Les applications mobiles dédiées au mal de dos sont globalement de mauvaise qualité. D’après une étude* publiée le 25 mai dans la revue Best Practice & Research : Clinical Rheumatology, la majorité des applis n’ont pas été correctement évaluées et le consommateur n’a aucun moyen de sélectionner celles qui délivrent des conseils reposant sur des preuves scientifiques.
Un déluge d’applis sur le mal de dos
80% des Français ont souffert, souffrent ou souffriront un jour d’un mal de dos. La lombalgie est la 1ère cause d’invalidité avant 45 ans. C’est le motif n°1 de consultation médicale. Or, les traitements médicamenteux n’ont pas fait la preuve de leur grande efficacité. Les recommandations médicales reposent donc essentiellement sur des techniques d’auto-gestion telles que des exercices physiques, pour réduire la douleur, le stress ou encore de la relaxation. Les applications mobiles représentent donc un support intéressant pour délivrer ces conseils et accompagner les millions de personnes qui souffrent d’un mal de dos chronique.
Un défaut de régulation
Des chercheurs de l’Ecole de santé publique de l’Université de Sydney ont donc mené une étude afin d’évaluer la pertinence de ces applis. Tout d’abord, ils en ont recensé pas moins de 700 dédiées au mal de dos sur les seuls stores australiens. « Des millions de personnes de par le monde utilisent ces applis mais les consommateurs doivent prendre conscience du fait que le contenu de ces applis n’est quasiment pas régulé, » a déclaré Gustavo Machado, premier auteur de l’étude. C’est pourquoi les chercheurs australiens ont cherché à en savoir plus. Parmi les 700 applis, ils en ont donc sélectionné 61 qui se présentaient comme un outil d’auto-gestion de sa douleur et ils ont évalué la qualité du contenu et des différentes fonctionnalités.
- De nombreuses conseils/informations sont fausses.
Certaines applis recommandent de rester au lit ou d’éviter de faire tel ou tel mouvement alors que rien ne prouve la pertinence de tels conseils. Rester allongé est même aujourd’hui déconseillé dans la majorité des maux de dos.
- L’éducation thérapeutique est très peu présente.
« Beaucoup de personnes s’inquiètent à cause de leur mal de dos, elles pensent qu’elles ont un sérieux problème de santé, relate Gustavo Machado. Tout cela crée de l’anxiété, de la détresse même, ce qui exacerbe les symptômes. Une fois qu’elles sont éduquées, les résultats des traitements sont bien meilleurs ».
- Aucune des applications n’a été testée.
Elles affirment qu’en suivant les conseils prodiguées, les symptômes vont s’améliorer mais ces affirmations ne reposent sur aucune évaluation.
- Elles manquent de fonctionnalités attrayantes et personnalisables.
- Les applications payantes étaient celles
Face à ce constat, les chercheurs australiens invitent les développeurs d’applications à travailler davantage en partenariat avec les professionnels de santé et les patients. Autre priorité : élaborer des méthodes d’évaluation de ces technologies émergentes afin de s’assurer qu’elles sont réellement bénéfiques aux patients. Enfin, ils appellent les consommateurs à faire preuve de prudence et à consulter un médecin quand les douleurs persistent.