• Prévenir les effets indésirables,
• Légitimer le recrutement des patients,
• Contextualiser l’information,
tels sont les apports de l’intelligence artificielle et de l’utilisation des algorithmes dans le domaine de la santé, selon Pascal Sempé, business development manager chez IBM Watson Health, qui s’exprimait à l’occasion de la 2ème édition de PharmaCité à laquelle a assisté HTI le 13 décembre 2016.
Exploiter la richesse de la donnée grâce à l’IA
Selon Pascal Sempé, l’information médicale doublera tous les 73 jours d’ici 2020 et 1,5 million d’effets indésirables pourraient être prévenus chaque année. Mais il estime que le problème de cette information est qu’elle n’est pas « structurée » (image, texte) et que 80% de cette information reste « invisible ». Or selon lui, 60% des déterminants de santé tiennent à l’environnement de vie et au comportement du patient, facteur important dans la progression de la pathologie.
« La donnée seule n’est pas utile, il faut savoir la traduire en information, dans son contexte, c’est ce qui manque au système d’information », affirme-t-il.
Comprendre, raisonner, apprendre et interagir
Pascal Sempé décrit le système d’information de Watson comme « une solution cognitive, présentant la capacité de comprendre l’information, de l’analyser, que ce soit un texte ou de l’image, d’en réaliser une analyse sémantique et d’établir la nature des relations existant entre les concepts élaborés dans les publications scientifiques. Ce système d’information peut raisonner, évaluer et formuler des hypothèses et recommandations ».
En cancérologie, le système peut lire le corpus, déterminer quelle information est pertinente, solliciter des bases d’informations riches alimentées d’études cliniques et peut apporter des recommandations thérapeutiques au médecin qui se voit proposer une palette d’options thérapeutiques et peut passer outre les habitudes de traitement, par exemple.
Il explique que le système permet également de légitimer le recrutement de certains patients et possède la capacité de gérer l’information génétique (comme les mutations observées dans les tumeurs sont à prendre en compte pour le diagnostic des patients).
« Cela permet d’accélérer la génération d’hypothèses et d’idées que peut avoir le chercheur.
Le système extrait l’information des variants génétiques, pathologies, études cliniques, établit les relations entre les gènes et les pathologies; le chercheur a donc plus d’hypothèses à tester et utilise sa cognition pour analyser. »
Apporter une « dimension de contextualisation » supplémentaire permet d’augmenter la pertinence de l’analyse
S’appuyer sur les déterminants de santé environnementaux pour éviter les situations d’urgence
S’intéressant aux déterminants de santé environnementaux et à la composante comportementale du patient, Pascal Sempé s’interroge sur la manière d’être plus prédictif grâce à l’augmentation des appareillages connectés et des applications mobiles : comment pourrait-on formuler des recommandations lors de situations de pathologies chroniques comme l’asthme avant d’avoir atteint un certain stade de gravité ?
Il explique ainsi qu’IBM a racheté « the weather company », une entreprise qui possède des données de météorologie et de prévisions parce que les données climatiques sont importantes en santé et en particulier pour le suivi des patients. L’idée est de mesurer grâce aux inhalateurs connectés l’évolution de l’équilibre de la pathologie au cours de la journée et plus généralement dans le temps, et d’établir une corrélation avec les informations météorologiques pour parvenir à une prédiction et un contrôle de l’asthme.
« On éviterait d’être dans une situation d’urgence et de crise, on posséderait des recommandations sur comment adapter la dose. Ces recommandations pourraient être adressées au médecin ou au patient. »
Pascal Sempé estime que « cette technologie cognitive est une assistance qui amène valeur, analyse et contextualisation sur des informations disponibles: on peut alors parler de médecin augmenté, de patient augmenté. »