« Tout reste encore à faire », telle est la conclusion de Thibault Lanthier, co-fondateur et DG de MonDocteur, lors de la présentation, le 30 mars 2017, du baromètre de la santé numérique 2017. Les statistiques des usages des services en ligne ont été réalisées à partir d’une enquête menée entre le 13 et le 17 mars 2017, en partenariat avec Doctissimo, auprès de 1127 patients et d’une seconde enquête auprès de 741 professionnels de santé : seulement 8% de ces derniers ont adopté les services en ligne.
Un service plébiscité par les patients
Une utilisation territorialement inégale
Par rapport à l’enquête d’OpinionWay conduite en 2016, l’utilisation des services en ligne par les patients a augmenté de 5% pour atteindre 31%. Près de la moitié de ces derniers était francilienne, 36% provenaient de Bretagne et 34% des Hauts-de-France. En revanche les services en ligne s’avèrent très peu utilisés (entre 19 et 30%) en Bourgogne, Normandie et Nouvelle-Aquitaine.
Le profil-type des plus grands utilisateurs
Le patient-type est une femme âgée de 41 ans:
- 69% des patients utilisant la plateforme MonDocteur sont des femmes; ces dernières prenant régulièrement rendez-vous pour d’autres membres de leur famille.
- 31 % des utilisateurs sont des hommes, en moyenne plus jeunes (38 ans).
L’écart d’âge des utilisateurs s’étend de 3 semaines à 101 ans.
Les prises de rendez-vous
- Les prospectives concernant la médecine de ville: 5 spécialités regroupent 64% des prises de rendez-vous:
- médecine générale : 1,8 million de rendez-vous (estimation 2017: 2,8M);
- dentisterie : 1,5 million de rendez-vous (estimation 2017: 2M);
- ophtalmologie : 1 million de rendez-vous (estimation 2017: 1,9M);
- gynécologie : 750 000 rendez-vous (estimation 2017: 1,2M);
- dermatologie : 420 000 rendez-vous (estimation 2017: 700 000).
Au total, en 2016, 8,2 millions de rendez-vous ont été traités via la plateforme et depuis le 1er janvier 2017, plus de 4,2 millions ont déjà été pris.
- Le service en ligne dans les hôpitaux commence à se mettre en place:
- les établissements de santé sont 59% à connaître le service et un quart d’entre eux s’en équipera dans les prochains mois;
- 73% des établissements ont achevé leurs projets d’informatisation de la gestion des rendez-vous;
- les centres mutualistes sont les premiers à l’utiliser.
Les médecins adoptent progressivement le service en ligne
- Malgré une bonne connaissance du service, seulement 8% des 500 000 médecins l’utilisent (dont 34% pour MonDocteur).
- 25% sont généralistes,
- 19% sont dentistes,
- 8% sont gynécologues,
- 6% sont ophtalmologues.
51% sont des femmes 49% sont des hommes.
- Géographiquement, les praticiens les plus connectés sont ceux d’Île-de-France (22% d’entre-eux), suivis des professionnels de santé d’Auvergne Rhône-Alpes (12% d’entre-eux).
Les attentes communes des patients et des praticiens
- Carnet de santé en ligne – échanges de documents;
- Ordonnance électronique;
- Paiement en ligne et suivi des remboursements;
- Téléconsultation.
Carnet de santé en ligne – échanges de documents
- 85% des patients et 82% des médecins sont favorables au partage des antécédents médicaux,
- 4 patients et médecins sur 5 souhaitent partager le traitement en cours,
- 60% des patients sont favorables à un carnet de santé en ligne contre 43% des praticiens.
Ordonnance électronique
Un flou sur la réglementation: 66% des patients et 71% des médecins ignorent si la prescription électronique est légale.
Le paiement en ligne
Seulement 25% des patients souhaitent pouvoir payer en ligne alors que les médecins sont près de la moitié à le désirer. Pour cause, ils passent en moyenne 1h30 par jour à encaisser les paiements.
La téléconsultation
- 25% des patients et 35% des professionnels ne sont pas prêts à utiliser la téléconsultation.
- En revanche, pour les patients qui se disent prêts à télé-consulter (« oui » ou « parfois ») ils le feraient dans 70% des cas dans le cadre d’un traitement en cours (contre 45% des médecins dans le même cas), dans 41% des cas dans le cadre d’une consultation classique (contre 13% des médecins) et dans 54% des cas dans le cadre du suivi des maladies chroniques (18% des médecins).
Les principaux obstacles à la téléconsultation:
- Activité extrêmement chronophage : les professionnels craignent d’être submergés par les demandes, à des heures non ouvrées notamment ;
- L’examen clinique nécessite la plupart du temps le toucher ;
- La question de la rémunération n’est pas encore clarifiée ;
- Sécurité des données ;
- Manque de cadre juridique ;
- Reconnaissance par la sécurité sociale.