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  • HDW19 : Chronolife remporte le start-ups challenge « IA, data & patients », Anamnese coup de coeur

    Chronolife remporte le start-ups challenge « IA, data & patients », organisé par la société Care Insight dans le cadre de la deuxième édition de la Health Data Week (HDW), une semaine d’événements dédiés aux données de santé. Anamnese obtient le prix coup de coeur du jury. La remise du prix a eu lieu le 19 novembre à Paris, à l’issue des pitchs des sociétés sélectionnées.

    • Chronolife est à l’initiative d’un gilet connecté multiparamétrique capable de suivre les fonctions vitales et en particulier la fonction cardiaque. L’idée est de déployer le produit pour d’autres pathologies, cardiaques ou respiratoires. La solution est basée sur l’utilisation d’algorithmes prédictifs neuromorphiques, qui fonctionnent comme le cerveau humain.

    • Anamnese : développe un assistant virtuel à destination des professionnels de santé. La start-up a annoncé en mai 2019 avoir levé 500 000 euros dans le cadre de sa première levée de fonds.

    Les 3 autres finalistes étaient :

    • Health for People : modélise et personnalise les parcours de santé par le biais d’un graphe de connaissances, c’est-à-dire une représentation graphique et des relations sémantiques entre les notions médicales. La technologie bénéficie du marquage CE classe 1 en tant que dispositif médical et devrait recevoir en mai 2020 le marquage CE classe 2A ;

    • Maela : digitalise les parcours de soins péri-hospitaliers des patients en les accompagnant dans leur préparation et en les sécurisant dans leur retour à domicile ;

    • Stimulab : est spécialisée dans la thérapie digitale utilisée en soin de support pour l’accompagnement des patients atteints du cancer.

    Le vainqueur du challenge, le prix coup de cœur et les 3 autres finalistes :

  • Inauguration du 1er accélérateur PharmaTech en Europe : le 9 décembre 2019 à Paris

    Digital Pharma Lab lance PharmaTech, présenté comme « le premier accélérateur PharmaTech en Europe ». Il sera inauguré, avec le soutien de Bpifrance et EIT Health, le lundi 9 décembre à Paris, dans le cadre de la conférence « Révolution PharmaTech », qui marquera le démarrage de la première promotion du programme d’accélération.

    L’objectif de cette matinée est triple :
    • découvrir les solutions innovantes pitchées par les start-ups PharmaTech sélectionnées pour la première saison : « Comment les nouvelles technologies vont-t-elles impacter la recherche, les essais cliniques, les données de santé, la chaîne de distribution… et soigner ? » ;
    • comprendre les enjeux des industriels face à l’innovation et à la montée des thérapies digitales mais aussi avoir des retours d’expérience concrets sur des collaborations réussies entre des start-ups et des industriels ;
    • rencontrer les intervenants, les laboratoires pharmaceutiques, les sociétés de dispositifs médicaux et les start-ups PharmaTech qui vont collaborer sur des projets novateurs en santé : un moment de networking est prévu après la conférence.

    Le programme détaillé de l’événement sera dévoilé ultérieurement.

    Les inscriptions à la conférence, gratuites, doivent être réalisées sur le site Eventbrite.fr, accessible via ce lien.

    Parmi les intervenants :

    • Claude Bertrand, EVP R&D des laboratoires Servier ;
    • Martin Dubuc, président de Biogen ;
    • Thibaud Guymard, directeur de Biogen Healthcare Solutions ;
    • Magali Schembri, chief digital officer d’Otsuka ;
    • Isabelle Vitali, directrice innovation & business excellence de Sanofi ;
    • Marion Cassiau, directrice du programme Healthtech de Bpifrance ;
    • Anaïs Delicourt, business creation manager d’EIT Health ;
    • Bernard Kirsch, CIO de L’Oréal et président d’Angels Santé ;
    • Claude Evin, avocat et ancien ministre de la santé ;
    • Anne Osdoit, partner de Sofinnova ;
    • Maryne Cotty-Eslous, P.-D.G. de Lucine ;
    • Yohan Attal, P.-D.G. de myBrain Technologies ;
    • Yann Rateau de Meursac, P.-D.G. de Yuni.
  • HDW19 : « la régionalisation des décisions sur le numérique en santé est une aberration » (Cédric O)

    « La régionalisation des décisions numériques en santé est une aberration, estime Cédric O : Agnès Buzyn ne peut pas le formuler comme cela mais Dominique Pon l’a clairement pris en compte dans la feuille de route, même si il faut déconstruire certaines choses. »
    Le secrétaire d’État chargé du Numérique, intervenu après la ministre de la Santé en ouverture du colloque « Données de santé et intelligence collective », insiste par ces propos sur l’importance de l’interopérabilité des systèmes, problématique centrale du sujet : le Health Data Hub (HDH), dont la création est prévue le 1er décembre 2019, vise justement à mettre à disposition une base de données de santé nationale unique.

    À noter : le colloque du ministère est organisé ce 18 novembre par le ministère des Solidarités et de la Santé en lien avec la Health Data Week, une semaine d’événements dédiés aux données de santé.

    Olivier Clatz, directeur du Grand Défi « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle (IA) ? », annonce par ailleurs le lancement d’un nouvel appel à projets (AAP) porté par le Grand Défi IA en lien avec le HDH :
    • ouverture le 16/12/2019 – clôture le 31/O3/2020 ;
    • projets portant sur la médecine 4P ;
    • 300 000 euros de subventions accordés aux projets retenus ainsi que l’appui du Health Data Hub et de son équipe. Un prototype de solution devra être livré en 24 mois.

    De manière plus générale, le numérique est présenté par le ministère comme un moyen d’améliorer le système de santé au niveau individuel mais aussi collectif afin de mieux soigner et de proposer une meilleure organisation. Faciliter les usages est le rôle de l’État, souligne-t-il.

    Cédric O insiste sur le fait que le numérique en santé est un « sujet transformant ». Il ajoute par ailleurs que des champions de l’intelligence artificielle (IA) sont en train d’émerger, États-Unis et Chine en tête, et qu’il n’y a donc pas de temps à perdre pour innover dans ce domaine. Il rappelle à ce propos l’importance des Grands Défis sur l’IA lancés par le gouvernement, précisant que l’État ne peut pas agir seul et qu’une mobilisation de l’ensemble des acteurs est nécessaire. Selon le secrétaire d’État, le refus du risque et le principe de précaution est une « approche mortifère » : il faut se lancer et agir dès maintenant.

    Colloque du ministère : autres informations clés communiquées pendant la matinée :

    Feuille du route du numérique en santé :

    À propos des 5 orientations de la feuille de route, la gouvernance se précise avec :

    • la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) : en cours de création ;
    • l’Asip Santé qui devient l’Agence du numérique en santé (ANS) ;
    • les concertations du Conseil du numérique en santé : la doctrine technique est en cours de concertation publication. Sa version finale est prévue pour janvier 2019.

    Sécurité et interopérabilité :

    • le décret relatif à l’identifiant national de santé (INS) a été publié : le déploiement du dispositif est prévu pour 2020 ;
    • cybersécurite : une campagne d information sur la cyber-vigilance sera annoncée le 28 novembre 2019 lors de l’étape Ile de France du Tour de France du Numérique en Santé.

    Déploiement de plateformes numériques : l’espace numérique de santé comme clé de voute(ENS)

    • 2ième trimestre 2020 : adresse messagerie sécurisée pour les patients
    • d’ici 2022 : Mise à disposition d’applications pour les patients, référencées avec l’implication d’usagers

    Une démonstration a été faite des développements en cours sur le DMP à la fois pour le patient et pour le professionnel de santé, comme outil de stockage accessible par tous.

    Plateforme Health Data Hub (HDH) : enrichir le patrimoine des données et affirmer le principe du bien commun « Personne n’est propriétaire des données »

    • Rappel clé du ministère : les données exploitées seront anonymisées ;
    • Objectifs du hub : constituer un catalogue de données administratives ; enrichir les sources et standardiser les données ;
    • Mise en place d’une charte des producteurs de données
    • L’information et le dialogue avec la société civile est soulignée comme préoccupation clé : informer et répondre par des garanties sur l’usage des données exploitées ;
    • Existence d’une « pression internationale » : le but est de devenir un « leader international » :
      • afin de mettre à disposition des données de qualité, des partenariats scientifiques sont prévus à échelle européenne :
        • exemples de partenariats : collaboration et partage des données sur les urgences avec Santé Publique France, mise à disposition d’un premier registre par l’agence de la biomédecine, un travail en cours avec les rafiologues sur les données de dosimétrie et mise à disposition de 500 000 angioplasties par les cardiologues ; Mise à dispotision de registre de l’Inca – et de TEP par le  CEA; les données sociales seront apportées par la Drees et l’Irdes ;
    • 19 projets sont en cours d’expérimentation dans le Hub.
    • audit de sécurité de la plateforme en construction : en cours
    • un deuxième appel à projets centré sur la médecine 4P est organisé : ouverture le 16/12/2019 / clôture le 31/O3/2020.
  • Des sites santé britanniques partagent les données sensibles de leurs visiteurs avec les GAFAM

    Certains des sites de santé les plus populaires du Royaume-Uni partagent des données sensibles de leurs visiteurs (symptômes médicaux, diagnostics, noms de médicaments, informations sur leur cycle menstruel et leur fécondité) avec des dizaines d’entreprises dont Google, Amazon et Facebook.  C’est ce qu’affirme le Financial Times (FT) dans une enquête publiée le 13 novembre 2019.

    Le quotidien britannique a établi à l’aide d’outils open source que 79 des 100 sites du domaine de la santé les plus fréquentés du pays (dont WebMD, Healthline, Babycentre et Bupa) partageaient avec des tiers les informations obtenues à l’aide de cookies sur leurs visiteurs sans les en informer. Le FT affirme notamment que :
    • les noms de médicaments saisis sur Drugs.com ont été envoyés à la filiale publicitaire de Google, DoubleClick ;
    • les éléments saisis dans le vérificateur de symptômes de WebMD et les diagnostics reçus, notamment une overdose, ont été partagés avec Facebook ;
    • des informations sur les cycles menstruels et d’ovulation obtenues par BabyCentre sont parvenus à Amazon Marketing ;
    • des mots clés tels que « maladie cardiaque » et « envisager l’avortement » ont été partagés par les sites British Heart Foundation, Bupa et Healthline, avec des sociétés comme Scorecard Research et Blue Kai (propriété du groupe Oracle).

    Si les journalistes du Financial Times ont accepté les politiques de confidentialité proposées par les sites, aucun d’entre eux ne leur a demandé de façon « explicite et détaillée » de consentir au partage d’informations sensibles.

  • Innovation en santé : des effectifs multipliés par 2 entre 2019 et 2021 (Medicen – étude CIS)

    « D’ici à trois ans, la pénurie de business developers scientifiques, d’experts de la data et de l’intelligence artificielle va devenir problématique, avec un risque de décrochage dans la compétition internationale et une perte d’attractivité de la France pour les entreprises de l’innovation santé. » C’est ce qui ressort de l’étude CIS (Compétences Innovation Santé), publiée le 12 novembre 2019 par le pôle de compétitivité Medicen Paris Région (dédié à l’innovation dans la santé) avec le cabinet AEC Partners, sous le titre « Besoins en compétences et nouveaux métiers de l’innovation santé en Ile-de-France ».

    Sur la base des contributions de 102 acteurs de l’innovation en santé (dont 82 start-ups mais aussi des chercheurs, des consultants et des experts), les auteurs de ces travaux annoncent que les entreprises de l’innovation santé sont susceptibles de voir leurs effectifs multipliés par 2 entre 2019 et 2021, avec 3 500 postes à pourvoir, dont 39 % dans la filière medtech (dispositifs médicaux) et 16 % dans la filière e-santé. Ils appellent de leurs vœux « l’émergence de profils hybrides, imprégnés des enjeux de santé, de la connaissance du patient et rompus aux technologies de pointe » et demandent par conséquent de « décloisonner les formations » afin de « créer des filières alliant scientifique et réglementaire, ou encore numérique ».

    • La filière medtech doit prévoir un « poids croissant du digital dans les technologies médicales » (solutions multitechnologies, DM connectés) ;
    • la filière e-santé s’apprête à vivre une « accélération des cycles d’innovation » et une série de « sauts technologiques majeurs » (deep tech, IA), combinée à un « essor massif des données de santé et des données personnelles » ;
    • ces deux filières devront faire face à la « prégnance croissante des enjeux règlementaires sur le secteur » : règlement MDR, encadrement des objets connectés.

    La filière « service » qui rassemble les prestataires de services de l’industrie de la santé « essentiellement des sociétés de recherche contractuelle ») aura pour sa part à gérer :
    • l’« entrée des objets connectés dans les études cliniques » ;
    • l’ « augmentation du nombre de solutions au-delà du médicament » ;
    • la « généralisation d’outils de traitement digitaux conçus en dehors de la santé ».

  • Séminaire « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé » : le 26 novembre 2019, Paris

    Le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGE) et le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) organisent un séminaire le 26 novembre 2019 à Paris sur la thématique « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé ». L’événement est parrainé par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    Axé sur les processus d’innovation et sur l’importance des pratiques interdisciplinaires et collaboratives, le CGE a publié en février 2019 un rapport sur la politique industrielle en matière de dispositifs médicaux (DM), en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé. Ce dernier a en parallèle publié sa feuille de route stratégique du numérique en santé, qui « met également l’accent sur ce type de démarche et l’importance des expérimentations en conditions réelles », commente le CGE dans un communiqué présentant le séminaire.

    À noter que le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) est un réseau associatif composé en majorité de living labs et de diverses parties prenantes (représentants de patients, de professionnels, de laboratoires de recherche, d’organisations à but lucratif ou non). Ses missions sont d’élaborer, de partager et de diffuser les idées, les connaissances et les meilleures pratiques dans le domaine de l’innovation participative. Cette action inclut notamment le développement et la mise en œuvre de la méthodologie « Concept Maturity Level en Santé » ou « CML Santé », note le CGE. Cette méthodologie permet notamment de mesurer le plus précisément possible la maturité des projets innovants.

    « Lors du séminaire du 26 novembre, les porteurs de projets collaboratifs, des living labs, des entreprises, des laboratoires de recherche ayant expérimenté ces nouvelles approches partageront leur expérience, leurs difficultés et leurs réussites, explique le CGE. L’approche méthodologique « CML santé » sera également présentée à partir de cas concrets. Des intervenants des ministères de l’économie et des finances ainsi que des solidarités et de la santé témoigneront de l’importance des collaborations interministérielles sur un tel sujet. »

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

  • Télémédecine : les patients, plus éloignés de leurs données VS droits des patients confortés (débat)

    « À l’image de la télémédecine elle-même qui éloigne physiquement le patient du médecin, les solutions numériques sur lesquelles elle s’appuie n’éloignent-elle pas elles aussi le patient de ses données personnelles ? » C’est la question posée par Lucie Cluzel, professeure de droit à l’université de Nanterre, en conclusion de son intervention lors de la journée d’études « La télémédecine saisie par le droit », organisée à l’université Paris II le 8 novembre 2019. La juriste juge « très relative » l’effectivité du « droit à l’autodétermination informationnelle » en télémédecine, car « le télé-patient est le plus souvent captif ».

    Lucie Cluzel pointe en premier lieu « la question de la finalité du traitement » des données : « Comment être sûr que le traitement sera effectivement réalisé uniquement dans une seule finalité alors que les prestataires ont accès à ces données[, qui] ont une grande valeur ? ». Elle soulève également la question du consentement du patient : concernant la réutilisation des données pour la recherche, il « n’a pas à donner son consentement » et « n’a droit qu’à l’information et à l’opposition au traitement » et « dans les autres cas de réutilisation, même si on lui demande son consentement, on peut se demander s’il est vraiment libre de refuser », analyse-t-elle. Enfin, à propos de l’hébergement des données externalisées, le patient a le droit de s’y opposer, mais « souvent on ne le lui dit pas », et « de toute façon, demande Lucie Cluzel, a-t-il le loisir de s’y opposer sauf à aller se faire soigner ailleurs ? ».

    La télémédecine n’a « pas d’incidence sur la structure actuelle des droits des patients, il se pourrait même que les droits des patients soient confortés par la télémédecine », estime de son côté Caroline Lantero, maître de conférence à l’université de Clermont-Ferrand. Le risque d’atteinte au secret médical n’est « pas plus grand » selon elle si la relation de soins est « numérisée » que si elle est « présentielle », et la numérisation pourrait au contraire « appeler une prise de conscience ». D’autre part, juge la juriste, « on pourrait voir poindre [dans les textes réglementant la télémédecine] la nécessité d’un consentement écrit », de sorte que « la dématérialisation matérialiserait encore plus le consentement ». « Les droits des patients sont globalement méconnus : avec la télémédecine, ce ne sera pas pire », conclut Caroline Lantero.

  • États-Unis : des hôpitaux partagent avec Google des données de leurs patients sans les en informer

    « Le projet « Nightingale » de Google rassemble les données de santé de millions d’Américains » sans qu’ils en soient informés. C’est ce qu’affirme le Wall Street Journal dans un article daté du 11 novembre 2019 : le quotidien précise que les données en question comprendraient pour chaque patient « les résultats de laboratoire, les diagnostics [et] les dossiers d’hospitalisation », constituant « un historique complet de [sa]santé », ainsi que des données « identifiantes » comme « son nom et sa date de naissance ».

    Google explique dans un communiqué publié le 12 novembre que ce partenariat avec le réseau de santé Ascension, l’un des plus grands du pays, vise notamment à transférer les entrepôts de données de celui-ci vers Google Cloud, et ce dans le respect de la réglementation en vigueur sur la sécurité des données. La loi HIPAA autorise en effet les acteurs de santé à partager avec leurs partenaires des données protégées dès lors que l’objectif est d’aider à l’accomplissement de la fonction de soin. Le géant américain se défend en déclarant que ce type de collaboration est « une pratique courante » dans le monde de la santé et que « les données d’Ascension ne peuvent être combinées avec aucune donnée Google relative aux consommateurs ».

    La mise en cause du partenariat de Google avec Ascension fait écho au recours collectif engagé fin juin 2019 contre un projet similaire qui lie le géant du numérique et le centre médical de l’université de Chicago. Un patient de cet établissement, nommé Matt Dinerstein, l’attaque en justice, soulignant qu’il « a promis dans les formulaires d’admission des patients de ne pas divulguer leurs dossiers à des tiers, tels que Google, à des fins commerciales ». L’université, déclare-t-il, n’a pas informé ses patients, ni obtenu leur consentement, « avant de remettre leurs dossiers médicaux confidentiels à Google pour son propre bénéfice commercial ». L’université de Chicago a demandé le 7 novembre 2019 à la juridiction concernée de rejeter cette action, soulignant que Matt Dinerstein lui-même reconnaissait que Google avait accepté dans son contrat de partenariat de pas tenter d’identifier qui que ce soit à partir des données patient.

  • Les dépenses de santé dans la zone OCDE devraient dépasser la croissance du PIB d’ici 2030 (rapport)

    Les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018 : elles dépasseront ainsi la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans la quasi totalité des pays de la zone. C’est ce que révèle le Panorama de la santé 2019 de l’OCDE, publié le 7 novembre 2019.

    Dans le détail, l’organisation indique que les États-Unis est le pays qui a dépensé le plus dans le secteur de la santé en 2018, avec 16,9 % de son PIB. Suivent ensuite :
    • la Suisse : 12,2 % de son PIB ;
    • l’Allemagne, la France, la Suède et la Japon : 11 % de leur PIB.
    A contrario, certains pays affichent des dépenses de santé inférieures à 6 % de leur PIB, comme le Mexique, la Lettonie, le Luxembourg et la Turquie, avec un taux à 4,2 %.

    Les auteurs du rapport notent que les dépenses pourraient, de manière générale, être plus efficaces dans les domaines des médicaments génériques, de l’organisation des professionnels de santé (en transférant certaines tâches des médecins vers les infirmiers ou d’autres profesionnels) et de la sécurité des patients.

    La panorama met par ailleurs en avant « des tendances préoccupantes pour ce qui est des résultats sur le plan de la santé et des modes de vie malsains », relevant que l’espérence de vie progresse moins vite dans la plupart des pays de l’OCDE, en particulier aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. La consommation d’alcool, de tabac et d’opioïdes ainsi que l’obésité sont notamment pointés du doigt.

    À noter : Les indicateurs de l’édition 2019 de ce panorama ainsi que les notes par pays seront disponibles ldébut décembre.

    « les systèmes de santé peuvent et doivent faire mieux pour améliorer la santé de nos populations, commente Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il est essentiel, si nous voulons affecter des ressources là où elles auront le plus d’impact, d’évaluer comment les systèmes de santé transforment la vie des individus pour le meilleur. »

    Génériques, organisation et sécurité des patients : des améliorations possibles

    Dans son panorama, l’OCDE indique que les dépenses pourraient globalement être plus efficaces dans les domaines suivants :

    • les médicaments génériques : le recours à ces produits pourraient permettre de réaliser des économies, note l’OCDE, mais actuellement ils ne représentent que la moitité du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de la zone.
      •  En 2017, « les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse », précise l’organisation ;
    • la répartition des tâches des professionnels de santé : selon le rapport, transférer certaines tâches effectuées par les médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer la pression des coûts et permettre de gagner en efficacité. « Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant, les soins et les services sociaux représentant environ un emploi sur dix dans les pays de l’OCDE », contextualise l’organisme.
    •  la sécurité des patients : l’améliorer est bénéfique pour la santé et peut aussi permettre de réaliser des économies, commentent les auteurs du rapport, relevant que près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017.

    L’espérance de vie progresse moins vite dans la plupart des pays

    L’espérence de vie moyenne dans la zone OCDE est de 81 ans. L’organisation note que, depuis peu, elle progresse moins vite dans la plupart des pays, notamment aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. « L’année 2015 a été particulièrement mauvaise, l’espérance de vie ayant reculé dans 19 pays », indique-t-elle.

    Une augmentation de l’obésité et du diabète

    Cette évolution est notamment liée à la prévalence croissante de l’obésité et du diabète, « qui n’a pas permis de maintenir les progrès accomplis précédemment en matière de réduction des décès dus aux maladies cardiaques et aux AVC », analyse l’OCDE. Les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays de l’OCDE : 56 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants âgés de 5 à 9 ans sont en surpoids.

    À noter également que les maladies respiratoires, comme la grippe et la pneumonie, ont entraîné davantage de décès ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.

    Le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé dans certains pays

    Le problème des opioïdes est également mis en avant dans le rapport. Depuis 2011, les décès liés à ces substances ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE, faisant environ 400 000 victimes aux États-Unis. Le nombre de décès dus aux opioïdes est également assez élevé aux au Canada, en Estonie et en Suède.

    La consommation de tabac et d’alcool reste préoccupante 

    « Le tabac [et] l’alcool continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », observe par ailleurs l’OCDE :

    • les taux de tabagisme diminuent mais 18 % des adultes fument encore quotidiennement ;
    • la consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an dans les pays de l’OCDE, soit près de 100 bouteilles de vin : près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.

    La pollution atmosphérique également pointée du doigt

    La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE. Les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés dans des pays comme l’Inde et la Chine, avec environ 140 décès pour 100 000 habitants.

    Facteurs de risques pour la santé dans les pays de l’OCDE

    Panorama de la santé 2019 dans les pays de l’OCDE (en anglais)

  • Asie : MyDoc (Singapour) et l’assureur BaoViet déploient des services de santé numériques au Vietnam

    La société singapourienne MyDoc, qui propose l’une des principales applications de téléconsultation en Asie, signe un accord avec BaoViet, l’une des plus importantes sociétés d’assurance du Vietnam avec une part de marché de 40 %. L’objectif de cette alliance est de développer des cliniques numériques (solutions de e-santé) au Vietnam afin d’améliorer l’accès aux soins au sein du pays. Selon les 2 partenaires, qui ont annoncé leur alliance début novembre 2019, c’est la première fois qu’un service de clinique cashless est proposé aux titulaires d’une assurance maladie au Vietnam.

    Le service sera déployé par étapes, avec des médecins locaux agréés du groupe de cliniques DHA, établissement partenaire, et un grand groupe de pharmacies multi-sites. Les adhérents de l’assurance BaoViet pourront accéder gratuitement à une conciergerie numérique et à des services de santé à valeur ajoutée sur leur téléphone mobile, dont des téléconsultations et la e-prescription, en anglais mais aussi en vietnamien.

    En dehors du Vietnam, MyDoc étend actuellement ses activités à Hong Kong, en Thaïlande, aux Philippines et en Inde, où il exploite des cliniques virtuelles et physiques pour les employés du siège de son investisseur UST Global.

    À noter que la start-up n’est pas la seule société singapourienne à s’intéresser au marché vietnamien. Depuis le mois de septembre, Doctor Anywhere, une plateforme de télémédecine de la cité-État, a conclu deux accords respectifs avec deux entreprises vietnamiennes pour déployer des services de e-santé au sein du pays.

    « Des normes et des procédures strictes » pour sélectionner les partenaires cliniques

    « Nous sélectionnons soigneusement les meilleurs partenaires cliniques à travers une série de normes et de procédures strictes, indique le Dr Snehal Patel, P.-D.G. et cofondateur de MyDoc dans un communiqué. Toutes les équipes cliniques sont tenues de suivre une formation clinique et sur les produits [mais aussi de] passer des consultations tests avant d’obtenir la certification. Ce n’est qu’en faisant passer nos patients au premier plan que nous pourrons fournir des soins de qualité aux 600 millions de personnes en Asie du Sud-Est. »

    MyDoc multiplie les partenariats avec les compagnies d’assurance

    MyDoc a récemment noué des partenariats avec d’autres compagnies d’assurance telles que Prudential, en 2019, et AIA, en 2018, pour offrir à leurs clients respectifs un système intégré de gestion de santé ou de dépistage, généralement au moyen d’applications destinées aux clients conçues par les compagnies d’assurance.

    « Nous simplifions le processus de réclamation de l’assurance maladie et nous nous attaquons au manque de capacité dans le domaine des soins en réduisant les réadmissions à l’hôpital, commente le Dr Snehal Patel (communiqué). Notre modèle de passerelle intégrée offre plus qu’un accès rapide aux meilleurs soins. Nos équipes de recherche clinique peuvent utiliser des millions d’études réalisées sur des données cliniques anonymisées sur sept ans pour identifier les modèles de maladie et leurs traitements. Nous permettons aux fournisseurs leaders comme BaoViet d’obtenir les bons soins au bon moment et de les pratiquer hors des hôpitaux. »

    Le Vietnam attire les start-ups de e-santé singapouriennes

    Un taux d’inflation médicale en hausse

    Le Vietnam affiche actuellement le taux d’inflation médicale le plus élevé d’Asie (14,2 %). Selon les chiffres officiels, d’ici 2021, le pays devrait dépenser 22,7 milliards de dollars (20,48 Mds €) dans le domaine des soins, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à 2017 (16,1 Mds USD ; 14,52 Mds €).

    Doctor Anywhere a signé 2 accords avec des sociétés vietnamiennes depuis septembre

    Les sociétés de e-santé basées à Singapour ont récemment étendu leur présence au Vietnam.

    En septembre 2019, Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine de la cité-État, a signé un accord de coopération stratégique avec Bao Minh Insurance, un autre grand groupe d’assurance vietnamien. Le but de ce partenariat est de regrouper sur une plateforme unique une série de services de santé en ligne et hors ligne, notamment de téléconsultation et de délivrance de médicaments, un marché en ligne pour les achats en matière de santé et de bien-être ainsi que des services de santé à domicile.

    Doctor Anywhere a également signé en octobre un accord avec ViettelPay, une société qui appartient à Viettel, le plus grand opérateur de téléphonie mobile du Vietnam. Par le biais de cette alliance, les clients de ViettelPay vont pouvoir se connecter directement à la clinique virtuelle de Doctor Anywhere pour consulter un médecin et accéder à une gamme de services de bien-être directement sur l’application ViettelPay.