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  • PHW18 : L’amélioration de la qualité de vie et l’IA, deux nouvelles notions dans l’évaluation (HAS)

    À l’occasion d’une table-ronde sur l’évaluation des solutions e-santé organisée lors du salon Paris Healthcare Week le mercredi 30 mai 2018, les questions suivantes ont été abordées :

    • la prise en compte de la valeur d’une solution et de l’amélioration de la qualité de vie des patients qu’elle apporte comme critères d’évaluation qui sont bien intégrées au processus de l’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS) ;

    • l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les modalités d’évaluation, où la validation du processus de fabrication semble se profiler comme méthodologie d’évaluation en accord avec les normes internationales.

    Sur ces questions, une contribution significative a été apportée par la représentante de la HAS, CNEDiMTS, Isabelle Adenot. Outre les clarifications sur la prise en compte des ces nouveaux critères lors du processus d’évaluation des solutions innovantes, elle a également dévoilé des travaux menés actuellement sur l’IA au sein de la HAS.

    Les financeurs doivent fixer un cadre

    À l’heure actuelle, l’évaluation des dispositifs repose sur des critères solides impliquant les fonctionnalités qui les caractérisent. Mais les valeurs médicale, organisationnelle et économique relatives à une solution innovante peuvent être difficile à juger, car souvent difficile à identifier à ce stade. Elles trouvent par ailleurs difficilement leur place dans les critère d’évaluation.

    C’est ainsi qu’ont émergé les critères d’évaluation ICHOM visant à définir la valeur d’une solution technologique à l’ensemble des acteurs du systèmes de santé, il s’agit de l’impact positif d’une solution.

    L’amélioration du pronostic du patient comme l’amélioration de sa qualité de vie sont des critères importants pour juger d’une solution, mais les financeurs sont ceux qui doivent décider comment ce deuxième critère peut être valorisé en définitive. Et les industriels doivent remplir leur part de contrat en fournissant des preuves du bénéfice apporté.

    La qualité de vie est-elle un sujet pour les évaluateurs ?

    La présidente de la Cnedimts a insisté sur le fait que la HAS tient bel et bien compte de l’apport quant à l’amélioration de la qualité de vie des solutions évaluées.

    Elle a également dévoilé pour le souligner un travail collaboratif en cours entre toutes les commissions de la HAS en vue de publier à la fin de l’année 2018 une étude sur les gains apportés par une solution en termes de qualité de vie du patient. Cet aspect va rentrer de plus en ligne en ligne de compte aussi bien du côté des financeurs que du côté des évaluateurs.

    Isabelle Adenot dévoilait également qu’au cours de ses évaluations, chaque commission de la HAS associait désormais aux membres qui la composent un spécialiste des nouvelles technologies, un geek, portant ainsi à 21, le nombre de participants à l’évaluation.

    L’IA dans l’évaluation: suivre les normes internationales et façonner un cadre

    La position de la HAS a déjà été formulée dans le cadre des états généraux sur la loi de la bioéthique. Le pré-requis pour l’acceptation de l’IA est de gagner la confiance des patients, du corps médical, des autorité et tous. Les dispositifs ayant recours à l’IA sont difficiles à évaluer car ils sont en constante évolution et perpétuel changement, et leur fonctionnement est insaisissable à un instant précis.

    C’est ainsi que se profile la méthode de l’évaluation du processus de fabrication, qui correspond aux normes internationales en train d’émerger. Mais, tout reste encore à faire de façon globale, comme à l’échelle nationale. C’est l’existence des normes de fabrication d’IA et une garantie de non-régressivité des logiciels qui rassurera les professionnels de santé et qui de ce fait ne verront pas d’inconvénient à y recourir. 

    Par ailleurs, actuellement à la HAS, des travaux pour proposer des principes d’évaluation méthodologique de l’IA sont en cours. Des chefs de projet de la HAS constituent une bibliographie pour faire un état des lieux de ce qui existe dans d’autres pays et un groupe de travail composé de méthodologistes et de spécialistes en IA a été constitué. Une publication couronnant ces travaux est attendue pour fin 2018.

  • PHW18 : Les patients favorables à l’IA en santé, mais en ignorent les applications réelles (Carenity)

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week, ce 31 mai 2018, un atelier intitulé « La place du numérique dans la prise en charge des patients : résultats d’une enquête réalisée auprès de 700 patients chroniques » a été organisé.

    Health&Tech Intelligence vous rapporte les principales conclusions qui ont émergé de l’étude réalisée par la société Carenity, en partenariat avec Catel, et qui ont été présentées par Michael Chekroun, son président.

    Le sondage visait à définir la manière dont les patients appréhendent les bénéfices apportés par les outils numériques en santé. Les résultats convergent en un point : les outils numériques et digitaux sont largement plébiscités par les patients atteints de pathologies chroniques. Les patients sont favorables à l’utilisation des applications mobiles en santé, ont recours aux outils digitaux et des réseaux sociaux et aimeraient bénéficier des avantages de la télémédecine et du dossier patient sous réserve d’être accompagnés.

    Carenity, communauté en ligne de patients atteints de maladies chroniques

    Fondée en 2011, Carenity est une entreprise spécialisée dans la création de communautés virtuelles de patients souffrant d’une maladie chronique et qui réalise des études liées à la santé. Son équipe se compose d’une vingtaine de collaborateurs basés en France et aux États-Unis. Communauté de patients en ligne, elle rassemble près de 300 000 patients et leurs proches en France, aux États-Unis, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne et en Italie. La plateforme est accessible en plusieurs langues. Les patients s’y inscrivent gratuitement. Carenity travaille de manière croissante avec les associations de patients et d’usagers du système de santé.

    Lutter contre l’atomisation des patients atteints de pathologies chroniques

    Carenity facilite la mise en relation d’hommes et de femmes concernés par les mêmes maladies en mettant gratuitement à disposition un réseau social structuré en groupes d’amis, fil d’actualité, forums de discussion, messagerie privée, etc. L’objectif de cette plateforme est d’extraire le patient d’une situation de solitude face à la maladie. S’agissant du respect des données personnelles des patients, les utilisateurs s’inscrivent avec un pseudonyme et la plateforme respecte les règles en vigueur pour respecter confidentialité.

    Mettre à disposition des patients des informations fiables sur leur maladie

    Carenity est une source d’information continue sur l’actualité scientifique et les innovations médicales. Ses utilisateurs peuvent y trouver des articles, vidéos d’experts, interviews de médecins, témoignages de patients pour les aider à mieux « gérer » leur santé.

    Contribuer au progrès de la médecine et à l’avancement de la recherche scientifique

    Les patients sont invités à exprimer leurs besoins sur leur maladie ou leurs traitements pour qu’ils soient mieux compris par celles et ceux qui développeront demain de meilleurs produits de santé pour les patients. Carenity partage systématiquement les résultats de ses enquêtes avec les membres de sa communauté, dont les résultats sont par ailleurs mis en ligne sur le site de l’entreprise.

    Des engagements permettant de faire « bouger les lignes »

    Carenity a réalisé une étude auprès de patients atteints de sclérose en plaque en partenariat avec la Ligue française contre la sclérose en plaques, pour évaluer le risque à charge des patients en ALD.

    Les résultats de l’enquête sont édifiants. Les patients concernés dépensent entre 1 et 1,5 SMIC par an pour leur traitement, l’amélioration de leur logement, etc. Les résultats, présentés à la ministre de la santé et aux parlementaires « ont permis de faire bouger les lignes », se félicite Michaël Chekroun.

    Résultats de l’étude : quelle est la perception des patients quant aux services apportés par le numérique en santé ? 

    Le sondage réalisé en partenariat avec Catel interrogeait les utilisateurs de la plateforme selon les axes suivants :

    • comment les innovations numériques peuvent-elles se transformer en usages et pratiques réels (notamment dans le cadre du suivi des maladies chroniques) ?
    • quelles sont les éventuelles résistances à l’utilisation des innovations numériques en santé et quelles en sont les causes ?

    L’objectif était d’évaluer la perception des patients quant à l’usage du numérique dans le suivi de leur maladie, de proposer un état des lieux des outils existants et d’évaluer les attentes des patients en matière d’outils numériques.

    Protocole et méthodologie de l’étude

    Le questionnaire développé a été mis en ligne pendant 15 jours sur le site de l’entreprise. L’enquête a recueilli près de 700 réponses. L’âge moyen des répondants est 56 ans, avec une légère sur-représentation de femmes. On relève par ailleurs un nombre élevé de répondants atteints de diabètes, de fibromyalgie, de sclérose en plaques, spondylarthrite ankylosante. 

    Les répondants plébiscitent l’usage des outils de la e-santé

    Parmi les résultats marquants du sondage, ont été évoqués les éléments suivants : 

    • Sur la perception du digital en santé : 35% des répondants estiment que le digital va faciliter l’accès aux soins tandis que 35% considèrent qu’il s’agit d’une « révolution » de nature à enrichir la relation entre les patients et les médecins ; les innovations digitales sont majoritairement jugées innovantes et utiles aux patients car favorisant un meilleur suivi de leur traitement ; 
    • Sur les applications et apports de l’IA en santé : 60% des sondés estiment avoir besoin d’informations supplémentaires sur l’intelligence artificielle, car ils en ignorent les applications directes au domaine de la santé ; 25% des répondants estiment qu’il s’agit d’une piste d’innovation intéressante.
    • Sur l’usage du digital et des réseaux sociaux : 7/10 patients ont déjà utilisé un outil digital ; 1/2 a utilisé un système électronique de prise de rendez-médicale (comme Doctolib). Les réseaux sociaux sont très utilisés des patients : les groupes fermés ou ouverts constitués (sur Facebook notamment) autour de pathologies sont nombreux et actifs.
    • Sur l’utilisation d’applications mobiles en santé : ce sont des services déjà adoptés par les patients. Les sondés en apprécient la simplicité d’utilisation.
    • Sur les potentialités offertes par la télémédecine : 3/4 des patients se disent intéressés par un service de téléconsultation, s’il y a un accompagnement technique.
    • Sur l’usage du dossier médical partagé (DMP) : Le DMP est peu connu des sondés (52% d’entre eux ignorent ce dont il s’agit), mais il représente tout de même une attente pour 1/4 des utilisateurs interrogés. En effet, en l’état, les malades disent devoir se répéter régulièrement lorsqu’ils s’adressent à différents professionnels et services de santé. Il leur arrive par ailleurs de perdre leurs documents et ils souhaiteraient disposer d’un dossier électronique partagé pour prévenir les risques de pertes et éviter les redondances.
    • Sur les attentes des patients quant aux nouvelles technologies et de la numérisation de leur parcours de soins : les sondés sont favorables à l’utilisation de leurs données au service la recherche médicale et clinique, pour accroître l’efficacité du système de santé et faciliter la prise de décision des médecins.
    • Sur l’association des patients au processus de décision médicale : 80% des sondés se disent par ailleurs prêts à donner leur avis pour améliorer leur prise en charge ; 8 patient sur 10 sont prêts à partager leur expérience pour aider les autres patients à mieux vivre leur maladie. Les patients accepteraient d’être associés au processus d’élaboration de dispositifs techniques de prise en charge des malades chroniques.

    Les résultats du sondage sont accessibles sur le site internet de l’entreprise Carenity, sous réserve d’une inscription (gratuite).

  • PHW18 : La santé populationnelle et la politique territoriale de santé, priorités de la FHF

    Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week le mardi 29 mai 2018, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, a présenté les orientations stratégiques de la fédération, à savoir un renforcement de la politique territoriale de santé, l’accompagnement de l’évolution des modes de financement en santé, le renforcement de la qualité des soins, la mise en oeuvre de démarches de santé populationnelle, la simplification des normes en vigueur dans les secteurs médical et médico-social, l’accompagnement des groupements hospitaliers de territoires (GHT) et des publics vulnérables et âgés.

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, rappelle en guise d’introduction l’importance de la recherche, de l’enseignement et de l’innovation français : l’hôpital français représente ainsi plus de 500 programmes de recherche uniques, 230 brevets déposés chaque année, 88% des enseignements et des recherches effectués à l’hôpital public. Les 125 premières mondiales ont été réalisées par les hôpitaux de France.

    « A quelques semaines d’annonce attendues, c’est donc de l’audace et du volontarisme que notre fédération appelle de se vœux. Audace pour innover, déverrouiller, expérimenter, décloisonner, faire confiance, et résister au conservatisme et aux habitudes. Volontarisme pour sauver cette exception française qu’est notre système universel d’une qualité indéniable et d’un niveau d’excellence reconnu dans le monde ». Frédéric Valletoux, conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2018.

    Frédéric Valletoux énumère les chantiers prioritaires de la FHF

    Conférence annuelle en amont du vote du PLFSS

    Le premier sujet de réflexion est celui des ressources humaines : les hôpitaux et les EHPAD sont soumis à de fortes contraintes budgétaires, rappelle le directeur de la FHF. Dans ce contexte, il importe de « favoriser une gestion où les ressources humaines ne sont pas uniquement considérées comme une variable d’ajustement».

     La FHF en appelle par ailleurs à l’organisation d’une conférence annuelle, associant l’ensemble des acteurs de santé, pouvant avoir lieu en amont du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

    Faire évoluer le financement du système de santé 

    La FHF soutient « l’évolution du financement de la recherche, la préservation d’un financement de l’ensemble des missions d’intérêt général, l’instauration au niveau des territoires d’un mécanisme durable d’accompagnement à l’investissement ».

    La FHF est favorable au maintien et à la création de systèmes d’intéressement collectifs. Ces incitatives visent à « respecter les objectifs partagés et les contraintes communes qui doivent passer par des mécanismes d’intéressement individuels et collectifs ».

    Renforcer la qualité des soins en tenant compte de l’expérience des patients

    Il est nécessaire d’intégrer l’expérience des patients à la culture de l’établissement, affirme F. Valletoux, pour qui les patients sont des « acteurs et partenaires indispensables aux établissements ». Ceci implique notamment d’améliorer le recueil et l’exploitation des mesures de la satisfaction et de renforcer le traitement des plaintes et des réclamations.

    Le numérique est également un élément déterminant du changement. La FHF s’engage sur ce sujet en promouvant de nouvelles plateformes de santé populationnelle et en encourageant le développement de l’intelligence artificielle.

    Simplification des normes et réglementations en vigueur au sein du monde de la santé

    Sur le fondement du rapport Lambert-Boulard, la FHF s’emploie à lutter contre le poids des normes et des réglementations, qui pèse sur l’hôpital et le secteur médico-social.

    Conforter la politique territoriale de santé

    La politique territoriale de santé doit intégrer des aspects curatifs mais aussi prendre en compte des facteurs de santé, environnementaux, comportementaux, sociaux. L’ « avenir est dans les territoires », affirme le président de la FHF. Il convient de s’appuyer sur les populations des territoires autour d’objectifs partagés dans le but d’instaurer un « parcours fluide pour le patient, une meilleure santé pour la population, et ce au meilleur coût pour la société ». Ces objectifs, insiste-t-il, doivent être poursuivis simultanément et de manière intégrée. 

    Lancement de 5 expérimentations territoriales de santé populationnelle

    La santé populationnelle vise à faire travailler ensemble, indépendamment de leur statut, des acteurs qui interviennent conjointement pour répondre aux besoins d’une population sur un territoire donné. La Fédération s’appuie, à titre expérimental, sur cinq territoires volontaires : les Deux-Sèvres, la Cornouaille, la Haute-Saône, et l’Aude. La FHF veut renforcer les liens entre la ville et l’hôpital conformément aux orientations du rapport de Jean-Pierre Jardry, – « Ville – hôpital : des pistes pour renforcer les liens ».

    Accorder une attention particulière à la santé mentale et à la psychiatrie 

    Il est nécessaire « d’agir vite » sur la santé mentale et la psychiatrie, qui concerne 25% de la population mondiale. La psychiatrie est un domaine précurseur en matière d’organisation territoriale, mais les dynamiques s’essoufflent aujourd’hui, alors que les besoins ne cessent d’augmenter.

    Accompagner les transformations des GHT

    Les GHT sont des outils au service de stratégies de groupes publics, dont ils approfondissent la coopération. La FHF annonce que des partenariats ont été formés avec les services des armées. F. Valletoux invite au renforcement de la coopération médicale. Il propose que les GHT disposent d’outils permettant de simplifier et d’adapter la coopération de leurs membres aux enjeux locaux, qu’ils soient dotés d’outils de gestion territoriale et qu’ils puissent approfondir la personnalité morale (entre autres pistes de réflexion évoquées par le président de la FHF).

    Poursuivre et renforcer l’accompagnement des publics fragiles

    La FHF veut renforcer l’accompagnement des publics fragiles, notamment en situation de handicap ou de grand âge. Le début de l’année 2018 a été marqué par une mobilisation inédite dans les EHPAD publics. « Les alertes lancées par la FHF ont trouvé un écho dans les rapports parlementaires », se félicite le président de la fédération.

    Mais les efforts engagés en ce sens sont encore insuffisants : il convient de mieux valoriser les métiers du grand âge, de développer une offre graduée sur l’ensemble du territoire, de permettre une plus grande fluidité de parcours et l’hospitalisation à domicile, en incluant le parcours hospitalier et la télémédecine.

    Les 22 propositions de la fédération, élaborées en amont de l’élection présidentielle de 2017 et dont F. Valletoux a esquissé les principales orientations lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week, sont consultables sur le site internet de la fédération.

  • Santé & Bioproduction : l’un des axes de la feuille de route du Conseil national de l’Industrie

    Le Premier ministre, Édouard Philippe, a présidé le Comité exécutif du Conseil national de l’industrie (CNI), le lundi 28 mai 2018 à l’Hôtel de Matignon. Les ministres Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, étaient présents.

    Édouard Philippe a détaillé à cette occasion le bilan des actions lancées à l’automne 2017 ainsi que les nouvelles priorités de travail du Conseil national de l’industrie pour les mois à venir et les mesures pour accompagner le développement de l’industrie française.

    La santé et la bioproduction constituent l’un des axes (ou « missions ») de la feuille de route du CNI. Le CNI mandate le CSF Alimentaire, le CFS Industries et technologies de santé, et le CSF Chimie & Matériaux pour lancer une mission de réflexion stratégique, dont les conclusions seront remises au Premier ministre pour la fin octobre 2018.

    La bio-production « présente un important potentiel de croissance »

    La bio-production a ainsi été identifiée par la Commission Européenne comme l’une des six « technologies génériques clés » rappelle le dossier de presse du gouvernement constitué à l’occasion de la réunion du comité exécutif du CNI. Elle a vocation à irriguer de nombreux domaines d’application (chimie fine, plastiques, biocarburants, agroalimentaire, médicaments, traitement des déchets etc.) et présente un important potentiel de croissance. Un travail de fond a été initié par l’alliance AVIESAN avec certains industriels dont Sanofi.

    « Faire de la France un lieu d’excellence en matière de bio-production »

    Le Gouvernement souhaite mobiliser pleinement les énergies publiques et privées pour faire de la France « un lieu d’excellence en matière de bio-production et lui permettre de capter la croissance des marchés de demain ». La France dispose de nombreux organismes de recherche publics capables d’être à la pointe de la recherche dans ces domaines essentiels pour l’avenir. « L’appareil universitaire s’est largement ouvert à un transfert de ces connaissances vers le secteur productif », rappelle le communiqué.

    Cependant, la France accuse encore un retard en matière d’industrialisation, alors que la qualité scientifique de ses professionnels est reconnue mondialement, et qu’elle compte un nombre important de start-ups dans ce domaine.

    Lancement d’une mission de réflexion stratégique menée conjointement par les CSF Alimentaire, Industries et technologies de santé et Chimie & Matériaux

    Le CNI mandate le CSF Alimentaire, le CSF Industries et technologies de santé et le CSF Chimie & Matériaux pour lancer une mission de réflexion stratégique, qui sera appuyée par des personnalités scientifiques de haut niveau, spécialistes de ce domaine.

    Cette mission visera à :

    • identifier les actions à mener pour assurer le développement de la bioproduction en France ;
    • dresser l’état des lieux de l’écosystème français de la bio-production, ses forces et ses faiblesses ;
    • établir une comparaison avec les pays les plus avancés dans le secteur ;
    • proposer des recommandations permettant de renforcer la dynamique de recherche, d’innovation et d’industrialisation de la France en matière de bioproduction ;
    • investiguer le potentiel lié à une meilleure collaboration entre les acteurs de la recherche académique et du développement et les acteurs industriels ;
    • étudier l’adéquation des outils de financement publics et privés aux besoins des projets de bio-production ;
    • identifier les éventuels besoins d’adaptation de la réglementation nationale et européenne pour accompagner un développement ambitieux de la bioproduction, tout en tenant compte des conditions d’acceptabilité au regard notamment des principes environnementaux et sanitaires.

    Les conclusions de cette mission sont attendues pour la fin octobre 2018, accompagnées d’un plan de développement de la bio-production en France. Un pré-rapport est attendu pour début juillet, en coordination avec les travaux du comité stratégique des industries de santé (CSIS).

  • PHW18 : « Faire du patient un partenaire à part entière du système de santé », Agnès Buzyn

    Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2018, ce 29 mai 2018, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a rappelé les axes prioritaires de son action :
    • catalyser un changement de culture vers plus de prévention ;
    • réduire le reste à charge des patients ;
    • faire de la télémédecine un levier de réduction des disparités d’accès aux soins ;
    • adopter des indicateurs de qualité et de sécurité pour 10 pathologies ;
    • replacer le patient au cœur du système de santé ;
    • favoriser l’usage des big data de l’intelligence artificielle et des innovations en santé.

    De nombreuses actions engagées en faveur de la transformation du système de santé depuis 2017

    Depuis sa prise de fonction en mai 2017, la ministre des Solidarités et de la Santé et ses partenaires ont rendu publics plusieurs plans d’action en faveur d’une reconfiguration du système de santé, à savoir la stratégie nationale de santé et le plan d’égal accès aux soins.

    Le plan « priorité prévention » est en cours d’élaboration. Sont également à l’étude des stratégies d’évolution du système de santé demandé par le Premier ministre, à la suite de son discours d’Eaubonne du 13 février 2018 sur la « stratégie de transformation du système de santé ».

    La situation budgétaire et financière des hôpitaux est préoccupante, rappelle la ministre : « nous devons tout faire pour y répondre, c’est l’enjeu de la transformation du système de santé ». Il convient, à cet effet, de « nous interroger sur les fondements de l’organisation du système de santé français et de mieux articuler les soins hospitaliers et de ville », poursuit-elle.

    Adopter des financements au parcours et au forfait dès 2019

    La Ministre en appelle à la « diversification des modes de rémunération » des professionnels de santé. Elle « souhaite ainsi des financements aux parcours, aux forfaits, qui soient de nature à favoriser la pertinence des soins ».

    Agnès Buzyn a confié à Jean-Marc Aubert, directeur de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES), une mission sur l’évolution des modes de financement de l’ensemble du système de santé. Les résultats de cette mission seront intégrés au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 et seront effectifs à compter de 2019.

    «Nous devons intégrer des actions de prévention à notre système de santé » 

    La Ministre travaille à la réorganisation du système de santé, dont elle a fait l’une des priorités de son ministère: « Nous devons mettre en œuvre un changement profond dans l’organisation de nos soins. L’essor des GHT (groupements hospitaliers de territoire) doit à ce titre se poursuivre ». Agnès Buzyn rappelle la nécessité d’améliorer la coopération et le décloisonnement entre les acteurs hospitaliers et les acteurs de ville et du secteur médico-social. Les actions de préventions seront valorisées.

    Le système de santé français est confronté à quatre transformations majeures

    Le système de santé subit de nombreuses pressions, rappelle la ministre : « des efforts seront nécessaires pour le maintenir à un haut niveau de performance ». Ses « faiblesses » sont attribuables à plusieurs facteurs : prévention insuffisante, lutte imparfaite contre les facteurs de risque, permanence des inégalités sociales de santé, etc.

    Agnès Buzyn énumère quatre transformations majeures auxquelles son administration s’efforce de répondre :

    • La transition épidémiologique : les patients sont plus âgés et atteints de pathologies chroniques parfois complexes qui nécessitent de repenser les parcours.
    • L’accès aux soins : les inégalités territoriales d’accès aux soins ne cessent de se creuser. Il convient à ce titre de « mieux réfléchir territorialement sur les filières de prises en charge » pour garantir à tous l’accès au système de santé, rappelle la Ministre.
    • Les évolutions scientifiques, techniques et numériques : les progrès en la matière se poursuivent : « il nous faut plus d’agilité et de réactivité » pour étendre la marge de manœuvre des industriels de santé et de la recherche publique, et pour donner aux professionnels de santé les moyens de s’approprier ces innovations.
    • Recentrer le système de soins autour du patient : « Nous ne pouvons négliger le savoir du patient atteint de maladies chroniques, parfois rares », affirme Agnès Buzyn, qui annonce ainsi vouloir faire du patient un « partenaire à part entière du système de santé ». 

    Agnès Buzyn rappelle les axes prioritaires de la stratégie nationale de santé  

    Amorcer le virage préventif du système de santé

    La Ministre veut insuffler un « changement de culture vers plus de prévention ». Ce changement doit être porté par tous les professionnels de santé. Les ministres de l’enseignement et de la santé ont à ce titre lancé le service sanitaire, le 26 février 2017, qui vise à familiariser les étudiants avec les outils de prévention et d’éducation à la santé pour leur exercice médical future. Effectif à la rentrée 2018, il concernera 47 000 étudiants en santé, appelés à devenir des « ambassadeurs de la prévention dans tous les milieux de vie ».

    Réduire le reste à charge des patients

    « Le reste à charge est trop important » : nous travaillons sur un panier de soins de qualité totalement pris en charge pour l’optique, le dentaire et l’audio prothèse :« Nous devrions aboutir avant la fin de l’année, à la mise en œuvre progressive du reste à charge zéro pour nos concitoyens », affirme-t-elle.

    Faire de la télémédecine un levier de réduction des inégalités d’accès aux soins

    Il est impératif de « faciliter l’accès aux soins ». Le plan d’égal accès aux soins lancé en octobre 2017 avec le Premier ministre constitue le dernier jalon d’une succession de plans de santé lancées par les ministres pour réduire les disparités d’accès aux soins. Agnès Buzyn souhaite notamment faire de la télémédecine et de la réorganisation territoriale, des leviers effectifs de réduction des inégalités territoriales de santé.

    La télémédecine est « l’une des avancées organisationnelles », inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. La ministre précise que l’accord conventionnel est en cours de finalisation et va être signé prochainement. Il sera « transposé à l’hôpital dans les mêmes délais d’entrée en vigueur ».

    Adopter des indicateurs de qualité pour 10 pathologies

    La Ministre a demandé à la Haute autorité de santé d’élaborer des indicateurs de qualité de parcours qui porteront sur les 10 pathologies chroniques les plus fréquentes. Ces indicateurs seront rendus publics à la fin de l’année 2018.

    Favoriser les innovations en santé, l’usage du big data et de l’intelligence artificielle

    L’ innovation constitue le 4e axe de la stratégie nationale de santé. Il convient « tenir compte des apports des grandes données de santé et de l’intelligence artificielle », conformément aux orientations décrites par le président Emmanuel Macron dans son discours du 29 mars 2018.

    Le dossier médical partagé va être généralisé en septembre 2018 et permettra l’accès en ligne pour chacun des usagers du système de santé, à ses propres données médicales. Enfin, il convient d’engager le chantier de la dématérialisation de l’intégralité des prescriptions.

    La Paris Healthcare week a débuté le mardi 29 mai et se poursuit jusqu’au jeudi 31 mai 2018. Les équipes de Health & Tech Intelligence y participent et couvrent en direct l’évènement, dont le programme est consultable sur ce site internet. 

  • L’assureur AIA s’allie à Medix pour assister ses patients tout au long du traitement (Singapour)

    La compagnie d’assurance AIA Singapore et Medix, l’un des plus importants fournisseurs de solutions de gestion médicale, ont annoncé le 16 mai 2018 avoir conclu un partenariat exclusif pour fournir aux patients des services personnalisés tout au long de leur parcours de soins.

    Le dispositif, le premier du genre à Singapour, aidera les clients d’AIA confrontés à de graves problèmes médicaux à obtenir un diagnostic le plus rapidement possible, à accéder à un traitement optimal et à bénéficier d’un soutien pendant toute la durée de leur traitement.

    AIA Singapore renforce son implication dans le parcours de soins de ses clients

    Ce nouveau service complète la proposition globale d’AIA Singapore dans le domaine des soins, visant à assurer aux assurés de la société le meilleur traitement possible et un soutien personnalisé pendant leur parcours médical.

    « (…) Nous sommes allés au-delà du modèle d’entreprise d’assurance traditionnelle et passive, et nous nous sommes engagés à faire partie intégrante [du] parcours de vie [de nos clients], a déclaré Patrick Teow, directeur général d’AIA Singapore (source : Asiaone.com). [Grâce à] ce partenariat exclusif [conclu avec Medix] nous [pensons pouvoir] donner à nos clients les moyens de vivre une vie plus saine, plus longue et de meilleure qualité. »

    Un soutien personnalisé à chaque étape de la prise en charge

    Les assurés sous contrat AIA Max Essential A et A Saver pourront utiliser le service de Medix afin de recevoir un soutien personnalisé à chaque étape de la prise en charge de leurs graves problèmes médicaux, comprenant l’évaluation médicale, une éventuelle réévaluation, les recommandations de tests médicaux, les consultations pluridisciplinaires et les conseils médicaux sur le long terme dispensés par les 300 médecins internes de Medix et un réseau mondial de plus de 3 000 spécialistes indépendants de premier plan.

    « Les patients souffrant de graves problèmes de santé ont souvent beaucoup de questions sur leurs options de soins et éprouvent beaucoup de stress (…), explique Melita Teo, chef des opérations d’AIA Singapore. Ils ont besoin d’un soutien continu tout au long de leur parcours de traitement pour les aider à faire face aux complications [et] aux effets secondaires [mais aussi pour] leur fournir un soutien émotionnel. Le service de gestion de cas de Medix sert de pont entre le patient et le monde complexe des soins médicaux. En [suivant] le patient depuis le diagnostic jusqu’au rétablissement, le service aidera à améliorer l’expérience globale de soins et assurera la délivrance de soins de qualité. »

    Un service disponible tout au long du traitement

    Le service est fourni pour une période d’au moins trois mois et disponible si besoin tout au long du parcours médical du client.

    • Dans un premier temps, Medix synthétisera les antécédents médicaux du client et les résultats de ses tests actuels, recueillera des opinions multidisciplinaires auprès de différents spécialistes et mènera des discussions avec l’équipe de soins multidisciplinaires.
    • Sur la base de ces informations, l’entreprise proposera au patient de réaliser les tests reposant sur des techniques médicales les plus avancés et les plus appropriés pour s’assurer que le bon diagnostic a été établi, puis lui recommandera le meilleur plan de traitement possible. Ce processus inclura la recommandation du médecin le plus approprié pour l’état de santé du patient en question.
    • Par la suite, Medix continuera à soutenir le client dans son parcours de soins et à travailler en collaboration avec son médecin traitant pour suivre le traitement en cours et les effets secondaires, connaître les éventuelles complications et répondre aux questions du patient dans l’optique de lui garantir la meilleure qualité de soins possible.
  • Singapore’s AIA insurer partners with Medix to support patients through their treatment journey

    AIA Singapore insurance company and Medix, a global provider of medical management solutions, announced on May 16, 2018 that they have entered into an exclusive partnership to provide patients with personal medical case management services.

    The device, which is the first of its kind in Singapore, will help AIA customers facing serious medical problems to obtain the right diagnosis as fast as possible, have access to optimal treatment, and will make sure they are supported through their treatment journey until recovery.

    AIA Singapore to get more involved into the care of its beneficiaries

    This new service complements AIA Singapore’s comprehensive healthcare offering, that aims to provide customers with the best possible treatment and personalized ongoing support throughout their medical journey when they face serious medical conditions.

    « (…) We have gone beyond the traditional and passive insurance business model, and are committed to being an integral part of [our customers’] life journey, » Patrick Teow, chief executive officer of AIA Singapore, said (source: Asiaone.com). « We are confident that with this exclusive partnership, we are able to empower our customers to live healthier, longer and better lives. « 

    Personal support at every step of the treatment

    AIA Max Essential A and A Saver policyholders will be able to use Medix device to receive personal support at every step in the management of their serious medical conditions, including medical assessment, re-evaluation, referral for testing, ongoing multi-disciplinary consultations and long term medical guidance by Medix’ 300 in-house doctors and a global network of over 3,000 leading independent specialists.

    « Patients with serious medical conditions often have many questions about their care options and experience a great deal of stress and anxiety, » said Melita Teo, chief operating officer of AIA Singapore. « They need ongoing support throughout their treatment journey to help them cope with complications, side effects and provide emotional support. The case management service from Medix serves as a bridge between the patient and the complex world of medical care. By journeying with the patient from diagnosis to recovery, the service will help to improve the overall care experience and ensure the delivery of high quality care. »

    On-demand service available throughout the customer’s medical journey

    The service is provided for a period of at least three months and available upon need throughout the patient’s medical journey.

    Subsequently, Medix will continue to support beneficiaries, and work in collaboration with the customer’s treating doctor, to deal with on-going treatments, side-effects, complications if any and questions, in order to ensure that the best quality care is provided.

    • First of all, Medix will summarize the customer’s medical history and current test results, gather multidisciplinary opinions from different specialists and hold multidisciplinary team discussions.
    • Based on this information, the company will provide the most advanced, up-to-date and appropriate tests to ensure that the right diagnosis has been made and then recommend the best possible treatment plan. This process will include referral or recommendation of the most suitable doctor for the customer’s condition.
    • Thereafter, Medix will continue to support the customer in their care journey, and work collaboratively with the customer’s treating doctor, to deal with on-going treatments, side-effects, complications if any and questions, in order to ensure that the best quality care is provided.
  • H&TI se mobilise pour vous faire découvrir en direct les tendances de la Paris Healthcare Week

    Les analystes de Health & Tech Intelligence seront présents chaque jour pour vous rapporter les tendances et les innovations pendant la Paris Healthcare Week du 29 au 31 mai 2018. Les articles seront en accès libre pendant cet événement.

    Vous pourrez également nous retrouver chaque jour sur le stand du Cluster TIC Santé Nouvelle Aquitaine (stand 038) à l’occasion des 10 ans du Cluster.

    À cette occasion, le Dr Béatrice Falise-Mirat, interviendra :
    • le 29 mai 2018 à 15h en tant que modératrice de la table ronde franco-canadienne autour du Cluster TechnoMontreal et l’écosystème e-santé canadien ;
    • le 31 mai à 11h avec le directeur de la Maison de Santé Protestante Bordeaux Bagatelle sur le thème de la coordination et des parcours de soin innovants.

    David Clavereau, quant à lui, interviendra le 30 mai 2018 à 15h, pour vous présenter les tendances start-ups en e-santé.

    Plus d’infos sur ce lien.

    Le programme complet de l’événement est consultable sur ce site internet.

  • « Actions Start-ups 2018 », les mesures de Mounir Mahjoubi pour encourager les start-ups de la santé

    Le 24 mai 2018, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du numérique, a annoncé des mesures pour favoriser le développement des start-ups tous secteurs confondus avec une attention particulière pour celles des secteurs de la health tech (santé), de la edtech (éducation), de la fintech (finance) et de la mobilité.

    En ce qui concerne les start-ups de la santé, le cap doit être mis sur l’exploitation des données et en ce sens des projets sont en développement en collaboration avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) et le Conseil Stratégique des Industries de Santé avec des annonces prévues à l’été 2018. Ces mesures ont été élaborées à partir des résultats de la consultation nationale lancée par le secrétaire d’État chargé du numérique reposant sur 1 300 réponses en ligne, 15 ateliers dans toute la France, 200 entretiens et la contribution de 30 partenaires.

    Les propositions formulées concernant l’ensemble des start-ups reposent sur quatre axes:
    • simplifier la vie des start-ups ;
    • accompagner le financement notamment dans les phases de croissance ;
    • favoriser l’émergence et le recrutement des talents ;
    • assurer un meilleur accompagnement à l’international.

    Mesures visant les start-ups santé : promouvoir la recherche et l’exploitation des données

    Selon Mounir Mahjoubi, la France doit capitaliser sur les compétences de son personnel médical, l’excellence de ses chercheurs et des bases de données publiques massives dont elle dispose.

    Le Président de la République a annoncé fin mars 2018 un enrichissement progressif du Système National des Données de Santé (SNDS) avec les données cliniques des hôpitaux, afin de fournir un élan majeur au big data dans le domaine.

    Pour continuer dans ce sens, il a annoncé deux projets :

    • des moyens renforcés décidés pour l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) en 2019 visant à accélérer les essais cliniques et les délais d’autorisation ;
    • un cycle de travail sous l’égide du Conseil Stratégique des Industries de Santé dont les conclusions seront présentées en juillet 2018.

    Simplifier la vie de start-ups

    Afin de répondre aux défis que rencontrent le start-ups à différents stades de leur développement, des mesures suivants ont été annoncées :

    • favoriser le dialogue avec les administrations et la création d’un réseau de correspondants start-ups – innovation dans chaque ministère dès juin 2018 ;
    • le renforcement, le 3 mai 2018, du dispositif « France Expérimentation« , permettant aux start-ups de demander, à tout moment, un droit à déroger à un règlement ou à une loi en place pour déployer un nouveau business model ;
    • alléger les contraintes qui pèsent sur le start-ups notamment pendant la phase d’hyper-croissance en les faisant bénéficier de la disposition de la loi PACTE selon laquelle selon laquelle, pour les seuils de onze, vingt et cinquante salariés, un seuil d’effectif est franchi uniquement lorsque celui-ci a été atteint ou dépassé pendant cinq années civiles consécutives.

    Soutenir le financement des start-ups en croissance

    Des actions en ce sens sont en cours d’étude et à venir, selon Mounir Mahjoubi:

    • l’expérimentation par Bpifrance d’une offre de « venture loans » capable d’accompagner les grandes levées de fonds ;
    • la promotion de l’essor des Initial Coin Offerings (ICO), grâce à une clarification du cadre attaché à ce mode de levée de fonds jugé prometteur. Le projet de loi PACTE prévoit ainsi la création d’un visa pour les entreprises émettrices de jetons respectant certains critères précis de nature à protéger les épargnants, et des études sont encours sur le cadre comptable et fiscal associé ;
    • le positionnement de l’État en tant qu’acheteur pour donner un coup de pouce aux start-ups en :
      • mettant en place avant fin 2018 un guichet unique d’achat de l’État pour les entreprises qui souhaitent échanger avec ce dernier ;
      • relevant à 100 000 euros (contre 25 000 euros aujourd’hui), dans le cadre d’une expérimentation sur trois ans, le seuil permettant de recourir à un marché public sans publicité ni mise en concurrence pour acquérir des produits innovants auprès des PME.

    Par ailleurs, Mounir Mahjoubi a fait part du parti pris du Gouvernement d’encourager le start-ups de la deep tech, à savoir des start-ups à forte intensité technologique en :

    • y dédiant 70 millions d’euros du fonds pour l’industrie et l’innovation ;
    • faisant bénéficier les start-ups deep tech chaque année des « grands défis » organisés, sur des sujets de société, dans le cadre d’une seconde enveloppe à hauteur de 100 millions d’euros chaque année du fonds pour l’industrie et l’innovation.

    Formation : favoriser l’émergence des professionnels certifiés

    Étant une des trois problématiques les plus préoccupantes des start-ups, la formation dans le numérique  doit être pilotée dans l’immédiat selon Mounir Mahjoubi. Pour cela, trois mesures ont été annoncées :

    • l’ouverture dès 2019 une spécialité « numérique et sciences informatiques » au lycée, et qui écho à la mesure lancée en avril 2018 du plan de financement de 10 000 formations courtes au numérique;
    • le lancement en juin 2018 d’une mission visant à résoudre à moyen terme les tensions constatées sur les recrutements numériques ;
    • l’assouplissement accru des conditions de recrutement de talents étrangers via le dispositif du visa French Tech.

    Promouvoir les start-ups à l’international

    Des mesures pour accroître la visibilité de start-ups française à l’étranger sont prévues :

    • le lancement à l’automne 2018 d’un indicateur « next 40 », équivalent du CAC 40 pour les acteurs les plus prometteurs ;
    • l’organisation de déplacements commerciaux à l’étranger avec des start-ups à fort potentiel, intitulés scale up tours ;
    • en développement, un guichet unique Team France Export d’accompagnement export dans chaque région.

  • La Chine est potentiellement le plus grand marché international de l’assureur américain Cigna

    L’assureur américain Cigna voit des opportunités de croissance intéressantes en Asie, en particulier en Chine, qui devrait prochainement devenir son plus grand marché à l’étranger grâce à sa fusion avec le géant China Merchants Bank (Cigna & CMB Life Insurance), a déclaré à la mi-mai 2018 Jason Sadler, directeur des marchés internationaux à Cigna.

    L’investissement dans le numérique fait partie des priorités du groupe, a-t-il précisé, un point essentiel pour rester parmi les leaders du marché.

    Marchés internationaux : la Chine bientôt devant la Corée du Sud

    Le commerce international est la partie du portefeuille d’activités de Cigna dont la croissance est la plus rapide (source : South China Morning Post). Ces marchés étrangers, qui comprennent la Corée du Sud, la Chine, l’Inde, Hong Kong, la Turquie et le Moyen-Orient, entre autres, ont enregistré une croissance à deux chiffres au niveau de leurs revenus et de leurs bénéfices au cours des sept dernières années.

    Chine : une évolution démographique favorable au développement des activités de Cigna

    La Corée du Sud, où elle opère depuis 31 ans, est actuellement son plus grand marché d’outre-mer. Jason Sadler a indiqué que la Chine, de par « le vieillissement rapide de sa population, la croissance continue de sa classe moyenne et l’augmentation des maladies chroniques, (…) devrait devenir [le pays où se situera la plus] grande partie [des] activités étrangères [de la société] », sans préciser à quel moment précisément elle allait passer devant le marché sud-coréen (source : South China Morning Post).

    Cigna est en train de s’étendre dans davantage de provinces chinoises – l’entreprise est présente actuellement dans quinze d’entre elles. Les licences des succursales d’assureurs étrangers sont délivrées province par province.

    Tous ces facteurs ont alimenté une demande croissante de produits de santé et d’assurance-vie privée chez les particuliers, a expliqué M. Sadler, relevant notamment que la Chine avait dépassé l’Inde au niveau du nombre de personnes souffrant de diabète.

    « Un investissement supplémentaire dans le numérique est important » (J. Sadler)

    Les stratégies numériques de l’entreprise sont essentielles à la croissance des activités de l’entreprise en Chine, a-t-il ajouté, à la fois grâce à ses deux millions de clients individuels dans le pays et à un nombre croissant de clients internationaux et locaux.

    Reconnaissance faciale et application mobile

    Par exemple, pour réduire le risque de contrefaçon de réclamations d’assurance, ses succursales en Chine ont mis en place une technologie de reconnaissance faciale pour que les clients puissent déposer leurs réclamations en prenant une photo d’eux plutôt qu’en soumettant des formulaires avec des signatures.

    En janvier 2017, Cigna a également lancé une application mobile permettant aux utilisateurs de réaliser une auto-évaluation de leur santé en ligne. L’application permet aussi de savoir où se trouvent les hôpitaux et les médecins les plus proches et propose un suivi en temps réel de l’état de santé d’une personne.

    Analyse des données : des produits et des services plus personnalisés

    Grâce à ce dispositif, Cigna peut collecter des données sur le comportement et les préférences de ses clients, ce qui lui permet d’analyser plus en profondeur les profils des consommateurs les plus susceptibles de déposer une réclamation afin de leur proposer des produits et des services plus personnalisés.

    Cigna & CMB Life Insurance a initialement axé sa stratégie numérique sur les ventes de produits. Plus récemment, l’entreprise l’a étendue afin d’offrir « une expérience client complète », incluant le support après-vente.

    « Un investissement supplémentaire dans le numérique est important, insiste Jason Sadler. Aujourd’hui, les gens utilisent principalement ces [technologies] pour interagir les uns avec les autres – que ce soit avec leurs amis sur les réseaux sociaux, ou avec leur banque ou compagnie d’assurance via des applications ou des chatbots. Nous exploitons les meilleures pratiques en matière d’intelligence artificielle depuis notre plus grand marché [actuel], la Corée du Sud, pour améliorer nos services de soins numériques. »

    Cigna s’intéresse aussi de près au marché indien

    En dehors de la Chine, l’Inde est un autre marché à la croissance rapide pour le groupe. L’assureur américain est en train d’y obtenir une approbation réglementaire pour changer sa fusion actuelle avec le conglomérat TTK Group afin de s’allier avec Manipal Group, une société qui gère le deuxième plus important réseau hospitalier du pays. Manipal a accepté l’année dernière de racheter la participation de 51 % de TTK dans la coentreprise.

    Pour le premier trimestre 2018, le bénéfice net de Cigna s’est établi à 915 millions de dollars américains (779 M. €), soit une hausse de 53 % par rapport à la fin 2017 (598 M. US$ ; 509 M. €).