Cyber

  • Numérique : un poste d’expert de haut niveau créé à la Direction de la Sécurité sociale

    Un poste d’expert de haut niveau sur les questions relatives au numérique et à l’utilisation des données sur le champ de la sécurité sociale auprès du directeur de la Sécurité sociale a été créé et publié au Journal officiel du 6 janvier 2016.

    Assurant une fonction de « conseil et d’expertise », le titulaire de l’emploi aura notamment les missions suivantes :
    • coordonner le suivi des projets liés à l’e-santé au sein de la Direction de la Sécurité sociale ;
    • suivre les projets de développement du numérique dans le service public de la sécurité sociale et ceux concernant l’utilisation des données et leur politique d’ouverture.

    Le poste est ouvert aux fonctionnaires de catégorie A+, qui ont un délai d’un mois pour candidater.

  • Nantes inaugure son hôtel d’entreprises biotech

    Ambitionnant de devenir un véritable carrefour de la recherche et de l’innovation en santé à l’échelle nationale et européenne, la métropole nantaise a inauguré Nantes Biotech le 6 janvier 2017.

    Il s’agit d’un hôtel d’entreprises ouvert aux sociétés de la filière santé/biotechnologies, qui s’inscrit dans le cadre du projet de Quartier de la Santé, à proximité du futur CHU.

    L’immeuble a été conçu en adoptant la morphologie des bâtiments industriels innovants, pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises de ce secteur. Certaines sont déjà en place (Ose immunotherapeutics, Atlangram, Horama et Olmix).

    Un Quartier de la Santé pour favoriser le continuum soin, recherche et enseignement

    Le CHU de Nantes est actuellement réparti sur neuf sites de l’agglomération. Le projet de nouvel hôpital, dont la construction est prévue pour 2020-2026, permettra de regrouper sur un site unique toutes les activités de court séjour, et de doter ainsi la métropole nantaise d’un véritable campus hospitalo-universitaire en cœur d’agglomération.

    Dans cette perspective, la métropole a inauguré en même temps que Nantes Biotech l’IRS 2, pôle de recherche dont les activités sont axées sur les maladies infectieuses et les biostatistiques.

    Financement des deux programmes immobiliers (en M€)

    • IRS 2 :
      • État : 5
      • Région Pays de la Loire : 2,334
      • Conseil Départemental de Loire Atlantique : 3,333
      • Nantes Métropole : 3,333
      • FEDER : 6
    • Nantes Biotech :
      • Région des Pays de la Loire : 8,5
      • FEDER : 1,7
      • FCTVA : 2

  • GHT : retour sur l’année 2016

    Périmètre des GHT, carte des logiciels de DPI et GAM utilisés par les établissements support de GHT, interviews de DSI… Health&Tech Intelligence vous propose une sélection de ses analyses sur la constitution des GHT en 2016.

  • Conseil stratégique du numérique en santé : installation prévue le 24 janvier 2017

    Le conseil stratégique du numérique en santé sera installé le 24 janvier 2017, selon des informations recueillies par Health&Tech Intelligence.

    Il comprendra 44 membres, représentant les professionnels et établissements de santé, les patients, les industriels, les administrations et opérateurs, la filière académique, et des personnalités qualifiées.

    Il devrait être présidé par la DSISS.

    La création du conseil stratégique du numérique en santé a été annoncée par Marisol Touraine, ministre de la Santé, dans le cadre de la présentation de la stratégie e-santé 2020 en juillet 2016.

    Les organismes faisant partie du conseil stratégique du numérique en santé sont les suivants :

    Professionnels et établissements de santé

    • Conseil national de l’ordre des médecins
    • Conseil national de l’ordre des pharmaciens
    • Conseil national de l’ordre des sages-femmes
    • Conseil national de l’ordre des chirurgiens-dentistes
    • Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes
    • Conseil national de l’ordre des pédicures-podologues
    • Conseil national de l’ordre des infirmiers
    • Fédération Hospitalière de France
    • Fédération de l’Hospitalisation Privée
    • Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés non lucratifs
    • Fédération Nationale des Etablissements d’Hospitalisation A Domicile
    • UNICANCER

    Patients

    • CISS (2 représentants)
    • Conférence nationale de santé

    Industriels

    • FEIMA
    • France e-health tech
    • LEEM
    • LESISS
    • SNITEM
    • Syntec numérique

    Administrateurs et opérateurs

    • DSISS
    • Délégué ministériel à l’innovation
    • Déléguée au service public d’information en Santé
    • Asip Santé
    • Direction générale de l’offre de soins
    • Direction générale de la Santé
    • Direction générale de la cohésion sociale
    • Direction de la Sécurité sociale
    • DREES
    • Direction générale des entreprises
    • ARS (1 représentant)
    • CNAM
    • CNSA
    • Santé publique France
    • ANSM
    • HAS

    Filière académique

    • Aviesan
    • Conférence des doyens des facultés de médecine
    • Fédération des spécialités médicales

    Personnalités qualifiées

    • Président du conseil national du Numérique
    • Président du CATEL
    • Président de la Société française de télémédecine
    • Président de l’association française d’informatique médicale

  • Pacte métropolitain d’innovation de Montpellier : 7,1 millions d’euros pour la santé

    Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du Territoire et Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, ont signé jeudi 5 janvier un pacte métropolitain d’innovation. Il comprend notamment un volet innovation, avec 7,1 millions d’euros destinés à soutenir les projets de recherche en santé du territoire.

    Les projets soutenus dans le volet innovation sont :

    • Des incubateurs portés par le CHU ou l’ IGH en partenariat avec l’Inserm:
      • Incubasciences, un projet de pépinière, favorisant les collaborations entre chercheurs,cliniciens, industriels et étudiants.
      • Le Bio-incubateur CYBORG, une start-up de biotechnologie pour la médecine régénératrice et les thérapies innovantes
    • Des plateformes technologiques portées par l’université ou la métropole :
      • Reconfiguration de l’Université de Montpellier afin d’intégrer dans sa structuration un REDSAIM.
      • Création d’un pôle autonomie santé à Lattes, centre d’excellence européen de recherche autour de l’autonomie des personnes.
    • Des équipements innovants portés par l’ICM ou le CHU :
      • Achat d’un IRM innovant, Sunfair, pour associer des instituts et des entreprises et encadrer la recherche et la formation de l’ensemble des acteurs associées au programme.
      • Développement de la recherche et de l’innovation thérapeutique en neuroradiologie interventionnelle, par la création d’une salle d’angiographie cérébrale hybride unique en Europe.

    Le pacte entre l’État et les 15 métropoles françaises, signé par le Premier ministre le 6 juillet 2016,  prévoyait une démarche d’appui au déploiement de stratégies innovantes et des moyens financiers : en 2017, 150 M€ du FSIL seront consacrés par l’État aux pactes métropolitains d’innovation. Le pacte montpelliérain est le troisième signé.




  • Technologies médicales : fusion de deux associations européennes dans MedTech Europe

    Le regroupement des industries de technologies médicales en une seule entité européenne, c’est ce qu’a annoncé MedTech Europe le 4 janvier 2017.

    Les membres d’EDMA, syndicat de l’industrie du diagnostic in vitro à l’échelle européenne, et d’Eucomed, association regroupant des fabricants de technologies médicales, ont voté la dissolution de leurs associations européennes respectives pour créer MedTech Europe, nouvelle entité unique représentant le secteur européen de la technologie médicale, du diagnostic à la guérison.

    Medtech Europe se donne trois objectifs :

    • Être la voix européenne des industries de la technologie médicale.
    • Renforcer la reconnaissance du rôle de la technologie médicale quant aux solutions innovantes et efficaces face aux besoins croissants des patients et fournisseurs de soins de santé.
    • Être un des acteurs clés de la sphère européenne et un meilleur miroir de l’environnement de la santé.

    « MedTech Europe fournira une contribution constructive et essentielle à tout débat européen autour de la santé, étant donné que notre industrie se penche sur l’ensemble de l’écosystème de la santé et sur une approche entièrement axée sur le patient. MedTech Europe continuera de fournir services et expertise spécifiques en termes de diagnostic. Nous avons encore plus de raisons et de ressources pour nous engager davantage dans des thèmes de santé avant-gardistes, y compris la digitalisation et des technologies disruptives telles que l’impression 3D et les soins de santé intégrés », a déclaré Serge Bernasconi, PDG de MedTech Europe.

  • Achat hospitalier : l’innovation, une priorité (dossier)

    L’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs. Sourcing des innovations, nouvelles procédures d’achat, diffusion des innovations… Health&Tech Intelligence fait le point sur le sujet dans un dossier consacré à l’achat hospitalier.

    Au sommaire du dossier :

    • La porte d’entrée de l’innovation
    • Paroles d’experts
    • Une organisation empirique
  • E-santé : ce qui a changé en 2016

    Si la e-santé n’a pas connu de révolution en France, en 2016, plusieurs événements importants ont concerné le secteur à commencer dans le champs légal et réglementaire par la publication d’une nouvelle loi de santé promulguée le 26 janvier et dont l’innovation constitue l’un des trois principaux axes. Le ministère a présenté en juillet une « stratégie nationale e-santé 2020 » et plusieurs événements marquants sont à signaler dans le secteur de l’innovation et des technologie médicales, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, du cœur artificiel Carmat, de la réalité virtuelle, de l’exosquelette ou encore de la robotique chirurgicale. Enfin, 2016 a été été marquée par d’importants rachats d’entreprise dans le secteur des systèmes d’information.

    Voici les événements marquants de 2016 : 

    Environnement légal et réglementaire : promulgation d’une nouvelle loi de santé  

    L’année 2016 a commencé avec la promulgation, le 26 janvier 2016, de la « loi de modernisation de notre système de santé » votée fin 2015. En juillet, la ministre de la Santé, Marisol Touraine a présenté le 4 juillet une stratégie nationale pour le développement de la e-santé dotée d’une enveloppe de 750 millions d’euros.

    Loi de santé 

    GHT

    • Cette loi, longue de 227 articles a notamment créé les GHT permettant aux hôpitaux d’élaborer un projet médical commun et de partager des missions ou des fonctions support et dont Health&Tech Intelligence a été le premier à publier une carte nationale complète. La ministre de la Santé, Marisol Touraine a ainsi annoncé le 5 juillet 2016 la liste de 135 GHT qui redessinent la carte hospitalière française. 

    La loi du 26 janvier 2016  prévoit aussi la création :

    • d’un numéro d’appel national pour joindre un médecin aux heures de fermetures des cabinets médicaux et d’un portail internet (« GPS santé ») permettant de trouver un professionnel de santé ou de se renseigner sur la prévention, les risques épidémiques…
    • des plateformes territoriales d’appui (PTA), un outil institutionnel supplémentaire pour améliorer la coordination des soins en proposant un guichet intégré réunissant l’ensemble des dispositifs de coordination de proximité existant sur un territoire donné.
    • de l’agence Santé publique France officiellement crées en avril 2016 et qui a repris les attributions de l’INVS, l’Inpes et l’Eprus.

    Données de santé

    • La loi de santé relance aussi le dossier médical partagé, un espace numérique permettant aux assurés d’héberger et de partager avec les professionnels leurs données personnelles de santé (comptes rendus d’examens de radiologie, de biologie, d’hospitalisation etc.) Le déploiement du DMP a été confié à l’Assurance maladie. Neuf caisses primaires (celles du Bas-Rhin, des Pyrénées-Atlantiques, des Côtes-d’Armor, du Doubs, de Haute-Garonne, d’Indre-et-Loire, du Puy-de-Dôme, de la Somme et du Val-de-Marne)  vont l’expérimenter en avant-première.  
    • Elle crée un système national des données de santé (SNDS) qui doit rassembler à partir d’avril 2017 les informations personnelles sur les soins et faciliter leur exploitation par les chercheurs. Un décret paru le 28 décembre est venu en préciser les conditions d’accès. 
    • En novembre, la HAS a publié un référentiel pour recenser les règles de bonne pratique applicables aux applis santé.
    • En matière de protection des données, un accord a été signé en juillet entre l’Europe et les États-Unis, le « Privacy Shield » concernant le partage et la protection des données. Il vise à renforcer la protection des citoyens européens dont les données personnelles sont transférées sur des serveurs américains, en leur fournissant de meilleurs recours en cas de litige.

    Innovation

    • Echopulse sera le premier bénéficiaire du forfait innovation qui dans le même esprit que l’Autorisation temporaire d’utilisation pour les médicaments, est destiné à faciliter l’accès au marché français des dispositifs médicaux innovants, qu’il s’agisse de dispositifs implantables (pacemakers, prothèses…), d’imagerie, de robots ou de produits de diagnostic. 
    • La HAS s’est déclarée favorable en septembre dernier au remboursement de deux dispositifs médicaux innovants pour la mesure de la glycémie (Freestyle Libre),et l’accompagnement des diabétiques (l’application Diablo). 

    Télémédecine

    • L’année 2016 a été marquée par la signature d’une nouvelle convention médicale entre trois syndicats de médecins et l’Assurance maladie qui mentionne notamment le déploiement de la télémédecine (téléexpertise et téléconsultation) comme un moyen d’encourager l’accès aux soins.
    • Trois cahiers des charges ont été publiés en fin d’année pour la mise en oeuvre des expérimentations relatives à la prise en charge par télésurveillance.  

    Business : une année de partenariats et de rachats majeurs

    L’année 2016 a été marquée par quelques importants rachats d’entreprise dans le secteur des systèmes d’information :

    • le rachat d’IDO-In par l’éditeur Maincare en février 2016, portant l’effectif de la société à 500 collaborateurs, pour un chiffre d’affaires de 57 millions d’€ en 2016 ;
    • le rachat de Noemalife, actionnaire principal de l’éditeur Medasys, par Dedalus en juillet 2016 ;
    • le rachat de Vidal, qui édite notamment des systèmes d’information médicaux, par le groupe japonais M3 pour 100 millions d’€ en octobre 2016.

    Côté start-up, à noter :

    • le rachat de Withings par Nokia en avril 2016 pour 170 millions d’€ ;
    • le rachat de Medtech par Zimmer Biomet pour 146 millions d’€ en juillet 2016 ; 
    • l’entrée en Bourse de Gensight, assortie d’une levée de fonds de 40 millions d’€.

    Les montants levés par les start-up de la e-santé sont publiés mensuellement dans le data center d’HTI.

    2016 a également été l’année de la multiplication des partenariats entre acteurs de santé et GAFAM :

    • Watson Health d’IBM a noué de nombreux partenariats avec des associations de patients, des entreprises des hôpitaux et des centres de recherche ;
    • Alphabet, maison mère de Google, a réalisé d’importants rachats à travers son fonds Google Ventures, notamment dans les biotech, créé des joint ventures avec de grands laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, GSK) via Verily,  et noué des partenariats avec des institutions (NHS) et des universités (Vanderbilt University…).

    Innovation : quelques grandes premières

    Concernant le domaine des technologies, solutions et outils numériques appliqués aux soins médicaux, voici une sélection de quelques innovations marquantes de l’année 2016 :

    • L’IA de Google a surpassé le diagnostic des ophtalmologistes , un point de vue publié dans le JAMA a mis en évidence une nouvelle répartition des rôles entre l’IA et la pratique médicale.
    • La réalité virtuelle a démontré sa légitimité en tant qu’outil d’optimisation des opérations chirurgicales difficiles.
    • Concernant l’appui apporté par la robotique à la chirurgie, le robot STAR a accompli une première médicale : opérer des tissus mous d’animal sans les altérer, les premières greffes rénales robotiques en Europe ont été réalisées sur des patients obèses et la HAS a émis un avis favorable pour le remboursement de la prostatectomie totale robot-assistée.
    • Atalante, l’exosquelette français de la start-up française Wandercraft, il devrait permettre à des personnes handicapées de marcher en parfaite autonomie.
    • Le cœur artificiel de la société Carmat, implanté chez un premier patient, le pancréas artificiel mis au point par la société Diabeloop pour les patients diabétiques de type 1 et une neuroprothèse pour permettre aux paraplégiques de retrouver l’usage de leurs membres (et encore à l’état expérimental) font également partie des innovations majeures de 2016. 

    Nominations : les mouvements de 2016

    Institutions

    En 2016, les principaux mouvements dans les agences de santé sont :

    • la nomination d’Agnès Buzyn à la présidence de laHAS ;
    • la nomination de Norbert Ifrah à la présidence de l’INCA ;
    • la nomination de Sophie Martinon comme directrice générale de l’ANAP.

    Côté ARS, quelques nominations de directeurs généraux ont eu lieu ;

    • Patrick Houssel à l’ARS de Martinique ;
    • Jacques Cartiaux à l’ARS de Guyane ;
    • Jean-Yves Grall à l’ARS Auvergne Rhône-Alpes ; 
    • Monique Ricomes à l’ARS Hauts de France ;
    • Claude d’Harcourt à l’ARS PACA ;
    • Christophe Lannelongue à l’ARS Grand Est ;
    • Pierre Pribile à l’ARS Bourgogne Franche-Comté.

    Dans les ministères :

    • Jean-Yves Fagon est délégué à l’innovation en Santé ;
    • Alain Beretz est directeur général de la recherche et de l’innovation.

    Entreprises

    Côté entreprises, à retenir :

    • Thierry Beaudet est le nouveau président de la Mutualité Française, qui a également un nouveau directeur général, Albert Lautman.
    • Elie Lobel est directeur général d’Orange Healthcare ;
    • Guillaume Leroy est directeur France de Sanofi.

     

     

      

  • La porte d’entrée de l’innovation

    L’hôpital est bien souvent synonyme d’innovation. C’est là que les dernières molécules ou technologies médicales sont expérimentées à travers la recherche clinique. Seules des politiques d’achat ambitieuses et volontaristes permettront une diffusion de masse d’une innovation, et au plus grand nombre d’y accéder. Préoccupation nouvelle, l’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs.

    Le rôle des groupements d’acheteurs hospitaliers

    La mesure 32 du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi affirme le principe de « l’Etat, acheteur exemplaire» afin de stimuler l’innovation et d’accompagner le développement des PME innovantes. Le  gouvernement s’est engagé à atteindre en 2020 un volume de 2% de la commande publique de la part de l’État, de ses opérateurs et des hôpitaux.

    Un décret du 26 septembre 2014 a également introduit dans le code des marchés publics le « partenariat d’innovation », un dispositif qui permet de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à mieux utiliser leurs marchés pour stimuler l’innovation.

    Cette politique est mise en œuvre sur le terrain par les  groupements d’acheteurs hospitaliers tant publics que privés qui, à travers la mutualisation, jouent un rôle d’accélérateur en facilitant l’identification, l’évaluation et surtout la diffusion des innovations parmi leurs adhérents.

    Recenser les solutions innovantes

    La centrale d’achat francilienne ResaH a ainsi été le coordonnateur d’HAPPI (Healthy Ageing Public Procurement of Innovations), le premier appel d’offres transfrontalier lancé par sept centrales d’achat hospitalières européennes.

    Ce programme avait pour objectif de repérer au niveau européen les solutions permettant de prévenir et de guérir les chutes des personnes vieillissantes. Une plateforme a été développée pour recenser les solutions existantes ou en cours de finalisation, qui ont ensuite été évaluées ; les marchés ont attribués à trois PME innovantes, dont deux françaises.

    Le premier consistait en un système de détection de chute novateur, la solution « Visualisation et Alerte de Chute» (VAC) de la PME française C2S.  Le parcours de marche DM3 de la PME française Alter Éco Santé, atelier d’équilibre qui permet de recouvrer de l’autonomie et de réduire la peur de la chute, ainsi que le C-Mill, tapis de rééducation à la marche de Forcelink, ont été les deux autres titulaires des marchés HAPPI.

    Le Resah gère également les programmes d’achats innovants liés au programme TerriSanté, l’un des cinq programmes Territoires de Soins Numériques actuellement en expérimentation.

    La plateforme HAPPI est désormais utilisée sous le nom de www.innovation-sante-autonomie.fr, pour recenser les solutions innovantes dans le domaine de la santé et de l’autonomie.

    Les achats pré-commerciaux

    L’achat d’innovation ne pas que les seuls produits commercialisés. Il englobe également des achats pré-commerciaux. Dans ce cas, les procédures d’achat doivent être engagées avant même que le produit ne soit sur le marché. C’est le cas de RELIEF, lancé également par le ResaH, en partenariat avec des acheteurs suédois et espagnols, dans le but de susciter des solutions digitales permettant au patient de prendre en charge à domicile le traitement de la douleur dans les maladies chroniques.

    Il faut aussi signaler que le groupement francilien a été le premier opérateur à avoir appliqué dans le domaine de la santé le tout nouveau dispositif de partenariat innovation dans le domaine du numérique pour le compte du GCS Sesame d’Ile de France.

    30 000 € pour les start-up innovantes

    Intervenir le plus en amont possible, c’est aussi le souci d’UniHA, le groupement d’achat qui rassemble les CHU et les grands centres hospitaliers. Une somme de 30 000 € est ainsi consacrée chaque année pour aider les start up innovantes à documenter leur dossier, une pratique inaugurée avec succès récemment avec la start-up lilloise ATH Medical sur une solution de traçabilité permettant de recomposer de manière automatisée les boîtes d’ancillaires. Une sorte d’avance sur chiffre d’affaires qui a permis d’amorcer la pompe. « Un système gagnant/gagnant », se félicitent ses promoteurs.     

    Faciliter l’accès des établissements à l’innovation

    Du côté de l’UGAP, où le volume des achats concernant la santé et le médico-social représente le quart des commandes, on s’est doté récemment d’un pôle innovation avec des ressources dédiées. Depuis l’an dernier, l’UGAP lance également deux appels d’offres par an dédiés à l’innovation dans lesquels le caractère innovant compte pour 30% dans la note du candidat. Cela a permis d’identifier des solutions innovantes sur des sujets tels que la personne âgée, l’e-santé ou la télémédecine.

    En complément de la promotion de l’innovation technologique, la centrale d’achat public a également mis en place des formules de financement qui facilitent l’accès des établissements à l’innovation. C’est le cas du dispositif de « facturage collaboratif » qui permet à une start up d’être payée dans un délai d’1 jour, la centrale d’achat publique jouant ainsi un rôle de banquier. Signalons aussi des formules de location ou de crédit-bail intéressantes pour des établissements aux capacités d’investissement limitées.

    Enfin, depuis la fin janvier 2016, l’UGAP a ajouté à son catalogue une offre de conseil en organisation immédiatement actionnable qui permet à une innovation nécessitant un environnement organisationnel d’entrer rapidement dans l’établissement.

  • Paroles d’experts

    Dominique Legouge, directeur du GIP ResaH

    « Le rôle de l’acheteur est de gérer l’interface entre les industriels et les établissements de santé. Ce rôle doit commencer dès l’émergence d’un produit ou d’un service innovant. L’acheteur est pleinement légitime sur le sujet de l’innovation. Il n’intervient pas seulement lorsque le produit ou le service est sur le marché, il peut intervenir avant. Plus tôt il intervient dans la chaine de développement d’une innovation, plus il sera efficace. Il doit être capable sur un sujet donné de faire du sourcing c’est à dire d’identifier les solutions disponibles ou en cours de mise au point. Au ResaH on a fait une part importante à l’innovation dans les politiques et stratégies d’achat. La règlementation nous donne à cet égard tous les outils nécessaires ».

    Philippe MARCHAND, directeur de projet, spécialiste du monde hospitalier à l’Ugap

    « L’UGAP n’intervient pas au niveau de la maturation de l’innovation. Son rôle est  plutôt de faciliter l’accès aux marchés publics des solutions innovantes. Son positionnement est de détecter des solutions innovantes et de les promouvoir à travers son réseau commercial. A titre d’exemple nous étions présents lors de la dernière Paris Healthcare Week à travers un village d’Innovation avec plusieurs Start up. Nous leur permettons d’accéder au marché hospitalier ».

    Nicolas Roux, responsable achat stratégique UniHA

    « Nos axes pour juger une innovation, c’est la qualité du service rendu au patient, l’amélioration de l’attractivité de l’hôpital et de sa marge. C’est la combinaison de ces trois critères qui nous permettra de sélectionner une innovation ».