Un marché dominé par les États-Unis, qui devrait représenter 49% des parts de marché en 2021, une France en récession, des aires thérapeutiques dominantes telles que l’oncologie, le diabète et les maladies cardiovasculaires, mais aussi un focus sur les innovations biopharmaceutiques, tels sont les points soulignés par QuintilesIMS lors de la présentation ce 19 mai 2017 de leur étude annuelle Vision 360.
Le marché mondial du médicament se concentre sur un petit nombre de régions et des aires thérapeutiques spécifiques
En 2016, le marché pharmaceutique mondial est en croissance, atteignant 1 085 milliards de dollars, mais les ventes mondiales sont très inégalement réparties entre les régions.
Le marché devrait atteindre 1400 milliards de dollars en 2020, poussé par les pays émergents.
Bilans régionaux
- L’Amérique du Nord, leader du marché
En 2016, l’Amérique du Nord représente 47% des ventes, tandis que l’Europe en représente 22%, l’Afrique et l’Asie-Pacifique 24% et l’Amérique Latine 6%.
Sur la période 2016-2021, les Etats-Unis devraient générer 54% de la croissance mondiale du marché pharmaceutique, contre 10% pour l’Europe.
- L’Amérique Latine poussée par le Brésil
C’est le Brésil qui porte la croissance de l’Amérique Latine (14% de croissance par rapport à 2012-2013) et atteint le 7e rang mondial en 2016, et potentiellement le 5e rang en 2021.
- L’Europe en croissance, à l’exception de la France et de l’Italie
L’Europe a connu une reprise de sa croissance, avec 5%, mais la France et l’Italie ne suivraient pas cette tendance, avec respectivement -0,4% et -4,1% en 2016.
Cette croissance européenne pourrait se stabiliser à un taux annuel compris entre 2 et 5% d’ici 2020, en raison notamment d’une stabilisation de l’effet Hépatite C. Le Brexit reste néanmoins une zone d’incertitude concernant l’avenir précis de l’Europe.
Quatre aires thérapeutiques dominantes en 2020
L’oncologie reste l’aire thérapeutique dominante, représentant 12% du marché. Suivent le diabète (7%), les maladies respiratoires (5%) et les maladies cardiovasculaires (4%). Ces pathologies couvrent un large spectre démographique et sont poussées par les nouveaux produits, pour la plupart non-biologiques (75%).
Focus sur la France : une récession imputée à la baisse des prix et à la faible pénétration des biosimilaires et génériques
Le marché français repose sur le marché ville
Plusieurs facteurs expliquent la récession française :
- sur le marché ville, malgré une légère reprise de la demande, la baisse des prix freine la croissance
- les biosimilaires peinent à pénétrer le marché ville, en raison notamment d’une absence d’incitation à prescrire ces médicaments de la part des autorités de santé et du droit à la substitution voté mais pas appliqué.
Le marché hospitalier est, quant à lui, en croissance (7%) après l’effet Hépatite C en 2014 et intègre plus largement les biosimilaires.
Une stabilité dans les années à venir
Si les freins à la croissance demeurent, le marché français devrait connaitre une stabilité dans les 5 prochaines années, notamment du au lancement de nouveaux produits.
Les prévisions concernant la France restent incertaines sur le plan réglementaire notamment, en raison principalement des changements politiques actuels. De nouveaux schémas de régulation et de tarification peuvent se profiler, par exemple la régulation par enveloppe qui tend à émerger.
L’innovation biopharmaceutique : un accès au marché plus rapide
La majorité des produits lancés entre 1996 et 2015 étaient des produits non-biologiques (75%), sur des aires de spécialité (58%) et sur des maladies non-orphelines (69%).
On constate un délai d’accès au marché qui s’améliore, passant de 210 mois en moyenne en 2008 à 140 mois en moyenne aujourd’hui. Cependant dans le même temps, le temps de commercialisation et donc de rentabilisation de l’investissement raccourcit, passant de 160 mois en moyenne à 140 mois.
Il faut donc que les lancements soient couronnés de succès très rapidement, notamment grâce à une diffusion rapide des innovations. L’exploitation des données collectées et le big data sont des leviers d’amélioration des rendements.