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  • Diabète : 19 cas d’usage portés par l’IA et la télésurveillance

    Le diabète, maladie chronique répandue, a favorisé l’innovation dans la détection, la prévention, la personnalisation du traitement et le suivi des patients. Notre étude présente divers cas d’usage : dépistage par analyse de la voix, autogestion avancée de l’insuline et télésurveillance des biomarqueurs à domicile. Cette variété reflète les besoins cliniques et quotidiens non couverts, ainsi que la réactivité croissante du secteur de la santé.

    19 cas d’usage dans le diabète à travers 20 solutions d’IA

    12 cas d’usage pour les établissements de santé et 7 pour les patients et aidants

    Dans le secteur des établissements de santé, l’automatisation du dépistage de la rétinopathie et du pied diabétique s’appuie sur l’IA appliquée à l’imagerie médicale. Les dispositifs connectés permettent une administration personnalisée de l’insuline, adaptée aux besoins de chaque patient. Pour les patients et leurs aidants, la télésurveillance à domicile devient possible grâce à l’utilisation de capteurs multiples, renforcée par l’évaluation digitale de l’observance thérapeutique. Le coaching nutritionnel et l’analyse automatisée des données alimentaires offrent un accompagnement personnalisé favorisant l’autonomie du patient.

    3 axes stratégiques pour les cas d’usage destinés aux patients : prévention, suivi personnalisé, éducation et accompagnement

    L’innovation dans le diabète se structure autour de trois axes majeurs. En prévention, le dépistage massif et non-invasif s’appuie sur des technologies telles que la photographie ou l’analyse de la voix, permettant un tri automatisé et des alertes précoces. Le suivi personnalisé bénéficie d’algorithmes embarqués qui assurent des ajustements dynamiques et une adaptation individualisée du traitement. L’éducation et l’accompagnement sont renforcés par la détection proactive de la souffrance psychique, des dispositifs éducatifs digitaux et la vulgarisation des données biomédicales, facilitant la compréhension et l’adhésion thérapeutique.

    5 segmentations des cas d’usages pour le patient

    Les cas d’usages se segmentent selon plusieurs catégories :

    • l’information avec la vulgarisation automatisée et multilingue des rapports biologiques ;
    • la détection des risques par l’intelligence artificielle sur la voix et les images, ainsi que la prédiction cardiovasculaire ;
    • le suivi par la télésurveillance continue et la vision mobile de l’œdème maculaire ;
    • le traitement individualisé grâce aux pompes connectées et à une stabilité glycémique accrue ;
    • enfin, le soutien psychologique via la détection et l’accompagnement digitalisé.

    Des cas d’usage à la fois en ophtalmologie et endocrinologie

    Ophtalmologie

    En prévention et dépistage, le diagnostic automatisé des rétinopathies diabétiques via l’IA offre une accélération de l’accès au diagnostic et une réduction de la charge clinique. Le triage automatisé des volumes d’imagerie rétinienne améliore la spécificité du diagnostic initial. En suivi personnalisé, la télésurveillance de la vision pour les patients avec œdème maculaire s’effectue via application mobile interactive et tests cliniquement validés, renforçant l’autonomie et l’engagement du patient. La détection précoce des microlésions rétiniennes, réalisée par tomographie associée à l’analyse cellulaire, permet une personnalisation des stratégies thérapeutiques.

    Endocrinologie

    En prévention et dépistage, des outils d’analyse vocale permettent de dépister le diabète à distance avec une précision de 70 à 75 % sur smartphone. L’analyse automatisée du pied diabétique assure le repérage précoce des lésions, réduisant les hospitalisations évitables. Le traitement personnalisé s’appuie sur l’automatisation de l’administration d’insuline par algorithmes et pompes connectées, garantissant une optimisation dynamique des doses et une stabilité glycémique accrue. La prédiction du risque cardiovasculaire s’effectue par des modèles intégrant des bases de données cliniques, favorisant l’adaptation proactive des stratégies thérapeutiques. Le phénotypage avancé et la classification automatique des sous-types évolutifs de diabète permettent un suivi individualisé et une segmentation fine des parcours patients.

    Biologie moléculaire

    En matière d’information et de vulgarisation, la génération automatisée de rapports sur les biomarqueurs facilite la contextualisation médicale et l’orientation des patients et de leurs aidants.

    4 segments liés à l’innovation médicale

    • Dépistage et tri automatisé : l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie (rétine, pied), l’analyse vocale et la photobiométrie apportent des solutions validées et transposables en médecine de ville comme à l’hôpital.
    • Traitement personnalisé : l’automatisation et la personnalisation de l’insuline, le repérage des complications spécifiques et les algorithmes prédictifs cliniques s’appuient sur des cohortes et des publications internationales.
    • Suivi et télésurveillance : les solutions mobiles et connectées offrent un monitoring continu, encouragent l’engagement du patient et permettent la personnalisation dynamique du parcours.
    • Information et éducation : les outils digitaux facilitent la vulgarisation et la transmission des données médicales et biologiques, optimisant la compréhension et l’adhésion thérapeutique.

    La recherche clinique et hospitalière s’appuie sur l’innovation technologique pour la détection des microlésions invisibles par tomographie, renforçant la capacité à personnaliser et anticiper la prise en charge.

    Leviers stratégiques ouverts par les cas d’usage

    Levier stratégique Description Moyens/Technologies Bénéfices
    Dépistage massif et accessible Analyse de la voix, images rétiniennes, photographies de la langue IA Dépistage à grande échelle, non invasif, accessible aux populations éloignées
    Identification précoce des personnes à risque Avant l’apparition des symptômes majeurs IA, analyse de données Réduction de la morbidité et du poids économique des complications
    Prise en charge personnalisée et dynamique Administration automatisée et individualisée de l’insuline Algorithmes d’analyse continue des données physiologiques Limite les épisodes d’hypo/hyperglycémie, optimise la qualité de vie
    Aide au diagnostic et à la prévention des complications Analyse automatisée des images du pied, fond d’œil, rétine Analyse d’images, corrélation automatique des résultats cliniques Détection précoce de la néphropathie, rétinopathie, lésions du pied, améliore la rapidité de prise en charge
    Surveillance à distance et engagement du patient Surveillance continue du profil métabolique et cardiovasculaire Dispositifs connectés, applications mobiles Réactivité thérapeutique, anticipation des complications, personnalisation du suivi, réduction des déplacements
    Accompagnement éducatif et nutritionnel Coaching digital, analyse automatisée des journaux alimentaires, gamification Solutions digitales Pilotage en temps réel des comportements nutritionnels et de l’observance thérapeutique
    Prévention de la souffrance psychique Détection automatisée de la détresse psychologique Questionnaire numérique, analyse de la voix Prise en charge précoce et personnalisée du mal-être
    Valorisation des données pour la recherche et la personnalisation Phénotypage avancé, classification automatique des profils cliniques Analyse de données, classification automatique Médecine de précision, ciblage et adaptation dynamique des interventions

     

    La granularisation sectorielle des opportunités dans le domaine du diabète met en lumière plusieurs cas d’usage couvrant l’ensemble du parcours de prise en charge, des établissements de santé jusqu’au domicile du patient. Cette diversité témoigne de la capacité du secteur à répondre efficacement aux besoins variés des patients diabétiques.

    La structuration des dispositifs repose principalement sur trois axes majeurs : la prévention, le suivi personnalisé et l’accompagnement. Cette organisation est renforcée par l’intégration massive de capteurs connectés, d’algorithmes avancés, d’IA embarquée ainsi que par l’utilisation d’approches éducatives digitales. Ces éléments permettent d’optimiser la gestion du diabète tout au long du parcours de soins.

    Parmi les segments pour le patient se distinguent la détection précoce, la télésurveillance, le coaching et l’amélioration de l’expérience patient. Ces leviers permettent de réduire les complications associées au diabète, favoriser une transformation organisationnelle et contribuer à la démocratisation des soins dans ce domaine.

    Risques majeurs et freins d’adoption

    Fait clé : La robustesse prédictive de l’évaluation du risque d’abandon thérapeutique validée par 7 publications majeures mais demeure confrontée à des problématiques d’observance et de personnalisation.

    Limite ou risque Description
    Fiabilité technique et clinique Sensibilité et spécificité élevées des dispositifs automatisés (ex : tri des images rétiniennes, détection par analyse vocale), souffrent parfois de faux négatifs ou positifs, sous-détection ou surcharge du système de soins par sur-referral inutile
    Risques organisationnels Gestion et intégration de volumes importants de données générées par les outils de télémonitoring et d’analyse automatisée exigent des adaptations des organisations hospitalières, systèmes d’information, formation des équipes, coordination
    Adhésion et engagement patient Observance reste un défi, barrières psychologiques ou sociales, manque de littératie digitale, lassitude face à la sollicitation numérique limitent l’utilisation optimale et l’impact des solutions
    Protection des données et cybersécurité Expansion des dispositifs connectés et gestion de données sensibles nécessitent vigilance accrue sur la sécurité et l’intégrité des informations collectées
    Hétérogénéité de l’accès Innovations parfois réservées à des centres experts ou à des patients ayant un niveau socio-économique suffisant pour accéder aux technologies avancées
    Risques de désengagement professionnel Développement d’outils d’aide à la décision ou d’automatisation peut induire chez certains soignants une désappropriation du suivi patient, risque de résistance au changement organisationnel

     

    Télésurveillance, éducation thérapeutique et expérience patient

    Les dispositifs de suivi et d’accompagnement à distance redéfinissent le parcours de soins à domicile :

    Fonctionnalité Description Bénéfices
    Suivi autonome à domicile Applications de télésurveillance de la vision, suivi hebdomadaire en autonomie, transmission instantanée des résultats à l’ophtalmologiste Prévention des pertes de chance liées aux retards de consultation, motivation de l’engagement patient
    Éducation et coaching individualisé Analyse comportementale digitalisée, personnalisation des programmes de soutien éducatif, identification des freins à l’adhésion thérapeutique, génération de conseils adaptés Personnalisation du soutien, amélioration de l’adhésion thérapeutique
    Amélioration de l’expérience patient Automatisation de la génération de rapports vulgarisés sur les biomarqueurs du diabète, traduction en plusieurs langues Simplification de la compréhension des résultats biologiques, encouragement de l’implication des patients dans leur parcours de soins

     

    Impacts organisationnels et économiques dans la prise en charge du diabète

    Les solutions innovantes répondant aux cas d’usage sont développées et mises en œuvre par un large éventail d’entreprises, allant de jeunes startups à de grandes entités de plus de 10 000 collaborateurs, réparties dans plusieurs pays. Cette diversité d’acteurs contribue à la vitalité de l’écosystème et à la diffusion rapide des innovations.

    La dynamique d’innovation dans le domaine du diabète entraîne plusieurs effets structurants majeurs. Premièrement, elle favorise une réduction significative des coûts liés aux complications de la maladie. Grâce à la détection précoce des signaux d’alerte et à la prévention active, il devient possible de limiter le recours aux hospitalisations, aux interventions lourdes ainsi qu’à l’apparition de complications chroniques.

    Deuxièmement, ces innovations participent à une réorganisation profonde du système de soins. Les différents cas d’usage identifiés permettent en effet de déléguer certaines étapes du suivi, telles que le tri automatisé, et de réaffecter les ressources humaines vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. Par ailleurs, elles favorisent une coordination accrue des professionnels de santé autour du patient, optimisant ainsi la qualité de la prise en charge.

    Enfin, le secteur bénéficie d’une stimulation notable de l’écosystème industriel et numérique. Les collaborations entre entreprises technologiques, établissements de santé et sociétés d’assurance/mutuelles créent un environnement propice à la croissance économique renforçant ainsi la dynamique d’innovation dans la gestion du diabète.

    Synthèse et perspectives stratégiques

    Les innovations récentes dans la gestion du diabète couvrent désormais l’ensemble du parcours patient, depuis le dépistage initial jusqu’à la prise en charge des complications. Ces avancées reposent sur une base scientifique solide, validée par des études menées sur des cohortes de plusieurs milliers de patients pour certains cas d’usage. Cette assise scientifique garantit la fiabilité et l’efficacité des solutions proposées.

    L’analyse des principaux cas d’usage met en évidence une transformation du management du diabète. L’introduction d’outils de télémonitoring, le recours à l’IA et la personnalisation des approches permettent non seulement d’anticiper et d’optimiser la gestion des risques, mais également de renforcer la responsabilisation et l’autonomie des patients dans leur parcours de soins.

    À partir de ces constats, 2 grandes perspectives stratégiques se dégagent pour l’avenir du secteur :

    • La consolidation d’un modèle de prise en charge fondé sur la prévention, l’anticipation et la personnalisation, s’appuyant sur des technologies innovantes et des données cliniques robustes.
    • Le développement de solutions visant à responsabiliser davantage les patients et à favoriser leur autonomie, tout en optimisant la coordination et l’efficience des intervenants du système de santé.
    Groupe Enjeux/Opportunités
    Hôpitaux et organismes de santé Transformation numérique, investissement dans l’intégration des solutions, formation des professionnels, protection des données
    Investisseurs et industriels Croissance du marché des dispositifs connectés et outils d’IA, opportunités de développement international, innovation continue, adaptation aux particularités réglementaires locales
    Patients et soignants Individualisation accrue de la prise en charge, gestion proactive des complications, accompagnement clinique, psychologique et éducatif

     

     

  • IA générative : malgré une bonne adoption (56%), 94% se déclarent insatisfaits (baromètre Pulselife)

     67% signalent des erreurs

    Selon le baromètre mené auprès de 608 professionnels de santé de la communauté PulseLife, 56% utilisent une IA généraliste dans leur activité, dont 62% des médecins et 65% dans les déserts médicaux. L’usage est devenu fréquent : 81% y recourent chaque semaine, 23% quotidiennement, 27% dans les zones sous-dotées. Cette adoption reste contrainte. L’enquête montre que 67% des répondants ont déjà obtenu des réponses fausses ou incomplètes et 94% se disent insatisfaits.
    “Les soignants ne sont pas naïfs : ils utilisent les IA génératives comme ChatGPT parce qu’il n’existe pas encore d’alternative clinique fiable”, souligne le Dr Grégoire Pigné, fondateur de PulseLife.

    l’IA générative s’impose faute de mieux

    Les inquiétudes se concentrent sur l’absence de validation scientifique (57%), le manque de cadre légal et éthique (39%), le risque de dépendance (31%) et le manque de transparence (31%). Seuls 19% n’expriment aucune réserve. Les professionnels identifient plusieurs critères prioritaires pour des outils dédiés à la médecine :

    • mise à jour continue et performance éprouvée (68%) ;
    • validation par des experts médicaux (66%) ;
    • transparence des sources et explicabilité (65%) ;
    • conformité RGPD et sécurisation de l’hébergement des données (56%).

    Ils attendent également une intégration fluide dans leurs logiciels métiers et privilégient des solutions européennes, perçues comme plus adaptées aux enjeux de souveraineté et de protection des données.
    “Les professionnels de santé veulent des IA fiables, traçables et souveraines”, insiste le Dr Pigné.

    Un impact croissant sur la relation patient-soignant

    L’essor de l’autodiagnostic ressort nettement : 80% des médecins reçoivent des patients ayant consulté une IA avant leur rendez-vous, et 90% jugent ces autodiagnostics erronés ou incomplets. Les professionnels doivent alors consacrer du temps à expliquer, corriger et rassurer, ce qui peut allonger les consultations et retarder certains diagnostics.

    Méthodologie

    L’enquête a été menée du 15 septembre au 1er octobre 2025 via un questionnaire numérique diffusé auprès de la communauté PulseLife. Elle repose sur un échantillon de 608 professionnels de santé représentatifs de la population médicale française : 54% de médecins, 18% d’infirmiers et IPA, 6% de pharmaciens, 4% d’aides-soignants et 18% d’autres professions. Les questions portaient sur les usages actuels, les réticences, les attentes et les effets de l’autodiagnostic des patients.

  • Santé numérique : un guide 2025, avec 9 outils clés recensés, pour renforcer les usages numériques des soignants en Seine-et-Marne

    Lancement du Guide du Numérique 77 : une actualisation issue des retours de terrain des professionnels

    L’Alliance Santé 77, en collaboration avec le groupement d’intérêt public SESAN, a actualisé le Guide du Numérique en Santé à destination des professionnels de santé de Seine-et-Marne. Cette version révisée sera officiellement présentée lors des 2èmes Rencontres du Numérique en Santé 77, organisées le 27 novembre 2025 à l’Hôpital Forcilles. L’objectif du guide est

    • d’aider les professionnels de santé à mieux repérer les outils numériques disponibles ;
    • comprendre leur utilisation ;
    • et identifier les référents locaux pouvant les accompagner.

    Cette démarche territoriale mise sur la proximité et l’expérience de terrain pour favoriser l’appropriation des outils numériques publics.

    Retour d’expérience et ajustement des contenus pratiques : 9 fiches-outils pour orienter les usages numériques

    Initiée en 2023, la révision du guide s’est appuyée sur des groupes de travail interprofessionnels et sur des entretiens menés avec les soignants et responsables d’établissement. Les contributions de terrain ont permis de relier les besoins des utilisateurs aux dispositifs numériques publics existants. Le processus de co-construction a également permis de valoriser les retours d’expérience des professionnels du territoire. Les thématiques abordées intègrent la cybersécurité, l’identitovigilance, ainsi que les programmes de financement du Ségur du numérique, selon le type de structure.

    Des fiches-outils pour simplifier les usages

    Le Guide 2025 se compose de neuf fiches-outils pratiques, chacune dédiée à un service ou outil numérique. Parmi ces solutions figurent Mon Espace Santé, la MSSanté, le DMP, ViaTrajectoire, Santélien, Maillage 77, DirectProSanté77, le réseau de téléexpertise, ainsi que la plateforme nationale du SAS. Chaque fiche présente l’objectif de l’outil, les conditions d’accès, le fonctionnement et les contacts utiles. Un tableau récapitulatif intitulé « Quel outil pour mon besoin ? » aide les professionnels à identifier la solution la plus adaptée à leur usage. Les référents numériques du territoire sont également listés afin d’assurer un accompagnement de proximité.

    Créée en mars 2020, l’Alliance Santé 77 réunit des professionnels de santé et des acteurs institutionnels du département. Ce collectif, né pendant la crise sanitaire, a progressivement élargi son champ d’action.

    Son objectif est de soutenir la complémentarité des pratiques, de favoriser les projets collaboratifs et d’améliorer la coordination entre ville et hôpital. Les thématiques de travail incluent l’accès aux soins, la qualité, l’innovation et la réduction des inégalités territoriales. Le collectif agit aujourd’hui comme un laboratoire de projets numériques, inspirant pour les autres territoires.

    Accès au guide : le Guide du Numérique en Santé 77  

  • Aides à l’installation des médecins : la Cour des comptes pointe des dispositifs coûteux et inadaptés

    15 dispositifs différents: un système fragmenté et mal compris par les jeunes praticiens

    Sur la base d’une analyse couvrant la période 2016‑2023, la Cour des comptes dresse un bilan négatif des aides à l’installation des médecins libéraux.

    • Quinze dispositifs différents ont été identifiés,
    • répartis entre huit mesures sanitaires (zones d’intervention prioritaire et zones d’action complémentaire)
    • et sept dispositifs fiscaux liés au développement économique, comme les zones France ruralités revitalisation ou les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

    Selon les magistrats financiers, cette accumulation engendre “confusion” et “concurrences inopportunes” entre territoires. La diversité des aides rend le système “peu compréhensible et opaque”, en particulier pour les jeunes médecins en début d’installation, dont beaucoup ignorent l’existence ou les conditions d’accès à ces aides.

    205 millions d’euros en 2023 pour 17 000 bénéficiaires

    En 2023, les dépenses publiques et sociales en faveur de l’installation médicale ont atteint environ 205 millions d’euros. Elles concernent près de 15 000 médecins et 2 000 étudiants en médecine. La Cour des comptes relève des effets d’aubaine et un faible impact sur la densité médicale dans les zones sous‑dotées. La moitié des montants concerne les aides en zones sanitaires, l’autre moitié des exonérations fiscales et sociales dans les zones économiques prioritaires. Lorsque ces zonages se superposent, les aides font grimper le coût global d’installation sans accroître le nombre de praticiens. En revanche, lorsqu’ils diffèrent, les dispositifs se neutralisent tout en pesant sur les finances publiques.

    Collectivités : des aides locales importantes mais non évaluées

    Au-delà des financements nationaux, les collectivités territoriales déploient de nombreuses initiatives locales d’attractivité médicale. La Cour des comptes reconnaît ne pas pouvoir en chiffrer le volume global, bien qu’il puisse dépasser les dépenses de l’État. Ces actions, menées indépendamment des dispositifs nationaux, accentuent le morcellement de l’intervention publique, sans garantie d’efficacité.

    Rationalisation et suppression de dispositifs inefficaces

    Pour rationaliser l’action publique, la Cour des comptes propose

    • La création d’un “schéma départemental d’initiatives concertées relatif aux aides à l’installation des médecins”. Ce cadre permettrait d’articuler les interventions de l’État, de la Cnam et des collectivités autour de diagnostics partagés. Une base de données commune des besoins en soins primaires et de l’offre médicale locale renforcerait ce pilotage à l’échelle territoriale.
    • La Cour suggère de distribuer les aides via des appels à manifestation d’intérêt conjoints fondés sur ce schéma et de supprimer certains dispositifs jugés obsolètes, notamment les exonérations fiscales des bénéfices non commerciaux en zones prioritaires et deux mesures issues de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020.

    Les magistrats rappellent enfin que les aides financières favorisent la densité médicale uniquement dans les contextes d’exercice collectif. Le soutien à la médecine de groupe et aux centres de santé constitue, selon la Cour, une priorité pour rendre ces dépenses réellement efficaces. Les autorités publiques sont ainsi invitées à renforcer les moyens en faveur de l’exercice coordonné pour répondre aux inégalités territoriales d’accès aux soins.

  • PLFSS : les médecins libéraux dénoncent un budget qui fragilise la médecine de ville

    PLFSS : un budget jugé défavorable à la médecine libérale

    L’Union Régionale des Professionnels de Santé – Médecins Libéraux de PACA (URPS ML PACA) alerte sur les effets du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale actuellement débattu au Sénat. Plusieurs dispositions concernant la médecine libérale, notamment la réduction des tarifs d’actes médicaux en imagerie et en radiothérapie, ont été adoptées à l’Assemblée nationale. Selon Laurent Saccomano, président de l’URPS ML PACA, ces décisions unilatérales de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) rompent un équilibre établi depuis des décennies entre les praticiens et l’Assurance maladie. Pour lui, la recherche d’économies budgétaires ne doit pas reposer sur des baisses d’honoraires ou des mécanismes coercitifs, mais sur la pertinence et la coordination du parcours de soins.

    Des décisions perçues comme contraires aux besoins du terrain

    L’URPS ML PACA estime que ces mesures accentuent un climat d’instabilité pour les médecins libéraux et compromettent leur capacité d’investissement. Le syndicat redoute un impact sur la qualité et l’accessibilité de l’offre de soins dans les territoires. Pour l’organisation régionale, les réformes budgétaires devraient soutenir les initiatives locales d’organisation des soins, plutôt que de pénaliser les praticiens de proximité.

    Coordination, pertinence et innovation au cœur des solutions proposées

    Un appel à des moyens stables pour la médecine libérale

    Pour l’URPS ML PACA, l’avenir du système de santé passe par une meilleure coordination et une organisation renforcée des soins de ville. L’Union rappelle plusieurs initiatives menées dans la région :

    • Collaboration avec les facultés de médecine d’Aix-Marseille et de Nice Côte d’Azur pour former les étudiants au milieu libéral.
    • Plateforme Mon Rempla PACA pour faciliter les remplacements et assurer la continuité des soins.
    • Soutien à l’exercice coordonné via les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et les projets collectifs.
    • Investissement dans le numérique de santé avec Extelib pour fluidifier les échanges entre médecins et améliorer le suivi des patients.
    • Déploiement de dispositifs de prévention de l’isolement et de l’épuisement professionnel à travers Med’Aide.

    L’Union mène en parallèle des actions de santé publique en lien avec les établissements hospitaliers pour lutter contre des pathologies chroniques et les résistances antimicrobiennes. Elle pilote aussi des projets numériques, dont un serious game d’éducation thérapeutique pour les patients diabétiques, et travaille sur un dispositif d’interprétariat destiné à faciliter l’accès aux soins pour les populations migrantes. L’Union appelle les pouvoirs publics à soutenir la médecine de proximité, à renforcer les moyens plutôt qu’à réduire les rémunérations, afin d’assurer la pérennité de l’offre de soins et la qualité du parcours patient.

     

  • Recherche clinique : l’Europe rend la recherche visible et accessible grâce à la carte du CTIS

    Un outil de transparence et d’accessibilité inédit

    Une carte interactive pensée pour tous :

    Sur ce portail du Clinical Trials Information System (dirigé par l’Agence européenne des médicaments (EMA)), la carte se présente comme une vue dynamique de l’Europe constellée de points colorés représentant les essais cliniques actifs. En survolant une région, l’utilisateur découvre les études en cours, leurs thématiques et leurs coordonnées d’investigation. L’interface, volontairement épurée, offre un moteur de recherche intelligent : il suffit de saisir une maladie ou un mot-clé (“diabète”, “cancer du sein”, “Alzheimer”…) pour que les résultats s’affichent instantanément. Un système d’autocomplétion et de correction automatique simplifie l’expérience, même pour les non-spécialistes.

    Chaque essai est relié à une fiche issue du CTIS, contenant des informations essentielles : statut du recrutement, pays participants, type d’étude, coordonnées des investigateurs et dates clés. Ces données sont mises à jour en temps réel à partir des enregistrements validés par les autorités nationales et l’EMA. Cette centralisation vise un double objectif : garantir la fiabilité des informations et encourager une participation éclairée aux essais.

    Carte des essais cliniques du CTIS - @EMA
    Carte des essais cliniques du CTIS – @EMA

    Une porte d’entrée vers la recherche clinique européenne

    Un moyen concret de s’informer et de participer pour les patients :

    Longtemps, la recherche clinique a souffert d’un manque de visibilité auprès du grand public. La carte du CTIS change la donne. En rendant accessibles les coordonnées des centres d’investigation, elle permet à un patient de repérer un essai proche de chez lui, de comprendre les critères d’inclusion et de contacter un professionnel pour en savoir plus. Cette transparence contribue aussi à renforcer la confiance dans la recherche, dans un contexte où l’implication citoyenne devient un pilier de l’innovation médicale.

    Un outil de repérage et de collaboration pour les professionnels :

    Médecins, chercheurs et promoteurs d’essais peuvent, de leur côté, cartographier le paysage européen de la recherche clinique. L’outil facilite la veille scientifique, la détection de partenaires potentiels et la compréhension des dynamiques nationales. Il permet aussi de visualiser la répartition des essais par thématique thérapeutique, offrant ainsi un aperçu inédit de la diversité et de la densité de la recherche biomédicale européenne.

    L’Europe affirme sa souveraineté scientifique

    Une politique de transparence assumée :

    La carte s’inscrit dans le prolongement du règlement européen sur les essais cliniques (CTR), qui a instauré le CTIS comme guichet unique de dépôt, d’évaluation et de publication des essais.
    Sous la supervision de l’EMA, ce système vise à rendre la recherche plus lisible, tout en garantissant le respect des standards éthiques et la protection des participants. La carte en est la traduction la plus visible : une interface publique, multilingue et inclusive, accessible à tous les citoyens européens.

    Vers un espace européen de la recherche plus compétitif :

    Au-delà de la transparence, le CTIS et sa carte interactive traduisent une ambition stratégique : renforcer la compétitivité de l’Europe face aux États-Unis et à l’Asie dans le domaine des biotechnologies et de la recherche clinique. Le Biotech Act, en préparation, viendra compléter cette dynamique en simplifiant encore le cadre réglementaire et en soutenant l’innovation scientifique. Ensemble, ces initiatives positionnent l’Europe comme acteur central de la recherche mondiale, fondée sur l’ouverture, la rigueur et la confiance.

  • IA en santé : gouvernance, formation, évaluation, les acteurs définissent les priorités

    Des établissements à la fois utilisateurs et “makers” d’IA

    À l’occasion d’une table ronde organisée durant la 4eme Journée nationale de l’innovation en santé numérique, et réunissant fédérations hospitalières, représentants des professionnels de santé, usagers et Haute Autorité de Santé (HAS), les acteurs du secteur ont détaillé les grands axes de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle (IA) appliquée à la santé.  Gouvernance territoriale, formation, cartographie des usages, évaluation et cadre réglementaire : autant de chantiers pour un déploiement sûr, utile et coordonné des technologies d’IA dans le système de santé. Les représentants hospitaliers ont rappelé que l’IA est déjà bien déployée dans les établissements, avec des stratégies d’extension territoriales sur un à trois ans — un rythme qualifié de « très rapide à l’échelle hospitalière ». Mais les hôpitaux ne sont pas de simples consommateurs d’IA : plusieurs développent eux-mêmes des solutions, créent des instituts et expérimentent des cas d’usage dans leurs services. Dans cette perspective, la gouvernance doit être ancrée dans les territoires.

    Former tous les professionnels, pas seulement la nouvelle génération

    Les organisations représentatives des professions de santé ont insisté sur l’importance de la formation et de l’accompagnement. Les transformations numériques s’accumulent — ordonnances, changements de pratiques, nouveaux logiciels, intelligence artificielle — mais les formats de formation actuels restent peu adaptés. Les constats sont partagés sur :

    • l’accès difficile aux formations (horaires, disponibilité) ;
    • le manque de mise en pratique immédiate entraînant un abandon rapide ;
    • la grande hétérogénéité des outils entre structures, services, établissements et territoires ;
    • la perte de motivation en l’absence d’accompagnement terrain.

    La formation, continue et adaptée est donc présentée comme une condition d’adoption.

    Cartographier les usages pour prioriser et guider le terrain

    L’un des piliers de la stratégie consiste à s’appuyer sur l’observatoire national des usages de l’IA en santé (Anap). Cet observatoire, déjà alimenté, recense plus de 60 retours utilisateurs, dans l’imagerie mais aussi dans les fonctions administratives, RH ou organisationnelles. Ses objectifs :

    • identifier ce qui fonctionne réellement dans les établissements ;
    • repérer les usages transférables ;
    • éclairer les choix des structures débutantes (« par où commencer ? ») ;
    • mutualiser les retours, contacts et retombées organisationnelles.

    Les participants ont plaidé pour élargir cette cartographie aux développements internes et aux indicateurs quantitatifs d’adoption.

    Mutualisation et réseau de vigilance : « Ce n’est pas un sujet technologique, mais une question de posture et d’organisation »

    Face à l’explosion du nombre de solutions d’IA, les établissements appellent à structurer une organisation nationale de mutualisation, reposant sur :

    • des établissements avancés jouant un rôle d’ambassadeurs ;
    • des dispositifs de vigilance et d’alerte, à l’image de ce qui existe en cybersécurité ;
    • des tiers-lieux d’expérimentation pour dérisquer, documenter et partager les retours.

    Pertinence : attentes fortes, craintes persistantes

    Les usagers demandent une implication systématique dans la conception, l’évaluation continue et l’évolution des solutions. Du côté des usagers, les attentes portent sur :

    • la précision diagnostique ;
    • la personnalisation des soins ;
    • la clarté des explications ;
    • le respect des données personnelles ;
    • la réduction des erreurs médicales ;
    • la fluidification du parcours de soins.

    Mais des craintes demeurent :

    • perte du lien humain ;
    • fiabilité des résultats ;
    • risque d’accentuation des inégalités d’accès ;
    • lisibilité insuffisante pour le grand public.

    Évaluation : la HAS prépare de nouveaux cadres adaptés à l’IA

    La Haute Autorité de Santé a rappelé que la majorité des systèmes d’IA utilisés aujourd’hui ne relèvent pas du marquage CE médical ou ne bénéficient pas d’un remboursement individualisé. Il faut donc inventer de nouveaux cadres. Parmi les enjeux identifiés :

    • évaluer plus régulièrement des systèmes en évolution constante ;
    • déterminer qui évalue (HAS, industriels, établissements, acteurs tiers) ;
    • définir les formats (évaluation individuelle ou par classe de technologies) ;
    • étudier la possibilité de labels ;
    • intégrer les impacts organisationnels, RH et financiers ;
    • vérifier l’adéquation entre données d’apprentissage et données utilisées en contexte réel.

    Une première évaluation servira de test méthodologique en 2026, notamment sur des cas d’usage d’électrocardiogrammes augmentés par IA.

    Responsabilité : un besoin urgent de clarification

    La question de la responsabilité en cas d’erreur liée à l’IA suscite de fortes attentes chez les professionnels comme chez les usagers. Aujourd’hui, le médecin demeure responsable de l’acte médical et l’établissement reste garant du cadre de soin, mais les praticiens rappellent qu’ils ne peuvent assumer seuls les conséquences d’erreurs provenant de mécanismes algorithmiques qu’ils ne maîtrisent pas. Les organisations professionnelles appellent ainsi à une clarification réglementaire, nationale et européenne, à une accélération des processus de validation des outils et à une transparence accrue sur la construction, l’évolution et les limites des systèmes d’IA.

    Acculturation, guides pratiques et masterclass

  • Données : 6 000 à 8 000 maladies rares, 5 ans d’errance diagnostique, 4 000 patients pour le projet InDiCE (JDS AP-HP 2025)

    A retenir :

    • Nombre de maladies rares en France : entre 6 000 et 8 000 ;
    • Durée moyenne d’errance diagnostique : 5 ans ;
    • Moins d’une personne sur 2 000 est concernée par chaque maladie rare ;
    • Le coût du séquençage génomique a chuté de manière exponentielle en 20 ans ;
    • Projet INDICE : clustering et phénotypage sur 4 000 patients ;
    • Consentement et confidentialité : suivi continu par comité éthique.

    La conférence s’est tenue dans le cadre de la Journée de la donnée de santé de l’AP-HP, édition 2025, réunissant experts et professionnels autour des enjeux et usages des données pour l’appui au soin, le pilotage, la recherche et l’innovation.
    L’objectif était de présenter les avancées et utilisations concrètes des données de génomique dans la prise en charge et la recherche sur les maladies rares, en mobilisant le plan national Maladies rares, la Banque nationale de données maladies rares (BNDMR), et les centres experts et filières de santé spécialisées.
    Les intervenants principaux : Pr Anita Burgun et Alban Lermine, tous deux spécialisés en traitement et génétique à l’Assistance Publique—Hôpitaux de Paris (AP-HP).

    3 Mds de bases impliquées dans le séquençage du génome

    Alabn Lermine commence par expliquer que le séquençage du génome entier (près de 3 milliards de bases) et l’utilisation de panels de gènes s’ancrent dans la routine diagnostique. Les coûts du séquençage ont fortement baissé permettant une extension des analyses. Ces données nécessitent une interprétation perpétuelle, avec la réouverture de dossiers en cas d’actualisation des bases de connaissances génétiques.

    Un point majeur s’est détaché de la présentation : celui de l’interprétation perpétuelle des données génétiques. Comme l’a illustré Alban Lermine, le patient peut être séquencé une seule fois, mais l’information génétique collectée est conservée et réinterrogée régulièrement à mesure que les connaissances et les bases de données internationales évoluent. Les intervenants ont souligné qu’avec chaque mise à jour des bases de connaissances, une extraction ciblée du registre de patients permet d’alerter le biologiste concerné et de rouvrir le dossier afin d’apporter un diagnostic ou un éclairage nouveau. L’exemple donné sur la déficience intellectuelle est particulièrement révélateur : la publication récente d’un bug sur une série de gènes a permis, dès le lendemain, d’identifier parmi 66 patients ceux pour lesquels cette nouvelle donnée pouvait enfin résoudre l’errance diagnostique.

    4000 patients dans le projet InDiCE

    Le projet InDiCE incarne la mise en œuvre concrète de ces principes et la volonté méthodologique de l’AP-HP. Axé sur la déficience intellectuelle, il vise à rassembler et exploiter de façon globale les données génomiques et cliniques de quelque 4 000 patients. Le phénotypage multimodal, permis par l’intégration des dossiers cliniques structurés et des comptes rendus textuels, favorise le clustering et l’identification de cohorte à forte valeur ajoutée.

    L’un des objectifs centraux du projet est de dépasser les limites actuelles en découvrant de nouveaux variants et en améliorant la compréhension des mécanismes sous-jacents à la pathologie, tout en affinant l’impact des signes cliniques sur la caractérisation des patients.

    La généralisation de cette approche à toutes les pathologies rares est un horizon assumé par les porteurs de projet, avec la mobilisation d’un écosystème institutionnel d’une ampleur inédite : filières maladies rares, équipe collégiale de généticiens, hôpitaux Necker, Pitié-Salpêtrière, Robert Debré, et l’Institut Imagine, tous sont associés à l’effort structurant, dans une dynamique de collaboration et de validation éthique centralisée.

    Gouvernance, sécurité et éthique

    « On va sélectionner uniquement les patients pour lesquels on a un consentement explicite pour la réutilisation des données en recherche»

    Au fil des échanges, les questions de sécurité, de consentement et de gouvernance des données ont été fortement mises en exergue. Les intervenants reconnaissent la sensibilité extrême des données manipulées : le consentement explicite du patient est obligatoire pour la réutilisation en recherche, la protection institutionnelle via la DSN est active et le comité scientifique et éthique supervise chaque étape du flux de données. La prudence quant à l’interprétation, notamment dans l’utilisation des nouveaux scores polygéniques et du reclassement des variants de signification incertaine, est sans cesse rappelée.

    Un système de santé apprenant

    « On est en train de mettre en place un système de santé apprenant : on va découvrir et valider de nouvelles connaissances à partir de nos propres données.»

    La conférence a également ouvert une réflexion sur l’ambition de l’AP-HP en matière d’innovation organisationnelle. Selon les propos des intervenants, l’établissement est en mesure de déployer un « système de santé apprenant », capable d’exploiter la masse de données disponible pour générer de nouvelles connaissances, mais aussi pour adapter en continu ses pratiques cliniques et de recherche. Cette dynamique, qui conjugue rigueur scientifique, sens de la sécurité et vision collective, apparaît comme un levier pour transformer le soin et accélérer la recherche dans le domaine des maladies rares. Elle invite à capitaliser sur l’intelligence institutionnelle, l’innovation méthodologique et l’ouverture éthique, pour garantir progrès médical et confiance des patients.

  • 3ème workshop PHM : Comment financer et organiser durablement la santé populationnelle ?

    Dans la continuité de nos travaux préparatoires au livre blanc PHM (co-publication avec le CRAPS début 2026), le Think Tank Health&Tech organise ce 3ème workshop PHM autour d’une question stratégique : comment financer et organiser durablement la santé populationnelle ?

    Trois modèles innovants au programme :
    1. Modèle plateforme – Financement par les entreprises et mutuelles
    Virginie Femery, Directrice Générale, Vivoptim
    2. Modèle territorial – Bundle de financements régionaux
    Romain Hellmann, Conseiller médical DG ARS Grand Est
    3. Modèle national – Organisation publique centralisée
    Pr. Maria Soto Martin, Responsable de l’ERVPD du Gérontopôle de Toulouse, IHU HealthAge
    Il reste encore quelques places !
    Confirmez votre participation avant 17h aujourd’hui : https://evenium.events/workshopphm18nov
    Conditions de participation :
    • Abonnés Essentiel : 1 représentant par organisation
    • Abonnés Premium : 2 représentants par organisation
    • Non abonnés : inscription payante
  • HAS : deux leviers proposés pour structurer l’expertise au service du virage préventif

    Pourquoi le virage préventif peine à se concrétiser ?

    La Haute Autorité de santé publie une analyse prospective qui vise à renforcer l’appui aux décideurs en prévention et promotion de la santé (PPS). Dans un contexte de contraintes budgétaires et de défiance scientifique, l’enjeu est d’objectiver les interventions avant leur déploiement, leur priorisation ou leur pérennisation. L’OMS encourage la « décision informée par les données probantes », combinant rigueur scientifique, transparence et redevabilité. Pourtant, en France, l’accès aux données utiles à la décision reste hétérogène, et les initiatives d’évaluation sont dispersées entre agences, caisses, collectivités ou organismes de recherche.

    Bien que la prévention soit affichée comme priorité publique depuis plusieurs années, les résultats demeurent insuffisants : participation réduite aux dépistages, couverture vaccinale inférieure à celle d’autres pays européens, niveaux élevés de tabagisme ou d’alcoolisation.
    De nombreuses initiatives n’ont pas été déployées à large échelle, faute de données probantes consolidées sur leur efficacité, leur efficience ou leurs conditions de mise en œuvre. Les travaux récents, dont ceux de l’Igas, soulignent le besoin d’une meilleure compréhension partagée des enjeux d’évaluation.

    Axe 1 — Construire une « boîte à outils » méthodologique partagée

    La HAS recommande de mettre à disposition un cadre de référence adaptable à la diversité des interventions : programmes nationaux, actions locales ou dispositifs intersectoriels comme l’aménagement urbain ou la rénovation énergétique.
    Ce cadre préciserait les catégories de données attendues :

    • efficacité, incluant effets positifs et négatifs ;
    • données économiques, combinant analyses budgétaires et économiques au sens large ;
    • conditions de mise en œuvre, liées aux mécanismes, contextes et adaptations ;
    • externalités, sanitaires ou non sanitaires.

    Le cadre doit soutenir la discussion entre effecteurs, évaluateurs et financeurs pour choisir les critères pertinents et les niveaux de preuve nécessaires selon la maturité de l’intervention.

    Un guide pour anticiper les évaluations

    La HAS insiste sur la préparation en amont : identifications des données utiles, budget dédié (avec repères comme ceux de Promotion Santé Suisse), accès aux données d’études, mobilisation des bases existantes (cohortes, registres, SNDS).
    Un guide d’accompagnement aiderait les acteurs à calibrer moyens et méthodes, éviter des reconstructions a posteriori et faciliter la diffusion des résultats.

    Rendre les données lisibles et utilisables

    La mise en forme des résultats doit être claire et pédagogique. Des référents scientifiques pourraient accompagner les décideurs. La HAS souligne l’intérêt de mécanismes inspirés de ReperPrev ou de formats synthétiques à l’image des « Quick Buys » de l’OMS, voire d’une forme de labellisation des interventions en PPS.

    Axe 2 — Créer un espace national de dialogue et d’intermédiation

    La HAS propose la création d’un espace structuré rassemblant décideurs, financeurs, effecteurs d’interventions et évaluateurs. L’objectif : construire une compréhension partagée des besoins de données, discuter des critères, éviter les doublons et faciliter l’appropriation des résultats. L’expérience du Australian Prevention Partnership Centre sert de référence : dialogues politiques, simulations pour tester des options d’intervention, implication continue de chercheurs, décideurs et acteurs de terrain.

    Critères pour le portage de cet espace

    L’acteur chargé d’animer ce dispositif devra disposer :

    • d’une assise scientifique garantissant la qualité ;
    • d’un lien fort avec la recherche pour suivre l’évolution des connaissances ;
    • d’une dimension interinstitutionnelle pour décloisonner santé, éducation, environnement, urbanisme ou protection sociale.

    La création d’un nouvel organisme n’est pas privilégiée au regard des enjeux de simplification. La HAS recommande d’identifier un ou plusieurs acteurs existants pour assurer cette fonction. La HAS entend contribuer à la construction de la « boîte à outils », notamment sur le volet économique. L’institution appelle à une démarche de co-construction impliquant administrations, agences, chercheurs, caisses, collectivités, acteurs associatifs et opérateurs locaux. L’espace de dialogue proposé vise à structurer durablement la compréhension, l’évaluation et l’interprétation des données probantes pour accélérer le virage préventif.

    Haute Autorité de santé. Comment renforcer l’expertise au service du virage préventif ? Analyse prospective. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2025 Oct.