DM

  • VivaTech2019 : Alibaba Cloud aide les sociétés health tech françaises à se lancer en Chine (Q. Liu)

    « La stratégie d’Alibaba Cloud en France s’articule autour de 3 axes, explique (Kévin) Qunkai Liu, directeur France de l’entreprise :
    • développer un écosystème local en nouant des partenariats avec des distributeurs, des revendeurs et des intégrateurs de logiciels ;
    • aider les sociétés françaises, dont les start-ups, à se développer en Asie, et en particulier en Chine, parce que c’est notre marché de base ;
    • aider ces sociétés dans leur transformation digitale via l’expérience du groupe Alibaba en Chine, « qui est aujourd’hui un marché très innovant ».

    Dans le cadre d’un entretien accordé à Health& ech Intelligence au cours du salon VivaTech 2019, Qunkai Liu reconnaît que les entreprises qui souhaitent se développer à l’international doivent regarder du côté des États-Unis mais estime qu’elles doivent aussi regarder du côté Est, insistant sur le fait « qu’il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique ». Il revient par ailleurs sur la participation d’Alibaba Cloud au développement de solutions basées sur l’IA dans le domaine de la santé et sur la stratégie « got to market » de l’entreprise, expliquant que son objectif est d’être intégrée dans l’écosystème. « Nous ne pouvons pas être champions dans tous les domaines, précise-t-il. En revanche, nous pensons que nous sommes bien positionnés dans la technologie des données. »

    « Il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique »

    En quoi le marché chinois est intéressant pour les entreprises françaises, et notamment de santé, par rapport au marché américain par exemple ?

    Le marché chinois est intéressant de part sa taille. Il y a 1,386 milliard d’habitants (chiffres 2017) donc un nombre très important de consommateurs potentiels. La Chine est le premier consommateur au monde dans les domaines du luxe, du jeu, du manufacturing et de la santé.

    Une entreprise qui veut se développer à l’international doit bien sûr aller aux États-Unis mais il ne faut pas négliger le potentiel et la taille du marché asiatique.

    Alibaba Cloud propose un accompagnement sur le plan réglementaire

    Existe-t-il des aides particulières pour soutenir le développement d’entreprises étrangères en Chine ?

    En ce qui concerne les politiques gouvernementales sur le sujet, je peux difficilement vous répondre mais je sais qu’il existe des parcs de scientifiques technologiques qui facilitent l’implantation des sociétés tech européennes en Chine.

    Du côté d’Alibaba Cloud, nous aidons ces sociétés dans le déploiement de leur plateforme digitale mais nous les accompagnons aussi dans leur mise en conformité avec la réglementation qui encadre le marché chinois parce que, comme en France et en Europe avec le RGPD, il y a aussi en Chine des lois relatives à la sécurité des données.

    Que pensez-vous justement du RGPD ?

    Le RGPD n’est pas problématique de mon point de vue parce que c’est une norme industrielle. C’est même positif parce qu’il s’agit d’une norme transparente, qui définit les règles. Toutes les entreprises doivent donc les suivre. C’est bien.

    En Europe, vous êtes implanté à Londres (territoire UK et pays nordiques) et en Allemagne (Pays de l’Est et Europe centrale). Pourquoi avoir choisi de vous implanter aussi en France ?

    Tout d’abord, la France est un grand pays du retail, du luxe et de la fintech notamment, des domaines qui nous concernent.

    Le marché français est aussi intéressant en termes de business parce qu’il y a des milliers d’entreprises françaises qui se développent en Chine actuellement.

    Par ailleurs, il y a un lien amical entre les deux pays. La Chine n’a pas oublié que la France avait été le premier pays à reconnaître la République populaire Chine par le biais du général de Gaulle (janvier 1964).

    « Nous ne sommes pas directement fournisseur de solutions de santé mais nous permettons d’en développer »

    Quelle est précisément votre stratégie en terme de « go to market », et notamment dans le domaine de la santé ?

    Notre stratégie est de développer l’écosystème. Cet écosystème est verticalisé. Parmi celui-ci, nous avons des partenaires dans le domaine du retail et aussi dans celui de la santé. Notre préoccupation est de savoir comme rendre le plus robustes et le plus riches possibles nos capacités en termes de traitement de données pour que nos partenaires dans les métiers de la santé puissent en profiter et mettre en œuvre des solutions permettant d’améliorer l’offre de soins.

    Nous ne sommes pas directement fournisseur de solutions de santé mais nous permettons d’en développer.

    La santé est de plus en plus digitalisée. Au cœur de cette numérisation se trouve le traitement des données, l’idée étant de proposer un traitement à la fois plus performant mais aussi plus intelligent. C’est la même problématique quel que soit le secteur, santé, retail ou fintech.

    Notre stratégie en termes de « go to market » c’est d’être intégrés parce que nous pensons que nous ne pouvons pas être champions dans tous les domaines. En revanche, nous pensons que nous sommes bien positionnés dans la technologie des données.

    « ET Medical Brain » : Alibaba Cloud exploite l’IA pour le domaine de la santé

    Alibaba Cloud est spécialisé dans l’intelligence artificielle, et plus précisément le machine learning (apprentissage automatique). Quelle est précisément votre activité dans ces domaines en santé ?

    Nous sommes au tout au début de notre implantation en France (l’équipe française a été constituée en 2016 et compte actuellement une vingtaine de collaborateurs) et nous en sommes pour l’instant qu’au stade premier de notre développement dans le domaine de l’IA et des big data, d’autant plus qu’ici, une certification doit être obtenue pour pouvoir traiter les données de santé.

    En Chine, en revanche, nous avons participé au développement de plusieurs solutions. Nous utilisons l’IA dans la santé à travers un projet labellisé « ET Medical Brain ». Dans ce cadre, nous aidons par exemple les professionnels de santé à analyser des images médicales via des systèmes basés sur du machine learning dans l’optique de mieux identifier les nodules dans les poumons.

    Nous avons aussi dans notre infrastructure des solutions pour des sociétés spécialisées dans le domaine de l’analyse génétique. Il s’agit ici de traitement de masse (mass processing) de données. L’avantage d’Alibaba Cloud, c’est que nous disposons d’une plateforme robuste qui peut supporter cette analyse de big data.

    L’Assemblée nationale a voté le 8 avril en première lecture l’instauration d’une taxe sur les géants mondiaux du numérique. Cette taxe inquiète-t-elle un géant du numérique comme Alibaba ?

    Je ne suis pas habilité à vous répondre sur ce sujet en ce qui concerne le groupe Alibaba. Pour Alibaba Cloud, cela ne nous concerne pas. Nous sommes soumis à la loi française comme n’importe quelle entreprise locale.

  • Étude : l’IA pourrait prédire décès et crises cardiaques avec une précision de 90 % (congrès)

    Des chercheurs finlandais ont développé des algorithmes qui se sont révélés capables de prédire les risques de décès et de crise cardiaque avec une précision de plus de 90 %. Quelque 85 variables issus de 950 patients suivis pendant 6 ans ont été compilées et le système d’intelligence artificielle (IA) a ainsi été capable d’établir des corrélations plus fiables que les scores de risque habituels. Les résultats de cette étude* ont été présentés le 12 mai 2019 lors de la Conférence internationale sur la cardiologie nucléaire, qui se tenait à Lisbonne du 12 au 14 mai.

    La prédiction des risques individuels à l’heure de l’intelligence artificielle

    Évaluer le risque d’une complication, d’une maladie, voire d’un décès est un genre d’exercice auquel sont habitués les médecins. Ils utilisent tous des scores de risque pour les aider à prendre des décisions de traitement. Cependant, ces scores ne sont basés que sur une poignée de variables et ont souvent une précision modeste chez chaque patient. Pourtant, plus le nombre de variables augmente, plus la précision s’affine.

    C’est pourquoi l’intelligence artificielle (IA) ouvre des horizons en matière de prédiction des risques individuels. Une équipe de chercheurs finlandais du centre Turku Pet, un institut national finlandais de recherche sur l’utilisation des isotopes émetteurs de positons à courte durée de vie dans le domaine de la recherche médicale, vient de le démontrer. Ils ont mis au point des algorithmes d’apprentissage automatique sur un jeu de données de près de 1 000 patients.

    85 variables pour construire un algorithme

    Un scanner d’angiographie coronarienne par tomographie assistée par ordinateur a fourni 58 données de données sur la présence de plaque coronaire, le rétrécissement des vaisseaux et leur calcification. Les personnes dont le scanner évoquait une maladie étaient soumises à une tomographie par émission de positrons (TEP), qui produisait 17 variables sur le débit sanguin.

    10 variables cliniques ont par ailleurs été obtenues à partir des dossiers médicaux, y compris des informations sur le sexe, l’âge, le tabagisme et le diabète.

    Ces data incluaient donc des douzaines de variables que l’ordinateur devait digérer afin d’établir des corrélations entre les cas de décès et de crise cardiaque. Au total, l’algorithme, nommé « Logibost », a pris en compte 85 variables.

    Les résultats de ces travaux ont été présentés le 12 mai 2019 lors de la Conférence internationale sur la cardiologie nucléaire, qui se tenait à Lisbonne du 12 au 14 mai.

    Résultats : une prédiction des risques de décès et de crise cardiaque très précise

    L’algorithme a « appris » comment les données d’imagerie interagissaient. Il a ensuite identifié des profils corrélant les variables à la mort et à la crise cardiaque avec une précision de plus de 90 %. En fait, les performances prédictives ont augmenté de manière significative lorsque les données de scanner d’angiographie coronarienne par tomographie assistée par ordinateur ont été ajoutées aux données cliniques et aux données du PET, atteignant ainsi une précision de plus de 90 %.

    Pendant les 6 ans de suivi, 24 crises cardiaques et 49 décès avaient été enregistrés dans cette population.

    « Ces progrès vont bien au-delà de ce qui a été fait en médecine, où nous devons être prudents quant à la manière dont nous pouvons évaluer les risques et les résultats. Nous avons les données mais nous ne les utilisons pas encore pleinement », a déclaré le Dr Luis Eduardo Juarez-Orozco, du Centre PET de Turku, auteur de l’étude.

    Grâce à la répétition et à l’ajustement, l’apprentissage automatique peut exploiter de grandes quantités de données et identifier des modèles complexes qui peuvent ne pas être évidents pour l’Homme. Les scores de risque traditionnels ne sont basés que sur une poignée de variables et ont souvent une précision modeste chez chaque patient.

    L’IA permet de penser en 5 dimensions

    « Les humains ont beaucoup de difficulté à penser en plus de trois ou quatre dimensions. Au moment où nous sautons dans la cinquième dimension, nous sommes perdus, comment le principal auteur de ces travaux. Notre étude montre que les modèles à très haute dimension sont plus utiles que les modèles à une seule dimension pour prédire les résultats chez les individus et que, pour cela, nous avons besoin d’un apprentissage automatique.

    Les chercheurs en concluent qu’une telle approche via l’intelligence artificielle devrait leur permettre d’affiner les traitements personnalisés et finalement d’aboutir à de meilleurs résultats pour chaque patient.

  • PHW 2019 : la e-santé au cœur d’un grand atelier et de 4 agoras (Cyrille Politi, FHF)

    « Dans le domaine de la e-santé, il y a aura notamment un grand atelier de l’innovation sur les enjeux du numérique et 4 agoras : une première sur l’IA, une deuxième sur le RGPD, une troisième sur l’évolution de la charte des bonnes pratiques BP6 face au développement du numérique et une autre dédiée à la télémédecine« , résume à propos de la Paris Healthcare Week* (PHW) Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la Fédération hospitalière de France (FHF), à quelques jours de l’événement, qui se tiendra du 21 au 23 mai à Paris.

    • Atelier de l’innovation : « Enjeux du numérique : 2h pour comprendre et décider » – 22 mai, 9h30-11h30
    « Cet atelier fait partie des grands événements du salon, commente Cyrille Politi. L’idée est de laisser parler les intervenant pour que chacun puisse exposer un regard critique et permettre aux auditeurs de se faire leur propre idée sur le sujet ».
    Parmi les intervenants : Dominique Pon, responsable stratégique et/ou Laura Létourneau, déléguée opérationnelle, ainsi que Stéphanie Combes, préfiguratrice du Health Data Hub (HDD) à la Drees. Quand on l’interroge sur le concept d’État-plateforme, au centre de la feuille de route du numérique en santé, Cyrille Politi répond que le message à retenir pour les acteurs est qu’ »il faut se lancer ». « Je soutiens et encourage totalement l’initiative, et même si le projet de « store » n’aboutit pas, ce n’est pas grave, cela aura permis d’avancer, notamment sur le sujet de l’interopérabilité. »

    • Il cite également une « deuxième grande conférence » sur la e-santé, axée sur « le numérique au service du Grand Âge » : 23 mai 2019, 9h30-11h30.

    • 4 agoras :
    – « RGPD : Un code de conduite pour les établissements sanitaires et médico-sociaux » : 22 mai, 13h-14h
    Il s’agit d’un « autre temps fort » du salon, souligne Cyrille Politi, précisant que Marie-Laure Denis, présidente de la Cnil, et Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, feront partie des intervenants.
    – « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? » : 21 mai, 15h-16h
    – « Chartes de bonnes pratiques : de BP6 à BP7 clients et fournisseurs affinent leurs relations » : 22 mai, 17h15-18h
    – « La télémédecine et l’hôpital, pour qui ? pour quoi ? pour quand ? » : 23 mai, 12h15-13h

    1 atelier de l’innovation

    Mercredi 22 mai 2019 – 9h30-11h30 : « Enjeux du numérique : 2h pour comprendre et décider »

    • Lieu : salle S03, hall 7.3 (rentrer par le hall 7.2)

    Modérateur : Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la FHF

    Résumé : faire le point des grands chantiers SI et numérique nationaux dans une vision prospective pour l’usager du système de santé et les impacts pour les structures et leurs organisations.

    Déroulé et principaux points développés par les intervenants :

    • La stratégie de transformation numérique en santé et l’espace numérique en santé
      • Dominique Pon, responsable stratégique et/ou Laura Létourneau, déléguée opérationnelle
    • Programmes Hop’en et e-parcours (objectifs, pilotage, financements)
      • Marie-Anne Jacquet, sous-directrice DGOS
    • Créer, protéger, valoriser la donnée de santé
      • Stéphanie Combes, préfiguratrice du Health Data Hub à la Drees
    • Le DMP et l’hôpital
      • Yvon Merlière, directeur du projet DMP à la Cnam
    • L’application du RGPD dans l’hôpital, un défi et une chance
      • Thomas Dautieu, directeur de la conformité à la Cnil
    • Grand témoin : les enjeux de l’expérience patient à travers les Prems et les Proms
      • Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé

    Plus de 600 inscrits à date.

    Mots-clés : actualité numérique, système d’information, projets, financements, orientations stratégiques, pilotage.

    Conférence « Le numérique au service du Grand Âge »

    Jeudi 23 mai 2019 – 9h30-11h30 : « Risque de déshumanisation ou accompagnement au mieux vivre ? »

    • Lieu : salle S03, hall 7.3

    Modérateur : Luc Broussy, président France Silver Eco

    • Réflexion introductive, l’Homme, le robot, le grand âge, un trio conciliable ?
      • Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie HDR, spécialiste des interrelations entre l’homme et ses artefacts, membre de l’Académie des technologies.
    • Gérontechnologies, environnements intégrés, usages et opportunités
      • Pr Cédric Annweiler, Living lab gériatrique du CHU d’Angers
    • Robots sociaux, une étude-recherche pour objectiver les impacts
      • Isabelle Dufour, déléguée générale, gérontopôle d’Île-de-France
    • Living lab, patient cobaye et enjeux éthiques ? Les questions du facteur humains dans l’évaluation des technologies
      • Sylvia Pelayo, responsable e-santé et usages, CHRU de Lille

    Conférence pilotée par le Comité scientifique de la FHF.

    4 agoras dédiées à la e-santé

    Mardi 21 mai 2019 – 15h-16h : « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? »

    • Lieu : agora FHF, stand FHF, hall 7.2

    Modératrice : Dr Salima Benhamou – France Stratégies

    Résumé : Après le remise du rapport Villani et de celui de France Stratégies, le président de la République a annoncé un grand plan IA français avec comme priorités le véhicule autonome et la santé. Les lancements notamment, de la « plateforme de données de santé » (Health Data Hub), des instituts 3IA, des appels à manifestation d’intérêt…, doivent permettre le développement de l’IA dans la santé.

    Intervenants :

    • Retour d’expériences d’IA dans des établissements pionniers
      • Dr Emmanuelle Séjourné, radiologue
    • Chercheurs, utilisateurs, industriels, quelles synergies ? Regards croisés
      • Professeur Zyed Zalila, professeur à l’université de technologie de Compiègne
      • Docteur Frédéric Martineau, radiologue GHT de la Côte basque
      • Docteur Icham Sefion, Syntec Numérique
    • Appel à Manifestation d’Intérêts : une opportunité pour se lancer
      • Madame Sandrine Degos, Care Insight

    Mots-clés : intelligence artificielle, financement, pilotage projet, start-up, recherche, institut 3IA, médecine 3P.

    Mercredi 22 mai 2019 – 13h-14h : « RGPD : Un code de conduite pour les établissements sanitaires et médico-sociaux »

    • Lieu : agora FHF, stand FHF, hall 7.2

    Modérateur : Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la FHF

    Résumé : La mise en œuvre du RGPD dans est une obligation dans les établissements sanitaires et médicaux-sociaux. Il est essentiel que les établissements puissent se mettre en conformité de façon sécurisée et facilitée. C’est pourquoi la Cnil et la FHF ont décidé de travailler en étroite collaboration au travers du comité DPO fédéral.

    Intervenants :

    • Les enjeux de la coopération Cnil / FHF et ses premières réalisations :
      • modérateur : Benoit Louvet, fondateur de Mon DPO Santé 
      • Marie-Laure Denis, présidente de la Cnil
      • Zaynab Riet, déléguée générale FHF
    • Le code de conduite « information des usagers », les outils d’échanges et partage avec les DPO :
      • Thomas Dautieu, directeur de la conformité Cnil
      • Ingrid Nkouenjin, cheffe de service outils de conformité Cnil
      • Dr Moufid Hajjar, information médicale et DPO CHU Bordeaux
      • Armande François, DPO AP-HP
      • Guillaume Deraedt, DPO GHT Lille
      • Bélaïd Ait-Hamouda, DPO GHU Paris
      • Yohann Fourchon, DPO Côtes-d’Armor
      • Fabien Viry, RSI de la FHF
    • Prospective : la mise en conformité, et après ?
      • Me Laurent Houdart, cabinet Houdart et associés

    Mots-clés : RGPD, Cnil, code de conduite, droit patient, information patient, usager, médico-social.

    Mercredi 22 mai 2019 – 17h15-18h : « Chartes de bonnes pratiques : de BP6 à BP7 clients et fournisseurs affinent leurs relations »

    • Lieu : agora HIT – IT

    Modératrice : Maître Géraldine Salord, avocate au sein du cabinet Metalaw

    Résumé : Les fédérations d’établissements hospitaliers et médico-sociaux ainsi que les associations et fédérations de représentatives des industriels ont co-signé la charte de bonnes pratiques BP6. Quelques années plus tard, les technologies, le virage numérique, les attentes des usagers, la réglementation, l’écosystème… ont évolué. De ce fait, les bonnes pratiques aussi évoluent, et l’ensemble des parties prenantes à la charte BP6 a souhaité élargir le champ de cet engagement conjoint, dans la continuité des travaux réalisés.

    Intervenants :

    • Cyrille Politi, FHF
    • Jean-François Goglin, Fehap
    • Guilherme Pontes, FHP
    • Charlotte Hammel, Asinhpa
    • Isabelle Zablit, Syntec Numérique
    • Aissa Khelifa, Lesiss

    Mots-clés : relations établissements fournisseurs, charte de bonne pratique, RGPD, pilotage numérique, qualité système d’information, stratégie SI.

    Jeudi 23 mai 2019 – 12h15-13h : « La télémédecine et l’hôpital, pour qui ? pour quoi ? pour quand ? »

    • Lieu : agora HIT – e-santé

    Modérateur : Eric Guyader, directeur du CH de Beauvais et administrateur GCS e-Santé Picardie

    Résumé : la télémédecine est entrée dans le droit commun. Plus qu’un outil technologique, la télémédecine permet l’exercice de la médecine (et bientôt du soin) dans des processus organisationnels différents.

    Intervenants :

    • Myriam Burdin, chef de bureau PF3 – DGOS
    • Dr Julien Carricaburu, Cnam
    • Dr Nathalie Salles, présidente de la SFTélémed-Antel

    Mots-clés : télémédecine, organisation médicale et soignante, territoires, déserts médicaux, financement.

  • Start-ups innovantes du DM : « Il faut aller plus vite que la machine réglementaire » (table ronde)

    « Il faut s’affranchir du remboursement. Il faut aller plus vite que la machine réglementaire, c’est-à-dire ne pas attendre les retours des instances comme la Haute autorité de santé pour entrer sur le marché des dispositifs médicaux (DM) parce que les processus ne vont pas assez vite en France », recommande Christophe Lala, P.-D.G. de GE Healthcare France & Benelux, intervenu lors de la table ronde « IA : les enjeux des dispositifs médicaux » à l’occasion de la journée Start-ups innovantes du DM, organisée par le Snitem le 14 mai 2019 en amont du MedTech Forum.

    L’un des autres enjeux selon lui est « l’impact culturel » de ces technologies basées sur l’intelligence artificielle, « à ne pas minimiser ». « Il est difficile pour les usagers et les professionnels d’accepter de changer de culture », de laisser ces outils basés sur IA jouer un rôle dans le parcours de soins, explique-t-il. Une acceptation qui peut prendre du temps.

    Une vision partagée par les autres intervenants, François Couton (Harmonie Mutuelle), Marc Julien (Diabeloop) et Julien Le Guyader (avocat), le premier estimant notamment que les acteurs du secteur doivent tenter de dédramatiser l’utilisation des données de santé, source d’inquiétudes pour les patients. Julien Le Guyader ajoute à ce propos qu’il serait aussi intéressant de gagner en souplesse en ce qui concerne la confidentialités des data. « Le corpus juridique n’est pas forcément en adéquation avec l’évolution technique, qui va beaucoup plus vite, complète-t-il. En cas de défaillance d’une IA, qui doit être tenu responsable ? Le médecin ? Il faudrait mettre en place de nouvelles réglementations, notamment en matière de responsabilité. »

    Le RGPD, une limite au développement des DM basés sur l’IA selon J. Le Guyader (avocat)

    « Il faut dédramatiser l’exploitation des données de santé, accepter le fait que l’on utilise ces informations pour améliorer les connaissances et offrir de meilleurs soins », commente François Couton, directeur des opérations et de la transformation d’Harmonie Mutuelle.

    Julien Le Guyader, avocat à la cour (Life Sciences Team de Dentons), acquiesce. Selon lui, il est « nécessaire de changer la culture » sur la confidentialité des data. « Il faut la garantir, bien sûr, mais peut-être repousser les limites sinon les applications seront restreintes », analyse-t-il, citant comme exemple les États-Unis, où il y a plus de souplesse sur ce sujet. Il reconnaît notamment que le RGPD fait partie de ces limites et que le sujet relève en partie de lobbying.

    «  »Je ne trouve pas qu’on est si mal lotis que ça en Europe » (Marc Julien, Diabeloop)

    « Je ne trouve pas qu’on est si mal lotis que ça en Europe, note en tant qu’entrepreneur Marc Julien co-P.-D.G. de Diabeloop, interrogé sur les différences entre le marché européen et le marché américain. Quand les GAFA se sont créés, il n’y avait pas de porte-avions pour les soutenir. En Europe, nous avons tout ce qu’il faut pour réussir. »

    Diabeloop a obtenu en novembre 2018 le marquage CE du DBLG1, sa solution pour améliorer le contrôle glycémique. Connecté à un capteur mesurant de manière continue le taux de glucose et à une pompe à insuline sous forme de patch, le dispositif peut anticiper l’évolution de la glycémie et commander automatiquement à la pompe l’administration d’insuline optimale. Ce système permet ainsi aux personnes souffrant de diabète de gagner en indépendance et notamment de ne plus avoir à se lever en pleine nuit pour effectuer des contrôles.

    La société et Vicentra (Pays-Bas), fabricant de la pompe à insuline Kaleido utilisée pour la solution DBLG1, ont annoncé en avril 2019 qu’ils avaient signé des accords de distribution pour certains pays européens.

  • IA en santé : les Français se disent craintifs et mal informés mais pas totalement réticents (Nuance)

    À une semaine de la Paris Healthcare Week, Nuance annonce les résultats de son enquête intitulée « l’IA en santé : entre craintes et espoirs ». Selon ce sondage, les Français sont craintifs face à l’intelligence artificielle appliquée à la santé. 87,5% des personnes interrogées ne s’estiment pas suffisamment informés sur l’IA et redoutent ses impacts. De plus, ils ne sont que 6 % à la juger très fiable.

    Ces résultats, publiés le 13 mai 2019, s’expliquent en partie par le fait que l’intelligence artificielle reste la plupart du temps invisible pour les usagers car embarquée dans des applications comme les systèmes de reconnaissance vocale, analyse Nuance. Cependant, les Français ne se disent pas totalement réticents à confier à l’IA certaines étapes de la prise en charge, comme la prise de rendez-vous en ligne (41 % la citent), l’accueil des patients et la création des dossiers (31 %) ainsi que l’aide au diagnostic (30 %).

    Les craintes face à l’intelligence artificielle en santé

    Selon l’enquête menée par Nuance, les Français semblent préoccupés par les enjeux relatifs à la sécurité des données de santé :

    • seuls 13 % des sondés feraient confiance à l’intelligence artificielle (IA), et ce uniquement s’ils avaient la certitude que leurs données personnelles étaient en sécurité ;
    • un quart serait prêt à faire confiance à l’IA pour une aide aux médecins.

    Par ailleurs, pour 18 % des personnes interrogées, elle risque d’éloigner les médecins des patients et moins de 4 % des sondés pensent que l’IA pourra redonner du pouvoir aux patients.

    Des technologies invisibles pour les usagers

    90 % des répondants s’estiment peu, voire pas informés du tout sur le sujet. Seuls 13 % des répondants disent avoir vu leurs médecins utiliser des technologies d’IA ou des applications sur smartphones ou tablettes. Une réforme des études de médecine sur les deux premiers cycles a notamment pour objectif d’enseigner le numérique aux médecins en formation, ce qui devrait favoriser le développement des usages.

    La reconnaissance vocale basée sur l’intelligence artificielle, qui est à la base des solutions de Nuance, n’est citée comme technologie numérique utilisée par les médecins que par 5 % des répondants. Des chiffres qui s’expliquent en partie, selon Nuance, par le fait que l’IA reste invisible pour les usagers car embarquée dans de nombreuses applications numériques. « Un algorithme n’a pas vocation à être visible », explique la société dans son communiqué.

    Un outil d’aide à certaines étapes du parcours

    Les Français ne semblent pour autant pas totalement fermés à l’usage de ces technologies dans certaines étapes de la prise en charge. La prise de rendez-vous en ligne est la plus citée (41 %). Un tiers des répondants indiquent avoir vu leur médecin utiliser une application de prise de rendez-vous en ligne.

    Pour 31 % des personnes interrogées, l’IA peut également être un atout pour aider les médecins à établir des diagnostics et 16 % estiment qu’elle peut être un facteur d’amélioration de la prise en charge. Enfin, pour 30 % des sondés, une intelligence artificielle pourrait être en mesure de se charger de l’accueil des patients et de la création des dossiers médicaux.

  • Le concours Lépine récompense une application mobile santé (xTag) sur les allergies alimentaires

    Le 118ème concours Lépine récompense l’application mobile xTag, qui permet aux personnes ayant des allergies ou des intolérances alimentaires de vérifier pendant qu’elles font leurs courses si elles peuvent bien consommer les produits disponibles en rayons.

    Créé par Laurent Tonnelier, xTag permet aux utilisateurs d’obtenir une « information lisible et personnalisée, sans jamais partager son profil de santé qui reste confidentiel », explique-t-il dans le dossier de presse du concours, qui s’est tenu du 27 avril au 8 mai 2019. 

    Les usagers indiquent les allergènes auxquels ils sont sensibles dans leur profil santé, stocké dans une carte personnelle NFC et sur un QR Code. Puis, en scannant chaque produits, xTag révèle toutes traces de l’allergène ou des allergènes concernés dans les produits en question.

    Le service est disponible en réseau, par le biais d’une application web et mobile, mais aussi hors réseau via une appli mobile native.

    Présentée dans la catégorie « univers connecté » du concours Lépine, l’application a obtenu le prix du président de la République sous la forme d’un vase en porcelaine de Sèvres, le plus prestigieux de la compétition.

  • IA et Parkinson : le Chinois Tencent teste avec Medopad (UK) une appli dans une clinique anglaise

    Le géant chinois de l’internet Tencent a lancé au Royaume-Uni un essai clinique sur la maladie de Parkinson en partenariat avec la start-up londonienne Medopad, qui a développé une application mobile permettant de tester les capacités cognitives d’un patient à travers une série de tâches à réaliser. Les résultats sont ensuite transmis à un médecin.

    Selon un article publié par le Financial Times (FT), les deux sociétés sont actuellement en train de tester cette appli basée sur l’intelligence artificielle (IA) auprès d’environ 40 patients au sein de Dementech Neurosciences, une clinique privée spécialisée en santé mentale basée à Londres. L’essai devrait être achevé dans les prochains mois. Plus de 30 employés de Medopad et 35 de Tencent sont impliqués, note le FT.

    « Medopad et Tencent mènent des essais pour développer et valider des algorithmes pouvant potentiellement prédire des complications dans diverses maladies telles que la maladie de Parkinson, le cancer et les maladies du cœur, indique la société londonienne sur son site web. L’un des premiers projets conjoints est le développement d’un système de technologie d’IA pour aider les patients atteints de la maladie de Parkinson et leurs cliniciens. » Le système de capture et d’analyse de mouvement sans marqueur (MMCAS) utilisé « fournit une évaluation très précise et en temps réel des traits du visage et des mouvements des articulations, en identifiant la fréquence, la portée et l’intensité des mouvements », précise la société, ajoutant que le système était en cours d’évaluation.

    Un projet annoncé en octobre 2018

    Medopad a annoncé début octobre 2018 un partenariat avec Tencent et le Parkinson’s Centre of Excellence du King’s College Hospital de Londres dans l’optique de développer une intelligence artificielle (IA) avancée permettant d’accélérer le diagnostic de la maladie de Parkinson.

    Les évaluations actuelles des symptômes moteurs de la maladie prennent en général plus d’une demi-heure en milieu clinique et se basent sur les observations des médecins. L’entreprise anglaise et le groupe chinois souhaitent normaliser le test par le biais d’un système d’analyse vidéo des mouvements exploitant un système d’apprentissage en profondeur (deep learning) et une reconnaissance d’image.

    Dans le détail, Tencent fournit la technologie et l’IA pour l’analyse vidéo qui sera utilisée dans l’application mobile de Medopad. Le dispositif devrait permettre aux patients d’effectuer l’évaluation de leur condition à distance en trois minutes et de partager les résultats avec leur médecin en temps réel pour l’aider à « prévoir les complications évitables », a commenté Dan Vahdat, le P.-D.G. et fondateur de Medopad (source : Mobihealthnews.com).

    Les résultats préliminaires du projet avaient été présentés lors d’un événement organisé à Hong Kong.

    Un environnement politique « plus clément » au Royaume-Uni qu’aux États-Unis

    « [Ce projet] sera une opportunité pour Tencent d’obtenir un accès aux données et une crédibilité, tout en offrant une opportunité potentielle à Medopad de développer ses opérations en Chine », a déclaré David Barber, directeur du Centre pour l’intelligence artificielle de l’University College London.

    « L’environnement politique au Royaume-Uni est beaucoup plus clément vis-à-vis des investissements chinois par rapport [à celui des] États-Unis et nous pensons qu’il y aura plus d’opérations similaires à celle-ci dans les années à venir, commente de son côté He Shaowei, professeur associé en commerce international à l’Université de Northampton, en Angleterre (source : Chinadaily.com.cn). La réalisation d’essais cliniques au Royaume-Uni [permettrait aux] entreprises chinoises [de] se familiariser avec les institutions et le cadre réglementaire, ce qui pourraient les aider dans leurs efforts de mondialisation ultérieurs menés sur d’autres marchés développés. »

    Syrus Lohrasb, fondateur du Sommet Chine – Royaume-Uni sur l’intelligence artificielle (China-Britain artificial Intelligence Summit), acquiesce, indiquant que la Chine « aime l’héritage et la culture britanniques et trouve qu’il est plus facile de nouer des relations ici », au Royaume-Uni. « Grâce à l’accès aux données du NHS, les sociétés de santé britanniques peuvent labelliser la technologie chinoise sous leur propre propriété intellectuelle », ajoute-t-il.

    Chine : le développement de l’IA soutenu par le gouvernement

    Le développement de l’intelligence artificielle (IA) est l’une des priorités du gouvernement chinois depuis plusieurs années. Dans son rapport annuel (Government Work Report), le Premier ministre Li Kegiang a indiqué que la présence de l’IA devait être renforcée dans les industries émergentes afin d’améliorer la compétitivité de ces secteurs.

    Syrus Lohrasb estime que les entreprises britanniques peuvent potentiellement bénéficier de l’approche plus libre de la Chine sur le sujet lorsqu’elles aident leurs homologues chinois dans le développement de l’IA au sein de la Chine.

  • IA : eMurmur obtient la certification de la FDA pour son outil de détection de souffle cardiaque

    L’outil de détection des souffles cardiaques eMurmur ID, de la société canadienne eMurmur, a reçu l’autorisation de la FDA, l’agence américaine chargée des dispositifs médicaux. La technologie en question est « une solution mobile et cloud qui fonctionne avec un stéthoscope électronique » et qui utilise l’apprentissage automatique pour identifier les souffles cardiaques normaux et pathologiques ainsi que « l’absence de souffle cardiaque et les sons cardiaques S1, S2 », précise eMurmur dans un communiqué daté du 7 mai 2019.

    L’autorisation est datée du 17 avril 2019, est-il indiqué sur la base de données de la FDA.

    L’application mobile et le portail web associés au dispositif sont tous deux conformes à la norme HIPAA. Grâce à une base de données comprenant 1 000 enregistrements cardiaques et des évaluations de cardiologues, eMurmur affiche un taux d’exactitude supérieur à 85 %, rendant accessible à tout professionnel de santé l’auscultation de niveau expert.

    « Nous pensons qu’eMurmur ID pourrait potentiellement bouleverser les pratiques de dépistage du souffle cardiaque et en réduire considérablement le coût pour les systèmes de santé du monde entier. »,commente Andrew Schriefl, P.-D.G. et cofondateur d’eMurmur.

    Le Pr Derek Exner, conseiller médical de la société et titulaire de la chaire de recherche l’Université de Calgary sur les essais cliniques cardiovasculaires, ajoute qu’eMurmur ID fournit aux professionnels de santé « un outil de dépistage puissant [et] une méthodologie permettant de confirmer leurs diagnostics cliniques » : il explique que l’homologation se fonde sur « cinq études [menées] sur plus de 1 000 patients, y compris [sur] des essais multicentriques à l’aveugle ».

  • IA : la Cnam s’allie à Calmedica pour son service de retour à domicile des patients hospitalisés

    La start-up Calmedica, spécialisée dans l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en santé, a été choisie par l’Assurance maladie dans le cadre de son dernier appel à projet en vue de déployer un outil de dialogue automatisé par SMS à destination des patients adhérents à Prado, son service d’accompagnement du retour à domicile des patients hospitalisés.

    La solution Memoquest de Calmedica est un chatbot capable d’échanger avec les patients par SMS à partir d’algorithmes développés spécifiquement pour la Cnam.

    Le dispositif pose des questions aux patients afin de vérifier, via les réponses de ces derniers, s’il n’y a pas de problème. Le cas échéant, le système alerte les équipes Prado et le service médical par l’intermédiaire de sa plateforme sécurisé, disponible en mode SaaS, qui permet une traçabilité complète des échanges, explique Calmedica dans un communiqué de presse publié le 6 mai 2019.

    Depuis son lancement en 2010, Prado comptabilise près de 1 400 000 adhérents et son nouveau service Memoquest a déjà été mis en place dans 6 CPAM, il sera globalisé d’ici juin 2019.

  • Grand défi « diagnostics par l’IA » : « mieux travailler sur les données du futur » (Olivier Clatz)

    Olivier Clatz a été nommé directeur de programme le 1er mars 2019 par le Conseil de l’innovation, instance de pilotage stratégique chargée d’orienter l’action du gouvernement en la matière. Cofondateur et ancien patron de la société Therapixel, spécialiste de l’interprétation des mammographies par réseaux de neurones, il est chargé du « Grand défi » « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? ». Après avoir présenté ses premiers éléments lors du 3e Conseil de l’innovation, organisé le 17 avril, Olivier Clatz a détaillé pour Health & Tech Intelligence l’état d’avancement de ses travaux. 

    « Le défi », déclare Olivier Clatz, est de « mieux travailler sur les données du futur ». L’objectif à atteindre « est bien déterminé » selon lui : c’est « un environnement dans lequel on a des données bien structurées et accessibles dès la production », « dans lequel les porteurs de projets peuvent expérimenter, se déployer facilement ».
    L’enjeu pour Olivier Clatz est de  trouver une mise en œuvre pertinente « opérationnelle et technique ».

    Un écosystème prometteur et plein de projets

    Olivier Clatz estime qu’actuellement la France possède un certain nombre d’atouts en matière d’intelligence artificielle (IA), notamment les très bonnes formations proposées en mathématiques appliquées, de bons ingénieurs et de bons chercheurs, mais aussi la quantité de projets en cours dans le domaine de l’IA et de la santé.

    La mise à jour de la cartographie du secteur de l’IA publiée par Bpifrance le 4 février 2019 a identifié 104 start-ups créées depuis 2010 dans le domaine de la santé utilisant des technologies d’intelligence artificielle. « C’est vraiment un domaine qui aujourd’hui regorge de projets en France », affirme Olivier Clatz, soulignant que ces sociétés s’appuient sur des technologies « relativement matures ». Selon lui, « on ne trouve presque pas de sociétés effectuant de la recherche fondamentale», les start-ups du secteur font « plutôt des assemblages ».

    Le Health Data Hub, un travail sur le stock

    La première série de difficultés rencontrées par les professionnels du secteur concerne l’accès et la structuration des données : «une partie de cet enjeu est adressé » par le Health Data Hub (HDH).

    Le HDH a vocation à accompagner les projets qui visent à exploiter les gisements de données  existants dans les établissements de santé et les différents systèmes d’information. Les données disponibles sont  actuellement très difficilement appareillables à cause de la décision de la Cnil, s’opposant de 2007 à 2017 à l’utilisation d’un identifiant personnel : il était interdit d’attribuer un même numéro à une même personne dans différents établissements et pour différents examens , posant ainsi le problème d’« identifier les différents examens correspondant à une même personne » .

    Le Health Data Hub « propose des solutions et des moyens humains » pour aller chercher des données dans les établissements, faire des appariements, fournir des « bulles», des espaces sécurisés permettant aux gens de travailler sur des données à risque. Mais le travail du HDH ne porte que sur le stock, les examens existants, et ne traite pas la structuration des données en production.

    Or une quantité de projets en cours ont « besoin de données massives » et  nécessitent de repenser l’organisation des données dès la production», ont « l’ambition de se déployer très rapidement »au sein de notre système de santé , « que ce soit dans les phases de test ou dans les phases commerciales ». Selon Olivier Clatz, « le système n’est pas vraiment prêt aujourd’hui à accueillir ce type de modèle ».

    Une expérience pratique de l’accès aux données

    Olivier Clatz évoque à ce propos son parcours de start-upper au sein de la société Therapixel, qu’il a quittée après l’avoir cofondée. « Je garde de cette expérience l’accès à la donnée et le chemin qui permet ensuite d’aller expérimenter », déclare-t-il. « Je devais être un des premiers en France à aller sonner à la porte des établissements pour essayer de rassembler des données. Peu de personnes au sein de l’administration possèdent cette expérience concrète en collecte de données, d’où l’expérimentation d’un système à base d’IA au sein d’un système numérique hospitalier comme privé ».

    Cette expérience l’a familiarisé avec les problèmes « pratico-pratiques » que rencontrent les jeunes sociétés à l’heure actuelle. Par exemple, « il n’existe pas d’établissement en France possédant dans un même système d’information une quantité importante de mammographies de dépistage et les compte-rendus ‘anapath’ [anatomopathologiques] structurés dans un même système d’information : soit les établissements ont beaucoup d’’anapath’ mais sans le dépistage ou alors des examens de dépistage mais pas d’’anapath’ ou alors sous la forme d’un fax », et l’appariement à partir d’un fax n’est « pas trivial ».

    Olivier Clatz affirme ne plus avoir d’intérêt dans Therapixel, qu’il a quitté en mars 2019, et n’a « pas de contrat de conseil ». Si la société devait être concernée dans le cadre du « Grand défi » ce serait « un cas particulier » à traiter « comme il se doit », avec en ce qui le concerne « un devoir de réserve ».

    Le dossier pharmaceutique, un exemple de réussite

     « Une des clés », selon Olivier Clatz, est de « se reposer sur les professionnels de santé, de commencer par eux ». Il cite « un exemple qui a plutôt bien marché en France », le dossier pharmaceutique. À date, plus de 99 % des officines sont raccordées, de sorte que « c’est le dossier qui regroupe le plus de personnes dans l’Hexagone ».

    Selon lui, « le point essentiel est que ce dispositif a été créé par et pour les pharmaciens » : il y voit « la preuve qu’il faut faire confiance aux professionnels, qui sont motivés [et] les accompagner dans la structuration de leur profession autour d’outils numériques comparables ».

    « Pour dégripper le système, les outils numériques doivent pouvoir structurer les données dès l’activité de soins, dès le soin courant, estime Olivier Clatz. Les outils portés par les communautés médicales professionnelles doivent aussi servir à déployer les outils développés par les petites ou les grosses sociétés ».

    Une doctrine et des moyens

    « Voila la doctrine et les moyens que je prévois d’utiliser, explique-t-il. Il s’agit de se reposer sur la multitude de projets qu’on a déjà[, qui sont] au stade mature mais également au stade amont [et] trouver un chemin critique pour répondre à la demande qui vient aujourd’hui de ces projets. »

    La mise en œuvre reste encore à travailler. « Il y aura vraisemblablement des appels à projet pour mettre en compétition les acteurs ». Aucun n’est encore rédigé. Il faudra également prévoir « des contreparties, des droits et devoirs associés au financement de l’État », une démarche qui n’a pas encore été calibrée à l’heure actuelle. Olivier Clatz insiste enfin sur son souci de « travailler en bonne intelligence avec ce qui existe » et de « ne faire doublon avec aucun service ».