Cerner l’impact de la technologie sur le secteur de la santé et d’identifier les priorités en matière d’investissements technologiques pour les prochaines années est l’objet de l’étude d’Accenture menée dans 31 pays auprès de plus de 5 400 dirigeants sur la période novembre 2016-janvier 2017 et publiée fin mai 2017.
L’étude a permis d’identifier cinq tendances d’évolution du secteur sous le signe du digital et des nouvelles technologies :
• la nécessité d’un cadre règlementaire adapté
• l’interférence d’écosystèmes digitaux
• la naissance de nouveaux marchés liée à l’établissement de normes régissant le digital
• le besoin d’une révision organisationnelle des entités opérant dans le secteur
• un recentrage sur l’humain pour un meilleur service.
Accenture note que nous sommes entrés dans une nouvelle ère du numérique qui place l’humain au cœur de toutes les évolutions technologiques. La composante de l’innovation à plus fort potentiel de développement est l’intelligence artificielle (IA). Malgré son caractère complexe, elle est censée apporter une simplification des interactions et des interactions de meilleure qualité. 81% des dirigeants du secteur de la santé ont affirmé qu’ils considèrent qu’il est très important ou extrêmement important d’inclure dans leur offre de services et de produits des plateformes centralisées, assistants virtuels ou chatbots.
L’introduction du digital dans le domaine de la santé est à l’origine de profonds chamboulements affectant les interactions du secteur, mais suppose également le ralliement d’acteurs tout à fait nouveaux. Tous ensemble, ils vont converger vers la mise en place de nouveaux écosystèmes au sein desquels des données vont circuler. La valeur clé pour faire fonctionner l’ensemble des rouages et pérenniser l’écosystème est la confiance. C’est à la gouvernance que revient le rôle de garantir l’usage approprié de données à bon escient.
Les nouveaux écosystèmes
Un nouveau cadre fonctionnel et réglementaire
L’introduction de l’innovation dans le secteur de la santé débouche sur la création de nouveaux produits et services et à la fois de nouveaux marchés.
Or, l’industrie est face à une page blanche et tout reste à faire. Le nouveau cadre doit proposer des normes qui puissent garantir la sécurité, la confiance et la protection de la vie privée.
Les entreprises du secteur de la santé sont en train de façonner les nouvelles industries digitales. Ces premières doivent changer leur positionnement traditionnellement cantonné à un rôle passif de preneurs de marché en façonneurs de marché. La définition de règles dans le but de protéger tous les intervenants au sein de l’écosystème incombe aux acteurs du secteur de la santé et ils se doivent d’assumer ce leadership.
Les normes et les politiques relatives au digital appliquées au secteur de la santé doivent évoluer et rattraper la poussée d’évolutions technologies déjà présentes comme la solution de la télémédecine. Même si les attentes des patients et des médecins ont évolué pratiquement au même rythme que les évolutions technologiques, le cadre légal est en retard et il doit suivre.
66% des professionnels du secteur de la santé concèdent que les innovations proposées par leur organisation tombent dans la zone grise de la réglementation actuelle et 44% des interrogés affirment s’organiser déjà en consortium afin de s’autoréglementer.
Les écosystèmes interconnectés et interactifs
Actuellement, de plus en plus d’entreprises intègrent des fonctionnalités relevant de leur cœur de métier aux plateformes de tiers.
Pour ouvrir la voie à de futures vagues de croissance, ces partenariats sont transformés en opportunité pour se construire une place dans les écosystèmes digitaux émergents qui devraient rompre avec la séparation en silo des fonctions, où cohabitent des systèmes de gestion de la coordination des soins, de paiement ou de prestation de soins. Par ailleurs, les plateformes existantes permettent la rencontre entre les fournisseurs de services et les consommateurs pour un échange de la valeur, mais il faut aller au-delà, car aujourd’hui les entreprises ont besoin de partenaires spécialisés dans le digital pour établir leur futurs écosystèmes.
Ces derniers dépasseront le cadre de coopération technologique pour mettre en commun leurs moyens, l’expertise et les services qui touchent aussi bien les organisations de santé, les patients et les professionnels de santé. Ils doivent permettre la rencontre de l’offre et des consommateurs qui exigent un processus de prise de décision simplifiée. À l’heure actuelle, 66% des organisations prennent des mesures pour participer à l’établissement d’écosystèmes digitaux.
Dans un tel contexte, le meilleur modèle économique est celui basé sur les plateformes et 90% des interrogés en sont convaincus. Les représentants du secteur de la santé jugent qu’il est crucial de prendre part aux écosystèmes aux côtés de partenaires spécialisés dans le digital aujourd’hui.
78% des entreprises engagées dans le secteur de la santé pensent que leurs avantages compétitifs futurs seront fonction de la force des partenaires et des écosystèmes auxquels elles se seront associées.
L’écosystème de l’avenir est connecté, car l’interdépendance des acteurs pour un service de santé optimal à l’égard du patient est une évidence et les plateformes digitales offrent un cadre propice à une communication et un échange de données optimisé entre tous les acteurs.
L’intelligence artificielle (IA) comme composante sous-jacente des écosystèmes du futur
Les écosystèmes du futur seront tous placés sous le signe de l’intelligence artificielle au cœur de l’identité de l’entreprise. Utilisée en back-office dans certains processus actuellement, elle émerge sur le devant de la scène pour endosser des rôles de plus en plus sophistiqués.
L’IA a un rôle à jouer dans le renforcement et le développement de la relation entre les établissements de santé et les patients, car elle pourra être à l’origine de services en support des soins, du conseil et de la coordination des professionnels. En se fondant sur l’expérience passée, elle peut proposer les meilleures options dans le choix des formules d’assurances santé et guider les utilisateurs vers la meilleure solution au sein des parcours de soins des patients.
Le patient avait jusqu’à présent très peu de possibilités de recourir aux services de santé en libre accès. Les interfaces performantes et dotées d’algorithmes de l’IA pourront guider l’utilisateur en se basant sur les connaissances emmagasinées sur lui tout en lui proposant une expérience personnalisée, adaptée à sa personnalité et ses contraintes en le délestant des recherches infructueuses. 72% des dirigeants affirment déjà utiliser des assistants virtuels ou des chatbots pour optimiser l’expérience client.
Par ailleurs, elle se met au service des professionnels du monde de la santé pour affiner le conseil qu’ils peuvent apporter aux utilisateurs. En exploitant les mines de données dont ils disposent, les assureurs pourront prédire les comportements de leurs bénéficiaires et la façon dont ils seront amenés à utiliser leurs services dans l’objectif de leur proposer les formules d’assurance les plus adaptées. C’est notamment possible grâce à la modélisation économique avancée et l’interprétation des données. Cette assistance intelligente débouchera à son tour sur la suppression de tâches chronophages de nature administrative notamment.
Tout en évoluant sans cesse et en devenant de plus en plus affinée, elle pourra assister les médecins dans l’analyse des symptômes et l’établissement d’un diagnostic en complétant leur travail et en leur économisant du temps, les rendant ainsi plus performants. Ce partenariat sera favorisé par des interfaces dont l’utilisation sera facilitée par des composantes telles la reconnaissance vocale.
L’humain au cœur de tout développement à dimension innovante
Agilité des équipes
Les dirigeants des entreprises de la e-santé sont face à une transformation de la structure des ressources humaines. Les plateformes qui sont désormais à la disposition des entreprises leur offrent une plus grande flexibilité dans la façon d’organiser leurs ressources.
Accenture considère que les nouveaux modèles organisationnels vont occasionner des changements économiques les plus profonds depuis la révolution industrielle. De nouveau, on trouve les plateformes au cœur de la transformation. Des solutions de gestion du travail en ligne, le crowdsourcing, les plateformes collaboratives et les plateformes de travail à la carte autant d’innovations qui confèrent aux organisations une flexibilité jusque-là inégalée et qui est la clé de l’adaptation organisationnelle permettant aux entreprises de devenir véritablement digitales et de générer de l’innovation. La meilleure manière d’y arriver est de se positionner comme un marché ouvert de talents. La rencontre entre l’offre et la demande ne sera jamais aussi affranchie, à condition de bien en définir les règles.
La technologie humano-centrée
Toute nouvelle technologie doit tenir compte de l’individualité des utilisateurs, d’où un besoin accru d’adaptation. Si l’on admet que nous marchons vers une ère d’interaction étroite entre l’humain et la machine, se concentrer sur les comportements individuels permet à la fois d’améliorer l’expérience d’utilisation et de concevoir des solutions technologies plus efficaces au plus près des besoins et souhaits des utilisateurs dans une relation fondée sur le partenariat.
Les technologies de santé vont devenir plus centrées sur l’humain. Aujourd’hui, dans le cadre de la télémédecine, les patients peuvent déjà prendre leur rendez-vous en ligne, mais grâce aux interfaces de plus en plus performantes, les possibilités s’accroissent mais dans le sens de l’humain.
81% des interrogés affirment que les entreprises doivent d’abord comprendre les souhaits des individus et où ils souhaitent arriver afin de concevoir des technologies à leur service. Le même nombre de dirigeants estiment que les entreprises leaders dans la santé seront celles qui auront réussi à cerner ce qui anime les motivations profondes du comportement humain.