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  • Été 2018 : 21 propositions de la HAS pour un système de santé de qualité, efficient et équitable

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Dans cette article, nous proposons une analyse du rapport d’analyse prospective 2018 établi par la Haute autorité de santé, intitulé De nouveaux choix pour soigner mieux, mis en ligne le 10 juillet 2018.

    Les propositions au nombre de 21 sont regroupées autour de cinq axes :
    • la qualité telle que perçue par les patients essentiellement ;
    • l’évolution des mécanismes d’évaluation des technologies de santé innovantes ;
    • l’évaluation des établissements sociaux et médico-sociaux ;
    • l’exploitation des données médicalisées ;
    • la démocratie participative ou sanitaire et le débat public en santé.

    Les nouvelles technologies et les innovations sont appelées à davantage pénétrer l’offre des biens et services remboursés, sous réserve que s’opère auparavant une refonte des mécanismes traditionnels d’évaluation qui doivent devenir plus souples.

    Les données, qui constituent un autre axe d’action, nécessitent avant tout une gouvernance appropriée aux enjeux de leur exploitation. Cette action va de pair avec la médicalisation des systèmes d’information au sein de l’offre de santé.

    Le rapport complet peut être téléchargé via le lien indiqué ci-contre.

    Ce rapport de la HAS a été élaboré dans le cadre de la mission annuelle de la haute autorité consistant à remettre au Parlement une analyse prospective assortie de propositions visant à améliorer la qualité, l’efficacité et l’efficience du système de santé.

    Y sont répertoriées 21 propositions pour agir et garantir sur le long terme un système de santé de qualité, efficient et équitable, et qui réponde aux priorités des concitoyens.

    5 axes pour un système de santé efficace, efficient et de qualité

    Les propositions sont regroupées autour des cinq axes suivants :

    • développement de la qualité dans le système de santé grâce à des leviers jusqu’à présent sous-exploités tels l’autorégulation par les professionnels ou la mesure du résultat en santé pour le patient ;

    • modification des mécanismes d’évaluation des technologies de santé pour s’adapter à l’apparition dynamique d’innovations et aux incertitudes qu’elles charrient du fait de l’absence de preuve de leur efficacité. À ce titre, il est proposé d’adopter une logique volontariste d’entrées et de sorties du panier de biens et services remboursés. Selon Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, les conditions d’entrée de plus en plus rapides des innovations sur le marché l’exigent et elle suggère le recours aux approches multidimensionnelles.

    • refonte du dispositif d’évaluation des établissements sociaux et médico-sociaux ;

    • renforcement du recueil et de l’exploitation des données médicalisées pour évaluer la qualité, l’efficacité et l’efficience. La présidente de la HAS suggère un renforcement de la gouvernance des données de santé dites « en vie réelle » visant à une collecte et un traitement optimisés permettant leur recoupement avec les données médico-administratives. Selon elle, il s’agit d’un pré-requis à l’optimisation de l’efficience des technologies et des pratiques de santé ;

    • recours aux outils de la démocratie participative à travers notamment l’institutionnalisation du débat public en santé.

    Donner accès aux nouvelles technologies dans un cadre économique sous contrainte en transformant l’évaluation

    Une partie de la réponse dans les modes d’évaluation

    La Haute autorité de santé propose d’ajuster les mécanismes d’évaluation actuels pour avoir plus de souplesse dans la gestion des paniers des biens et services innovants inondant le marché pris en charge par la collectivité.

    Ces paniers ont donc vocation à devenir plus dynamiques avec des produits et services pouvant plus facilement y entrer mais également en être sortis.

    La HAS propose ainsi une évaluation à court terme basée sur la valeur relative du produit et sur l’efficience du produit à moyen terme mais aussi une évaluation à long terme qui prendrait en compte l’ensemble des dimensions de l’évaluation.

    Nouvelles technologies : instaurer une veille, revoir le financement et gérer les incertitudes inhérentes

    Afin de proposer un accès précoce aux innovations, il convient, selon la HAS, d’identifier le plus en amont possible les innovations à haut potentiel afin de les exploiter de la meilleure façon possible et le plus rapidement possible, grâce à une veille technologique.

    Pour une mise sur le marché précoce des dispositifs innovants, notamment dans la cadre du forfait innovation (FI), la Haute autorité de santé rappelle que l’objectif premier de ce mécanisme est de répondre dès que possible à un besoin non ou mal couvert pour les malades, tout en garantissant un recueil de données complémentaires permettant de déterminer par la suite s’il s’agit d’une innovation.

    Elle suggère un renforcement du suivi visant à en confirmer le potentiel innovant et « d’améliorer les conditions de sortie du marché ou du remboursement si les résultats attendus ne sont pas confirmés par les données recueillies et de revoir les mécanismes de financement de ces dérogations ».

    Créer les conditions nécessaires rendant les donnés utilisables dans un contexte d’évaluation de la qualité, de l’efficacité et de l’efficience

    La position de la HAS est que les données non issues de la recherche, dites « données de vie réelle », ont le potentiel d’optimiser la qualité des soins, l’évaluation de l’efficacité des réponses sanitaires et l’efficience des stratégies mises en place. Elle considère que ces données ne participent pas suffisamment de l’évaluation des produits de santé et d’amélioration de la qualité des soins.

    Elle suggère ainsi de construire une gouvernance appropriée aux enjeux de l’exploitation des données qui sert deux objectifs :

    • l’évaluation en vie réelle des interventions en santé afin de confirmer ou d’infirmer l’efficacité des interventions en santé et d’étudier la qualité du résultat pour le patient, et faire avancer les connaissances sur les technologies de santé;
    • l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins à travers la mesure d’indicateurs de qualité et de sécurité afin de lever les problèmes de non-qualité ou d’inefficience.

    La HAS prône une gouvernance nationale fondée sur une coordination nationale, une valorisation et une mutualisation des expertises publiques et salue en ce sens la création du « Health Data Hub », laboratoire d’exploitation des données de santé, décidé par la ministre des Solidarités et de la Santé.

    La Haute autorité de santé appelle également à développer l’exploitation des bases de données médico-administratives et à définir une politique des registres ainsi qu’à « médicaliser les SI » de l’offre de santé.

    Ainsi, elle suggère que la collecte et le traitement de données cliniques doit compenser les limites intrinsèques des bases de données médico-administratives existantes. Pour cela elle propose 4 actions :

    • la mise en place de registres ;
    • le renforcement de la médicalisation des bases de données médico-administratives et cite en exemple l’intégration des données cliniques des hôpitaux dans le système national des données de santé (SNDS) qui fait partie du plan « Actions start-up 2018 » présenté par le secrétaire d’État chargé du numérique;
    • le développement de systèmes d’information clinique interopérables à l’échelle territoriale ;
    • la structuration des données du dossier médical partagé (DMP) et son élargissement.

  • Été 2018 : la stratégie « cloud » du gouvernement pour l’hébérgement des données du secteur public

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Afin d’accompagner la transformation numérique de l’État, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique, a annoncé le 3 juillet 2018 la stratégie du gouvernement en matière de cloud visant à développer son usage par les administrations, les établissements publics et les collectivités territoriales, et ce, d’ici 3 ans.

    Une offre spécifique aux besoins du secteur public semble s’imposer avec trois niveaux d’hébergement correspondant à des niveaux de sécurité variable : un cloud interne, un cloud dédié et un cloud externe pour les données les moins sensibles.

    Les avantages que le recours au cloud conférera à l’État et à ses administrations résident dans une meilleure efficacité des SI, dans une meilleure gestion des coûts et dans davantage de souplesse dans le processus d’innovation.

    Mounir Mahjoubi a annoncé que « le marché du cloud ne sera pas réservé aux seuls prestataires français ». Cette stratégie se heurte néanmoins à la réglementation actuelle en matière de localisation géographique des serveurs d’hébergement de données publiques, qui impose le stockage des données gérées sur le territoire français.

    « Le cloud est l’un des chantiers prioritaires de la transformation numérique de l’État. Grâce à la stratégie cloud de l’État, nous souhaitons encourager les acteurs publics à s’emparer du cloud et à s’appuyer sur son potentiel pour rendre un meilleur service public aux citoyens tout en gardant la maîtrise des données sensibles », Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique.

    La nécessité d’une offre de cloud hybride

    La stratégie de l’État en matière de cloud préconise la création et le développement d’une offre hybride en fonction des usages et de la sensibilité des données.

    Ainsi, trois types de cloud semblent nécessaires pour répondre aux usages du secteur public et chaque administration pourra choisir celui qui est le plus pertinent :

    • un « cloud interne » dédié aux données et aux applications sensibles qui serait accessible à l’ensemble des ministères sur une base OpenStack via un portail interministériel. Il doit être hébergé par l’administration et conforme aux exigences régaliennes de sécurité ;
    • un « cloud dédié » qui pourra accueillir des données et des applications de sensibilité moindre, « reposant sur une offre externe personnalisée pour les besoins de l’État et hébergé sur des infrastructures dédiées ». L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) serait en charge d’en superviser la sécurité ;
    • un « cloud externe », dédié aux données et aux applications peu sensibles, constituée d’un catalogue  d’offres cloud accessibles sur internet qui sera porté par des centrales d’achat public pour en faciliter la commande.

    Ces deux dernières offres devraient être lancées d’ici la fin 2018 à destination des collectivités et notamment des mairies.

    Renforcer la souveraineté numérique de l’État et la maîtrise de ses données

    Selon le gouvernement, le recours au cloud permettra de renforcer la souveraineté numérique de l’État et la maîtrise de ses données.

    Les autres avantages que l’usage du cloud représentera pour l’État, les services publics et les citoyens sont :

    • l’amélioration de l’efficacité générale du SI des administrations publiques ;
    • l’agilité nécessaire au développement de services innovants, tant pour les besoins de l’administration que des administrés ;
    • la souplesse et la rapidité de déploiement des solutions hébergées sur cloud ;
    • l’optimisation des coûts.

    Adapter la réglementation actuelle pour s’ouvrir à la concurrence internationale

    La réglementation actuelle en matière de gestion et d’hébergement de données interdit aux collectivités territoriales de traiter avec un prestataire étranger (note d’information du 5 avril 2016 du directeur général des collectivités locales et du directeur des archives de France). Elle impose par ailleurs que les données soient stockées et traitées sur le territoire français. 

    Mounir Mahjoubi a annoncé des adaptations réglementaires « afin de pouvoir recourir à des offres cloud sécurisées avec un hébergement hors du territoire national » car il n’est pas prévu « de donner la préférence à des fournisseurs nationaux ». Il prévoit en outre « d’ouvrir la concurrence à l’échelle européenne, voire internationale si les prestataires répondent aux critères de sécurité ».

  • Partenariats et collaborations de Google (Alphabet Inc.) en fin 2017 et au 1er semestre 2018

    Health & Tech Intelligence fait le point sur les partenariats et autres formes de collaborations de Google (Alphabet Inc.) qui ont rythmé le deuxième semestre 2017 et le premier semestre 2018.

    Les collaborations marquantes du groupe en 2018, notamment via sa filiale Verily, se déclinent comme suit :
    • deux partenariats avec la Fondation Michael J. Fox axés sur la recherche autour de la maladie de Parkinson ;
    • un investissement dans l’assureur Oscar Health à hauteur de 375 millions de dollars US ;
    • un investissement dans la start-up française Owkin, spécialisée dans le machine learning et dans l’exploitation des données au service de la recherche à hauteur de 5 millions de dollars US.

    Au cours de la deuxième moitié de l’année 2017, deux nouvelles collaborations ont été annoncées et mises en place. La première concerne la société Senosis Health, une start-up spécialisée dans la surveillance et le diagnostic médical grâce aux smartphones. La deuxième se présente sous la forme d’une spin-off de Google – la société Cityblock propose une assurance en santé à destination des personnes à faibles revenus aux États-Unis.

  • Data : partenariats et collaborations de Google (Alphabet Inc.) en fin 2017 et au 1er semestre 2018

    Health & Tech Intelligence fait le point sur les partenariats et autres formes de collaborations de Google (Alphabet Inc.) qui ont rythmé le deuxième semestre 2017 et le premier semestre 2018.

    Les collaborations marquantes du groupe en 2018, notamment via sa filiale Verily, se déclinent comme suit :
    • deux partenariats avec la Fondation Michael J. Fox axés sur la recherche autour de la maladie de Parkinson ;
    • un investissement dans l’assureur Oscar Health à hauteur de 375 millions de dollars US ;
    • un investissement dans la start-up française Owkin, spécialisée dans le machine learning et dans l’exploitation des données au service de la recherche à hauteur de 5 millions de dollars US.

    Au cours de la deuxième moitié de l’année 2017, deux nouvelles collaborations ont été annoncées et mises en place. La première concerne la société Senosis Health, une start-up spécialisée dans la surveillance et le diagnostic médical grâce aux smartphones. La deuxième se présente sous la forme d’une spin-off de Google – la société Cityblock propose une assurance en santé à destination des personnes à faibles revenus aux États-Unis.

    Retrouvez tous les détails dans la rubrique Data du site Health & Tech Intelligence directement accessible via ce lien.

  • Été 2018 : un expert health tech australien des maladies respiratoires va aider la Défense américaine

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité du mois d’août 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations du secteur de la e-santé sur le marché d’Asie-Pacifique.

    ResApp Health, une société australienne leader en santé numérique qui développe des applications mobiles pour le diagnostic et la prise en charge des maladies respiratoires, a annoncé le 16 août 2018 par communiqué avoir signé un partenariat avec Lockheed Martin, première entreprise américaine de défense et de sécurité, dans le cadre du programme Warfighter Analytics using Smartphones for Health (WASH) de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), une instance du département de la Défense des États-Unis en charge de la recherche et du développement des nouvelles technologies à usage militaire.

    L’objectif du programme WASH est de concevoir une suite logicielle visant à prédire l’état de préparation des combattants ainsi que les maladies chroniques et aiguës potentielles dans différents contextes, le tout en utilisant uniquement un téléphone portable standard et non des dispositifs médicaux spécialisés et coûteux.
    L’équipe bénéficiera de l’expertise de ResApp dans le développement d’algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) basés sur l’audio pour mesurer la santé respiratoire à l’aide de microphones pour smartphones.

    ResApp Health, dont plusieurs solutions sont actuellement testées en Australie et aux États-Unis, envisagent également un développement à l’échelle asiatique mais aussi au niveau européen.

    Deux études cliniques en cours en Australie et aux États-Unis

    ResApp Health élabore des algorithmes d’apprentissage automatique qui analysent le bruit de la respiration des personnes pour diagnostiquer et mesurer des affections respiratoires sans avoir besoin de matériel médical particulier.

    Des études cliniques actuellement en cours dans des hôpitaux majeurs des États-Unis et d’Australie ont démontré que ces dispositifs pouvaient conduire à un diagnostic précis de pneumonie, de bronchiolite, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), d’asthme, de faux croup (laryngotrachéite) et d’infections des voies respiratoires supérieures.

    Deux projets sont actuellement testés par ResApp :

    • L’étude Breath Easy (Breathe-Easy Paediatric Study) fait l’objet d’une expérimentation au Joondalup Health Campus, le plus grand établissement de soins de la banlieue nord de Perth, en Australie, et au Princess Margaret Hospital for Children (PMH) de Perth. 681 patients pédiatriques participent à une évaluation de l’efficacité de l’application conçue par l’entreprise australienne pour le diagnostic de la maladie respiratoire aiguë chez l’enfant via l’analyse des sons émis au moment d’une toux.
      Les résultats sont attendus ce mois-ci, avant que ResApp ne procède à des soumissions réglementaires pour un déploiement en Australie et en Europe.
    • L’étude Smartcough-C-2 est quant à elle en cours aux États-Unis au sein du Massachusetts General Hospital, à la Cleveland Clinic et au Texas Children’s Hospital chez des enfants âgés de 29 jours à 12 ans présentant des signes ou des symptômes d’affections respiratoires aiguës. L’étude C-2 fait suite à l’étude Smartcough-C menée en 2017, qui n’avait pu aboutir en raison d’ »anomalies procédurales ».
      Smartcough-C-2 a entraîné plusieurs changements au sein des établissements de soins, notamment une formation améliorée du personnel hospitalier et l’intégration d’une application d’enregistrement produisant des données audio sur la toux de meilleure qualité.
      La société australienne espère que les résultats, attendus dans les semaines à venir, constitueront la base de sa présentation pour la pré-intégration de sa solution ResAppDx sur le marché américain.

    L’entreprise australienne a également obtenu de très bons résultats concernant le dépistage de l’apnée du sommeil dans une étude clinique de validation.

    ResApp : vers un développement en Europe et ailleurs en Asie

    ResApp Health a par ailleurs récemment annoncé avoir obtenu un brevet en Australie pour sa « méthode et son appareil de traitement des sons des patients » (« Method and Apparatus for Processing Patient Sounds« ), basés sur l’analyse de leur toux.

    La société a aussi reçu une autorisation de dépôt de brevet aux États-Unis et plusieurs de ses applications sont en attente d’approbation dans divers régions du monde (Europe, Japon, Chine et Corée du Sud).

    Les clients potentiels des produits conçus par ResApp sont, entre autres, des prestataires de soins spécialisés dans la télé-médecine, des services d’urgence et de soins primaires mais aussi des organisations humanitaires opérant dans les pays en développement.

  • La construction du parcours de soins à l’aide des outils numériques (Créteil, le 13/09/2018)

    La Fondation FondaMental, qui organise chaque année un cycle de conférences destinées aux professionnels de la santé ainsi qu’aux chercheurs, proposera d’aborder le 13 septembre 2018 au sein du pôle de psychiatrie de l’hôpital Albert Chenevier de Créteil (94), la construction du parcours de soins à l’aide des outils numériques.

    Cette conférence, animée par Frédéric Durand-Salmon — CEO de BePATIENT — et soutenue par Otsuka Pharmaceutical France, Lundbeck France ainsi que l’Université Paris-Est Créteil, fait partie du cycle « Psychiatrie numérique, des outils connectés et des maladies mentales » visant à exposer comment des objets quotidiens tels que des smartphones et des tablettes peuvent devenir des supports de diagnostic, de suivi en temps réel et d’intervention auprès de patients de plus en plus acteurs de leurs soins.

  • Été 2018 : le gouvernement lance un Conseil de l’innovation pour financer de grands projets techno

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans les domaines réglementaire et politique publique.

    Le 18 juillet 2018, le gouvernement a installé le « Conseil de l’innovation », qui aura notamment pour mission de piloter les investissements du fonds pour l’innovation et l’industrie (FII), créé en janvier 2018 et doté de 10 milliards d’euros.

    Sur les 250 millions d’euros que dégagera le FII chaque année, 150 millions d’euros permettront de financer des projets portant sur des « grands défis » technologiques définis tous les ans, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA) en santé, jugée prioritaire, et 70 millions d’euros seront consacrés aux entreprises innovantes sous forme d’aides individuelles de Bpifrance. 25 millions seront par ailleurs dédiés au domaine de la nanoélectronique.

    Coprésidé par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, il sera composé de six ministres et de six personnalités qualifiées.

    IA et amélioration des diagnostics médicaux : un défi prioritaire

    Trois à cinq défis seront identifiés chaque année par le Conseil de l’innovation

    Le Conseil de l’innovation définira chaque année trois à cinq défis. Pour chacun d’entre d’eux, un gestionnaire de projet sera chargé de piloter les fonds alloués, de l’ordre de 30 millions d’euros sur trois ans, et de faire progresser les connaissances en la matière, notamment en levant les obstacles d’ordre réglementaire si besoin.

    Les premiers défis identifiés par l’instance sont centrés sur l’IA et ses capacités à améliorer les diagnostics médicaux mais aussi sur la fiabilisation de celle-ci. « La France a pris du retard sur l’innovation disruptive, c’est-à-dire l’innovation qui ne rapporte pas tout de suite, qui n’améliore pas la productivité immédiate des entreprises, mais qui prépare les sauts technologiques du futur », a déclaré Bruno Le Maire, lors de l’installation du Conseil de l’innovation (source : Reuters).

    Objectif : faire de la France le n°1 mondial de l’IA

    La formation de ce nouveau conseil est en adéquation avec l’objectif du président de la République Emmanuel Macron, qui souhaite faire de la France le leader mondial de l’intelligence artificielle, devant la Chine et les États-Unis, qui ont déjà investi massivement dans le domaine.

    Fin mars 2018, le président français a dévoilé une stratégie nationale pour atteindre cet objectif, en se basant, entre autres, sur les propositions du mathématicien et député LREM de la 5ème circonscription de l’Essonne Cédric Villani, présentées dans un rapport sur l’intelligence artificiel.

    Emmanuel Macron a notamment annoncé que le gouvernement consacrera une enveloppe de 1,5 milliard d’euros jusqu’en 2022 pour soutenir le développement et la recherche en IA en France ainsi que la création d’un fonds issu de redéploiements budgétaires, de fonds publics existants et du nouveau fonds pour l’innovation de 10 milliards d’euros.

    Une mesure figurant dans le projet de loi Pacte

    La création du Conseil de l’innovation, qui s’inscrit dans le cadre du projet de loi Pacte (présenté le 18 juin en Conseil des ministres), avait été annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe à l’occasion de son déplacement dans le Cher le 3 mai 2018.

    Le FII a été constitué grâce à des cessions d’actifs de l’État dans Engie et Renault ainsi qu’à des apports en titres d’EDF et de Thales « auxquelles doivent se substituer de nouvelles cessions de participations prévues dans le cadre du projet de loi Pacte », précise Reuters.

  • Été 2018 : la HAS nomme 23 membres de sa commission évaluation économique et santé publique

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans les domaines réglementaire et politique publique.

    Le 30 juillet 2018, la Haute autorité de santé (HAS) a annoncé par communiqué la nomination, le 18 juillet 2018, des vingt-trois premiers membres de sa commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP), dont la première réunion aura lieu le 11 septembre 2018.

    Cette commission est composée :
    • de 23 membres titulaires, dont 20 membres sélectionnés en raison de leurs compétences dans le domaine de la santé, de l’évaluation économique et de la santé publique, et de 2 adhérents à une association de malades et d’usagers du système de santé ;
    • de 7 membres suppléants, dont 1 adhérent d’association de malades et d’usagers.

    L’ensemble des membres sont nommés pour une durée de trois ans.

    La HAS précise que les candidatures des adhérents d’associations de patients et d’usagers, dont celles de France assos santé, et des représentants de la médecine générale seront examinées à la fin du mois d’août.

    Composition de la commission

    Les membres titulaires :

    • François Alla, praticien hospitalier-professeur universitaire (PU-PH) médecin de santé publique, spécialiste en épidémiologie et en économie de la santé ;
    • Martine Bungener, économiste et sociologue, directrice de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ;
    • Valérie Buthion, maître de conférences en sciences de gestion à l’université Claude Bernard Lyon 1 (Rhône) ;
    • Linda Cambon, professeur à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), chaire de recherche prévention des cancers ;
    • Pauline Chauvin, membre du Laboratoire interdisciplinaire de recherche appliquée en économie de la santé (LIRAES) ;
    • Valérie Clément, chercheuse associée à la chaire Hospinnomics, économie appliquée à la santé ;
    • Cyrille Colin, PU-PH, en épidémiologie, économie de santé, prévention ;
    • Sophie Coté-Mesnier, chef de service pharmacie au centre hospitalier de la Risle à Pont-Audemer (Eure) ;
    • Jean-Claude K. Dupont, docteur en philosophie, directeur adjoint de la chaire Hospinnomics ;
    • Christelle Fourneau, infirmière spécialiste clinique, déléguée à la santé publique, Asalée ;
    • Olivier Lacoste, géographe de la santé ;
    • Catherine Le Galès-Camus, économiste de la santé, directrice adjointe du Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (Cermes3) à l’université Paris-Descartes ;
    • Marie-France Mamzer, PU-PH éthique et médecine légale, responsable de l’unité fonctionnelle d’éthique médicale, hôpital Necker-Enfants malades (Assistance publique-hôpitaux de Paris) ;
    • Jacques Orvain, médecin, chercheur au Laboratoire management des organisations de santé ;
    • Lionel Perrier, économiste de la santé, responsable du pôle innovations et stratégies au centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard à Lyon ;
    • Sylvain Pichetti, docteur en sciences économiques, maître de recherche à l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes) ;
    • Emmanuel Rusch, PU-PH, santé publique, économie de la santé, épidémiologie et prévention, directeur de l’équipe de recherche éducation, éthique, santé de l’université de Tours (Indre-et-Loire) ;
    • Jérôme Wittner, professeur d’économie à l’université de Bordeaux (Gironde) à l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped).

    Les membres suppléants ayant voix consultative :

    • Emmanuelle Fourneyron, experte des politiques de santé et des évaluations de programmes en santé ;
    • Cécile Fournier, médecin de santé publique et sociologue ;
    • Sébastien Lazzarotto, orthophoniste, docteur en santé publique et maladies chroniques ;
    • Hassan Serrier, économiste de la santé, laboratoire Health Services and Performance Research (HESPER) à l’université Claude Bernard Lyon 1 ;
    • Nicolas Vinay, praticien en chirurgie buccale, chercheur associé au laboratoire de biostatistique, épidémiologie et recherche clinique à l’université de Montpellier (Hérault).

    Une composition paritaire

    Dans son communiqué, la HAS indique que son collège a souhaité assurer un important renouvellement des membres de la commission et garantir une composition paritaire entre hommes et femmes, autant que possible, tout en respectant un équilibre « dans la répartition des compétences entre les économistes, les professionnels de santé et les autres compétences scientifiques ou professionnelles nécessaires à la conduite des travaux ».

  • Été 2018 : Tencent Doctorwork fusionne avec Trusted Doctors pour renforcer son réseau en Chine

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité du mois d’août 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations du secteur de la e-santé sur le marché asiatique.

    Le 9 août 2018, le géant de l’internet chinois Tencent a annoncé la fusion entre son unité médicale Tencent Doctorwork et XingRen Trusted Doctors, une start-up de e-santé basée à Shanghai, dans l’optique d’agrandir son offre de soins privé et de former un écosystème de service de santé en ligne et hors ligne au sein de la Chine, où l’accès aux soins peut s’avérer difficile.

    La nouvelle société Tencent Trusted Doctors disposera de 33 cliniques réparties dans huit villes de Chine,  devenant ainsi le plus important réseau de soins médicaux privés du pays, indique une lettre interne envoyée aux employés par le P.-D.G. de Trusted Doctor, Martin Shen (source : South China Morning Post).

    Une fusion entre deux sociétés en pleine croissance

    Tencent Doctorwork est une coentreprise fondée en 2016 par Tencent, GAW capital (Hong Kong et Shanghai), Medlinker et Sequoia Capital China, disposant de systèmes de gestion en ligne et de 23 cliniques à travers la Chine. Il s’agit de l’une des nombreuses sociétés de services médicaux soutenues par le groupe Tencent.

    Lancé en 2014, XingRen Trusted Doctors est une plateforme professionnelle regroupant plus de 430 000 médecins enregistrés en Chine. Avant la fusion avec Doctorwork, elle avait prévu d’étendre son réseau à 31 cliniques et 10 centres de chirurgie d’ici la fin 2018.

    Tencent de plus en plus actif sur le marché de la health tech

    Le secteur de la santé chinois présente des opportunités intéressantes

    Le système de soins primaires de la Chine est souvent sous-exploité en raison de la répartition inégale des ressources et du manque de médecins généralistes de qualité, entraînant un engorgement des hôpitaux. Le pays est également touché par une pénurie de médecins de manière générale par rapport aux autres pays. La moyenne de l’OCDE est de 3,19 médecins pour 1 000 personnes, celle de la Chine de 2,22 médecins pour 1 000 personnes.

    Les entreprises de technologie chinoises, avec en tête les géants Tencent, Baidu et Alibaba, ont ainsi repéré une opportunité intéressante dans le secteur.

    Tencent démontre un intérêt croissant pour le marché

    • De son côté, Tencent Doctorwork a choisi de développer ses capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’analyse des big data, en partenariat avec des hôpitaux et des cliniques du pays.
    • Tencent a également annoncé en juillet 2018 avoir signé un partenariat avec la plateforme d’information médicale américaine WebMD. Le groupe chinois introduira le contenu du site, traduit en mandarin, sur ses réseaux sociaux WeChat et QQ afin de pallier le manque de sources d’information de santé en ligne fiables en Chine.
    • L’entreprise a également réalisé ces dernières années plusieurs investissements dans des sociétés chinoises spécialisées en santé, dont un en 2014 dans DXY (61 M €; 70 M US$), une plateforme d’information médicale basée à Hangzhou, similaire à WebMD. Parmi les autres sociétés soutenues par Tencent figure WeDoctor Group, une entreprise de services de santé en ligne basée à Hangzhou et évaluée à 5,5 milliards US$ (4,8 Mds €), dont l’entrée à la bourse de Hong Kong pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.
    • La société a par ailleurs lancé en 2017 son premier dispositif médical axé sur l’intelligence artificielle, Miying, utilisé dans plus de 100 hôpitaux en Chine pour réaliser des examens endoscopiques rapides et détecter des maladies diverses ainsi que des cancers.

    Selon un rapport publié en 2017 par McKinsey & Company, le marché de la santé chinois connaît la croissance la plus rapide parmi les principales économies mondiales, avec une croissance annuelle de 12 %.

  • Été 2018 : Babylon et l’assureur Prudential déploient des services de santé basés sur l’IA en Asie

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité du mois d’août 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations du secteur de la e-santé sur le marché asiatique.

    Prudential Corporation Asia, filiale de la compagnie d’assurance britannique Prudential plc, et la société britannique Babylon Health ont annoncé en août 2018 s’être associées pour développer des services de santé numériques basées sur l’intelligence artificielle (IA) en Asie.

    L’expertise de Babylon en IA – le groupe propose aux patients des services de santé basés sur l’intelligence artificielle, dont une évaluation personnalisée de leur état de santé – sera mise à la disposition des clients de Prudential au sein du continent. La compagnie basée à Hong kong, l’un des principaux fournisseurs d’assurance en Asie, compte plus de 14 millions de clients répartis dans 12 pays et les recettes de l’entreprise au niveau des contrats premium ont dépassé les 800 millions de livres en 2017 (environ 893,3 M €).

    Le groupement Prudential-Babylon fournira aux clients des marchés asiatiques un accès continu à un ensemble d’outils de e-santé, en complément de la gamme de produits d’assurance existante de Prudential.

    Objectif : répondre aux besoins de santé d’une population pas ou sous-assurée

    « Le partenariat stratégique avec Babylon est conforme à notre ambition de répondre aux besoins de santé non satisfaits en Asie, où la majorité de la population n’est pas assurée ou sous-assurée [mais aussi où l’on observe un vieillissement de la population et une augmentation des coûts médicaux] », a déclaré Nicolaos Andreas Nicandrou, directeur général de Prudential Corporation Asia (source : Enterpriseinnovation.net).

    Des dispositif d’auto-assistance et des informations sanitaires en temps réel

    La filiale asiatique de l’assureur britannique souhaite élargir son offre de protection en englobant à la fois le domaine de la prévention et celui du report des événements indésirables pour la santé. En proposant à ses clients des outils d’auto-assistance et des informations sanitaires en temps réel, Nicolaos Andreas Nicandrou pense que « [les dispositifs de] Babylon les [inciteront] à jouer un rôle actif dans la compréhension et la gestion de leurs besoins de santé actuels et futurs ».

    Les 12 marchés au sein desquels est présent Prudential Corporation Asia sont le Cambodge, la Chine, Hong Kong, l’Inde, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, Taïwan, la Thaïlande et le Vietnam.

    Plus de détails à venir

    Les détails concernant le marché visé et les dates de lancement des nouveaux services de Prudential développés avec le soutien de Babylon seront annoncés au cours de l’année.