Cinq leçons et une recommandation sont à retenir de l’enquête, publiée le 3 juin 2017 par la Healthcare Information and Management Systems Society (HIMSS) Europe, menée auprès de 383 experts de la e-santé dans le monde durant le 2ème trimestre de 2017.
HIMSS Europe pointe les enseignements suivants:
• Malgré la perception positive de la protection des données de santé, il reste une certaine marge de progression;
• La perception vis-à-vis de la protection des données varie au sein des pays européens ;
• Malgré la confiance qu’ont les professionnels de santé envers les industriels du SI de sécurisation des données, ces derniers ne retournent pas la pareille ;
• Une plus grande incitation financière est nécessaire pour améliorer la sécurité des données médicales;
• Le Danemark a le modèle de sécurisation des échanges d’information et de continuité des soins le plus exemplaire.
Les industriels des logiciels de dossiers médicaux informatisés et de systèmes d’information hospitaliers ciblent de nouveaux clients au Royaume-Uni et dans les pays nordiques et essayent de conserver leurs clients dans d’autres pays européens.
Un niveau de protection de données jugé « acceptable »
Une réglementation laissant les professionnels indifférents
La plupart des professionnels de la e-santé ne sont ni satisfaits ni insatisfaits de la réglementation en matière de protection dans leur pays. Au royaume-Uni, par exemple
- Les professionnels de santé sont sont les plus satisfaits en Europe avec 3,7/5,
- Les industriels sont les plus insatisfaits de la réglementation avec une note de 1/5.
Un appel au gouvernement sur la réglementation ne semble pas nécessaire dans la grande majorité des pays.
Une protection jugée comme suffisante
Les données médicales sont globalement perçues comme bien protégées. Malgré les dernières cyberattaques, les hôpitaux ont reçu la meilleure note de satisfaction avec 3,5/5. En revanche, la protection semble insuffisante concernant:
- Les applications de bien-être et de fitness avec une note de 2,7/5
- Les soins à domiciles qui sont en dessous obtenant une note de 2/5.
Globalement, les professionnels travaillant pour les industriels de SI sont plus sceptiques que les professionnels de santé.
La perception de la sécurité des données varie en fonction des pays. Les professionnels des pays nordiques sont plus confiants envers cette protection que les allemands, tout environnement médical confondu.
Du point de vue des professionnels de santé, la sécurité mise en place par les industriels de logiciels est « acceptable ». Avec une moyenne de 3,2/5, le Royaume-Uni se montre très confiant avec une note de 3,8/5 tandis que les allemands sont plus sceptiques avec une note de 2,7/5.
Des incitations financières pour favoriser le partage de données de santé
Les professionnels de santé ne blâment généralement ni la législation, ni les structure d’information, ni les standards techniques, ni les industriels ni même les patients. Pourtant, tous ces acteurs représentent des blocages dans la sécurisation des échanges de données médicales avec des organisations extérieures. C’est pourquoi ils appellent à des mesures incitatives financières pour stimuler et d’améliorer la sécurisation. En revanche, ils considèrent qu’ils doivent être plus flexibles et motivés pour adopter l’échange de données médicales.
Divergences européennes vis-à-vis des incitations financières
L’Autriche et l’Allemagne sont les pays qui demandent le plus d’incitation financière qu’ils ne considèrent satisfaisantes qu’à 1,9/5 et 1,8/5 respectivement. En Allemagne, les professionnels ont un mauvais a priori des infrastructures de IT et des standards techniques. Cela est possiblement dû à une réaction causée par le retard pris par le DMI national.
A contrario, les pays nordiques et l’Espagne sont globalement satisfaits de leur propre approche:
- Le Danemark semble être perçu comme le pays leader de la continuité des soins et de l’échange de données électronique:
- Un quart des professionnels de santé interrogés ont placé le Danemark comme pays le plus performant en la matière.
- L’Estonie et la Suède sont placés en deuxième et troisième place.
Ce point de vue diffère en fonction des pays : les Pays-Bas et les espagnols se voient comme les leaders.
Les perspectives pour les deux prochaines années
Les industriels de logiciels de santé trouveront probablement plus d’opportunités dans les pays nordiques:
- 27% des professionnels de santé nordiques ont indiqué que leur organisation était très susceptible d’acheter un nouveau logiciel d’ici un ou deux ans.
- En Espagne, ils sont 28% à considérer possible un changement de logiciel.
- Dans les autres pays, les hôpitaux semblent davantage loyaux à leurs fournisseurs actuels ou trouvent que le changement de logiciel serait difficile à opérer.
Du point de vue des industriels, le Royaume-Uni est le meilleur pays. Ils sont 29% d’entre eux à considérer que le pays proposera les meilleures opportunités dans les 12 à 24 prochains mois. Ils sont 13% à positionner le Danemark, la Suède, l’Allemagne et la Suisse en seconds.
Le secteur présente des perspectives positives même s’il présente un léger ralentissement par rapport à la fin de l’année 2016. Cela dit, le taux de réponse faible de la part des participants ne permet pas d’établir des prospectives solides. Cependant, 92% des professionnels de santé finlandais s’attendent à une amélioration du développement de l’innovation et de l’investissement dans leur pays.