« Il faut améliorer la coordination des soins non pas pour faire des économies mais parce que des soins coordonnés assurent une meilleure prise en charge ». Telle est la conclusion d’une tribune de Michael McWilliams, professeur expert en systèmes de soins à la Harvard Medical School, publiée le 8 décembre 2016 dans le NewEngland Journal of Medicine (NEJM).
• Les programmes de coordination des soins mis en place aux Etats-Unis ont généré des économies minimes
• La coordination pour la prise en charge de patients à risque peut générer son extension à des cas pour lesquels elle est moins nécessaire
• La coordination des soins qui reposant sur l’innovation et la mobilisation de nouvelles ressources peut génèrer des coûts qui annulent les économes réalisées,
sont les trois axes de l’argumentaire développé par cet expert, à partir de l’observation du système de santé américain, sur les limites de l’impact de la coordination des soins sur les coûts de la santé.
Les programmes de coordination des soins génèrent des économies minimes
- « Les efforts visant la coordination tendent à accroître l’utilisation des soins, ce qui annule au moins partiellement la diminution du recours aux soins évitables ».
- « Un programme de coordination offrant une meilleure prise en charge élaboré pour un patient à haut risque entraîne une augmentation du nombre de cas à traiter puisqu’il pourra apparaitre pertinent pour la prise en charge de pathologies moins aigües ».
- « En raison du coût des technologies de l’information utilisées et de la mobilisation de nouvelles ressources, la coordination des soins est coûteuse ».
- « La diminution des hospitalisations qu’elle permet ne fait que compenser le coût de la coordination des soins et ne génère pas des économies nettes ».
La coordination des soins ne doit pas primer sur l’abandon de soins inutiles
- « Si la coordination des soins permet d’éviter les analyses redondantes, les erreurs médicales ou les conséquences de maladies chroniques mal gérées, elle ne doit pas occulter les causes majeures de soins inutiles ».
- « Limiter le recours à des pratiques de faible valeur comme l’imagerie médicale pour des douleurs lombaires ne justifie pas de mettre en place une coordination des soins ou de modifier le comportement du patient ».
- « L’accentuation excessive de la coordination peut détourner l’attention de l’élaboration d’approches qui éliminent plus efficacement les prestations de faible valeur ».
- « Une grande partie des économies réalisées dans le cadre de programmes de soins responsables aux Etat-Unis vient d’une limitation de l’utilisation des soins post-opératoires dans des centres de soins infirmiers, des soins de santé à domicile et des services hospitaliers ambulatoires coûteux ».