Cancero

  • Journée d’étude « E-santé : quelles opportunités pour les établissements de SSR », à Paris le 12/09/18

    La FHP-SSR, syndicat des professionnels des soins de suite et de réadaptation, organisera à Paris le 12 septembre 2018 une journée d’étude et de sensibilisation au sujet de la e-santé. 

    À l’occasion de cet événement, intitulé « E-santé : quelles opportunités pour les établissements de SSR ? », le syndicat invitera notamment des officiels ministériels et des start-ups à prendre la parole pour proposer des retours d’expériences parfois étrangères ou des points sur l’actualité de la santé numérique à l’hôpital.

    09h30-12h45 : Matinée

    09h30 : Ouverture de la journée par le Dr Frédéric Sanguignol, président de la FHP-SSR 

    09h40 : La e-santé en SSR : perspectives et pièges à éviter

    Conférence animée par :

    • le Pr Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé ;
    • Catherine Miffre et le Dr Bernard Bordet, co-présidents de la commission Recherche et Innovation de la FHP-SSR ;
    • le Dr Guillaume Marchand, président de France eHealth Tech.

    10h30 : Affections de l’appareil locomoteur et du système nerveux : des exemples d’innovation

    • Conférence autour de l’appareil connecté Ema®, de l’amélioration de la pratique en établissement et de l’ouverture de nouveaux champs de recherche qu’il peut engendrer, par Thibault Faÿ, d’Ezygain.
    • Présentation de la technologie de rééducation neuromotrice post-AVC IVS3®, par Nicolas Fournier, président et cofondateur de l’entreprise Dessintey.

    11h10 : Un exemple d’innovation pensée, développée et évaluée avec les patients : le Diabète LAB, par la Fédération française des diabétiques

    11h30 : Pause

    11h45 : Un exemple de solution innovante en télémédecine pour les maladies chroniques, par le Dr Paul Bonnabel, Directeur médical de P2link

    12h05 : Un exemple de carnet de santé numérique : l’outil Aviitam®

    12h25 : Un exemple de réseau social digital pour les patients et d’outil connecté, présenté par Julien Artu, cofondateur de My Hospi Friends

    14h00-16h45 : Après-midi

    14h00 : L’APA connectée, un exemple présenté par Benoit Fagnou, responsable des programmes APA connectés Kiplin®

    14h20 : Un exemple de médecine prédictive en cardiologie : le dispositif CardioNexion®, par @Health

    14h50 : Et ailleurs ? Retour d’expériences étrangères, proposé par Karim Hatem et Benjamin Gilles, du cabinet Ylios

    15h25 : Conférence organisée par Sébastien Letelié, de la Health Factory

    15h50 : Hôpital numérique vers HOP’EN : point d’actualité présenté par Michel Ballereau, délégué général de la FHP

    16h30 : Clôture de la journée, par le Dr Frédéric Sanguignol, président de la FHP-SSR 

    L’inscription, nécessaire, peut-être réalisée par envoi d’un mail à l’adresse suivante :  fhpssr@fhp-ssr.fr

  • Le PRS 2018-2022 de Normandie centré sur la télémédecine et la transformation des Ehpad

    Christine Gardel, directrice générale de l’Agence régionale de santé de Normandie, a présenté le 13 juillet 2018 les grandes lignes du projet régional de santé (PRS) 2018-2022 aux élus du département.

    Les trois principes fondateurs du PRS sont :
    – l’accompagnement de la transformation du système de santé : dans ce cadre, un crédit de 10 M € sera versé aux Ehpad ;
    – la lutte contre les inégalités sociales et territoriales ;
    – le renforcement de la prévention afin d’améliorer la qualité du parcours de santé et de vie des patients.

    Le développement de la télémédecine fait par ailleurs partie des préoccupations centrales de l’ARS, qui envisage notamment la signature d’une charte partenariale sur cette pratique.

    À l’unanimité, les élus ont pris acte de cette présentation du PRS, émettant cependant quelques réserves dans l’attente des prévisions budgétaires et de l’agenda à convenir pour la mise en place des diverses solutions proposées.

    Un focus sur la télémédecine

    « Le PRS fait de la télémédecine et de l’innovation technologique des leviers majeurs pour améliorer notre système de santé », insiste le communiqué.

    Objectif : « renforcer l’accès territorial aux soins et abolir les distances ».

    En 2017, 4,8 millions d’euros ont été versés par l’ARS de Normandie pour soutenir les actions de télémédecine et pour l’équipement de 39 Ehpad, soit 5 200 résidents concernés.

    Solutions envisagées :

    • La généralisation des usages de la télémédecine (téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance), en particulier pour les résidents des Ehpad.
    • La signature d’une charte partenariale sur la télémédecine afin de mettre en synergie les différents acteurs du secteur.

    Les 3 principes fondateurs du PRS

    La lutte contre les inégalités sociales et territoriales

    Les diagnostics réalisés dans le cadre de ce PRS ont confirmé « une situation régionale marquée par de fortes inégalités sociales et territoriales, entre les départements, mais aussi et surtout à l’échelle infra-départementale », indique l’ARS dans un communiqué.

    Ces réalités étant différentes d’un territoire à l’autre, le projet ne prendra pas la forme d’un plan d’actions régional mais servira avant tout de cadre afin de mettre en place des actions « sur-mesure » pour chaque territoire.

    Ces initiatives seront entreprises au sein des conseils territoriaux de santé et les CLS seront les outils utilisés pour agir et rendre compte.

    L’objectif premier du projet est de pallier « le creux démographique des professions de santé » : médecins proches de la retraite, modes d’organisation à revoir, revendication d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée de la part des professionnels de santé. « Il faut rendre l’exercice attractif », estime Christine Gardel (source : Ouest-france.fr).

    Première solution envisagée : la multiplication des pôles de santé. La Normandie en compte 16 actuellement, 11 sont en construction et 7 en projet.

    L’Agence régionale de santé espère également réduire les inégalités d’accès aux soins en développant la télémédecine (cf. 1er paragraphe).

    Accompagner la transformation du système de santé

    L’ARS vise une évolution progressive de l’hospitalisation à temps complet vers des prises en charge ambulatoires, hors les murs de l’hôpital, afin de « répondre à des enjeux d’efficience du système de santé tout en répondant aux attentes des usagers ».

    Exemple : proposer un accompagnement adapté aux spécificités et besoins des publics (personnes âgées en perte d’autonomie ou en situation de handicap) pour permettre un maintien à domicile dans l’optique de « poursuivre un développement ambitieux des services par transformation de l’offre existante d’hébergement ».

    Parmi les solutions envisagées : « Un crédit de 10 millions d’euros sera attribué aux Ehpad », a annoncé la directrice de l’ARS de Normandie (source : Ouest-france.fr).

    Faire de la prévention le premier levier de la qualité du parcours de santé et de vie

    L’idée est d’agir sur « les déterminants de santé », soit, par exemple, la promotion de comportements individuels favorables à la santé par la prévention des pratiques addictives, les campagnes sur la santé environnementale et la santé au travail.

    Plusieurs solutions sont en cours d’étude à ce sujet, dont :

    • le développement de l’intervention précoce auprès des personnes ayant un comportement addictif ;
    • l’ouverture en 2019 d’un centre régional de coordination des dépistages des cancers ;
    • l’optimisation des centres de vaccination.

    « Il va falloir faire du sur-mesure en tenant compte de la réalité de chaque territoire, a déclaré la directrice à propos de l’ensemble du projet quinquennal. [Nous n’avons] pas les mêmes problématiques à Vire qu’à Deauville ou à Caen  », ajoutant que le contexte avait « énormément évolué, tant au niveau du vieillissement de la population que de l’évolution des technologies » (source : Ouest-france.fr).

    Les élus « dans l’attente d’un (…) positionnement plus détaillé »

    Seules les lignes directrices du projet ont été présentées pour le moment.

    Les élus départementaux ont exprimé quelques réserves à la suite de la présentation réalisée par la directrice de l’ARS de Normandie. « Non pas sur vos analyses, que nous partageons, mais sur les moyens de les mettre en œuvre. Quand  ? Comment ? Combien ? », a résumé Jean-Léonce Dupont, président du conseil départemental du Calvados.

    Christine Gardel n’a pas été en mesure d’apporter des précisions à ce stade.

    À l’unanimité des élus, le département a pris acte de cette présentation du plan régional de santé, « avec des réserves et dans l’attente d’un prochain document précisant un positionnement plus détaillé ».

  • Le CNNum organise les États généraux des nouvelles régulations numériques impulsées par M. Mahjoubi

    Réuni en assemblée plénière le 4 juillet 2018, le Conseil national du numérique (CNNum) a arrêté ces axes de travail.

    Sa première mission consistera à formuler des recommandations pour une régulation tenant compte des nouvelles réalités numériques, comme l’affirme Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique auprès du Premier ministre. Pour cela, le CNNuM organisera des États généraux des nouvelles régulations numériques en préambule à l’Internet Governance Forum, que la France accueillera en novembre 2018.

    Par ailleurs, une dizaine de sujets d’actualité et de société sont à l’ordre du jour pour la nouvelle équipe du CNNum, parmi lesquels la transformation numérique de l’action publique.

    Enfin, Salwa Toko, présidente du CNNum, a annoncé le lancement d’un forum du numérique, un lieu de convergence des besoins des acteurs publics et des citoyens.

    États généraux des nouvelles régulations numériques

    À l’occasion du salon Vivatech en mai 2018, le Président de la République, Emmanuel Macron, a lancé un appel pour établir un nouveau cadre de régulation du numérique international. À l’occasion de sa visite officielle de trois jours en Chine fin juin 2018, le Premier ministre, Édouard Philippe, s’en est fait écho en appelant à une régulation du numérique internationale, expliquant qu’elle n’a de sens que si elle est internationale. Il a annoncé que la France lancerait une consultation internationale afin de réfléchir à une régulation intelligente.

    Ainsi, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique auprès du Premier ministre, souhaite lancer des États généraux des nouvelles régulations numériques correspondant à la contribution française à cette réflexion internationale et plaçant la France dans la position de pays pilote.

    «​Le CNNum participera à l’organisation des États généraux des nouvelles régulations numériques​ avec des premiers résultats avant l’Internet Governance Forum, accueilli par la France en novembre prochain, et des recommandations définitives en début d’année 2019 », annonce Gilles Babinet, vice-président du Conseil national du numérique.

    CNNum, une interface entre les pouvoirs publics et les écosystèmes numériques

    Les autres sujets de travail qui vont occuper les membres du CNNum pendant les deux ans à venir concernent la transformation numérique de l’action publique, la mixité et l’inclusion, l’éducation, la transition écologique et la ruralité.

    Afin de porter la voix des citoyens et de toutes les catégories socio-économiques dans le domaine du numérique aux autorités, le Conseil lancera un forum du numérique, selon les déclarations de Salwa Toko, présidente du CNNum.

  • Le cabinet Ylios chargé de développer les services numériques de santé à Monaco

    Le département des Affaires sociales et de la Santé monégasque ainsi que Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique de la principauté, ont organisé un séminaire le 26 juin 2018 devant une cinquantaine de médecins locaux pour expliquer la mise en œuvre à venir des premiers systèmes de santé numériques à Monaco, dont le développement a été confié à la société parisienne Ylios.

    Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’engagement du département des Affaires sociales et de la Santé, qui a mis en place en décembre 2017 une démarche destinée à définir les grandes lignes de la politique de santé numérique monégasque.

    Ylios doit établir une stratégie pour le déploiement de la e-santé à Monaco

    Dans le cadre du contrat signé avec la principauté, une mission d’accompagnement à la mise en œuvre d’une stratégie pour le développement de la santé numérique à Monaco a été confiée à Ylios, cabinet de conseil indépendant intervenant auprès de grands groupes internationaux, d’entreprises et d’institutions en France et en Europe.

    Concrètement, la société parisienne doit établir une feuille de route de la stratégie de e-santé à Monaco et cibler les premières actions à mener à court et à moyen termes.

    Faciliter l’échange de données patients entre professionnels de la santé

    L’objectif est de faire en sorte que les caisses de sécurité sociale, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les autres professionnels du secteur puissent échanger facilement les données de leurs patients et ainsi améliorer le suivi des soins.

    1ère solution à venir : la prise de rendez-vous médicaux en ligne

    À l’occasion du séminaire qui s’est tenu en juin 2018, l’ensemble des parties-prenantes de l’écosystème de santé monégasque ont pu apporter leur contribution à la construction de la feuille de route et s’accorder sur les premières solutions à mettre en place.

    Parmi elles : la prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de ville ou du Centre hospitalier Princesse Grace depuis un ordinateur ou une application smartphone. Cette application, qui devrait être opérationnelle dans six à huit mois, permettra à terme d’accéder à une trentaine de services, précise Ylios.

  • Health technology assessment : 3 recommandations adressées à la Commission européenne par des experts

    Près de 300 décideurs politiques, industriels de santé, médecins, représentants des patients et autres experts se sont réunis à la Commission européenne le 10 juillet 2018 pour échanger sur les modalités de la future coopération européenne en matière d’évaluation des technologies de santé (Health Technology Assessment).

    Les participants ont adressé à la Commission les trois recommandations suivantes : solliciter l’avis des patients et des professionnels de santé sur les enjeux d’une harmonisation de l’évaluation des technologies de santé en Europe ; produire des travaux scientifiques à destination des patients et des décideurs politiques en charge des questions de santé ; anticiper les difficultés susceptibles de survenir au cours des prochains mois.

    Harmonisation européenne de l’évaluation des technologies de santé : chronologie

    • 2016 : À la demande du Parlement européen, de plusieurs États membres de l’Union et de professionnels de la santé ressortissants de pays européens, la Commission européenne se saisit de la question de l’harmonisation de l’évaluation des technologies de santé en 2016, pour en assurer la continuité et la pérennité d’ici 2020.
    • 2017 : En 2017, l’institution l’intègre à son programme de travail annuel (2017 Work Programme). L’objectif affiché est double : fluidifier le marché (unique) des technologies de santé en Europe et encourager les échanges entre industriels, experts et diverses parties prenantes (professionnels de santé, patients, etc.).
    • 2018 : la Commission réalise une étude d’impact (Impact assessment) soumise à l’examen d’un groupe d’experts indépendants (Regulatory Scrutiny Board), dont il résulte une proposition de loi (legislative proposal) transmise au Parlement européen et au Conseil de l’Europe en vue d’une adoption en 2019.

    Recommandations adressées à la Commission européenne

    À l’issue de la session plénière inaugurale organisée en présence de Soledad Cabezon Ruiz, président du Parlement européen, de Clemens Auer, du ministère de la santé autrichien, et de Dimitris Dimitriadis, rapporteur de l’EESC, les participants ont adressé à la Commission européenne les trois recommandations suivantes :

    • Solliciter l’avis des patients et des professionnels de santé sur les enjeux d’une harmonisation de l’évaluation des technologies de santé en Europe.

    Il ressort des échanges organisés à la Commission qu’il importe de recueillir l’avis « transparent et systématique » des personnes concernées par les technologies de santé (patients et professionnels de santé) dans le cadre de procédures nationales sur les grandes orientations stratégiques de la Commission européenne et sur des problématiques plus locales. L’évaluation des technologies de santé doit être menée conjointement par les professionnels de santé et les patients.

    • Animer un réseau de chercheurs et produire des travaux scientifiques à destination des patients et des décideurs politiques en charge des questions de santé.

    Ces travaux devront être relayés auprès des décideurs politiques et des citoyens, « la transparence » étant l’une des « clés du succès » de l’harmonisation des processus évaluatifs à l’échelle de l’Union.

    • Anticiper les difficultés susceptibles de survenir au cours des prochains mois.

    Les experts recommandent de s’appuyer sur le marché digital européen (EU’s Digital Single Market), qui offre de nombreuses ressources et solutions techniques en matière d’interopérabilité, de sécurité des données, de compétences digitales, etc.

    Soutien unanime des participants à l’initiative de la Commission européenne

    Les participants ont exprimé le souhait unanime de voir se poursuivre les efforts tendant à l’harmonisation des procédures d’évaluation des technologies de santé en Europe.

    La proposition de loi, adoptée par la Commission européenne le 31 janvier 2018 et soumise à l’examen du Parlement européen et du Conseil de l’Europe, sera adoptée dans le courant de l’année 2019.

  • Fonds InnoBio 2 : Bpifrance et 5 laboratories pharma réunissent 250 M€ pour la biotech et la e-santé

    Dans un communiqué du 12 juillet 2018, Bpifrance a annoncé la création du fonds d’investissement InnoBio 2 porté par Bpifrance et 5 laboratoires pharmaceutiques –  Sanofi, Boehringer Ingelheim, Takeda, Ipsen et Servier – qui à terme sera doté d’une somme totale comprise entre 200 et 250 millions d’euros.

    Cette annonce fait suite aux engagements pris par Edouard Philippe, Premier ministre français, à l’occasion du Conseil stratégique des industries de santé du 10 juillet 2018. InnoBio 2 vise à soutenir le développement de sociétés innovantes sur le territoire français dans le secteur des sciences de la vie. Il vise avant tout le domaine des produits biopharmaceutiques et du développement des bioprocédés. La nouveauté de cette version réformée réside dans l’extension de la liste des projets éligibles à la santé numérique et les médicaments de prescription.

    Le ralliement d’autres souscripteurs institutionnels et pharmaceutiques est attendu pour arriver à atteindre la dotation souhaitée.

    « La France, un pays de premier plan pour l’innovation en sciences de la vie » (N. Dufourcq)

    « Le lancement d’InnoBio 2 confirme le succès rencontré par le premier fonds, devenu un fonds de place et jouant un rôle prépondérant dans un écosystème de start-ups de sciences de la vie désormais d’envergure mondiale. Ce nouveau fonds permettra de consolider la position de la France comme un pays de premier plan pour l’innovation en sciences de la vie. », commente Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.

    Pour rappel, le premier fonds InnoBio avait été lancé en 2009 et doté de 173 millions d’euros. Grâce à ce fonds, 18 investissements visant des sociétés françaises de biotechnologies totalisant un montant de plus de 150 millions d’euros ont été réalisés.

    Bpifrance rappelle également que sur ces 18 participations, 11 ont donné lieu à des projets aujourd’hui cotés en Bourse. Par ailleurs, douze autres partenariats ont été signés avec des laboratoires pharmaceutiques.

    Priorité aux premiers et seconds tours de table

    Les investissements du fonds InnoBio 2 ont vocation à soutenir avant tout les entreprises prêtes à lancer le développement clinique de leurs produits et services innovants en vue de générer des plus-values.

    La nouvelle version du fonds dont la durée initiale est fixée à dix ans est prorogeable deux fois d’un an.

  • Afrique de l’Ouest : la Fondation Pierre Fabre finance une formation en e-santé à hauteur de 50 000 €

    Le Pr malien Cheick Oumar Bagayoko, médecin spécialisé en informatique médicale et pionnier de la télémédecine, a annoncé début juillet 2018 le lancement d’un diplôme universitaire en e-santé dans trois universités d’Afrique de l’Ouest :
    • l’Université de Bamako (Mali) ;
    • l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan, Côte d’Ivoire) ;
    • l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).

    Afin d’ouvrir la formation à l’ensemble des pays africains, les cours (100 heures au total) seront retransmis en direct sur internet selon le principe de la visioconférence.
    Les étudiants devront par ailleurs développer une solution de e-santé sur mobile ou PC dans le cadre d’un hackathon qui sera organisé au cours du programme.

    La création d’un tel diplôme vise à former des professionnels de la santé et de l’informatique mais aussi des décideurs politiques à la mise en place de solutions de e-santé adaptées aux besoins de la région.

    Financée par la Fondation Pierre Fabre à hauteur de 50 000 euros, la première session de ce projet débutera au premier trimestre 2019.

    Une formation centrée sur l’innovation et la gestion de projet

    100 heures d’enseignements seront réparties en trois modules centrés sur :

    • les bases méthodologiques et conceptuelles de la e-santé ;
    • les domaines d’applications de la e-santé ;
    • l’innovation et la gestion de projet dans le secteur.
      « Ce dernier module doit permettre aux participants de connaître tous les aspects administratifs et d’identifier les interlocuteurs pertinents pour mener à bien un projet », souligne Cheick Oumar Bagayoko (source : Jeuneafrique.com).

    « 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain »

    « Nous avons une masse critique en termes de compétences au Mali. Dans la formation, 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain », précise le professeur.

    Une fois diplômés, les étudiants devront être capables de définir une stratégie en adéquation avec les besoins du marché et de fédérer une équipe afin de développer des solutions numériques adaptées aux contraintes techniques du terrain.

    Afin de vérifier ces acquis, la formation sera rythmée par un hackathon au cours duquel les élèves – regroupés en équipe – devront concevoir et développer une solution de e-santé sur mobile ou sur PC.

    Des promotions « raisonnables » de 20 à 30 étudiants

    En ce qui concerne la sélection des candidats, la priorité est d’équilibrer les profils selon les compétences. « Nous regarderons [leur] parcours et [leur] profil. L’objectif est aussi de sélectionner des personnes proches de la thématique qui peuvent agir rapidement à l’issue du diplôme », explique-t-il.

    « Nous savons que la demande va rapidement exploser mais nous prévoyons pour le moment des promotions raisonnables de 20 à 30 personnes. »

    Des cours accessibles à distance pour une envergure panafricaine

    Reconnu dans trois pays, le diplôme vise une envergure panafricaine.

    Une plateforme pour consulter des ressources documentaires

    Les étudiants, selon le concept de e-learning, pourront suivre les cours en direct sur internet, un système leur permettant par exemple de poser des questions au professeur. Ils auront en outre la possibilité de consulter des ressources documentaires sur une plateforme dédiée.

    Des sessions « physiques » seront par ailleurs mises en place pour permettre d’approfondir certains aspects à plusieurs. Ces regroupements auront lieu dans l’une des trois universités partenaires.

    Le coût du diplôme sera compris entre 500 et 1000 euros, un tarif adapté au marché universitaire africain.

  • Edouard Philippe veut transformer l’industrie de santé française grâce à l’exploitation des données

    À l’occasion du Conseil stratégique des industries de la santé, le 10 juillet 2018, Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé des mesures encourageantes à l’égard des acteurs de l’industrie pharmaceutique et un engagement fort à les mettre en oeuvre, sujet convergent avec l’article de Health&Tech Intelligence intitulé Innovation et stabilité économique au cœur du Conseil stratégique des industries de santé.

    Le Premier ministre souhaite mettre l’innovation au service d’une médecine de meilleure qualité : alors que le premier volet de mesures vise à accélérer l’accès aux médicaments innovants pour les patients, Edouard Philippe veut grâce à deux autres volets de mesures impulser une transformation profonde des industries de santé.
    Il incite à :
    • dynamiser la recherche par une politique de valorisation des données de santé sous-jacente à la médecine des 4P d’une part, et favoriser des collaborations plus étroites entre le secteur privé et le secteur public d’autre part ;
    • rendre la France plus attractive à l’échelle internationale et attirer les investisseurs étrangers en transformant le tissu industriel et en facilitant les processus de bioproduction par l’émergence de filières de biotechnologies et de médicaments de thérapies innovantes (MIT).

    Optimiser la recherche : capitaliser sur les données et favoriser le transfert de technologie

    « L’étude des données en vie réelle recèle des potentialités inouïes pour améliorer la prise en charge des patients. Car l’utilisation des données n’ajoute pas simplement un outil puissant au service des épidémiologistes : elle va révolutionner les pratiques des médecins et des professionnels de santé, mais aussi les parcours de soins. Elle ouvre des horizons insoupçonnés pour développer des produits et des services – comme des applications sur smartphones – que le patient pourra s’approprier plus activement. Face à cette révolution, la France veut être aux avant-postes et organiser l’accès à ces données de façon cohérente et efficace. » Edouard Philippe, le 10 juillet 2018 au Conseil stratégique des industries de santé

    « Construire tout simplement l’une des plus grandes bases de données du monde »

    Si selon Edouard Philippe, la France dispose d’un patrimoine extraordinaire de données de santé, l’un des plus grand défis auxquels elle est confrontée réside dans la structuration et la valorisation de ces mêmes données de santé.

    Afin de les mettre au service du développement de la nouvelle médecine des 4P (prédictive, préventive, personnalisée et participative), il propose trois leviers :

    • enrichir les bases de données de façon à incorporer toutes les informations liées au parcours de soins ;
    • faciliter les autorisations de traitement de ces données ;
    • créer un Health data Hub, une infrastructure de données de santé exploitées grâce aux méthodes et aux outils les plus innovants, notamment l’intelligence artificielle.

    Soutenir la dynamique de recherche française en facilitant le transfert de technologies

    Le Premier ministre souhaite renforcer les collaborations entre la recherche publique et le secteur privé afin d’améliorer le transfert de la propriété intellectuelle. Il a indiqué à ce titre que la mise en œuvre du dispositif du mandataire unique émanant du projet de loi PACTE doit permettre de résoudre le problème des coûts de gestion et du ralentissement du transfert de technologie vers les entreprises dus au transfert de licences.

    Dans le cadre du dispositif unique, un responsable unique sera chargé de la gestion et de la valorisation de l’ensemble de la propriété intellectuelle issue d’un laboratoire.

    Le projet de loi PACTE doit aussi favoriser les allers-retours des chercheurs entre le public et le privé et faciliter la création d’entreprises par des chercheurs.

    Enfin, concernant la recherche et le monde académique, le Premier ministre souhaite que :

    • des métiers de haute technologie dans l’industrie de la santé soient valorisés auprès des étudiants et des doctorants ;
    • des formations pluridisciplinaires valorisant des métiers de bio-production et de bio-informatique soient développées.

    Transformer le tissu industriel en investissant dans les biotech et les MTI (médicaments de thérapie innovante)

    Le Premier ministre français souhaite voir la France tirer profit de l’avènement des biothérapies et des biotechnologies et la voir passer au premier rang mondial en nombre de sociétés (elle occupe actuellement le 3ème rang mondial) et en nombre de produits (elle est actuellement 2ème).

    Sa stratégie générale vise à ancrer durablement la production et l’industrialisation sur le territoire français en créant des écosystèmes de visibilité mondiale.

    400 millions d’euros à destination des Pôles de compétitivité 

    Edourad Philippe souhaite donner une nouvelle ambition aux pôles de compétitivité pour renforcer leur efficacité. À cet effet, il a également annoncé la publication dans les prochains jours du cahier des charges de la phase IV des pôles de compétitivité, en concertation avec les régions.

    Il a également annoncé un investissement à hauteur de 400 millions d’euros au profit des projets collaboratifs issus des pôles de compétitivité.

    Accroître les investissements : 2 milliards d’euros pour deux fonds dédiés

    Le Premier ministre souhaite mobiliser les outils du Programme d’investissement d’avenir (PIA) et du Grand plan d’investissement au service du secteur de la santé. 

    Ainsi, il a d’ores et déjà annoncé :

    • le lancement d’Innobio II, un nouveau fonds de capital-risque à destination des entreprises de la santé, avec l’appui de Bpifrance et de Sanofi ;
    • la redynamisation du Fonds accélération biotech santé (FABS) qui vise à accélérer le développement de projets des instituts hospitalo-universitaires et des laboratoires d’excellence.

    Au total, ces deux fonds permettent de mobiliser plus de 2 milliards d’euros d’investissements dans le secteur de la santé.

    Faire émerger une filière biotech et faire de la France le leader mondial de la filière médicaments de thérapie innovante (MTI)

    Edouard Philippe souhaite que les acteurs se mobilisent pour créer un pôle d’excellence mondial de recherche et de production dans le domaine des biotechnologies et notamment dans le secteur de la production de bio-médicaments.

    Il souhaite encourager notamment l’émergence des MTI, tels les prélèvements de cellules qui sont traitées puis réinjectées dans le corps du malade, en s’engageant à simplifier et réduire les délais de production et d’industrialisation avec la mise en place d’un fast track (évaluation rapide) d’ici janvier 2019.

    L’objectif est d’être compétitif en proposant des prix de bio-médicaments « 100 fois moins chers ». Pour y arriver, le Premier ministre propose que les grands défis du Fonds pour l’innovation et l’industrie, à hauteur de 140 millions d’euros par an, viennent potentiellement soutenir ces ambitions en matière de bioproduction.

  • Bilan en demi-teinte du recours aux consultants par les établissements de santé (Cour des comptes)

    En France, le recours à des prestataires extérieurs est une pratique répandue au sein des établissements publics de santé. Les chambres régionales et territoriales des comptes ont cherché à en évaluer la pertinence dans plusieurs études, publiées au cours des derniers mois. La chambre régionale des comptes Île-de-France en propose la synthèse pour identifier les « principales lacunes et faiblesses » du recours aux cabinets de conseil. Un référé signé par Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, a été adressé à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, pour lui faire part de ses recommandations en la matière. La ministre dispose d’un délai de deux mois pour y répondre.

    Finalisé le 23 avril 2018, ce référé est consultable sur le site internet de la Cour des comptes depuis le 9 juillet 2018. Dans un communiqué également daté du 9 juillet, la juridiction financière constate que « les productions des consultants donnent des résultats souvent peu satisfaisants, au regard des prestations attendues, et la régularité des marchés publics est parfois incertaine. Le recours important à ces prestations appauvrit par ailleurs les compétences internes des établissements, alors que celles-ci permettraient de traiter la plupart des sujets d’expertise ».

    La Cour formule trois recommandations visant notamment à mutualiser les compétences au niveau des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

    Les établissements publics de santé recourent souvent à des prestataires extérieurs

    Une pratique répandue au sein des établissements publics de santé…

    « Désormais répandue au sein de tous les établissements publics de santé » d’après la Cour des comptes, la pratique du recours à des prestataires extérieurs répond à deux types de logiques :

    • des missions de mise en conformité à un cadre légal, comme dans le cas de la certification des comptes ;
    • des missions de conseil, dont la juridiction proposait la définition suivante dans un rapport de 2014 : « prestations intellectuelles confiées à des personnes extérieures à l’administration, que celles-ci soient privées ou publiques, et dans lesquelles la part de « conseil » est supérieure à celle de « service » à proprement parler ».

    Ces missions de conseils représentent moins de 1 % du budget global de l’établissement. Le montant de marchés de conseils en stratégie de très grands établissements peut cependant parfois dépasser le million d’euros, précise la Cour.

    … qui concerne tous les domaines de la gestion hospitalière

    La Cour des comptes identifie ensuite les principaux champs d’activité couverts par les missions de conseil. Il s’agit principalement des domaines financier, juridique, stratégique, managérial, organisationnel, de ressources humaines et d’investissement.

    Les résultats des travaux des consultants ne sont pas à la hauteur des prestations attendues, d’après la Cour des comptes

    Les résultats des missions de conseil sont jugés « décevants »…

    Les chambres régionales des comptes ont montré que les productions des consultants présentaient souvent les lacunes suivantes :

    • les rapports de mission utilisent les données internes à l’établissement ;
    • les consultants se contentent de copier des informations connues ;
    • ils reprennent des notes ou des conclusions existantes sans en formuler de nouvelles ;
    • « les études financières sont peu approfondies et leurs appréciations parfois erronées » ;
    • en matière d’audit financier, la présentation des résultats « est souvent décevante » ;
    • en matière de conseil stratégique, « la qualité des travaux est souvent faible (…) ».

    … et « la régularité des marchés parfois incertaine »…

    En matière de marchés de conseil, la Cour constate, sur le fondements des études réalisées par le chambres territoriales de comptes, que certains établissements de santé sont susceptibles de s’écarter du cadre strict de la commande publique. Elle relève à ce titre :

    • des recours abusifs à la procédure adaptée ou à la procédure allégée de l’article 30 du code des marchés publics ;
    • des attributions contestables au regard des règles de mise en concurrence.

    D’un point de vue procédural, elle constate que : 

    • les délais ménagés aux candidats pour la remise des offres « sont fréquemment insuffisants » ;
    • les critères de sélection sont « souvent contestables » ;
    • certaines demandes de prestations de conseils sont « peu précises dans les cahiers des charges ».

    … Ces lacunes conduisent à affaiblir les établissements de santé lorsque les recours aux prestataires extérieurs sont trop fréquents

    Selon la juridiction financière, le recours aux prestataires extérieurs conduit à affaiblir les établissements publics de santé dans la mesure où :

    • ces établissements ne cherchent plus à valoriser le domaine d’expertise concerné dans leur politique de recrutement ou de formation ;
    • ils parviennent de moins en moins à assurer leur rôle de maître d’ouvrage dans la conduite de ces marchés ;
    • « le recours mal maîtrisé aux consultants, en sus des dépenses immédiates liées à chaque contrat, constitue une source de charges à plus long terme, en raison, notamment, de la perte de compétence qui en résulte », conclut la Cour.

    Les ressources internes sont insuffisamment formées et les ressources externes mal employées

    Les chambres régionales et territoriales des comptes ont montré que les compétences existaient au sein des établissements publics de santé et qu’elles permettraient d’éviter le recours à des marchés publics de conseil. La Cour en conclut donc à la sous-utilisation des ressources des hôpitaux, qui « dispose(nt) des instruments et des méthodes pour réaliser leur propre autodiagnostic de leurs forces et faiblesses ».

    « Les lacunes éventuelles pourraient être palliées par des formations adéquates et un renforcement des équipes. » Cour des comptes

    « Les ressources externes fournies par les autorités de tutelle devraient être mieux exploitées »

    En lien avec la modernisation du système de santé engagée au cours des dernières années, plusieurs opérateurs publics et acteurs apportent d’ores et déjà un soutien aux établissements publics de santé, soutien dont les « bénéfices » ont été relevés dans plusieurs rapports des chambres régionales et territoriales des comptes.

    Parmi les opérateurs publics et agences concernés, la Cour souligne notamment l’apport de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP), du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG), de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), de la Haute autorité de santé (HAS), du Comité pour la performance et la modernisation hospitalière (COPERMO), et de l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP).

    La Cour propose de mobiliser les Groupements hospitaliers de territoire pour mutualiser les compétences

    La Cour des comptes a élaboré un tableau dans lequel elle évalue la pertinence du recours à des missions de conseil externes selon les domaines d’intervention des établissements intégrés à des GHT (cf. ci-dessous). Il ressort de cette analyse que le recours à des prestataires extérieurs s’avère pertinent en cas d’absence manifeste de ressources internes et lorsque la fonction n’est pas mutualisée, comme dans le cas de la gestion des ressources humaines (« pertinence forte »).

    Trois recommandations pour optimiser le recours aux consultants extérieurs

    Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, dispose d’un délais de deux mois pour faire connaître sa réponse à Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes.

    Le référé de la Cour  est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien.

  • Le groupe australien de e-santé HealthEngine accusé de partager les données des patients

    HealthEngine, le plus grand service de rendez-vous médicaux en ligne d’Australie, a annoncé début juillet 2018 des « changements majeurs » dans son fonctionnement à la suite de révélations selon lesquelles il partageait les informations médicales des utilisateurs de sa plateforme avec des cabinets d’avocats spécialisés en dommages corporels et d’autres tiers.

    L’entreprise a déclaré qu’elle cesserait de partager les données des particuliers et arrêterait la publicité sur son site. Objectif : rétablir la confiance dans l’entreprise, a commenté son P.-D.G., Marcus Tan.

    Fin juin, the ABC – principale source d’information en Australie – a dévoilé que la société avait canalisé des centaines de données sur la santé de ses usagers vers le cabinet d’avocats multinational australien Slater and Gordon et expliquait aux annonceurs qu’elle pouvait cibler les utilisateurs grâce à une stratégie de marketing basée sur leurs symptômes et leurs conditions médicales.

    Le ministre de la Santé australien, Greg Hunt, a ordonné à la commissaire à l’information du pays d’enquêter sur l’entreprise et a demandé à l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) de procéder à un « examen urgent » de sa relation avec HealthEngine, avec qui elle avait établi un partenariat.

    Slater and Gordon avaient une relation étroite avec HealthEngine

    La relation de HealthEngine avec des tiers a été révélée dans des documents secrets obtenus par the ABC, montrant que Slater and Gordon avaient eu une relation étroite avec le service en 2017.

    Dans le cadre de son programme pilote, le groupe de santé numérique transmettait au cabinet une liste quotidienne de clients potentiels, en fonction de leurs informations médicales personnelles. Elle aurait envoyé des données sur 200 utilisateurs par mois en moyenne à Slater and Gordon entre les mois de mars et d’août l’année dernière. Au total, 40 personnes seraient devenues des clients du cabinet, ce qui représente des frais juridiques estimés à 500 000 AU$ (317 000 € ; 372 000 US$).

    L’entreprise d’avocats a refusé de commenter à the ABC ses liens avec HealthEngine.

    HealthEngine fait l’objet d’un examen de la part de la profession médicale 

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme

    Cette annonce survient alors que HealthEngine fait l’objet d’un examen minutieux de la part de la profession médicale au sujet de sa gestion de l’information médicale sensible des patients.

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme à la suite des récentes révélations.

    Des utilisateurs ont porté plainte

    Les informations de the ABC ont été étayées par le témoignage d’utilisateurs australiens ayant porté plainte, qui assurent avoir été contactés par des cabinets d’avocats après avoir utilisé l’application HealthEngine, les encourageant à réclamer des dommages corporels ou professionnels.

    Aucun des utilisateurs de l’application avec qui the ABC a échangé n’a déclaré savoir que ses informations seraient distribuées à des tiers.

    L’entreprise assure qu’elle n’avait transmis des données qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs

    • La société basée à Perth, qui appartient en partie au grand groupe de télécommunications australien Telstra et à SevenWest Media, la plus grande entreprise de médias du pays, a maintenu qu’elle n’avait transmis des informations médicales personnelles qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs (source : Abc.net.au). Son P.-D.G., Marcus Tan, a donc admis que la société avait fourni des informations aux avocats mais n’a pas précisé quand ils avaient cessé cet arrangement.
    • L’entreprise a insisté sur le fait que sa politique d’utilisation des données étaient clairement expliquées aux utilisateurs via un simple formulaire pop-up disponible sur l’application.
    • Elle a également conclu un accord de partage de données avec le système de dossiers médicaux numériques My Health Record du gouvernement fédéral, géré par l’Agence de la santé numérique australienne. Cependant, elle a affirmé qu’elle n’était pas en mesure d’accéder directement aux données sur les patients détenues par My Health Record ou l’ADHA.

    Réaction : HealthEngine annonce un changement de business modèle

    Des changements pour rétablir la confiance dans l’entreprise

    HealthEngine a toutefois récemment annoncé que l’entreprise cesserait de partager les données des utilisateurs et supprimerait la publicité de son site web.

    Dr Tan a déclaré dans un communiqué que ces changements visaient à rétablir la confiance dans l’entreprise.

    Les relations de HealthEngine avec des tiers ne représenteraient qu’une partie de son business modèle

    Marcus Tan a insisté sur le fait que les relations de HealthEngine avec des tiers ne représentaient qu’une partie de son business modèle. « Notre cœur de métier reste centré sur la mise en relation des patients et des praticiens et sur l’aide aux Australiens pour accéder plus facilement aux soins, ce qui ne changera pas et nous permettra de continuer à réussir. »

    Dans le cadre de son système de prise de rendez-vous en ligne avec des médecins généralistes, des dentistes, des physiothérapeutes et d’autres médecins, HealthEngine demande à ses utilisateurs de renseigner des détails concernant leurs symptômes et leurs conditions médicales, y compris des informations pour savoir s’ils ont été blessés ou victimes d’un accident de la circulation.

    En vertu des changements apportés à son business modèle, la société devrait :

    • supprimer de façon permanente les évaluations des cliniques de son site web à la suite d’une enquête réalisée par le grand groupe médiatique australien Fairfax qui a révélé plus tôt en juin qu’elle avait modifié les avis négatifs des patients pour les faire paraître positifs (l’entreprise a depuis présenté ses excuses et retiré les commentaires de son service) ;
    • mettre en place un groupe consultatif pour travailler avec les prestataires de santé, les groupes de consommateurs et les régulateurs afin de « s’assurer que [ses] futurs produits et services soient informés par le biais de consultations plus larges ».

    Interrogé par the ABC, l’analyste IT Justin Warren pense que l’entreprise n’a pas eu d’autre choix que d’entreprendre des changements après avoir été confronté à de fortes critiques à la fois des utilisateurs et des médecins. « Ils ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient rien fait de mal et je ne vois pas pourquoi ils auraient changé leur business modèles à moins que cette réaction ne commence à [l’affecter]. »

    Le ministre de la Santé ordonne une enquête

    La profession soutient la décision du ministre

    L’Australian Medical Association (AMA) a soutenu la semaine dernière la décision du ministre de la Santé d’ordonner une enquête de la Commission de la vie privée. « Nous attendons avec impatience de voir le rapport [du Commissaire à l’information] sur HealthEngine et nous travaillerons en étroite collaboration avec le ministre et le gouvernement pour assurer la protection de la vie privée des patients, a déclaré le président de l’AMA, Tony Bartone. Se pose aussi la question sérieuse du potentiel des tiers à bénéficier de l’accès aux informations confidentielles et privées des patients. »