La « fuzzy logic », ou logique floue : telle est la branche d’intelligence artificielle sur laquelle Medical Intelligence Service a basé son outil d’aide au diagnostic, Medvir. Initialement conçu pour le triage des patients en situation d’urgence, Medvir comporte désormais plusieurs modules, dont la médecine générale et la prévention.
Health&Tech Intelligence a pu s’entretenir avec le fondateur de Medical Intelligence Service, le Dr Loïc Etienne, à l’occasion du congrès des Urgences, le 1er juin 2017.
« Fuzzy logic » : proposer des hypothèses diagnostiques à partir des déclarations du patient
Loïc Etienne explique que la « fuzzy logic », ou logique des flux, est une branche de l’intelligence artificielle qui permet de modéliser des probabilités de façon non binaire. Concrètement, sur le plan médical, la « fuzzy logic » permet de modéliser des hypothèses diagnostiques à partir d’un entretien clinique.
Pour Loic Étienne, la « fuzzy logic » n’a pas les limites d’autres branches de l’IA comme les réseaux bayesiens, qui n’arrivent pas à prendre de décision quand les données sont trop nombreuses, ou le deep learning, dont les systèmes d’aide à la décision ne sont capables d’apprendre que ce qu’ils connaissent déjà.
Premiers résultats, étude clinique à venir
Medvir a été testé auprès de 400 patients des urgences de l’hôpital Lariboisière. 87 % des hypothèses proposées par le logiciel concordaient avec le diagnostic final.
Un test en double aveugle, avec un box équipé et un box non équipé de la solution, sera réalisé, toujours dans ce même service, en juillet 2017.
Medvir est un dispositif médical de classe I et son processus de certification est en cours.
Une base diagnostique large, des usages en médecine de ville et à l’hôpital
Medvir comprend plusieurs modules :
- urgences, avec 350 diagnostics ;
- médecine générale, avec 750 diagnostics ;
- prévention, avec 60 diagnostics ;
- bien-être, qui permet des autodiagnostics.
Medical Intelligence Service prévoit de commercialiser sa solution auprès des :
- services d’urgences, à destination par exemple des infirmiers d’accueil et d’orientation (régulation). L’outil n’est toutefois pas encore interfacé avec les DPI ;
- cabinets de médecins généralistes ;
- mutuelles et assureurs, pour le module prévention ;
- collectivités locales, dans les bassins de vie touchés par la désertification médicale. L’interrogatoire pourrait être effectué par un infirmier, qui enverrait ensuite le compte rendu à un médecin situé à distance.
Modèle économique
Le logiciel est proposé aux assureurs et mutuelles sous forme de licence d’exploitation.
Pour les hôpitaux, la tarification dépend du nombre d’utilisateurs et de consultations.
Côté entreprise, Visiomed a pris une participation de 14,29 % dans Medical Intelligence Service en décembre 2015.