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  • Dossier : le numérique et la cancérologie « hors les murs »

    La prise en charge en cancérologie a évolué de manière considérable ces dernières années, avec le développement de la chirurgie ambulatoire ou de nouvelles techniques de radiothérapie. Le parcours de soins longtemps centré sur l’hôpital se déroule désormais principalement en dehors, mais ces évolutions manquent aujourd’hui d’un réel accompagnement numérique.

  • Le numérique et la cancérologie « hors les murs »

    La prise en charge en cancérologie a évolué de manière considérable ces dernières années. Un véritable changement de paradigme. Le malade passe de moins en moins de temps à l’hôpital avec le développement de la chirurgie ambulatoire ou de nouvelles techniques de radiothérapie. Des thérapies ciblées et des chimiothérapies sont de plus en plus souvent administrées par voie orale à domicile.

    Le parcours de soins longtemps centré sur l’hôpital se déroule désormais principalement en dehors. Des évolutions qui manquent aujourd’hui d’un réel accompagnement numérique.

  • Présidentielle : la FHF présente une plateforme de propositions autour de 12 orientations politiques

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, et David Gruson, délégué général, ont présenté le 3 février 2017 la plateforme de propositions de la FHF pour 2017-2022, autour de 12 orientations politiques visant à déverrouiller le système de santé et de 50 mesures à prendre pour ce faire.

    Partant du constat que les hôpitaux sont « proches du burn-out », la FHF souhaite « donner de l’oxygène à l’hôpital » et « garantir l’accès aux soins efficaces », en donnant des « marges d’autonomie et de confiance » aux professionnels sur les territoires.

    1. Réaffirmer la primauté des missions de service public

    La FHF souhaite que soit réinstaurée l’obligation pour tous les acteurs financés sur des fonds publics de participer aux missions de service public, notamment en matière de permanence des soins.

    2. Organiser les soins sur le principe de la responsabilité populationnelle

    La FHF prône une nouvelle organisation du système de santé basée sur la réponse aux besoins de la population sur un territoire donné. Cette responsabilité, territoriale, qui recouvre à la fois l’amélioration de l’expérience individuelle des patients et l’amélioration de la santé de la population d’un territoire dans son ensemble, doit également permettre des gains d’efficience.

    3. Enclencher un « temps 2 » des GHT

    La FHF souhaite que la médecine de ville soit systématiquement associée aux GHT, sans réglementation pour ne pas figer les choses. Frédéric Valletoux estime que « les GHT seront un échec si l’offre hospitalière reste dans un entre-soi sans ouverture aux autres ».

    La FHF propose également que les établissements qui le souhaitent puissent s’engager sur un « chemin d’intégration territorial », appuyé sur une stratégie définie au niveau territorial, et pouvant, ou non, aboutir à une fusion.

    4. Prendre soin des professionnels de santé

    La FHF émet des propositions pour développer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, mieux prévenir les risques professionnels, simplifier les évolutions de carrière, etc.

    5. Améliorer l’attractivité médicale des établissements

    Il s’agit à la fois d’agir sur la qualité de vie au travail des médecins hospitaliers, mais aussi d’apporter des réponses spécifiques pour les disciplines les plus en crise, par exemple en plafonnant les différences de rémunération avec le secteur privé ou en mettant en place un opérateur parapublic pour moraliser le marché de l’intérim.

    6. Donner plus d’autonomie aux établissements dans leur action

    La FHF propose en particulier la création d’un « dispositif d’autonomie avancée » permettant aux établissements, à l’échelle du GHT, d’avoir plus de souplesse, en sortant du code des marchés publics et du cadre de recrutement et de rémunération de la fonction publique hospitalière.

    7. Adapter les ordonnances Debré pour consolider les CHU

    La FHF préconise une régionalisation du périmètre des circonscriptions d’internat et une coordination des stratégies des CHU au niveau des grandes régions. Elle souhaite également la création d’un fonds de soutien aux projets de développement des établissements de santé à l’export.

    8. Définir des modalités de financement rénovées

    La FHF propose une adaptation de la T2A pour y inclure un volet incitatif à l’engagement dans la territorialité, ainsi qu’une réflexion sur la définition d’objectifs régionaux de dépenses d’Assurance maladie.

    9. Renforcer la place des indicateurs de résultats dans l’évaluation

    La FHF appelle notamment à ce que la qualité et la pertinence soient intégrées dans les modèles de rémunération et à ce que les indicateurs de résultats soient privilégiés dans l’évaluation.

    10. Accompagner et promouvoir le secteur médico-social public

    La FHF propose, entre autres, la mise en place du 5e risque, et un déverrouillage des trois secteurs tarifaires dans les Ehpad.

    11. Renforcer la e-santé dans les territoires de santé

    La FHF préconise la création d’instances régionales de pilotage de la e-santé pour définir une feuille de route commune, dont la maîtrise d’ouvrage sera confiée aux GHT.

    12. Approfondir la démocratie sanitaire

    La FHF souhaite notamment améliorer les conditions de participation des usagers dans les établissements de santé.

  • Les chiffres-clefs de la cancérologie

    En 2015

    • 385 000 nouveaux cas estimés en France.
    • 149 500 décès estimés.
    • Âge médian au décès en France métropolitaine : 73 ans chez l’homme et 77 ans chez la femme.
    • 48 000 patients inclus dans les essais cliniques en cancérologie.
    • 928 établissements de santé autorisés à prendre en charge des patients atteints de cancers.

    Par ailleurs, en 2020, 50% des patients atteints d’un cancer seront pris en charge en chimiothérapie orale (source : Nations Unies).

    Perspective 2025

    • 75% de chirurgie ambulatoire dans le cancer du sein.
    • 50% des traitements médicamenteux administrées par voie orale.
    • 25% de diminution des chimiothérapies intraveineuses.

  • Innolab Elsan : l’application Moovcare, un exemple d’innovation de rupture

    Moovcare, application française développée par l’entreprise Sivan Innovation et conçue par le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard du Mans, permet de suivre les patients en rémission de cancer du poumon pour détecter plus rapidement les signes de rechute. « L’étude clinique de phase III a démontré que la solution permettait d’améliorer la qualité de vie du patient », a déclaré Ayala Bliah, COO de Sivan Innovation, intervenue lors du Live d’Innolab, une soirée dédiée au living lab d’Elsan qui s’est tenue le 5 février 2019 et dont H&TI est partenaire.

    Dans le cadre du partenariat conclu avec Innolab, Sivan Innovation propose aux équipes médicale du groupe Elsan d’utiliser cette application, dont l’impact sur la survie a été publié dans le NEJM. Deux d’entre elles ont déjà commencé à proposer ce suivi à leurs patients.

    La solution a obtenu un brevet en Europe et aux États-Unis et est reconnu comme dispositif médical de classe I marqué CE.

    Le Dr Fabrice Denis, concepteur de Moovcare, est un oncologue-chercheur. C’est en travaillant avec ses collègues mathématiciens du CNRS de Rouen qu’il est arrivé à la conclusion que le cancer, comme les systèmes complexes, était régi par la théorie du chaos qui veut que très peu de choses peuvent avoir de grandes conséquences. D’où l’idée d’appliquer au cancer le  système des « proies-prédateurs » qui conduit à surveiller plus la proie (le patient) que le prédateur (la tumeur) pour diagnostiquer les rechutes.

    De là est née l’idée d’une application surveillant les symptômes des patients traités pour un cancer du poumon alors que la surveillance reposait jusque-là sur une imagerie par scanner tous les 3 mois. Un essai clinique randomisé multicentrique de phase III a été mené pendant un an sur 121 patients dont les résultats ont été présentés au dernier ASCO.

    Un premier groupe avait un suivi classique par scanner. Le second utilisait en plus, chaque semaine, l’application Moovcare et notifiait, via son ordinateur, tablette ou smartphone, l’apparition de différents symptômes évocateurs d’une possible rechute. Un algorithme permettait de détecter la récidive  quasiment 1 mois et demi avant le scanner prévu. De surcroit le nombre d’examens de scanner était réduit de moitié.  A la fin de l’étude, la médiane de survie était de 19 mois dans le second groupe contre 12 dans le premier.

    Moovcare, développée par l’entreprise Sivan Innovation, fait l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché en tant que dispositif médical. Le dossier est en cours d’examen à la HAS. Un remboursement pourrait intervenir dès le premier semestre 2017.

    Des essais randomisés ont démarré avec la même base algorithmique pour d’autres cancers.

  • Les freins au développement du numérique en cancérologie

    Le marché de l’e-santé n’est pas encore mature et pâtit de l’absence d’un modèle économique permettant aux industriels d’avoir la garantie d’un retour sur investissement. Les outils se développent sans labellisation, ni prise en charge par les payeurs.

    Seule une reconnaissance officielle par les autorités de santé et une prise en charge par les payeurs permettront une prescription par les professionnels de santé, condition indispensable à leur déploiement en routine. L’absence d’un financement pérenne explique le fait que nombre de projets aient du mal à franchir le cap de l’expérimentation.

    Dans ce contexte, les industriels regardent les marchés étrangers. C’est le cas de Domicalis, qui a signé un accord avec Agfa Healthcare pour déployer sa plateforme numérique sur les marchés beaucoup plus porteurs à l’étranger. Les industriels s’y sentent, par ailleurs, moins bridés par une  réglementation plus souple en matière d’accès et d’utilisation des données de santé. 

  • Cancérologie : des outils numériques encore émergents

    Le dynamisme médical de la cancérologie contraste avec la faiblesse des outils numériques, plutôt émergents : le recours au numérique apparaît plutôt limité en dehors de quelques initiatives intéressantes comme notamment le didacticiel de l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard et l’application Santinel de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole.

    A l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard, un didacticiel expliquant aux patientes opérées d’un cancer du sein les traitements et les conduites à tenir, remis autrefois sous la forme d’un DVD interactif, est accessible sur le site web de l’institut depuis janvier 2016. Les chirurgiens espèrent disposer prochainement d’un suivi post-opératoire par smartphone ou tablette. Le projet, aujourd’hui prêt, est en attente d’un financement.  

    L’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole, après les dispositifs de suivi téléphonique (AMA, COACH), vient de créer l’application Santinel, une plateforme de télésurveillance en algologie.

    Du côté des établissements privés, le centre Hospitalier Privé de l’Europe (Le Port-Marly) a développé en partenariat avec le laboratoire Roche un « serious game » dédié aux patients atteints de cancer et traités par chimiothérapie ou thérapie ciblée orale. Ce jeu interfacé avec la plateforme de coordination VivaltoLife permet une interaction en temps réel et continue entre le patient à domicile et ses professionnels de Santé, une initiative qui a été primée aux trophées de la FHP 2016 dans la catégorie « Innovation et santé connectées » en décembre 2016.

    Un essai randomisé (étude CAPRI) qui a débuté à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) en septembre 2016 sur mille patients recevant un traitement par voie orale devrait apporter des informations supplémentaires sur les avantages d’un suivi numérique par rapport à une surveillance traditionnelle. Cette étude va, en effet, comparer 500 patients suivis de manière habituelle à 500 patients suivis par une infirmière de coordination à l’aide d’une plateforme web ad hoc.

    Quant aux traitements administrés à domicile, ils posent des problèmes spécifiques.
    La toxicité cumulative de certains de ces traitements pris à vie, l’observance des patients sont de vrais sujets de préoccupation. Ici aussi, seule la technologie numérique peut permettre une surveillance régulière et l’éducation thérapeutique du patient à distance sans l’obliger à venir régulièrement en consultation.
    Il faut pourtant constater l’absence d’outils numériques permettant d’évaluer l’observance des patients, tel que le pilulier connecté qui a été testé dans le cadre d’une étude clinique au centre de lutte contre le cancer Jean Perrin de Clermont-Ferrand.
    L’utilisation de ce type d’outil, en routine chez nos voisins suisses, se heurte en France à des problèmes de prise en charge et de remboursement.

  • Le développement de l’ambulatoire en cancérologie : un enjeu pour les patients et les établissements

    Dans l’étude « Quelle prise en charge des cancers en 2020 ? » réalisée en 2013, Unicancer identifie six évolutions structurantes dans la prise en charge de la cancérologie d’ici 2020. Deux d’entre elles illustrent le déplacement de la prise en charge des patients hors des murs de l’hôpital. Il s’agit de la chirurgie ambulatoire et de la chimiothérapie à domicile.

    Vers la chirurgie ambulatoire

    La chirurgie ambulatoire est fortement encouragée par les pouvoirs publics. C’est désormais un enjeu majeur tant pour les établissements de santé que pour les patients. Elle suppose une organisation logistique en interne et une bonne articulation avec l’amont et l’aval.

    Avec une activité débutée en 1995, l’Institut Cancérologique de l’Ouest (ICO) Jean Bernard fait figure de pionnier avec un taux qui a dépassé les 57% dans la chirurgie du sein au premier semestre 2016. 22% des mastectomies ont été réalisées en ambulatoire en 2015, alors que cette activité n’a démarré qu’en 2013.

    …et la chimiothérapie à domicile

    Le développement des chimiothérapies orales et des thérapies ciblées, dont une partie pourra être administrée par voie orale, figure également parmi les évolutions repérées par Unicancer. En 2020, les patients continueront à être traités par chimiothérapie sous forme intraveineuse, mais certains d’entre eux recevront en plus des lignes de traitements oraux, notamment ceux présentant des maladies métastatiques. D’ici à 2020, la proportion de traitements médicamenteux par voie orale pourrait passer des 25 % actuels à 50 %, et les chimiothérapies intraveineuses diminuer de 25 %, selon Unicancer.

    Ces tendances se traduisent par une augmentation des prises en charge à domicile et de fréquents allers-retours ville-hôpital. Une bonne coordination entre les équipes hospitalières, les professionnels de premier recours et le patient lui-même apparaît plus que jamais indispensable. De leur côté,les patients mieux informés se veulent de vrais acteurs de leur maladie en s’impliquant dans sa prise en charge. Dans les deux cas, l’avenir passe par le recours aux technologies du numérique.

  • Cancer : Unicancer fait 10 propositions clés aux candidats à la présidentielle

    Unicancer, la Fédération des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), a adressé aux candidats à l’élection présidentielle ses propositions afin de faire progresser la lutte contre le cancer en France au cours du prochain quinquennat. Unicancer appelle notamment à s’appuyer sur la e-santé pour rendre les patients acteurs de leur parcours de soins, et à tirer parti de la constitution de grandes bases de données de santé.

    Les propositions d’Unicancer s’organisent autour de cinq priorités :

    • Permettre un accès à des soins de qualité pour tous sans dépassement d’honoraires
    • Répondre aux nouvelles attentes des patients
    • Soutenir la recherche et l’innovation
    • Développer la e-santé
    • Accompagner l’évolution des métiers

    Les dix propositions clés d’Unicancer

    Unicancer a élaboré au total soixante propositions, parmi lesquelles dix sont prioritaires :

    • Mieux financer l’innovation aussi bien médicale, qu’organisationnelle.
    • Profiter des opportunités créées par la e-santé pour rendre les patients acteurs de leurs parcours de soins.
    • Garantir la pérennité des Sites de recherche intégrés sur le Cancer (SIRIC).
    • Répondre à l’enjeu représenté par la constitution de grandes bases de données de santé (big data).
    • Contractualiser un financement structurel des centres experts et de recours afin qu’ils puissent développer une recherche clinique académique.
    • Garantir une prise en charge pour des malades atteints d’un cancer sans aucun dépassement d’honoraires dans tous les établissements de santé ayant une activité de cancérologie.
    • Lancer un nouveau Plan cancer au cours de la prochaine mandature présidentielle.
    • Maintenir la reconnaissance par l’État de la spécificité des CLCC.
    • Donner aux établissements de référence en cancérologie les moyens de coordonner le parcours de soins des malades de moins en moins hospitalisés.
    • Accompagner l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie en s’appuyant sur le développement des pratiques avancées.

    Ces propositions ont été élaborées à l’issue d’une concertation impliquant patients, professionnels des CLCC et experts. Elles intègrent les principales tendances évolutives de la cancérologie identifiées par les 3 études prospectives réalisées par Unicancer en 2013, 2015 et 2016, qui visaient à analyser les principales évolutions pour les dix prochaines années dans les soins (l’augmentation de la chirurgie ambulatoire ou le développement de l’immunothérapie, ainsi que les tendances sociétales et organisationnelles telles que le renforcement du rôle du patient et la progression de la e-santé).