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  • Un algorithme d’IA pour la prédiction du déclin rénal progressif

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 700 millions de personnes souffrent de maladie rénale chronique (MRC). Environ 15 % des adultes présentent une forme modérée à sévère (stades G3 à G5), correspondant à une altération significative du débit de filtration glomérulaire. Chaque année, plus de 2,5 millions de décès sont liés à ses complications cardiovasculaires. Les approches classiques — mesure de la clairance de la créatinine ou des protéines urinaires — présentent des limites :

    • Sensibilité insuffisante
    • Détection souvent tardive
    • Personnalisation thérapeutique limitée

    Un outil in vitro fondé sur l’intelligence artificielle

    Développé conjointement par Roche Diagnostics et la biotech américaine KlinRisk, le logiciel est un dispositif de diagnostic in vitro qui analyse les données issues de tests sanguins et urinaires afin d’estimer le risque de déclin rénal.

    • Intègre de multiples paramètres cliniques et biologiques
    • Conforme aux recommandations internationales en néphrologie
    • Accessible via le cloud et interopérable avec les systèmes hospitaliers

    Le premier outil IA marqué CE pour la stratification du risque rénal

    Ce dispositif, intégré à la Navify Algorithm Suite, comprend :

    • Le Kidney KlinRisk Algorithm, premier algorithme IA marqué CE, conçu pour la prédiction précoce du déclin rénal chez les patients atteints de MRC ou à risque (diabète, hypertension).
    • Le Kidney Failure Risk Equation (KFRE) Algorithm, modèle complémentaire validé, utilisé pour évaluer la probabilité d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale.

     

  • En 2024, le nombre de lits d’hospitalisation recule de 0,5% selon la Drees

    • Le nombre de lits d’hospitalisation complète recule de 0,5% en 2024, un ralentissement par rapport à 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%)
    • L’hospitalisation partielle progresse de +3,1% en 2024, confirmant le virage ambulatoire entamé depuis deux décennies.
    • L’hospitalisation à domicile (HAD) augmente de +5,5% en 2024 et représente 8,1% des capacités d’hospitalisation complète (hors psychiatrie).
    • Les maternités françaises disposent de 770 lits de réanimation néonatale, en hausse de +1,1%, soit une densité moyenne de 1,2 lit pour 1 000 naissances.
    • Les écarts régionaux persistent : les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous le seuil fixé (Drees).

    Les hausses continues de l’hospitalisation partielle (+3,1%) et de l’hospitalisation à domicile (+5,5%) confirment le basculement vers une logique de « juste soin au bon endroit », où la proximité et la prévention prennent le pas sur l’hospitalisation systématique. La tendance actuelle indique une mutation de la fonction hospitalière : l’hôpital devient un nœud de coordination, plus qu’un point de soins exclusif. L’enjeu n’est plus seulement quantitatif (nombre de lits), mais qualitatif : développer la capacité d’accueil “étendue” sur le territoire.

    La baisse des lits se poursuit, mais à un rythme moindre

    Un virage ambulatoire amorcé depuis deux décennies

    À fin 2024, la France compte 2 965 établissements de santé : 1 330 hôpitaux publics, 655 établissements privés à but non lucratif et 980 cliniques privées. Ces structures disposent de 367 300 lits d’hospitalisation complète, 91 200 places d’hospitalisation partielle et une capacité d’accueil simultané en hospitalisation à domicile (HAD) de 25 400 patients. Le nombre de lits d’hospitalisation complète a reculé de 0,5% en 2024, un rythme inférieur aux baisses observées en 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%). Cette diminution s’inscrit dans une tendance amorcée depuis le début des années 2000, marquée par une réorganisation continue de l’offre de soins vers des prises en charge plus courtes et moins invasives.

    +3,1% de places supplémentaires en hospitalisation partielle

    Les alternatives à l’hospitalisation complète poursuivent leur progression. Le nombre de places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,1% en 2024, après +4,0% en 2023. Cette hausse reste supérieure à la moyenne observée avant 2019. L’évolution est plus marquée en soins de moyen séjour (+5,5%) qu’en court séjour (+4,4%).

    Le numérique renforce la dynamique ambulatoire, notamment en psychiatrie

    En psychiatrie, les capacités d’hospitalisation partielle demeurent stables. Toutefois, cette stabilité s’accompagne d’une réorientation vers des modalités de soins intégrant davantage les parcours ambulatoires. Ces évolutions s’appuient sur l’introduction d’outils numériques de coordination et de suivi, soutenant la transformation du système vers des modèles de soins plus flexibles.

    L’hospitalisation à domicile progresse de 5,5%

    Les capacités d’hospitalisation à domicile connaissent une nouvelle hausse de +5,5% en 2024, après +4,1% en 2023. L’HAD représente désormais 8,1% des capacités totales de prise en charge en hospitalisation complète (hors psychiatrie), contre 2,1% en 2006. Les dispositifs techniques permettant un suivi à distance sécurisé, la montée en puissance des plateformes numériques de coordination et la diffusion de protocoles de télésurveillance des pathologies chroniques y contribuent.

    Réanimation néonatale : des écarts régionaux persistants

    Fin 2024, les 450 maternités françaises disposent de 13 800 lits d’obstétrique, 2 800 lits de néonatologie, 1 200 lits de soins intensifs et 770 lits de réanimation néonatale. Cette dernière catégorie affiche une hausse modérée (+1,1%), portant la densité moyenne nationale à 1,2 lit pour 1 000 naissances. La feuille de route nationale 2024-2030 « Pédiatrie et Santé de l’enfant » fixe pour objectif qu’aucune région ne soit en dessous d’un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances d’ici 2027. Quatorze régions atteignent déjà ce seuil, dont les cinq départements et régions d’outre-mer. Les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous l’objectif, selon la Drees.

  • Santé 2.0 : l’Inde bâtit le plus vaste écosystème médical connecté au monde

    L’Inde connaît actuellement une transformation majeure de son système de santé, portée par un investissement public de 10,5 milliards d’euros destiné à développer la numérisation, l’intelligence artificielle et la télémédecine. Ce processus s’inscrit dans une stratégie nationale visant à améliorer la performance, l’accessibilité et la continuité des soins. Avec plus de 70 000 établissements, 1,38 million de médecins et un objectif de dépenses de santé représentant 2,5 % du PIB d’ici 2025, le pays se dote des moyens nécessaires pour moderniser ses infrastructures. L’Ayushman Bharat Digital Mission joue un rôle central dans cette évolution, favorisant l’interopérabilité des données et la création d’un écosystème connecté rassemblant patients, professionnels et institutions. La plateforme eSanjeevani illustre cet essor avec plus de 330 millions de téléconsultations réalisées et un milliard de citoyens enregistrés. Parallèlement, l’Inde renforce son cadre réglementaire pour encadrer la gestion des données médicales, garantir la cybersécurité et assurer la conformité technique des solutions de santé numérique. Cette combinaison d’innovation technologique, d’encadrement légal et d’ouverture économique positionne le pays comme un acteur incontournable du paysage mondial de la santé digitale. Retrouvé l’analyse d’Health&Tech Intelligence sur la santé numérique en Inde dans cette étude.

    📌L’Inde accélère sa révolution santé : 10,5 Mds € investis dans le numérique, l’IA et la télémédecine

    En 2023, les dépenses de santé en Inde atteignent 2,1 % du PIB, avec un objectif de 2,5 % d’ici 2025. Le pays compte 70 000 hôpitaux, dont 63 % privés, et plus de 1,38 million de médecins. Soutenue par un budget public de 10,5 Mds €, la transformation numérique s’intensifie : 372 millions de téléconsultations sur eSanjeevani et un marché de la santé estimé à 360,8 Mds €. L’économie numérique médicale, tirée par l’IA, les objets connectés et la biotechnologie, positionne l’Inde comme un acteur clé mondial de la santé digitale.

    👉 Plus de détails sur «État des lieux de la santé en Inde : 10,5 Mds€ pour l’IA, les DME et l’infrastructure numérique – Health & tech».

    📌Santé numérique en Inde : un marché porteur, encadré par un cadre légal avancé

    Le numérique en santé en Inde s’appuie sur l’Ayushman Bharat Digital Mission (ABDM) et un écosystème réglementaire renforcé depuis le Digital Personal Data Protection Act adopté en 2023. L’entrée sur le marché implique conformité à la Health Data Management Policy, respect du consentement patient et enregistrement des logiciels auprès de la Central Drugs Standard Control Organisation. Les Telemedicine Practice Guidelines encadrent les pratiques, tandis que la sandbox de la NHA teste la conformité technique. Ouverte à 100 % aux IDE, l’Inde combine forte attractivité et exigences réglementaires précises pour les acteurs étrangers du numérique en santé.

    👉 Plus de détails sur «Inde : un marché du numérique en santé prometteur, mais sous haute conformité – Health & tech».

    📌Santé numérique en Inde : 330 millions de téléconsultations et un milliard de citoyens connectés à l’écosystème ABDM

    En cinq ans, l’Inde a bâti un écosystème national de santé numérique interopérable reliant plus d’un milliard de citoyens. Portée par l’Ayushman Bharat Digital Mission, la plateforme eSanjeevani totalise 330 millions de téléconsultations, via 175 000 centres et 500 000 professionnels enregistrés. Le pays compte déjà  47 millions de dossiers de santé liés. L’intelligence artificielle, déployée pour la tuberculose, la rétinopathie et la décision clinique, transforme la médecine en un système prédictif et inclusif, soutenu par des politiques robustes de cybersécurité et de protection des données.

    👉 Plus de détails sur «330 millions de téléconsultations, 175 000 centres connectés : l’Inde change d’échelle dans la santé numérique – Health & tech».

    📌Un milliard de dossiers connectés : l’Inde devient le plus grand laboratoire mondial de santé numérique

    L’Inde opère une transformation sanitaire à l’échelle de 1,4 milliard d’habitants, avec 770 millions de comptes ABHA et 530 millions de dossiers numériques intégrés à l’Ayushman Bharat Digital Mission. Soutenu par l’État, l’écosystème regroupe 600 000 professionnels, 392 000 établissements et plus de 1 100 investisseurs HealthTech, dont Practo, PharmEasy et Tata 1mg parmi les leaders. Les hôpitaux privés, menés par Apollo et Manipal, misent sur l’IA et les DME, tandis que eSanjeevani a dépassé 25 millions de téléconsultations. Avec l’appui des géants mondiaux et une gouvernance numérique ambitieuse, l’Inde s’affirme comme un pivot incontournable de l’innovation médicale internationale.

    👉 Plus de détails sur «L’Inde, laboratoire de la santé numérique : un milliard de dossiers connectés pour 1,4 milliard d’habitants – Health & tech».

     

    @Visuel de synthèse santé numérique en Inde @HTI

  • L’Inde, laboratoire de la santé numérique : un milliard de dossiers connectés pour 1,4 milliard d’habitants

    Un système de santé en mutation sous impulsion gouvernementale

    L’Inde a engagé depuis une décennie une profonde transformation de son système de santé, portée par une vision : bâtir une infrastructure numérique unifiée au service des 1,4 milliard d’habitants. Au cœur de cette stratégie, la National Health Authority (NHA) pilote l’Ayushman Bharat Digital Mission (ABDM), lancée en 2021. Cette initiative phare vise à connecter patients, professionnels, hôpitaux et laboratoires dans un écosystème commun.

    En avril 2025, les chiffres donnent la mesure de cette ambition :

    • 770 millions de comptes ABHA (Ayushman Bharat Health Account) créés ;
    • 530 millions de dossiers de santé numérisés ;
    • 392 000 établissements et plus de 600 000 professionnels de santé enregistrés.

    La NITI Aayog, principal think tank du gouvernement, a posé les bases de cette révolution en 2018 avec le concept du National Health Stack, ancêtre de l’ABDM. Quant au Ministry of Health and Family Welfare, il supervise l’ensemble des programmes digitaux : du suivi materno-infantile (Mother and Child Tracking System) au registre national des patients tuberculeux (Nikshay), en passant par les systèmes d’information hospitaliers (HIS).

    eSanjeevani : 25 millions de téléconsultations, un modèle d’inclusion numérique

    Dans un pays où près de 65 % de la population vit en zone rurale, la télémédecine est devenue un outil d’accès essentiel. La plateforme publique eSanjeevani, déployée par le gouvernement, a permis plus de 25 millions de téléconsultations à travers 800 centres de télémédecine couvrant 95 spécialités. Ce programme illustre la volonté de réduire la fracture territoriale tout en créant un réseau de soins intégré, interopérable avec les systèmes hospitaliers publics et privés.

    Autre exemple de réussite : CoWIN, plateforme nationale de gestion vaccinale, a orchestré plus de deux milliards d’injections durant la pandémie de COVID-19. Ce système, salué à l’international, a posé les bases de la gestion numérique des campagnes de santé publique à grande échelle. Enfin, le programme d’assurance Ayushman Bharat Pradhan Mantri Jan Arogya Yojana (PM-JAY) couvre 100 millions de familles vulnérables, offrant jusqu’à 500 000 roupies par an pour des soins hospitaliers. L’intégration progressive de cette assurance dans les plateformes numériques renforce la continuité du parcours de soins.

    L’explosion des startups HealthTech : 1100 investisseurs

    L’Inde abrite aujourd’hui plus de 1 100 investisseurs actifs dans la santé numérique, dont Peak XV Partners, Accel, Prosus, Temasek ou TPG. Le secteur a levé 707 millions USD au premier semestre 2024, soit le double de 2023. Depuis dix ans, les startups HealthTech indiennes ont cumulé près de 10 milliards USD d’investissements, confirmant la maturité d’un marché désormais structuré.

    • Practo, pionnière du domaine, reste la référence. Son écosystème complet, de la prise de rendez-vous à la téléconsultation, réunit plus de 100 000 médecins et 70 000 cliniques et hôpitaux. Avec plus d’un milliard USD de dépenses générées sur sa plateforme, Practo a accompagné la croissance fulgurante du marché de la télémédecine pendant la pandémie.
    • PharmEasy, fondée en 2015, s’est imposée comme le leader de la e-pharmacie, malgré une valorisation en repli depuis son pic de 2021. Elle a levé 216 millions USD en 2024 et détient une participation majoritaire dans Thyrocare, réseau de diagnostics.
    • De son côté, Tata 1mg (rachetée par Tata Digital) est désormais numéro 1 du marché, avec 31 % de parts et une présence dans plus de 1 000 villes. Son modèle intègre vente de médicaments, téléconsultations et tests de laboratoire.
    • Enfin, MediBuddy, orientée santé d’entreprise, dessert plus de 600 sociétés et 30 assureurs, avec 3,5 millions d’abonnés. Ces plateformes combinent accessibilité, téléconsultation et suivi à distance, tout en favorisant l’essor d’un marché B2B solide.

    Les hôpitaux privés accélèrent leur virage numérique

    Les grands groupes hospitaliers indiens mènent eux aussi une transformation en profondeur. Apollo Hospitals, fondé en 1983, demeure le fer de lance du secteur. Son réseau de 71 établissements a réalisé plus d’un million de téléconsultations en 2023 et investi 1 200 crores INR (près de 145 millions USD) dans sa transformation numérique. Sa plateforme Apollo 24/7 et son programme ASK Apollo permettent un continuum de soins : téléconsultations, commande de médicaments, dossiers de santé électroniques et soins à domicile via Apollo Home Health.

    Manipal Hospitals, avec 37 hôpitaux dans 19 villes, collabore avec Google Cloud pour des solutions IA capables de réduire le temps de traitement des ordonnances de 15 à 5 minutes. Chaque jour, 60 000 entrées de données sont traitées avec une précision de 99 %, un jalon pour l’automatisation des processus hospitaliers. Max Healthcare, Fortis Healthcare et Narayana Health misent eux aussi sur la donnée et l’intelligence artificielle. Max Healthcare a déployé le premier système intégré de surveillance à distance en Inde ; Fortis déploie progressivement les dossiers médicaux électroniques (DME) dans ses hôpitaux ; Narayana Health, enfin, utilise des modèles prédictifs pour anticiper l’insuffisance cardiaque à partir d’ECG grâce à une base de 100 000 images médicales. Ces innovations traduisent la montée en puissance d’une santé prédictive et personnalisée, orientée résultats cliniques.

    Les géants technologiques mondiaux s’ancrent dans l’écosystème indien

    L’attractivité du marché indien a convaincu les grands groupes internationaux de renforcer leur présence. Google Health accompagne la montée en puissance de l’infrastructure numérique locale avec une stratégie « multi-pronged » axée sur la collaboration, l’accessibilité et la personnalisation. Son approche s’appuie sur la compréhension culturelle et le développement durable des solutions — notamment via Fitbit et les écosystèmes wellness urbains.

    • Philips Healthcare, GE Healthcare et Siemens Healthineers investissent massivement dans l’imagerie, les soins à distance et la R&D locale. Siemens, en particulier, renforce ses capacités de diagnostic avancé et d’analyse des données de patients. Du côté des acteurs numériques, Amazon Clinic et Microsoft explorent des modèles B2B basés sur le cloud : les infrastructures AWS, Azure et Google Cloud constituent aujourd’hui l’épine dorsale des hôpitaux numériques indiens.
    • Enfin, Roche et Apple Health participent à la convergence entre diagnostic, données et bien-être. Roche déploie sa plateforme Navify, intégrant IA et Lean Six Sigma pour optimiser les parcours de soins ; Apple mise sur les wearables connectés et des partenariats avec assureurs pour développer des modèles de prévention personnalisés.

    Un écosystème ouvert et internationalisé

    L’écosystème indien ne se limite plus à son territoire. De nombreuses entreprises étrangères spécialisées — bioMérieux, Vygon, Peters Surgical, Air Liquide Medical Systems ou encore NatéoSanté — participent à la structuration de l’offre locale en dispositifs médicaux et en solutions numériques. Des partenariats public-privé se multiplient, notamment autour de la World Economic Forum Healthcare Coalition India, soutenant des projets comme celui d’Apollo Hospitals dans l’État du Meghalaya pour la prise en charge du cancer. Ces collaborations internationales permettent à l’Inde de bénéficier d’un transfert de compétences et de technologies tout en consolidant son positionnement comme hub régional de l’innovation médicale.

    Un marché dynamique mais encore fragmenté

    Malgré ses avancées spectaculaires, la santé numérique indienne fait face à plusieurs défis. La fragmentation du système de soins, la variabilité des standards de données et les inégalités d’accès au numérique entre États fédérés freinent encore l’interopérabilité complète.
    L’ABDM constitue une réponse structurante, mais sa réussite dépendra de la capacité à unifier les données de santé publiques et privées tout en garantissant la confidentialité. L’adoption rapide des outils numériques par les hôpitaux et les patients, conjuguée à l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux, pourrait cependant accélérer cette convergence.

    @Healt & Tech Intelligence
  • Inde : un marché du numérique en santé prometteur, mais sous haute conformité

    Un cadre juridique encore en construction pour le numérique en santé

    Une gouvernance éclatée mais cohérente :

    L’Inde ne possède pas un « Code de la santé publique » unique comme en France. Elle s’appuie sur un empilement cohérent de lois, politiques publiques et lignes directrices, orchestré par le Ministry of Health and Family Welfare (MoHFW) et plusieurs agences. Pour le numérique en santé, le pilote est la National Health Authority (NHA), qui met en œuvre l’Ayushman Bharat Digital Mission (ABDM), qui est la colonne vertébrale du système, des registres de professionnels et d’établissements, couplée au Health Information Exchange & Consent Manager (HIE-CM) qui permet d’organiser le partage des dossiers médicaux par consentement explicite.

    Un cadre juridique structuré autour de la donnée :

    Côté protection des données, l’Inde s’est dotée en août 2023 du Digital Personal Data Protection Act (DPDPA), une loi-cadre horizontale qui encadre tout traitement de données personnelles numériques. Elle impose un consentement explicite, consacre les droits d’accès, de correction et d’effacement, et prévoit une notification obligatoire des violations à l’autorité compétente, le Data Protection Board of India (DPB). Les règles d’application, attendues pour cette fin d’année 2025, préciseront les délais de notification et les mécanismes de conformité.

    Dans le domaine de la santé, ce socle est complété par la Health Data Management Policy (HDMP), rattachée à l’ABDM. Cette politique formalise la gouvernance du consentement via le HIE-CM et définit les exigences d’interopérabilité et de sécurité imposées aux acteurs participants. L’intégration à ABDM suppose des logiciels conformes, testés dans la “sandbox” de la NHA et enregistrés dans les registres nationaux des établissements et professionnels.

    Plusieurs régulations déjà bien ancrées

    Les Telemedicine Practice Guidelines, référence depuis 2020 :

    La pratique de la télémédecine repose sur les Telemedicine Practice Guidelines (TPG), publiées en mars 2020 et annexées au code déontologique des médecins. Elles imposent l’identification du praticien, le recueil du consentement – implicite si le patient initie la consultation, explicite dans le cas contraire -, la tenue du dossier et les limites de prescription. Ces lignes directrices demeurent la référence opérationnelle pour toute consultation à distance.

    Le rôle central de la CDSCO :

    Tout ce qui relève du dispositif médical, y compris les logiciels à finalité médicale (Software as a Medical Device, SaMD), dépend de la Central Drugs Standard Control Organisation (CDSCO). Le cadre applicable est celui des Medical Device Rules (MDR) de 2017, qui classent les produits de A à D selon le risque et prévoient des procédures d’enregistrement ou de licence via le portail national indien.

    Un marché indien ouvert mais exigeant

    Qualifier le produit avant toute démarche :

    Pour ce qui est de l’accès au marché indien du numérique en santé, plusieurs étapes doivent être franchies. La première d’entre elles n’est pas juridique, puisque le produit doit être défini en fonction de son utilité pour voir quelle réglementation va s’appliquer. Un outil de bien-être ne sera pas régulé comme un logiciel d’aide au diagnostic ou de télésurveillance. Dès qu’une finalité médicale est revendiquée, le produit entre dans le périmètre du MDR de 2017. Il faut alors identifier la classe (A à D), constituer un dossier technique et qualité, et obtenir la licence avant toute commercialisation.

    La certification CE ne suffit pas :

    Premier obstacle pour les Français : la marque CE, même si elle reste un atout de crédibilité, ne dispense pas des démarches indiennes. Les entreprises doivent désigner un “représentant local agréé” (Authorized Indian Agent), déposer une demande MD-14 via le portail officiel et obtenir la licence d’import MD-15 avant distribution. Les pièces attendues incluent le dossier technique, les certificats ISO 13485 (qui est le référentiel international de qualité propre aux dispositifs médicaux) et, le cas échéant, le certificat de libre vente délivré en Europe.

    En plus de cela, les entreprises proposant des services de téléconsultation doivent se conformer aux Telemedicine Practice Guidelines, notamment en ce qui concerne la traçabilité, le consentement, l’identification du praticien et la conservation des enregistrements.

    Un double alignement sur la donnée :

    L’entrée sur le marché implique également un double alignement réglementaire. D’un côté, la conformité au Digital Personal Data Protection Act pour la gestion des données personnelles (information, consentement, sécurité, notification au DPB). De l’autre, le respect des exigences sectorielles de l’Ayushman Bharat Digital Mission : interopérabilité, audits de sécurité et usage encadré de la sandbox, qui est l’environnement de test réglementé permettant de valider la conformité technique avant intégration à l’écosystème ABDM). Les entreprises qui visent des cas d’usage « ABDM-natifs » doivent intégrer dès la conception la logique HIE-CM et les standards FHIR ou SNOMED.

    Une ouverture industrielle favorable :

    Sur le plan économique, l’Inde autorise jusqu’à 100 % d’investissement direct étranger (FDI) en voie automatique dans la fabrication de dispositifs médicaux. Cette libéralisation facilite la création de co-entreprises, d’usines locales ou de filiales à capitaux étrangers, indépendamment du régime pharmaceutique plus contraignant

    Parcours d'entrée sur le marché du numérique en santé en Inde - @H&TI
    Parcours d’entrée sur le marché du numérique en santé en Inde – @H&TI
  • État des lieux de la santé en Inde : 10,5 Mds€ pour l’IA, les DME et l’infrastructure numérique

    Chiffres clés de l’Inde @ H&TI

     

    L’Inde, avec une population de 1  428,6 millions d’habitants et un âge moyen de 28,8 ans, se positionne parmi les géants démographiques mondiaux. Son PIB par habitant s’élève à 2 497,2 USD. Le pays connaît un taux de croissance économique élevé de 7 % et se distingue comme une démocratie attirant de nombreux acteurs internationaux, notamment dans la santé. Sur le plan institutionnel, l’organisation hospitalière présente un équilibre marqué : 70 % d’hôpitaux publics contre 30 % privés. Ce contexte sous-tend une demande croissante de soins et une transformation systémique portée par la démographie, les investissements et la volonté politique.

    Organisation du système de santé indien

    Un objectif de 2,5% de PIB dédié à la santé en 2025

    Le système de santé indien repose sur une structure à deux niveaux : un secteur public subventionné et un secteur privé dynamique. Le système est supervisé par le Ministry of Health and Family Welfare (MoHFW), qui englobe le Department of Health and Family Welfare, le Department of Health Research, la Direction Générale des Services de Santé (DGHS), et la National Health Authority, responsable du programme d’assurance publique Ayushman Bharat et de la stratégie de santé numérique.

    Le financement adopte un modèle universel à payeurs multiples : les hôpitaux publics, financés principalement par l’impôt, offrent des soins quasi gratuits aux résidents, avec seulement des co-paiements symboliques. Les programmes d’assurance tels que le RSBY (Rashtriya Swasthya Bima Yojna) ciblent principalement les travailleurs informels sous le seuil de pauvreté, incluant une cotisation annuelle très faible (30 INR) et un complément pris en charge par le gouvernement central et les États.

    En 2023, les dépenses de santé représentent 2,1 % du PIB, parmi les plus faibles au monde, avec un objectif gouvernemental d’atteindre 2,5 % du PIB d’ici 2025.
    Source : IndiaConnected.

    Institutions indiennes : un système à deux niveaux, 70 % d’hôpitaux publics

    L’Inde comptabilisait environ 70 000 hôpitaux en 2023, tous secteurs confondus : publics, privés, trusts et ONG. La répartition se précise — 26 000 hôpitaux gouvernementaux et 43 486 privés, avec 500 à 1 000 gérés par des trusts ou ONG. Le secteur privé gère 63 % des hôpitaux, tandis que le public en concentre 37 %.
    Source : IndiaDataMap.

    Parmi les plus grandes chaînes :

    • Apollo Hospitals Group >10 000 lits, 73 hôpitaux, 300 cliniques, 200 unités de télémédecine, 17 pays
    • Fortis Hospitals Group : 36 hôpitaux, 4 000 lits
    • Max Hospitals : 17 hôpitaux, 3 400 lits
    • Narayana Health : 21 hôpitaux, 6 000 lits
    • Medanta Medicity : 5 hôpitaux, 2 467 lits

    70 000 hôpitaux, 1,3 million de médecins : accès inégal, secteur privé dominant

    Le système recense, au nov. 2024, 1 386 145 médecins allopathes enregistrés, selon la National Medical Commission.
    Source officielle: Ministry of Health and Family Welfare, National Medical Commission, nov.2024.

    Le secteur hospitalier représente 80 % du marché des soins de santé. Toutefois, la moitié de la population vit en zone rurale, alors que plus de 70 % des médecins exercent en ville, accentuant les défis d’accessibilité sanitaire.
    Source : IBEF.

    Statistiques clés sur le secteur

    • Dépenses de santé 2023 : 2,1 % du PIB (objectif 2,5 % en 2025)
    • 70 000 hôpitaux en 2023 (63 % privés)
    • 1 386 145 médecins allopathes (nov. 2024)
    • 24 % des dépenses de RSE concernent la santé (200 entreprises, 154 M EUR d’investissements)
    • 820 millions d’utilisateurs internet, coût parmi les plus bas mondiaux
    • 372 millions de téléconsultations sur eSanjeevani (2025), 155 000 centres publics couverts, 220 000 professionnels impliqués

    Un marché de la santé estimé à 360,8 Mds EUR en 2023

    Le marché de la santé en Inde était estimé à 360,8 Mds EUR en 2023, avec un secteur hospitalier représentant 99 Mds EUR (soit 70 %). L’industrie pharmaceutique devrait atteindre 100 Mds EUR en 2030, et celle des dispositifs médicaux 46 Mds EUR dès 2025.

    Le secteur des dispositifs médicaux se distingue avec une valeur estimée à 10,2 Mds EUR en 2023, le 4ᵉ plus grand marché d’Asie, marqué par plus de 800 fabricants locaux, 250 start-ups et 100 entreprises internationales. 70 % des dispositifs sont importés.

    Le marché indien de la robotique chirurgicale affiche une croissance rapide : 851 M USD en 2023 (prévision : près de 4 Mds USD en 2031), portée par une démographie croissante et des politiques gouvernementales incitatives.
    Source : International Trade Administration, trade.gov.

    La santé numérique connaît une accélération marquée (Ayushman Bharat Digital Mission depuis 2021, eSanjeevani, Tele-MANAS). En 2025, le marché du suivi digital du patient génère 3,75 Mds USD, avec une projection à 22,19 Mds USD en 2030 (CAGR : 28,9 %), segment dominé par les “wearable devices” (31,3 % du chiffre d’affaires).

    La télémédecine a connu une hausse de 300 % des consultations en ligne en 2020, avec 372 millions de téléconsultations réalisées via eSanjeevani à travers 220 000 professionnels et 155 000 établissements publics en 2025. Le programme eSanjeevani, porté par le ministère indien de la Santé et du Bien-être familial, représente aujourd’hui la plus vaste initiative mondiale de télémédecine en soins primaires. En date du 8 juillet 2025, la plateforme a permis de prendre en charge plus de 391 millions de patients, avec un record de 630 000 consultations en une seule journée. Son succès repose sur un vaste réseau de plus de 223 000 praticiens, 133 000 centres de télémédecine et 17 000 hubs opérationnels à travers le pays. Depuis son lancement en 2019, la croissance d’eSanjeevani a été exponentielle, illustrant la capacité de la télémédecine à réduire les inégalités d’accès aux soins et à renforcer le modèle d’une « Inde en bonne santé » (Swasth Bharat).
    Source : IBEF, 2025.

    Investissements et politique publique : 10,5 Mds EUR alloués, priorité à l’innovation numérique et à l’IA

    En 2023, le gouvernement consacre 10,5 Mds EUR au ministère de la Santé sur le budget de l’Union. L’État encourage l’adoption des dossiers médicaux électroniques, l’intelligence artificielle pour le pilotage clinique et l’innovation sur les dispositifs médicaux (100 % d’ouverture aux IDE, exonérations fiscales spécifiques), favorisant le développement des infrastructures numériques.

    Le gouvernement soutient également la recherche biomédicale (plus de 6 000 start-ups biotech), la bioconomie estimée à 140 Mds EUR en 2025, et 273 Mds EUR en 2030 (croissance annuelle 17 %).

    Orientations stratégiques et politiques publiques

    Partenariats et démarches institutionnelles

    L’Inde déploie des modèles innovants de partenariats public-privé (PPP), très adaptables, réunissant administrations, établissements de santé, industriels et start-ups. Sur le plan international, le pays se positionne comme leader mondial au sein de la Global Initiative on Digital Health de l’OMS, portée au G20 (2023).
    Source : World Economic Forum, 15/01/2025.

    Le Digital Healthcare Transformation Initiative (DHT), lancé par le World Economic Forum, Apollo Hospitals et des organisations internationales en 2024, vise à créer un cadre collaboratif pour accélérer le changement à grande échelle (outils de pilotage, plans d’action, lighthouse examples).
    Source : World Economic Forum, 15/01/2025.

    Priorités politiques

    La télémédecine et la santé digitale sont soutenues par des incitations financières, des schémas d’investissement, et le renforcement de la protection des données médicales. Les priorités incluent la réduction des inégalités territoriales, l’accès aux soins en milieu rural, la lutte contre les maladies chroniques : “Indians are more likely to develop diabetes… high prevalence of chronic diseases in India is expected to propel the growth of the digital patient monitoring devices market.”
    Source: Grand View Research, India Digital Patient Monitoring Devices Market Size Outlook, 2030.

    Des réglementations sur la gestion des déchets biomédicaux et la conformité des dispositifs médicaux (normes, certification BIS) encadrent l’activité.

     

  • 330 millions de téléconsultations, 175 000 centres connectés : l’Inde change d’échelle dans la santé numérique

    La National Digital Health Blueprint (NDHB) pose les fondations d’un écosystème souverain

    La transformation numérique de la santé en Inde vise à créer un écosystème interopérable garantissant l’accès aux soins tout en protégeant les données personnelles. Lancée en 2019, la National Digital Health Blueprint (NDHB) constitue la base de cette stratégie. Elle fixe les standards techniques, les principes d’interopérabilité et les mécanismes de gouvernance nécessaires à un système intégré. Cette feuille de route a conduit à la création de la National Digital Health Mission, devenue en 2021 l’Ayushman Bharat Digital Mission (ABDM), pilier du numérique en santé indien.

    500000 professionnels connectés

    Placée sous la supervision de la National Health Authority (NHA), l’ABDM relie citoyens, établissements et professionnels de santé via une infrastructure commune. Chaque citoyen dispose d’un Ayushman Bharat Health Account (ABHA), identifiant unique pour stocker et partager ses informations médicales.

    Chiffres clés :

    • 73 crores d’ABHA créés (janvier 2025).
    • 47 millions de dossiers de santé liés.
    • Plus de 500 000 professionnels de santé enregistrés.

    Le système s’appuie sur quatre registres nationaux :

    • Health ID (ABHA) : identifiant unique du patient
    • Healthcare Professionals Registry (HPR) : base nationale des praticiens
    • Health Facility Registry (HFR) : répertoire des établissements
    • Unified Health Interface (UHI) : réseau d’échanges de services de santé numériques

    Cette architecture unifie les acteurs autour de standards communs. Pour accélérer l’adoption, le gouvernement a lancé le Digital Health Incentive Scheme (DHIS), encourageant hôpitaux et startups à intégrer les services ABDM.

    Interopérabilité totale : EHR, SNOMED-CT et standards MDDS

    Depuis 2016, l’Inde dispose de standards EHR (Electronic Health Record) et de terminologies SNOMED-CT, gérés par le Centre for Development of Advanced Computing (C-DAC, Pune). Ces standards structurent la donnée médicale : classification des maladies, échanges de laboratoire, imagerie, prescription. L’objectif est d’assurer la continuité des soins et la compatibilité entre plateformes publiques et privées. Le National Resource Centre for EHR Standards (NRCeS) accompagne les établissements dans leur mise en œuvre. En 2018, les Metadata and Data Standards for Health (MDDS) ont renforcé cette interopérabilité, essentielle à un système cohérent.

    330 millions de téléconsultations via eSanjeevani : la télémédecine de masse

    Symbole du programme Digital India, eSanjeevani est devenu la vitrine de la télémédecine publique.
    En quatre ans, la plateforme a assuré plus de 330 millions de consultations (au 31 décembre 2024), via un réseau de plus de 131 000 établissements, 16 800 hubs et 681 cliniques en ligne.

    Deux modèles coexistent :

    • Provider-to-Provider (eSanjeevani AB-HWC) : consultation entre centres primaires et hôpitaux spécialisés.
    • Patient-to-Provider (eSanjeevani OPD) : consultation directe entre citoyens et médecins.

    Ce dispositif a contribué à désengorger les hôpitaux et à améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales. Il a également renforcé la résilience du système de santé pendant la pandémie.

    IA en santé : de la tuberculose à la rétinopathie, la donnée devient prédictive

    L’Inde adopte une approche pragmatique de l’intelligence artificielle, pilotée par le Wadhwani Institute of Artificial Intelligence en partenariat avec les hôpitaux universitaires (AIIMS Delhi, PGIMER Chandigarh, etc.).

    Les projets concernent :

    • Le diagnostic assisté (rétinopathie diabétique, radiologie, dermatologie).
    • La surveillance épidémiologique (tuberculose, hépatite alcoolique, maladies infectieuses).
    • Les outils de Clinical Decision Support System (CDSS) intégrés à eSanjeevani.
    • Les modèles prédictifs de dépistage précoce, développés avec l’IIT Kanpur.

    Ces initiatives marquent la transition d’une médecine curative vers une santé préventive et prédictive, fondée sur la donnée et l’IA.

    748 hôpitaux connectés et 9,9 millions de rendez-vous en ligne

    La gestion hospitalière est désormais numérisée jusqu’au niveau local (PHC) via le Hospital Management Information System (HMIS) et ses déclinaisons : eHospital, eSushrut, GHMIS, eUpchaar. Ces plateformes assurent la traçabilité des soins et la gestion des flux patients en temps réel. L’Online Registration System (ORS) relie 748 hôpitaux et totalise plus de 9,9 millions de rendez-vous en ligne à fin 2024.

    D’autres portails soutiennent la surveillance sanitaire :

    • National Public Health Observatory (NPHO) : intégration de 30 applications et 1 300 indicateurs.
    • PM National Dialysis Programme : suivi de 2,6 millions de patients dialysés via l’identifiant ABHA.
    • Facility-Based Newborn Care (FBNC) : 6,3 millions de nouveau-nés pris en charge, en partenariat avec l’UNICEF.
    • Mera Aspataal : recueil du retour patient dans 11 000 hôpitaux, en sept langues.

    Inclusion et continuité : une approche citoyenne

    Le modèle indien se distingue par sa capacité à intégrer les populations rurales et défavorisées. Le programme Ayushman Bharat – Health and Wellness Centres (HWCs) compte plus de 175 000 centres, combinant soins primaires, prévention et services numériques.
    L’application Aarogya Setu, devenue portail national de santé, permet la gestion du dossier médical, des certificats de vaccination (via U-WIN Portal) et des téléconsultations via eSanjeevani. En septembre 2024, un accord entre la NHA et l’IIT Kanpur a lancé une plateforme nationale de federated learning, garantissant l’utilisation éthique et sécurisée des données d’IA.

    Cybergouvernance et protection des données

    L’ABDM Health Data Management Policy encadre la gouvernance, le consentement et l’anonymisation des données. Elle impose la transparence, la traçabilité des accès et la protection de la vie privée, conformément aux standards internationaux. Cette politique s’appuie sur la National Health Policy 2017 et la Pradhan Mantri Ayushman Bharat Health Infrastructure Mission (PM-ABHIM), intégrant cybersécurité et infrastructures de recherche. Sur la scène internationale, l’Inde a présidé le Global Digital Health Partnership (GDHP) en 2020, a joué un rôle clé au BRICS Digital Health Summit 2021, et participe activement au Commonwealth Health Working Groupe.

  • Schizophrénie : une thérapie numérique réduit de 62 % les symptômes négatifs

    Une efficacité clinique démontrée après 16 semaines chez 457 patients schizophrènes

    L’étude de phase III CONVOKE a évalué l’ajout de la thérapie numérique CT-155 au traitement antipsychotique standard chez des adultes atteints de schizophrénie. Présentés au congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) à Amsterdam, les résultats indiquent une réduction statistiquement significative des symptômes négatifs expérientiels après 16 semaines d’utilisation. Le protocole, conduit sur 457 patients américains atteints de schizophrénie depuis en moyenne 14,8 ans, portait sur des individus présentant des symptômes négatifs modérés à sévères, évalués par l’échelle CAINS-MAP. Abhishek Pratap, directeur exécutif global evidence lead chez Boehringer Ingelheim, a précisé que les patients étaient stabilisés sous antipsychotiques et n’avaient pas bénéficié de psychothérapie récente.

    Conçu comme un logiciel thérapeutique, CT-155 intègre des interventions interactives issues de la psychologie cognitive et comportementale. L’outil assigne des objectifs individualisés alignés sur le niveau de fonctionnement de chaque patient pour renforcer l’engagement social et la motivation. Les modules associent activation comportementale, restructuration cognitive et entraînement à la tolérance à la détresse. Cette approche vise les dimensions centrales des symptômes négatifs que sont l’avolition et l’anhédonie.

    70 % de patients engagés jusqu’à la fin du protocole

    Durant les 16 semaines d’étude, l’engagement des participants est demeuré élevé. Le taux de complétion atteignait 70,4 % pour la thérapie CT-155 et 76,5 % pour l’application contrôle. L’utilisation médiane quotidienne s’élevait à 8 minutes pour CT-155 contre 2 minutes pour l’application témoin. Les événements indésirables sont restés rares, avec 9,3 % d’incidence pour CT-155 et 13,4 % pour l’application comparatrice. Aucun événement grave imputable au traitement n’a été rapporté.

    Des perspectives d’intégration dans le parcours de soins psychiatriques

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, en 2024, le statut de Breakthrough Device Designation à CT-155. Cette reconnaissance facilite le processus de mise sur le marché d’outils numériques à haut potentiel thérapeutique. Une étude multicentrique complémentaire est en cours pour évaluer l’efficacité de CT-155 en vie réelle sur 262 patients, avec des résultats attendus début 2027. L’application devrait être proposée sur prescription médicale.

     

  • Point PLFSS 2026 : rejet de l’extension des franchises médicales et maintien des dispositifs expérimentaux

    700 amendements examinés avant la trêve du 11 Novembre

    Les discussions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 ont porté sur plus de 700 amendements, examinés en deux jours. Le gouvernement de Sébastien Lecornu doit encore défendre le texte avant la clôture constitutionnelle du 12 novembre à minuit. Parmi les enjeux centraux figurent la suspension de la réforme des retraites et le maintien de dispositifs de santé publique expérimentaux.

    • Rejet de l’extension des franchises médicales

    Deux propositions du gouvernement ont été écartées. L’Assemblée nationale a rejeté l’extension du périmètre des franchises médicales aux consultations dentaires et dispositifs médicaux. Les députés ont également supprimé la réduction du plafond des indemnités journalières pour les affections longue durée (ALD) non exonérantes. Ces décisions marquent un refus de transférer une charge financière supplémentaire vers les assurés atteints de maladies chroniques.

    • Des structures locales mobilisées pour l’offre de soins 2026

    Les députés ont adopté la prolongation jusqu’en 2027 des haltes soins addictions, structures expérimentales ouvertes depuis 2016 à Paris et Strasbourg. La création d’un “réseau France Santé”, soutenu par le gouvernement, a également été votée, avec pour objectif de garantir une offre de soins de proximité à moins de 30 minutes pour chaque citoyen. Ce dispositif appuiera les maisons et centres de santé existants, voire certaines pharmacies dans les zones sous-dotées.

    • “Mon soutien psy” soumis à une évaluation nationale, et limitation des arrêts maladie à un mois adoptée

    Un amendement écologiste a validé l’évaluation nationale du dispositif “Mon soutien psy”, actif depuis 2022 et ayant concerné plus de 500 000 personnes. L’Assemblée a aussi instauré une limite légale à la durée des arrêts maladie : un mois pour une première prescription, deux pour un renouvellement, avec possibilité de dérogation justifiée par le médecin. Cette disposition remplace un décret initialement plus restrictif.

    • Les médecins libéraux échappent à une taxe sur les dépassements

    Plusieurs articles du texte initial ont été rejetés : la suppression de la visite médicale obligatoire après un congé maternité, la vaccination obligatoire contre la grippe pour les résidents en Ehpad et professionnels de santé, et la surtaxation des dépassements d’honoraires. Ces rejets traduisent la volonté des députés de maintenir les équilibres professionnels en vigueur dans le système de soins.

     

  • Entre février et septembre 2025, les consultations de dossiers par les professionnels ont augmenté de 56 %

    23 millions d’usagers actifs sur Mon espace santé en 2025

    L’écosystème du numérique en santé atteint un nouveau seuil en 2025. Selon les derniers chiffres présentés, Mon espace santé compte désormais 23 millions d’utilisateurs actifs, soit près d’un tiers de la population française. Plus de 513 millions de documents ont été partagés entre professionnels et usagers sur l’année, dont 42,8 millions pour le seul mois d’octobre, enregistrant une croissance annuelle de 40%. Les consultations de dossiers numériques par les professionnels progressent de 56% entre février et septembre 2025, confirmant un usage régulier des solutions connectées. Côté éditeurs, 97% des commandes logicielles de la première vague du Ségur, couvrant médecins libéraux, pharmaciens, laboratoires et établissements, sont désormais conformes aux exigences d’interopérabilité. Les premiers déploiements dans les secteurs médico‑social et de l’imagerie marquent le lancement de la deuxième vague.

    Une interopérabilité complète visée à horizon 2026

    Doté d’un financement global de 2 milliards d’euros, le Ségur du numérique en santé vise une modernisation des outils métiers et une amélioration de la cybersécurité. L’année 2026 constituera une étape décisive. L’article 31 du PLFSS 2026 prévoit le basculement vers une logique d’obligation d’usage. L’objectif est d’instaurer le partage numérique des données comme norme professionnelle. Chaque acteur de santé devra pouvoir consulter et alimenter Mon espace santé depuis son logiciel métier, dans un cadre fluide, interopérable et sécurisé.

    Les chantiers prioritaires : simplifier l’accès au DMP, former les professionnels, inclusion numérique …

    Malgré ces résultats, plusieurs priorités structurent la feuille de route à venir. Les travaux portent sur la simplification d’accès au DMP depuis les logiciels métiers, la stabilisation des identités numériques via l’INS, et la fiabilisation des échanges entre systèmes. La formation des utilisateurs reste également un levier essentiel pour encourager la consultation systématique des données. L’inclusion numérique des usagers demeure aussi un enjeu pour garantir l’accessibilité effective de ces services à l’ensemble de la population. Ces chantiers s’inscrivent dans la stratégie nationale portée conjointement par la Délégation au numérique en santé (DNS) et l’Agence du Numérique en Santé (ANS).

    La dynamique collective se poursuit en 2026 autour de quatre chantiers :

    • la deuxième vague du Ségur,
    • la doctrine 2025‑2027,
    • le dispositif Hopen 2
    • et le programme CaRE dédié au renforcement de la cybersécurité.

    L’ANS, cheffe de file de cette transformation, coordonne les acteurs pour garantir une cohérence opérationnelle et une continuité de service. L’ambition commune reste inchangée : assurer à chaque citoyen l’exercice effectif de son droit à la donnée de santé et offrir à chaque professionnel les moyens d’un partage utile au suivi des parcours de soins.