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  • Etude : un thermomètre intelligent prévoit les épidémies de grippe avec 3 semaines d’avance

    Des chercheurs américains de l’Université de l’Iowa ont évalué la pertinence d’un thermomètre intelligent qui collecte des données anonymisées et les transmet à une application mobile. Les résultats de leurs travaux* publiés en ligne le 8 février dans le journal Clinical Infectious Diseases démontrent la pertinence d’un tel dispositif qui permet de prédire l’arrivée d’une épidémie de grippe avec plusieurs semaines d’avance.

    Twitter, Google… pour suivre l’épidémie à la trace

    Trouver un moyen fiable de prévoir une épidémie de grippe agite les spécialistes du digital et le monde scientifique depuis de nombreuses années. Lancé en 2008, le service Google Flu Trends prétendait prédire l’arrivée de la grippe grâce à des algorithmes qui analysaient des mots-clés tels que « grippe », « douleurs musculaires » ou encore « fièvre » tapés dans Google. Le système, qui surévaluait de 50% les prévisions, a finalement été interrompu en 2015. Des chercheurs ont mené une étude sur Twitter. Le suivi en temps des tweets semblait quant à lui plus efficace.

    Un thermomètre intelligent et des données en temps réel

    Des chercheurs de l’Université de l’Iowa ont expérimenté une nouvelle méthode. Cette dernière repose sur un thermomètre qui collecte des data anonymisées et les transmet à une application mobile. Entre le 30 août 2015 et le 23 décembre 2017, 8 millions de relevés de température ont été générés par près de 450 000 dispositifs uniques. Ces relevés provenaient de 50 états et ont été agrégés afin de générer des estimations régionales et par groupe d’âge. La société Kinsa, qui fabrique ce thermomètre intelligent, a facilité l’accès aux données afin que les chercheurs puissent les étudier en toute indépendance.

    Les auteurs de cette étude, dont les résultats sont parus le 8 février dans le journal Clinical Infectious Diseases, ont ensuite comparé les relevés de température recueillis via le thermomètre intelligents aux données sur l’activité grippale recueillies par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

    Résultats

    • Les relevés de thermomètre sont fortement corrélés avec les données nationales
    • L’activité grippale régionale et par groupe d’âge est également cohérente avec le système traditionnel
    • L’enregistrement des données en temps réel permet de prédire l’épidémie de grippe avec 3 semaines d’avance
    • Les fièvres qui durent entre 3 et 6 jours et le phénomène de fièvre biphasique (température élevée pendant quelques jours puis pas de fièvre et réapparition de la fièvre) surviennent essentiellement pendant la saison grippale
    • Les cas de transmission de maladies fébriles à l’intérieur du foyer sont plus fréquents chez les enfants que chez les adultes.

    3 semaines d’avance sur l’épidémie : de gros avantages

    Le système de thermomètre intelligent permet d’anticiper l’arrivée de l’épidémie car les prises de température se font avant même de consulter un médecin. « Nos résultats suggèrent que les données des thermomètres intelligents sont une nouvelle source d’information pour suivre avec précision la grippe avant les approches standard, a déclaré Philip Polgreen, auteur de l’étude. Une information plus en amont peut aider à alerter les professionnels de santé que la grippe circule, aider à coordonner les efforts d’intervention, aider à anticiper les besoins en personnel clinique et hospitalier et augmenter les visites associées à des niveaux élevés d’activité grippale. » En outre, les auteurs de ces travaux estiment qu’une telle information peut inciter les personnes à se faire vacciner.

    Aaron Miller, co-auteur de ce travail, indique par ailleurs que comme « cet appareil donne aux utilisateurs la possibilité de déclarer volontairement des informations anonymes sur le sexe et l’âge, nous avons pu estimer l’incidence spécifique par groupe d’âge ». Enfin, le suivi des épisodes de fièvre biphasiques pourrait, selon les chercheurs, fournir des informations intéressantes pour analyser d’autres maladies infectieuses.

  • Les Appli Doctor to Doctor et Epilert primées au Forum de la Santé Numérique de Tunisie

    À l’occasion du 3e Forum de la Santé Numérique de Tunisie, qui s’est tenu du 8 au 10 février 2018 à Hammamet, organisé conjointement par le Forum international de Réalités et la Société Tunisienne de Télémédecine & eSanté, deux prix ont été attribués :

    • le premier prix (680 €) a été décerné à Dr Modhather Marzouk pour son application EPilert pour la détection des crises épileptiques ;
    • le deuxième prix (340 €) a été décerné à Dr Riadh Chaker, pour sa plateforme DED (Doctor to Doctor) qui permet de mettre les médecins généralistes en contact avec les cardiologues pour l’aide à interprétation à distance d’électrocardiogramme (ECG) de patients des régions intérieures du pays qui ne peuvent pas se déplacer pour voir un spécialiste.

    Perspectives de développement de la santé numérique en Afrique

    Cet événement a permis de faire le point sur la santé numérique en Tunisie et dans le monde et sur les enjeux et les perspectives de développement de cette technique en Afrique.

    Experts internationaux et nationaux, personnalités internationales influentes dans le développement de la santé numérique, partenaires, investisseurs, décideurs, professionnels et jeunes créateurs ont pris part à cet événement dont le but est de faire de la Tunisie le futur hub de la santé numérique en Afrique.

    Il y avait au programme :

    • un forum ‘‘Hôpital numérique’’ ;
    • un Symposium de la Société Tunisienne de télémédecine et eSanté ;
    • des conférences intitulées « Que représente le marché de la e-santé en Tunisie ? », « Imagerie médicale 3D », « Chirurgie assistée par ordinateur » ;
    • des présentations sur la dispensation journalière informatisée des médicaments à l’hôpital ;
    • la digitalisation des officines ;
    • l’IoT dans le suivi des patients ;
    • un Salon des objets connectés pour la santé (ouvert au grand public).

    Programme complet et intervenants à découvrir via ce lien.

  • Schoolab présente le jeu Hippopocrate lors du premier Live d’Innolab d’Elsan (Pierre de Milly)

    Lors d’un grand rendez-vous réunissant une centaine de participants le mardi 30 janvier 2018 à Paris, Elsan a partagé un premier bilan des innovations au service des patients lancées à travers son incubateur Innolab. Né il y a deux ans, cet incubateur de projets a permis à Elsan de nouer des partenariats avec dix start-ups (sur 200 projets reçus) pour le développement de nouveaux produits et services.

    A l’occasion de son premier événement « Live d’Innolab », le groupe a souhaité faire témoigner quatre de ses partenaires sur leur collaboration et les solutions innovantes qui ont pu émerger.

    Après Bepatient lundi 5 février 2018, H&TI donne la parole à Pierre de Milly, Projects Acceleration programm Director de Schoolab, lundi 12 février 2018.

    Qu’est-ce-que Schoolab ?

    Schoolab, telle qu’elle existe aujourd’hui sous la forme d’un Innovation studio existe depuis 4 ans, mais le projet pré-existait sous une autre forme depuis une douzaine d’années. C’était à l’origine un programme académique. Nos trois fondateurs – Jean-Claude Charlet, Julien Fayet et Olivier Cotinat – avaient observé les difficultés des entreprises françaises à innover quand le projet ne concernait pas leur cœur de métier. D’après son expérience, cette difficulté vient des lacunes du système scolaire, qui sépare trop tôt les disciplines. Aussi, il a lancé des programmes avec l’ESSEC, STRATE et Centrale Paris, qui consistaient à rassembler 6 mois par an des étudiants des trois écoles pour travailler sur des projets d’innovation au profit de grandes entreprises françaises, en suivant une méthodologie de travail dénommée Design thinking.

    Ce programme s’appelle aujourd’hui CPI et perdure au sein de Schoolab. Près de dix ans après son lancement, nous nous sommes rendus compte que la communauté d’anciens occupaient désormais des postes dans de grandes entreprises ou bien avaient monté des start-ups et demandaient à CPI de les aider à innover. Nous avons donc créé un espace de travail au centre de Paris, où sont accueillis tant des PME, des start-ups que des grandes entreprises et des étudiants, qui collaborent dans un certain nombre de programme d’incubation ou d’accélération. Nous mettons à disposition des coachs et un écosystème qui les poussent à avancer plus vite.

    C’est ainsi qu’a commencé votre collaboration avec Elsan ?

    Tout à fait. Nous travaillons avec le groupe Elsan depuis octobre 2017 sur le programme LEAN Factory. L’objectif de ce programme est de traiter des sujets d’innovation de grandes entreprises sur 2-4 mois et de délivrer des premières versions d’un produit ou d’un service sur des besoins ou usages réels.

    En quoi consiste votre solution ? Quels sont les enjeux sur le marché de l’hospitalisation privée ?

    Le projet sur lequel nous travaillons avec Elsan tourne autour de la prévention et de l’amélioration du niveau de service dans les salles d’attente du groupe. Le besoin était de rentrer dans une relation plus directe avec les patients et pouvoir leur proposer un parcours de santé en dehors d’un épisode de soins nécessaire. Cela devait passer par le digital.

    Nous avons donc accueilli Ségolène Perin, responsable Innovation d’Elsan, à Schoolab une demi-journée par semaine pendant 2 mois. Elle a travaillé main dans la main avec un jeune entrepreneur, une jeune designer et un jeune développeur informatique. Ils ont été accompagnés par une de nos coachs, experte en design référentiel et espace – cette spécialiste de l’aménagement d’espaces a notamment  travaillé sur des espaces d’innovations à KPMG et l’ESSEC. 

    Cette équipe a passé 3 semaines en immersion, pour rencontrer les utilisateurs. Ils se sont mis dans la peau de patients qui viennent en consultation et attendent en salle commune. Ils ont longuement observé l’arrivée, l’accueil, la sortie… Tous les détails de l’expérience client hors-consultation. 

    Au final, ils ont observé beaucoup d’ennui, davantage que de stress. Notre solution collaborative a ainsi émergé : le jeu « Hippopocrate, Viens jouer à ta santé ». Il s’agit d’un mini-jeu et de quizz ludiques, qui font office de sensibilisation et d’éducation à des pathologies traitées dans les hôpitaux du groupe. Délibérément décalé et drôle, le jeu consiste pour les joueurs à assister Hippopocrate, un médecin à la tête d’hippopotame, et de passer une série de consultations. Le jeu sera disponible sur une borne dans les salles d’attente des établissements du groupe, mais aussi sur le téléphone via une Appli téléchargeable. 

    Où en est le projet ?

    Une première version du jeu sur tablette et smartphone, qui inclut deux pathologies – la cataracte et le cancer du sein – a été testé sur une cinquantaine de personnes et nous avons des retours très positifs.

    Hippopocrate, ce sont des parties très courtes pour pouvoir s’adapter aux temps d’attente variables. L’objectif est que les clients découvrent le jeu sur place et continuent à jouer plus tard.

    En février 2018 démarre une nouvelle phase de développement en situation réelle avec une première clinique. Grâce aux feedbacks, on a déjà fait évoluer le niveau de difficulté.

    Qu’attendiez-vous de ce premier live et qu’en avez-vous retiré ?

    Au live d’Innolab, nous n’avons pas trop dévoilé le jeu. Nous avons seulement présenté son nom et son univers graphique. J’ai surtout voulu parler de la démarche d’Open innovation avec les participants car c’est vraiment ce que Schoolab porte : nous avons démontré que nous pouvions produire dans des temps courts des solutions qui sortent complètement de l’ordinaire.

    Concernant le projet Hippopocrate, les réactions très positives d’un public expert dans l’innovation dans la santé et les nombreuses questions suite à la présentation nous ont conforté dans l’idée que ce projet aurait un fort impact sur la prévention en France.

    Nous enverrons à tous les participants le jeu dès qu’il sera prêt, sans doute à l’été 2018

  • L’édition 2018 de PharmagoraPlus propose un village e-santé, à Paris Expo les 7 et 8 avril 2018

    Le salon national PharmagoraPlus est le rendez-vous annuel réunissant pharmaciens et l’ensemble de l’écosystème (confrères, professionnels de santé, associations de patients, institutionnels, politiques, partenaires et prestataires).

    Son ambition est de définir les nouvelles perspectives d’une profession en pleine mutation, et d’accompagner les pharmaciens grâce à des solutions pratiques.

    Outre de nombreuses conférences, un village e-santé permettra de découvrir les innovations digitales qui peuvent aider au quotidien dans la gestion des officines et dans l’accompagnement des patients.

    Les innovations présentées sur le Village e-santé

    • Solutions pour mieux accompagner les patients comme les applications et les plateformes de suivi entre professionnels et patients, les chatbots, les objets connectés, les outils d’observance, la télémédecine, l’auto surveillance, les outils d’aide aux aidants, etc.
    • Innovations concernant le back-office et la gestion de l’officine comme les nouveaux dispositifs de livraison, les sites d’emploi et de transaction en ligne, etc.

    Une agora vouée aux échanges entre start-ups et équipes officinales

    Le programme sera organisé en grandes sessions thématiques autour notamment des innovations au service de la gestion de l’officine, de la prévention ou encore du parcours de soins.

    Chaque session sera introduite par une brève présentation des start-ups, puis un échange aura lieu entre la salle et des grands témoins (spécialistes de l’innovation, associations de patients, professionnels de santé, institutionnels, etc.) autour des bénéfices apportés par ces innovations.

    Le programme complet est disponible via ce lien.

  • 69 % des Français ouverts à la création de leur DMP en ligne (Sondage BVA/Contrepoints de santé)

    Confiance en baisse sur la politique de santé du gouvernement et inquiétude sur le système de santé, d’une part, et accueil positif, avec une note de vigilance, des nouvelles technologies, d’autre part, tels sont les principaux résultats du sondage réalisé auprès du grand public pour Les Contrepoints de la Santé-BVA, paru jeudi 8 février 2018.

    Le sondage montre notamment que les Français sont partagés sur l’impact de l’IA pour améliorer le système de santé : si un tiers d’entre eux est convaincu par la transformation numérique, un tiers est réfractaire et le dernier tiers est attentiste et ne sait comment se positionner.

    Il montre aussi que, même s’ils jugent le DMP peut être utile pour améliorer le système de santé, 27 % se dit absolument prêt à en ouvrir un.

    1 041 Français âgés de 18 ans et plus ont été interrogés par Internet le 1er février 2018. 

    Une meilleure organisation des professionnels serait source d’amélioration du système de santé

    Concernant l’action du gouvernement en matière de santé, seuls 39 % des Français estiment que celle-ci « va dans le bon sens ».

    Quels seraient les vecteurs d’amélioration du système de santé ?

    • Une réduction des inégalités de santé, sociales et territoriales pour 49 % des personnes interrogées
    • Une meilleure organisation des professionnels entre eux pour 35 %
    • La réorganisation des hôpitaux pour mutualiser les plateaux techniques, avec des services numériques pour prendre en charge l’administratif pour 27 %
    • Les innovations scientifiques, les nouveaux médicaments pour vaincre les maladies pour 25%
    • La télémédecine 13 % et le DMP accessible sur le smartphone 14 %

    Quelles sont vos préoccupations en matière de santé ?

    • Le manque de médecins pour 61 % des Français
    • La dégradation de l’environnement et des conditions de vie pour 37 % d’entre eux
    • Le mauvais état des hôpitaux pour 36 %
    • Le risque de divulgation des données santé des patients à des fins commerciale pour 5 %

    Si vous pouviez créer votre dossier médical partagé sur Internet, tablette ou smartphone et qu’il pourrait être alimenté par les données de l’Assurance maladie, vos médecins, vos laboratoires d’analyse, le feriez-vous ?

    • 69 % répondent à l’affirmative (27% Oui, absolument et 42% Oui, peut-être)

    Les données de santé, le big data, les algorithmes, l’IA : une population partagée

    • Ils vont transformer le système de santé en France dans les cinq prochaines années pour 84 % des personnes interrogées

    • Ils sont un atout pour moderniser et améliorer le système de santé pour 58 % d’entre elles
    • Ils représentent un risque pour la qualité des soins et les relations patient-médecin pour 54 %.

  • Parcours de soins : l’hôpital Foch teste l’Appli Sweepin pour géolocaliser les patients

    Sweepin Connect est une plateforme géo-intelligente qui permet la localisation et le guidage sans balise des utilisateurs dans un bâtiment à partir de leurs smartphones. Cette solution qui permet d’accueillir, guider et informer en temps réel le public dans un lieu fréquenté comme un hôpital, a été lauréate, le 16 janvier 2018 du prix « Smart Hôpital » lancé par Engie Axima en septembre 2017.

    Depuis le mois de janvier 2018, l’Appli est testée au sein de deux services de l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine).

    Ce système sera prochainement ouvert à l’ensemble des services de l’hôpital.

    Faciliter la vie du patient

    Depuis janvier 2017, l’Hôpital Foch s’est lancé dans un grand projet e-santé afin de travailler sur toutes les étapes du parcours patient et mettre au point, grâce à des start-ups, des systèmes facilitant la vie du patient à l’hôpital.

    Le système Sweepin a intéressé la direction de l’hôpital qui cherchait un système pour permettre aux patients de mieux se repérer dans l’établissement. « Ils arrivent souvent en état de stress à l’hôpital et la mise en place d’une signalétique aussi efficace soit-elle, ne répond pas à tous les besoins, précise Valérie Moulins, directrice de la communication de l’établissement dans un communiqué du 1er février 2018. Nous avons rencontré de nombreuses sociétés, proposant toutes des systèmes différents, du plan embarqué, jusqu’à la mise en place de technologies multiples afin de couvrir tous les locaux, souvent en les équipant de balises. Le seul problème : le budget souvent trop élevé pour un établissement de santé. Le principe de géolocalisation du patient que propose la société Sweepin nous a paru pertinent, d’autant que le guidage du patient est à la fois visuel et sonore et que le logiciel est indépendant de toute infrastructure ».

    Une interface avec Doctolib

    Interfacé avec la prise de rendez-vous de l’établissement, Sweepin permet également de prévenir l’arrivée du patient dans l’hôpital via un message automatiquement adressé au secrétariat. Sweepin utilise des algorithmes intelligents basés sur la fusion des capteurs issus du téléphone pour localiser et guider un patient au sein d’un établissement. Deux services ont testés l’Appli et l’hôpital Foch souhaite désormais étendre ce système à l’ensemble de l’établissement en l’interfaçant avec Doctolib, système de prise de rendez-vous en ligne qui sera ouvert à l’ensemble des consultations de l’hôpital mi-février 2018. 

  • Singapour : Speedoc lance une application de soins à la demande pour désengorger les urgences

    Speedoc, une application mobile de soins accessibles 24/7 à été développée il y a quelques mois à Singapour. Elle permet aux utilisateurs de demander à un médecin situé à proximité de se déplacer à l’endroit de leur choix.

    Le dispositif vise à devenir un service à la demande transparent fournissant des soins holistiques à tous ceux qui en ont besoin.

    Un système de géolocalisation pour limiter le temps de réponse des médecins

    Grâce à un système de géolocalisation, les médecins enregistrés sur l’application sont reliés aux patients situés dans un rayon de cinq kilomètres afin de permettre des temps de réponse rapides.

    Lorsqu’ils atteignent le domicile des patients, ils peuvent non seulement répondre à leurs besoins médicaux mais aussi surveiller et évaluer leurs modes de vie (régime alimentaire, niveau de sécurité de la  maison, etc.) afin d’établir un meilleur diagnostic.

    La tarification se veut claire et immédiate. Les utilisateurs disposent d’informations complètes avant de confirmer la venue d’un médecin.

    Des médicaments livrés à domicile

    Le dispositif donne accès à une variété de médicaments basiques pouvant être livrés au domicile des patients. Afin de proposer une offre complète, Speedoc s’est associé à des cliniques assurant le rôle de bases logistiques pour la collecte de médicaments spéciaux.

    Les prescriptions spécifiques peuvent être délivrées par des cliniques partenaires

    Dans ces cliniques, les généralistes peuvent recevoir des appels entre deux rendez-vous en face à face pour des demandes de consultation à domicile afin d’optimiser leur temps de travail. Ils ont également la possibilité de se rendre dans les cliniques partenaires situées à proximité afin d’obtenir des prescriptions spécifiques pour les patients qui en ont besoin.

    Le service « livraison par un médecin » a été mis en place pour les patients ne pouvant se rendre dans les cliniques pour qu’ils puissent recevoir une assistance médicale à domicile. Cette fonction limite les déplacements et l’attente. Les généralistes peuvent également effectuer chez le patient certaines procédures habituellement effectuées par les services d’urgence (A&E).

    Un service avantageux pour les patients mais aussi pour les médecins

    Les médecins Speedoc peuvent :

    • percevoir un revenu supplémentaire et maximiser leur temps morts au cours de leur journée de consultations classiques en rejoignant le service de consultation à domicile ;
    • bénéficier d’un service de transports vers les maisons des patients afin de minimiser leurs frais ;
    • accéder depuis un smartphone à toutes les informations nécessaires sur leur patient, de la réception des demandes aux antécédents médicaux du patient ;
    • se connecter à une plateforme de discussion via l’application pour communiquer avec d’autres médecins en temps réel si un cas nécessite une consultation plus approfondie.

    Objectif : désengorger les services d’urgence

    Un rapport 2016 effectué par SingHealth, le plus grand groupe de santé singapourien, a montré qu’il y avait eu 36 000 visites de plus par an depuis 2011 au sein des services A&E des hôpitaux publics singapouriens. Or, plus de la moitié des cas recensés étaient des affections bénignes qui auraient pu facilement être traitées par un médecin généraliste.

    Les services d’urgence sont également surchargés en raison des options limitées offertes aux personnes ayant besoin d’une aide médicale après les heures de bureau. Cela entraîne la formation de files d’attente inutilement longues et la surexploitation des ressources gouvernementales au sein de ces services.

    En permettant un désengorgement des services d’urgence, l’application Speedoc vise à réduire les coûts pour les hôpitaux, à raccourcir les délais d’attente avant une prise en charge par un médecin et à diminuer les dépenses en santé du gouvernement sur le long terme.

    Speedoc : « une plateforme globale pour les soins primaires »

    Par ailleurs, Speedoc à nouer des partenariats avec des entreprises locales telles que JustCo, une société qui propose des solutions d’espace de travail flexibles dont des espaces de co-working partagés, et GuavaPass, qui donne accès à des cours de fitness groupés, pour aider les citoyens adultes qui travaillent, ainsi que leurs proches, à prendre soin de leur santé.

    « Nous envisageons Speedoc comme une plateforme globale pour les soins médicaux primaires. Nous voulons que ces services soient facilement accessibles pour chaque personne à Singapour, en particulier pour ceux qui ont des difficultés à se rendre dans des cliniques, comme les personnes âgées socialement isolées, précise le Dr. Shravan Verma, fondateur et P.-D.G. De Speedoc. Nous améliorons constamment notre dispositif avec l’aide de nos conseillers et de notre équipe pour nous assurer que nous continuons à améliorer le paysage de la santé [au sein de la cité-État]. »

    L’entreprise confie à H&TI envisager un développement à l’étranger dans des villes dont le système de santé se rapproche de celui mis en place à Singapour. « Il s’agirait de villes densément peuplées avec une forte pénétration des soins primaires privés, comme Hong Kong. Cependant, nous nous concentrons pour l’instant sur la croissance de nos activités à Singapour et souhaitons d’abord nous assurer qu’elles soient bien établies ici [avant de les étendre ailleurs]. »

  • Singapore: Speedoc launches on-demand healthcare app to help A&Es overcrowding

    Speedoc, a 24/7 healthcare application was launched a few months ago in Singapore. It allows users to request for a doctor nearby to go to a location of their choosing..

    The device aims to a seamless on-demand service that provides holistic healthcare to all who need it.

    A geolocation system to ensure quick response times

    Thanks to a geolocation system, Speedoc doctors are matched to patients within a fie kilometers radius in order to ensure quick response times.

    When they reach patients’ homes, they can meet their medical needs, but also monitor and assess the patients’ lifestyle habits (diet, safety of homes, etc.) to provide them with a better diagnosis.

    With clear, upfront pricing, users have full information before confirming the request for a doctor.

    Medicines delivered at home

    The device provides access to a variety of common medication that can be delivered to patients’ homes. In order to offer a complete offer, Speedoc has also partnered with clinics that function as logistic bases for the collection of special medications.

    Special prescriptions can be issued by partner clinics

    In these clinics, GPs can receive house call requests in their downtime to optimize their working time. They can also visit nearby partner clinics for special patient prescriptions.

    Speedoc’s “doctor delivery” service was set up for patients who have difficulty traveling to clinics to receive medical assistance. It helps reduce travel and waiting times. Doctors can also carry out certain procedures typically done at A & E or urgent care centers in patients’ homes.

    A service with benefits for patients but also for doctors

    Speedoc Doctors can benefit from:

    • Location-based matching, allowing them to earn extra income and maximize their downtime;
    • Claimable transport to patients’ houses to minimize their own costs;
    • Easy access via smartphone to all information needed from receiving requests to patients’ medical histories;
    • A chat platform on the app that allows them to communicate with other doctors in real-time, should they come across ailments that require further consultation.

    Goal: to shorten the waiting times at the A&Es

    A 2016 report by SingHealth, the largest healthcare group in Singapore, showed an increase of 36,000 visits per year for the past five years at the A&Es in public hospitals. More than half of these cases reported mild ailments that could easily be self-treated or taken care of by a GP.

    Emergency services are also overcrowded because of limited options available to the public who need medical aid after office hours. These lead to unnecessarily long lines and overstretched government resources at A&E clinics.

    By taking on consultations for non-critical ailments and minor procedures, Speedoc app aims to reduce costs for hospitals, shorten the waiting times and decrease healthcare expenditure for the government on the long term.

    « We envision Speedoc as a global platform for primary care »

    In addition, Speedoc is partnering with local companies, such as JustCo, a company which provides flexible workspace solutions including shared co-working space, and GuavaPass, which gives access to group fitness classes, to help working adults care for themselves and their loved ones.

    « We envision Speedoc as an all-encompassing platform for primary medical care. We want these services to be easily accessible for every person in Singapore, especially those who have difficulties getting to clinics like socially isolated elderly, said Dr. Shravan Verma, CEO and Founder of Speedoc. We are constantly improving our platform, with the help of our advisors and team, to ensure that we continue to better the healthcare landscape in Singapore. »

    Speedoc said to H&TI that they plan to expand abroad to cities which have look-a-like healthcare to Singapore. « These are densely populated cities with a high penetration of private primary care like Hong Kong. However, we are definitely focused on growing our base in Singapore and ensuring that we smoothen out our operations here first. »

  • Etude : des médicaments imprimés en forme de QR code facilite la personnalisation des doses

    L’impression à jet d’encre permet de fabriquer des médicaments avec des posologies personnalisées. Une étude* parue le 30 janvier 2018 dans l’International Journal of Pharmaceutics montre, pour la première fois, que cette technologie est bien tolérée et que le QR code permet de stocker des informations intéressantes pour le patient et le médecin.

    Imprimer un médicament pour un dosage personnalisé

    La médecine personnalisée, c’est aussi la possibilité d’adapter la dose de médicaments à chaque patient, en fonction de son âge, son sexe, son poids, son profil génétique… Pour atteindre cet objectif, différents systèmes d’impression de médicaments se révèlent prometteurs. En août 2015, la FDA avait autorisé le premier médicament imprimé en 3D, un anti-épileptique.

    La technologie d’impression à jet d’encre a quant à elle fait des progrès : elle est capable de produire des doses précises de médicaments, facilement ajustables et même avec des profils de libération adaptés au patient. Concrètement, l’encre contenant le principe actif est transférée sur un support flexible et poreux. Le nombre de gouttelettes d’encre permet un dosage très précis. Par ailleurs, il est possible de distribuer les gouttelettes sous la forme d’un motif donné. Enfin, le matériel d’impression à jet d’encre prend relativement peu de place : les services hospitaliers, les pharmacies, voire même le domicile des patients peuvent l’accueillir. La fabrication extemporanée et à la demande des médicaments devient alors possible.

    Un QR code dans un anti-psychotique

    Des chercheurs finlandais et danois en pharmacologie ont donc testé cette technique d’impression. Leur étude est parue le 30 janvier 2018 dans l’International Journal of Pharmaceutics. Et pour la première fois, ils ont imprimé le médicament en forme de QR code. Ce dernier contient un lien vers des informations sur le médicament. L’essai a été mené avec l’haloperidol, un antipsychotique. Le QR code contenait le nom de la molécule, la dose, son mode d’administration, la date d’expiration, l’identifiant du fabricant, le numéro de lot et le nom du patient. De nombreuses autres informations peuvent bien évidemment être injectées. Le QR code était imprimé en 3D sur un film de polymère. Il était lisible grâce à des applis disponibles sur iPhone et Android.

    Résultats

    • Les patients ont pu avaler le support avec le QR code sans difficulté. Les capacités d’absorption ont été jugées bonnes.
    • La définition d’impression est restée satisfaisante.
    • La plupart des QR codes a pu être lu par les smartphones. Des défauts d’alignement sur le support ont empêché certains QR codes d’être lus.
    • Le taux d’humidité peut aussi affecter la capacité de lecture
    • Le pliage du support peut également engendrer des difficultés
    • En fonction du dosage approprié, le design du QR Code a pu être adapté.

    L’espoir de lutter contre le mésusage et la fraude

    Malgré ces limitations, l’étude montre que cette technologie d’impression de médicaments est capable de produire des dosages précis dans des formes de QR Code lisibles. « En faisant simplement un scan rapide, vous pouvez obtenir toutes les informations sur le produit pharmaceutique, ce qui peut potentiellement réduire les cas de mauvais usage et de faux médicaments», explique Natalja Genina, principale auteure de l’étude.

    L’impression en 3D offre, elle aussi, de grandes potentialités. Selon la forme du médicament, la vitesse de libération du principe actif varie.

  • Etude : impact positif d’un programme en ligne sur la qualité de vie des malades du cancer (JCO)

    Un programme internet de gestion du stress a montré sa pertinence auprès d’une population de malades du cancer. Après huit semaines d’exercices en ligne, les malades témoignaient d’une meilleure qualité de vie, mais aussi d’une diminution des sensations de fatigue chronique et de détresse.

    Les résultats de cette étude* menée par des chercheurs de l’université de Bâle (Suisse) ont été publiés le 31 janvier 2018 dans le Journal of Clinical Oncology.

    Soutenir les malades du cancer à distance

    Un diagnostic de cancer provoque un stress psychologique intense chez la majorité des patients. Ce boulversement a bien évidemment un impact négatif sur la qualité de vie, sur l’acceptation des traitements et par conséquent sur l’efficacité de la prise en charge thérapeutique. Les soins de support, et notamment l’accompagnement psychologique, ont démontré qu’ils pouvaient alléger ces souffrances, mais tous les patients n’en bénéficient pas.

    L’accès à ces soins via Internet est une piste qui est explorée depuis plusieurs années. Quelques études randomisées et contrôlées se sont révélées encourageantes. Des effets positifs significatifs ont été enregistrés dans plusieurs domaines : la détresse psychologique, les relations sexuelles, les stratégies pour faire face au cancer appelées le « coping ».

    STREAM : un e-programme de gestion du stress 

    Des chercheurs suisses de l’université et de l’hôpital universitaire de Bâle ont donc développé un programme de soins de support sur internet : STREAM (Stress-Aktiv-Mindern). En s’appuyant sur des thérapies de gestion du stress en face à face déjà validées, ils ont mis au point 8 modules hebdomadaires de également des exercices et des programmes audio pour faire de la relaxation.

    Les chercheurs ont choisi d’évaluer leur programme en ligne sur des patients diagnostiqués récemment parce que c’est une période particulièrement stressante, mais aussi parce que le soutien psychologique précoce est un facteur non négligeable dans l’évolution de la maladie : commencer des soins de support peu de temps après l’annonce de la maladie peut modifier le cours de celle-ci. Par conséquent, l’accès à des soins par Internet peut se révéler une vraie plus-value.

    Un support psychologique dès l’annonce du diagnostic

    Au total, 129 patients ont donc été randomisés en deux groupes. Un premier groupe a commencé le programme STREAM tout de suite alors que les patients appartenant au groupe contrôle n’y ont eu accès qu’après avoir patienté pendant 8 semaines, la durée du programme. Des thérapeutes assuraient un suivi en envoyant des commentaires via une adresse mail sécurisée.

    L’évaluation du programme a été effectuée en ligne à la fin des 8 semaines du programme ou après avoir patienté en liste d’attente pendant ces mêmes 8 semaines, puis également deux mois plus tard. Les résultats de cette étude, présentées dans un premier temps au congrès de l’Esmo (European Society for Medical Oncology) en juin 2017 ont été publiés le 31 janvier 2018 dans le Journal of Clinical Oncology.

    Un programme Internet améliore la qualité de vie

    • Le programme n’a pas été complété en 8 semaines mais en 11 ;
    • 75% des patients sont arrivés au bout des 8 modules ;
    • 90% des malades ont jugé le programme facile d’utilisation ;
    • la qualité de vie des patients ayant bénéficié du programme en ligne étaient significativement meilleure que dans le groupe contrôle ;
    • le sentiment de bien-être et de réduction de la fatigue chronique étaient particulièrement sensibles ;
    • le sentiment de détresse et de souffrance était lui aussi moins important dans le groupe STREAM ;
    • les scores d’anxiété et de dépression n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes.

    En outre, pendant les deux mois après la fin du programme en ligne, les scores de qualité de vie, de souffrance et d’humeur n’ont guère bougé. Quant aux malades inclus dans le groupe contrôle, l’accès au programme en ligne s’est également traduit par une amélioration des différents items. Le suivi insuffisant des patients dans le temps ne permet de dire si l’intervention précoce est plus efficace ou pas.

    Le cancer touche les digital natives

    « Les résultats montrent que l’auto-assistance sur Internet associée à un contact régulier avec un psychologue peut potentiellement aider les patients nouvellement diagnostiqués et ainsi améliorer de manière décisive les soins du cancer », a indiqué Viviane Hess, professeur d’oncologie médicale à Bâle. Elle fait par ailleurs le pari que « les soins intégrant une approche via Internet vont continuer à prendre de l’importance car les « digital natives » vont atteindre l’âge auquel les risques de cancer augmente. »