas remplacer une évaluation professionnelle approfondie mais peut aider la parents à passer un cap, à oser demander l’aide d’un professionnel de manière plus précoce.

    L’appli ASDetect a été créée à la suite d’une étude menée sur le terrain

    Le trouble du spectre autistique (TSA) désigne l’ensemble des troubles de développement neurologique pouvant nuire à la capacité d’un individu à apprendre et à intégrer les codes sociaux de l’environnement qui l’entoure.

    Il est en général diagnostiqué quand l’enfant est âgé entre 4 et 6 ans.

    Le développement des enfants diagnostiqués dès 24 mois est meilleur qu’en l’absence de diagnostic

    Un dépistage plus précoce pourrait impacter de manière positive l’évolution du trouble et améliorer les conditions de vie de l’enfant. Des recherches menées par l’Université La Trobe portant sur 48 enfants diagnostiqués à l’âge de 24 mois et traités ultérieurement démontrent que les niveaux d’incapacité intellectuelle et de développement étaient beaucoup plus bas au moment où les enfants atteignaient l’âge scolaire : 64 % au moment du diagnostic contre 8 % deux ans plus tard.

    « Le cerveau est malléable, en particulier au début de la vie (…), a commenté le Dr. Barbaro lors du lancement d’ASDetect. Intervenir très tôt peut minimiser l’impact de l’autisme sur un enfant en développement, en particulier en ce qui concerne ses capacités d’apprentissage. Nous voulons que l’enfant grandisse et apprenne sans entrave. »

    ASDetect : du programme papier à l’application mobile

    Le Dr. Barbaro participe à des recherches sur le dépistage précoce des TSAs depuis 2006. Les résultats de ses travaux ont notamment mené à la mise en place d’un programme de dépistage précoce intitulé « Social Attention Communication Surveillance ».

    Son but : former les infirmières évoluant au sein du système de santé maternelle et infantile de Melbourne, en Australie, pour qu’elles puissent identifier les signes précoces de l’autisme chez les enfants âgés de 12 à 24 mois.

    Bilan : 81 % des enfants pour qui un risque d’autisme avait été signalé ont finalement été diagnostiqués atteints d’un TSA, précise le Pr. Cheryl Dissanayake, fondatrice et directrice de l’OTARC.

    Mais le programme se heurte à quelques problèmes, dont un central : le manque de praticité du support papier. « Beaucoup de parents ne pouvaient pas saisir le programme sur papier et, par conséquent, ne pouvaient pas répondre convenablement [au questionnaire d’évaluation] », a expliqué le Pr. Dissanayake à l’occasion d’une présentation d’ASDetect.

    L’équipe de l’OTARC réfléchit alors à une meilleure présentation du programme, permettant aux parents d’effectuer eux-mêmes la détection précoce de l’autisme chez leur(s) enfant(s). C’est alors que naît l’idée d’une application mobile intégrant les éléments des recherches réalisées par le Dr. Barbaro.

    ASDetect se développe à l’échelle internationale

    L’application a été lancée le 14 février 2016 en Australie. Depuis :

    • elle a été téléchargée plus de 10 000 fois dans le monde entier, de l’Australie aux États-Unis, en passant par le Royaume-Uni et la Russie ;
    • environ 4 500 enfants ont été évalués à l’aide de l’application. Une enquête de suivi indique que 60 % des parents dont l’enfant a été diagnostiqué par ASDetect ont ensuite pris un rendez-vous avec un médecin.

    Face à ces premiers résultats concluants, l’OTARC a reçu des demandes de collaboration de différents pays afin de traduire l’application dans plusieurs langues, notamment en bahasa indonésien, en mandarin, en japonais, en polonais et en espagnol, afin de toucher un public encore plus large.

  • 10e conférence internationale sur les technologies et traitements innovants du diabète à Paris

    La 10e conférence internationale sur les technologies et traitements innovants pour le diabète (ATTD) aura lieu du 15 au 18 février 2017 au Palais des Congrès à Paris.

    A cette occasion seront présentées les dernières avancées technologiques et scientifiques en termes de pompe à insuline, capteurs de glucose, dispositifs de prévention diabétique, pancréas artificiel, traitement de l’obésité.

    Le programme est consultable via le lien ci-contre : ATTD programme

    L’inscription (payante) est possible via le lien ci-contre : inscription ATTD

  • Conférence internationale Medetel e-santé & télémédecine du 5 au 7 avril 2017 au Luxembourg

    La conférence internationale Medetel, événement e-santé et télémédecine, aura lieu du 5 au 7 avril 2017 au Luxembourg.

    Conférences, ateliers et expositions se tiendront notamment autour du thème des outils digitaux appliqués à l’oncologie (intelligence artificielle).

    Cet événement est organisé par l’agence e-santé du Luxembourg.

    Programme et inscription sont disponibles via le lien ci-contre : Medetel

  • Quatrième édition des Trophées de la santé mobile

    La start-up DMD Santé, organise le 28 janvier prochain la 4e édition des « Trophées de la santé mobile » dans le cadre de la deuxième journée nationale de l’innovation en santé. Cinq trophées seront décernées pour cinq catégories distinctes : le trophée de l’application mobile de santé destinée aux professionnels de santé, celui de l’application destinée au grand public/ aux patients, celui de l’appli « de suivi», l’appli «coup de cœur des internautes» et le «Grand Trophée». Un trophée de la santé mobile spécial journée nationale de l’innovation en santé sera également décernée parmi 5 applications mobile et 5 objets connectés présentés la veille sur le stand des Trophées de la santé mobile par dix fabricants et éditeurs.

    Le programme des 4e Trophées de la santé mobile est en ligne ainsi que le formulaire d’inscription. 

    L’événement a lieu à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris. 

     

  • E-santé : « Singapour sera un leader mondial dans la lutte contre le diabète » (Nawal Roy)

    « Notre objectif est d’atteindre 3 à 5 % de la population diabétique au cours des trois prochaines années », confie à H&TI Nawal Roy, fondateur et P.-D.G de la start-up Holmusk, créatrice de l’application Glyco Leap, dont l’objectif est d’aider les personnes diabétiques à adapter leur alimentation et leur activité physique pour tenter de mieux contrôler leur pathologie via une équipe de coachs santé.

    Depuis le mois d’avril 2016, le ministère de la Santé singapourien a déclaré « la guerre au diabète ». Des partenariats entre le secteur public et des entreprises privées spécialisées dans le secteur de la health tech émergent pour tenter de proposer des solutions novatrices. Parmi ces sociétés, Holmusk.

    Nawal Roy revient pour H&TI sur Glyco Leap, ainsi que sur ses projets et sa vision du marché de la e-santé à Singapour et en Asie. Il assure que la cité-État fera figure de chef de file dans la lutte mondiale contre le diabète.

    Lutte contre le diabète : « Nous serions ravis de collaborer avec le gouvernement » (Nawal Roy, fondateur d’Holmusk)

    Vous avez lancé Glyco Leap en 2015. Où en êtes-vous actuellement ?

    La phase de bêta test a été réalisée l’année dernière, en 2015. Depuis juillet 2016, nous avons officiellement mis en place notre stratégie B2C et ouvert notre application aux abonnements.

    Votre offre principale permet aux utilisateurs de bénéficier de conseils diététiques quotidiens délivrés par un coach diététicien. Qui sont ces experts ? Comment les choisissez-vous?

    Ce sont tous des diététiciens certifiés. Nous avons dans notre équipe de santé un médecin, un groupe de diététiciens, un scientifique spécialisé dans l’activité physique et un psychologue. C’est une équipe très complète.

    Nous pensons qu’avec le diabète, une grande partie du changement est liée à l’alimentation. Grâce à notre application, les utilisateurs apprennent à connaître leur condition physique, le type d’aliments qu’ils consomment et comment tout cela influe réellement sur leur maladie.

    Nous nous adressons uniquement aux personnes atteintes de diabète, aux personnes qui ont été diagnostiquées et à tous les pré-diabétiques, parce que nous croyons fermement que si vous contrôlez de manière précoce votre diabète, vous freinez de manière efficace les effets de la maladie sur votre santé.

    L’un des problèmes que vous pouvez rencontrer est le manque de motivation des utilisateurs qui risquent, avec le temps, de se décourager et de suivre vos recommandations avec moins d’assiduité…

    Ce problème de motivation est omniprésent. L’idée de base est donc de savoir à quel point l’utilisateur connaît sa maladie et à quel point il est motivé pour apprendre à la combattre. Par conséquent, nous nous concentrons avant tout sur la partie de la population la plus motivée à s’investir et à changer ses habitudes pour lutter contre le diabète.

    Quels sont les retours des utilisateurs jusqu’à maintenant ?

    Parmi les personnes qui ont souscrit à notre offre, les premières données que nous avons recueillies sur leur évolution sont très positives. La plupart des utilisateurs ont été en mesure d’atteindre l’objectif souhaité voire de le dépasser.

    Quel est votre objectif final avec cette application ?

    Nous voulons atteindre 3 à 5 % de la population diabétique au cours des trois prochaines années à travers Glyco Leap. À Singapour, cela représentera près d’un million de personnes. Aux États-Unis, ce sont près de 20 millions de personnes qui sont concernées.

    Le programme de base de six mois que vous proposez est facturé 69 SGD (45,6 €) par mois. Une somme non négligeable pour les revenus les plus faibles. Les dispositifs d’e-santé n’excluent-ils pas selon vous une partie de la population ?

    Nous sommes en train de lancer une nouvelle version à 20 dollars singapouriens (13 €) par mois. Je ne pense pas que les technologies liées à l’e-santé soient réservées à une certaine partie de la population. La plupart des personnes diabétiques dépensent plus de 1 200 dollars (790 €) par mois pour traiter leur maladie. Et elles dépensent encore plus à mesure que la maladie évolue.

    Grâce aux progrès scientifiques, on peut aider les malades à réduire leur dépenses sur le long terme en les encourageant à changer leur style de vie. En agissant sur leur mode de vie, on s’est aperçu qu’ils pouvaient vraiment influer positivement sur l’évolution de la maladie.

    Je pense donc que le service que nous offrons ne coûte pas grand-chose par rapport aux dépenses actuelles qu’engendrent le traitement du diabète. Ce serait même beaucoup plus facile pour les malades de solliciter notre aide si les frais liés à l’utilisation de l’application étaient remboursés par les compagnies d’assurance ou le ministère de la Santé.

    Ce serait la meilleure des options possibles.

    Si vous tombez malade, vous allez à l’hôpital, et les dépenses seront en partie couvertes par le gouvernement, mais si vous voulez agir en amont, si vous voulez utiliser un service comme le nôtre pour rester en meilleure santé, l’argent viendra uniquement de votre poche. Voilà pourquoi nous souhaiterions que les choses évoluent au niveau politique pour encourager les gens à rester en bonne santé et non attendre qu’ils tombent malade pour les aider financièrement.

    Comment faites-vous pour faire connaître votre application auprès des diabétiques ?

    Nous travaillons avec trois types de partenaires : les employeurs, les compagnies d’assurance et les établissements de santé, bien qu’avec ces derniers, ce soit encore en cours d’élaboration.

    Quelles sont vos relations avec le gouvernement singapourien ?

    Quand nous avons lancé le projet Glyco Leap, la « guerre contre le diabète » n’avait pas encore été déclarée par le gouvernement. Maintenant que c’est le cas, il y a moins de méfiance par rapport à notre projet et il est beaucoup plus facile de travailler avec les services publics sur ce sujet donc nous avons engagé plusieurs initiatives, sur plusieurs fronts.

    Nous n’avons pas encore annoncé de partenariat officiel mais nous serons ravis de pouvoir travailler avec le gouvernement sur le sujet.

    Holmusk est une société spécialisée dans l’analyse de données. Quelle est votre politique de confidentialité concernant les données privées des patients ?

    Nous recueillons et utilisons des données personnelles uniquement pour le besoin des utilisateurs et pour aucun autre but. Nous ne compromettrons jamais la confidentialité de ces informations, à aucun prix.

    Votre priorité est actuellement la lutte contre le diabète mais vous avez déclaré dans une interview accordée à e27.com que votre « objectif final était de [vous] concentrer sur le long terme sur toutes les maladies chroniques ». Avez-vous déjà quelques projets en tête pour les années à venir ?

    Nous nous intéressons déjà de près aux problématiques relatives à la santé mentale. Nous travaillons aussi avec certains hôpitaux sur les données cardiovasculaires des patients. Nous voulons nous pencher sur toutes les maladies chroniques, de l’asthme aux problèmes de santé liés au tabagisme. La lutte contre le diabète n’est donc qu’un point de départ.

    Comment votre société se démarque-t-elle de la concurrence sur le marché de l’e-santé et notamment des grosses entreprises, comme le géant de l’internet Alibaba, très présent en Asie du Sud ?

    • Je pense qu’actuellement notre équipe est la plus importante en termes d’effectif dans ce secteur spécifique qu’est la lutte contre le diabète. Nous avons mis en place l’une des meilleures technologies qui soit et l’une des meilleures équipes d’analystes de données.

      Nos concurrents se focalisent généralement sur un seul domaine et à petite échelle, alors que nous, nous cherchons à nous développer à l’échelle nationale mais aussi mondiale.

    • Nous avons par ailleurs créé notre société sur des bases solides, par le biais de conseillers et d’investisseurs réputés, un point très important.
    • Nous travaillons également avec des partenaires hautement crédibles, comme SingHealth, des universités renommées, etc.
    • Enfin, un autre de nos atouts est notre rapidité. Notre capacité d’exécution est très forte.

    Je pense que tous ces facteurs font la différence par rapport aux autres entreprises sur le marché.

    Quels aspects de votre service souhaiteriez-vous améliorer ?

    Nous essayons d’améliorer notre outil continuellement. Actuellement, nous concentrons nos efforts sur les personnes qui ont été diagnostiquées de manière précoce et sur les pré-diabétiques mais nous aimerions étendre notre service aux diabétiques chroniques ainsi qu’aux personnes touchées par un diabète de type 1.

    Nous sommes même en train de réfléchir à la manière dont nous pourrions inclure la prescription de médicaments via notre application. Il y a encore beaucoup à faire !

    Vous travaillez avec SingHealth pour un projet d’analyse poussée des données cardiovasculaires des patients mais vous travaillez aussi avec des écoles, des hôpitaux. Pensez-vous que la formation de partenariats entre des sociétés privées expertes telle que la vôtre et le secteur public est essentielle sur le marché de l’e-santé ?

    C’est évident. Le secteur public est sur le point de devenir un partenaire primordial sur le marché de la santé.

    Vous avez déjà acquis une société, MindLinc [un dossier médical électronique centré sur la santé mentale] aux États-Unis et vous avez ouvert un bureau en Malaisie. Vous avez également déclaré que vous alliez lancer Glyco Leap outre-Atlantique et ailleurs en Asie.

    Nous avons entamé le processus de lancement de notre application à Hong-Kong et en Malaisie. Elle devrait être disponible courant 2017. Nous allons aussi la proposer aux États-Unis. Enfin, nous sommes en train de créer une version web de Glyco Leap.

    Il y a de nombreuses sociétés spécialisées en e-santé qui se sont implantées à Singapour ces dernières années ou qui aimeraient s’y installer. Comment expliquez-vous cette intérêt pour la cité-État ?

    Premièrement, il est certain qu’il est plus facile de démarrer une entreprise ici comparé à d’autres pays en termes d’aides et de taxes mais je pense que Singapour attire également les entrepreneurs parce qu’il y a ici une forte concentration de capitaux, de talents et parce que l’accès aux autres marchés d’Asie est assez facile. Singapour est un bon point de départ.

    Quelle est votre vision de l’e-santé à Singapour et plus généralement en Asie ?

    Le marché de l’e-santé en est à sa toute première phase d’évolution, en Asie mais ailleurs dans le monde aussi. Ses acteurs tentent de résoudre de nombreux problèmes. L’un des principaux enjeux est d’essayer de combattre l’inefficacité du système de santé actuel mais la plupart des stakeholders s’efforcent surtout de surmonter les challenges liés à l’accès aux offres de soins. Aujourd’hui, l’accès aux hôpitaux, à la médecine et à la santé en général semble être un privilège dans la plupart des pays. Nous devons penser à des solutions dans ce domaine d’un point de vue macroéconomique.

    Pensez-vous que, dans les années à venir, Singapour puisse devenir le principal leader mondial dans la lutte contre le diabète à travers le marché de la health tech ?

    Sans aucun doute. Le diabète est un problème mondial. Aucun autre pays au monde n’a déclaré une guerre contre cette maladie. Cette initiative démontre un haut degré de leadership. Cette volonté d’engagement, et parce que je sais comment fonctionne le gouvernement singapourien – de manière très efficace -, me donnent foi en ce pays. Singapour deviendra un chef de file dans ce secteur.

    Le plan de Singapour pour « déclarer la guerre au diabète »

    En avril 2016, le ministère de la Santé singapourien a déclaré la « guerre au diabète ». C’est la première fois qu’un pays porte une aussi grande attention à la lutte contre cette maladie chronique.

    « L’OMS a récemment annoncé que le nombre total d’adultes atteints de diabète avait quadruplé depuis 1980, atteignant les plus de 400 millions en 2014, rappelait le 13 avril 2016 lors d’un discours M. Gan Kim Yong, le ministère de la Santé singapourien. Sur ces 400 millions, 400 000 sont Singapouriens. »

    « Parmi ces personnes touchées par le diabète, un Singapourien sur trois n’a pas encore été diagnostiqué. Et parmi les malades diagnostiqués, un sur trois n’adopte pas le comportement adéquat pour améliorer son état de santé. »

    Selon les prédictions officielles, on estime à un million le nombre de résidents singapouriens qui seront touchés par le diabète d’ici 2050 si aucune nouvelle mesure sanitaire n’est établie.

    Le ministre insiste sur les conséquences d’un diabète non-détecté, telles que :

    • le développement de maladies cardiaques ;
    • les accidents vasculaires cérébraux ;
    • l’insuffisance rénale ;
    • la cécité ;
    • les amputations…

    Le diabète coûte à Singapour plus d’un milliard de dollars (US) par an

    Selon une étude publiée en avril 2016 par la NUS Saw Swee Hock School of Public Health (Singapour) et l’Université de Californie du Sud, le diabète au sein de la population active coûtait à Singapour en 2010 plus d’1 milliard de dollars US (959 M €). Une somme qui pourrait dépasser les 2,5 milliards de dollars (2,4 Mds €) d’ici 2050.

    « Cependant, les coûts à long terme, compte tenu des conséquences psychosociales, sont bien plus importants, relève M. Gan Kim Yong . Nous devons relever ce défi. C’est pourquoi je déclare la guerre contre le diabète. Nous voulons aider les habitants de Singapour à vivre sans diabète et nous voulons aider ceux qui souffrent de la maladie à contrôler leur état de santé afin de freiner au mieux l’évolution de la maladie. »

    Une campagne de six mois pour recueillir les suggestions de la population

    Le Groupe de travail sur la prévention et la prise en charge du diabète (the Diabetes Prevention and Care Taskforce), dirigé par le ministre de la Santé et le ministre par intérim de l’Éducation, M. Ng Chee Meng, a lancé une grande campagne afin de recueillir le point de vue des Singapouriens sur la question.

    Les propositions et commentaires les plus pertinents seront pris en compte dans le Plan d’action qu’établira petit à petit en 2017 le ministère de la Santé pour mieux lutter contre le diabète.

    La campagne est divisée en deux temps :

    • De septembre à décembre 2016 : l’attention a été portée sur l’identification des obstacles qui empêchent les Singapouriens d’adopter un mode de vie sain. Le ministère a recueilli les meilleures suggestions pour promouvoir les bienfaits d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière, mais aussi pour encourager les Singapouriens à effectuer un suivi régulier et à suivre les recommandations de leur médecin.
    • De janvier à février 2017 : l’objectif sera de collecter les points de vue de la population sur les mesures et initiatives proposées au cours de la première phase. Pour inciter un maximum de citoyens à participer au débat, une consultation en ligne sera lancée. Chaque participant pourra donner son avis sur les idées formulées lors de la première phase de la campagne et expliquer en quoi telle ou telle initiative lui semble plus efficace qu’une autre.

    Après le mois de février, le groupe de travail étudiera les réactions recueillies et évaluera la faisabilité des mesures proposées avant de les mettre officiellement en place.

    Guerre contre le diabète : un premier bilan encourageant

    En novembre 2016, le ministère a fait un premier point sur les débuts de la campagne. Plus de 1 600 réponses ont été récoltées. Certains participants ont notamment soumis quelques « bonnes idées », note le ministre, comme le fait d’essayer de rendre plus accessibles les aliments et les boissons les plus saines ou d’élargir des programmes d’activités physiques au sein de la collectivité afin de faciliter l’accès au sport sur le lieu de travail, par exemple, ou dans les espaces communautaires.

    • Des cliniques-bus mis en place pour soulager les médecins généralistes

    « Nous continuerons de collaborer avec les intervenants clés [dans les mois à venir], a insisté M. Gan Kim Yong. Je suis heureux de constater que la Société des diabétiques de Singapour (DSS) est un partenaire important dans la gestion du diabète. Par exemple, elle a mis en place un clinique-bus mobile qui accepte d’effectuer les consultations à la place des médecins généralistes pour les radios des pieds et des yeux. Ces services de soutien permettent aux médecins généralistes de fournir des soins plus généraux, ce qui est essentiel à la bonne gestion du diabète.

    La DSS et ses partenaires fournissent également une aide financière aux familles à faible revenu pour leur permettre d’accéder plus facilement à certains produits médicaux et programmes éducatifs. »

    • Des programmes de sensibilisation

    La DSS a aussi été active au niveau de la sensibilisation et de la prévention. Elle a notamment créé des programmes de sensibilisation diffusés par des infirmières éducatrices dans des conférences, des forums ou des ateliers.

    • Des interventions pilotes dans les centres communautaires pour coacher les malades

    Par ailleurs, en partenariat avec les établissements de santé publiques et les organisations de santé centrales, le groupe de travail sur la prévention et la prise en charge du diabète a lancé des interventions pilotes communautaires pour aider les personnes à haut risque à modifier leur mode de vie en établissant des objectifs et des programmes de coaching.

    Par exemple, un programme a été initié au sein du club communautaire de Toa Payoh West pour apprendre aux résidents à manger plus sainement.

    Des objectifs personnels ont été fixés pour chacun d’entre eux afin de les encourager à adopter un mode de vie sain et ainsi à mieux gérer leur diabète.

    À travers ces premiers projets mis en place, les prémisses de la guerre contre le diabète commencent déjà à être visibles à Singapour.

  • E-santé : ce qui a changé en 2016

    Si la e-santé n’a pas connu de révolution en France, en 2016, plusieurs événements importants ont concerné le secteur à commencer dans le champs légal et réglementaire par la publication d’une nouvelle loi de santé promulguée le 26 janvier et dont l’innovation constitue l’un des trois principaux axes. Le ministère a présenté en juillet une « stratégie nationale e-santé 2020 » et plusieurs événements marquants sont à signaler dans le secteur de l’innovation et des technologie médicales, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, du cœur artificiel Carmat, de la réalité virtuelle, de l’exosquelette ou encore de la robotique chirurgicale. Enfin, 2016 a été été marquée par d’importants rachats d’entreprise dans le secteur des systèmes d’information.

    Voici les événements marquants de 2016 : 

    Environnement légal et réglementaire : promulgation d’une nouvelle loi de santé  

    L’année 2016 a commencé avec la promulgation, le 26 janvier 2016, de la « loi de modernisation de notre système de santé » votée fin 2015. En juillet, la ministre de la Santé, Marisol Touraine a présenté le 4 juillet une stratégie nationale pour le développement de la e-santé dotée d’une enveloppe de 750 millions d’euros.

    Loi de santé 

    GHT

    • Cette loi, longue de 227 articles a notamment créé les GHT permettant aux hôpitaux d’élaborer un projet médical commun et de partager des missions ou des fonctions support et dont Health&Tech Intelligence a été le premier à publier une carte nationale complète. La ministre de la Santé, Marisol Touraine a ainsi annoncé le 5 juillet 2016 la liste de 135 GHT qui redessinent la carte hospitalière française. 

    La loi du 26 janvier 2016  prévoit aussi la création :

    • d’un numéro d’appel national pour joindre un médecin aux heures de fermetures des cabinets médicaux et d’un portail internet (« GPS santé ») permettant de trouver un professionnel de santé ou de se renseigner sur la prévention, les risques épidémiques…
    • des plateformes territoriales d’appui (PTA), un outil institutionnel supplémentaire pour améliorer la coordination des soins en proposant un guichet intégré réunissant l’ensemble des dispositifs de coordination de proximité existant sur un territoire donné.
    • de l’agence Santé publique France officiellement crées en avril 2016 et qui a repris les attributions de l’INVS, l’Inpes et l’Eprus.

    Données de santé

    • La loi de santé relance aussi le dossier médical partagé, un espace numérique permettant aux assurés d’héberger et de partager avec les professionnels leurs données personnelles de santé (comptes rendus d’examens de radiologie, de biologie, d’hospitalisation etc.) Le déploiement du DMP a été confié à l’Assurance maladie. Neuf caisses primaires (celles du Bas-Rhin, des Pyrénées-Atlantiques, des Côtes-d’Armor, du Doubs, de Haute-Garonne, d’Indre-et-Loire, du Puy-de-Dôme, de la Somme et du Val-de-Marne)  vont l’expérimenter en avant-première.  
    • Elle crée un système national des données de santé (SNDS) qui doit rassembler à partir d’avril 2017 les informations personnelles sur les soins et faciliter leur exploitation par les chercheurs. Un décret paru le 28 décembre est venu en préciser les conditions d’accès. 
    • En novembre, la HAS a publié un référentiel pour recenser les règles de bonne pratique applicables aux applis santé.
    • En matière de protection des données, un accord a été signé en juillet entre l’Europe et les États-Unis, le « Privacy Shield » concernant le partage et la protection des données. Il vise à renforcer la protection des citoyens européens dont les données personnelles sont transférées sur des serveurs américains, en leur fournissant de meilleurs recours en cas de litige.

    Innovation

    • Echopulse sera le premier bénéficiaire du forfait innovation qui dans le même esprit que l’Autorisation temporaire d’utilisation pour les médicaments, est destiné à faciliter l’accès au marché français des dispositifs médicaux innovants, qu’il s’agisse de dispositifs implantables (pacemakers, prothèses…), d’imagerie, de robots ou de produits de diagnostic. 
    • La HAS s’est déclarée favorable en septembre dernier au remboursement de deux dispositifs médicaux innovants pour la mesure de la glycémie (Freestyle Libre),et l’accompagnement des diabétiques (l’application Diablo). 

    Télémédecine

    • L’année 2016 a été marquée par la signature d’une nouvelle convention médicale entre trois syndicats de médecins et l’Assurance maladie qui mentionne notamment le déploiement de la télémédecine (téléexpertise et téléconsultation) comme un moyen d’encourager l’accès aux soins.
    • Trois cahiers des charges ont été publiés en fin d’année pour la mise en oeuvre des expérimentations relatives à la prise en charge par télésurveillance.  

    Business : une année de partenariats et de rachats majeurs

    L’année 2016 a été marquée par quelques importants rachats d’entreprise dans le secteur des systèmes d’information :

    • le rachat d’IDO-In par l’éditeur Maincare en février 2016, portant l’effectif de la société à 500 collaborateurs, pour un chiffre d’affaires de 57 millions d’€ en 2016 ;
    • le rachat de Noemalife, actionnaire principal de l’éditeur Medasys, par Dedalus en juillet 2016 ;
    • le rachat de Vidal, qui édite notamment des systèmes d’information médicaux, par le groupe japonais M3 pour 100 millions d’€ en octobre 2016.

    Côté start-up, à noter :

    • le rachat de Withings par Nokia en avril 2016 pour 170 millions d’€ ;
    • le rachat de Medtech par Zimmer Biomet pour 146 millions d’€ en juillet 2016 ; 
    • l’entrée en Bourse de Gensight, assortie d’une levée de fonds de 40 millions d’€.

    Les montants levés par les start-up de la e-santé sont publiés mensuellement dans le data center d’HTI.

    2016 a également été l’année de la multiplication des partenariats entre acteurs de santé et GAFAM :

    • Watson Health d’IBM a noué de nombreux partenariats avec des associations de patients, des entreprises des hôpitaux et des centres de recherche ;
    • Alphabet, maison mère de Google, a réalisé d’importants rachats à travers son fonds Google Ventures, notamment dans les biotech, créé des joint ventures avec de grands laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, GSK) via Verily,  et noué des partenariats avec des institutions (NHS) et des universités (Vanderbilt University…).

    Innovation : quelques grandes premières

    Concernant le domaine des technologies, solutions et outils numériques appliqués aux soins médicaux, voici une sélection de quelques innovations marquantes de l’année 2016 :

    • L’IA de Google a surpassé le diagnostic des ophtalmologistes , un point de vue publié dans le JAMA a mis en évidence une nouvelle répartition des rôles entre l’IA et la pratique médicale.
    • La réalité virtuelle a démontré sa légitimité en tant qu’outil d’optimisation des opérations chirurgicales difficiles.
    • Concernant l’appui apporté par la robotique à la chirurgie, le robot STAR a accompli une première médicale : opérer des tissus mous d’animal sans les altérer, les premières greffes rénales robotiques en Europe ont été réalisées sur des patients obèses et la HAS a émis un avis favorable pour le remboursement de la prostatectomie totale robot-assistée.
    • Atalante, l’exosquelette français de la start-up française Wandercraft, il devrait permettre à des personnes handicapées de marcher en parfaite autonomie.
    • Le cœur artificiel de la société Carmat, implanté chez un premier patient, le pancréas artificiel mis au point par la société Diabeloop pour les patients diabétiques de type 1 et une neuroprothèse pour permettre aux paraplégiques de retrouver l’usage de leurs membres (et encore à l’état expérimental) font également partie des innovations majeures de 2016. 

    Nominations : les mouvements de 2016

    Institutions

    En 2016, les principaux mouvements dans les agences de santé sont :

    • la nomination d’Agnès Buzyn à la présidence de laHAS ;
    • la nomination de Norbert Ifrah à la présidence de l’INCA ;
    • la nomination de Sophie Martinon comme directrice générale de l’ANAP.

    Côté ARS, quelques nominations de directeurs généraux ont eu lieu ;

    • Patrick Houssel à l’ARS de Martinique ;
    • Jacques Cartiaux à l’ARS de Guyane ;
    • Jean-Yves Grall à l’ARS Auvergne Rhône-Alpes ; 
    • Monique Ricomes à l’ARS Hauts de France ;
    • Claude d’Harcourt à l’ARS PACA ;
    • Christophe Lannelongue à l’ARS Grand Est ;
    • Pierre Pribile à l’ARS Bourgogne Franche-Comté.

    Dans les ministères :

    • Jean-Yves Fagon est délégué à l’innovation en Santé ;
    • Alain Beretz est directeur général de la recherche et de l’innovation.

    Entreprises

    Côté entreprises, à retenir :

    • Thierry Beaudet est le nouveau président de la Mutualité Française, qui a également un nouveau directeur général, Albert Lautman.
    • Elie Lobel est directeur général d’Orange Healthcare ;
    • Guillaume Leroy est directeur France de Sanofi.