L’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) a publié mi-novembre 2017 son premier rapport annuel. Parmi ses principales préoccupations figure en tête le développement de My Health Record (MyHR), le dossier de santé numérique national, sujet à controverse.
Le système enregistre actuellement plus de 5,3 millions d’utilisateurs (sur près de 25 millions d’habitants). Un résultat encourageant mais le gouvernement est encore loin de son objectif, qui est de rassembler au final plus de 20 millions de citoyens australiens sur sa plateforme.
Les prémices d’une stratégie nationale de santé numérique
Le bilan de l’ADHA est plutôt positif puisque l’organisation a rempli un certain nombre de ses objectifs stratégiques, tels que :
- 1. l’augmentation du nombre de personnes et d’organisations enregistrées dans le dossier de santé numérique national, MyHR – plus de 5,3 millions de personnes utilisent le système actuellement.
- 2. la mise en place d’essais de messagerie sécurisée.
- 3. la rédaction d’une stratégie nationale de santé numérique, composée de sept priorités, dont le but est de parvenir à une approche coordonnée de la prestation des services de santé numérique dans le pays d’ici 2022.
Ces priorités consistent à veiller à ce que l’information sur la santé soit disponible partout et à tout moment et qu’elle puisse être échangée en toute sécurité. L’objectif est également de rendre lisibles des données de haute qualité, c’est-à-dire de les rendre compréhensibles pour l’ensemble des acteurs de l’industrie, en particulier les patients, et non uniquement pour les professionnels de la santé.
Priorité n°1 : le développement de My Health Record
Privatisation des données de santé, inefficacité : un système controversé
L’amélioration de MyHR est l’une des principales préoccupations de l’agence, le système ayant essuyé de nombreuses critiques, certains accusant le dispositif de ne pas suffisamment protéger les données privées des utilisateurs – plusieurs violations de données ont été recensées au cours de l’année – et de manquer d’efficacité.
L’agence réussit tout de même à convaincre
Malgré les obstacles, l’Agence de la santé numérique australienne a relevé une partie du challenge. Au cours de cette première année d’existence, elle est parvenue à connecter deux fois plus d’hôpitaux et de services de santé à My Health Record par rapport à juillet 2016.
Elle a par ailleurs réussi à augmenter le volume de partage de documents cliniques. 14 millions de dossiers de prescription ont été téléchargés en une année.
Objectif 2018 : développer un modèle opt-out
Les objectifs pour 2018 sont ambitieux.
L’organisme a présenté dans son rapport ses priorités stratégiques pour l’année à venir, dont :
- le développement d’un modèle opt-out* dans le cadre de la poursuite du développement de MyHR, une action qui risque d’être controversée. Objectif : un dossier numérique doit être créé par défaut pour chaque Australien d’ici la fin 2018, sauf pour les citoyens demandant explicitement à ne pas rejoindre le système.
- la poursuite des essais de messagerie sécurisée ;
- la préparation d’un projet de cadre d’interopérabilité – appelé la « licence d’exploitation » par le P.-D.G. de l’ADHA, Tim Kelsey.
Autres priorités : sécurité des médicaments et formation de la main-d’œuvre au numérique
- L’une des autres grandes priorités de l’agence est la sécurité des médicaments. Elle a récemment annoncé quelques avancées dans ce domaine, notamment l’intégration au sein du MyHR de vendeurs en pharmacie communautaires, de la Guilde (Pharmacy Guilde of Australia), une organisation nationale d’employeurs promouvant la valeur de la pharmacie communautaire dans le système de santé australien, et de la Pharmaceutical Society of Australia (PSA), un organisme représentant 29 000 pharmaciens australiens travaillant dans tous les secteurs et dans toutes les régions du pays.
Par ailleurs, le fournisseur national des pharmacies hospitalières Pharmhos est en train de télécharger activement les dossiers de médicaments délivrés par les hôpitaux publics sur le système national (source : Pulseitmagazine.com.au).
- Les autres projets de l’agence pour 2018 consistent à :
- assurer une meilleure disponibilité et un meilleur accès à l’information sur les médicaments et les ordonnances ;
- déployer des modèles de soins numériques ;
- s’assurer que la main-d’œuvre utilise avec confiance les technologies de la santé numérique ;
- développer une industrie de la santé numérique prospère et innovante.
« La technologie transforme déjà notre capacité à prévoir, à diagnostiquer et à traiter les maladies, a déclaré le président de l’Agence, Jim Birch AM (source : Technologydecisions.com.au). Mais nous pouvons faire beaucoup plus pour déployer pleinement son potentiel en faveur de la santé de chaque australien, en donnant aux consommateurs plus de contrôle sur leur santé et leurs soins, en connectant et en responsabilisant les prestataires de soins et en promouvant le leadership mondial de l’Australie en matière de santé numérique et d’innovation. »
* L’opt-out est une pratique qui consiste à envoyer un e-mail commercial à un individu sans lui avoir demandé son autorisation auparavant mais qui lui permet, cependant, dans le cadre du message, d’exiger à ne plus faire partie de la liste des destinataires.