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  • Été 2018 : Novartis lance Galaxies of Hope, une appli de jeu vidéo fondée sur l’expérience patients

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a annoncé à la mi-juillet 2018 le lancement de l’application Galaxies of Hope, un dispositif façon serious game permettant aux patients et aux fournisseurs de soins de mieux comprendre les obstacles ainsi que les défis relatifs à la prise en charge des tumeurs neuroendocrines (TNE) par une approche multimodale.

    Le dispositif se base sur le vécu de plusieurs malades et professionnels de santé traitant les cancers neuroendocriniens, qui englobent plusieurs types de cancers, afin d’aider les utilisateurs (patients, proches et soignants) à mieux faire face à la maladie tout au long du parcours de soins. Le principe est de leur proposer de découvrir l’histoire personnelle de personnes ayant souffert de cette maladie rare pour mieux cerner et donc appréhender la pathologie.

    Dans le cadre du développement de cette plateforme, Novartis s’est associé avec la société de jeux vidéo américaine Numinous Games.

    L’application Galaxies of Hope sera disponible sur Google Play Store aux États-Unis dans quelques semaines.

    Découvrir le vécu d’anciens patients pour mieux affronter la maladie

    « [Pour élaborer l’application,] nous avons interrogé des patients, des soignants et des médecins et leur avons demandé de décrire, avec leurs propres mots, [ce qu’ils ont vécu tout au long du parcours de soins], ont expliqué à MobiHealthNews Amy et Rob Green, les fondateurs de Numinous Games, qui ont développé Galaxies of Hope. Ces entrevues ont éclairé la conception de cette expérience, qui, avec l’enregistrement audio de [ces] interviews, est destinée à être représentative des divers émotions, obstacles et succès exprimés par ces patients atteints de TNE, par leurs soignants et par les médecins. »

    « Un documentaire interactif »

    « Notre premier jeu vidéo, That Dragon, Cancer, racontait l’histoire de notre fils Joel et de son expérience dans la lutte contre un cancer rare du cerveau », rapportent les deux concepteurs. « Avec Galaxies of Hope, l’idée est d’offrir une vision plus large de l’expérience de nombreux patients atteints de TNE, de leurs proches et de leurs médecins. À l’instar de notre premier jeu vidéo, Galaxies of Hope ressemble un peu à un documentaire interactif mais il a été conçu en fonction de cette communauté particulière et nous espérons qu’il lui sera très utile. »

    3 modes différents

    La plateforme propose trois « pistes » (modes) différentes : patient, fournisseur de soins et soignant.

    Chaque piste est interactive et permet à l’utilisateur de parcourir une histoire, rythmée par les angoisses de la personne concernée, les difficultés rencontrées au cours du traitement, ses espoirs, etc. Les utilisateurs peuvent également parcourir différentes lumières scintillantes et, en cliquant, écouter des interviews réalisées avec des hommes et des femmes ayant été confrontés à un cancer neuroendocrinien.

    « Nous espérons que la création de cette expérience virtuelle du parcours des patients [atteints de TNE] fournira un soutien [à celles et ceux qui vivent] avec cette maladie rare [mais aussi] à celles [et ceux] qui en ont la charge et les soignent », a déclaré dans un communiqué Ameet Mallik, vice-président exécutif et responsable de l’oncologie (États-Unis) à Novartis.

    Novartis investit dans la e-santé

    L’intérêt du groupe pharmaceutique pour la health tech est grandissant. En mars 2018, l’entreprise a signé un accord avec l’Américain Pear Therapeutics, leader de la thérapeutique numérique sur ordonnance, afin de développer des applications logicielles destinées à traiter les personnes atteintes de schizophrénie ou de sclérose en plaques.

  • Été 2018 : Voluntis lance une plateforme de gestion des symptômes en oncologie baptisée Theraxium

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Voluntis
    , société spécialisée dans la conception et l’édition de logiciels thérapeutiques, a annoncé le 31 juillet 2018 le lancement d’une plateforme digitale d’accompagnement à la gestion des effets indésirables engendrés par les traitements utilisés en oncologie : Theraxium Oncology.

    D’après le communiqué émis par l’entreprise, ce logiciel vise à améliorer l’autonomie des patients – à les rendre acteurs des soins symptomatiques prescrits dans le cadre de leurs traitements anticancéreux, à renforcer les liens entre malades et équipes soignantes, notamment dans l’objectif de faciliter la prise de décision : cette technologie combine une application mobile destinée aux patients à un portail numérique conçu pour les professionnels.

    Initialement développée pour les patientes souffrant d’un cancer du sein ou de l’ovaire, cette technologie cible aujourd’hui les personnes atteintes par la plupart des cancers à prévalence relativement élevée et pris en charge par de nombreux traitements : la conception de Theraxium a été fondée sur des recherches menées en partenariat avec des instituts de lutte contre le cancer, des centres médicaux américains et avec le concours de nombreux patients.

    Un outil utilisable par les patients

    L’utilisation de Theraxium implique pour les patients de renseigner manuellement ou par l’intermédiaire de capteurs des données relatives à leurs symptômes.

    En retour, ils reçoivent des recommandations correspondant à leur actuel état de santé, fondées sur les guidelines américaines et anglaises et prenant en compte le schéma de soins mis en place par l’équipe médicale et soignante.

    Une plateforme également destinée aux professionnels

    Le dispositif, capable de transmettre – par l’intermédiaire d’un site web – aux professionnels de santé les données renseignées par les patients, peut permettre aux équipes médicales et soignantes de suivre en temps réel l’évolution des symptômes connus par leur patientèle. 

    Ainsi à même d’identifier les patients à traiter en priorité, l’oncologue peut intervenir rapidement pour modifier les traitements ou améliorer la coordination de ses actions avec l’ensemble des membres de l’équipe et avec les patients.

  • Été 2018 : appel à projets à destination des start-ups spécialisées dans les DM de e-santé

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « acteurs » et « écosystèmes ».

    L’Agence professionnelle d’organisation de congrès MCO Congrès, qui se fixe pour mission d’accompagner les associations, les sociétés savantes et autres acteurs de l’innovation, a annoncé qu’elle organisera les 19 et 20 novembre 2018 l’événement INNOV’inMED dans le palais du Pharo, à Marseille.

    Selon MCO, l’événement a vocation à fédérer les acteurs des secteurs de la e-santé, des biotechnologies et des sciences de la vie, tels que les professionnels de la santé, les acteurs institutionnels et académiques en charge de la recherche et de la valorisation de l’innovation (universités, incubateurs, CHU, clusters, instituts de recherches, biotech, medtech, start-ups, etc.) et leurs accompagnants (structures d’aides, investisseurs, conseils financiers et juridiques).

    Au cours de ces deux journées se tiendra un challenge start-ups baptisé « INNOV’inMED Awards ». Il permettra aux start-ups et porteurs de projets de dispositifs médicaux de e-santé d’augmenter la visibilité de leur solution innovante digitale ou utilisant l’intelligence artificielle. 
    Il leur sera notamment donné la possibilité, dans le cadre de ce concours, de présenter leurs idées en présence d’un auditoire d’investisseurs internationaux et de grands groupes.

    L’inscription peut être réalisée sur le site officiel en lien ci-contre avant le 1er octobre 2018.

    Les INNOV’inMED Awards (un « Award e-health » et un prix coup de cœur du jury « Award special jury ») seront décernés par un jury réunissant des représentants :

    • d’Advent France Biotechnology (Alain Huriez, président et managing partner) ;
    • de la BNP Paribas (Mao Chan, chargé d’affaires innovation) ;
    • de Bpifrance (Joséphine Marie, chargée d’investissement) ;
    • de Go Capital (Leila Nicolas, directrice d’investissement) ;
    • de l’Institut national de la propriété industrielle – INPI (Eric Catapano, délégué régional PACA, et Jean-Paul Buisson, chargé d’affaires INPI) ;
    • de la Kedge Business School (Claude Spano, directeur de la division « innovation hybride ») ;
    • du SATT Sud-Est (Anastasia Hovanessian, directrice marketing et communication) ;
    • de SE13 Capital – 13advisory (Jean-Marc Soustre, general partner).
  • Tencent va proposer le contenu médical du site américain WebMD aux utilisateurs chinois de WeChat

    Le géant chinois de l’internet Tencent présentera le contenu médical du site de santé new-yorkais WebMD d’ici la fin 2018 sur sa plateforme de réseau social WeChat (environ 1 milliard d’utilisateurs actifs) et sur QQ, la messagerie instantanée la plus utilisée en Chine, a rapporté le 24 juillet 2018 le Wall Street Journal. L’objectif est d’étoffer l’offre de sources d’informations médicales en ligne fiables au sein du pays.

    Le récent accord de licence signé entre Tencent et WebMD autorise le premier groupe à traduire le contenu relatif à la santé de WebMD, dont les articles et les vidéos du site, pour les utilisateurs des deux applications citées. Les détails financiers de la collaboration n’ont pas été rendus publics.

    Selon les modalités du contrat, le contenu chinois de WebMD sera adapté à l’audience nationale et se concentrera sur les maladies ayant une plus forte prévalence en Chine, comme le cancer du poumon.

    Chine : la fiabilité des informations médicales en ligne pose question

    WeChat : source d’informations de santé n°1 du pays

    Selon une enquête menée en 2017 par le journal officiel de la Ligue de la Jeunesse communiste chinoise China Youth Daily, près de 60 % des Chinois utilisent WeChat comme source majeure d’informations médicales et sanitaires, précédant la télévision et internet. Plus de 50 % des personnes interrogées ont indiqué avoir déjà été victimes de conseils de santé non professionnels.

    Le gouvernement concerné

    « Les [citoyens] ont été bouleversés par les incertitudes sur la fiabilité des informations médicales en ligne, avait déclaré le P.-D.G. de Tencent Ma Huateng, aussi connu sous le nom Pony Ma, lors d’une conférence de presse organisée l’année dernière à l’occasion des China’s Two Sessions 2017, intitulé désignant les deux réunions annuelles que sont la Conférence consultative politique du peuple chinois (CPPCC) et l’Assemblée nationale populaire (NPC). Nous espérons avoir un produit de propriété intellectuelle faisant autorité et professionnel qui soit reconnu mondialement et [ayant une réelle valeur] pour le bien-être du public. » (source : South China Morning Post)

    Le gouvernement encourage l’innovation en santé

    Selon un rapport publié en 2017 par McKinsey & Company, le marché de la santé en Chine connaît la croissance la plus rapide au monde parmi les principales économies mondiales, avec une croissance annuelle de 12 % qui pourrait lui permettre d’atteindre le 1 milliard de dollars US (855 M €) d’ici 2020 et les 2,3 milliards (1,967 Md €) d’ici 2030.

    L’innovation dans l’industrie de santé est encouragée par les autorités. En mars 2018, le Premier ministre chinois Li Kegiang a annoncé dans son rapport de travail que le gouvernement intensifierait la recherche et le développement de l’intelligence artificielle et promouvrait le modèle « Internet Plus », incitant le développement de solutions numériques dans les industries traditionnellement « hors lignes », dans des secteurs tels que celui des soins médicaux et des soins aux personnes âgées.

    Par ailleurs, en novembre 2017, le gouvernement a chargé Tencent d’impulser le développement de l’imagerie médicale après que les plus grands groupes internet chinois, appelés « les BAT » (Baidu, Alibaba et Tencent), aient été désignés comme les champions nationaux de l’intelligence artificielle.

    Tencent multiplie les investissements en e-santé

    L’entreprise a lancé en 2017 son premier produit médical basé sur l’IA, Miying, utilisé pour des examens endoscopiques rapides et la détection de maladies dans une centaine d’hôpitaux de Chine. Elle a par ailleurs ouvert la même année ses propres cliniques physiques avec la filiale médicale Doctorwork à Pékin, Chengdu et Shenzhen. La société est également en train de développer ses capacités dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’analyse des big data par le biais de partenariats noués avec des hôpitaux et des cliniques du pays.

    L’accord conclu entre Tencent et WebMD vient s’ajouter à la série d’investissements réalisés ces dernières années par le groupe chinois dans le secteur de la health tech. Parmi les opérations les plus importantes menées jusqu’ici :

    • l’investissement (70 M US$ ; 59,9 M €), en 2014, dans DXY, une plateforme chinoise d’information médicale similaire à WebMD ;
    • l’annonce de l’entrée en bourse à Hong Kong d’ici la fin de l’année de WeDoctor Group, une entreprise de services de santé en ligne basée à Hangzhou soutenue par Tencent et évaluée à 5,5 milliards de dollars (4,7 Mds €).

    « L’application de la technologie contribuera à un développement plus équilibré des ressources médicales et des capacités de service », a déclaré Ma Huateng lors des China’s Two Sessions 2018.

    Des technologies telles que l’intelligence artificielle (IA), la réalité augmentée et virtuelle ainsi que le live streaming pourraient être exploitées dans le secteur des soins au sein des régions les moins développées du pays afin de pallier le manque de ressources médicales, a-t-il expliqué.

  • Catel Paris : les journées des stratégies e-santé, jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018 à Paris

    Le congrès Catel Paris aura lieu le jeudi 4 octobre à partir de 15 heures et le vendredi 5 octobre 2018 dans la Maison de la chimie, à Paris, sur la thématique « Économie de la e-santé : de réelles avancées pour des modèles viables et pérennes », en présence de la DSISS, de la DGOS, de la Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), de l’ASIP et d’ARS.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent remplir le formulaire en ligne, disponible sur le site officiel (lien ci-contre).

    Jeudi 4 Octobre 2018

    11h00 – 12h30 :

    Assemblée générale Catel Accompagnement (réservée aux membres et associés)

    13h30 – 15h00

    Assemblées générales Catel Accompagnement et Catel Réseau conjointes

    Atelier 1 | « Comment définir un business modèle frugal ? »

    Avec :

    • Enguerrand Habran, directeur du Fonds FHF recherche et innovation ;
    • Sébastien Gasc, directeur chargé du projet appui aux GHT au sein du Resah.

    Atelier 2 | « RGPD et e-santé »

    17h00 – 18h30

    Démonstrations et pitchs des acteurs de la e-santé : « ma e-santé en 300 secondes ! »

    18h30 – 20h00

    Cocktail networking

    Vendredi 5 Octobre

    09h00 – 9h15

    Allocution officielle

    09h15 – 10h00

    Ouverture avec l’intervention officielle des 5 principales fédérations hospitalières

    10h00 – 11h00

    Table Ronde – Tarification des actes pour la téléconsultation : les modalités de rémunération du droit commun

    11h00 – 11h30

    Pause networking

    11h30 – 12h30

    Table Ronde – Modèles économiques : de nouvelles équations

    Avec :

    • Benjamin Laurent, directeur de l’offre à Klesia ;
    • Frédéric Valluet, solutions director, EMEA Insurance & Healthcare à MarkLogic.

    12h30 – 12h45

    Allocution officielle du Catel

    Avec :

    • Didier Robin, président de Catel Réseau, chef de service psychiatrique à l’EPSM-Morbihan ;
    • Pierre Traineau, co-fondateur et directeur général de Catel Réseau et P.-D.G. de Catel Accompagnement.

    14h00 – 15h00

    Table Ronde – Organisation performante de la filière : les modalités de coopération pour la télésurveillance

    • Télésurveillance : le point sur les avancées et progrès depuis 1 an (rémunération, cahier des charges, facturation, déclarations d’activité,…) ;
    • Les prochains leviers à actionner pour une généralisation des usages

     Avec :

    • Vincent Bastide, président du groupe Bastide (sous réserve) ;
    • Vincent Peters, directeur des affaires réglementaires – accès au marché chez Biotronik ;
    • Lucile Blaise, vice-présidente Benelux, France et Afrique du Nord de Resmed et administrateur du Snitem ;
    • Pierre Thepot, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre.

    15h00 – 16h00

    Table ronde – Financements et investissements : les modalités d’équipement

    16h00 – 16h15

    Clôture

  • Étude : l’Ouganda teste avec succès la santé mobile pour gagner son combat contre le Sida

    Donner accès à des services de santé mobile pourrait aider l’Ouganda à atteindre ses objectifs de lutte contre le sida pour 2020. Le déploiement d’une plateforme de télémédecine et l’envoi de messages vocaux et de SMS a permis d’améliorer le recours aux services de dépistage, le maintien dans les structures de soins et l’adhérence au traitement.

    Les résultats* de cette expérimentation ont été présentés par une équipe de chercheurs ougandais et américains lors de la conférence internationale sur le Sida (International AIDS Conference), qui se tient à Amsterdam du 23 au 27 juillet 2018.

    Donner accès à la prévention du VIH au plus grand nombre

    Dans les années 80, l’Ouganda était le pays d’Afrique le plus touché par l’épidémie de Sida. Rapidement, les pouvoirs publics ont mis en place des programmes de prévention et le pays a même fait figure de modèle sur le continent africain.

    Les résultats n’ont pourtant pas été à la hauteur des espérances puisqu’entre 2000 et 2011, le nombre d’infections a doublé. En 2015, l’OMS avait pourtant fixé des objectifs globaux ambitieux : 90 % de personnes infectées par le VIH devraient être diagnostiquées, 90 % être sous traitement antirétroviral et 90 % présenter une charge virale indétectable dès l’horizon 2020. Autrement dit, l’organisation planifie une maîtrise de l’épidémie.

    Beaucoup d’experts tirent la sonnette d’alarme estimant que l’objectif risque fort de ne pas être atteint.

    L’Ouganda teste la santé mobile auprès des policiers

    Conscient des obstacles qu’il reste à franchir, l’Ouganda sait qu’il doit utiliser des moyens innovants pour donner un coup d’accélérateur à sa politique de lutte contre le Sida et donner accès aux soins et à informations préventives au plus grand nombre.

    Le HIV/Health Initiatives in Workplaces Activity (HIWA), une organisation soutenue par l’USAID, dont la mission est de réduire l’incidence du VIH parmi plusieurs communautés professionnelles telles que les forces de police ougandaises et les gardes du corps privés, a voulu tester la faisabilité et l’efficacité du recours à des outils de santé mobile et de télémédecine. Le but était de mesurer leur impact sur le dépistage du VIH ainsi que l’observance des traitements et la suppression de la charge virale.

    Entre janvier 2016 et juillet 2017, des hommes et des femmes de la police ougandaise, des gardes de sécurité privés, des membres de l’Uganda Wildlife Authority, un des organes directeurs qui réglementent la conservation de la faune sauvage en Ouganda, et d’une association de propriétaires d’hôtels ont consenti à recevoir des services de santé mobiles par messagerie et via une plateforme de télé-santé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

    Grâce à une plateforme SMS open source, à des appels vocaux et à WhatsApp, les bénéficiaires ont été sensibilisés aux informations sur la prévention et le test du VIH ainsi que sur la manière d’accéder aux services de santé proches de leur localité. Ils ont également reçu des rappels périodiques individualisés pour l’observance du traitement ainsi que des rappels pour les tests de charge virale. Le suivi sur le terrain basé sur les données de la santé mobile a été effectué par les facilitateurs de liens communautaires et le personnel du centre de santé.

    Résultats : 100% de respect des rdv médicaux

    Les conclusions de cette étude ont été présentées lors de la conférence internationale sur le Sida, qui se tient à Amsterdam du 23 au 27 juillet 2018 :

    • 19 152 personnes ont reçu des messages de prévention du VIH et de changement de comportement ;
    • 4,3 % des personnes sollicitées par le biais des plateformes pour tester le VIH étaient séropositives ;
    • 143 patients nouvellement diagnostiqués infectés par le VIH ont été intégrés avec succès dans les soins ;
    • 121 mères ont participé à une campagne afin d’adhérer au traitement et de compléter les tests de diagnostic pour leurs bébés exposés ;
    • 1 241 adultes séropositifs (42,8 % d’hommes et 57,2 % de femmes) ont accepté de recevoir des SMS pour leur rappeler de prendre leur traitement ;
    • 100 % des bénéficiaires séropositifs au VIH ont respecté leur calendrier de tests de la charge virale au cours des 12 derniers mois.

    Une appli pour sensibiliser à la PrEP 

    Ces résultats montrent que la santé mobile permet d’accroître l’utilisation des services de dépistage du VIH et d’améliorer le maintien des personnes infectées dans le système de santé. Pour les auteurs, « la santé mobile doit être considérée comme un moyen d’intensifier les efforts et d’atteindre l’objectif 90-90-90 fixé pour 2020 ».

    Lors de la conférence internationale AIDS 2018, d’autres expérimentations de recours à la m-santé se sont révélées positives. Une étude menée sur un petit échantillon a par exemple mis en évidence l’intérêt d’une appli mobile pour promouvoir et sensibiliser les jeunes à la prophylaxie pré-exposition. La PrEP, qui consiste à prendre un traitement avant un rapport sexuel à risque, s’est révélée 100 % efficace, comme l’a montré une étude française. L’appli P3 (Prepared, Protected, emPowered) qui sensibilise à ce mode de prévention grâce à des jeux, des incitations financières, des partages sur les réseaux sociaux, etc. a été très bien acceptée par les jeunes qui ont bien adhéré aux conseils de prévention. Un essai clinique sera mené pour mesurer son efficacité.

  • Diagnostic du mélanome : l’IA Diamela pourrait aider à éviter les interventions inutiles

    La société Anapix Medical, qui développe des solutions d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic en dermatologie, a communiqué le 19 juillet 2018 quelques résultats d’une étude menée avec des dermatologues du Var et l’intelligence artificielle Diamela. 

    Cette intelligence artificielle, aujourd’hui intégrée dans SkinApp, l’application d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic destinée aux dermatologues développée par Anapix, a en effet suscité des recherches financées par l’Agence nationale de recherche (ANR) et menées par plusieurs dermatologues ainsi qu’une dizaine de professionnels varois.

    Ces travaux de recherches, qui visaient notamment à estimer la capacité de cet outil à éviter des opérations inutiles d’excision de nævus (grains de beauté) bénins, ont permis de conclure que l’utilisation de Diamela peut à l’heure actuelle permettre de diviser par 2,4 le nombre d’interventions superflues.

    SkinApp et Diamela, les dispositifs utilisés pour l’étude

    L’application SkinApp pour smartphone permet aux professionnels de la santé :

    • d’acquérir des photographies de lésions pendant la consultation ;
    • d’analyser des images de nævus à l’aide de l’intelligence artificielle Diamela, capable de distinguer les grains de beautés bénins des mélanomes en détectant des points de concordance ou au contraire de divergence entre les milliers d’images intégrées à son système et la photo extemporanément prise. Diamela peut être qualifié de « classifieur de lésions » ;
    • de communiquer en ligne avec des confrères connectés pour discuter de diagnostics problématiques.

    Le classifieur de nævus Diamela efficace sur les images atypiques, difficiles à interpréter

    Pour l’étude, la sensibilité (capacité à trouver tous les mélanomes) et la spécificité (capacité à trouver uniquement des mélanomes) de plusieurs dermatologues ont été calculées après soumission à un ensemble de photographies de lésions mélanocytaires extraites d’une collection de plus de 7 000 examens cliniques, incluant de nombreux cas de lésions bénignes non excisées. Les 88 cas de mélanome, 360 lésions excisées avec certification de non malignité par étude anatomo-pathologique ainsi que 649 lésions dites bénignes représentant au mieux la diversité d’aspect des lésions mélanocytaires ont été retenus pour constituer la base de test.

    Les performances de Diamela ont été par ailleurs calculées en présence de la même banque d’images et comparées à celles des dermatologues.

    L’analyse des résultats de l’étude montre que pour ces données, la sensibilité moyenne des dermatologues était de 81 % (valeurs extrêmes 66-92) pour une spécificité moyenne de 52 %. Dans ces mêmes conditions, la sensibilité de Diamela était de 94 %. Au niveau moyen de détection du mélanome pour les dermatologues (sensibilité de 81 %), le nombre de faux positifs (opérations inutiles) était 2,4 fois plus élevé que pour Diamela.

  • Le numérique en santé : 6ème édition des Rencontres du progrès médical, le 11 septembre 2018 à Paris

    La 6e édition des Rencontres du progrès médical aura lieu le 11 septembre 2018 à Paris au sein de l’Institut Pasteur et sera centrée autour de la thématique « numérique en santé : révolution ou évolution ? ».

    De nombreux intervenants tenteront de répondre à cette interrogation, dont :

    • Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’Académie nationale de médecine ;
    • Robert Chu ; fondateur d’Embleema ;
    • Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ;
    • Jacqueline Hubert, directeur général du CHU de Grenoble ;
    • Dominique Pon, président du groupe coopératif d’établissements de santé indépendants SantéCité et directeur général de la clinique Pasteur à Toulouse ;
    • Jean-Marc Aubert, responsable de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et du service de statistiques des ministères sociaux ;
    • Sophie Martinon, directrice générale de l’Anap ;
    • Nicolas Grémy, responsable sectoriel e-santé à Bpifrance.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent s’inscrire via le formulaire en ligne (lien ci-contre).

  • Une étude clinique menée avec eCO suggère un intérêt pour les applis d’accompagnement en oncologie

    Les résultats de l’étude menée sur l’application e-Cediranib-Olaparib (eCO) et publiés dans la revue JCO Clinical Cancer Informatics le 16 juillet 2018 suggèrent un intérêt grandissant pour les solutions digitales d’accompagnement en oncologie.

    eCO, dispositif d’accompagnement des patientes souffrant d’un cancer de l’ovaire platino-sensible récidivant de haut grade traité par l’association Cediranib-Olaparib, a été développé par Voluntis en partenariat avec AstraZeneca et l’Institut national du cancer (INCA). L’application a été conçue pour faciliter le suivi et la notification des effets indésirables liés au traitement par cette nouvelle bi-thérapie. L’immunothérapie par ces deux molécules, dont l’association est encore en phase de test, peut en effet entraîner l’apparition d’une hypertension artérielle et de diarrhées profuses causant une baisse de l’observance et nécessitant parfois une modification de la posologie ou un arrêt du traitement.

    L’étude visait en particulier à évaluer la faisabilité, la facilité d’utilisation et la satisfaction des patientes utilisant eCO. Aussi, au cours de l’investigation, les utilisatrices ont saisi leurs données puis reçu en temps réel des recommandations de traitement de leurs symptômes. Leurs données étaient simultanément transmises à l’équipe soignante alors à même de suivre l’évolution du traitement par l’intermédiaire d’un portail web.

    Les résultats ont montré que la solution eCO a permis aux soignants de répondre rapidement aux symptômes rapportés par les patientes, d’où l’expérience positive (statistiquement significative) exprimée par celles-ci. Elles ont en outre précisé que l’utilisation de l’application leur donnait l’impression de pouvoir davantage participer à leur prise en charge et communiquer avec l’équipe médicale. 
    « La publication de ces résultats cliniques dans la revue JCO Clinical Cancer Informatics suggère qu’il existe un intérêt grandissant pour les solutions digitales d’accompagnement des patients en oncologie. […] Nous sommes certains que les thérapies digitales feront un jour partie des pratiques standards en oncologie clinique », a ainsi déclaré Pierre Leurent, directeur général de Voluntis (communiqué).

  • Grands prix de l’innovation 2018 : des projets de e-santé pourront être présentés pour la 1ère fois

    La mairie de Paris et Paris&Co ont lancé le 15 juin 2018 la 17ème édition des Grands prix de l’innovation de la Ville de Paris. Cette année, pour la première fois, le concours compte une catégorie « e-santé » : les porteurs de projets innovants relevant de la santé numérique pourront candidater au prix.

    Le concours, organisés par Paris&Co, vise à soutenir le développement de petites entreprises indépendantes et innovantes franciliennes dans des secteurs en forte croissance et de récompenser celles qui contribuent, par leur innovation, à améliorer la vie de la cité et à développer le tissu économique parisien.

    Les prix, soit une dotation de 12 000 euros par catégorie, seront remis aux lauréats le 11 décembre 2018 lors d’une cérémonie.

    L’inscription peut être réalisée via le lien ci-contre avant le 22 août 2018 à midi.

    Candidatures et recevabilité

    Dans la catégorie e-santé, toute entreprise indépendante de moins de 5 ans au 11 décembre 2018 et ayant un établissement situé en Île-de-France peut participer à ce grand prix. Les candidats des éditions précédentes peuvent concourir, à l’exclusion des entreprises lauréates. De plus, chaque société candidate ne peut présenter qu’une seule candidature par an.

    Concernant les innovations de e-santé admises à concourir, ces dernières résident dans le développement de solutions ou produits contribuant notablement à une amélioration du suivi du patient, du parcours de santé, des pratiques de soins, de la relation au patient, de l’observance ou de la prévention et de l’éducation à la santé. La solution, qui doit être technologique ou de services, peut être classée dans une ou plusieurs des catégories suivantes :

    • équipements médicaux ;
    • instrumentation ;
    • prestations de services dans le secteur de la santé ;
    • dispositifs de prévention ;
    • accompagnement de la dépendance, du vieillissement ou du handicap ;
    • relation au patient ;
    • bon usage du médicament (médicaments de prescription complexe) ;
    • information, et suivi vaccinal ;
    • imagerie médicale, partage de l’image et exploitation de l’image ;
    • amélioration du rôle et de la place de la médecine de ville et de la pharmacie d’officine.

    Critères d’évaluation

    L’évaluation des projets s’appuie sur :

    • le caractère innovant de la technologie ou du service proposé ;
    • la viabilité économique du projet et son potentiel de création d’emplois ;
    • l’apport du projet à la Ville de Paris en termes d’utilité sociale, écologique et économique ;
    • la qualité (cohérence, etc.) de l’équipe.

    Calendrier de l’appel à projets

    • 15/06/2018 : Lancement de l’appel à projets
    • 22/08/2018, à 12h : Clôture des dépôts de projets
    • 15/10/2018 : Annonce des finalistes
    • 11/12/2018 : Cérémonie de remise des prix

    Prix

    Chaque lauréat d’une catégorie recevra une dotation de 12 000 euros.

    Les dotations seront remises aux lauréats issus de sociétés ou organisations encore actives au 11 décembre 2018 et lors du versement de la dotation, soit 3 mois après l’annonce de l’identité des lauréats.