En 2060, le nombre de personnes en perte d’autonomie atteindra 2,45 millions, contre 1,6 million en 2030 – tel est le constat fait par Dominique Libault, conseiller d’État et président du comité national du parcours des personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA), missionné par le Premier ministre Édouard Philippe pour conduire une réflexion sur le grand âge et l’autonomie. La concertation nationale y étant associée a été lancée le 1er octobre 2018 par la ministre des Solidarité et de la Santé Agnès Buzyn.
L’objectif de la concertation, et le souhait de la ministre, est d’assurer de manière durable le maintien de l’autonomie. Pour cela, les travaux mis en place dans la cadre de la grande concertation – qui s’étendront jusqu’en janvier 2019 – vont mobiliser la société civile, les seniors, les représentants des autorités nationales et territoriales ainsi que les experts du secteur. Ils donneront lieu à une série de propositions au gouvernement qui, selon la ministre, construira une réforme ambitieuse.
Le numérique est présent à travers la volonté du gouvernement de rendre les services numériques plus facilement accessibles aux seniors.
Le numérique
Le gouvernement souhaite contribuer à la mise en place d’un cadre de vie de qualité pour les personnes âgées en améliorant l’accès au numérique et aux services publics.
Dans le cadre de la loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et de la transition numérique, il existe une volonté claire de développer l’habitat intergénérationnel définissant l’habitat inclusif et la création d’un forfait permettant aux personnes âgées de bénéficier d’un cadre sécurisé afin d’héberger des jeunes à un coût modéré, en échange d’une entraide solidaire.
9 axes de réflexion
- « Permettre le libre choix des personnes âgées, l’exercice de leurs droits et leur consentement aux mesures les concernant ;
- Identifier les moyens d’une prévention plus efficace de la perte d’autonomie et d’une politique de recherche plus ambitieuse;
- Simplifier le parcours des personnes âgées en assurant une continuité et une plus grande rapidité dans la prise en charge;
- Définir les mesures nécessaires pour soutenir les aidants familiaux et trouver de nouvelles formes d’accompagnement solidaire des personnes âgées, par le bénévolat notamment;
- Apporter des réponses aux enjeux de formation, de qualité de vie au travail et d’attractivité des métiers pour les personnels intervenant dans l’accompagnement et le soin aux personnes âgées;
- Rénover les aides et les prestations pour les rendre plus lisibles, plus équitables, en maîtrisant les charges financières pour les familles;
- Apporter des améliorations tangibles au cadre de vie des personnes âgées, dans les domaines de l’adaptation des logements, des mobilités, de l’accès au numérique et aux services publics ;
- Définir les modalités de financement des prises en charge à domicile et en établissements afin d’en garantir l’accessibilité pour les familles ;
- Accroître la qualité des prestations en établissement et à domicile en liant le montant des dotations publiques à la qualité des prestations proposées et en développant les enquêtes de satisfaction ».
La parole aux citoyens grâce à la plateforme Make.org
Une mobilisation massive de la société sur cet enjeu de l’autonomie est attendue. Les citoyens sont invités à répondre à la question « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? » via la plateforme Make.org à cette adresse : grande-consultation-aines.make.org
Par ailleurs, les personnes âgées prises en charge en établissements et à domicile (une soixantaine), les aidants et les professionnels de santé seront invités à contribuer grâce à la formation de groupes d’expression et à la mise en place d’entretiens individuels pour mieux comprendre les besoins et les attentes de chaque partie, puis à tester les pistes envisagées.
Des forums régionaux organisés les ARS
Des centaines d’institutionnels, d’opérateurs et d’associations de bénéficiaires et d’aidants seront sollicités pour faire part de leur analyse de terrain, de leurs demandes et pour partager leurs bonnes pratiques. Ces forums auront lieu sur l’ensemble du territoire français, aussi bien en métropole qu’en outre-mer.
Les conclusion de ces forums viendront nourrir le travail de dix ateliers thématiques.
Les parties prenantes s’exprimeront dans le cadre de 10 ateliers nationaux
Un ensemble de 10 ateliers regroupera des représentants de l’État et des collectivités, des experts ainsi que des représentants des associations et des fédérations d’usagers et de professionnels. Les personnes âgées seront également parties prenantes.
Les ateliers s’étaleront d’octobre 2018 à janvier 2019 avec quatre objectifs :
- diagnostic et priorisation des objectifs ;
- approfondissement des pistes retenues ;
- formulation des propositions ;
- formalisation et validation des conclusions pour chacune des 10 thématiques.
Les dix ateliers sont construits autour des thématiques suivantes :
- Gouvernance et Pilotage ;
- Panier de biens et services et reste à charge ;
- Nouveaux financements : proposer des schémas de financement de la couverture du risque de perte d’autonomie liée au grand âge ;
- Parcours des personnes âgées ;
- Prévention de la perte d’autonomie et bien vieillir ;
- Métiers ;
- Aidants, familles et bénévolat : reconnaissance et accompagnement ;
- Offre de demain pour les personnes âgées en perte d’autonomie : identifier les voies de diversification de l’offre d’hébergement et de prise en charge telles l’Ehpad hors les murs, l’habitat intergénérationnel, etc. et examiner les axes d’une meilleure intégration des services sur le modèle de plateformes ;
- Cadre de vie : amélioration de l’adaptation des logements, des mobilités et de l’accès au numérique et aux services publics ;
- L’hôpital et la personne âgée.
Calendrier
La réflexion sera appuyée par un conseil d’orientation, présidé par Dominique Libault, et un comité scientifique qui regroupe chercheurs en sciences sociales et médecins. Le premier définira la stratégie et les propositions formulées à présenter au gouvernement. Le second interviendra sur les enjeux et les priorités de la réforme ainsi que sur les missions d’expertise et d’analyse des pistes de travail envisagées.
Les deux entités se réuniront chacune quatre fois entre octobre 2018 et janvier 2019.