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  • Cancer du poumon : une étude pilote en Île-de-France prépare le dépistage organisé national

    • 53 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année en France.
    • L’étude OPTI-DEPIST-MUT, lancée en janvier 2025 par l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris, évalue la faisabilité d’un dépistage organisé.
    • Le programme cible les fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 74 ans, associant scanner thoracique à faible dose et accompagnement au sevrage tabagique.
    • Les études internationales montrent qu’un dépistage ciblé peut réduire la mortalité du cancer du poumon de 20 à 40% (INCa).
    • 500 volontaires seront recrutés sur 18 mois dans 10 centres de santé franciliens, via le réseau de la Mutualité Française (5,2 millions d’adhérents).

    Cancer du poumon en 2021 : 53 000 nouveaux cas/an, et 30 400 décès

    Première cause de mortalité par cancer en France, le cancer du poumon touche près de 53 000 nouveaux patients chaque année. Responsable de 30 400 décès en 2021, il reste souvent diagnostiqué à un stade avancé. Pour inverser cette tendance, l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris conduisent, avec le soutien de la Fédération nationale de la Mutualité Française, l’étude OPTI-DEPIST-MUT, lancée en janvier 2025 en Île-de-France. Ce programme vise à démontrer la faisabilité d’un dépistage organisé pour les personnes à risque — fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 74 ans — en combinant scanner thoracique à faible dose et accompagnement au sevrage tabagique. Selon le Pr Nicolas Girard, pneumologue et coordinateur de l’étude à l’Institut Curie, « le dépistage organisé du cancer du poumon pourrait considérablement modifier le pronostic, en permettant un diagnostic précoce dans une population ciblée ».

    Réduire la mortalité de 20 à 40 %

    L’étude prévoit le recrutement de 500 volontaires sur 18 mois dans 10 centres de santé franciliens, en s’appuyant sur le réseau de la Mutualité Française Île-de-France (5,2 millions d’adhérents). Un questionnaire en ligne permet aux volontaires de vérifier leur éligibilité selon plusieurs critères : âge, statut tabagique et lieu de résidence. Les participants éligibles sont ensuite orientés vers un centre investigateur pour un scanner réalisé sous quatre semaines. Les suivis sont programmés à un, trois et cinq ans.

    Des études internationales ont montré qu’un dépistage ciblé par scanner pouvait réduire la mortalité liée au cancer du poumon de 20 à 40 %. En France, trois dépistages organisés existent actuellement (sein, côlon, col de l’utérus). L’étude OPTI-DEPIST-MUT s’inscrit dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers de l’INCa, pour identifier les freins et leviers à la mise en œuvre d’un dépistage pulmonaire à grande échelle. Au-delà du dépistage, l’étude prévoit la collecte d’images radiologiques pour développer des outils numériques d’aide à la lecture des scanners. Les images seront analysées conjointement par radiologues et pneumologues afin d’optimiser l’interprétation, d’affiner la sélection des profils à risque et d’améliorer la prise en charge des résultats positifs.

    Etude OPTI-DEPIST-MUT : curie.fr/opti-depist-mut

     

  • Le Collectif SI MS Bretagne prolonge son action et révise sa feuille de route 2025-2026

    • 1 700 ESSMS bretons disposent d’un Dossier Usager Informatisé (DUI), soit une couverture régionale inédite.
    • 76% des structures sont en phase d’acquisition d’une solution métier entre 2024 et 2025 (Collectif SI MS Bretagne).
    • Les services socles (MSSanté, INS, RPPS+, Mon Espace Santé, Via Trajectoire) sont déployés en lien opérationnel avec le GReS Bretagne et l’ARS.
    • Les besoins d’accompagnement portent surtout sur la maîtrise du DUI, les écrits professionnels et l’adaptation managériale post-Ségur.
    • Le Collectif poursuivra ses actions après juin 2025, avec une feuille de route actualisée pour 2025-2026 centrée sur la maturité numérique des ESSMS.

    1 700 ESSMS équipés et 76 % en phase d’acquisition

    Le Collectif SI MS Bretagne annonce la continuité de ses actions après juin 2025 et la mise à jour de sa feuille de route pour 2025-2026. L’objectif : accompagner la clôture du programme ESMS Numérique et soutenir la montée en maturité des usages numériques dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) bretons. La gouvernance a été consolidée par une convention interfédérale signée en novembre 2024, précisant le rôle du comité stratégique et du comité restreint. L’ambition reste centrée sur l’équipement et l’acculturation de l’ensemble des ESSMS, avec une attention particulière portée aux structures de petite taille et à l’appropriation du Dossier Usager Informatisé (DUI) et des services socles.

    Ecrits professionnels et management au cœur de l’accompagnement

    En Bretagne, plus de 1 700 ESSMS disposent désormais d’un DUI, et 76 % des structures se sont engagées dans l’acquisition d’une solution métier entre 2024 et 2025. Le Collectif observe un besoin fort d’accompagnement autour de la prise en main des outils, des écrits professionnels et de l’organisation managériale dans le contexte post-Ségur. Les services socles — MSSanté, INS, RPPS+, Mon Espace Santé, Via Trajectoire — sont déployés de manière conjointe au DUI, en lien opérationnel avec le Groupement régional e-Santé (GReS) Bretagne et l’ARS.

    Pair-aidance Num’acteurs: réseau animé, club SI structuré, ateliers et retours d’expérience 2024-2025

    Le Collectif anime un réseau de Num’acteurs, mobilisés pour des témoignages, ateliers et retours d’expérience. Ce réseau favorise la pair-aidance et la production de ressources communes. Une plateforme collaborative sécurisée a été expérimentée auprès de 81 utilisateurs (dont 41 non-connectés), avec 129 visioconférences et 271 messages enregistrés en 2024-2025. Le Collectif structure également un club SI et des réunions thématiques issues des besoins exprimés par les grappes locales. Le rapprochement avec le GRADES, formalisé en juillet 2025, renforce la coordination territoriale et la mutualisation inter-Collectifs régionaux.

    Suivi des usages numériques

    • Un guide pratique, co-construit avec l’ARACT et le GReS, aborde les thématiques du DUI, de la conduite du changement et de la cybersécurité. Entre le 5 mai et le 30 juin 2025, il a été téléchargé 501 fois.
    • L’événement régional ESSMS Bretagne Connect 2025 a réuni 49 participants sur 86 inscrits, soit un taux de participation de 55 %, en recul de 11 points par rapport à 2023.
    • En 2024-2025, la communication s’est intensifiée : 93 publications LinkedIn (taux d’engagement moyen 22 %) et un taux d’ouverture moyen des emailings de 31,4 %. La série WebConnect et le Flash Infos ont contribué à renforcer la visibilité du collectif et l’échange de pratiques.

    La nouvelle feuille de route inclut des groupes de réflexion dédiés à la création d’outils métiers et de supports mutualisables entre ESSMS. Le partenariat avec l’ARACT se poursuivra autour des liens entre travail, numérique et qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), avec des contributions au guide référentiel sur l’accompagnement des équipes. Le Collectif maintiendra un appui spécifique aux petites structures et participera aux instances régionales de pilotage en télésanté et cybersécurité. Des webinaires et mises à jour du guide viendront compléter le dispositif d’acculturation numérique.

    Collectif SI Médico-Social Bretagne. Rapport d’activité 2024-2025. Bretagne: Collectif SI MS; 2025. 15 p

  • 330 000 séjours en 2024 : la FHF appelle à intégrer l’HAD dans les stratégies médicales des GHT

    Hospitalisation à domicile : la FHF appelle à une meilleure articulation avec les établissements publics

    Avec 330 000 séjours en 2024 (+10 % par rapport à 2023) et 7,6 millions de journées enregistrées, l’hospitalisation à domicile s’impose de plus en plus dans l’offre de soins publique. Cette dynamique, portée par l’évolution démographique, la prévalence des maladies chroniques et une demande en augmentation de soins personnalisés, reste entravée par une structuration territoriale hétérogène et un manque d’intégration dans les GHT. La Fédération hospitalière de France (FHF) appelle donc à faire de l’HAD un levier des groupements hospitaliers de territoire. À travers son dispositif FHF HAD, elle formule une série de recommandations, issues de diagnostics territoriaux réalisés par ses délégations régionales.

    Trois priorités pour structurer l’HAD au sein des GHT

    Intégrer l’HAD dans les projets médico-soignants partagés (PMSP) : La FHF recommande une inscription explicite de l’HAD dans les PMSP des GHT, notamment dans les filières en oncologie, pédiatrie, soins palliatifs ou SSR. Cela suppose un pilotage structuré, appuyé par des données d’activité et des objectifs de performance suivis régulièrement. Des outils d’aide à la décision comme ADOP-HAD sont également mobilisés.

    Renforcer l’activité et les coopérations territoriales : Un seuil d’activité de 30 à 50 patients par jour est jugé nécessaire pour garantir la viabilité médico-économique des services. Pour y parvenir, la FHF encourage le développement de parcours coordonnés avec les EHPAD, les médecins de ville ou les SAD, et la pré-admission anticipée des patients dans certaines situations (ex. en soins palliatifs ou en sortie d’intervention chirurgicale).

    Structurer les ressources et mutualiser les moyens : Les GHT sont invités à mutualiser les fonctions support (SI, logistique, médicaments, flotte automobile), à développer des équipes mixtes ville-hôpital et à renforcer les binômes médecin-cadre. L’intégration des IPA, des infirmiers de coordination et des postes partagés est encouragée pour faciliter la coordination des soins.

    Gouvernance, maillage et coopérations : des exemples territoriaux

    Plusieurs GHT ont déjà mis en œuvre les principes recommandés par la FHF :

    • GHT Basse-Alsace Sud Moselle : parcours post-chirurgie cardiaque structuré avec un guichet unique, réduisant la DMS de 3 semaines à 6 jours.
    • GHT Aude-Pyrénées et AP-HP : création d’une équipe d’intervention rapide en soins palliatifs (PALLIDOM), devenue un modèle national.
    • GHT Hôpitaux Publics Grand Lille : couverture homogène sur l’ensemble des 4 mentions HAD (socle, réadaptation, ante/post-partum, pédiatrie).
    • GHT 77 Sud : déploiement d’antennes HAD sur chaque site et coordination avec un opérateur non lucratif pour élargir l’offre.

    Des modèles de gouvernance partagée ont également vu le jour, comme dans les GHT de Franche-Comté ou de la Somme, où des groupements ou associations réunissent acteurs publics et privés non lucratifs pour atteindre une taille critique.

    Pour la FHF, l’HAD doit devenir un mode de prise en charge intégré et stratégique pour le service public

    L’analyse conduite par la FHF souligne plusieurs menaces : fragmentation des structures, difficultés à assurer la permanence des soins, ou encore concurrence d’opérateurs privés intégrés. En parallèle, les opportunités identifiées sont nombreuses : rentabilité au-delà d’un certain seuil d’activité, soutien institutionnel à l’innovation organisationnelle, ou encore attentes sociétales favorables à l’HAD. Pour répondre aux besoins des territoires et aux impératifs d’efficience, la FHF appelle à une mobilisation des établissements, des professionnels et des instances de gouvernance. L’objectif est clair : faire de l’HAD un mode de prise en charge pleinement intégré, visible et opérationnel dans les parcours de soins publics.

  • Health Data Hub et France Assos Santé lancent l’Académie citoyenne des données de santé

    Une plateforme pour comprendre la seconde vie des données

    Le Health Data Hub, soutenu par France Assos Santé, ouvre l’Académie citoyenne des données de santé. Cette plateforme vise à rendre compréhensibles les usages secondaires des données, c’est-à-dire leur réutilisation à des fins de recherche et d’innovation. Elle s’adresse à tout citoyen souhaitant comprendre comment ces données contribuent à la qualité des soins et à l’amélioration des politiques de santé. L’initiative s’inscrit dans la stratégie globale du Health Data Hub d’un accès unifié et sécurisé aux données de santé. Gérard Raymond, président de France Assos Santé et vice-président du Health Data Hub, rappelle que le partage des données « permet un bénéfice collectif, à l’image du don de sang ».

    Modules, vidéos, quiz : une offre pédagogique complète

    L’Académie propose des ressources pédagogiques adaptées aux niveaux de connaissance variés du public. Chaque module est issu d’une démarche de co-construction réunissant associations, experts, chercheurs et acteurs institutionnels afin de garantir rigueur scientifique et accessibilité. Les contenus se déclinent en plusieurs formats : vidéos explicatives, formations citoyennes, bandes dessinées, infographies, et quiz. Une architecture par paliers permet aux utilisateurs d’avancer selon leur rythme et d’adapter leur parcours. Parmi les thèmes abordés figurent l’anonymisation, le chaînage de données, la structuration des entrepôts hospitaliers, les données génomiques ou encore les données de santé-environnement.

    Nouveaux modules prévus dès 2026

    Le Health Data Hub prévoit d’enrichir régulièrement l’Académie. De nouveaux modules traiteront dès 2026 de la santé mentale et de l’exploitation des données de vie réelle. Des vignettes pédagogiques, au format bande dessinée, illustreront bientôt les interrogations du public sur la réutilisation des données. L’objectif  est de permettre aux associations, professionnels de santé et citoyens relais de s’approprier les outils de l’Académie pour former à leur tour leurs communautés.

    Depuis sa création, le Health Data Hub fédère 56 membres fondateurs, 173 chercheurs affiliés et une communauté open source de plus de 1 200 membres. Plus de 1 600 projets ont été déposés auprès de la plateforme.

     

  • PLFSS : le redressement prévu pour 2026 repose sur des hypothèses fragiles (Cour des comptes)

    En 2025, le déficit cumulé des régimes obligatoires de base et du Fonds de solidarité vieillesse atteint 23 milliards d’euros, en hausse de 7,7 Md€ sur un an. Hors période Covid, c’est le niveau le plus élevé depuis 2012.
    La dégradation tient au ralentissement de la croissance (0,7 % du PIB) et à la faible progression de la masse salariale privée (+1,8 %). La dynamique des dépenses sociales (+3,6 %) reste supérieure à celle des recettes (+2,4 %). Seule la branche famille demeure excédentaire, quand la branche maladie creuse son déficit à 17,2 Md€, la vieillesse et le FSV à 5,8 Md€.

    L’Ondam respecté, mais au prix d’économies d’urgence

    Pour la première fois depuis plusieurs années, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) serait respecté en exécution. Alerté en juin 2025 sur un risque de dépassement, le gouvernement a mis en œuvre un plan d’économies de 1,7 Md€, dont des baisses de prix de médicaments, des annulations de crédits hospitaliers et un renforcement de la lutte contre la fraude. Cette maîtrise apparente se traduit toutefois par une aggravation du déficit des hôpitaux publics, estimé à près de 3 Md€ en 2024, en raison des annulations de crédits opérées pour contenir la dépense globale.

    PLFSS 2026 : un ajustement budgétaire à haut risque

    Le projet de loi de financement pour 2026 ramènerait le déficit à 17,5 Md€, grâce à 11,2 Md€ d’efforts combinant 9 Md€ d’économies et 2,1 Md€ de recettes nouvelles.
    Côté recettes, les mesures incluent la taxation exceptionnelle des organismes complémentaires (1,1 Md€), la réduction de niches sociales sur les compléments salariaux (1 Md€) et un ajustement des allègements généraux (1,4 Md€). L’État récupérera toutefois 3 Md€ via la TVA, réduisant l’effet net pour la Sécurité sociale. Côté dépenses, le plan repose sur un gel des prestations sociales et des pensions (2,5 Md€), un doublement des franchises médicales (2,3 Md€) et des économies de 6 Md€ dans le champ de l’Ondam, incluant des baisses de prix de produits de santé et des transferts de charges vers les assurés et complémentaires.

    La Cour des comptes alerte sur une dette supplémentaire de 110 Md€ d’ici 2029

    La Cour des comptes juge les hypothèses de croissance du gouvernement trop optimistes et souligne que 80 % des économies prévues reposent sur un petit nombre de mesures sensibles. La suspension annoncée de la réforme des retraites jusqu’en 2028 ajoute un risque supplémentaire sur les comptes vieillesse. À l’horizon 2029, le déficit annuel resterait proche de 17 Md€, entraînant une dette sociale supplémentaire de près de 110 Md€. La Cour recommande de définir rapidement une trajectoire crédible de retour à l’équilibre, préalable à toute reprise de dette par la Cades.

    Cour des comptes, La situation financière de la Sécurité sociale, communication à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, novembre 2025.
  • US : des projets pilotes d’IA « gratuits » coûtent en réalité jusqu’à 200 000 dollars par hôpital

    95 % d’échec pour les projets d’IA : alerte du MIT

    Le rapport « State of AI in Business 2025 » du MIT montre que 95 % des projets pilotes d’IA générative échouent. Ce constat illustre un « fossé de l’IA » entre des technologies prometteuses lors de démonstrations et leur intégration réelle dans les processus opérationnels.
    Dans le secteur de la santé, cette faille se traduit par des coûts organisationnels considérables. Les fournisseurs d’IA multiplient les offres d’essais sans frais, séduisant les directions hospitalières par des promesses d’efficacité. Selon Stanford, ces solutions « gratuits » nécessitant une adaptation clinique peuvent coûter plus de 200 000 dollars. Ces sommes ne génèrent pas toujours des bénéfices mesurables en matière de qualité des soins ou de réduction des dépenses hospitalières. En cumulant les projets pilotes, certaines institutions atteignent plusieurs millions de dollars d’investissement sans résultat tangible.

    Des projets d’IA mal ciblés et mal définis

    La prolifération des projets pilotes traduit l’absence de stratégie partagée entre fournisseurs et hôpitaux. L’IA est souvent perçue comme une panacée, sans cadrage précis des usages envisagés. Les essais se multiplient sans objectifs clairs, sans indicateurs de succès mesurables.
    L’Association médicale américaine (AMA) rappelle pourtant que les professionnels bénéficiant d’outils d’automatisation adaptés présentent un taux d’épuisement professionnel plus faible. L’enjeu n’est donc pas technologique, mais méthodologique. Un pilote d’IA dédié, par exemple, au dépistage précoce du cancer du sein doit démontrer sa capacité à identifier les patientes à risque, à améliorer le suivi et à optimiser les rendez-vous. Cette démarche nécessite des critères d’évaluation précis et un alignement entre partenaires.

    Sans cadre méthodologique, les outils d’IA perdent leur efficacité

    Pour transformer l’essai, trois disciplines doivent encadrer l’usage de l’IA en santé.

    • La rigueur dans la conception consiste à préciser la finalité de l’outil, sa place dans le parcours de soins et les besoins organisationnels ciblés.
    • La rigueur dans les résultats impose de définir en amont des critères quantifiables et réalistes de performance.
    • La rigueur dans les partenariats suppose un choix de fournisseurs maîtrisant les flux de travail médicaux et partageant la responsabilité des résultats.

    Le MIT souligne que les outils standards échouent souvent à s’adapter à la complexité hospitalière. Les systèmes de santé qui réussiront seront ceux qui sauront construire une gouvernance commune avec leurs partenaires technologiques.

    L’échec répété des prototypes d’IA ne provient pas d’une défaillance technologique, mais d’un déficit de rigueur stratégique et méthodologique. L’innovation en santé numérique exige une approche structurée et partagée. Sans cela, chaque essai raté renforce la méfiance des professionnels et alourdit la facture pour les institutions.

     

    Massachusetts Institute of TechnologyState of AI in Business 2025 Report. MIT, 2025.

  • « Ce qu’on veut vraiment faire, c’est de la prévention pour tous, aller vers, avoir une politique inclusive et avoir un impact » Pauline d’Orgeval, co-fondatrice & présidente de deuxiemeavis.fr

    Aujourd’hui, la thématique de la prévention en santé prend de plus en plus d’ampleur. Les données sont parlantes : 25 millions de Français, soit environ 37% de la population, vivent avec une maladie chronique, et ils pourraient représenter près de la moitié des Français d’ici 2035 (43%). Or, une partie importante de ces pathologies pourrait être évitée ou leur évolution freinée grâce à des actions de prévention adaptées. Des solutions se développent, mais elles sont parfois chères et s’adressent principalement à des cadres dirigeants, qui ne sont pas forcément la population qui en a le plus besoin. C’est dans ce contexte que que Carians a lancé le 16 octobre 2025 son bilan santé digital préventif personnalisé “Prévention par deuxiemeavis” Health&Tech Intelligence s’est entretenu avec Pauline d’Orgeval , présidente et cofondatrice de deuxiemeavis.fr pour en savoir plus. 

    Trois piliers pour une prévention personnalisée et accessible 

    L’offre Prévention par deuxiemeavis.fr repose sur trois volets : un bilan de santé digital individuel, un site dédié et un accompagnement dans le temps. Le bilan digital propose une auto-évaluation des risques grâce à des algorithmes s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Réalisable en dix minutes en moyenne, ce questionnaire aborde aussi bien les données démographiques que les antécédents familiaux et le suivi médical. La restitution, générée par l’IA et téléchargeable en PDF, individualise les recommandations pour chaque famille de pathologies, incitant ainsi le patient à agir en lien avec les dispositifs de prévention existants et les professionnels de santé. Selon les responsables de la plateforme, « le but : informer, sensibiliser et inciter à passer à l’action de manière rapide et intuitive ». 

    Le numérique, levier d’équité et de réactivité en santé publique 

    En intégrant ce bilan dans un site de prévention personnalisé, régulièrement enrichi de contenus validés par des médecins experts, la solution ambitionne de favoriser le passage de la prise de conscience à l’action concrète. Des webinaires réguliers et la possibilité d’un accompagnement téléphonique par une infirmière viennent renforcer l’engagement sur le long terme. Pour aller plus loin, l’offre prévoit aussi des check-ups sur site et des dépistages thématiques adaptés.

    500 médecins experts mobilisés pour la prévention digitale 

    La solution “Prévention par deuxiemeavis” s’appuie sur un réseau de plus de 500 médecins experts, garantissant la validité scientifique des contenus et des conseils délivrés aux patients. Cette approche pluriprofessionnelle permet d’adresser l’ensemble des aires thérapeutiques de façon personnalisée. Comme le souligne Pauline d’Orgeval : « Deuxiemeavis.fr a référencé plus de 500 médecins tous référents dans leur domaine. “Prévention par deuxiemeavis” a donc bénéficié de toutes les cautions médicales nécessaires. » Ce point est essentiel pour légitimer une plateforme de prévention numérique destinée à accompagner la diversité des publics et des pathologies, et constitue un facteur de confiance tant pour les utilisateurs que pour les partenaires assureurs.  

    100 partenariats institutionnels pour éviter une médecine à deux vitesses 

    Pour rappel le modèle économique de deuxiemeavis.fr repose sur une centaine de partenariats noués avec le monde assurantiel santé tels que Malakoff Humanis, MGEN, Harmonie Mutuelle, Gan, Générali ou encore Ociane Matmut. Ces collaborations structurent la prise en charge des services de prévention pour les assurés, favorisant une accessibilité universelle. Ainsi, « ce sont près de 100 partenariats pour deuxiemeavis.fr », précise la responsable. L’ancrage institutionnel est primordial pour la pérennité des innovations en santé numérique et leur déploiement à grande échelle, tout en limitant l’apparition d’une médecine à plusieurs vitesses. La société envisage de s’appuyer sur le même modèle pour ce nouveau service Prévention par deuxiemeavis.fr.

    Prévention personnalisée : moins de 10 minutes pour un bilan complet 

    L’outil de bilan de santé digital vise la rapidité : il nécessite en moyenne moins de 10 minutes pour être complété, ce qui facilite son adoption y compris par les publics éloignés du système de soins. « C’est en moyenne moins de 10 min, mais très complet, et qui est cautionné du coup par des médecins de toutes les spécialités », explique l’interviewée. Cette efficacité opérationnelle, couplée à la restitution de conseils personnalisés, positionne la solution comme un levier d’engagement dans la prévention, tout en respectant les contraintes de temps des usagers actuels. En effet un temps trop long pourrait décourager certains publics. 

    L’hypertension, un enjeu public majeur : des millions de Français concernés 

    La plateforme souhaite inciter au dépistage, particulièrement pour des maladies silencieuses mais à fort impact sanitaire et économique comme l’hypertension. « L’hypertension touche des millions de Français qui l’ignorent encore ». Les outils numériques jouent ici un rôle important de rappel, de pédagogie et de démystification des troubles chroniques stigmatisés, à l’image de l’accompagnement réalisé pour éviter les effets négatifs de l’étiquette médicale.  

    Une solution pensée pour l’inclusion et contre la stigmatisation 

    « Nous avons travaillé aussi avec un psychologue en santé pour ne pas être stigmatisant ni culpabilisant et pour que ce soit incitatif », détaille l’interviewée. L’accessibilité est renforcée par l’absence d’obligation de création de compte utilisateur, permettant à chacun de compléter le questionnaire aisément, ce qui favorise l’inclusion des populations traditionnellement éloignées du système digital.  

    Un service majoritairement B2B2C : l’accès via mutuelles et grandes entreprises 

    Le déploiement des bilans de prévention digitale suit un modèle B2B2C, où ce sont principalement les mutuelles qui proposent le service à leurs adhérents particuliers ou entreprises. Ce mode de diffusion permet une large couverture sans dépendre du marché direct auprès des particuliers, tout en adaptant les modules d’accompagnement, par exemple via des bilans santé complets en entreprise.  

    Digital mais non exclusif : complémentarité de l’offre santé 

    Si le bilan numérique est un outil puissant, il ne vise pas à se substituer à l’avis du médecin généraliste mais à lui apporter une valeur ajoutée synthétique et un gain de temps. « Finalement, c’est une restitution de synthèse sur son patient qui va lui faire gagner du temps », développe la fondatrice de deuxiemeavis.fr. Cette complémentarité optimise l’orientation du patient dans son parcours, et peut accélérer si nécessaire la prise de rendez-vous avec un spécialiste. La solution favorise ainsi l’intégration du digital au service du soin, et non en substitution.  

    Un déploiement algorithmique renforcé par l’IA à terme 

    La dimension technologique du service repose aujourd’hui sur des algorithmes issus des questionnaires, et devrait progressivement s’enrichir de briques d’intelligence artificielle. « Pour l’instant, c’est plus algorithmique que de l’IA à proprement parler […]. On va enrichir progressivement avec de l’IA ». Ce positionnement permet d’anticiper les évolutions du secteur et d’outiller la plateforme à hauteur des innovations attendues par les utilisateurs exigeants.  

    Objectif prévention universelle : aller vers les publics les plus éloignés 

    L’un des enjeux majeurs reste l’accès à la prévention pour les populations socialement ou structurellement éloignées du système de santé. « Ce qu’on veut vraiment faire, c’est de la prévention pour tous, aller vers, avoir une politique inclusive et avoir un impact », affirme Pauline d’Orgeval. « Ceux qui ont le plus besoin de prévention ne sont pas forcément ceux qui la réclament le plus », conclut-elle, rappelant ainsi la vocation sociale de deuxiemeavis.fr 

     

  • PLFSS 2026 : le Cnom alerte sur le risque d’un déséquilibre durable du système conventionnel

    Dépassements d’honoraires : le Cnom soutient une concertation nationale pour encadrer les excès, 2025

    Le rapport parlementaire remis le 29 octobre 2025 par messieurs Monet et Rousset sur les dépassements d’honoraires constitue une étape du débat engagé dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) salue la qualité du travail réalisé, tout en soulignant l’urgence d’une réflexion structurelle sur la rémunération médicale. Selon l’Ordre, la question des dépassements d’honoraires ne peut être traitée indépendamment de la valorisation des actes médicaux et de la reconnaissance des compétences professionnelles.

    Le Cnom rappelle que la stagnation des tarifs d’actes depuis plusieurs années a fragilisé l’exercice libéral et alimenté les pratiques de dépassements. L’absence de revalorisation régulière, face à la hausse des charges et aux contraintes administratives, a entraîné une perte d’attractivité de certaines spécialités. Pour l’Ordre, la reconnaissance de la valeur scientifique et technique des actes médicaux conditionne la qualité des soins et la stabilité du système de santé.

    Les patients précaires, premiers concernés par les dépassements

    Le Cnom reconnaît l’existence d’abus marginaux dans les pratiques de dépassements pouvant freiner l’accès aux soins. Il appelle à une action concertée entre pouvoirs publics, assurance maladie et représentants des professions pour encadrer ces excès tout en préservant l’autonomie des praticiens. L’Ordre insiste également sur la protection des patients précaires et sur la nécessité de faciliter l’obtention d’une couverture complémentaire adaptée, garante d’un accès équitable sur l’ensemble du territoire.

    L’Ordre propose d’ouvrir un travail collectif sur la notion de “tact et mesure”, principe déontologique fondamental relatif à la fixation des honoraires. Cette démarche vise à établir de nouveaux repères éthiques en cohérence avec la pratique contemporaine et les réalités économiques du soin. L’objectif est d’aligner transparence, responsabilité et attractivité du métier médical.

    Le Cnom exprime sa volonté de participer activement à l’élaboration d’une réforme globale permettant de concilier juste rémunération et égalité d’accès aux soins. Pour l’Ordre, seule une approche systémique et partagée permettra de restaurer la confiance entre médecins, patients et institutions, et d’assurer la pérennité du système de santé français.

     

  • Vieillesse et dépendance : le CNaV propose un modèle alternatif aux Ehpad

    Priorité au lien social et à la liberté

    Entre 2024 et 2025, plus de 500 personnes âgées (âge moyen : 75 ans) ont été invitées à débattre dans 13 villes françaises sur la question : « Tout sauf l’Ehpad !? ». Le verdict est sans ambiguïté : une large majorité exprime son refus de l’Ehpad tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Les critiques sont nourries par des expériences ou représentations négatives, où dominent les notions de dépossession, d’isolement, de déshumanisation, voire de maltraitance. Ce rejet, cependant, ne vise pas les professionnels eux-mêmes mais le système, jugé inadapté à la vieillesse d’aujourd’hui. Les participants rejettent le collectif imposé, et appellent à la création de lieux de vie à taille humaine, où chacun puisse « rester chez soi », tout en bénéficiant d’un environnement vivant, socialement ouvert et adapté à l’évolution de la dépendance. Le logement individuel intégré à un petit collectif (8 à 20 personnes), en cœur de ville ou de bourg, est plébiscité. Ces habitats devraient permettre une mixité d’usage et la présence d’espaces communs facultatifs.

    Le modèle alternatif proposé prend forme dans le concept de « maisons CNaV » : des unités résidentielles sobres, non médicalisées, ouvertes sur la vie locale et conçues pour s’adapter aux pertes d’autonomie. Les résidents y bénéficieraient d’un accompagnement prioritairement relationnel et non sanitaire, assuré par de petites équipes d’auxiliaires de vie polyvalentes et référentes. Une attention est portée à la continuité relationnelle, au respect de l’intimité et à l’autonomie quotidienne.

    Des personnels valorisés, bien formés, mieux reconnus

    Le livre blanc souligne le besoin d’un changement structurel dans la reconnaissance des métiers du soin et de l’accompagnement. Les participants demandent une revalorisation des conditions de travail et des salaires, un meilleur encadrement des pratiques, et l’instauration de nouveaux métiers pivot, comme les « maîtres de maison » ou coordinateurs de vie partagée.

    Le financement : un débat encore ouvert, si le modèle résidentiel fait consensus, le financement reste un point de divergence. Le recours au secteur privé lucratif est largement rejeté, au profit d’un financement public, solidaire et universel, potentiellement dans le cadre d’un 5e risque pris en charge par la sécurité sociale. Plusieurs pistes sont évoquées : cotisations intragénérationnelles, modulation en fonction des ressources, ou participation volontaire des personnes âgées elles-mêmes. Aucune ne fait encore l’unanimité.

    Une consultation citoyenne reproductible : Le CNaV revendique une nouvelle forme de consultation citoyenne : non scientifique mais ancrée dans l’expérience vécue des personnes âgées. Ce travail de co-construction sociale, porté par les premiers concernés, pose les bases d’un changement de paradigme. Pour les auteurs du livre blanc, la vieillesse ne doit plus être pensée uniquement en termes de dépendance et de soins, mais en tant que projet de vie, fondé sur la relation, la liberté et l’autonomie.

    Livre blanc du CNaV sur les Ehpad 

     

  • Six projets numériques retenus par l’ARS Île-de-France pour transformer l’organisation des soins d’ici 2027

    75 candidatures, 6 lauréats

    Lancé au printemps 2025 par la Direction de l’Innovation, de la Recherche et de la Transformation Numérique (DIRNOV) de l’ARS Île-de-France, l’appel à projets visait à soutenir les établissements et acteurs de santé engagés dans la transformation de leurs organisations par le numérique. Soixante-quinze dossiers avaient été déposés. Six ont été retenus pour un accompagnement sur deux ans. Ces initiatives partagent un objectif commun : fluidifier les parcours de soins, améliorer la coordination interprofessionnelle et replacer l’usager au centre du dispositif.

    Soins intensifs, santé mentale, gériatrie : les premiers terrains d’expérimentation

    • Réanimation : Le projet ORSOM (Organisation des soins en réanimation pour le sommeil des malades) réorganise la prise en charge en réanimation à partir d’un dispositif de neuro‑monitoring non invasif couplé à une application de planification. L’objectif est d’adapter les interventions des soignants aux cycles de sommeil observés afin d’améliorer la récupération des patients et d’optimiser la charge de travail des équipes.
    • Santé mentale : La plateforme RTT TCA promeut une approche numérique préventive des troubles des conduites alimentaires. Elle repère les situations à risque, oriente les patients et propose des thérapies cognitivo‑comportementales semi‑autonomes. Ce dispositif vise une intervention plus précoce et un accompagnement personnalisé.
    • Gériatrie : Le projet Bien Vieillir Connect centralise et valorise les données issues des capteurs et logiciels déjà présents dans les établissements pour personnes âgées dépendantes. Les informations agrégées sont intégrées dans les outils métiers existants pour un suivi plus précis, une réactivité accrue et une réduction des erreurs.
    • Adolescents : Avec La Maison Virtuelle, l’ARS soutient une approche immersive pour les adolescents en refus scolaire anxieux. Inspiré du jeu vidéo, cet espace sécurisé en ligne permet une interaction à distance entre soignants et jeunes dans un environnement numérique apaisant.
    • Urgences : Enfin, Anamnèse Multilingue développe une application multilingue permettant aux familles de remplir l’anamnèse de leur enfant avant l’arrivée aux urgences. Les données structurées sont directement accessibles aux équipes pour réduire le temps d’attente et améliorer la qualité du triage.

    Coordination territoriale et prévention : vers des outils partagés

    Le projet déployé en Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) renforce la coordination de proximité. La solution numérique permet de repérer les publics fragiles, de déclencher des parcours de soins, d’envoyer des relances automatiques et de générer des rapports partagés. Cet outil soutient la prévention et facilite la coopération entre professionnels de santé de premier recours.

    Un accompagnement sur deux ans pour mesurer des impacts techniques, humains et interopérables

    Chaque projet bénéficiera d’un suivi sur les plans organisationnels, techniques et humains. L’évaluation portera sur la transformation des pratiques, la qualité des parcours et l’acceptabilité par les équipes. L’ARS Île-de-France ambitionne de généraliser les dispositifs les plus pertinents, sous réserve de leur interopérabilité et de la sécurité des données traitées. Ces expérimentations traduisent la conviction régionale que le numérique constitue un levier de transformation du soin. Leur réussite pourrait servir de modèle pour d’autres régions et contribuer à la construction d’un système de santé plus agile, inclusif et mieux coordonné.