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  • États-Unis : la FDA associe IBM, Merck et Walmart pour la traçabilité des médicaments (blockchain)

    Les sociétés IBM, Merck, KPMG et Walmart ont été sélectionnées par la FDA pour participer à un programme pilote dans le cadre de la mise en œuvre de la loi DSCSA (Drug Supply Chain Security Act) de 2013. L’objectif est d’impliquer les parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement des médicaments dans le développement d’un système électronique interopérable capable d’identifier et de localiser une série de médicaments distribués sur ordonnance aux États-Unis. Ce projet pilote devrait se terminer au quatrième trimestre 2019.

    Le réseau en projet devra réduire le temps nécessaire au suivi des stocks, permettre la récupération à tout instant d’informations de distribution fiables, améliorer la précision des données partagées entre les membres du réseau, et les aider à s’assurer de l’intégrité des produits dans la chaîne de distribution, notamment de leur conservation à la température appropriée. Le communiqué commun, publié le 13 juin 2019, souligne qu’IBM, KPMG et Walmart « ont une vaste expérience de la mise en œuvre de solutions blockchain afin d’améliorer la sécurité et la traçabilité des produits » et que leurs clients leur demandent « de plus en plus d’informations détaillées sur les produits ».

    « La blockchain peut grandement contribuer à améliorer la confiance dans la chaîne d’approvisionnement biopharmaceutique, commente Mark Treshock, responsable mondial des solutions IBM pour la blockchain dans les domaines de la santé et des sciences de la vie (communiqué). Nous pensons qu’il s’agit d’un emploi idéal de cette technologie, car elle permet non seulement de suivre les médicaments dans la chaîne d’approvisionnement mais aussi de savoir qui a partagé des données avec qui, sans divulguer les données elles-mêmes. La blockchain ouvre une réelle perspective de transformation de la manière dont les données pharmaceutiques sont contrôlées, gérées, partagées et utilisées tout au long du cycle de vie d’un médicament. »

  • Le marché de la blockchain en santé devrait croître de 63 % par an jusqu’en 2026 (rapport)

    Le marché mondial de la blockchain en santé est estimé à 231 millions de dollars (205 millions d’euros) en 2018 et devrait croître à un rythme annuel moyen de 63,9 % jusqu’en 2026. C’est ce qu’affirme le bureau d’études américain Grand View Research dans son rapport « Blockchain technology in healthcare: market size, share & trends analysis »*.

    Selon cette étude, daté de mai 2019, les secteurs du médicament et du dispositif médical ont été les principaux utilisateurs de la technologie blockchain en 2018 dans le domaine de la santé :
    • le secteur du médicament l’a employée pour des applications comme la lutte contre la contrefaçon, la vérification de l’authenticité des produits et le contrôle des chaînes d’approvisionnement ;
    • le secteur du dispositif médical l’a pour sa part exploitée afin de maximiser la transparence et la traçabilité des essais cliniques mais aussi d’optimiser la qualité et la fiabilité des données issues de ces essais.
    Les auteurs du document affirment que la blockchain est appelée à monter en puissance dans le secteur hospitalier car les établissements investissent dans le stockage des données patients et veulent se prémunir contre les attaques informatiques.

    Le marché de la blockchain en santé est porté notamment par les inquiétudes que suscitent les fuites de données et la contrefaçon de médicaments. Il est indiqué dans le rapport que l’augmentation de la prévalence des maladies devrait amener à la génération de très grandes quantités de données, rendant plus pressante encore la nécessité d’une gestion efficace de ces datas. Grand View Research juge plus généralement que la blockchain est capable de transformer le secteur de la santé en abaissant les coûts et en réduisant le risque de corruption des données. 

    Par ailleurs, les auteurs du document notent que l’Europe représente la plus grande part de marché pour la blockchain dans le domaine de la santé, du fait des initiatives lancées par les gouvernements pour sécuriser les données, et placent l’Amérique du Nord en deuxième position, grâce à la montée de l’exigence de sécurité pour les dossiers médicaux électroniques.

  • ExclusifBlockchain en santé : cas d’usages et création de valeur pour le secteur médical

    Health & Tech Intelligence lance une série de notes et entretiens dédiés à la blockchain afin de présenter des cas d’usage de cette technologie en santé et de permettre aux acteurs d’en tirer avantage. Les publications et rendez-vous, réalisés en partenariat avec Issao Ueda, expert blockchain, auront lieu tout au long de l’année 2019. Cette seconde analyse est dédiée au secteur médical : au milieu hospitalier mais également à l’ensemble des professionnels de santé.

    Le précédent article de la série présentait les raisons de la pertinence de l’utilisation de la blockchain dans le secteur de la santé avec un point d’attention sur le secteur pharmaceutique.

    Ce deuxième volet porte sur le milieu médical, pour lequel les atouts de la blockchain sont essentiellement l’interopérabilité (le fait de pouvoir utiliser un outil unique et transverse), une traçabilité optimale et une automatisation de nombreux processus métier, le tout à travers une solution unique. MYPL, Medicalchain et Kidner font partie des sociétés leaders dans ce domaine précis.

    1. Quels atouts de la Blockchain pour le secteur médical ?

    Si elle n’est pas appelée à remplacer les systèmes d’information de santé existants, la blockchain apporte plusieurs atouts à des structures très complexes et difficilement évolutives :

    • Le sujet de l’interopérabilité n’est pas récent dans le secteur de la santé : le Cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS) existe depuis 2012 et fixe de nombreuses règles de partage de données de santé entres acteurs. Néanmoins, il est souvent délicat d’interfacer de façon simple plusieurs éléments clefs des institutions de santé (notamment les registres patients et les données d’études). L’une des raisons principales est l’absence d’existence d’une solution unique pouvant interconnecter l’ensemble des SI de santé. La blockchain est une solution qui, de par sa nature décentralisée, permet à chaque structure et établissement de santé de participer et de partager les informations de façon sécurisée grâce à une structure unique. La Blockchain n’est cependant pas non plus la panacée, il s’agit avant tout d’une solution technique : il faut que ces données soient entièrement numériques et qu’un standard de partage soit validé en amont.
    • Afin de garantir la sécurité et le bon usage de cet outil, il convient d’offrir aux utilisateurs de cette solution une traçabilité irréprochable. Le fonctionnement de la blockchain permet d’offrir un suivi infalsifiable de l’enregistrement, la modification et la consultation des données qu’elle contient ou auxquelles elle permet d’accéder. C’est notamment la raison pour laquelle l’Estonie a utilisé la solution Guardtime qui utilise la blockchain pour sécuriser l’accès aux données de santé de sa population. Toute mise à jour et tout accès aux dossiers de santé est enregistré dans la blockchain, aucune de ces informations ne peut être altérée.
    • Enfin, les smart contracts, une technologie associée à la blockchain, représente également un potentiel d’amélioration considérable pour le secteur de la santé. Il ne s’agit pas de contrats mais de programmes. Ces programmes vérifient en temps réel que les conditions sont remplies pour exécuter des instructions préprogrammées. Ces scripts permettent ainsi une forte automatisation de processus de validation. Grâce à la blockchain, il est de plus extrêmement simple de garantir l’impossibilité de modifier ces programmes, renforçant la confiance. 

    2. Quels sont les acteurs ?

    À l’image du gouvernement estonien, de plus en plus de projets utilisent la blockchain pour aider le secteur médical en France :

    La solution MYPL est un outil innovant d’aide à la décision médicale : il permet de fluidifier les réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) grâce à une interface de partage efficace. La blockchain garantit l’interopérabilité du système pour l’ensemble des institutions médicales ainsi que la sécurisation des données de santé.

    • Citons également la plateforme Kidner, qui propose d’aider les patients en attente de greffe de rein à trouver un donneur de façon plus efficace : grâce à l’utilisation de la blockchain et de smart contracts, cette plateforme permet de comparer en temps réel des listes de donneurs et de receveurs de reins de façon transparente, sécurisée et automatique. En cas de compatibilité, le médecin et les professionnels de santé sont automatiquement notifiés.
    • À l’international, la solution anglaise Medicalchain propose une solution encore plus avancée : un dossier patient entièrement décentralisé et des services à distance tels que les téléconsultations, rendant les patients acteurs de leur santé grâce à l’utilisation de la blockchain pour l’authentification et la traçabilité des actions effectuées sur cette plateforme.
    • Notons également qu’IBM s’est positionné au début de l’année sur la question de l’interopérabilité grâce à sa collaboration avec plusieurs acteurs de l’assurance santé américaine et l’utilisation de la technologie blockchain.

    Ces innovations doivent se faire de pair avec la mise en place de normes et de partenariats entre les différents acteurs de la santé, ce que font les acteurs cités précédemment. La blockchain n’est pas la solution globale aux problématiques actuelles du secteur de la santé mais bien un outil dont l’utilisation va faciliter la manière de répondre à ces problématiques.

  • IA et blockchain : 10 labos lancent le projet Melloddy pour accélérer la découverte de médicaments

    « Accélérer la découverte de médicaments via le machine learning (apprentissage automatique) et révéler le plein potentiel des données de l’industrie pharmaceutique ». C’est l’objectif que s’assigne le projet Melloddy (Machine Learning Ledger Orchestration for Drug Discovery), lancé le 3 juin 2019 pour une durée de 3 ans par un consortium de recherche doté de quelque 18,4 millions d’euros. Il consistera plus concrètement à « exploiter les chimiothèques de dix laboratoires pharmaceutiques (dont GSK, Bayer, Merck, Novartis, AstraZeneca et Servier), pour permettre l’élaboration de modèles prédictifs plus précis [afin de] démontrer l’intérêt de l’exploitation des technologies d’intelligence artificielle et de blockchain dans la découverte de médicaments ».

    Le consortium comprend deux universités (l’université catholique de Louvain et la BME de Budapest), les start-ups françaises Owkin et Iktos ainsi que la société Nvidia. Le projet est financé par le partenariat public-privé européen Innovative medicines initiative (IMI), qui allie la Commission européenne et l’organisation professionnelle du secteur pharmaceutique, l’EFPIA. Melloddy est placé sous la responsabilité du laboratoire Janssen (groupe Johnson & Johnson) et est coordonné par Owkin.   

    Chef de projet à Owkin, Mathieu Galtier indique que le consortium emploiera la technologie blockchain développée par sa société pour « extraire des informations d’un ensemble de données sans avoir à les mettre en commun » (communiqué). Il s’agira d’« identifier les composés les plus efficaces pour le développement de médicaments tout en protégeant la propriété intellectuelle des membres du consortium », précise-t-il.

    La technologie d’Amazon Web Services utilisée

    Il est spécifié dans le communiqué que la plateforme utilisera la technologie d’Amazon Web Services afin d’exécuter à grande échelle les algorithmes d’apprentissage statistique fournis par les universités partenaires.

    Les données ne quittent jamais l’infrastructure du propriétaire et seuls les modèles non-sensibles sont échangés, est-il indiqué. Un serveur central permet à chaque membre du consortium de partager le modèle commun qui peut être consolidé collectivement.

    La traçabilité des opérations est assurée par une blockchain privée, un registre partagé entre tous les membres sans autorité centrale.

  • ExclusifBlockchain en santé : cas d’usages et création de valeur pour l’industrie pharmaceutique

    Health & Tech Intelligence lance une série de notes et entretiens dédiés à la blockchain afin de présenter des cas d’usage de cette technologie en santé et de permettre aux acteurs d’en tirer avantage. Les publications et rendez-vous,  réalisés en partenariat avec Isao Ueda, expert blockchain,  auront lieu tout au long de l’année 2019. La première analyse est dédiée aux entreprises du médicament.

    En 2018, la technologie blockchain est entrée en phase de maturation ; des offres d’entreprises se lancent : l’offre d’audit de validation de PwC mais aussi celle d’Ernst & Young en France, et plus récemment l’annonce d’IBM qui s’allie avec des assureurs santé aux États-Unis. En 2019, les premières applications concrètes de cette technologie se mettent en place.

    La santé fait partie des secteurs qui ont le plus à gagner grâce à cette technologie et l’ensemble de ce secteur est concerné : la recherche, les médecins, les laboratoires pharmaceutiques et pharmacies, chacun pour des raisons différentes.

    La blockchain est une solution proposant de multiples atouts, chaque secteur de la santé pouvant y trouver son compte grâce à l’amélioration de la transparence, de la traçabilité, l’horodatage ou encore l’uniformisation du traitement de l’information.

    Le secteur de la pharmacie peut ainsi lutter de façon plus efficace contre la contrefaçon, améliorer sa chaine d’approvisionnement mais également la relation entre les pharmacies et leurs clients. Il existe déjà des start-ups et entreprises (Blockpharma, Hyperledger, Corda, PassCare…) se positionnant sur ces pistes, posant les premiers jalons de l’usage de la blockchain en santé.

    1 – Qu’est-ce que la blockchain ?

    La blockchain est une solution technologique de stockage d’information, la version électronique d’un registre qui liste une série de transactions de façon transparente et immuable. Chaque « bloc » est une page de ce registre. Ces blocs sont sécurisés et liés les uns aux autres via des principes de cryptographie, de sorte à ce qu’il ne soit pas possible d’en changer le contenu.

    Distribuée à travers une série de serveurs, cette solution dispose d’une très forte résilience et garantit à ses utilisateurs un traitement uniforme et vérifiable de la donnée : toute information enregistrée dans la blockchain ou validée par la blockchain ne peut pas être altérée.

    2 – Quels sont ses atouts pour le secteur des entreprises du médicament ?

    La blockchain permet de répondre à plusieurs sujets en amélioration continue sur le secteur pharmaceutique :

    • La lutte contre la contrefaçon. Cette solution permettrait de simplifier le mécanisme de sérialisation introduit par la directive européenne 2011/62/UE visant à lutter contre l’introduction de médicaments falsifiés dans le circuit légal. En effet, la vérification de l’authenticité d’un médicament ainsi que sa vente peuvent être suivis, enregistrés et validés grâce à la blockchain, à travers un réseau de pharmacies ou un consortium de laboratoires.
    • La gestion circuits d’approvisionnement : la Blockchain permet de mettre à disposition un registre auquel tous les acteurs de la chaîne de production peuvent avoir accès. Ainsi, il devient possible de suivre de façon automatique et sans besoin d’intervention humaine l’ensemble du circuit de production de médicament.
    • La gestion de la relation pharmacie/utilisateur. Une relation de qualité répond aux critères suivants : le client acquiert, prend et renouvelle ses médicaments prescrits. Il est donc au cœur de cette relation. Un moyen idéal de s’assurer de cette « centricité » client est un service sur mesure, ce que la blockchain peut permettre grâce à la mise en place de dossiers personnels de santé, garantissant un partage des informations médicales avec les professionnels de santé médicaux et paramédicaux choisis par l’utilisateur. À terme, cela permet un accompagnement préventif en plus d’un renforcement de la relation utilisateur/pharmacie.

    3 – Quels sont les acteurs ?

    Ces usages font déjà l’objet de projets : en France, le service Blockpharma de la société Crystalchain permet de renforcer la traçabilité des médicaments pour lutter contre la contrefaçon. Le projet PassCare de la start-up Innovhealth, quant à lui, propose la mise à disposition d’une carte d’identité médicale pour chaque utilisateur, afin de remettre ses utilisateurs au centre du système de santé.

    Il existe également des initiatives à l’international qui répondent à ces sujets, notamment Farmatrust en UK, la Fondation HIT en Suisse ou encore la société Embleema aux États-Unis qui vient de s’importer en France cette année.

    En Allemagne, les sociétés Accenture et DHL ont annoncé le lancement d’un prototype de Blockchain pour suivre les produits pharmaceutiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

    Citons également le projet Hyperledger Grid, une solution de déploiement de gestion de circuits d’approvisionnement porté par la fondation Linux qui envisage d’implémenter plusieurs modèles, dont le standard d’identification des produits pharmaceutiques (IDMP – Identification of Medicinal Products).

    Chacun de ces projets profite des forces techniques apportées par la blockchain (transparence, immutabilité, partage facilité et automatisation des processus). Chacune de ces forces peut être apportée par d’autres solutions technologiques existantes mais l’avantage majeur de la blockchain dans ces cas d’usage est le fait que cette solution regroupe l’ensemble de ses forces à travers l’implémentation d’une seule technologie.

  • L’Arménie fait appel à Embleema pour mettre la blockchain au service de la santé

    Le gouvernement arménien signe un partenariat avec le consortium WHISE-Embleema, constitué de la start-up new-yorkaise Embleema et de la société informatique WHISE (Wellness & Health Information Secure Exchange), afin d’élaborer un protocole fiable de collecte de données de santé grâce à la blockchain.

    L’objectif de ce projet, annoncé le 9 avril 2019 un 2019, serait de rendre l’Arménie attractive pour la recherche internationale, notamment en oncologie, en immunothérapie et en médecine moléculaire, alors qu’actuellement seule une vingtaine d’essais cliniques commandés par l’industrie sont en cours dans le pays, indique le site spécialisé  Clinicaltrials.gov. Pour ce faire, le consortium WHISE-Embleema a créé une organisation à but non lucratif, WHISE-Armenia, chargée d’auditer les registres numériques et papier existants et de proposer de nouvelles solutions.

    Adopter la blockchain pour « améliorer la transparence, la confiance et la sécurité des patients »

    « L’adoption de la blockchain pourrait améliorer la transparence, la confiance et la sécurité des patients tout en attirant la recherche clinique en Arménie », a déclaré le gouvernement d’Erevan, jugeant qu’elle pourrait aussi faire progresser la recherche sur les cancers et les maladies hématologiques, les troubles du système immunitaire et les maladies endocriniennes.

    « Les données détenues par les patients peuvent transformer la recherche biomédicale en permettant aux informations générées au cours du processus de soins de produire des données de vie réelle fiables sur le bénéfice thérapeutique et les risques d’un médicament, avant et après son homologation », résume Vahan Simonyan, président de WHISE-Arménia et ancien directeur de la recherche en bioinformatique à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Il estime que ce projet, accélérera la disponibilité de nouveaux traitements pour des maladies « dont certaines sont endémiques en Arménie ».

  • Datathon Janssen : 5 lauréats repérés pour leurs solutions plaçant le patient au cœur de la recherche

    Embleema, Focus Patient, Andaman7, Ad Scientiam et Bioserenity sont les 5 vainqueurs du Datathon Janssen, organisé en partenariat avec le Fonds « Patient autonome » de Bpifrance et les pôles d’experts de la data Dataiku, le groupe Estia et Reeport. 5 challenges ont été organisés pour identifier des solutions innovantes visant à placer le patient au cœur du processus de recherche.

    Le datathon a réuni les 3 et 4 avril 2019 les acteurs de la santé de demain autour de l’exploitation des données dans le parcours de soins, qu’ils soient étudiants, patients, start-ups, data scientists, ingénieurs, scientifiques ou experts. Il s’est concentré sur les enjeux de la collecte et l’analyse de données santé pour intégrer l’expérience et la qualité de vie des patients dans les études en vie réelle.

    L’objectif de ce datathon est d’accélérer la transformation de la RWE (RealWorld Evidence). Les 5 lauréats sont ainsi invités à développer des prototypes de leurs solutions et identifier les meilleurs partenaires pour développer les futurs projets pilotes fondés sur des données de vie réelle. Le laboratoire Janssen apportera son soutien en ouvrant un de leurs sites d’innovation courant 2019.

    Dans le détails, les 5 gagnants et leur solution sont :

    • Embleema en oncologie, pour sa solution de blockchain qui permet de connecter des cohortes de patients en temps réel ;
    • Focus Patient en immunologie, pour son projet qui vient augmenter le design de l’étude Cassiopée en intégrant une expérience patient renforcée basée sur 4 axes : son profil, le conjoint, le niveau de connaissance de la pathologie et la montre connectée ;
    • Andaman7 en hématologie, pour sa solution de dossier patient partagé et son module intelligent permettant une collecte de données plus interactive et un meilleur accompagnement du patient dans le suivi de sa maladie ;
    • Ad Scientiam en virologie, pour Grizzou, une application « thermomètre » en temps réel de suivi/mesure/évaluation du fardeau pesant sur les parents dont l’enfant est hospitalisé pour une bronchiolite sévère ;
    • Bioserenity en psychiatrie, pour son application MyMood qui permet la collecte de données subjectives et objectives (physiologiques) basées sur les 10 items de l’échelle de dépression de la MADRS et renforcée par des données collectées par l’aidant.

  • Boehringer Ingelheim et IBM s’allient pour appliquer la blockchain aux essais cliniques

    Le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim et IBM vont collaborer pour appliquer la technologie blockchain dans le domaine des essais cliniques au Canada.

    Les deux groupes ont décidé via leurs filiales canadiennes de tester l’application d’un cadre décentralisé garantissant l’intégrité, la traçabilité, la transparence des données ainsi que l’automatisation des processus, avec pour objectif l’amélioration de la qualité des essais et de la sécurité des patients pour un coût raisonnable.

    Les régulateurs estiment en effet que les processus de contrôle de la qualité des essais sont souvent inappropriés et les registres souvent erronés ou incomplets, au détriment de la sécurité des patients et de la lisibilité des essais.

    Les deux partenaires ont annoncé leur projet à l’occasion de la conférence HIMSS, organisée en février 2019 à Orlando (Floride).

    Essais cliniques : un écosystème complexe

    Uli Brödl, vice-président de Boehringer Ingelheim chargé des affaires médicales et réglementaires, souligne la complexité de l’écosystème des essais cliniques qui « implique différents partenaires, entraînant des problèmes de fiabilité, de transparence et des défaillances de processus, sans véritable autonomisation du patient ».

    La blockchain pour faire circuler les données de santé des patients de manière sécurisée

    IBM Canada souligne pour sa part que sa maîtrise des technologies fondamentales de la blockchain permettra de recueillir l’accord du patient, de faire circuler ses données de santé de façon sécurisée, et d’assurer son autonomisation. « Nous exploitons la blockchain dans d’autres secteurs et nous voulons l’utiliser pour offrir aux patients canadiens le même niveau de sécurité et de confiance concernant leurs données de santé personnelles », a déclaré Claude Guay, directeur général d’IBM Services Canada.

  • Blockchain : Gustave Roussy s’allie à Embleema pour assurer un partage sécurisé des données patients

    L’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), premier centre anti-cancer en Europe, s’associe à la start-up française Embleema pour que les données des patients recueillies dans le cadre de parcours de soins soient numérisées et partagées de façon sûre afin de faciliter un usage anonyme à des fins de recherche.

    Grâce à la technologie blockchain, les patients exerceront un contrôle accru sur leurs données stockées :
    • consentement éclairé pour leur recueil, comme actuellement dans les protocoles de recherche ;
    • contrôle facile de l’accès et de l’usage.
    L’objectif est que les données de suivi de pathologie, ou « données concrètes », puissent servir la recherche clinique à tout moment avec l’accord du patient.

    Embleema va apporter son expertise technologique en matière d’échange sécurisé de données de santé par blockchain, permettant aux patients de consolider l’ensemble de leurs données sur un même dossier, et d’exercer à tout moment une pleine souveraineté sur leur partage, précisent les deux partenaires dans un communiqué publié le 5 mars 2019.
    L’Institut Gustave Roussy contribuera de son côté à la constitution du réseau en hébergeant des nœuds de la blockchain et validera les catégories de données pertinentes pour le partage avec la recherche en participant au consortium d’Embleema.

    « Initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche »

    Le Pr Alexander Eggermont, directeur général de Gustave Roussy, a déclaré que ce partenariat avec Embleema allait « initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche, en toute transparence et en respectant pleinement les droits du patient » (communiqué). Du côté de la recherche, cela permettra selon lui « d’utiliser des données concrètes pour mieux évaluer l’efficacité et la sûreté des traitements, ainsi que pour en développer de nouveaux plus rapidement ».

    Robert Chu, P.-D.G. d’Embleema, souligne pour sa part la nécessité d’ »accélérer le développement et la mise à disposition de nouveaux traitements » et d’ »améliorer le suivi en vie réelle des traitements existants ». Il estime que « l’implication du patient dès l’origine et la possibilité pour lui de contrôler le cheminement de sa donnée » est « une avancée majeure pour rattraper le retard français en la matière ».

    PatientTruth : 1ère application de la technologie d’Embleema

    La première application de la technologie Embleema a été déployée aux États-Unis sous le nom de PatientTruth. Elle permet  au patient non seulement d’assembler son historique de santé, et de garantir un contrôle total de l’accès et du partage, mais aussi de recevoir des jetons numériques pour sa participation à des études scientifiques.

    La société française développe actuellement une plateforme décentralisée permettant le partage de ces données avec la recherche clinique. La commercialisation des données par les patients est prévue pour cette année.

  • La Direction générale des entreprises recense les projets fondés sur la blockchain en France

    Dans le cadre de la construction d’une stratégie nationale sur les technologies de registre distribués, la Direction générale des entreprises (DGE), reliée au ministère de l’Économie et des Finances, lance une consultation en France auprès de l’ensemble des porteurs de projets de blockchain, une technologie de registre distribué qui permet de garder la trace d’un ensemble de transactions et qui est en plein essor dans le secteur de la santé.

    La consultation se présente sous la forme d’un questionnaire en ligne qui permettra de « disposer d’une vision aussi exhaustive que possible de l’écosystème français« , précise la DGE dans un communiqué publié le 11 février 2019. L’objectif est de repérer les obstacles qui peuvent entraver la mise en œuvre des initiatives dans le domaine et de lever les freins au développement d’usages innovants, « au bénéfice des consommateurs et des entreprises ».

    Le recensement porte sur des projets fondés sur des technologies de registre distribué et existant en France, leur domaine d’application (la santé en faisant partie), leur positionnement sur la chaîne de valeur et leur niveau de maturité.

    Le questionnaire est accessible du 11 février au 4 mars 2019 sur Entreprises.gouv.fr.