66 millions d’Impatients a fait le point, le 22 mars 2017, sur les positions des candidats à l’élection présidentielle quant à la régulation des prix des médicaments afin de garantir l’accès à l’innovation.
Le CISS présente les positions des candidats pour favoriser l’innovation tout en permettant l’accès à ceux qui en ont besoin en établissant un rapport de force égal entre les parties prenantes.
Dans un marché aussi spécifique que la santé, il semble consensuel à 85% des français que l’État doit réguler, afin de réduire les défaillances dudit marché, telles que les asymétries d’informations. De fait, les enjeux de l’innovation en santé sont complexes car cette dernière doit produire de la valeur tout en restant à accès égal pour tous. Ainsi, la question des prix des médicaments se trouve au cœur des débats sur la forme que doivent prendre les rapports de force entre les parties prenantes.
Garantir l’accès aux médicaments à ceux qui en ont besoin…
Développer les génériques et la distribution à l’unité
De nombreux candidats sont favorables au développement des génériques afin de concentrer les efforts financiers sur les médicaments récents mais plus chers.
De plus, ils sont plusieurs à vouloir engager une politique de dispensation à l’unité afin de générer des économies et une réduction de gaspillage.
Contourner les brevets
Dans des situations d’urgence de santé publique, Benoit Hamon et Marine Le Pen sont favorables à la « licence d’office » afin que les produits innovants puissent être fabriqués à des coûts moindres.
Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon va plus loin en voulant confier la production à une entreprise publique.
Tout en favorisant l’innovation…
Fixer les prix en fonction de l’innovation
Benoit Hamon, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade souhaitent instaurer des critères de fixation des prix qui évoluent en fonction de l’investissement en R&D ou encore en les adaptant à l’efficacité du traitement.
La coordination européenne
Selon Emmanuel Macron, la coordination des prix au niveau européen permet, au sein de chaque État-Membre d’associer les entreprises pharmaceutiques. Un consensus européen aurait plus de poids dans la négociation sur les prix. Il est le seul candidat, avec Nicolas Dupont-Aignan à être favorable à instaurer des prix européens.
Le financement public de la recherche
Une volonté commune des candidats est de développer la recherche publique pour participer à l’innovation. Seuls les objectifs idéologiques diffèrent:
- Jean-Luc Mélenchon tient à dissocier la recherche de l’influence du monde la finance;
- Marine Le Pen ne souhaite pas laisser le rôle de la production de nouveaux traitements aux puissances financières;
- François Fillon tient à l’indépendance sanitaire;
- Emmanuel Macron ne semble pas favorable à la recherche publique mais tient à « sécuriser les investisseurs » en planifiant des orientations sur plusieurs années.
N’est possible que par la négociation entre les parties prenantes.
La licence d’office comme argument de négociation
Pour Marine Le Pen et Benoit Hamon, la licence d’office peut être un levier pour inverser les rapports de force entre les parties prenantes. En effet, le risque de contournement des brevets pouvant faire perdre un monopole naturel pourrait forcer les entreprises pharmaceutiques à baisser leurs coûts de production.
Le dialogue et le partenariat
Emmanuel Macron et François Fillon sont, pour leur part, plus attachés au dialogue et au partenariat:
- La nécessité de relation avec les entreprises et laboratoires s’inscrivant dans la durée et dans un climat stable est une condition sine qua non à l’innovation.
- Il s’agit de les inclure dans l’analyse médico-économique de l’innovation en santé.
- Cela permettrait selon eux de prévenir les comportements abusifs.
L’intégration des usagers au CEPS
Il s’agit d’un des rares cas de consensus entre les candidats. L’importance de la participation des représentants des usagers semble, pour tous, un juste rééquilibrage des relations de force. Il s’agit d’améliorer la transparence des décisions du Comité Économique des Produits de Santé afin de recentrer la réflexion du prix sur l’intérêt des malades. Seuls Marine Le Pen et François Fillon ne se prononcent pas sur ce point.