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  • Life Medical Control et SameSame rejoignent l’incubateur e-santé de Boehringer Ingelheim

    Life Medical Control et SameSame font partie des 3 sociétés sélectionnées par le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim pour rejoindre la deuxième promotion de start-ups installées au sein de son incubateur de santé digitale Synapse, créé en janvier 2019 à Lyon en collaboration avec le réseau d’incubateurs IKubator.

    2e promotion pour l’incubateur e-santé Synapse de Boehringer Ingelheim: Neurocoach et Gong retenus

    Les 3 lauréats, dévoilés par le groupe le 25 juin 2019, sont :
    • Life Medical Control : société issue du CHU de Saint-Étienne qui a développé la solution « NeuroCoach » pour le dépistage primaire de risque d’AVC ;
    • SameSame : développe Gong, une solution de communication pour personnes aphasiques co-construite par les orthophonistes, les patients et les aidants ;
    • Arioneo : propose des solutions d’analyse de la performance et de la santé des chevaux athlètes.

    Les 3 start-ups de la première promotion s’apprêtent à quitter l’incubateur. Il s’agit de Lili Smart , qui propose une solution connectée d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, de Medeo, qui offre une plateforme interconnectée dédiée aux professionnels de santé, et de Tibot, qui développe un robot pour l’aviculture.

    3 start-ups retenues sur une trentaine de dossiers étudiés

    Retenues après l’étude d’une trentaine de dossiers, les sociétés lauréates de la deuxième promotion répondent toutes les 3 aux critères du comité de sélection : « qualité des équipes, chiffre d’affaires, business plan et business model cohérents, concept en phase avec les activités santé humaine ou santé animale de Boehringer Ingelheim, et surtout perspectives de liens stratégiques ou commerciaux avec le groupe », indique le laboratoire pharmaceutique.

    Une trentaine d’experts chargés d’accompagner les lauréats

    L’incubateur Synapse de 150 m² est installé dans de l’immeuble Boréal, siège de la filiale française de Boehringer Ingelheim, au sein du Biodistrict Lyon-Gerland.

    Le groupe allemand a mis à la disposition des start-ups des moyens structurels (espaces dédiés, postes de travail, salles de réunion…) ainsi qu’une trentaine d’experts chargés d’accompagner les entrepreneurs dans leur stratégie de développement.

  • Asie : Singapour crée un consortium national sur les technologies de santé (HealthTEC)

    La National Research Foundation (NRF) de Singapour, un département relevant du cabinet du Premier ministre, crée un consortium national sur les technologie de santé (HealthTEC) afin d’aider les entreprises à transformer leurs résultats de recherche en produits et services à même d’améliorer la santé et le bien-être des citoyens.
    HealthTEC se concentrera sur les 2 domaines suivants pour développer des solutions :
    • le suivi et la collecte des données de santé (Health sensing technologies) ;
    • l’analyse des données de santé et l’intelligence artificielle (IA).

    Ce consortium sera dirigé par l’Institute for Health Innovation & Technology (iHealthtech) de l’université nationale de Singapour (NUS), indique la NRF dans un communiqué publié le 1er juillet 2019, ajoutant qu’elle réservera un financement de 1,5 million de dollar singapourien (environ 980 000 €) sur 3 ans pour soutenir les activités du consortium.

    HealthTEC associera à cet effort des entreprises de toutes tailles implantées à Singapour (start-ups, PME, grandes entreprises locales et multinationales). Les entreprises qui ont rejoint le consortium en tant que membres fondateurs de l’industrie comprennent Roceso Technologies, Tip Biosystems, ST Engineering et Ferrero Asia Pacific.
    HealthEC apportera du laboratoire au marché les résultats de R&D en mettant en commun l’expertise scientifique des chercheurs et les connaissances de l’industrie des entreprises.

    La NRF définit l’orientation nationale de la recherche, de l’innovation et des entreprises à Singapour.

    « Réunir les chercheurs et les entreprises afin de traduire la R&D en innovations susceptibles d’améliorer la santé des personnes »

    « Partout dans le monde, les technologies de santé de pointe changent notre façon de prévenir, de diagnostiquer et de surveiller les maladies, commente Lim Tuang Liang, directeur exécutif du bureau de la recherche, de l’innovation et des entreprises de NRF (communiqué). Le nouveau consortium pour les technologies de la santé s’appuie sur cette évolution pour réunir les chercheurs et les entreprises afin de traduire la R&D en innovations susceptibles d’améliorer la santé et le bien-être des personnes. Nous encourageons davantage d’entreprises à rejoindre le consortium pour tirer parti des dernières technologies et innovations afin de les aider à soutenir la concurrence dans ce secteur passionnant. »

    HealthTEC se concentrera sur la collecte et l’analyse des données

    Le développement de solutions de santé et de bien-être au sein du consortium sera centré sur 2 domaines :

    1. les « health sensing technologies », soit les innovations qui permettent de suivre et de collecter des données de santé

    Parmi ces technologies peuvent figurer :

    • des capteurs tactiles pour détecter la pression lorsque le patient est debout, en train de marcher ou en position assise ;
    • des technologies d’imagerie pour détecter la fatigue ;
    • des diagnostics moléculaires pour recueillir les signes vitaux des patients tels que la glycémie.

    2. l’analyse des données de santé et l’intelligence artificielle (IA)

    Le consortium envisage d’utiliser des technologies de modélisation prédictive et d’apprentissage automatique afin de donner du sens aux données collectées dans l’optique de suggérer des actions aux personnes pour qu’ils puissent améliorer leur état de santé et de bien-être.

    Il pourrait s’agir ,par exemple, de développer une application mobile fournissant aux utilisateurs des informations personnalisées sur la manière dont leur organisme (signes vitaux) change quand ils sont assis au travail ou quand ils pratiquent une activité physique et leur proposant des suggestions pour améliorer leur santé.

    Les chercheurs pourraient également utiliser un système d’analyse de données pour identifier les tendances en matière de santé et de bien-être au sein d’une population précise.

  • DMP : une carte d’accès nominative pour les collaborateurs des officines

    Une carte de personnel d’établissement (CPE) nominative et gratuite sera attribuée, en 2020, à chaque membre de l’équipe officinale habilité à délivrer des médicaments au comptoir pour permettre aux adjoints et aux préparateurs de consulter et d’approvisionner le dossier médical partagé (DMP). Cette décision a été actée mercredi 25 juin 2019 lors d’une réunion entre l’Assurance maladie, les syndicats de pharmaciens et les éditeurs de logiciels de gestion officinale. Il s’agit de permettre à ces personnels de consulter et d’enrichir directement les DMP mais aussi d’identifier les personnes qui les ouvrent et les consultent.

    « Nous avons demandé que cette évolution soit accélérée et que le délai entre l’ouverture du DMP et son abondement par l’un des collaborateurs soit raccourci », déclare Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officines (source : Quotidien du pharmacien). Philippe Besset, président de la  Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) souligne pour sa part que la solution trouvée « n’est que transitoire » car la loi santé prévoit d’accorder au titulaire le droit de « confier la responsabilité de l’accès au DMP à ses collaborateurs, sans carte, ni code ».

  • Innovation clinique : les HCL et Lyonbiopôle lancent un 3e AAP (deadline : 11/10/2019)

    Les Hospices civils de Lyon (HCL) et Lyonbiopôle donnent le coup d’envoi de leur troisième appel à projets (AAP) pour encourager la collaboration entre le monde hospitalier et les industriels. Lancé lors de la Journée « innovation clinique » organisé par le pôle de compétitivité le 27 juin 2019, cet AAP a pour objectif de rendre compétitifs et de soutenir financièrement (à hauteur de 100 000 euros) un ou deux projets hospitalo-industriels de développement d’une technologie de santé.
    Le dossier de candidature, téléchargeable via ce lien, est à remettre au plus tard le 11 octobre 2019.

    Le soutien apporté dans le cadre de cet appel vise à optimiser l’accès du produit à la commande publique ainsi que sa mise à disposition aux patients.

    Contact :
    • Hugo Veysseyre, chargé d’affaires PME et innovation clinique : hugo.veysseyre@lyonbiopole.com

    Objectifs

    • Rendre compétitifs et soutenir financièrement un ou deux projets hospitalo-industriels de développement d’une technologie de santé. « Ce soutien permettra d’optimiser l’accès du produit à la commande publique ainsi que sa mise à disposition aux patients », précise Lyonbiopôle sur son site web.

    En fonction des besoins du projet, évalués conjointement avec les porteurs, les HCL pourront mettre à disposition un soutien matériel et organisationnel :

    • conseil et accompagnement par le DRCI pour le montage d’études de recherche clinique ou médico économique ;
    • conseil et accompagnement de la direction des achats pour la commercialisation et l’étude de marché,
    • soutien financier des Hospices civils de Lyon (HCL) à hauteur de 100 000 euros au total pour l’ensemble de cet appel qui, en fonction de la contractualisation, pourrait notamment porter sur l’aide au financement des développements, à la réalisation des prototypes, à la réalisation d’une étude de recherche clinique ou médico-économique,
    • référencement national via le catalogue d’UniHA si la technologie est éprouvée, sous réserve d’une procédure de mise en concurrence ou de la possibilité, sur le fondement de dispositions spécifiques, pour UniHA de l’inscrire à son catalogue sans procédure de publicité et de mise en concurrence.

    Périmètre et éligibilité

    Typologie de projets ciblés et éligibles :

    • dispositif médical, incluant : biomatériaux, textile, dispositif médical implantable, diagnostic in vitro et objets connectés ;
    • à terme, le produit développé dans le cadre de ce projet doit viser le marquage CE médical ainsi qu’une commercialisation auprès des hôpitaux ;
    • les projets portant sur un médicament, un système d’information, un logiciel (incluant imagerie) ne seront pas éligibles à cet appel à projets.

    Consortium éligible

    • Une PME adhérente de Lyonbiopôle et un professionnel de santé des HCL (praticien ou paramédical) doivent a minima être les porteurs principaux du projet.

    Calendrier

    À l’issue de la date limite de dépôt des candidatures, une pré-sélection de dossiers sera effectuée. Seuls les candidats ayant été présélectionnés seront invités à présenter leur dossier lors d’une audition.

    • Date limite de dépôt des candidatures : 11/10/2019 ;
    • pré-sélection des candidatures par le comité : 12/11/2019 ;
    • audition des pré-sélectionnés par le comité de sélection : 03/12/2019.
  • Analyse du sommeil : Dreem lance un appel à projets à destination des chercheurs en médecine

    La société française Dreem donne le coup d’envoi d’un appel à projet (AAP) à destination des chercheurs en médecine du sommeil. Cet AAP, annoncé le 25 juin 2019, a été lancé à l’occasion du SLEEP 2019, le 33e congrès annuel de l’APSS (Associated Professional Sleep Societies) organisé du 7 au 11 juin à San Antonio au Texas. Il fait suite à la présentation des résultats de l’étude clinique Octave Irba sur l’efficacité du bandeau Dreem 2 pour le suivi du sommeil.  

    L’appel est ouvert aux professeurs à temps plein (ou titulaires d’un statut équivalent) d’institutions publiques ou privées, universités, hôpitaux ou laboratoires. Les projets candidats doivent inclure une évaluation du sommeil avec le bandeau Dreem. Les 3 programmes sélectionnés par le board scientifique de Dreem bénéficieront de « 20 à 100 bandeaux » pour mener à bien leurs investigations.

    Les lauréats seront annoncés lors du Congrès mondial du sommeil à Vancouver au Canada, le 21 septembre 2019. 

    « Notre solution permet aux scientifiques et aux médecins de mieux comprendre l’impact du sommeil sur un large éventail de conditions, couvrant la santé mentale et le bien-être physique, grâce à des études à faible coût menées sur une large population», souligne Hugo Mercier, P.-D.G. et co-fondateur de Dreem.

  • FASN Parcours innovants : Qalyo remporte le start-ups challenge

    Qalyo remporte le start-ups challenge de l’événement « Parcours innovants », organisé le 27 juin 2019 à Paris par Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN.

    Fondé en 2016, Qalyo propose un logiciel permettant d’optimiser et de coordonner le parcours de soins des patients par le biais d’algorithmes.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    • Docmadi : application SaaS dédiée à l’accompagnement, aux interactions soignants-patients et au télé-suivi entre consultations à l’hôpital ;
    • Félix Santé : plateforme qui propose de la prévention santé sous format d’épisodes, d’un forum, d’illustrations ou encore de quiz (se présente comme le « Netflix de la santé ») ;

  • Cegedim obtient les certifications HDS et ISO 20000-1 :2018

    Cegedim, spécialiste de l’édition de logiciel notamment dans le domaine de la santé, annonce avoir obtenu 2 certifications : HDS (hébergement de données de santé) et ISO 20000-1 :2018 (sécurisation et optimisation de son « cloud »).

    Le communiqué daté du 17 juin 2019 souligne que la société obtient « les deux certificats concernant deux métiers distincts » de l’hébergement des données de santé, « hébergeur d’infrastructure physique » et « hébergeur infogéreur », soit l’ensemble des activités 1 à 6 du référentiel HDS. 

    L’entreprise ajoute qu’elle obtient également 2 nouvelles attestations de conformité portant sur « la sécurité et la protection des données personnelles en environnement cloud », à savoir :
    • ISO 27017 : 2015 : Code de bonnes pratiques pour les contrôles de sécurité dans les services cloud ;
    • ISO 27018 : 2014 : Code de bonnes pratiques pour la protection des données personnelles dans les services cloud.

    « L’obtention de ces nouvelles certifications est une étape importante dans le développement de Cegedim.cloud, déjà agréé hébergeur de données de santé depuis 2009, ISAE 3402 Type II (SOC 2) depuis 2012 et certifié ISO 27001 en 2017 », déclare Romain Vergniol, responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) de Cegedim. Il souligne que « la mise en conformité avec ces référentiels en 2019 est le fruit d’un travail collectif et de l’engagement de la direction (…) vers l’excellence opérationnelle dans les métiers du cloud ».

  • Servier lance à Paris-Saclay un incubateur pour start-ups innovantes, y compris en e-santé

    Servier va ouvrir un incubateur dédié aux start-ups « les plus innovantes dans le domaine de la santé ». Il se situera au sein de l’Institut de recherche Servier Paris-Saclay, dont la première pierre a été posé le 19 juin 2019 et qui regroupera d’ici 2022 l’ensemble des activités de recherche du groupe basées en France.

    L’incubateur s’étendra sur une surface de 1 850 m2 et sera composé de 80 postes de travail. Il permettra aux start-ups hébergées de « développer leurs projets de façon autonome » et de « partager leur expertise avec les équipes Servier pour créer une dynamique partagée supplémentaire », précise Servier dans un communiqué.

    Contacté par Health & Tech Intelligence, le groupe explique que cet « hôtel à projets » sera appelé à accueillir « des entreprises du numérique et de la e-santé à partir du moment où cela fera sens » du point de vue du soutien que Servier peut apporter ou « vis-à-vis d’autres start-up présentes sur le site ». C’est le professionnel choisi pour la gestion de cet incubateur qui se chargera de sélectionner les jeunes sociétés appelées à rejoindre le site en 2022 : Servier fera partie du comité de sélection.

    « Le futur institut s’inscrit dans un écosystème extraordinaire par sa proximité avec CentraleSupelec, l’ENS, l’ICE, le CNRS, l’Inserm… et nous l’espérons bientôt un hôpital dédié aux soins et à la recherche à proximité », commente Olivier Laureau, président de Servier.

  • H&TI Webinar : piloter la santé par les données, pourquoi, comment et qu’en attendre ? (01/07/19, 11h)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, consacré au data management de la santé à la suite de la publication du livre La révolution du pilotage des données de santé. Enjeux juridiques, éthiques et managériaux, écrit conjointement par les experts Élodie Chapel, David Gruson (auteur principal), Delphine Jaafar, Pierre Loulergue, Judith Mehl, Florent Parmentier et Anaïs Person (LEH Édition, collection « Décideur santé »).

    Les auteurs présenteront les nombreuses dimensions du data management en santé, décrit comme un « continent nouveau » en train d’émerger : sécurité sanitaire et régulation du système, gestion prévisionnelle des ressources humaines et des compétences, adaptations des modes de financement vers une reconnaissance des parcours des patients, modalités de valorisation du pilotage par les données, etc.

    « L’objectif est de donner aux décideurs, professionnels de santé mais aussi à chacun de nos concitoyens, les clés de compréhension de ce mouvement majeur et irréversible. »

    Connectez-vous le 1er juillet 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct à :
    • David Gruson, Chaire santé de Science Po et fondateur d’Ethik IA ;
    • Maître Delphine Jafaar, cabinet Vatier Avocats.

    Les débats seront animés par Sandrine Degos, présidente de Care Insight.

    Les inscriptions doivent être réalisées via ce lien.

  • « Le Health Data Hub peut être l’une des plus belles bases de données de santé au monde » (E. Bacry)

    « Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP) », explique le chercheur Emmanuel Bacry, directeur scientifique du futur Health Data Hub (HDH) et également directeur de recherche au CNRS à l’université Paris-Dauphine.

    Sa nomination au sein du HDH, annoncée en avril, fait suite à la transformation de l’Institut national des données de santé (INDS) en « plateforme de données de santé » (le Health Data Hub) prévue dans le cadre du projet de loi santé, sur lequel députés et sénateurs sont parvenus le 20 juin à un accord en commission mixte paritaire (CMP).

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Emmanuel Bacry revient sur l’état d’avancement du hub et des 10 projets lauréats de l’AAP (sur 189), précisant qu’ils devraient « avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires ». Il partage aussi sa vision plus globale de l’initiative. « Nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub », commente-t-il entre autres, ajoutant qu’en cas de succès, « la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde« .

    La création du Health Data Hub en France vise à contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé. Le projet dans sa globalité est doté d’une enveloppe de 80 millions d’euros sur 4 ans.

    « Je souhaite que le hub soit une plateforme de données mais aussi de mise en relation de compétences et d’intérêts »

    Quelles sont précisément vos missions en tant que directeur scientifique du Health Data Hub (HDH) ?

    Emmanuel Bacry : Je travaille pour le projet « Health Data Hub ». Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP Health Data Hub).

    Ainsi par exemple, certains porteurs de projets souhaitent être mis en lien avec des académiques, collaborer avec des seniors pour vérifier la bonne conduite scientifique de leur projet.

    De façon plus générale, nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub. Notre objectif est que le HDH fasse de la mise en réseau, réunisse tous les acteurs, privés et académiques, centralisent toutes les questions relatives au sujet des données de santé.

    En avril, Jean-Marc Aubert, le pilote du projet Health Data Hub, a annoncé votre nomination en tant que directeur scientifique ainsi que d’autres recrutements à venir pour compléter l’équipe centrale du hub. Combien de personnes vont rejoindre le projet au total ?

    Actuellement, le Health Data Hub c’est encore l’INDS, soit une dizaine de personnes employées. La mission de constitution du hub est piloté par la Drees qui se fait aider par un certain nombre de consultants. Nous allons recruter petit à petit pour le futur HDH, en fonction des besoins des projets, en interne mais aussi en externe par le biais de prestataires (data scientists et data engineers par exemple). Je ne peux pas vous donner de chiffres précis pour l’instant.

    De mon côté, je cherche à mobiliser les différentes institutions de recherche françaises et par ce biais les chercheurs de ces institutions. Nombre d’entre eux devraient être intéressés pour nous aider à la constitution du hub et plus tard à être associés à son fonctionnement. Ils apporteront des expertises essentielles dont nous avons besoin et participeront aux différentes activités ou animations. Cela permettra par ailleurs de faciliter le recrutement, d’être plus attractifs.

    Si nous parvenons à assurer aux talents du secteur qu’ils vont côtoyer de grands noms, alors nous allons recruter très facilement.

    La création du hub est souhaitée par la ministre Agnès Buzyn avant le 31 octobre 2019. Pensez-vous pouvoir tenir ce calendrier ?

    Oui, l’idée étant que nous soyons prêts quand la loi sera définitivement votée (L’Assemblée nationale se prononcera sur les conclusions de la CMP le 10 juillet 2019 et le Sénat le 23 juillet). Il est en tout cas évident que nous aurons commencé à bien travailler avec les différents porteurs de projets à cette date.

    AAP : « Nous devrions avoir une idée très claire des besoins des projets à la fin juin »

    La collaboration avec les porteurs des 10 projets lauréats de l’appel à projets (AAP) Health Data Hub a débuté en avril. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Nous avons entamé la phase de cadrage. Nous sommes en train de les auditionner à nouveau pour bien identifier leurs besoins afin de mener à bien leur projet. C’est très complexe, il y a beaucoup de travail à accomplir avec chacun des porteurs, notamment du point de vue juridique.

    Nous devrions avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires.

    D’autres AAP ont été annoncés par Jean-Marc Aubert. Des dates précises ont-elles été fixées ?

    Il n’y aura pas d’autres AAP avant la fin 2019. Aucune date n’a encore été fixée pour les prochains appels mais, dans tous les cas, il y aura des événements organisés au premier semestre 2020. Nous devons déjà nous concentrer sur les 10 projets retenus en avril pour construire des bases solides, savoir quels sont les points pour lesquels le projet fonctionne et quels sont ceux qui posent problème. C’est comme cela que nous apprenons.

    L’idée, à terme, est de ne plus passer systématiquement par des appels mais de permettre à chaque acteur qui le souhaite de déposer une demande d’accès aux données du hub et aux producteurs de données d’y héberger leurs datas en respectant le principe de gouvernance unique du hub.

    « Nous sommes précurseurs mais il existe déjà des initiatives dans d’autres pays »

    La création du Health Data Hub en France va contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé, mais le pays, et plus généralement l’Europe, souffrent encore d’un « vrai déficit » en plateformes d’intégration de données issues de plusieurs sources, a observé Bernard Hamelin, directeur monde de Sanofi en charge de la production de preuves médicales (Tic Pharma). Partagez-vous cet avis ?

    Nous sommes précurseurs mais il existe déjà quelques initiatives dans d’autres pays européens dans le domaine des données de santé. Nous regardons donc quels sont les modèles mis en place à l’étranger que nous pouvons imiter.

    Cependant, nous sommes parmi les premiers à proposer une telle plateforme de données de santé. Cela devrait permettre un rayonnement mondial et attirer de nombreux chercheurs étrangers.

    Est-il possible d’envisager une interopérabilité entre les différentes plateformes de données de santé européennes ?

    Nous pouvons rêver à un Health Data Hub européen, à une interopérabilité entre les plateformes issus de différents pays. Nous sommes d’ailleurs en train de regarder du côté de nos partenaires européens pour trouver une synergie entre nos projets. C’est un sujet que je vais observer de près.

    « Pour réussir, il faut que le HDH soit un projet en évolution et non figé »

    Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques semaines après l’annonce de votre nomination ?

    Je suis toujours enthousiaste ! Nous sommes en mesure de créer quelque chose de magnifique. Je ne vois pas de freins particuliers à l’accomplissement de ce projet mais j’admets que nous avons un vrai défi à relever, des ambitions élevées, l’une de nos missions centrales étant de mettre en place une gouvernance qui fasse sens. Il faut aussi que nous organisions des think tanks et des comités scientifiques pour répondre notamment aux multiples questions qui se posent dans l’utilisation des données de santé (notamment d’ordre éthique). Pour réussir, il faut que le Health Data Hub soit un projet en évolution et non figé.

    Je suis partagé entre excitation et appréhension parce que tout est à faire, tout est à inventer. Il s’agit d’un projet unique, splendide, il faut juste que nous réussissions. Si nous parvenons à atteindre notre objectif, la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde.