Cancero

  • Medopad collabore avec le Chinois Tencent pour élaborer une IA facilitant le diagnostic de Parkinson

    La société health tech britannique Medopad a annoncé début octobre 2018 qu’elle s’associait au géant chinois Tencent et au Parkinson’s Centre of Excellence du King’s College Hospital de Londres pour développer une intelligence artificielle (IA) avancée permettant d’accélérer le diagnostic de la maladie de Parkinson.

    Les évaluations actuelles des symptômes moteurs de la maladie prennent en général plus d’une demi-heure en milieu clinique et se basent sur les observations des médecins. L’entreprise anglaise et le groupe chinois souhaitent normaliser le test par le biais d’un système d’analyse vidéo des mouvements exploitant un système d’apprentissage en profondeur (deep learning) et une reconnaissance d’image.
    Dans le détail, Tencent fournit la technologie et l’IA pour l’analyse vidéo qui sera utilisée dans l’application mobile de Medopad.
    Le dispositif devrait permettre aux patients d’effectuer l’évaluation de leur condition à distance en trois minutes et de partager les résultats avec leur médecin en temps réel pour l’aider à « prévoir les complications évitables », a commenté le P.-D.G. et fondateur de Medopad Dan Vahdat (source : Mobihealthnews.com).

    Les résultats préliminaires du projet ont été présentés lors d’un événement organisé à Hong Kong cette semaine.

    Un accord commercial conclu entre les deux sociétés

    Cette initiative fait suite à une annonce faite par Medopad en février 2018 après la signature de 15 accords commerciaux d’une valeur de plus de 100 millions de livres (113,8 M €) avec différentes organisations chinoises, dont Tencent.

    145 000 personnes atteintes de la maladie de Parkinson au Royaume-Uni

    Selon des chiffres récents publiés par l’association caritative de recherche et de soutien Parkinson UK, environ 145 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson au Royaume-Uni. Ce nombre devrait augmenter de près d’un cinquième d’ici 2015, indique l’organisation.

    Les données au niveau international varient selon les sources mais, en moyenne, le nombre de personnes vivant avec cette maladie à travers le monde est estimé à 10 millions.

  • Diagnostic du cancer du sein : Google Deepmind collabore avec un hôpital japonais pour affiner son IA

    Deepmind, la filiale britannique de Google spécialisée en intelligence artificielle (IA), a annoncé dans un communiqué publié le 4 octobre 2018 qu’elle allait exploiter les résultats de mammographies d’environ 30 000 femmes réalisées au sein de l’hôpital universitaire Jikei de Tokyo (Japon) entre 2007 et 2018 dans l’optique d’affiner ses algorithmes de détection du cancer du sein basés sur IA. L’idée sous-jacente est de prendre en considération dans les analyses tous les types de profils, quels que soient l’âge, le sexe et l’origine ethnique de la personne par exemple, des variables trop souvent ignorées par les procédés classiques.

    Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat de recherche « révolutionnaire » signé il y a six mois par Deepmind et mené par l’Imperial Cancer Centre britannique de l’Imperial College de Londres, précise la société. Ce projet vise à déterminer si la technologie de l’intelligence artificielle pourrait aider les cliniciens à diagnostiquer les cancers du seins via mammographie plus rapidement et de manière plus efficace.

    La filiale de Google espère étendre ces travaux en signant d’autres partenariats à échelle internationale.

    Un partenariat mondial de recherche

    Plus de 30 000 images médicales analysées

    Au cours des cinq prochaines années, les chercheurs de l’équipe Deepmind examineront les quelque 30 000 images recueillies ainsi que 3 500 images d’IRM et de mammographies fournies par Optimam, une base de données d’images britannique contenant plus de 80 000 numérisations extraites du système national de dépistage du cancer du sein du NHS.

    L’objectif est de déterminer si les systèmes d’intelligence artificielle (IA) de la filiale de Google sont capables de détecter les signes du cancer avec davantage de précision que les techniques de dépistage classiques.

    La collaboration avec l’établissement japonais s’appuie sur les travaux de Deepmind entrepris avec le Cancer Research UK Imperial Centre de l’Imperial College de Londres, où il a déjà analysé environ 7 500 mammographies. « L’implication de l’hôpital universitaire Jikei dans un partenariat mondial de recherche contribuera à nous rapprocher du développement d’une technologie susceptible de transformer les soins pour des millions de personnes atteintes du cancer du sein chaque année dans le monde », explique dans le communiqué le Pr Ara Darzi, directeur du Cancer Research UK Imperial Centre.

    Objectif : développer une IA prenant en considération la diversité des profils des patients

    « Travailler avec des partenaires et des données de plusieurs pays dans un même projet est une première pour DeepMind Health, souligne la société. Nous espérons que cela nous aidera à concrétiser notre ambition de créer une technologie qui convienne à tous dans le monde car [à même de] minimiser les biais. »

    L’entreprise britannique note, en effet, qu’il « peut y avoir des biais lorsque vous formez un système d’intelligence artificielle sur des données qui ne correspondent pas exactement aux utilisateurs pour lesquels il est conçu, ce qui constitue un sérieux problème. En sous-représentant, voire en excluant certains groupes d’un ensemble de données – que ce soit par âge, origine géographique ou sexe – vous créez une technologie qui ne répond pas au mieux à leurs besoins ».

    En santé, où les différences génétiques et biologiques entre certains groupes sont habituelles, il peut y avoir « un impact énorme » sur les soins délivrés aux patients, insiste Deepmind. « Dans le domaine de la mammographie, par exemple, la densité mammaire peut varier considérablement entre les groupes ethniques. Les biais dans notre système d’IA pourraient donc entraîner des erreurs d’identification ou même d’omission du cancer du sein si la technologie n’est pas configurée pour refléter ces différences. »

    « [Nous en sommes au début de ce] travail mais nous sommes optimistes quant au potentiel à long terme de la technologie de l’IA dans ce domaine et espérons identifier, à terme, comment elle pourrait aider à l’analyse d’autres formes d’imagerie du sein. C’est une occasion extrêmement excitante de faire une différence dans le traitement du cancer du sein dans le monde entier et nous vous tiendrons au courant [de nos avancées] tout au long de ce cheminement », commente le Pr Ara Darzi (communiqué).

    Deepmind mise de plus en plus sur l’IA en santé

    La filiale de Google est impliqué dans plusieurs projets portant sur l’IA liés à la santé.

    • Parmi eux figure un essai actuellement en cours au ministère américain des Anciens combattants, qui cherche à prédire le moment à partir duquel la situation d’un patient peut commencer se détériorer pendant un séjour à l’hôpital.
    • Auparavant, l’entreprise s’était associé au service national de santé du Royaume-Uni pour développer un algorithme permettant de détecter les premiers signes de cécité.
    • Par ailleurs, dans un article présenté en septembre 2018 à la conférence sur l’informatique médicale et les interventions assistées par ordinateur (Medical Image Computing & Computer Assisted Intervention conference), les chercheurs de DeepMind ont déclaré avoir mis au point un système d’intelligence artificielle capable de segmenter les tomodensitogrammes avec une « performance proche de l’être humain », permettant ainsi de réduire le délai de diagnostic. Ils prévoient de déployer ce modèle sur le marché courant 2019.

    Plus généralement du côté de Google

    De manière plus générale, Google a renforcé ses investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle et en particulier dans le domaine des soins. 

    • Au printemps 2018, l’équipe Medical Brain du groupe a annoncé avoir élaboré un système d’IA pouvant prédire la probabilité d’une réadmission à l’hôpital. Elle a utilisé cet outil en juin pour prévoir les taux de mortalité dans deux hôpitaux avec une précision de 90 %, avance-t-elle.
    • En février 2018, des scientifiques de Google et de Verily Life Sciences, la filiale health tech de l’entreprise américaine, ont créé un réseau d’apprentissage automatique (machine learning) pour déduire avec précision les informations de base relatives à une personne, notamment son âge et sa pression artérielle, afin d’identifier si elle risque d’être sujette à incident cardiaque majeur telle qu’une crise cardiaque.
  • La e-santé au centre de l’Africa Digital Medical Hub, du 19 au 21 décembre 2018 à Marrakech

    Eventum organisera du 19 au 21 décembre à Marrakech un « Africa Digital Medical Hub », événement et espace de rencontre d’échelles nationale et internationale à propos des usages, technologies et recherches concernant la santé numérique en Afrique.

    Au cours de cet événement dédié à la promotion de la e-santé sur le continent Africain interviendront plusieurs experts internationaux éventuellement issus d’institutions publiques ou tels que des opérateurs et professionnels du numérique ou de la santé en Afrique, Europe ou Asie.

    Le programme, qui comprendra des conférences plénières ainsi que des « sessions […] sur des thématiques à l’interface de différentes disciplines et autour de la problématique suivante : Comment le segment de la e-santé peut contribuer à résoudre la problématique, compenser le manque de spécialistes et évoluer les usages et pratiques du monde de la santé en Afrique ? ».
    En effet, les thèmes abordés concerneront :
    – les déserts médicaux et innovations numériques en Afrique ;
    – l’éventuelle contribution de la e-santé au développement des pays ;
    – les programmes de développement de la santé numérique en Afrique ;
    – l’hôpital numérique et les nouveaux outils à mêmes de faire évoluer la médecine ;
    – les applications médicales de l’impression 3D.

    Des informations relatives aux inscriptions sont disponibles via le lien ci-contre.

    Programme

    19 décembre 2018

    08h30-09h00 : Inauguration du village de la santé numérique

    09h00-11h00 : L’Afrique : déserts médicaux et innovations numériques

    11h00-13h00 : Impression 3D et applications médicales en Afrique

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-16h00 : L’hôpital et l’innovation en santé

    20 décembre 2018

    09h00-10h00 : Ouverture du village de la santé numérique

    10h00-11h00 : Rencontres / espaces démo / innovations 

    11h00-12h00 : Pharmacie : Pharma Geek et e-santé 

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-16h00 : Sujet encore à définir

    21 décembre 2018

    10h00-11h00 : Ouverture du village de la santé numérique

    11h00-12h00 : Les Africa’s Digital Health Awards 2018

    12h00-13h00 : Les trophées africains de la e-santé

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-15h00 : Conférence : « Faire avancer la santé numérique en Afrique »

    15h00-16h00 : Les programmes de développement de la santé numérique en Afrique

  • L’Ordre des médecins met en demeure Qare « de faire cesser la publicité sur la télémédecine »

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a pris la décision de mettre en demeure la société Qare de cesser la publication d’encarts publicitaires relatifs à la télémédecine. L’instance a annoncé dans un communiqué daté du 8 octobre 2018 cette décision prise à l’occasion de sa session plénière tenue les 27 et 28 septembre 2018.

    L’Ordre a fait savoir qu’il se félicitait de l’entrée dans le remboursement de droit commun des actes de télémédecine mais rappelle qu’il condamnera toute tentative de publicité commerciale y étant relative.

    Cette mise en demeure s’inscrit dans la volonté du Cnom de maintenir son engagement contre toute action qu’il juge équivalente à de « l’ubérisation du système de santé via des moyens numériques ». Il rappelle également qu’il se permettra de « mettre en œuvre toute voie de droit nécessaire contre toute société qui s’affranchirait des dispositions précises de la réglementation en vigueur pour promouvoir des offres de nature commerciale ».

    Le Conseil national de l’ordre des médecins a considéré que la publicité mise en place par Qare était « fallacieuse quant à l’intégration des services proposés dans le parcours du soin pour tous les patients – et donc à leur prise en charge par l’Assurance maladie ».

  • L’outil connecté de dépistage de la dénutrition à domicile e-nutriv testé dans le Haut-Rhin

    Afin de finir d’élaborer puis de tester un outil connecté de dépistage de la dénutrition à domicile baptisé « e-nutriv », l’Association d’aide et de soins à domicile du Haut-Rhin Apamad s’est jointe au début du mois de septembre 2018 à deux équipes de recherches de l’université de Haute-Alsace, au groupement informatique de l’économie sociale (Gies), à la start-up Domtech, à la plateforme régionale d’innovation en e-santé mutualisée ainsi qu’à la société Facilien.

    Ce système a pour but, selon Apamad, de déceler une dénutrition chez une personne a priori identifiée comme à risque puis de « notifier des alertes à l’entourage médical, familial et professionnel, et d’assurer un suivi de la situation ». Il requiert le développement de coussin-balances par des équipes spécialisées dans la mécanique des textiles (comme celles de l’université de Haute-Alsace), dans les systèmes d’information (d’où la participation du Gies), dans la domotique et la téléassistance (comme Domtech), dans le stockage et le traitement des données (telles que les équipes de la plateforme régionale d’innovation en e-santé mutualisée) ainsi que dans les dispositifs d’échanges entre proches (d’où le recours à Facilien).

    « Ce projet multi-partenarial qui bénéficie d’un soutien financier de la Grande région et d’AG2R est rentré en phase opérationnelle de développement des outils », annonçait déjà Apamad en février 2018 : une expérimentation de 18 mois commencera en novembre 2018 dans les point d’accueil de jour de l’association, puis dans des résidences autonomie, des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD).

    La solution e-nutriv

    Cet outil se présentera, concrètement, sous la forme d’un coussin-balance à même de peser l’utilisateur. Ce coussin-balance sera par ailleurs connecté à une tablette qui permettra aux aides à domicile (AD) et aux assistants de vie sociale (AVS) d’assurer le suivi du poids des personnes.

    En outre, e-nutriv générera des « alertes » en cas d’abaissement du poids afin de permettre la mise en place de mesures préventives, voire curatives.

    La dénutrition, un enjeu de santé publique

    La dénutrition, qui, selon Apamad, touche 350 000 à 500 000 personnes âgées en France et engendre d’importants dommages de l’état de santé physique et psychique menant parfois au décès, peut être liée à un manque d’activité physique, à des phénomènes de dysgueusie souvent iatrogènes, à des affections digestives, etc.

    Alors que le système de santé tend à encourager les prises en charge ambulatoires ainsi que le maintien à domicile des personnes âgées, aucune solution connectée à même de faciliter le dépistage à domicile de la dénutrition n’a encore été adoptée à grande échelle par les professionnels. 

  • Axa et la région des Hauts-de-France ouvrent un espace de téléconsultation dans le Pas-de-Calais

    L’assureur Axa et la région des Hauts-de-France ont annoncé le 3 octobre 2018 par communiqué l’ouverture d’un espace de téléconsultation dans la clinique spécialisée en soins de proximité et en chirurgie ambulatoire de Marconne, une commune de 1 000 habitants du Pas-de-Calais touchée par une pénurie de médecins. Le service sera lancé en janvier 2019.

    Concrètement, le patient pourra prendre un rendez-vous pour une consultation vidéo via internet ou par téléphone. Ensuite, il devra se rendre dans l’espace dédié de la clinique – équipé d’outils connectés tels qu’un stéthoscope, un tensiomètre et un otoscope -, où un infirmier libéral indemnisé le guidera pendant la consultation.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat signé le 3 octobre 2018 par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Thomas Buberl, directeur général du groupe AXA et Jacques de Peretti, P.-D.G. d’AXA France, dont l’objectif est de proposer « des solutions nouvelles, utiles et concrètes pour les habitants et les entreprises » dans 4 domaines clés : le développement de la télémédecine, la santé et le bien-être des TPE/PME, les emplois numériques et la cybersécurité des entreprises.

    Fonctionnement du dispositif

    • Le patient prendra rendez-vous par internet ou par téléphone et se présentera à la clinique à l’horaire convenu.
    • Il sera accueilli par l’infirmier, qui établira la connexion avec le médecin : ce dernier s’assurera du consentement du patient à une téléconsultation.
    • Le médecin pratiquera la consultation en ligne avec l’aide des outils connectés à sa disposition (stéthoscope, otoscope,tensiomètre…), manipulés par l’infirmier. Il échangera ensuite avec son patient pour établir son diagnostic.
    • Le médecin pourra établir une ordonnance (médicaments/examens complémentaires) et éditer une feuille de soin.

    Les patients ont la possibilité de réaliser la téléconsultation avec leur médecin traitant ou avoir accès à un médecin téléconsultant, à condition qu’il exerce dans les Hauts-de-France. Ils pourront par ailleurs effectuer une téléconsultation avec un médecin Axa Assistance si aucun praticien n’est disponible dans la région.

    Un parcours de soins coordonné

    Le dispositif, co-établi avec la communauté de communes des Sept Vallées – dont Marconne fait partie -,  s’inscrit en « conformité du parcours de soins coordonné », indique le communiqué. « Soit le patient consultera son médecin traitant, soit le médecin téléconsultant enverra un compte-rendu au médecin traitant (avec accord du patient), soit il sensibilisera le patient au parcours de soin coordonné. »

    Les téléconsultations seront à terme assurées à la maison de santé

    « On voulait un endroit neutre, la clinique nous semblait bien adaptée, explique le Dr Jean-Charles Boubert, médecin généraliste et président du directoire de l’établissement de Marconne (source : Le Quotidien du médecin). Pour l’instant, nous accueillons cet espace mais à terme, les téléconsultations devraient avoir lieu dans la maison de santé (MSP) qui devrait être construite par la communauté de commune sur le même site que le nôtre. »

    En attendant, la clinique recevra une indemnité pour l’usage de ces locaux. Son montant n’a pas encore été défini.

    Axa mise sur la téléconsultation depuis 2015

    En 2015, Axa a été le premier assureur à proposer l’accès à un médecin via téléconsultation 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7. Jacques de Peretti, P.-D.G. d’Axa France, a par la suite confirmé l’arrivé de cabines de téléconsultation pour ses entreprises clientes en janvier 2018.

  • Roche lance avec l’école 42 un hackathon de 10 mois sur le thème « l’entreprise de santé du futur »

    Roche a ouvert le 19 septembre 2018, en partenariat avec le programme d’innovation Matrice de l’école de développement informatique 42, une « Matrice santé et numérique », sorte de hackathon de long terme regroupant des équipes pluridisciplinaires d’étudiants dans l’optique de concevoir des outils technologiques sur le thème « l’entreprise de santé du futur ».

    Pendant dix mois, une trentaine d’étudiants en informatique, en biologie, en pharmacie mais aussi en droit et en commerce – dont la moitié est en formation à l’école 42 – vont se rassembler pour développer des dispositifs tels que des logiciels, des applications mobiles ou des objets connectés visant à résoudre certains des problèmes rencontrés par les acteurs de la santé.

    Le programme se divise en quatre phases :
    • immersion (1 mois) : rencontres et visites thématiques pour découvrir les problématiques rencontrées par les acteurs de la santé et les patients dans l’utilisation d’un produit de santé ;
    • transformation (2 mois) : répartition des étudiants dans 5 à 6 équipes, chacune centrée sur une problématique, maturation des idées pour aboutir à des projets viables, puis évaluation de la pertinence et de la faisabilité des projets ;
    • production (3 mois) : prototypage technique, construction du modèle économique, passage du concept au produit ;
    • action (4 mois) : expérimentation des outils développés sur le terrain, possibilité de création d’une structure juridique.

    La Matrice, une version plus approfondie du traditionnel hackathon

    La « dimension temporelle » du programme Matrice de l’école 42 a plu à Anne Philippot, directrice « expérience client, digital et innovation » du laboratoire. Le dispositif s’étend en effet sur une année scolaire, alors que les hackathons classiques se déroulent généralement sur 48 heures. « J’ai trop souvent vu des hackathons qui étaient très centrés sur la phase d’idéation, et qui avaient ensuite du mal à rendre robustes les solutions développées », a-t-elle justifié (source : Ticpharma).

    « L’entreprise de santé du futur » : la thématique du programme

    Le thème du programme, « l’entreprise de santé du futur », est large afin de ne pas cloisonner les étudiants dans leurs réflexions. Cependant, Roche a identifié des « routes de besoins » pour les guider, a expliqué Anne Philippot, citant notamment :

    • de manière générale, la mise à disposition d’informations en temps réel ;
    • la transmission de données patients entre professionnels ;
    • la fluidification des démarches pour les médecins investigateurs d’essais cliniques ;
    • la transformation des métiers à l’hôpital ;
    • les outils pédagogiques autour des pathologies.

    Un programme en 4 phases

    Après le premier mois dédié à la découverte du secteur, les étudiants se répartiront dans cinq à six équipes, chacune d’entre elles visant à être concentrée sur une problématique issue de la phase d’immersion.

    Viendra ensuite la phase de transformation, deux mois au cours desquels les équipes testeront la pertinence et la faisabilité de leur projet, puis la phase de production (3 mois), rythmée par le prototypage technique, la construction du modèle économique et le passage du concept au produit concret.

    Les étudiants expérimenteront ensuite leur dispositif sur le terrain auprès des acteurs concernés et auront la possibilité de créer leur structure juridique pour commercialiser leur solution (phase d’action, 4 mois).

    Roche laissera le maximum de liberté possible aux étudiants mais gardera un œil sur les différents projets : « [Nous pourrons nous] assurer tout au long du processus que si la solution technologique est particulièrement juste par rapport à un élément de notre métier, ce ne soit pas notre concurrent direct qui puisse en bénéficier immédiatement », a détaillé la directrice de l’innovation du laboratoire à Ticpharma. « En revanche, la volonté est bien que la solution puisse être interopérable et opérée au sein de l’écosystème de santé », a-t-elle souligné.

    Des « escales » pour permettre aux différentes équipes d’échanger

    Entre chacune de ces phases, des « escales » seront intégrées au programme pour que les étudiants puissent faire le point face à une communauté d’experts sur l’état d’avancement de leurs projets mais aussi identifier leurs besoins et les difficultés rencontrées jusqu’alors, a signalé Anne Philippot.

    Les équipes auront par ailleurs l’opportunité d’échanger entre elles par le biais de rendez-vous hebdomadaires obligatoires.

    Mentorat : une trentaine de collaborateurs de Roche mobilisés

    « Au fil du temps, un mentorat [pourra] se mettre en place avec le laboratoire Roche ou avec des associations de patients, a indiqué Isabelle Ampart, la responsable de la communication du programme Matrice (source : Ticpharma). Il s’agit de créer un maillage et un grand réseau de connaissances et de transmission que les étudiants pourront solliciter à tout moment ».

    Des « ambassadeurs de la transformation en interne »

    Une trentaine de collaborateurs du laboratoire ont été mobilisés pour apporter aux étudiants leur expertise et accompagner leurs projets. Ils pourront « témoigner de nouvelles façons de faire, de s’organiser et d’inclure le professionnel de santé dans cette dynamique, afin d’irriguer l’ensemble du groupe », a précisé Anne Philippot.

    « Nous aimerions faire de ces collaborateurs des ambassadeurs de la transformation en interne », a-t-elle ajouté.

    Par ce biais, les étudiants pourront ainsi ouvrir un réseau, bénéficier d’opportunités commerciales et sortir du programme « avec une vraie expérience de maîtrise d’ouvrage et d’entreprenariat global sur un secteur en particulier », a commenté de son côté Isabelle Ampart.

  • Les expérimentations Paerpa sont prolongées d’une année avant une nouvelle évaluation en 2019

    Le dispositif Paerpa de coordination des différents intervenants des secteurs sanitaire, social et médico-social visant à prévenir la perte d’autonomie et éviter le recours inapproprié à l’hospitalisation des personnes de plus de 75 ans a été prolongé d’une année dans le cadre des expérimentations définies par l’article 51, selon la décision de la Direction de la sécurité sociale du 28 septembre 2018.

    L’objectif de cette prolongation est de consolider la démarche dans les territoires pilotes et avoir une retour au plus près de la réalité après la période de maturation et de mise en œuvre sur le terrain. Dominique Libault, directeur du programme et président du comité national Paerpa croit en sa capacité à répondre aux enjeux de Ma Santé 2022 en ce qu’il permet le renforcement :
    • de la continuité de la prise en charge ;
    • du lien ville-hôpital-Ehpad ;
    • de la coordination entre professionnels.

    L’analyse qui a servi de base à cette décision est principalement fourni par l’IRDES et ses rapports du mois de juin 2018, disponibles via le lien ci-contre. Si l’évaluation de l’année prochaine s’avère favorable, les parcours Paerpa seront inscrits dans les parcours dans le droit commun.

    Hétérogénéité et maturité inégale de mise en œuvre en régions

    Dans son rapport, l’IRDES note une certaine hétérogénéité dans la mise en œuvre du programme et souligne que le temps de la mise en place opérationnelle des dispositifs a été de dix-huit mois en moyenne. Ceci a amené les porteurs de projets à défendre une prolongation du dispositif afin d’obtenir davantage d’indicateurs.

    C’est notamment dans le secteur hospitalier qu’un manque d’impact est visible – les indicateurs hospitaliers dans tous les territoires manquent pour évaluer l’efficacité des actions développées dans le cadre de Paerpa pour réduire les hospitalisations et les réadmissions. À ce titre, l’IRDES préconise une réflexions relative à la façon d’ajuster les incitations financières à l’hôpital par rapport aux objectifs Paerpa de réduire les hospitalisations évitables.

    L’IRDES souligne que « dans la majorité des territoires, la plupart des actions n’ont été effectives qu’à partir de 2016 avec une montée en charge qui s’étend jusqu’en 2017 ».

    Bien qu’un effet moyen significatif de Paerpa est difficilement notable, l’IRDES l’impute :

    • à l’hétérogénéité dans la mise en œuvre du programme Paerpa d’un territoire à l’autre et la différence de maturité entre les territoires ;
    • au défi que représente la construction et la préparation d’un terrain d’entente entre les différents groupes de professionnels impliqué dans le dispositif ;
    • au besoin de temps pour qu’un changement inter-organisationnel et professionnel du système de santé prenne.

    7 indicateurs d’évaluation

    L’évaluation actuelle du programme repose sur 7 critères ou indicateurs :

    • 3 portent sur le recours à l’hôpital :
      • nombre de journées d’hospitalisation par personne âgée, ;
      • taux de réhospitalisation à 30 jours ;
      • hospitalisations non programmées ;
    •  4 sont des indicateurs liés à l’organisation des soins primaires mais qui peuvent avoir des conséquences sur les recours à l’hôpital :
      • hospitalisations potentiellement évitables ;
      • passages aux urgences non suivis d’hospitalisation ;
      • polymédication ;
      • prescriptions inappropriées.

    Les principaux outils du programme ont progressé en 2017

    Afin de faciliter la coordination autour de la personne âgée, deux outils principaux ont été développés :

    • la CTA : coordination territoriale d’appui qui consiste en un guichet unique dédié à la population visée et aux professionnels de santé ;
    • le PPS : plan personnalisé de santé qui est un document dont a la responsabilité le médecin traitant afin de formaliser la coordination médico-sociale.

    Entre 2017 et 2018, le nombre total de PPS a augmenté de 13 % et les demandes de CTA, aussi bien de la part des libéraux que des établissements de santés, se sont accélérées en croissant de 32 % chacune.

    Les territoires pilotes meilleurs élèves

    Le programme a notamment porté ses fruits dans les régions suivantes et dans les domaines suivants :

    • l’Aquitaine et le Nord–Pas-de-Calais ont enregistré une baisse significative de la polymédication ;
    • la Lorraine est le seul territoire où le taux de recours aux urgences non suivi d’hospitalisation connaît une évolution favorable en comparaison des territoires témoins ;
    • dans les Midi-Pyrénées et en Bourgogne, un impact significatif de Paerpa a été constaté dans le domaine de la réduction des hospitalisations non programmées ;
    • la Bourgogne, le dispositif Paerpa a permis de réduire les hospitalisations évitables.

    L’IRDES préconise que les résultats du rapport soient confirmés à partir des données 2017 qui seront disponibles à l’été 2018 pour une publication des résultats actualisés fin 2018. Selon l’Instititut, ces travaux permettront d’actualiser les résultats et d’évaluer l’effet du dispositif PPS (plan personnalisé de santé) propre à Paerpa

    Financement et cadre d’application

    Par ailleurs, en 2019, le dispositif sera testé dans les mêmes territoires toujours sous la même forme et le financement se fera dans le cadre du fonds d’intervention régional (FIR) qu’un arrêté prolongeant l’article 51 de la LFSS 2018 va officialiser.

    De façon plus générale et en écho à Ma Santé 2022, une réflexion devra être menée sur la façon dont le dispositif pourra s’articuler avec les autres dispositifs en cours de déploiement tels que les plateformes territoriales d’appui (PTA) et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) notamment.

  • Génomique : GenOmnis autorisé à exploiter deux logiciels prédictifs de la pathogénicité des mutations

    La Société d’accélération de transfert technologique Sud-Est (SATT Sud-Est) a annoncé par communiqué le 21 septembre 2018 la concession d’une licence d’exploitation exclusive à la start-up marseillaise GenOmnis. La licence porte sur deux logiciels innovants de prédiction de la pathogénicité des mutations de gènes humains co-détenus par l’université d’Aix-Marseille, l’Inserm et l’Assistance publique des hôpitaux de marseille (AP-HM).

    A l’heure où le séquençage de génomes humain s’avère moins complexe que l’identification des mutations pathogènes, l’équipe de génétique et bio-informatique du Centre de génétique médicale de Marseille et de l’AP-HM – appelée UMR 1251 Aix-Marseille Université Inserm – a élaboré une « solution bio-informatique de prédiction de la pathogénicité des mutations ».

    Cette solution prend la forme de deux logiciels appelés « UMD Predictor » et « Human Splicing Finder« , à même de prédire la pathogénicité des mutations dans le cadre du séquençage à haut débit, au moyen d’une approche combinatoire permettant une analyse rapide, sensible et spécifique.

    Ces deux logiciels ont été enregistrés auprès de l’Agence pour la protection des programmes par le SATT Sud-Est, qui a ensuite « négocié et concédé la licence à GenOmnis« , start-up accompagnée et financée par l’incubateur interuniversitaire Impulse, spécialisée dans les services génomiques, la bio-informatique, les tests génétiques et la génétique moléculaire en cancérologie à destination des hôpitaux, des cliniques, des laboratoires de diagnostic et des acteurs de l’industrie pharmaceutique.

  • Télémédecine et e-chirurgie : le Catel émet des recommandations pour faire évoluer le bloc opératoire

    Dans le cadre de ses actions de lobbying, le Club des acteurs de la télésanté (Catel) a coordonné la réflexion d’un « Focus Group » de huit ingénieurs, chirurgiens et spécialistes du numérique au sujet du « bloc opératoire de demain ». À l’issue de ces discussions, il a émis au cours du mois de septembre 2018 des recommandations pour que des innovations de e-santé telles que la télémédecine puissent contribuer à améliorer la chirurgie, c’est-à-dire à « assurer [au mieux] la sécurité des patients et la formation continue des professionnels » malgré les freins actuels au développement de pratiques nouvelles en chirurgie et en endoscopie.

    Selon le Catel, les solutions de télémédecine pourraient, en chirurgie, :
    • faciliter la formation, notamment en permettant aux étudiants comme aux professeurs de s’affranchir de contraintes de déplacement et en favorisant plus de « conduite accompagnée » des gestes chirurgicaux ;
    • garantir une certaine équité d’accès aux formations, du fait de la diminution de ces contraintes de déplacement ;
    • augmenter la qualité des soins chirurgicaux dispensés aux premiers patients des nouveaux opérateurs grâce à un guidage en direct par les formateurs ;
    • dégager du temps médical, chirurgical.

    Cependant, un fréquent manque d’archivage des données du bloc opératoire, des difficultés de sécurisation des données, un manque d’interopérabilité des systèmes actuels, les difficultés liées aux ajouts de matériels connectés ou à l’adaptation d’anciens instruments chirurgicaux, le besoin de pouvoir coopérer avec des opérateurs bien connus et de confiance ainsi que la question du coût de la télémédecine – dont le retour sur investissement demeure peu visible – constituent des difficultés à la mise en place de la télémédecine en chirurgie.

    Les recommandations du Catel

    Concernant la stratégie et les coopérations médicales, le CATEL recommande :

    • d’encourager les coopérations médicales cordonnées entre équipes afin de développer une pratique de « compagnonnage à distance en chirurgie » ;
    • aux professionnels de santé de s’engager dans une « réflexion stratégique globale sur leur bloc opératoire de demain » ;
    • aux institutions de prendre position à l’échelle nationale pour le développement de la télémédecine en chirurgie ;
    • aux pouvoirs publics de clarifier les modalités de déploiement de la télémédecine en chirurgie, en s’appuyant notamment sur les groupements d’achat.

    Concernant la responsabilité médicale

    Sur ce point, le Focus Group préconise de « laisser la question du partage des informations enregistrées au bloc au libre arbitre du professionnel concerné, pour un usage bien défini au préalable (auto-évaluation, enseignement, etc.) ».

    Concernant les outils et leur sécurité d’utilisation, le Catel conseille aux établissements :

    • d’anticiper les usages potentiels de la télémédecine lors des achats et d’ »associer notamment la direction du biomédical dans une optique de coordination et d’interopérabilité » ;
    • de rapprocher les données du bloc opératoire du DPI et du PACS afin de faciliter leur partage ;
    • d’exiger une forte garantie de qualité ;
    • de prévoir un système de communication efficace et sécurisé entre hôpitaux partenaires au sein d’un même GHT, par exemple ;
    • d’harmoniser les protocoles et de « les rendre obligatoires pour un rapprochement automatisé des données issues des appareils biomédicaux » ;
    • de mettre en place un identifiant unique du patient afin de favoriser la traçabilité ;
    • de penser l’architecture du bloc et sa construction afin d’être en mesure de garantir maintenance, disponibilité, haute qualité et fort débit ;
    • de prévoir des capacités de stockage et de puissance de calculs « suffisants pour envisager le développement des nouveaux usages (IA, réalité virtuelle, etc.) ».

    Concernant l’évolution de l’enseignement et la e-formation (e-learning), le groupe d’experts préconise :

    • de développer les enseignements spécifiques de type DU/DIU éventuellement en lien avec des filières et organismes spécialisés et en s’appuyant sur les industriels concernés ;
    • d’élaborer un guide de bonnes pratiques, « qui pourrait être porté par la HAS » ;
    • de rapidement sensibiliser et former aux pratiques de télémédecine et de e-santé en chirurgie ;
    • aux « pionniers du domaine » de partager, de valoriser et de diffuser leurs retours d’expériences.

    Concernant le financement des changements, le Catel recommande :

    • aux professionnels de santé ainsi qu’aux établissements de s’informer et de se faire accompagner « pour une prise en charge des actes de téléconsultation et de télé-expertise réalisés dans le cadre du droit commun » ;
    • aux acteurs de terrain de valoriser les autres actes au moyen d’un « forfait formation ou de conventions » ;
    • aux pouvoirs publics de « faire évoluer les financements pour inciter à innover et [à] développer des usages de télémédecine, notamment en chirurgie » ;
    • au gouvernement d’intégrer la rémunération de l’ensemble des professionnels impliqués.

    En outre, « des solutions techniques doivent être prises en charge […], ces coûts étant à mettre au regard des économies générées », exhorte le Focus Group. Ces financements devraient d’ailleurs être complémentaires à d’éventuelles conventions inter-établissements.