Data

  • Allemagne : Susanne Ozegowski, ex-cheffe du numérique en santé, tire les leçons du dossier patient

    Allemagne : Susanne Ozegowski, ex-cheffe du numérique en santé, tire les leçons du dossier patient

    Susanne Ozegowski a dirigé d’avril 2022 à décembre 2025 la division « Numérique et innovation » du ministère fédéral allemand de la Santé. À ce poste, elle a piloté le déploiement national de l’ordonnance électronique et du dossier patient électronique, les deux piliers de la numérisation du système de santé allemand. Invitée le 9 octobre 2026 à la deuxième Journée de la donnée de santé de l’AP-HP, elle a expliqué comment l’Allemagne a organisé le partage des données entre soignants, leur réutilisation pour la recherche et les obligations imposées aux éditeurs de logiciels. Son intervention vaut pour la France, qui poursuit les mêmes objectifs avec Mon espace santé et le Health Data Hub.

    Un dossier patient électronique ouvert par défaut

    Le dossier patient électronique allemand (elektronische Patientenakte, ePA) est désormais créé pour chaque assuré, sauf refus de sa part. Selon les chiffres présentés par Susanne Ozegowski, 65 millions de personnes en disposent. Médecins, pharmacies et hôpitaux y accèdent lorsque le patient présente sa carte d’assurance maladie. Les ordonnances électroniques, soit 1,5 milliard de prescriptions, alimentent automatiquement la liste des médicaments du patient. Un plan de médication doit compléter le dispositif.

    Pour l’ancienne responsable, la réussite tient d’abord à la méthode : la stratégie a été construite avec l’ensemble des acteurs du système de santé, et pas seulement avec les hôpitaux.

    L’interopérabilité imposée comme condition d’accès au marché

    Les logiciels des cabinets médicaux, des hôpitaux et des éditeurs ne se parlaient pas. Les autorités allemandes ont donc rendu les exigences d’interopérabilité contraignantes. « Désormais, si vous ne respectez pas les exigences d’interopérabilité, vous ne pourrez plus opérer sur le marché », a-t-elle expliqué.

    L’Allemagne a aussi revu les conditions de réutilisation des données. Le centre de données de recherche en santé (Forschungsdatenzentrum Gesundheit, présenté sous le nom de Health Data Lab) rassemble les données de remboursement de près de 90 % de la population, celle couverte par l’assurance maladie publique. Enrichies par les ordonnances électroniques, ces données sont accessibles selon la finalité du projet, et non selon le statut public ou privé du demandeur.

    Sécurité, souveraineté et confiance : les chantiers ouverts

    Plusieurs difficultés demeurent. Certains cabinets médicaux conservent leurs données sur leurs propres serveurs. Le recours à des fournisseurs américains soulève des questions de souveraineté. L’absence d’identifiant unique et permanent complique le rapprochement des informations d’un même patient.

    L’IA illustre les limites actuelles : une analyse des parcours de millions de patients n’a pas abouti, faute de données suffisamment structurées et d’outils adaptés, notamment de grands modèles de langage. Susanne Ozegowski a enfin insisté sur la confiance : la population allemande serait plus attachée au médecin qu’elle connaît qu’au système de santé dans son ensemble.

    Source : AP-HP, deuxième Journée de la donnée de santé, keynote de Susanne Ozegowski du 9 octobre 2026 (vidéo) – fiabilité : officielle ; parcours de l’intervenante d’après le Deutsches Ärzteblatt, 13 novembre 2025 – fiabilité : presse

  • EHDS : la Commission européenne consulte sur trois modèles communs d’accès aux données de santé

    EHDS : la Commission européenne consulte sur trois modèles communs d’accès aux données de santé

    La Commission européenne a ouvert le 16 octobre 2026 une consultation publique, jusqu’au 13 novembre, sur trois projets de modèles communs de demande et d’autorisation d’accès aux données de santé. Ces modèles sont prévus par le règlement sur l’espace européen des données de santé (EHDS), qui fixe le cadre juridique de la réutilisation des données de santé à l’échelle européenne. Ils doivent traduire ses règles en procédures applicables de la même manière dans tous les États membres.

    Trois modèles pour encadrer les demandes d’accès

    Le premier document concerne les demandes d’accès aux données de santé. Il doit permettre aux candidats d’expliquer les données recherchées et les modalités de leur utilisation, qu’il s’agisse de données anonymisées ou pseudonymisées consultées dans un environnement de traitement sécurisé.

    Le deuxième modèle porte sur les autorisations d’accès aux données de santé. Il vise à formaliser les données accessibles, les opérations de traitement permises et les conditions auxquelles elles sont soumises.

    Le troisième concerne les demandes visant à obtenir des résultats statistiques anonymisés, sans accéder directement aux données sous-jacentes. Cette procédure distingue ainsi l’accès aux données elles-mêmes de l’obtention de résultats agrégés.

    Des procédures à éprouver avant leur mise en œuvre

    Au-delà du contenu des formulaires, la consultation doit permettre d’évaluer leur facilité d’utilisation et leur capacité à limiter les démarches redondantes. La Commission invite notamment les chercheurs, les innovateurs et les autorités publiques à se prononcer sur la clarté des documents, leur proportionnalité et leur facilité de traitement.

    L’enjeu est opérationnel : des modèles harmonisés doivent rendre les demandes plus prévisibles d’un pays à l’autre, sans ajouter de complexité inutile aux démarches des organismes qui souhaitent réutiliser des données de santé. Ces documents contribueront ainsi à la mise en pratique du volet « utilisation secondaire » de l’EHDS.

    Les acteurs concernés peuvent transmettre leurs observations jusqu’au 13 novembre 2026 à minuit, heure de Bruxelles, sur la page de consultation de la Commission européenne. Leurs retours doivent contribuer à vérifier que ces modèles sont adaptés aux réalités du terrain avant leur mise en œuvre.

    Source : Commission européenne, consultation publique ouverte le 16 octobre 2026 – fiabilité : officielle

  • Italie : IQVIA écope de 7 M€ d’amende pour des manquements au RGPD sur des données de santé

    Selon une décision du 23 septembre 2026, annoncée le 9 octobre, le Garante italien (autorité italienne de protection des données) a infligé 7 millions d’euros d’amende à IQVIA Solutions Italy. Il a écarté la qualification de données anonymes défendue par la société pour une base d’environ un million de patients. IQVIA dispose de 120 jours pour se mettre en conformité et s’est réservé le droit de former un recours. Cette décision intervient quatre mois après une amende de 5 millions d’euros infligée par la CNIL à une autre société du groupe.

    Des données réidentifiables malgré la suppression des noms des patients

    Selon le Garante, retirer les noms ne suffisait pas. Les informations comportaient un identifiant persistant permettant de suivre les patients dans le temps, associé à des données cliniques et géographiques susceptibles de permettre leur réidentification. Des zones de texte libre contenaient aussi des données identifiantes sur 3 370 patients. Le Garante relève aussi plusieurs manquements : absence de base juridique appropriée, défaut d’information, durée de conservation insuffisamment encadrée, absence d’analyse d’impact et mesures de sécurité inadéquates.

    Le suivi détaillé d’un patient dans le temps fait la valeur d’une base pour entraîner un algorithme, mais fragilise son anonymat. Base juridique et analyse d’impact doivent être prévues dès la conception. IQVIA est jugée responsable du traitement dès la collecte, car elle organisait l’extraction. Les contrats doivent refléter qui choisit réellement les variables et les destinataires. Le règlement sur l’espace européen des données de santé (EEDS) organisera d’ici mars 2029 un accès encadré à l’utilisation secondaire des données.

    Source : Comité européen de la protection des données (CEPD), communication (9 octobre 2026) – fiabilité : déclarative.

  • Data : Clinityx lance LINK, un entrepôt de données de santé couvrant sept pays européens

    Data : Clinityx lance LINK, un entrepôt de données de santé couvrant sept pays européens

    Autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) dans sa délibération n° 2026-070 du 2 juillet 2026, LINK (pour « Longitudinal Integrated NetworK ») marque une nouvelle étape pour Clinityx, filiale de Gers Data (elle-même filiale de Cegedim qui héberge l’EDS sur sa plateforme), spécialisée dans les données de vie réelle. L’entreprise compte neuf entrepôts de données de santé autorisés par la Cnil en tant que responsable, coresponsable ou chargé de la mise en œuvre de traitement, ce qui en fait l’organisme français avec le plus grand nombre d’EDS.

    Documenter les soins primaires à l’échelle européenne

    LINK entend répondre à un angle mort des données de santé : le contexte clinique des consultations en ville. Les bases de remboursement renseignent notamment les actes réalisés et les hospitalisations, mais décrivent moins précisément les motifs de consultation, les diagnostics posés en cabinet ou les raisons qui conduisent à prescrire un traitement.

    Pour compléter ces informations, l’entrepôt rassemble des données issues des logiciels métier des médecins généralistes et spécialistes libéraux. Pseudonymisées à la source et organisées selon un modèle commun, elles doivent permettre de conduire des études observationnelles dans sept pays : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la Roumanie.

    LINK prend ainsi la suite du réseau THIN (The Health Improvement Network), à l’origine de plus de 2 150 publications scientifiques internationales. Son déploiement dans les sept pays sera progressif.

    À l’échelle française, l’objectif est de relier la consultation au parcours hospitalier

    Le dispositif français prévoit un chaînage avec le SNDS, qui comprend les données nationales de remboursement et d’hospitalisation fournies par la Caisse nationale de l’Assurance maladie. L’historique annoncé couvre quatorze années, auxquelles s’ajoute l’année en cours.

    L’autorisation de dix ans couvre des recherches, études et évaluations d’intérêt public, notamment sur les produits de santé, les parcours de soins, les études médico-économiques et les campagnes de vaccination. Clinityx prévoit également des dispositifs de transparence, dont l’information des patients, un portail dédié et un rapport annuel à la Cnil.

    Source : Clinityx, 8 octobre 2026 – fiabilité : officielle

  • Décryptage : aux États-Unis, 1,8 Md$ pour produire les données biologiques qui entraîneront l’IA

    Le fait

    Biohub, institut de recherche à but non lucratif basé à Redwood City (Californie), a annoncé le 7 octobre 2026 l’extension de sa Virtual Biology Initiative, lancée en avril 2026. Le programme doit produire des jeux de données ouverts et standardisés, « prêts pour l’IA », sur la façon dont les cellules réagissent à une intervention. Ces données serviront à entraîner des modèles prédictifs, souvent appelés « cellules virtuelles », capables de simuler une expérience avant de la mener en laboratoire.

    Le montant annoncé, 1,8 milliard de dollars, additionne quatre apports :

    • Biohub : un engagement fondateur de 500 millions de dollars, dont 400 millions pour de nouvelles technologies de mesure (cryo-tomographie électronique, microscopie de millions à milliards de cellules dans un tissu vivant, outils de perturbation) et 100 millions pour la recherche menée hors de l’institut.
    • Le ministère américain de l’Énergie (Department of Energy, DOE) : plus de 500 millions de dollars sur cinq ans en mesures, modélisation et calcul, au titre de sa Genesis Mission et avec les supercalculateurs de ses laboratoires nationaux.
    • Les National Institutes of Health (NIH), premier financeur public de la recherche biomédicale américaine : la mise à disposition de jeux de données existants, issus de plus de 500 millions de dollars d’investissements fédéraux antérieurs, que Biohub standardisera.
    • Google DeepMind, Isomorphic Labs et Meta : 300 millions de dollars à eux trois.

    NVIDIA apporte du calcul et des logiciels. L’Allen Institute, le Broad Institute, les Gladstone Institutes, le Human Cell Atlas, le Human Protein Atlas et le Wellcome Sanger Institute britannique participent à l’organisation scientifique.

    Ce que recouvre le chiffre

    Le 1,8 milliard n’est pas un budget nouveau versé d’un bloc. La part des NIH correspond à des investissements déjà réalisés, comptés sous forme de données. Celle du DOE s’étale sur cinq ans et mêle mesure, modélisation et calcul. L’argent frais identifiable dans l’annonce tient aux contributions du DOE et des trois industriels, soit un peu plus de 800 millions de dollars, auxquels s’ajoute l’engagement de Biohub. Le communiqué ne précise ni la licence des futures données, ni le calendrier de leur mise à disposition, ni les droits des industriels financeurs. Il invite en revanche « la communauté scientifique mondiale » à rejoindre le projet.

    Pourquoi la donnée plutôt que le modèle

    Biohub justifie l’initiative par un constat : aucune organisation ne peut produire seule les données nécessaires. Les atlas cellulaires actuels décrivent surtout des cellules au repos. Selon une analyse du Fil IA consacrée au modèle X-Cell de Xaira Therapeutics, les modèles entraînés sur CELLxGENE, base de cellules uniques maintenue par Biohub, décrivent bien les types cellulaires mais prédisent mal l’effet d’une modification génétique. Il faut pour cela des données de perturbation, coûteuses à produire. L’initiative américaine vise précisément ce goulot.

    En France et en Europe

    En France, la course se joue surtout dans le privé. Rivercell, start-up parisienne fondée par Yann Fleureau (fondateur de Cardiologs), a annoncé le 7 octobre une levée d’amorçage de 25 millions de dollars, menée par HV avec la participation de Bpifrance Digital Venture. Elle produira ses propres données de réponse cellulaire dans un laboratoire automatisé à Paris pour entraîner un modèle de cellule virtuelle. L’Institut Pasteur présente de son côté scPRINT, modèle entraîné sur plus de 50 millions de cellules, et fait des données « AI-ready » une priorité de ses infrastructures.

    À l’échelle européenne, la Commission a lancé en novembre 2025 le pilote RAISE (Resource for AI Science in Europe), un institut virtuel qui mutualise calcul, données et talents pour toutes les disciplines scientifiques. Son pilote est doté de 107 millions d’euros dans Horizon Europe. Aucun programme européen comparable, dédié aux données de perturbation cellulaire, n’est annoncé à ce jour.

    Pour qui ?

    • Équipes de recherche et plateformes de génomique : suivre les standards et identifiants communs que Biohub annonce, pour que leurs jeux de données restent réutilisables par les modèles qui s’imposeront.
    • Biotechs et start-up d’IA : anticiper l’arrivée de données ouvertes massives, qui réduira l’avantage des jeux propriétaires descriptifs ; la valeur se déplace vers les données de perturbation et les cas d’usage cliniques.
    • Financeurs publics et agences : examiner une participation européenne aux consortiums ou un programme équivalent, avant que les conditions d’accès aux données ne soient fixées sans eux.

    Pourquoi cela compte : les États-Unis organisent, avec l’État fédéral, la philanthropie et trois acteurs de l’IA, la production des données qui entraîneront les modèles de biologie. Ceux qui fixent les standards de ces données fixeront aussi les conditions d’accès des chercheurs et des industriels européens.

    Source : Biohub, communiqué (7 octobre 2026) · fiabilité : déclarative ; Commission européenne, stratégie européenne pour l’IA dans la science · fiabilité : officielle ; Rivercell, communiqué (7 octobre 2026) · fiabilité : déclarative ; Le Fil IA (24 septembre 2026) · fiabilité : presse

  • Europe : à moins de six mois de l’échéance, où en sont les pays de l’UE ?

    Europe : à moins de six mois de l’échéance, où en sont les pays de l’UE ?

    Pourquoi cela compte ?

    La France a les actifs, pas encore la décision. Elle dispose du Système national des données de santé (SNDS), de la Plateforme des données de santé (PDS, ex-Health Data Hub) et des entrepôts de données de santé (EDS) des hôpitaux, mais pas encore d’organisme d’accès désigné. Le cadre national de mise en œuvre du ministère (version du 5 octobre 2026) prévoit la PDS en guichet unique, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour la protection des données et le ministère comme coordonnateur. La désignation, elle, attend le prochain projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE). Prochain rendez-vous : la clôture de la concertation sur ce cadre, ouverte jusqu’au 19 novembre 2026.

    Le règlement (UE) 2025/327 impose de notifier à la Commission l’identité des organismes désignés au plus tard le 26 mars 2027 (article 55, paragraphe 6). Le chapitre IV, qui organise la réutilisation des données pour la recherche, l’innovation et les politiques publiques, s’applique à partir du 26 mars 2029 (article 105). Un État qui désigne plusieurs organismes doit en nommer un coordinateur (article 55, paragraphe 1).

    Pour la recherche, cette désignation a une conséquence très concrète : elle dira à quelle porte frapper en 2029. Responsables d’entrepôts hospitaliers, industriels, éditeurs et équipes de recherche devront déposer leurs demandes d’accès auprès de ces organismes. Les modèles divergent déjà : un organisme unique aux Pays-Bas, un guichet unique adossé à d’autres autorités en France, des organismes par domaine en Allemagne, un réseau national et régional en Espagne et en Finlande.

    Aucune désignation malgré un calendrier fixé par le règlement

    Aucun des dix pays n’a désigné son organisme. Quatre ont déjà un accès aux données partiellement opérationnel, six sont en construction. Dans la colonne « Qui, et sous quelle forme », la mention en gras donne le modèle d’organisation envisagé (unique, partagé, fédéré ou non tranché), la suite dit quel organisme est prévu.

    Accès réservé aux abonnés

    Ce contenu est uniquement accessible sur abonnement.

    Vous êtes déjà abonné, cliquer ici pour vous connecter, ou bien découvrez ci-dessous les avantages de nos offres.

    Nos offres

    Essentiel

    Découvrir

    Premium

    Découvrir

    Échelle de preuve HTI : officielle (texte juridique ou document d’une autorité publique) · évaluée par les pairs · déclarative (propos public d’un responsable) · presse · à vérifier. Aucun pays ne publie encore de délai ni de tarif d’accès pour ses futurs organismes. État au 14 octobre 2026. Prochaine mise à jour prévue le 20 novembre 2026, au lendemain de la clôture de la consultation française, ou dès qu’un pays notifie sa désignation.

    Historique – 14 octobre 2026 : version initiale, dix pays.

    Pays par pays : ce que cela change pour un dossier en 2029

    • France : Un dossier passerait par la PDS, avec la Cnil en appui. Question ouverte : le gouvernement confirmera-t-il ce schéma après la consultation close le 19 novembre ? Réponse attendue du ministère de la Santé, dans le projet de loi DDADUE.
    • Allemagne : Le BfArM serait l’entrée par défaut, avec des organismes spécialisés par type de données. Question ouverte : quels domaines reviendront à quel organisme ? Réponse attendue du ministère fédéral de la Santé, par décret après le vote de la loi.
    • Finlande : Findata resterait la porte d’entrée nationale, les régions hospitalières traitant une partie des demandes. Question ouverte : avec quels moyens après 2027 ? Réponse attendue du Parlement, avant l’entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027, puis du budget 2028. Pour le fonctionnement actuel de Findata, lire l’International Signal : 239 décisions d’accès rendues en 2026.
    • Belgique : La HDA offre déjà un catalogue et un circuit de demandes. Question ouverte : la décision interministérielle la désignera-t-elle ? Réponse attendue des gouvernements fédéral et fédérés, avant la loi d’adaptation.
    • Pays-Bas : Un interlocuteur unique, la GDA. Question ouverte : quand le texte sera-t-il déposé à la Seconde chambre ? Réponse attendue du ministère de la Santé (VWS), avant mars 2027.
    • Espagne : Un dossier pourrait relever du niveau national ou d’une communauté autonome. Question ouverte : comment les demandes seront-elles réparties ? Réponse attendue du ministère de la Santé, dans l’avant-projet de loi sur la santé numérique.
    • Danemark : Le guichet Ét Kontaktpunkt existe, mais sans statut de HDAB. Questions ouvertes : quand le projet de loi EEDS sera-t-il mis en consultation, et quand le guichet « Health Data Access » annoncé à la mi-2026 sera-t-il ouvert ? Réponses attendues du ministère de l’Intérieur et de la Santé et de l’Autorité danoise des données de santé.
    • Luxembourg : Le LNDS prépare les outils sans être désigné. Question ouverte : la future loi lui confiera-t-elle le rôle ? Réponse attendue du gouvernement, avant mars 2027.
    • Irlande : Aucune adresse à ce jour. Question ouverte : quand l’avant-projet créant l’organisme national sera-t-il publié ? Réponse attendue du ministère de la Santé.
    • Italie : Impossible de savoir aujourd’hui à quelle porte frapper. Question ouverte : la piste d’un consortium de quatre administrations sera-t-elle retenue, et lesquelles ? Réponse attendue du ministère de la Santé, avant mars 2027.

    Voir la Carte HTI interactive (vue carte et tableau)

    Source : ministère de la Santé, Cadre de mise en œuvre du règlement EEDS en France (5 octobre 2026) · fiabilité : officielle ; règlement (UE) 2025/327, art. 55 (JOUE, 5 mars 2025) · fiabilité : officielle ; Eduskunta, projet de loi HE 218/2026 (1er octobre 2026) · fiabilité : officielle.

  • Finlande : Findata a rendu 239 décisions d’accès aux données de santé en 2026, dont 86 % favorables

    Au 12 octobre 2026, Findata, l’autorité finlandaise chargée d’autoriser l’usage secondaire des données sociales et de santé, avait rendu 239 décisions depuis le début de l’année, dont 86 % favorables. Sur la même période, elle a reçu 101 demandes d’autorisation, 141 demandes d’avenants et 14 demandes de données statistiques. Sa page « Issued permits », mise à jour le 1er octobre 2026, liste nominativement chaque titulaire et chaque projet autorisé depuis 2020.

    Ce qui change là-bas

    Findata instruit les demandes, délivre les autorisations et suit les projets jusqu’à leur terme. Les avenants dépassent les nouvelles demandes : 141 contre 101 en 2026, 212 contre 134 en 2025. Un avenant prolonge une autorisation, ajoute des variables ou change de sous-traitant. FinnGen, porté par l’université d’Helsinki, figure ainsi plusieurs fois dans la liste des avenants 2026.

    Les titulaires ne sont pas seulement des universités et des hôpitaux. La liste 2026 comprend des sociétés privées comme MedEngine, Medaffcon, NHG Finland ou Oriola. Chaque décision est publiée avec le nom du titulaire et l’intitulé du projet. Le projet de loi HE 218/2026, déposé le 1er octobre 2026, fait de Findata l’organisme national et coordinateur prévu par le règlement européen, aux côtés de cinq organismes régionaux, pour une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027.

    Ce qui existe déjà ici

    En France, la Plateforme des données de santé (PDS, ex-Health Data Hub) est le guichet unique des demandes. Le comité éthique et scientifique pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé (CESREES) rend un avis, puis la CNIL autorise le traitement. Chaque projet est inscrit au répertoire public des projets (article L. 1461-3 du code de la santé publique). Le cadre national de mise en œuvre du ministère (version du 5 octobre 2026) prévoit la PDS en guichet unique, la CNIL pour la protection des données et le ministère comme coordonnateur, mais aucun organisme n’est encore désigné. La Carte HTI des organismes d’accès aux données de santé fait le point sur dix pays européens : aucun n’a encore désigné le sien.

    Transposabilité France / Europe

    Le modèle finlandais est déjà en cours de transposition : chaque État doit notifier ses organismes d’accès à la Commission avant le 26 mars 2027, et la France a fixé son schéma sans l’inscrire dans la loi. La désignation attend le prochain projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE), après la concertation ouverte jusqu’au 19 novembre 2026. L’expérience de Findata montre que l’organisme retenu devra être dimensionné pour suivre les projets dans la durée, et pas seulement pour instruire les demandes initiales.

    Pourquoi cela compte : le futur organisme d’accès français ne se jugera pas seulement aux délais d’autorisation. La gestion des avenants et la publication nominative des titulaires, entreprises comprises, pèseront autant sur sa charge de travail que sur la confiance du public.

    Source : Findata, page « Issued permits » (mise à jour le 1er octobre 2026 ; statistiques au 12 octobre 2026) · fiabilité : officielle ; Eduskunta, projet de loi HE 218/2026, art. 7 (1er octobre 2026) · fiabilité : officielle ; ministère de la Santé, Cadre de mise en œuvre du règlement EEDS en France (5 octobre 2026) · fiabilité : officielle ; Plateforme des données de santé, répertoire public des projets · fiabilité : officielle.

    Transposabilité France / Europe : T4 · déjà en cours (conditions : (1) inscription de la désignation dans le projet de loi DDADUE ; (2) confirmation du schéma PDS, CNIL et ministère après la concertation close le 19 novembre 2026 ; (3) moyens d’instruction prévus pour les avenants, non chiffrés à ce jour).

  • IA d’aide à la décision clinique : près de dix fois plus de publications qu’en 2023

    IA d’aide à la décision clinique : près de dix fois plus de publications qu’en 2023

    1 566 : c’est le nombre de publications scientifiques recensées par PubMed au cours des neuf premiers mois de 2026 sur l’IA appliquée au diagnostic, au triage et à l’aide à la décision clinique. C’est 130 % de plus qu’en 2025 et près de dix fois plus qu’en 2023, sur la même période.

    Graphique : publications scientifiques sur l'IA en santé par axe, de janvier à septembre de chaque année, indice 100 en 2023, échelle logarithmique. Soins et aide à la décision clinique : 1 566 publications en 2026, +130 % sur un an. Conformité, régulation et cybersécurité : 693, +82 %. Documentation clinique et IA générative : 788, +27 %. Données, recherche et preuves : 502, +33 %. Pilotage hospitalier : 207, +9 %. Infrastructures et souveraineté : 183, +132 %.
    Publications sur l’IA en santé par axe, janvier à septembre de chaque année, indice 100 = 2023. Source : PubMed, requêtes HTI, extraction du 10 octobre 2026.

    La conformité et les infrastructures accélèrent

    Les travaux sur la régulation, l’évaluation et la cybersécurité de l’IA progressent de 82 % sur un an (693 publications), alors que se met en place le règlement européen sur l’IA (AI Act). Ceux qui portent sur l’hébergement, la puissance de calcul et la souveraineté augmentent de 132 %, mais à partir d’un petit volume (183).

    Documentation, données et pilotage suivent moins vite

    La documentation clinique assistée par IA (comptes rendus, scribes, dictée) gagne 27 % (788 publications). Les données de santé (données de vie réelle, entrepôts, apprentissage fédéré) progressent de 33 % (502). Le pilotage hospitalier (codage, gestion des lits, plannings) ne gagne que 9 % (207).

    Méthode

    Une requête PubMed par axe croise l’IA et le thème de l’axe, avec un contrôle de pertinence sur un échantillon de titres. La période est identique chaque année : du 1er janvier au 30 septembre. Les articles récents ne sont pas encore tous indexés, ce qui sous-estime 2026. Le volume mesure l’activité scientifique, pas l’adoption des solutions.

    Pour les établissements, la preuve s’accumule vite sur le diagnostic, beaucoup moins sur les usages organisationnels qui se déploient pourtant à l’hôpital, comme les scribes ou le codage : leur évaluation reposera largement sur les retours de terrain.

    Source : PubMed (National Library of Medicine, États-Unis), requêtes HTI par axe, extraction du 10 octobre 2026 – fiabilité : base bibliographique de référence ; volumes indicatifs, l’indexation de 2026 étant incomplète.

  • Journée des données de santé de l’AP-HP : cinq projets récompensés pour leurs usages de la donnée

    Journée des données de santé de l’AP-HP : cinq projets récompensés pour leurs usages de la donnée

    Les cinq projets distingués lors de la deuxième Journée des données de santé de l’AP-HP du 9 octobre 2026 couvrent des usages variés de la donnée. Le docteur Alexis Guédon porte TACTIC GCA, qui vise à mieux prévenir les complications cardiovasculaires liées à la maladie de Horton. Le docteur Rudy Birsen est associé à HemaPreg-SNDS, consacré aux cancers du sang pendant la grossesse. Obésitri, porté par le docteur Pierre Bel Lassen, doit faciliter l’orientation des patients vers les consultations spécialisées d’obésité.

    Deux autres initiatives portent sur le fonctionnement hospitalier. Perceval Wajsbürt développe un usage de l’IA pour faciliter le codage des diagnostics, avec l’objectif de dégager du temps pour les professionnels et d’améliorer la qualité des données. Enfin, le projet Chocs-QUAPIC – porté notamment par les docteurs Claire Roy et Bastien Genet, ainsi que par Tiphanie Ailleaume et Monique Molongi – étudie l’organisation des soins en gériatrie afin d’améliorer la prise en charge des patients âgés.

    Zoom sur le projet HemaPreg-SNDS qui exploite les données nationales pour éclairer les décisions médicales

    L’étude HemaPreg illustre la contribution des données de santé à la connaissance de situations cliniques rares. Publiés dans The Lancet Haematology, ses résultats reposent sur le Système national des données de santé (SNDS). Les chercheurs ont analysé 9 996 523 grossesses terminées en France entre 2012 et 2022, identifiant 1 366 cancers hématologiques associés à la grossesse : 413 diagnostiqués pendant celle-ci et 953 dans les douze mois suivant son terme.

    Les résultats documentent des risques importants : la morbidité maternelle sévère concernait 26,2 % des grossesses étudiées avec un diagnostic pendant la grossesse, contre 1,5 % dans le groupe de référence. Les naissances prématurées représentaient 45,2 % des naissances dans ce groupe, contre 6,6 % dans le groupe de référence. En revanche, l’étude n’a pas observé de différence significative de survie globale entre les femmes diagnostiquées pendant la grossesse et celles diagnostiquées dans l’année suivante.

    Cette étude montre comment l’exploitation de données recueillies à l’échelle nationale peut documenter des pathologies peu fréquentes et contribuer à éclairer les décisions médicales. Pour ces situations complexes, les auteurs soulignent l’importance d’une prise en charge spécialisée et pluridisciplinaire.

    Source : AP-HP, Journée des données de santé du 9 octobre 2026 (couverte par HTI) – fiabilité : déclarative ; The Lancet Haematology (2024) – fiabilité : publication évaluée par les pairs.

  • Royaume-Uni : la fronde contre Palantir au NHS s’organise avant la décision de décembre

    Les manifestants demandent au gouvernement de ne pas prolonger au-delà de mars 2027 le contrat de la Federated Data Platform (FDP), la plateforme nationale de données du National Health Service (NHS) fournie par Palantir. Le gouvernement d’Andy Burnham, Premier ministre depuis juillet, réexamine le contrat et doit se prononcer d’ici décembre.

    Le contrat, attribué en novembre 2023 à un consortium mené par Palantir, vaut jusqu’à 330 millions de livres (385 millions d’euros) sur sept ans. La FDP relie les données hospitalières pour gérer listes d’attente, blocs opératoires et sorties. Selon le NHS, environ deux tiers des hôpitaux l’ont déployée. HTI avait relevé en juillet que 54 des 139 établissements raccordés n’utilisaient aucune des huit applications analysées.

    44 000 objections au titre du droit des données

    La veille des manifestations, le Guardian a révélé que plus de 44 000 personnes avaient déposé une objection au traitement de leurs données par la FDP, au titre de l’article 21 du règlement britannique sur la protection des données. La campagne est coordonnée par l’association 38 Degrees. Le NHS England répond que « toutes les organisations du NHS gardent le contrôle de leurs données dans la FDP » et qu’il traitera les objections « conformément au droit de la protection des données ». La British Medical Association, principal syndicat de médecins, demande depuis février une « rupture complète » avec Palantir. Un sondage YouGov de juillet donne 65 % de Britanniques favorables à la fin du contrat.

    Les opposants invoquent les contrats de Palantir avec l’armée israélienne et la police américaine de l’immigration ; une commission parlementaire a alerté cet été sur la dépendance envers les États-Unis. NHS Greater Manchester a développé sa propre plateforme, dont son directeur des données Matt Hennessey juge la généralisation « réalisable ». Le ministre de la Santé James Frith a toutefois écrit à la commission parlementaire de la santé qu’un contrat de remplacement ne pourrait « probablement pas être en place d’ici mars », selon City AM. Le Royaume-Uni représentait 10 % du chiffre d’affaires de Palantir en 2025.

    Source : AFP, dépêche reprise par Mon Assurance Facile (01/10/2026) · presse ; The Guardian (30/09/2026) · presse ; Cambridge Independent (07/10/2026) · presse ; City AM (05/10/2026) · presse