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  • Un modèle français en tête : Mistral-medium-3.1 première du classement compar:IA 2024

    183 000 votes enregistrés pour construire un classement descendant

    Lancée en 2024, la plateforme compar:IA vise à évaluer la qualité des réponses produites par les modèles d’intelligence artificielle conversationnelle. Développée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et le ministère de la Culture, elle repose sur un principe simple : comparer deux IA de manière anonyme et voter pour la réponse jugée la plus pertinente. L’objectif n’est pas de mesurer la performance technique des modèles, mais d’analyser la satisfaction des utilisateurs. L’outil permet ainsi de constituer des jeux de données en français reflétant les usages réels et les préférences subjectives de la population.

    Un modèle statistique (méthode Bradley-Terry ) pour convertir les préférences en score

    Le classement repose sur un modèle statistique de type Bradley-Terry, qui permet de convertir des votes binaires en un score probabiliste de satisfaction. Depuis son ouverture en octobre 2024, 63 modèles d’intelligence artificielle ont été comparés, pour un total de 183 000 votes recueillis. Les données issues de ces évaluations sont ensuite nettoyées et mises à disposition sous forme de jeux de données ouverts, favorisant la recherche publique sur la perception des systèmes conversationnels, notamment dans le contexte linguistique francophone.

    Mistral-medium-3.1, première intelligence artificielle selon les utilisateurs français

    Le modèle mistral-medium-3.1 de la société française Mistral AI arrive en première position du classement établi à partir des retours des utilisateurs. Il devance les modèles gemini‑2.5‑flash et gemini‑2.0‑flash de Google, ainsi que qwen3‑max‑2025‑09‑23 d’Alibaba et deepseek‑v3‑0324 de DeepSeek. Les modèles de sociétés américaines comme OpenAI (gpt‑oss‑120b), Anthropic (claude‑4‑5‑sonnet) ou xAI (grok‑3‑mini‑beta) apparaissent plus bas dans le classement. GPT‑5, modèle d’OpenAI, n’apparaît pas parmi les vingt premiers, illustrant une évolution du paysage concurrentiel entre acteurs nationaux et internationaux.

     

     

    Direction interministérielle du numérique (DINUM). Communiqué de présentation de la plateforme compar:IA, octobre 2024.

    Classement complet 

     

  • Données : vers un espace européen de la santé — confiance, sécurité, souveraineté (JDS AP-HP 2025)

    La première Journée de la donnée de santé organisée par l’AP-HP le 7 novembre 2025 a réuni près de 400 décideurs, experts hospitaliers et représentants patients autour d’une ambition commune : accélérer la transformation numérique de la santé par l’exploitation responsable et innovante des données. Dans un contexte réglementaire européen en pleine mutation, cet événement était l’occasion de débattre des enjeux de transparence, de souveraineté, de sécurité et de valorisation des données de santé, mais aussi de croiser les regards des acteurs institutionnels, hospitaliers et associatifs.

    La table ronde centrale, « Vers un espace européen des données de santé : stratégie nationale, enjeux et éthique », a réuni :

    • Héla Ghariani, co-responsable de la Direction du Numérique en Santé, pilote des grands chantiers nationaux d’intégration technologique,
    • Monique Sorrentino, directrice générale du CHU de Grenoble Alpes, forte d’une vision opérationnelle et stratégique de la gouvernance hospitalière,
    • Arthur Dauphin, représentant France Assos Santé, voix des usagers et des patients dans la co-construction des politiques publiques.

    Cette table ronde illustre une ambition partagée par les intervenants et l’auditoire : bâtir un espace européen des données de santé où la confiance, la sécurité, la transparence et la souveraineté française s’articulent avec l’harmonisation européenne pour répondre aux enjeux de soin, de recherche et d’innovation, dans une dynamique collective alliant régulation, éthique, pédagogie et partenariats structurants.

    📌A retenir :

    • La confiance et la transparence au cœur du partage des données : L’usage des données de santé ne suscite pas de tabou majeur, mais exige une pédagogie forte et une information accessible pour impliquer réellement les patients et garantir leur consentement éclairé.
    • Tournant stratégique européen : Le nouveau règlement européen apporte une harmonisation, renforce la souveraineté sur les données et ouvre des opportunités pour la France, notamment en matière d’innovation et de valorisation.
    • Défis technologiques persistants : La sécurité, l’hébergement et la cyberprotection des données restent des enjeux techniques critiques, avec des offres spécialisées à renforcer pour répondre aux exigences du secteur santé.

    Un besoin des patients de garantie de compréhension et de respect de l’usage de la data

    L’approche du partage des données de santé ne rencontre pas de véritables tabous, mais soulève de nombreux questionnements liés à l’éthique et à la confiance. Selon Arthur Dauphin (France Assos Santé), la préoccupation centrale des patients porte avant tout sur l’usage de leurs données :

    « Ils n’ont pas besoin de connaître tous les détails techniques, mais doivent comprendre l’utilité – améliorer leur santé, favoriser la recherche ou la santé publique. »

    La notion même de partage varie selon l’objectif poursuivi, qu’il s’agisse de soins individuels, d’études scientifiques, de recherche ou de santé publique. Majoritairement, les patients réclament de la transparence et des garanties quant à l’utilisation et la sécurité de leurs informations. Comme le souligne encore Arthur Dauphin :

    « Ils confient facilement leurs données s’ils ont la garantie de compréhension et de respect de l’usage. »

    Un écart persiste toutefois entre la réalité du système (dossier médical, pharmacie, hôpital) et la représentation qu’en ont les usagers ; d’où la nécessité d’un effort pédagogique constant face à une compréhension très hétérogène.

    L’usage des données primaires et secondaires au cœur des orientations stratégiques des CHU

    Les intervenants ont distingué les usages primaires (soins, accompagnement direct du patient) des usages secondaires (études, recherche, pilotage). Comme le déclare Monique Sarrantino :

    « L’usage des données primaires et secondaires est entré dans nos orientations stratégiques majeures, et on y voit énormément d’enjeux. »

    Ces sujets se retrouvent dans la gouvernance nationale et les lignes directrices décidées avec les équipes de terrain. L’intégration numérique et l’optimisation des parcours de soins sont au cœur des évolutions, avec des perspectives telles que l’interopérabilité des logiciels de santé. Les automatismes et la coordination entre médecins doivent permettre de transformer cet outil collectif au service de la santé publique et de la prévention, dans une logique qui « s’accélère déjà, et qui changera beaucoup dans les cinq prochaines années ».

    « Si l’Europe veut avoir son destin en main (…), il faut qu’on ait cette capacité à gérer nos données. »

    Un point fort des discussions concerne l’adoption récente du règlement européen sur les données de santé, enjeu de “souveraineté et d’innovation”. La France, “dans l’héritage du RGPD”, s’est impliquée pour garantir la mainmise du patient sur ses données, tout en favorisant la transparence et le partage par défaut. L’harmonisation européenne doit permettre une coordination accrue des soins et de la recherche, et un développement économique autour de solutions maîtrisées localement.

    Le système de redevance et la valorisation de la mise en qualité des données sont des leviers clés pour garantir la montée en gamme des offres et la juste rémunération des producteurs de données, que ce soit pour des usages hospitaliers ou industriels.

    « Les études de marché montrent qu’il manque toujours des solutions de sécurité strictement dédiées à la santé. »

    Le panel a exposé la complexité du choix des hébergements, de la sécurité et des solutions techniques.Une solution intermédiaire est actuellement mise en place pour permettre l’accélération de l’accès aux données du SNDS via une plateforme technologique répondant aux exigences de sécurité et permettant d’obtenir l’autorisation légale. La cybersécurité et la protection contre les attaques sont des préoccupations majeures, notamment après les récents incidents dans le secteur hospitalier. Les participants soulignent que “les personnes ont une très mauvaise compréhension des risques, et craignent que leurs données soient utilisées par des acteurs externes”, d’où la nécessité de renforcer l’information et la confiance.

    « Un écosystème hospitalier vivant, ouvert et dans le partage »

    L’écosystème français et européen s’appuie sur une mutualisation croissante des compétences et des données. Des actions de soutien aux entreprises et aux acteurs hospitaliers ont été détaillées :

    « Si on veut que le règlement européen soit une opportunité pour la France, il faut un écosystème hospitalier vivant, ouvert et dans le partage. »

    L’objectif affiché est d’animer une communauté de mutualisation, de soutenir la structuration de plateformes et de faciliter l’accès aux données pour initier des projets collectifs à fort impact. Les contraintes économiques et organisationnelles demeurent très présentes, tout comme la nécessité d’étendre le partage inter-établissements et inter-régions.

    Droits des patients & Transparence

    Le cadre des droits du patient (“rectification, opposition, accès”) a été largement évoqué. La France transpose “exactement les droits du RGPD” dans le règlement européen, avec un accent sur la transparence et la clarté de l’information. Une attention particulière est portée à la communication multilingue et à la pédagogie, en vue de faciliter la compréhension des droits par tous les publics, y compris les plus éloignés ou les allophones. Les intervenants notent qu’une “approche trop centralisée n’est pas forcément la meilleure façon d’accompagner la diversité des patients et leurs besoins”.​

    « L’IA va plus vite que le numérique, il faut que collectivement, on en mesure les impacts au fur et à mesure qu’on l’utilise au quotidien. »

    L’IA s’impose comme vecteur central du futur de la santé numérique. La stratégie nationale vise à garder la maîtrise des données, en partenariat de préférence avec des entreprises européennes pour éviter une dépendance à des acteurs étrangers. Deux orientations sont privilégiées : développer localement des actifs numériques et structurer des collaborations mutualistes, dans un contexte où « le contexte économique est extrêmement contraint. » L’enjeu est de garantir que les solutions de demain soient construites en France ou en Europe, tout en maintenant une gouvernance ouverte.

  • Dernière chance de s’inscrire au Webinaire levée de fonds T3 2025 mercredi 12 novembre de 12h à 12h30

    Des entreprises françaises du numérique en santé qui lèvent presque trois fois moins au troisième trimestre 2025 qu’au T3 2024, Median Technologies qui est la seule société healthtech a avoir levé plus de 20 millions d’euros ce trimestre, et l’intelligence artificielle qui reste – comme depuis le début de l’année – le secteur le plus prisé par les investisseurs, avec près de deux tiers des fonds levés ces trois derniers mois… toutes les tendances du marché seront analysées et comparées aux années précédentes, pour comprendre sa dynamique et les objectifs actuels des investisseurs.

    👉 Vous pouvez vous inscrire à ce webinaire dès maintenant en cliquant sur ce lien : ACCUEIL – H&TI – Bilan des levées de fonds des entreprises du numérique en santé T3 2025

    👉 Vous pouvez consulter notre étude sur les levées de fonds des entreprises françaises du numérique en santé du T3 2025 ici : https://lnkd.in/eAEPjJxE

  • Dossier médical électronique : la Chine connecte ses hôpitaux à l’ère du numérique

    • La Chine déploiera en 2025 un dossier médical électronique (DME) national, sécurisé et interopérable, accessible à l’ensemble de ses citoyens.
    • 12 % des adultes chinois souffrent d’une maladie chronique, notamment le diabète, les pathologies cardiovasculaires et les cancers (OMS).
    • 70 % des hôpitaux urbains seront interconnectés via la plateforme nationale de DME d’ici fin 2025 (Université Tsinghua).
    • Les résultats biologiques par exemple et les dossiers hospitaliers seront intégrés automatiquement et mis à jour en temps réel.
    • Une intelligence artificielle analysera en continu les données cliniques pour soutenir la décision médicale.
    • Le système repose sur une infrastructure cloud conforme aux normes chinoises GB/T, garantissant interopérabilité et cybersécurité.

    La Chine déploie un système national sécurisé et interopérable de dossiers médicaux électroniques (DME) qui sera accessible à chaque citoyen en 2025

    12 % d’adultes chinois souffrent de maladies chroniques

    La progression des maladies chroniques impose un suivi intégré et continu. Selon l’OMS, 12 % des adultes chinois sont touchés par des affections telles que le diabète, les pathologies cardiovasculaires et les cancers.

    • Plus de 70 % des patients attendent plus de deux semaines pour consulter un spécialiste ;
    • Les tests biologiques traditionnels et la faible interopérabilité retardent les diagnostics ;
    • Les coûts élevés et la fragmentation des systèmes hospitaliers freinent la continuité des soins.

    70 % des hôpitaux urbains bientôt interconnectés

    Le programme national de dossier médical électronique (DME), coordonné par l’Université Tsinghua et l’Académie d’ingénierie, a pour objectif de moderniser la gestion et le partage des données de santé. Il prévoit la numérisation complète des activités hospitalières, la connexion de 70 % des établissements urbains d’ici 2025 et une meilleure coordination des soins grâce à des échanges de données plus rapides.

    • Numérisation intégrale des activités hospitalières ;
    • Connexion de 70 % des hôpitaux urbains d’ici 2025 ;
    • Amélioration de la coordination et de la rapidité des soins.

     Une plateforme cloud conforme aux normes GB/T

    • Intégration automatique des dossiers hospitaliers et résultats biologiques en temps réel ;
    • Analyse par intelligence artificielle pour soutenir la décision clinique ;
    • Protection renforcée de la confidentialité et traçabilité des échanges.

    Le dossier médical électronique national repose sur une infrastructure cloud sécurisée conforme aux standards chinois GB/T, qui encadrent l’interopérabilité, la cybersécurité et le formatage des données de santé. Le dispositif intègre automatiquement les dossiers hospitaliers et les résultats biologiques en temps réel, mobilise l’intelligence artificielle pour appuyer la décision clinique, et renforce la confidentialité ainsi que la traçabilité des échanges numériques.

    Une couverture nationale d’ici fin 2025

    La généralisation du DME va ouvrir la voie à :

    • La médecine personnalisée et prédictive ;
    • Le dépistage à domicile via objets connectés ;
    • Une coordination renforcée entre prévention, diagnostic et suivi thérapeutique.

     

  • Tunstall Vitaris : la téléassistance préventive

    L’entreprise a lancé son dispositif de téléassistance en septembre 2024 en utilisant différents outils.

    Les nouvelles technologies pour une surveillance fine du comportement

    Au domicile de la personne en perte d’autonomie est installé dans chaque pièce un capteur « passif » pour suivre les activités qui s’y déroulent. Ainsi par exemple, un capteur sur le frigidaire permet de savoir si la personne s’alimente ou bien sur une porte pour savoir si la personne sort aussi régulièrement que d’habitude. En outre, une ou plusieurs caméras sont installées pour renseigner sur d’éventuels incidents, une chute par exemple, ou sur des changements d’habitude, comme des journaux non ouverts ou tout autre glissement d’activité. Les informations sont transmises à une centrale d’écoute ouverte 24h sur 24 et susceptible d’alerter les secours en cas d’urgence.

    L’IA pour analyser les comportements.

    L’IA utilise les données accumulées depuis un an auprès de 2000 clients : nombre d’appels, motifs et heures des appels, etc. En croisant les données ainsi recueillies elle peut repérer des signaux faibles en cas de changement dans les comportements observés. Deux semaines d’apprentissage suffisent à cet outil pour pouvoir s’adapter à chaque situation. En cas de besoin, l’IA déclenche une alerte et génère un plan d’action. Les informations recueillies sont envoyées à l’équipe de soins, ergothérapeute ou infirmière, qui fait le lien avec la famille. Il est prévu au moins un rapport par semaine, transmis à la famille. Tunstall Vitaris fait état de retours très positifs des services à domicile et des aidants, rassurés par la surveillance dont bénéficie la personne âgée à son domicile. Les professionnels indiquent être davantage en mesure de personnaliser leur plan d’aide à la situation réelle.

    Quant aux seniors, ils sont rassurés sur la discrétion et l’éthique du dispositif : respect du RGPD, la vidéo restant sur place. Ils ne le vivent pas comme intrusif mais comme une aide nécessaire pour rester à leur domicile.

     

  • 3,94 milliards d’euros de coûts liés à la dépression des jeunes selon une modélisation française

    95 paramètres intégrés dans la microsimulation : 590 000 cas de dépression supplémentaires modélisés sur 22 ans

    Une équipe de chercheurs dirigée par Nicolas Hoertel (hôpital Corentin-Celton, AP-HP), Frédéric Limosin et Henri Leleu a développé un modèle de microsimulation portant sur 18,6 millions de jeunes Français nés entre 1990 et 2012 et suivis sur la période 2000–2022.
    Ce modèle intègre 95 paramètres, combinant données sociodémographiques, comportements de santé et exposition aux plateformes numériques. Les analyses ont été conduites entre août 2024 et juillet 2025. Selon les simulations, un usage excessif des réseaux sociaux serait associé à 590 000 cas supplémentaires de dépression au cours de la vie, 799 décès par suicide et 137 000 années de vie en bonne santé perdues. L’impact économique global est estimé à 3,94 milliards d’euros.

    Interaction entre comportements numériques et sociodémographie

    Une hausse de la dépression féminine de 2 % à 10 % entre 2014 et 2022

    Les chercheurs soulignent que la dépression des adolescents découle d’une interaction entre plusieurs facteurs de risque : adversités précoces, inactivité physique, surpoids et usage de substances. L’exposition prolongée aux réseaux sociaux renforcerait ces vulnérabilités.
    Les mécanismes évoqués incluent la baisse de l’estime de soi, le cyberharcèlement, la perturbation du sommeil et l’addiction numérique. L’étude observe également des différences selon le genre : l’augmentation de la prévalence de la dépression entre 2014 et 2022 touche particulièrement les filles, passant de 2 % à 10 %.

    Trois scénarios testés montrent jusqu’à 14,7 % de réduction des troubles dépressifs

    Le modèle a permis d’évaluer l’effet de trois scénarios :

    • Limiter l’usage quotidien à une heure réduirait la prévalence cumulée de la dépression de 14,7 %.
    • Remplacer 30 minutes sur les réseaux par 30 minutes d’activité physique ferait baisser cette prévalence de 12,9 %.
    • Supprimer l’usage des réseaux pour les 8,5 % d’adolescents les plus à risque permettrait une diminution de 12 %.

    Ces résultats suggèrent qu’une régulation raisonnée du temps d’écran et un soutien ciblé aux jeunes vulnérables pourraient réduire significativement la charge de morbidité liée à la dépression.

    Validation des stratégies dans la vie réelle encore nécessaire

    Les auteurs rappellent que la microsimulation ne permet pas d’établir un lien causal formel entre les réseaux sociaux et la dépression. L’étude repose sur le temps d’exposition et non sur la nature des contenus ou la qualité des interactions.
    Les essais cliniques randomisés étant difficilement réalisables, ces résultats constituent néanmoins le niveau de preuve le plus robuste disponible à ce jour. Ils ouvrent la voie à des stratégies ciblées de prévention numérique et à une meilleure articulation entre politiques de santé publique et régulation des plateformes en France.

     

    Hoertel N, Olfson M, Blanco C, Biscond M, Limosin F, Sánchez-Rico M, Blachier M, Leleu H. Impact of excessive social media use on adolescent depression and its consequences in France: An individual-based microsimulation model. PLOS Medicine. 2025 Oct 21; 22(10): e1004737.

     

  • AI Act : Bruxelles accorde un délai aux fournisseurs d’IA à haut risque jusqu’en 2027

    Un délai d’adaptation pour les acteurs de l’IA

    La Commission européenne prévoit de repousser certaines dispositions du règlement sur l’intelligence artificielle. Les entreprises opérant des systèmes d’IA à haut risque — notamment dans les domaines de la biométrie et du recrutement — bénéficieront d’un sursis d’un an avant toute sanction. L’objectif est de leur laisser le temps d’adapter leurs processus internes à la nouvelle réglementation.

    Les fournisseurs de modèles d’IA générative déjà commercialisés avant l’entrée en vigueur du texte, parmi lesquels OpenAI et Mistral AI, seraient temporairement dispensés de certaines obligations. Les exigences liées à la transparence et à l’explicabilité ne s’appliqueraient qu’à partir d’août 2027, afin de permettre la mise en place des infrastructures techniques nécessaires.

    Un pilotage européen renforcé pour la conformité

    Au-delà du calendrier, la Commission européenne entend consolider le rôle du Bureau européen de l’intelligence artificielle. Chargé d’assurer une application uniforme du règlement, cet organe se verrait confier des missions élargies de contrôle et de coordination entre États membres. Bruxelles souhaite ainsi maintenir la cohérence réglementaire tout en limitant la charge administrative pesant sur les développeurs et les utilisateurs.

    Un compromis sous tension diplomatique

    Cette inflexion s’inscrit dans un contexte de tensions transatlantiques. L’administration américaine, appuyée par les grandes plateformes numériques, juge l’AI Act trop contraignant et susceptible de freiner les échanges commerciaux.  Bruxelles cherche à éviter toute rupture de coopération avec Washington, notamment dans les domaines de la défense et du renseignement.

  • Health&Tech Summit 2025 : L’intelligence artificielle et la donnée, moteurs de la transformation du système de santé

    Le Health&Tech Summit 2025 approche à grands pas. Les 16 et 17 décembre prochains, Marseille accueillera plus de 300 décideurs, chercheurs, hospitaliers et entrepreneurs venus de plusieurs pays pour deux jours de débats, de démonstrations et de retours d’expérience sur la transformation des systèmes de santé par l’intelligence artificielle et la donnée.

    D’ici là, chaque semaine, nous publierons un article pour explorer les thématiques phares du Summit : innovations IA et data en santé, intégration hospitalière, gouvernance européenne, programmes de prévention, retours de terrain ou encore stratégies d’écosystèmes. Ces articles vous permettront d’en découvrir les grands enjeux, les intervenants clés et les temps forts à ne pas manquer.

    Voici le premier article de cette série, qui pose le décor du Health&Tech Summit 2025 : les grands axes du programme, les innovations attendues et les perspectives pour les acteurs du numérique en santé.

    Innovations IA et données de santé : échanges, études de cas et retours de terrain

    Le Health&Tech Summit 2025, organisé à Marseille les 16 et 17 décembre 2025 est une conférence de référence sur la transformation des systèmes de santé par l’intelligence artificielle et la donnée. Réunissant plus de 300 décideurs, hospitaliers, chercheurs et start-ups de 24 pays, ce rendez-vous place la discussion sur les applications concrètes de l’IA et la structuration de l’information médicale au centre des enjeux.​
    Les sessions plénières et les ateliers mettent en valeur les avancées génératives, l’automatisation des workflows hospitaliers, la génération de cohortes synthétiques pour la recherche clinique, la prédiction des risques patients ou encore la coordination du parcours de soins grâce à la data science. Des retours d’expérience hospitaliers et industriels internationaux illustreront l’impact direct des plateformes de données et de l’IA dans l’organisation, la prévention et la décision clinique.​

    Programmes de formation et livrables méthodologiques

    Le sommet offre un dispositif original de masterclasses, avec mise en situation sur :
    • La validation scientifique de solutions IA.
    • L’évaluation éthique.
    • La conformité réglementaire (AI Act, RGPD).
    • La feuille de route pour le déploiement industriel et hospitalier.
    Ces formats, pilotés par des experts hospitaliers et régulateurs européens, permettent aux participants de repartir avec des guides pratiques, checklists et retours d’expérience structurés, validés collectivement.

    EHDS, Gouvernance, cadre juridique et éthique des usages IA/data

    Un focus particulier se dessine sur les questions réglementaires et d’organisation : gestion des droits d’usage de la donnée, construction de référentiels européens (AI Act, EHDS), modalités d’évaluation par les autorités (EMA, ANSM…), et retours des institutions pilotes sur le déploiement à grande échelle.
    Les sessions insistent également sur l’importance de l’interopérabilité, de la qualité des données, et de la confiance des usagers, via des ateliers collaboratifs réunissant industriels, DPO, médecins et institutionnels.​

    3 temps forts du programme : 

    Accélération de la recherche : l’usage des données synthétiques

    Un des temps forts du programme porte sur la façon dont l’intelligence artificielle accélère la recherche biomédicale grâce à la génération et l’exploitation de données synthétiques. Ces approches permettent de contourner les limitations des cohortes réelles, en particulier pour les maladies rares, d’accélérer la constitution d’échantillons, de simuler des essais cliniques et de réduire les biais de sélection. Des experts partageront des guides méthodologiques pour garantir la robustesse des modèles, la validation réglementaire et l’acceptabilité éthique de cette innovation.​

    Intégration IA et data dans les hôpitaux : fluidifier les opérations

    Plusieurs ateliers et panels sont consacrés à la transformation organisationnelle hospitalière : automatisation des workflows, optimisation des parcours de soins, gestion intelligente des ressources, et prédiction précoce des risques patients via les plateformes IA. L’IA appliquée aux données cliniques permet de décloisonner les services, d’augmenter la coordination multidisciplinaire et de limiter les ruptures de prise en charge. Le Summit présentera également des cas concrets de déploiement, les freins rencontrés (interopérabilité, formation des équipes) et les facteurs de succès, illustrant une montée en compétence collective et une amélioration de l’efficience hospitalière.​

    Passage à l’échelle des programmes de prévention : segmentation, stratification et personnalisation

    La question centrale de la prévention à l’ère de l’IA et des data est portée dans plusieurs sessions. Les intervenants- analyseront comment les plateformes de gestion de données permettent de segmenter la population, de stratifier les risques selon des modèles prédictifs et d’individualiser les programmes, en particulier pour les maladies chroniques et le dépistage à grande échelle. Les retours d’expérience montrent que l’association IA/data peut permettre d’anticiper les complications, orienter vers les meilleurs parcours et personnaliser l’accompagnement, tout en respectant les enjeux éthiques et de gouvernance.

    Des experts au service de l’action

    La Conférence mobilise des intervenants référents : directeurs de la transformation digitale hospitalière, data scientists, responsables éthique, chefs de programmes IA et juristes spécialisés. Les discussions permettront de croiser les visions stratégiques et opérationnelles, de partager des bonnes pratiques d’intégration et de poser les jalons de projets collaboratifs. Ce foisonnement d’expertises contribue à accélérer la montée en compétences et la structuration d’une « Health&Tech intelligence » partagée, clé pour la transformation du système de santé européen.​

    Startups et écosystèmes d’innovation au cœur du programme

    Le Summit accorde une place centrale aux startups, scale-ups et clusters d’innovation spécialisés dans l’IA et la data en santé. Un espace dédié leur permet de présenter prototypes, solutions avancées (segmentation de populations, prévention automatisée, IA clinique) et stratégies de passage à l’échelle devant un panel composé d’établissements hospitaliers, d’investisseurs et de pôles d’innovation. Les jeunes entreprises bénéficient de masterclasses spécifiques sur la validation scientifique, l’accès aux marchés internationaux et le déploiement partenarial, ce qui favorise une fertilisation croisée entre entrepreneurs, cliniciens et décideurs. Cette dynamique valorise des collaborations intersectorielles concrètes.

    L’exploration des projets phares de l’APHM et de l’IHU

    Le Health&Tech Summit met également en avant les initiatives menées par l’AP-HM (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille) et l’IHU (Institut Hospitalo-Universitaire), qui s’imposent comme catalyseurs européens de la transformation numérique hospitalière. Avec plus de 125 projets de recherche technologique soutenus par 45 M€ d’investissements, l’AP-HM expose ses démarches d’expérimentation à grande échelle : automatisation du parcours patient, IA pour la gestion prédictive des flux et surveillance clinique, plateformes de données pour la recherche translationnelle. L’IHU, centre d’excellence, partage ses programmes de médecine personnalisée et l’intégration de l’IA à la prévention des épidémies, démontrant ainsi la capacité de ces institutions à structurer l’écosystème et à renforcer l’attractivité du territoire pour les talents et les partenariats internationaux.​
    Pour découvrir le programme et participer : Health and Tech Summit 2025 (programme)
  • Note aux abonnés : Comment financer la santé populationnelle ? Réponses et retours d’expérience au workshop H&TI le 18.11

    Chers membres,
    La transformation de notre système de santé vers une approche populationnelle ne pourra se concrétiser sans modèles économiques viables et pérennes. C’est tout l’enjeu de notre prochain workshop.

    📅 Rendez-vous le 18 novembre | 13h30-15h30 | à Parisanté Campus

    Dans la continuité de nos travaux préparatoires au livre blanc PHM (co-publication avec le CRAPS début 2026), ce 3ème workshop explorera une question importante : comment financer et organiser durablement la santé populationnelle ? Face à la pression démographique, l’explosion des maladies chroniques et les contraintes budgétaires, les acteurs publics et privés expérimentent de nouveaux modèles organisationnels et financiers.
    Ce workshop vous permettra de :
    • Comprendre les 3 approches complémentaires émergentes en France.
    • Échanger avec les pionniers de ces modèles innovants.
    • Anticiper les évolutions réglementaires et stratégiques à venir.
    • Contribuer activement à la réflexion collective qui nourrira le livre blanc 2026.

    3 modèles à l’étude :

    1. Modèle plateforme – Financement par les entreprises et mutuelles
      Intervenant : Vivoptim
    2. Modèle national – Organisation publique centralisée
      Intervenant : ICOPE
    3. Modèle territorial – Bundle de financements régionaux
      Intervenant : GRADes / acteur de territoire (à confirmer)

    Un cercle d’expertise unique

    Vous rejoindrez les décideurs et experts qui façonnent l’avenir de la santé populationnelle : ARS, AIS, CPTS, GRADes, assureurs, mutuelles, et acteurs innovants.
    Places limitées – Inscription gratuite pour les abonnés HTI
    • Abonnés Essentiel : 1 représentant/organisation
    • Abonnés Premium : 2 représentants/organisation
    • Date limite d’inscription : 15 novembre
    Confirmez donc votre place avant le 15 novembre https://evenium.events/workshopphm18nov
  • JO : La commission de référencement de Mon espace santé reconduite avec 3 nouveaux membres

    La nouvelle composition

    • Entrants : Fanny Boucehaba et Frédéric Bernard, participants au comité citoyen associé à la gouvernance du numérique en santé, remplacent Anne‑Claire Montaner et Henri Debise.​
    • Entrant : Nicolas Bonnet, nommé par le secrétariat général pour l’investissement (SGPI) pour ses compétences en développement économique du secteur numérique, remplace Julien Mercier.​
    • Membres reconduits : Margo Bernelin, personnalité qualifiée CNIL pour l’éthique du numérique et la protection des données ; Claude Chaumeil, représentant des usagers désigné par l’Unass; Philippe Szidon, personnalité qualifiée du collège de médecine générale ; Eric Poiseau, personnalité qualifiée pour ses compétences techniques.

    Rôle et cadre réglementaire

    La commission évalue les dossiers de référencement des services candidats au catalogue de Mon espace santé sur la base d’exigences de sécurité, d’interopérabilité, d’urbanisation, d’éthique, de qualité de contenu médical et de conformité RGPD, puis émet un avis transmis au ministre pour décision finale. Le cadre a été actualisé en juin 2025 avec un référentiel V3, ce qui simplifie le parcours. La doctrine 2025 précise que la commission statue sur l’inclusion des services au catalogue, après un processus de conformité et d’évaluation piloté par l’État.​

    ​Le renouvellement soutient une gouvernance pluraliste associant citoyens, usagers, professionnels de santé, experts techniques et protection des données, afin d’assurer un catalogue cohérent et de confiance pour les usagers.

    Légifrance. Arrêté du 2 octobre 2025 portant nomination des membres de la commission de référencement des services et outils numériques au catalogue de service de l’espace numérique de santé. 2025 Oct 26.