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  • Tuberculose : Emocha reçoit 1 M$ pour tester son appli visant à améliorer l’observance médicamenteuse

    Emocha Mobile Health, une start-up health tech basée à Baltimore (Étas-Unis), a annoncé le 29 août 2018 par communiqué avoir reçu une subvention fédérale de deux ans s’élevant à un million de dollars (859 000 €) pour soutenir une nouvelle étude de validation de son dispositif Emocha, une application mobile visant à améliorer l’observance du traitement médicamenteux des personnes atteintes de tuberculose.

    Cette aide a été remise par le National Institute on Minority Health and Health Disparities du National Institutes of Health (NIH) dans le cadre du prix Small Business Innovation Research.

    Elle soutiendra la réalisation d’une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins visant à évaluer l’efficacité d’Emocha. Dans ce cadre seront observés 90 patients atteints de tuberculose latente et active, une maladie contagieuse et coûteuse si elle n’est pas correctement traitée. Les fonds réunis permettront l’extension de ces travaux à d’autres régions des États-Unis.

    Depuis 2015, Emocha a reçu plus de 3 millions de dollars (2,58 M €) de financement du NIH.

    Emocha aide à atteindre un taux d’observance de 94 %

    Via l’application Emocha, les patients peuvent enregistrer des vidéos d’eux-mêmes en train de prendre leurs médicaments pour ensuite les partager avec leur médecin. L’objectif est de s’assurer que les personnes souffrant de maladies et d’affections nécessitant des programmes thérapeutiques spécifiques suivent bien leurs plans de traitement.

    La subvention émise par le National Institutes of Health s’inspire d’une étude antérieure menée au Maryland, également financée par le NIH, qui a révélé que la plateforme Emocha aidait les patients atteints de tuberculose à atteindre un taux d’observance d’environ 94 %. Le dispositif a également démontré son efficacité en permettant aux programmes de santé publique d’économiser en moyenne 1 391 dollars (1 200 €) par patient.

    La technologie Emocha est en train d’être testée pour d’autres applications

    En dehors du prix NIH, la technologie Emocha est actuellement en cours d’évaluation par le biais d’essais et d’études cliniques chez des personnes atteintes d’autres maladies que la tuberculose, notamment de maladies infectieuses et chroniques.

    Une subvention de 1,7 M $ pour évaluer l’efficacité de l’appli chez les toxicomanes

    En 2017, la start-up américaine a par ailleurs reçu une subvention de 1,7 million de dollars (1,45 M €) pour vérifier si son application pouvait aider les toxicomanes en voie de rétablissement à suivre leurs plans de traitement médicamenteux.

    Le National Institute on Drug Abuse a par ailleurs récemment approuvé le plan d’Emocha visant à entamer une deuxième phase de recherche pour évaluer l’impact de sa plateforme chez les patients suivant un traitement à la buprénorphine pour un trouble lié à la consommation d’opioïdes. Cette recherche est actuellement menée en partenariat avec l’école de médecine de l’université de Washington et le Boston Medical Center.

  • Le cabinet EY propose la téléconsultation à ses salariés grâce à la cabine médicale connectée H4D

    En collaboration avec le fabricant de solution de téléconsultation H4D, Aon France, filiale d’Aon plc, spécialiste du conseil en gestion des risques, en assurance, en réassurance et en gestion des ressources humaines, lance la téléconsultation par cabine médicale connectée au sein de l’entreprise EY (Ernst & Young), cabinet d’audit financier et de conseil, selon un communiqué daté du 10 septembre 2018.

    Cette opération s’inscrit dans le cadre de la démarche RSE du cabinet visant à créer des conditions de mieux-vivre au travail en permettant notamment à ses collaborateurs d’accéder à des consultations à visée préventive.

    La téléconsultation au service de la prévention, un enjeu de santé publique

    Fabrice Benharroche, directeur commercial et développement de l’activité santé-prévoyance collectives chez Aon France explique cette collaboration de la façon suivante : « La santé du salarié recouvre des enjeux non seulement de bien-être individuel mais aussi de santé publique et de compétitivité pour les entreprises. Il est donc tout à fait normal dans l’exercice de nos missions de conseils auprès de nos clients entreprises qu’Aon participe à faciliter l’accès aux soins de ses assurés salariés et de ses clients professionnels. Veiller au bien-être des salariés participe à une meilleure productivité au sein des entreprises. C’est pourquoi nous sommes fiers de nous engager avec H4D dans une démarche visant à démocratiser le recours à la télémédecine. »  

    Les cadres franciliens renoncent à des soins en raison de délais de prise de rendez-vous trop longs

    Le communiqué cite une étude réalisée par l’Irdes indiquant que 18 % des cadres franciliens ont déjà renoncé à des soins ou à des examens médicaux, notamment en raison de délais de prise de rendez-vous trop long.

    La Consult Station de H4D, solution agrémentée par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), propose une réponse aux problèmes rencontrés par les salariés pour accéder aux soins.

    Des rendez-vous accessibles via l’intranet de l’entreprise

    Par le biais du service de téléconsultation, les salariés d’EY peuvent prendre rendez-vous via leur espace disponible sur l’intranet de l’entreprise. 

    Une fois dans la cabine médicale connectée, le salarié est accompagné par un médecin qui le guide pour prendre les mesures médicales nécessaires grâce aux instruments mis à sa disposition.

    Lorsque le diagnostic est établi, une ordonnance peut être délivrée et imprimée directement dans la cabine. Un compte rendu est également réalisé systématiquement et transmis au médecin traitant.

    Ce service est également intégré à un programme de prévention proposé par l’entreprise et peut être utilisé afin d’effectuer un bilan de santé autonome. En suivant un tutoriel intuitif, le salarié a la possibilité de prendre ses constantes et de faire un point sur sa santé.

  • Télémédecine : le suédois Kry propose un service de téléconsultation sous la marque Livi en France

    La start-up suédoise Kry va proposer un service de téléconsultation sous le nom de Livi en France à partir du 15 septembre 2018, date à laquelle la téléconsultation deviendra officiellement soumise à un remboursement par la Sécurité sociale.

    La société est par ailleurs déjà implantée en Suède, en Norvège, en Espagne et au Royaume-Uni.

    Le service est accessible via une application disponible sur mobile et tablette dans un délai de 15 minutes, revendique la start-up.

    Pratiquement un demi-million de téléconsultations réalisées

    La start-up Kry indique avoir réalisé jusqu’à présent 450 000 vidéo-consultations au sein des pays dans lesquels elle est présente.

    En France, elle se repose sur un réseau de plus de 300 médecins qui vont dédier entre 1 et 4 jours par semaine à la vidéo-consultation sur Livi. 

    C’est Jonathan Ardouin, directeur général France de la start-up qui supervise le déploiement en France.

  • Lancement de la commercialisation de Meyko, compagnon connecté destiné aux enfants asthmatiques

    Meyko, start-up fondée en 2016 par Sandrine Bender et Alizée Gottardo, a lancé le 4 septembre 2018 la commercialisation de son dispositif connecté destiné aux enfants asthmatiques baptisé « Meyko », soutenu par l’Hôpital Necker et le CHU de Nantes.

    En effet, après une création en 2015, trois années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et la finalisation, en août 2018, de la conception industrielle du produit, la start-up a lance sur la plateforme de financement participatif Indiegogo, une première campagne de commercialisation de son « compagnon connecté et ludique » d’aide à l’observance des traitements de l’asthme pédiatrique.

    Cette première phase de commercialisation, qui durera du 4 septembre au 7 octobre 2018, permettra à la start-up de vendre quelques unités et, « grâce aux centaines de retours supplémentaires […] reçus durant la campagne, [de soigner] les tout derniers détails et [de] travailler sur les futures fonctionnalités du produit » indiquent les co-fondatrices de Meyko.

    Le dispositif

    Destiné aux enfants asthmatiques âgées de 3 à 10 ans, Meyko est un compagnon connecté paramétrable par les parents selon les modalités de prise de traitements de leur enfant au moyen d’une application.

    Concrètement, le visage de Meyko devient triste à l’heure de la prise du traitement, et recouvre le sourire après administration du médicament approprié. « L’idée est de parler le langage de l’enfant, de lui permettre de s’approprier son traitement à long terme : en prenant soin de son compagnon, l’enfant prend […] soin de lui-même », explique Sandrine Bender.

    En outre, l’application permet aux parents de suivre la conduite du traitement de leur enfant.

  • Cellnovo commercialise une nouvelle version de son système connecté de gestion du diabète

    Cellnovo, entreprise de technologie médicale qui commercialise un système innovant composé d’une micro-pompe à insuline connectée à une appli de gestion du diabète, a annoncé le 5 septembre 2018 le lancement du produit de la 3ème génération de ce système, le Système Gen 3.

    La principale modification apportée par Système Gen 3 au précédent dispositif – qui comprenait une pompe à insuline connectée à une tablette permettant d’accéder en ligne et en temps réel à ses données de santé – réside dans le remplacement de la tablette par un smartphone dédié, fonctionnant sous Android et connecté par Bluetooth à la micro-pompe qui délivre l’insuline.

    Inscrit dans la continuité d’une suite de développements récents, le lancement de ce nouveau produit vise non seulement à améliorer l’expérience des patients mais également, dans une stratégie plus industrielle, à permettre un « décollage commercial de la société ».

    Améliorer l’expérience des utilisateurs

    « Le smartphone Android avec lequel fonctionne le Système Gen 3 représente une amélioration significative en termes de design et d’expérience utilisateur », affirme le communiqué annonçant le lancement.

    En effet, Cellnovo a fait le choix de remplacer la tablette par un smartphone notamment car, plus léger et plus autonome (sa batterie a été prolongée de manière à garantir 48 heures d’utilisation sans charge), le terminal semble plus mobile et maniable. De plus, doté de « la qualité et [de] la réactivité qui caractérisent les téléphones grand public », il peut rendre plus agréable l’utilisation du système tout en préservant un haut niveau de sécurité, obligatoire pour un tel dispositif médical. 

    En outre, le smartphone, plus fin et d’apparence plus moderne que l’ancienne tablette tactile, doit, avec une nouvelle interface utilisateur, contribuer à améliorer le design du produit.

    Stratégie industrielle et commerciale de Cellnovo

    Augmenter les capacités de production de l’entreprise

    « Le remplacement de la tablette tactile propriétaire par un smartphone dont la production est externalisée constitue la dernière étape en date de la stratégie industrielle de Cellnovo », rappelle le communiqué.

    Ce remplacement vise en effet à optimiser la production de Cellnovo afin de répondre au mieux à la demande du marché.

    Etendre le système à d’autres objets connectés

    L’adoption d’une technologie capable de communiquer en Bluetooth telle qu’un smartphone et déjà la tablette précédente permet de progresser sur la voie de la diversification technologique du système. En effet, un tel système de connexion pourrait permettre, à l’avenir, d’intégrer aux systèmes d’autres dispositifs mobiles communiquant également par Bluetooth, comme certains dispositifs de mesure en continue de la glycémie.

    Faire connaître ce nouveau dispositif

    Suite à l’obtention du marquage CE, la première phase de déploiement de ce nouveau dispositif mobilise tous les partenaires de distribution que la société a déjà acquis au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas, en Grèce, à Chypre, en Israël, en Australie et en Nouvelle-Zélande. 

    De plus, afin d’étendre encore son rayon d’action, Système Gen 3 sera présenté en octobre 2018 lors du Congrès annuel de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD), rassemblement européen de scientifiques et de spécialistes du diabète.

  • Appel à projets innovants centrés sur l’ambulatoire, le parcours de soins et l’information patient

    ASSPRO Conseil et le cabinet Branchet, acteur spécialisé dans la responsabilité civile professionnelle médicale des praticiens de plateaux techniques lourds, lancent un appel à projets de solutions innovantes contribuant à l’amélioration de la pratique médicale et à la réduction des risques. Cet appel à candidatures, ouvert jusqu’au 13 septembre 2018, s’adresse à tous les acteurs de la e-santé : sociétés spécialisées dans les dispositifs médicaux, les services numériques ou les applications logicielles, etc.

    Cette démarche vise notamment à accompagner les praticiens libéraux chirurgiens et anesthésistes réanimateurs face au virage numérique, en identifiant des services et outils « originaux » et « impactants ». Elle est organisée en 4 catégories : 
    • un prix ASSPRO « Ambulatoire et parcours de soins » concernera des outils à même d’améliorer le suivi du patient ;
    • un prix Fondapro « Patient éclairé » jugera de la pertinence de projets visant à favoriser l’information et la compréhension du patient ;
    • un prix ASSPRO scientifique « Qualité de vie des praticiens » récompensera des projets orientés vers la gestion du stress, l’optimisation du temps, etc.
    • un prix Branchet « Les pépites de l’innovation 2018 » fera l’objet d’un dernier concours.

    La remise des prix aura lieu le 16 novembre 2018 au cours du Digital Day. Cet événement sera rythmé par des pitchs d’entrepreneurs porteurs de projets ainsi que par table ronde centrée sur le rôle et les besoins des assureurs face aux défis des nouvelles technologies.

    L’inscription peut être réalisée via le lien ci-contre.

    Critères d’éligibilité

    Sont éligibles aux prix ASSPRO « Ambulatoire et parcours de soins », Fondapro » Patient éclairé » et ASSPRO scientifique « Qualité de vie des praticiens », les produits ou services destinés aux chirurgiens, aux anesthésistes-réanimateurs ou à leurs équipes fonctionnels au moment du concours et portés par des PME innovantes de moins de 50 salariés de 5 ans d’ancienneté au moins.

    Sont éligibles au prix Branchet « Les pépites de l’innovation 2018 » les produits ou services destinés aux chirurgiens, aux anesthésistes-réanimateurs ou à leurs équipes opérationnel en phase d’expérimentation : les porteurs de projet doivent être en mesure de présenter un prototype fonctionnel.

    Critères de sélection

    • Adéquation aux objectifs du concours ;
    • ambition et pertinence de l’innovation ;
    • valeur d’usage et adéquation au besoin ;
    • ambition sur le marché et potentiel économique ;
    • niveau de maturité ;
    • stratégie de communication.

    Calendrier de sélection 

    • 13 septembre 2018 : clôture des soumissions
    • 1er octobre 2018 : nomination des finalistes
    • 12 octobre 2018 : oral des nommés
    • 16 novembre 2018 : remise des prix

    Bénéfices d’une participation pour le porteur de projet 

    Les organisateurs veulent que le Digital Day constitue un « accélérateur de diffusion » pour les candidats.

    En effet, cet appel à candidatures représente une opportunité d’exposer sa solution devant un jury de professionnels des domaines médical et digital.

    En outre, les organisateurs mettent à destination des lauréats :

    • un « dispositif marketing de promotion [online et offline] vers des usagers [représentant le] cœur de cible » de la solution, soit les chirurgiens et les anesthésistes-réanimateurs ;
    • une assistance pour faciliter l’implémentation des solutions dans les systèmes d’exploitation des praticien ;
    • une réduction sur le contrat de responsabilité civile et professionnelle des praticiens clients du cabinet Branchet s’engageant à utiliser les solutions lauréates dans leur pratique quotidienne afin d’en stimuler la vente ;
    • un environnement de test permettant l’optimisation des fonctionnalités des solutions.
  • Roche Diabetes Care France recrute pour une étude clinique multisite de son CGM

    Roche Diabetes Care France a lancé fin août 2018 sur son site internet un appel à participation à une étude clinique portant sur le capteur de  son dispositif de mesure du glucose en continu (CGM) implantable développé en collaboration avec Senseonics.

    L’étude a débuté au mois de février 2018 dans 15 centres en France et vise à démontrer les bénéfices cliniques de ce capteur, son impact sur l’équilibre glycémique et sur la qualité de vie des patients. Les résultats sont attendus pour 2019 et serviront à appuyer le dossier de demande de remboursement.

    Selon la société, le dispositif du nom de Eversense est actuellement commercialisé par Roche dans une quinzaine de pays dont l’Angleterre, la Suisse, l’Allemagne, les Pays Bas, la Belgique, l’Italie, etc.

    15 centres et 324 patients mobilisés pour l’étude

    Roche Diabetes Care France est à la recherche de patients adultes, diabétiques de type 1 et de type 2, traités par insulinothérapie intensive et pratiquant l’autosurveillance glycémique pluriquotidienne ou étant sous mesure du glucose interstitiel avec FreeStyle Libre. Ils doivent en outre disposer d’un téléphone compatible avec l’application mobile.

    Les 15 centres d’investigation sont dispersés sur l’ensemble du territoire français : CHU de Montpellier, CHU de Toulouse, Nancy Brabois, Paris Lariboisière, CHU de Lille, Paris Cochin, Marseille, CHU de Lyon Sud, Grenoble, Mainvilliers, CHU de Nantes, Caen, CHU Amiens, CHU de Strasbourg et Poitiers.

    Les patients recrutés s’engageront pour un suivi d’une durée de 6 mois, avec 6 visites au centre hospitalier investigateur correspondant.

    Ces travaux s’inscrivent dans le sillon de premières études menées aux États-Unis et en Europe (Precise study I et II) qui sont aujourd’hui terminées.

    Le capteur du dispositif CGM en cours de test

    Le système Eversense est un dispositif de mesure du glucose en continu (CGM) composé de 3 éléments :

    • un capteur ;
    • un transmetteur ;
    • une application mobile (smartphone ou tablette).

    Dans l’étude en cours, c’est le capteur qui sera testé. D’autres études sont prévues afin de tester le dispositif complet.

    Les trois éléments mis ensemble permettent de mesurer le taux de glucose interstitiel en continu. Son fonctionnement :

    • le capteur est implanté dans le bras du patient pour une durée pouvant aller jusqu’à 180 jours (6 mois). Il est composé d’un polymère émettant une lumière fluorescente d’intensité variable selon la concentration de glucose dans le milieu interstitiel ;
    • un transmetteur, amovible et rechargeable, placé sur la peau au niveau du bras, au-dessus du capteur, recueille les données transmises par ce dernier. Il calcule la concentration en glucose et, par vibration, alerte le patient en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie ;
    • la valeur établie par le transmetteur est communiquée à une application mobile installée sur le téléphone portable du patient (smartphone ou tablette), ce qui rend les données de la personne suivie accessibles instantanément.

  • Handicap : le CHU de Nantes, l’École centrale et OnePoint développent un avatar piloté par la pensée

    Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Neurosciences, constitué au printemps 2018 par le centre hospitalier universitaire de Nantes et l’École centrale de Nantes, ainsi que la société Onepoint, spécialisée dans la transformation numérique des entreprises et des administrations, ont mis au point un avatar piloté par la pensée pour contribuer à la recherche sur les douleurs fantômes et les handicaps neurologiques. 

    En effet, par le biais d’un casque électroencéphalographie (EEG), l’activité cérébrale d’un utilisateur peut être analysée et ses intentions de mouvement retranscrites et interprétées grâce à travers un avatar virtuel évoluant dans un jeu vidéo.

    Ce serious game sera présentée le 22 septembre 2018 lors de la Nantes Digital Week.

    Un jeu basé sur l’utilisation d’un casque EEG

    L’utilisateur est équipé d’un casque EEG relié à une intelligence artificielle (IA) qui a appris à reconnaître quatre de ses intentions : marcher, bouger le bras droit, bouger le bras gauche et rester immobile. Le jeu fait avancer l’avatar selon les commandes pensées par le patient et perçues par l’IA.

    Une démonstration de la technologie sera effectuée le 22 septembre 2018 au cours de la Nantes Digital Week, et plus précisément lors du salon Startups à l’ouest (Nantes Game Xperience), qui aura lieu à La Conciergerie – Labo de Quartier et au Studio 11/15.

    Une technologie combinant interfaces cerveau-ordinateur, IA et design thinking

    Le dispositif combine BCI (interfaces cerveau-ordinateur), IA et design thinking (synthèse entre la pensée analytique et la pensée intuitive). Il vise dans un premier temps à faire progresser la recherche sur le traitement des douleurs de membres fantômes et la gestion des handicaps neurologiques.

    Ses concepteur travaillent à son développement depuis janvier 2018 et espèrent mettre en place les premiers essais cliniques sur des patients d’ici trois mois, indique dans un communiqué Sébastien Ravoux, responsable du pôle « expertise technique » à Onepoint. « Cela sera une première en France car à terme, nous irions cette fois-ci bien au-delà d’un usage permettant la simple analyse d’imagerie en offrant une application concrète en termes de soins », précise-t-il.

  • Asthme infantile : une fondation néo-zélandaise adopte la techno Adherium pour améliorer l’observance

    Adherium, une société health tech réputée dans le domaine des pathologies respiratoires (Californie), a annoncé le 20 août 2018 son partenariat avec l’Asthma and Respiratory Foundation NZ (Nouvelle-Zélande). L’objectif de cette alliance est d’améliorer les résultats pour les patients asthmatiques, en mettant l’accent sur les enfants et les adolescents néo-zélandais dans le cadre du programme Kiwi Kids. Les participants au programme vont ainsi recevoir la solution développée par Adherium pour les aider à mieux gérer leur maladie.

    Adherium cherche à favoriser l’observance des médicaments et la gestion de l’asthme par le biais de sa plateforme respiratoire connectée, baptisée « Hailie », fonctionnant grâce un capteur posé sur l’inhalateur du patient et connecté à une application mobile. Des tests ont prouvé que la solution pouvait réduire jusqu’à 80 % les hospitalisations chez les enfants souffrant d’asthme non contrôlé, indique sur son site web la Asthma and Respiratory Foundation NZ.

    « Le programme Kiwi Kids est une étape très importante vers l’amélioration de l’asthme non contrôlé chez les enfants et les adolescents néo-zélandais », a déclaré Arik Anderson, directeur général d’Adherium (communiqué). Garth Sutherland, fondateur et P.-D.G. de l’entreprise, précise que ses équipes et la fondation allaient tout d’abord se concentrer sur les régions dont les besoins étaient les plus importants dans le domaine (zones isolées).

    Hailie fonctionne par le biais d’un capteur posé sur l’inhalateur

    « Le faible taux d’observance des médicaments préventifs contre l’asthme est un problème répandu associé à de mauvais résultats sur la santé, entraînant des visites imprévues chez le médecin et aux urgences [ainsi que] des hospitalisations », contextualise dans son communiqué Adherium, qui a développé la solution Hailie.

    Une alerte envoyée via une application mobile en cas d’oubli

    Son dispositif suit l’utilisation des médicaments du patient par le biais d’un capteur fixé sur l’inhalateur de la personne observée et envoie des rappels via une application mobile dédiée si l’outil constate qu’une dose n’a pas été prise.

    Le patient peut s’il le souhaite partager avec son médecin les informations issues de l’appareil, transmises par le biais de l’appli. « Haili permet d’engager des discussions significatives entre le patient (…) et le professionnel de santé », commente Adherium.

    1 enfant néo-zélandais sur 7 prend des médicaments contre l’asthme

    Selon les dernières données statistiques établies sur l’asthme chez les enfants néo-zélandais (communiqué) :

    • 1 enfant néo-zélandais sur 7 prend des médicaments contre l’asthme ;
    • 3 552 enfants néo-zélandais (nombre d’enfants de moins de 18 ans en Nouvelle-Zélande : environ 1 million) souffrant d’asthme ont été admis à l’hôpital en 2015 ;
    • plus de 500 000 jours d’école sont perdus chaque année par les enfants néo-zélandais à cause de l’asthme.

    Tous les enfants asthmatiques du pays sont invités à rejoindre le programme Kiwi Kids

    L’objectif du programme Kiwi Kids est de fournir aux enfants souffrant d’asthme la solution Hailie pour les aider à mieux gérer leur maladie et ainsi à éviter les situations à risque, explique la Asthma and Respiratory Foundation NZ.

    La fondation invite les enfants et adolescents asthmatiques ainsi que leurs parents, leurs soignants et les professionnels de la santé à la contacter par e-mail (kiwi kids@hailie.com) pour obtenir davantage d’informations sur le programme.

  • Rééducation connectée : « Il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé » (Pr Casillas)

    Le Pr Jean-Marie Casillas, spécialiste de médecine physique et de réadaptation au CHU Dijon Bourgogne revient en détail pour Health & Tech Intelligence sur la mise en place d’une étude clinique portant sur l’utilisation d’un dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté, annoncée dans un communiqué le 7 août 2018 par le CHU de Dijon et son partenaire TMM Software (TMM groupe), éditeur français de solutions logicielles.

    « L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible », explique-t-il.

    L’expérimentation sera menée jusqu’en 2021 sur 110 patients : 55 ont rejoint le processus classique de rééducation, soit trois séances d’une demi-journée par semaine à l’hôpital, et 55 seront suivis depuis leur domicile grâce à l’utilisation d’une tablette équipée d’une application de télésurveillance et de divers dispositifs connectés au terminal (balance, tensiomètre).

    Le Pr Casillas présente les spécificités du programme, notamment au niveau organisationnel et de la relation à distance établie entre l’équipe médicale et le patient, ainsi que sur la politique de protection des données adoptée et les projets futurs du CHU de Dijon, dont la construction d’un « bâtiment intelligent » visant à mettre « de façon interactive » à disposition des patients en rééducation « les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance ».

    Premiers résultats « très positifs, mais le recul est encore insuffisant »

    Le CHU Dijon Bourgogne a mis en place une étude clinique sur trois ans (2018-2021) pour tester votre dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté. Quels sont les premiers résultats et retours des patients et des professionnels de santé ?

    Pr Jean-Marie Casillas : Les premiers résultats sont très positifs en ce qui concerne le petit nombre de patients inclus pour l’instant dans ce protocole : ils apprécient en particulier de pouvoir combiner cette réadaptation avec les exigences de leur vie quotidienne. L’équipe soignante est très impliquée dans ces nouvelles stratégies, mais le recul est encore insuffisant pour en tirer des conclusions.

    S’il manque des données, une alerte est envoyée sur [la] messagerie sécurisée intégrée » du patient et à l’équipe médicale, qui peut contacter le patient à tout moment, indique le communiqué de présentation du dispositif. Qui, concrètement, gère ces alertes ?

    Un membre paramédical référent de l’équipe de réadaptation cardiovasculaire est responsable de l’analyse des alertes. Il peut être amené à gérer seul le problème, par exemple en contactant le patient pour lui expliquer un éventuel défaut d’observance au programme.

    Il peut se coordonner avec les membres médicaux et paramédicaux (kinésithérapeute, enseignant APA, nutritionniste, etc.) en cas de nécessité d’ajustements du programme ou bien sûr d’intolérance. Une stratégie est alors proposée pouvant conduire parfois à solliciter le médecin généraliste ou le cardiologue du patient, ou bien à revoir le patient sur la structure de rééducation pour une réévaluation.

    « Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés »

    Qui a accès aux données collectées par le dispositif ?

    Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés. Le programme répond complétement aux règles de l’Union européenne préconisées dans son récent Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    « Avec la télémédecine, le patient devient acteur de son protocole de soins, se sent plus impliqué et est donc plus enclin à suivre sa thérapie, sans rupture avec son mode de vie habituel », commentez-vous dans le communiqué. Cependant, ne pensez-vous pas que l’un des risques du télé-suivi est justement le découragement du patient (mauvais suivi du programme, voire abandon) ?

    Ceci est un vrai enjeu pour ce projet et plus globalement pour la prise en charge d’autres maladies chroniques à l’avenir par ce type de procédure. L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible.

    Les modalités conventionnelles de réadaptation cardiaque impliquent la plupart du temps une interruption des activités habituelles (en particulier professionnelles) avec l’accès à un plateau technique spécialisé de reconditionnement à l’effort. À l’issue de ce programme conventionnel, il est fréquent que le patient se démotive car le soutien devient alors le plus souvent quasi inexistant !

    Avec la réadaptation connectée, la mise en œuvre se fait dans le milieu de vie habituel, en tenant compte des exigences socio-professionnelles, ce qui est un facteur potentiel (à démontrer) de pérennisation des « bonnes » habitudes de vie.

    C’est en particulier pourquoi il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé : le patient est vu par l’équipe en réel au moins deux fois (au début et à la fin du programme) et les contacts via la tablette tactile se font avec des soignants qu’il connaît. Il est clair, par ailleurs, qu’il faudra pouvoir bien identifier les profils de patients relevant soit de cette procédure, soit d’une rééducation conventionnelle (en centre spécialisé).

    Lien social et télé-rééducation : « le contact avec l’équipe est régulier »

    Comment pallier l’absence de lien social direct, dont les patients peuvent bénéficier à travers les séances classiques réalisées en centre ?

    Dans le cadre du programme de rééducation connectée, le patient est vu en face à face par les membres de l’équipe qui, à partir du bilan initial, vont construire avec lui un programme personnalisé de reconditionnement à l’effort et d’éducation thérapeutique. Le contact avec l’équipe est régulier. Par ailleurs, l’environnement familial est souvent impliqué dans ce type de stratégie (notamment pour la nutrition) et la socialisation des activités (notamment activité physique) conseillée.

    Comment s’assurer que les exercices réalisés à domicile par le patient soient correctement exécutés (absence de professionnels pour le corriger) ? Le CHU précise que les patients auront accès à des contenus d’éducation thérapeutique (ETP) mais sont-ils suffisants ?

    Le programme d’éducation thérapeutique est adapté à la situation de chaque patient sur l’ensemble des aspects de la nutrition, de l’activité physique, de l’observance médicamenteuse et du sevrage tabagique. Chaque volet d’ETP est suivi d’un quiz qui permet de contrôler la qualité de l’adhésion du patient, de ses compétences acquises et, si nécessaire, de ré-induire un apprentissage.

    En ce qui concerne la réalité des exercices, les capteurs apportent des paramètres tangibles (cardiofréquencemètre, tensiomètre, pesée par balance connecté). Par ailleurs, un des buts essentiels de la rééducation est d’installer un climat de confiance entre les patients et l’équipe.

    Un soutien de la FRM (162 700 €) et de l’ARS Bourgogne (30 000 €)

    La Fondation pour la recherche médicale (FRM) soutient votre programme. À combien s’élève son financement pour ce projet précis ?

    La FRM nous a alloué 162 700 euros pour ce programme.

    Le CHU Dijon Bourgogne bénéfice-t-il d’autres soutiens dans le cadre de ce programme de télé-suivi ?

    L’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne s’est fortement impliquée dès la phase de conception du projet et nous a accordé un soutien financier de 30 000 euros.

    Combien coûte globalement le déploiement d’un tel service (mise en place de l’étude clinique, prix du dispositif, etc.) ?

    Le coût total de cette étude clinique est évalué à 300 000 euros.

    Des programmes similaires ont déjà été développés à l’étranger

    C’est « la première fois qu’un tel programme de rééducation cardio-vasculaire connectée est initié en France », assurez-vous (communiqué). Votre équipe s’est-elle inspirée de projets similaires mis en place dans des établissements de soins étrangers ?

    Les études cliniques concernant l’application de la réadaptation cardiovasculaire à la télémédecine sont rares. Il s’agit d’ailleurs plutôt le plus souvent d’interventions ciblées en prévention secondaire sur des pratiques spécifiques (suivi d’exercices par du télé ECG monitoring, par exemple, ou favoriser l’activité physique ou les bonnes habitudes de vie par du coaching spécifique) ou bien de proposition de suivi en télémédecine à l’issue d’un programme conventionnel (en centre de rééducation).

    Chaque fois, l’objectif est de proposer des nouvelles modalités de prise charge (basées sur les capacités croissantes des smartphones, des sites dédiés et des capteurs portables) répondant à l’insuffisance de patients coronariens rééduqués et de trouver une solution au manque d’adhésion des patients aux recommandations en prévention secondaire.

    Les principaux pays ayant développé des expériences similaires sont :

    • la Belgique : étude Telerehab III (ajout d’un télé-programme à une réadaptation conventionnelle) qui a conduit à l’une des premières études médico-économiques avec des résultats plutôt favorables en termes de consommation de soins et de reprises professionnelles ;
    • l’Australie, l’Allemagne et la Hollande : the FIT@Home study et the TeleCaRe study ;
    • le Canada (Colombie britannique), la Pologne et la Nouvelle Zélande : projet REMOTE-CR ;
    • le Danemark : Active Heart, un portail web pour la télé-réhabilitation (base de données).

    Et cette liste n’est pas exhaustive. Pour l’instant, compte tenu de l’insuffisance d’études contrôlées et randomisées, la réadaptation cardiaque ne fait pas l’objet de recommandations par les sociétés médicales internationales.

    Notre étude a pour but de proposer une alternative complète à la réadaptation conventionnelle, en s’inscrivant dans le contexte spécifique de l’organisation de la santé en France. C’est pour cela qu’elle comporte toutes les dimensions de l’éducation thérapeutique personnalisées à chaque patient : acquisition de connaissances sur la maladie, facteurs de risque, prévention secondaire, programme nutritionnel, observance médicamenteuse, maintien d’activité physique adaptée et sevrage tabagique.

    Bientôt un « bâtiment intelligent » au sein du CHU de Dijon

    Le CHU Dijon Bourgogne envisage-t-il d’intégrer d’autres dispositifs health tech (dispositifs connectés, robots, etc.) au sein de ses services de soins dans les mois ou les années à venir ? Si oui, lesquels ?

    Il ne m’est pas possible de répondre pour l’ensemble des projets concernant le CHU de Dijon, mais en ce qui concerne le pôle « rééducation-réadaptation » du centre, nous envisageons d’étendre ce type de procédures basées sur des objets connectés à des patients insuffisant respiratoires chroniques justifiant d’une assistance respiratoire à domicile (ventilation non invasive). L’objectif de ce projet de télésurveillance est le suivi d’un certain nombre d’indicateurs cliniques et biocliniques via une application sur smartphone. Ce suivi permettra d’évaluer l’adhésion du patient à son « projet de vie » élaboré durant son séjour dans le service de rééducation.

    Par ailleurs, notre pôle est partie prenante d’un projet immobilier visant à la construction d’un « bâtiment intelligent » à la place de la structure actuelle : c’est le projet Réad@pTIC, dont le but est de proposer un nouveau paradigme dans la rééducation en mettant de façon interactive à disposition des patients accueillis les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance. Ce projet de smart building porté par le CHU de Dijon est soutenu par Dijon Métropole.

    Depuis juillet 2018, le CHU de Montpellier teste une technique de suivi à distance de l’insuffisance cardiaque via l’implantation dans l’artère pulmonaire d’un capteur baptisé « CardioMEMS HF », capable de mesurer et de transmettre quotidiennement à l’équipe médicale la valeur de la pression artérielle. Ce type de solutions serait-il, par exemple, susceptible d’intéresser le CHU de Dijon ?

    Ce type de capteur n’est pas applicable à notre protocole. Il s’agit en effet d’un capteur « invasif », destiné à effectuer un télé-monitoring de ces patients insuffisants cardiaques, alors que les procédures de rééducation connectée reposent sur des capteurs externes portables, ne présentant aucun risque pour les patients et informant sur des aspects fonctionnels, parfois de façon prolongée : cardiofréquencemètre, tensiomètre, accéléromètre, GPS, balance, etc. Nous ne faisons pas de télé-monitoring (surveillance en continu de fonction physiologiques vitales).