Piloter et anticiper l’activité des services d’urgence franciliens : telles sont les principales finalités de la plateforme eCerveau, mise en œuvre par le GCS Sesan.
Projet initié par l’AP-HP après la canicule de l’été 2002, eCerveau a progressivement été étendu à l’ensemble des services d’urgence franciliens depuis 4 ans.
Mathias Huitorel, responsable du pilotage de eCerveau, en a décrypté pour Health&Tech Intelligence les usages actuels, et les évolutions à venir, à l’occasion du congrès Urgences, qui se tient à Paris du 31 mai au 2 juin 2017.
Un entrepôt régional de données nourri par deux sources d’information
La plateforme eCerveau s’appuie sur un entrepôt régional de données, alimenté par :
- les résumés de passage aux urgences. Ces documents, standardisés dans l’ensemble de la France, rassemblent des informations sur tout passage aux urgences : heure d’arrivée, symptômes, diagnostic, etc. Ils sont remontés une fois par jour dans la plateforme ;
- un flux en temps réel, qui indique le taux d’occupation de chaque service d’urgence, avec le nombre de patients en salle d’attente, en box, etc.
95 % des services d’urgence franciliens sont connectés à eCerveau. Sur le plan technique, la connexion nécessite, pour chaque service, la création d’un connecteur, en lien avec l’éditeur du logiciel de dossier patient informatisé utilisé par l’établissement.
Le déploiement des connecteurs, de la base de données et du portail eCerveau a été assuré par Keyrus.
Suivi en temps réel et pilotage
La plateforme eCerveau, dont l’accès est ouvert aux directeurs d’établissements, chefs de services d’urgences et cadres de santé, permet un suivi en temps réel de la saturation des services d’urgence.
Elle permet également de piloter l’activité, avec la génération de rapports quotidiens réalisés à partir d’un échantillon de services d’urgences et regroupant :
- le taux d’activité des services ;
- l’occupation des lits de réanimation ;
- l’activité des SAMU et SMUR, etc.
Ces données sont comparées à celles des jours précédents, ainsi qu’avec celles des périodes similaires des années précédentes.
Des statistiques peuvent être générées pour toute raison de passage aux urgences, permettant ainsi de faire de l’analyse épidémiologique.
Enfin, des rapports quotidiens peuvent être générés sur certaines pathologies (méningite, gastro-entérite…) ou troubles physiologiques (déshydratation…), permettant ainsi aux tutelles de diffuser des alertes le cas échéant.
Vers une ouverture aux patients ?
Mathias Huitorel est convaincu que la prochaine étape est celle de l’ouverture aux patients. Plutôt que le niveau de saturation des urgences, le site, ou l’appli grand public, fournirait des informations sur le temps d’attente dans chaque service d’urgence. A plus long terme, un interfaçage avec le temps d’attente auprès des intervenants ambulatoires (SOS médecins, maisons médicales de garde…) offrirait un service plus complet aux patients.
L’ouverture d’une version grand public de eCerveau est à l’étude, et fera l’objet d’une décision des autorités de tutelle.