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  • Étude : la télémédecine se développe lentement aux Etats-Unis (JAMA)

    En 2017, le nombre de consultations de télémédecine aux États-Unis a été estimé à 202 374 et moins de 6 Américains sur 1 000 y auraient eu recours, révèle une étude* menée par des chercheurs américains de la Harvard Medical School.

    Leur analyse montre à la fois une augmentation substantielle des actes de télémédecine et une pratique toujours marginale voire rare.

    Par ailleurs, les résultats de ces travaux publiés le 27 novembre 2018 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) révèlent que les territoires ruraux ne profitent pas vraiment de cette nouvelle forme de médecine.

    Rembourser la télémédecine pour la développer

    Depuis le 15 septembre 2018, en France, les consultations médicales par visioconférence sont prises en charge par l’Assurance maladie. Aux États-Unis, 32 états ont adopté les « parity laws » en 2016, qui instauraient la prise en charge des actes de télémédecine. Ces lois visaient à promouvoir les soins à distance dans un pays où 20 % des citoyens sont confrontés à un manque de professionnels de santé. Depuis la mise en place de ces dernières, les données évaluant l’adoption de la télémédecine se font rares.

    Pour combler cette lacune, des chercheurs de la Harvard Medical School et de l’université de Pittsburgh ont examiné les tendances en matière d’utilisation de la télémédecine et leur association avec des facteurs régionaux (présence de « parity laws » et offre de médecins).

    Afin de dresser cet état des lieux, ils ont utilisé une base de données d’assureurs privés et de Medicare. Les données allant de 2005 à 2017 ont été recueillies et regroupées en 3 catégories de télémédecine : la santé mentale, les soins de premier recours et les autres spécialités. Les résultats de leur étude ont été publiés le 27 novembre 2018 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

    Résultats : des patients très urbains

    • De 2005 à 2017, 217 851 patients ont reçu 383 565 visites de télémédecine.
    • L’âge moyen des utilisateurs de télémédecine était de 38,3 ans, dont 63,0 % de femmes et 83,3 % de résidents des zones urbaines.
    • Les utilisateurs de la télémédecine pour des soins de 1er recours étaient plus jeunes et plus urbains que ceux de la santé mentale.
    • Le taux de croissance annuel était de 52 % entre 2005 et 2014 puis de 261 % entre 2015 et 2017.
    • 53 % des actes de télémédecine étaient des consultations de santé mentale et 39 % de soins de médecine générale.
    • En 2017, les soins de premier recours ont fait un bond et sont devenus majoritaires.
    • Les consultations à distance pour des problèmes de santé mentale se sont particulièrement développées dans les zones sans psychiatres et dans des états remboursant ces actes.
    • Les soins de premier recours n’étaient pas associés à un manque de médecins.

    La commodité plus que la désertification

    « Bien que l’utilisation de la télémédecine ait considérablement augmenté de 2005 à 2017, son utilisation était encore rare en 2017 », écrivent les chercheurs de la Harvard Medical School qui ont participé à l’étude.

    Certes, ces données proviennent d’une seule population et peuvent difficilement se généraliser à l’ensemble du territoire américain, cependant, les auteurs de l’étude tiennent à souligner que malgré l’attention portée à la télémédecine en milieu rural, la plupart des utilisateurs de télémédecine vivaient en zone urbaine.

    Quant à la désertification médicale, elle dope les téléconsultations de santé mentale, remarquent-ils.

    En revanche, le recours à la télémédecine pour des soins de premier recours serait plus lié à la commodité de l’offre.

    En conclusion, les auteurs de ces travaux estiment que les lois prévoyant le remboursement des soins n’ont contribué qu’en partie à l’adoption de la télémédecine.

     

  • La santé, « domaine prioritaire de l’application de l’IA » en Chine (Aifang Ma, Sciences Po – note)

    « En Chine, la santé est le domaine prioritaire de l’application de l’[intelligence artificielle (IA)] et des progrès spectaculaires sont constatés dans le pays, analyse Aifang Ma, doctorante et enseignante au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po, dans une note publiée le 12 novembre 2018 (L’intelligence artificielle en Chine : un état des lieux). Elle précise que le marché chinois de la santé digitale a connu une forte croissance à partir de 2014 et a généré plus de 10 milliards de yuans (environ 247 milliards d’euros) en 2017*.

    Dans ce document, Aifang Ma revient de manière plus générale sur les politiques chinoises qui ont permis l’essor de l’IA au sein du pays. « De l’élaboration de stratégies conquérantes aux investissements colossaux engagés, les géants de l’e-commerce et le gouvernement de Xi Jinping ont façonné un climat social propice au développement de cette nouvelle technologie », constate Aifang Ma, soulignant que l’objectif du parti communiste chinois, « clair », est de rattraper les États-Unis sur ce marché d’ici 2020, de les dépasser en 2025 et de devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle en 2030, tous secteurs confondus.

    L’IA peut aider à surmonter les défis du système de santé chinois

    Selon Aifang Ma, le développement important de la e-santé en Chine est la résultante de « deux facteurs importants » :

    • la faible couverture médicale ;
    • le gain de temps et les économies promis par l’intelligence artificielle (IA).

    Investir dans l’IA dans le secteur de la santé « pourraient aider à considérablement améliorer l’accès des citoyens chinois aux services médicaux de bonne qualité », souligne la spécialiste, rappelant que la Chine, d’une population de 1,379 milliard d’habitants, ne dispose que de 1,5 médecin pour 1 000 personnes (source : Le Vent de la Chine, art. cit.).

    Aidés par l’intelligence artificielle, les médecins pourraient s’occuper d’un nombre plus importants de patients par jour tout en maintenant la qualité de l’offre de soins.

    Les grandes entreprises, dont Ping An et Alibaba, s’imposent sur le marché

    Aifang Ma évoque l’attrait de nombreuses entreprises chinoises pour le marché de l’IA en santé, ces dernières ayant flairé « le potentiel commercial du secteur ».

    • Le groupe d’assurances Ping An, avec un chiffre d’affaires en 2017 de 975 milliards de yuans (environ 125 milliards d’euros), « s’impose aujourd’hui comme numéro un mondial de l’assurance », devant les géants Allianz et Axa (source : « Ping An, le géant chinois de l’intelligence artificielle », Julie Zaugg, Letemps.ch, 4 mai 2018), indique Aifang Ma, précisant que « la capacité d’innovation en matière d’application de l’IA contribue au succès commercial que le groupe a pu remporter en moins de trente ans ».
      • L’application Good Doctor, branche médicale de Ping An et cotée à la Bourse de Hong-Kong, comptabilise 193 millions d’utilisateurs. Elle dispose d’un réseau de plus de 1 000 médecins, de 3 100 hôpitaux et de 1 100 cliniques (source : « Ping An, le géant chinois de l’intelligence artificielle », Julie Zaugg, Letemps.ch).
    • AliHealth, à l’origine d’une plateforme élaborée dans le cadre de la stratégie Double H (Health and Happiness) du groupe Alibaba, est devenu leader dans le domaine de la e-pharmacie et des services pharmaceutiques O2O (« online to offline »). La solution est utilisée par des habitants de plus de cent villes chinoises.
    • L’application Weiyi, proposée par le groupe Weiyi du Zhejiang (province de l’est de la Chine), permet de prendre gratuitement des rendez-vous médicaux en ligne et ainsi de lutter contre les problèmes d’accès aux soins, en particulier dans les déserts médicaux. Elle est intégrée dans plus de 900 hôpitaux chinois.

    IA : la Chine veut devenir le leader mondial d’ici 2030

    En juillet 2017, le Conseil des affaires d’État a dévoilé son « Plan de développement de la prochaine génération d’intelligence artificielle pour la période de 2016 à 2030 ». C’est dans ce document que la Chine révèle vouloir devenir le leader du domaine.

    « Pour ce faire, le gouvernement mise sur la définition de programmes nationaux sur le long terme et sur les partenariats entre les différents acteurs agissant pour le compte des entreprises et de l’État dans le cadre d’une vision politique ambitionnant clairement le leadership mondial de la Chine au XXIème siècle », observe-t-elle.

    La Chine envisage d’atteindre son but, soit devenir le leader mondial de l’intelligence artificiel, en trois étapes :

    1. 2020 : « le pays doit avoir réalisé une découverte majeure dans les théories fondamentales et les technologies clés liées au big data, à l’automation et à l’application de l’IA aux médias de masse ».

    Le pays souhaite d’ici deux ans avoir participé à l’élaboration de normes et de standards internationaux relatifs à l’utilisation de l’intelligence artificielle.

    Selon les ambitions du gouvernement, le secteur s’élèvera alors au sein du pays à environ 23 milliards de dollars américains (environ 20 Mds €) et les secteurs liés à 156 milliards de dollars (environ 138 Mds €).

    2. 2025 : « l’IA devra être la dynamique principale de croissance économique et de mise à niveau de l’économie »

    La technologie devra être utilisée dans des domaines clés, tels que la santé, les villes intelligentes (smart cities), l’agriculture intelligente et la défense, précise Aifang Ma, alors qu’un cadre juridique et éthique ainsi qu’un système réglementaire de l’IA prendront forme.

    Le secteur devrait alors atteindre les 63 milliards de dollars (environ 56 Mds €) et les secteurs liés 781 milliards de dollars (environ 690 Mds €).

    3. 2030 : « la Chine devra être leader mondial dans le secteur de l’IA »

    « Elle aura fait une percée significative dans la recherche sur le cerveau, commente Aifang Ma. Elle sera devenue le centre mondial d’innovation de l’IA et une référence sur la réglementation. Le cadre juridique et éthique de l’IA aura atteint sa maturité. »

    Le secteur devrait alors valoir 156 milliards de dollars (environ 56 Mds €) et les secteurs liés 1 562milliards de dollars (environ 690 Mds €).

    Autres plans établis par les autorités chinoises

    • Le ministère de la Science et des Technologies, la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), le ministère de l’Industrie et de l’Informatique et le Bureau de régulation de l’Internet et des télécommunications ont publié le 18 mai 2016 le « Plan d’action de trois ans pour la promotion de l’Internet Plus et de l’intelligence artificielle (2016-2018) », dont l’objectif est que le Chine ait achevé la structure industrielle du projet. Un système de services d’innovation et de standardisation devra avoir été mis en place et le niveau technologique ainsi que le degré d’industrialisation de l’IA devront avoir rattrapés la moyenne internationale ;
    • le ministère de l’Industrie et de l’Informatique et le ministère des Finances chinois ont publié le 28 septembre 2016 un document officiel intitulé « Modalités de mises en œuvre du projet de fabrication intelligente en Chine (2016-2020) » afin de promouvoir l’application industrielle de l’IA.
  • GE Healthcare dévoile de nouveaux smart dispositifs basés sur Edison, une plateforme dédiée à l’IA

    GE Healthcare va proposer de nouvelles applications et dispositifs intelligents basés sur Edison, une plateforme permettant d’accélérer le développement et l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) et de fournir des soins plus rapides mais aussi plus précis, a annoncé le conglomérat multinational américain dans un communiqué publié le 24 novembre 2018.

    Parmi ces nouveautés figurent deux solutions, pas encore disponibles sur le marché, que le groupe présente actuellement à la 104e réunion annuelle de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA)*, qui se tient du 25 au 30 novembre 2018 à Chicago, :
    • AIRx, une solution conçue pour détecter et prescrire automatiquement des imageries pour des examens neurologiques de routine et difficiles ;
    • Critical Care Suite, premier outil du genre à intégrer l’IA dans un appareil d’imagerie à rayon X.

    Edison fait partie du portefeuille numérique du groupe, qui représente un milliard de dollars (883 millions €), et sera placé au centre des partenariats et produits d’intelligence artificielle existants de l’entreprise. Les partenaires cliniques de GE Healthcare utiliseront la plateforme pour développer des algorithmes et les partenaires technologiques collaboreront avec la société pour intégrer aux applications et aux appareils intelligents Edison leurs dernières avancées en matière de traitement de données.

    4 nouveaux appareils

    Le marché de l’IA appliquée au secteur des soins devrait atteindre 5,8 Mds € en 2021

    Le marché de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine des soins devrait atteindre 6,6 milliards de dollars américains (5,8 Mds €) en 2021, indique GE Healthcare dans son communiqué, ajoutant que 39 % des dirigeants de prestataires de soins affirment investir dans cette technologie, et plus précisément dans l’apprentissage automatique (machine learning) et l’analyse prédictive (predictive analytics).

    À l’occasion de la 104e réunion annuelle de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA), le groupe présente les applications et appareils suivants, basés sur Edison :

    • AIRx : un outil de flux de travail automatisé basé sur l’IA pour l’IRM du cerveau visant à améliorer la cohérence et la productivité des professionnels de santé. Le produit a été conçu pour détecter et prescrire automatiquement des imageries pour des examens neurologiques de routine et difficiles afin d’obtenir des résultats cohérents et quantifiables. L’objectif est de réduire le risque de rappel d’un patient en raison d’un mauvais placement des coupes. La précision de l’image est particulièrement importante lors d’une évaluation longitudinale de maladies comme Alzheimer et la sclérose en plaques, commente GE Healthcare.
      AIRx propose un modèle de réseau neuronal pré-formé qui exploite des algorithmes d’apprentissage en profondeur et de reconnaissance de l’anatomie, basé sur une base de données de plus de 36 000 images provenant d’études cliniques et de sites de référence.
      • En attente de l’homologation 510(k) de la Food and Drug Administration (FDA). Non disponible à la vente.
    • Critical Care Suite, sur Optima XR240amx : premier appareil du genre à intégrer l’IA dans un appareil d’imagerie à rayon X. La solution a été élaborée pour identifier et hiérarchiser rapidement les cas critiques, tels que le pneumothorax. Elle utilise une suite d’algorithmes d’intelligence artificielle, conçue pour identifier avec une grande précision cette affection potentiellement mortelle qu’est le pneumothorax dans les radiographies du thorax.
      • En attente de l’homologation 510(k) de la Food and Drug Administration (FDA). Non disponible à la vente.
    • L’abonnement CT Smart (CT Smart Subscription) : donne accès à tous les logiciels les plus récents pour les appareils CT à tout moment. Les applications peuvent être sélectionnées en fonction des besoins propres à un hôpital ou à un système de santé, avec des options allant de la détection des hémorragies intracrâniennes et des accidents vasculaires cérébraux à l’optimisation de l’évaluation de la fonction cardiaque.
    • LOGIQ E10 : augmente la productivité du processus de segmentation des lésions par l’automatisation du procédé. La technologie éviter d’avoir à mesurer manuellement les lésions en segmentant une lésion identifiée du sein, de la thyroïde ou du foie et en fournissant automatiquement une trace de la lésion et de la zone correspondante.

    « Les deep data ont beaucoup de signification cachée mais il faut une grande sophistication pour en extraire la valeur, a déclaré la Dr Rachael Callcut, partenaire du développement de Critical Care Suite, professeure agrégée de chirurgie à l’université de Californie à San Francisco, chirurgien à l’UCSF Health et directrice de la science des données pour le Center for Digital Health Innovation de l’UCSF. L’intelligence artificielle nous donne l’occasion de voir des tendances que nous ne percevons pas et de changer notre façon de soigner les patients, ce qui peut finalement améliorer les résultats. »

  • « Usine Extraordinaire » : Sanofi présente le digital appliqué aux industries de santé au Grand Palais

    Fabrication de médicaments à la demande, supply chain, identification des risques d’infection, tels sont les innovations présentées au grand public par Sanofi lors de l’exposition Usine Extraordinaire, qui s’est tenue du  22 au 25 novembre au Grand Palais à Paris.
    Les innovations des industries de santé étaient portées par Sanofi aux côtés des géants de l’industrie automobile ou de l’énergie.

    Le programme complet de l’événement est disponible sur le site officiel de l’événement.

    4 innovations digitales IA, 3D et robots pour inventer l’usine de demain

    Comment se fabriqueront les médicaments de demain ? Dans quelle industrie alliant numérique et technologie, et comment ces nouvelles solutions répondront d’un côté aux enjeux industriels et aux attentes des patients et professionnels de santé ?

    C’est pour apporter des réponses à ces questionnements que s’est positionné le parcours proposé par Sanofi et ses partenaires sur le thème « Des territoires attractifs pour l’usine du futur, le digital appliqué aux industries de santé », dans le cadre de l’événement « L’usine extraordinaire » organisé au Grand Palais à Paris.

    Le parcours proposait 11 expériences pour comprendre et expérimenter comment les technologies digitales – « jumeaux numériques », réalité augmentée, robots collaboratifs, réalité virtuelle, des machines apprenantes grâce à l’intelligence artificielle… – interviennent dans toutes les étapes de la vie du médicament, de sa conception à sa distribution.

    Médecine personnalisée : impression 3D de médicament personnalisé réalisée demain à l’hôpital

    Le principe actif du médicament est inclus dans la substance qui servira de support à l’impression 3D. Plusieurs principes actifs peuvent être associés. Dans quelques années, une fois les aspects réglementaires réglés, les hôpitaux, certaines officines pourront proposer les médicaments personnalisés fabriqués à la demande adaptés aux besoins spécifiques des patients.

    • Phase de développement : étude de « faisabilité » dans l’hôpital (validation de la chaine jusqu’à la production pour le patient). En parallèle : démarches juridiques pour valider le cadre de responsabilité.

    Identification de l’habillage correct des personnes circulant en zone stérile

    Image et intelligence artificielle (IA) permettent l’identification en temps réel des personnes correctement habillées pour pénétrer dans un environnement stérile ou protégé. En test dans le monde industriel pour protéger certaines zones de fabrication, le logiciel peut être entrainé à identifier d’autres environnements : brancards oubliés dans un établissement de soins, personnels circulant dans une zone de bloc opératoire…

    • Phase de développement : technologie IA mature, process global en cours de finalisation.

    Contrôle de la stérilité dans une zone de fabrication de vaccins : robots et IA

    Le contrôle de la stérilité le long d’une chaine de fabrication de vaccins se fait à partir de la captation de données environnementales (air, …) mises en culture en boîtes de Petri. Les boîtes mettant en évidence une pousse bactérienne (moins de 10 % des boîtes) enclenchent une analyse de l’origine de la souillure.

    Processus entièrement manuel jusqu’à aujourd’hui, Sanofi et son partenaire Accenture proposent une solution utilisant IA et robots : les boîtes sont manipulées et analysées par un robot, l’intelligence artificielle classe les boîtes de pétri en 3 catégories :  stériles, à analyser ou douteuses.

    Relu par un homme, le classement final des boîtes douteuses permet l’entrainement de l’IA.

    • Phase de développement : premiers déploiements prévus en 2019

    Supply chain : éviter les ruptures de médicaments et réorganiser une chaîne d’approvisionnement en cas de crise avec l’IA

    Éviter les ruptures de médicaments, réorganiser une chaine d’approvisionnement en cas de problème climatique majeur, ou anticiper les besoins en cas d’épidémie en demandant à l’IA d’intégrer les éléments de toute la chaine de production, de l’achat des matières premières jusqu’à la livraison à l’hôpital ou l’officine, avec la prise en compte des aléas potentiels : début d’épidémie, tempête, tremblement de terre, etc.

    Cette organisation par l’intelligence artificielle permet d’anticiper, de gérer stocks et production, réseaux modifiés de livraison, sites de production partenaires, etc., et d’assurer au mieux la mise à disposition des médicaments nécessaires au bon endroit, au bon moment et en quantité nécessaire.

    • Phase de développement : premiers déploiements prévus en 2019
  • La base de données DRIM France IA, 1er écosystème d’IA d’imagerie médicale, sera lancée début 2019

    La base de données du premier écosystème d’intelligence artificielle d’imagerie médicale, baptisé « DRIM France IA », devrait être ouverte au cours du premier semestre 2019, a indiqué le 23 novembre 2018 à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), en partie à l’origine du projet. Il précise que l’un des objectifs est d’ouvrir cette base au DMP d’ici la fin 2019, soulignant qu’il s’agit d’une initiative « novatrice car déployée à échelle nationale ».

    L’outil, dont le lancement a été officialisé en octobre 2018 à l’occasion des Journées francophones de radiologie (JFR) par le Conseil national de la radiologie française (G4), a pour objectif de concevoir et d’exploiter « une base de données qualifiées d’imagerie autorisant le développement de programmes et d’applications en matière d’imagerie médicale au service des patients et de la santé publique », indique le communiqué.

    Cette base, qui recueillera les quelque 100 millions d’images produites chaque année dans les cabinets et services de radiologie publics et privés, tend à devenir l’une des plus grandes bases de données d’imagerie médicale au monde.
    Elle sera accessible aux entreprises industrielles, aussi bien aux grands groupes qu’aux start-ups, sous le contrôle d’un comité scientifique, qui « veillera au respect de la réglementation applicable à l’utilisation des données de santé ». Par son utilisation, ces derniers pourront développer des applications de recherche, de formation, d’évaluation, de prévention, de diagnostic, de thérapeutique et de suivi des patients.

    Un potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie

    Le Conseil national de la radiologie française (G4) à l’origine de DRIM France IA réunit le Collège des enseignants de radiologie de France (CERF), la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), la Société française de radiologie (SFR) et le Syndicat des radiologues hospitaliers (SRH).

    À son ouverture, la base de données, qui inclura l’ensemble des archives exploitables à disposition, sera dotée d’un « potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie médicale », a précisé à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson. « À ces données s’en ajouteront de nouvelles au fil du temps, environ 100 millions d’images étant produites chaque année en radiologie. »

    L’équipe en charge du projet est encore en discussion sur quelques aspects, notamment techniques, pour savoir si les données seront stockées par le biais de serveurs physiques ou non et aboutir à une intégration fluide de ces images dans l’optique que la base soit simple à utiliser et que le processus perturbe au minimum le workflow des radiologues.

    Vers un déploiement à d’autres disciplines et d’autres pays francophones

    « D’ici fin 2019, nous visons une ouverture au DMP », précise Jean-Philippe Masson, qui ajoute qu’à terme, l’objectif est d’étendre la base à d’autres spécialités utilisant l’imagerie (cardiologie, dermatologie, médecine nucléaire, etc.) et à d’autres pays francophones. « La Suisse a indiqué être intéressée mais, pour l’instant, nous allons rester concentrés sur la France », a-t-il annoncé.

    Il a souligné que les États-Unis étaient également intéressés par le projet et sa portée nationale, aucune base unifiée de ce type n’ayant pour l’instant été déployée à l’échelle du pays là-bas (la FNMR fait d’ailleurs partie du groupe « IA » de l’American College of Radiology).

    Composition du directoire de DRIM France IA

    La direction de DRIM France IA sera assurée par un directoire présidé par le Dr Bruno Silberman, radiologue à Paris et président de l’URPS médecins Île-de-France et composé d’un représentant de chaque membre du conseil professionnel de la radiologie, soit de :

    • Jean-Paul Beregi, chef du service de radiologie et d’imagerie médicale au CHU de Nîmes et vice-président de la Société française de radiologie (SFR) ;
    • Pierre Champsaur, chef du service d’imagerie médicale de l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille (AP-HM) et Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) ;
    • Jean-Yves Gauvrit, radiologue spécialisé en neuroradiologie à l’hôpital Pontchaillou du CHU de Rennes.

    Un conseil scientifique et un comité d’éthique en train d’être formés

    Par ailleurs, un conseil scientifique et un comité d’éthique sont en train d’être mis en place.

    Le premier sera présidé par Marc Zins, chef du service radiologie de l’hôpital Paris Saint-Joseph et le second par David Gruson, ex-délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF) et membre du comité de direction de la chaire santé de Sciences Po Paris.

    Le conseil scientifique « aura son mot à dire », explique Jean-Philippe Masson, en acceptant ou non les projets des industriels qui lui seront présentés. La constitution du comité d’éthique est par ailleurs pour lui « essentiel » car l’idée du projet est de proposer une base « indépendante des industriels ».

  • L’Asip et la CNSA publient un document pédagogique des bonnes pratiques sur le partage des données

    L’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip Santé) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ont publié en novembre 2018 un document pédagogique présentant des « retours d’expérience des bonnes pratiques sur l’échange et le partage de données de santé » afin d’accompagner au quotidien les acteurs du secteur médico-social, le sujet soulevant des « questions complexes et nouvelles » pour les professionnels, soulignent les auteurs du guide.

    Par ailleurs, l’Asip Santé est actuellement en train d’effectuer les démarches pour ouvrir la messagerie sécurisée de santé, MSSanté, au secteur médico-social afin de répondre à la loi de santé de 2016, qui a élargi le cercle des professionnels autorisés à échanger des informations patients.
    Cette messagerie n’étant pour l’instant ouverte qu’aux acteurs disposant d’une carte de professionnel de santé (CPS), il est nécessaire de revoir son fonctionnement. L’Asip, missionnée début 2016 sur ce projet par la délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) à la demande de la CNSA, cherche donc à faire évoluer ses règles pour que les professionnels de l’équipe de soins, quels que soient leurs profils, puissent accéder à la MSSanté.

    « Un retour d’expérience des acteurs de terrain des bonnes pratiques »

    Le document pédagogique conçu par la CNSA et l’Asip Santé vise à accompagner les professionnels qui « expriment depuis plusieurs mois un véritable besoin d’accompagnement sur la mise en œuvre pratique des notions d’échange et de partage de données de santé, indique l’Asip Santé sur son site dans une annonce publiée le 19 novembre 2018. Les questions juridiques restent en effet trop souvent complexes et nouvelles pour les acteurs du médico-social ».

    Un document pédagogique et non un cadre de référence national

    L’Asip et le CNSA précisent qu’il ne s’agit pas d’un cadre de référence national mais d’un « document faisant état d’un retour d’expérience des acteurs de terrain des bonnes pratiques en matière d’échange ». Il a été conçu pour aider les professionnels à identifier les différentes étapes à suivre pour échanger et partager des données de santé.

    Ce document étant générique, ses auteurs précisent que le professionnel « doit se l’approprier en tenant compte » :

    • « des règles propres à sa profession/fonction » ;
    • « des spécificités éventuelles de son processus de prise en charge » ;
    • « des moments clés de son intervention dans le parcours de la personne ».

    Les étapes a suivre pour l’échange et le partage des données de santé (Asip et CNSA)

    • Première étape : À quels moments clés de mon intervention dans la prise en charge de la personne dois-je m’interroger sur le respect des règles relatives à l’échange et au partage des données de santé ?
    • Deuxième étape : Suis-je dans l’une des 2 catégories de professionnels pouvant échanger ou partager des données de santé ?
    • Troisième étape : Est-ce que je participe directement à la prise en charge de la personne à des fins de coordination, continuité des soins ou suivi médico-social et social ?
    • Quatrième étape : Quelles sont les informations pertinentes pour la prise en charge que je peux échanger ou partager et avec qui ?
    • Cinquième étape : Quelles sont les règles et modalités d’information à respecter avant tout échange ou partage ?
      • identification des personnes à informer ;
      • contenu de l’information en cas d’échange ou de partage ;
      • moment de l’information ;
      • traçabilité et formalisation de la délivrance de l’information ;
      • effectivité et modalités d’exercice du droit d’opposition ;
    • Sixième étape : Suis-je dans un contexte d’« échange » ?
    • Sixième étape bis: Suis-je dans un contexte de « partage »?

    Le document distingue le cas d’un professionnel faisant partie d’une équipe de soins de celui qui n’en fait pas partie et qui doit donc recueillir le consentement de la personne pour le partage de ses données.

    La Cnil et l’Asip préparent un référentiel sur l’échange de données de santé par messagerie sécurisée

    Par ailleurs, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a annoncé en octobre 2018 qu’elle était en train d’élaborer avec l’Asip Santé un référentiel sur l’échange de données de santé par messagerie sécurisée à destination des professionnels et établissements de santé ainsi que les professionnels du secteur médico-social (voir article en lien ci-contre).

  • Ping An et la Chinese Nutrition Society cherchent à encadrer les substituts alimentaires via l’IA

    Ping An Healthcare and Technology (ou Ping An Good Doctor), première plateforme numérique chinoise de l’écosystème de la santé, a annoncé le 21 novembre 2018 la signature d’un partenariat stratégique avec la Chinese Nutrition Society (Société chinoise de nutrition).

    L’entreprise participera à l’élaboration de la première norme nationale sur les substituts de repas élaborée par la société chinoise, qui vise à promouvoir le développement normalisé du marché et sera publiée à la fin de l’année 2018. Pour ce faire, elle se basera sur ses solutions d’analyse des big data permettant d’évaluer de manière précise le physique des consommateurs au sein de son centre de remise en forme, lancé en septembre 2018, et ainsi de créer un dossier de santé personnalisé mais aussi d’affiner son service de coaching nutritionnel en ligne. L’idée à terme, par l’élaboration de cette norme, est de proposer des substituts plus adaptés aux besoins de santé et à la sécurité des patients.

    La Chinese Nutrition Society utilisera de son côté ses résultats de recherche dans le domaine de l’obésité et de la nutrition diététique pour améliorer de manière globale le niveau de service du centre de remise en forme Ping An Good Doctor, offrant aux consommateurs une solution scientifique, saine et efficace pour la perte de poids et l’amaigrissement.

    Substituts de repas en Chine : un vaste marché mal encadré

    Selon les chiffres officiels, le marché chinois de la perte de poids dans son ensemble a atteint 90 milliards de yuans (11 Mds €) en 2017 et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les substituts de repas amaigrissants, qui complètent le régime alimentaire d’une personne, sont largement favorisés par le marché.

    Un rapport de recherche approfondie sur la stratégie de placement et d’investissement du secteur de la perte de poids en Chine 2017-2023, publié par le cabinet Zhiyan Consulting, indique que le marché chinois dans ce secteur est principalement axé sur les substituts de régime pour maigrir et les produits de perte de poids en vente libre, le marché des substituts diététiques amaigrissants s’élevant à 750 millions de dollars américains (658 M €).

    Le besoin d’un encadrement par une orientation scientifique claire et des normes de production spécifiques

    En raison de l’absence de normes précises en la matière, le marché des substituts de repas n’est pas encadré par une orientation scientifique claire ni par des normes de production spécifiques. Cela a abouti à une industrie mixte de produits alimentaires et de boissons, au sein de laquelle les consommateurs éprouvent des difficultés à faire des choix.

    Les premières normes sur les substituts de repas en Chine, élaborées par la Chinese Nutrition Society, se concentreront sur l’amélioration des problèmes de développement de cette industrie.

    Plusieurs instituts de recherche, tels que l’Institut des sources nutritionnelles de Pékin et Ping An Good Doctor, ont participé à la formulation de cette norme visant à encadrer le développement sain de l’industrie en régulant la portée, la terminologie et les définitions des besoins en énergie et en nutriments ainsi que les exigences de sécurité et les instructions d’utilisation des substituts de repas.

    Une personnalisation de la consommation via l’analyse des big data

    « Les substituts de repas ne conviennent pas à tout le monde et certains consommateurs doivent augmenter leur activité physique en même temps, commente Wang Tao, le P.-D.G. de Ping An Good Doctor, dans le communiqué. En évaluant le physique des consommateurs, Ping An Good Doctor utilise un processus de détection mature reposant sur [l’analyse des big data]. Le physique de l’utilisateur peut être évalué sous plusieurs aspects, ce qui permet de créer un dossier de santé personnalisé, et des nutritionnistes en ligne délivrent des conseils professionnels en matière de minceur [pour optimiser les résultats]. »

    Après la publication de la norme, le centre de remise en forme de Ping An Good Doctor se chargera de répondre aux exigences de cette réglementation, d’améliorer constamment les produits et de fournir des aliments de substituts plus adaptés aux besoins de santé et à la sécurité des patients.

    Un centre de remise en forme axé sur l’utilisation de l’IA

    Le centre de remise en forme de Ping An Good Doctor a été officiellement lancé à la fin du mois de septembre 2018.

    Il comprend des consultations en ligne, des programmes, des informations, une communauté et un centre commercial centrés sur la perte de poids.

    Une technologie d’intelligence artificielle pour personnaliser les solutions proposées en fonction des profils

    La technologie de l’intelligence artificielle y est utilisée pour aider les diététiciens et les instructeurs de fitness à fournir aux utilisateurs des solutions scientifiques personnalisées et variées de gestion du poids.

    L’établissement propose le premier produit de perte de poids de Ping An, baptisé « Happy Fit », un substitut de repas. En ajustant la composition du régime alimentaire, la solution aide le corps à convertir le sucre en énergie, puis complète les substituts de repas riches en protéines et en fibres alimentaires, ayant permis « à plus de 18 000 utilisateurs de maigrir sainement et de perdre en moyenne plus de 3,5 kilos par mois », note le communiqué.

  • Malaisie : le ministère de la Santé va déployer des applis pour encourager les modes de vie sains

    « Les solutions de santé numériques peuvent être un catalyseur de changement de comportement« , a déclaré le Dr Feisul Mustapha, directeur adjoint de la division des maladies non transmissibles au département du contrôle des maladies du ministère de la Santé de Malaisie, lors du sommet Innovation Labs World, qui s’est tenu à Singapour en septembre 2018.

    Le Dr Mustapha, qui pointe du doigt le manque de dépistage de certaines maladies au sein de la population, a précisé que le ministère était en train de collaborer avec des sociétés privées dans l’optique de développer des applications mobiles permettant d’encourager l’adoption d’habitudes saines au quotidien, au niveau alimentaire mais aussi de l’activité physique, dont :

    • Naluri : un coach virtuel dont les instructions reposent sur un programme personnalisé basé sur un système d’intelligence artificielle ;
    • BookDoc Activ : une solution qui incite à effectuer un nombre minimum de pas par mois en fonction du profil de l’utilisateur.

    Le manque de dépistage, un problème de santé central en Malaisie

    Selon les chiffres officiels, plus de 50 % des Malaisiens sont en surpoids ou souffrent d’obésité. Par ailleurs, plus du tiers de la population souffre d’hypertension, plus de la moitié a un taux de cholestérol élevé et 17 % de la population est atteinte de diabète, du moins en ce qui concerne les personnes diagnostiqué, autant de pathologies pouvant découler d’une surcharge pondérale.

    Le Dr Feisul Mustapha s’inquiète des cas diagnostiqués, non seulement pour le diabète mais aussi pour l’hypertension (source : Govinsider.asia). Un problème, qu’il juge inquiétant, et qui serait selon lui lié à l’absence de dépistage, a-t-il déclaré.

    Son objectif est ainsi de renforcer la prévention en influençant des changements de comportements, notamment par le biais des nouvelles technologies.

    Un manque de littératie en santé

    Le Dr Feisul Mustapha avance que l’un des principaux défis à relever est de davantage sensibiliser les Malaisiens sur les questions de santé, qui ne constituent pas une priorité pour les citoyens, a-t-il relevé. Il site en exemple les assurés de la Caisse de prévoyance des employés, qui n’ont été que 20 % a utiliser des « bons » de dépistage pour certaines maladies, alors qu’il leur permettait de réaliser l’examen gratuitement.

    La dernière enquête nationale sur la santé et la morbidité réalisée en Malaisie montre que les connaissances en matière de santé chez les adultes ne représentent que 6,6 % de l’ensemble des informations existantes sur le sujet.

    Le Dr Mustapha a pourtant chercher, dans le cadre de ses fonctions, à élargir les connaissances en santé, non seulement sur le plan de la sensibilisation mais aussi sur la manière dont elles sont comprises et appliquées. « Vous pouvez être éduqué, vous pouvez avoir un bon travail mais cela ne se traduit pas nécessairement par une forte littératie en matière de santé », a-t-il déclaré.

    Informer ne suffit pas

    Le responsable a cependant mis en garde, remettant en cause l’idée commune selon laquelle la prise de conscience et la connaissance des problèmes de santé conduiront au changement. « Si c’était le le cas, aucun médecin ne fumerait et tous les médecins exerceraient 150 minutes d’activité physique par semaine et mangeraient cinq portions de légumes », a-t-il ajouté.

    Des solutions de santé numériques comme « catalyseur de changement »

    « Les solutions de santé numériques peuvent être un catalyseur de changement de comportement », a-t-il expliqué.

    Le ministère de la Santé collabore à ce sujet avec le secteur privé pour fournir des applications qui encouragent les comportements sains.

    Naluri, une application mobile pour encourager les comportements sains

    Il cherche notamment à développer Naluri, une application basée sur l’intelligence artificielle qui fonctionne comme un coach visant à encourager des habitudes saines. L’application exploite l’analyse des big data pour répondre aux spécificités de langue, de culture et de mode de vie de chque utilisateur, et pour permettre l’accès à des coachs professionnels qualifiés, a expliqué le Dr Feisul Mustapha.

    BookDoc Activ, une application pour inciter à marcher

    BookDoc Activ est une autre application de ce type. Elle délivre des récompenses par niveau pour atteindre un nombre de pas quotidien moyen spécifique chaque mois.

    Le ministère collabore avec les développeurs de l’apparail pour étendre sa fonctionnalité et créer des interactions plus globales et dynamiques.

  • Blockchain : malgré l’enjeu stratégique, les entreprises européennes tardent à se saisir du sujet

    La blockchain est perçue comme une innovation technologique comme une autre avec un avantage compétitif, tel est le constat dressé par le cabinet Cognizant, entreprise suisse de conseil en technologies et en numérique dans son étude  « Blockchain in Europe: Closing the Strategy Gap » . Publiée à l’occasion de la conférence « Blockchain Paris » qui se tiendra les 27 et 28 novembre 2018, elle dresse un état des lieux de l’avancée de la technologie dans les entreprises européennes. 

    Selon le rapport, 83 % des chefs d’entreprise européens sont pleinement conscients du potentiel présenté par la blockchain et 97 % déclarent avoir défini leur stratégie sur le sujet. Néanmoins, la blockchain est traitée par les entreprises comme n’importe quelle autre innovation technologique et son avantage compétitif est mis en avant plutôt que pour son potentiel de rupture.

    L’étude montre que de nombreuses entreprises en Europe travaillent déjà sur divers cas d’utilisation de la blockchain dans un grand nombre de domaines, l’accent étant mis sur les opérations et l’IT. Les Européens sont néanmoins moins enthousiastes que les américains sur l’importance de l’impact de la blockchain sur les processus de l’entreprise.

    La moitié des répondants (49 %) a déclaré que la blockchain enrichirait les modèles d’exploitation actuels, sans les modifier radicalement.

    Selon Cognizant, l’approche par écosystème ouverte requise par la blockchain nécessitera un changement radical de mentalité, y compris la nécessité de collaborer avec des partenaires externes comme peu d’entreprises l’ont fait auparavant. Or, moins du tiers des répondants a déclaré avoir commencé à travailler avec des parties prenantes externes, telles que des partenaires de l’industrie ou des concurrents.

    Du côté des startups, nombre d’entre elles ont des idées qui « semblent excellentes » ou prétendent s’attaquer à un énorme problème mondial mais elles manquent de spécificité sur le problème à résoudre et d’une profonde compréhension du marché et des mécanismes d’incitation, y compris des domaines de concurrence pour les acteurs du marché et leurs liens de collaboration.

    Sur la santé, Berlin est vu comme un pôle clé de la blockchain en Europe avec la présence du think tank Blockchain for Science, qui explore les possibilités d’utilisation de la blockchain en tant que plateforme « open science ».

    D’autres projets abordent la nécessité d’une plus grande transparence dans les publications de recherche médicale, telles que PEvO21 et le projet Zille de BITS (Blockchain for Independent and Transparent Science), qui introduit un «jeton de transparence» sur la blockchain en tant que preuve symbolique de la neutralité sur le marché de la publication de recherche scientifique.

    Pour aller plus loin et dépasser les freins, Cognizant préconise aux entreprises 4 axes de travail : 

    • voir la blockchain non pas comme une technologie mais un nouveau modèle de marché ;
    • développer des cas d’usages et des prototypes spécifiques à la blockchain ;
    • creuser en profondeur les problématiques à adresser avec la blockchain ;
    • définir des scénarios business basés sur la blockchain.
  • Étude : le potentiel des miroirs intelligents pour surveiller notre santé (Nature’s Digital Medicine)

    Des chercheurs américains de l’école de médecine Mount Sinaï (New York) ont enquêté sur le potentiel des miroirs intelligents dans le domaine de la santé. Les prototypes de miroirs équipés de capteurs 3D, de microphones, de caméras, et connectés à un ordinateur avec un logiciel reposant sur l’intelligence artificielle peuvent enregistrer des données physiologiques, réaliser des diagnostics et délivrer des conseils en conséquence, ont-ils remarqué.

    Les auteurs de cette étude*, publiée le 8 novembre 2018 dans Nature’s Digital Medicine, estiment que ces équipements commenceront par être utilisés dans un univers médical avant d’être intégrés dans la vie quotidienne.

    Des miroirs 2.0 dotés d’intelligence artificielle

    Utilisés surtout dans les industries automobile, textile ou pour sécuriser une maison, les miroirs intelligents commencent à se développer dans le domaine de la santé.

    Concrètement, un vulgaire miroir peut devenir « intelligent » en plaçant une feuille de verre semi-transparente sur un écran numérique et en connectant ce matériel à un ordinateur avec des données entrantes et une caméra. L’écran peut afficher des informations en temps réel sur les conditions météorologiques ou de trafic, des alertes par e-mail et des calendriers, ainsi que des données collectées via des dispositifs portables.

    Le Smart Mirror 2.0 intègre quant à lui des capteurs multimodaux (plusieurs caméras, détection de mouvement, lasers, microphones, haut-parleurs), ainsi que des logiciels basés sur l’intelligence artificielle (AI) et sera donc capable de suivre l’activité, de surveiller l’état de santé et les mouvements de l’utilisateur, puis d’associer des informations contextuelles, telles que la météo, le calendrier et la localisation, avec des biomarqueurs numériques de santé.

    Ces outils s’inscrivent dans la droite ligne de la médecine personnalisée.

    Des chercheurs américains de l’école de médecine Mount Sinaï de New York ont essayé de construire un miroir intelligent à partir d’un écran LCD recouvert d’un verre semi-transparent. Leur prototype intégrait différentes fonctionnalités : les prévisions météorologiques, les données environnementales, la reconnaissance des visages, la localisation, la détection de l’humeur et l’estimation de la fréquence respiratoire.

    Premier constat : ces services standards ne sont pas encore totalement au point et nécessitent donc des recherches. Cependant, « nous avons la confirmation qu’il est possible de créer une architecture pour les miroirs intelligents pouvant être ajustée par un utilisateur en fonction de ses besoins », ont indiqué les chercheurs.

    Des prototypes capables de détecter le rythme cardiaque

    D’ailleurs, plusieurs prototypes existent déjà, tels que le Wize Mirror, équipé notamment de capteurs 3D et de caméras multi-spectrales, qui est capable de détecter la pâleur du visage, la graisse de ses tissus ou encore les expressions faciales et qui pourrait en déduire des informations sur le poids, la consommation de tabac, le stress ou encore le rythme cardiaque.

    Même si les premières expérimentations sont encourageantes, le développement du produit n’en est qu’au stade du prototype. Les chercheurs se sont interrogés pour savoir quand les miroirs intelligents rentreront dans la pratique. Ils font le pari que les progrès en matière d’intelligence artificielle vont booster ces dispositifs.

    Ils estiment qu’ils devraient commencer à changer la donne dans 4 domaines : l’ophtalmologie, la dermatologie, l’anthropométrie et le mouvement fonctionnel.

    Des miroirs intelligents pourraient décrypter les postures corporelles et poser des diagnostics orthopédiques.

     » Nous pensons que cinq applications médicales en bénéficieront le plus : la surveillance passive, la surveillance dynamique, la détection numérique de biomarqueurs, la télémédecine et la condition physique, indiquent les auteurs de cette étude. Toutes les données peuvent être collectées silencieusement sans aucune interaction gênante et fournies aux utilisateurs (ou partagées avec les médecins) uniquement sur demande (ou en présence d’anomalies) et éventuellement sous forme de résumés ou de tendances. Cela aide à minimiser le risque que les individus soient inondés avec trop d’informations à traiter et qu’ils puissent décider d’éliminer certains des signaux. »

    Se regarder pour percevoir les 1ers signes cliniques

    Les auteurs de ce travail considèrent que des caméras intégrées dans le miroir de la salle de bains ou ailleurs dans la maison pourraient aider à prédire de manière plus passive les problèmes de santé avant qu’ils ne se manifestent cliniquement. Les miroirs intelligents pourraient aussi faire leur entrée dans les gymnases et aider les personnes à élaborer des programmes personnalisés d’entrainement physique.

    Un besoin d’encadrement éthique

    Cependant, un tel développement nécessite encore des progrès technologiques pour que les miroirs enregistrent des données fiables.

    Par ailleurs, les données prouvant que ces données servent la médecine préventive manquent encore.

    Enfin, des questions éthiques se posent, et notamment concernant la confidentialité des données. « L’utilisation de caméras et de microphones pour collecter des données ainsi que le transfert de ces données vers des systèmes de stockage sur le cloud doivent être réglementés par des protocoles stricts qui font actuellement défaut », notent les chercheurs.

    En outre, certaines personnes pourraient ne pas vouloir tout savoir sur leur état de santé mais seulement souhaiter être informées sur certains aspects. « Des règles strictes sur l’étendue de la surveillance passive peuvent être nécessaires », préviennent les auteurs ce travail paru dans Digital Medicine le 8 novembre 2018.

    En conclusion, ils estiment que les miroirs intelligents pourraient devenir de vrais outils sanitaires, en étant utilisés en premier lieu en clinique puis intégrés ensuite un environnement domestique, comme cela a été le cas pour les glucomètres et les tensiomètres.