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  • Financement : la CNAM propose un fonds pour aider la diffusion de l’innovation organisationnelle

    Favoriser la diffusion de l’innovation organisationnelle par la création d’un dispositif national d’appui doté de moyens adaptés : telle est l’une des grandes propositions du Rapport annuel sur les charges et produits de l’assurance maladie pour 2018 élaboré par la Cnam, et dont Health&Tech Intelligence s’est procuré une version de travail. Le rapport doit être finalisé le 6 juillet 2017.

    Constatant les difficultés du système français à accompagner les nombreuses innovations organisationnelles, la CNAM identifie, à partir d’un benchmark de stratégies à l’international, trois leviers pour construire une stratégie :
    • disposer d’une équipe appui dédiée ;
    • maîtriser les aspects politiques, juridiques, réglementaires et budgétaires qui doivent évoluer pour faciliter la diffusion verticale ;
    • laisser de la place à l’adaptation locale.

    Parmi les projets potentiellement concernés par ce fonds, le suivi à domicile avec des objets connectés ou la création de plateformes intégrées regroupant les acteurs du domicile.

    Les quatre composantes du dispositif proposé par la CNAM

    • un fonds dédié à l’innovation organisationnelle dans un cadre de gouvernance partenariale ;
    • la création d’un cadre juridique générique pour les innovations, pour permettre d’accélérer les processus d’expérimentation et mieux en partager les enseignements ;
    • un dispositif d’appui doté des compétences nécessaires pour accompagner, capitaliser les expérimentations des living labs et en préparer la diffusion ;
    • un dispositif d’évaluation.

    La CNAM propose que le fonds bénéficie d’une enveloppe dédiée dans l’ONDAM, et qu’il ne substitue pas au FIR.

    Exemples de projets éligibles

    La CNAM identifie 4 thématiques qui pourraient être inscrites rapidement dans ce dispositif :

    • Expérimentation d’un paiement forfaitaire en chirurgie auprès de groupes d’établissements ;
    • Expérimentation de nouveaux modes d’organisation des soins de ville ;
    • Expérimentation de regroupement des acteurs du domicile (sanitaire et médico-social) autour de plateformes intégrées ;
    • Expérimentation de nouveaux parcours de soins déportés au domicile grâce aux objets connectés.
  • Protection des données de biologie médicale : la CNIL sollicite la contribution de la SFIL

    La Société Française d’Informatique de Laboratoire (SFIL) a annoncé le 23 juin 2017 participer au projet règlementaire de protection des données de biologie médicale.

    Il s’agit pour la SFIL de rédiger un projet de PIA (Privacy Impact Assesment) adapté à la biologie médicale, et à la demande de la CNIL afin de se conformer au Règlement Européen sur la Protection des Données Personnelles (RGPD) qui entrera en vigueur en France en 2018.

    Une première version délivrée à l’automne

    Le RGPD entrera en vigueur le 25 mai 2018 et contraint toutes les organisations et entreprises de l’Union européenne, concernant les traitements de données à caractère personnel en Europe ou concernant les citoyens européens. Ce règlement porte sur les acteurs (concepteurs et utilisateurs) des systèmes d’information. 

    Un PIA est un document propre à chaque secteur, qui définit les principes et droits fondamentaux érigés par la loi et incontournables, analyse les risques concernant la vie privée des personnes du domaine d’activité (ici la biologie médicale), et décrit enfin les mesures à prendre pour adapter les techniques et l’organisation en matière de protection des données. 

    La SFIL est en charge (en collaboration avec d’autres sociétés) de rédiger le PIA pour la CNIL. Il s’agit dans un premier temps de délivrer une première version pour l’automne. 

  • Inauguration de Station F : « Entrepreneur is the new France » pour Emmanuel Macron

    Emmanuel Macron, président de la République, a prononcé un discours à l’occasion de l’inauguration de Station F, le campus de start-up créé par Xavier Niel, le jeudi 29 juin 2017. Affirmant que « les murs ont explosé », et que « ceux qui ont réussi on un devoir d’aider à réussir chacune et chacun par le numérique », il a appelé les créateurs d’entreprise à « être les acteurs du changement », et conclu que « entrepreneur is the new France ».

    Sur une surface de 34 000 m2 dans le 13e arrondissement de Paris, Station F va héberger 1000 start-up, réparties dans 26 programmes d’accompagnement portés par des partenaires de Station F. Dans le secteur de la santé, c’est l’Institut du cerveau et de la moelle épinière qui est partenaire de Station F.

  • Big data : HARMONY, l’accélérateur d’accès aux thérapies innovantes en hématologie adossé au big data

    Le réseau européen d’excellence en hématologie et en big data, Harmony Alliance, créé en janvier 2017, agit en faveur d’un accès plus rapide aux thérapies innovantes dans le cadre du traitement des patients souffrant d’hémopathies malignes en constituant un entrepôt de données censé faire avancer la recherche plus rapidement.

    La solution résiderait dans une plateforme de données cliniques harmonisées permettant aux acteurs internationaux de partager, croiser, analyser et interpréter les données grâce aux outils capables d’analyser des lots de données complexes et hétérogènes.

    Tout au long des huit étapes jalonnant l’avancée du projet des questions techniques et légales liées à exploitation des métadonnées vont être adressées.

    Dépasser les freins de développement de produits innovants pour les populations de patients limitées

    Harmony croit en l’apport du big data d’aujourd’hui dans l’accélération du développement de médicaments plus efficaces et de l’évaluation règlementaire et par conséquent dans l’accès aux traitements innovants.

    Créée en janvier 2017 et financée par les fonds européens, l’alliance Harmony réunit 51 partenaires à échelle européenne provenant d’établissements universitaires, de réseaux nationaux de maladies cliniques, d’organisations européennes, de groupes de défense des patients, de l’industrie pharmaceutique et d’agences règlementaire qui regroupent des cliniciens, des experts en économie, éthique et les TIC.

    Sa durée de vie est de 5 ans au cours desquels l’association va s’atteler à l’amélioration de la gestion de la médecine personnalisée en dépassant l’actuel manque de qualification et de coordination des résultats obtenus lors des essais cliniques – le frein clé dans la mise à disposition de nouveaux traitements à destination des patients souffrants de cancers hématologiques.

    La mission et les contraintes techniques du projet

    D’ici 2022, l’association espère réunir, analyser, harmoniser et livrer des séries de données intégrées sur les traitements des cancers hématologiques grâce à une base de données supranationale, livrable fixé comme l’objectif à atteindre.

    Afin de relever le défi d’identification des tendances qui amélioreront le traitement des patients et contribueront à une meilleure prise de décision et à un diagnostic plus rigoureux, le travail a été divisé en 8 volets ou « work packages » (WP).

    La phase WP1 vise à poser un cadre harmonisé du projet et par conséquent à qualifier les résultats existant dans la littérature scientifique en identifiant la façon dont ils ont été mesurés et rapportés. Cette première phase est étroitement liée aux phases cruciales du projet, à savoir:

    • WP3, intitulée « Accès aux données », qui a pour but de l’homogénéisation des données avec un modèle commun permettant de combiner des séries de données provenant de sources hétérogènes pour établir des pools de données démographiques, cliniques, épidémiologiques, moléculaires, etc. C’est lors de cette phase qu’est prévue la normalisation du format et du contenu des données d’observation et l’harmonisation du traitement des données afin d’établir un système structuré catégorisant les résultats grâce aux algorithmes et moteurs de règles.
    • WP4, intitulée « Plateforme de donnée » doit aboutir à l’établissement d’une plateforme-pilote de partage de données qui exploitera efficacement les données extraites de diverses sources. Des techniques d’apprentissage automatique et des modèles statistiques seront mis en place afin de générer une analyse descriptive, comparative et prédictive en contribuant à une meilleure prise de décision. Ce sera également le moment d’identifier les bonnes pratiques dans la transformation des données recueillies en résultats spécifiques.
    • WP5 correspond à l’analyse des données, épidémiologiques et cliniques notamment, et la façon dont elle contribue à l’évaluation des traitements. Il faudra créer des outils capables d’analyser des lots de données comportant plusieurs couches d’informations, caractériser les variables ayant un impact sur les données collectées, modéliser les résultats liée en particulier au progrès de la maladie, les facteurs de réponse, la qualité de vie, les ressources et le coût des soins et enfin recourir aux outils d’analyse économique afin de comparer la valeur des soins, aussi bien du point du vue économique que social. Ces lots de données serviront à établir une approche globale dans le cadre de la médecine personnalisée.
    • WP8 est la phase finale du projet qui en se fondant sur les avancées des phases antérieures pour résoudre des problèmes de nature juridique et éthique que suscitent la gestion de donnés à cette échelle et leur partage. Un examen des contraintes règlementaires liées au partage, au stockage et à la protection des données dans tous les pays participants s’imposera. Il permettra d’encadrer l’exploitation secondaire des données médicales et de fournir l’assistance légale nécessaire aux différents acteurs.

     

  • Merck victime d’une cyberattaque par ransomware

    Le laboratoire Merck aux États-Unis a annoncé le 27 juin 2017 avoir subi une cyberattaque.

    Il s’agit d’une attaque au ransomware (rançongiciel) similaire au mode opératoire au virus WannaCry qui avait touché des multinationales et des services européens et américains.

    Cette cyberattaque avait déjà touché la Russie et l’Ukraine. Merck est la première victime connue aux États-Unis.

    Par ailleurs, si le laboratoire a communiqué sur le fait d’avoir été victime d’une cyberattaque, elle n’a pas précisé le contenu ou l’impact de celle-ci sur son système. Il n’a pas non plus indiqué ce qui avait été compromis.

    La cybersécurité est une enjeu essentiel depuis quelques années pour tous les secteurs dont celui de la santé.
    Récemment, la société Withings a annoncé avoir été victime d’une cyberattaque ayant eut pour conséquence la fuite de données de milliers de ses utilisateurs.

  • Cardiologie : « Nous avons conçu un défibrillateur connecté » (J. Kalchman – Lifeaz)

    Décupler les chances de survie des victimes d’arrêt cardiaque grâce à un défibrillateur connecté, telle est l’une des ambitions de la start-up Lifeaz, dont le président, Johann Kalchman, a accordé un entretien à Health and Tech Intelligence.

    Quelle innovation porte votre start-up ?

    Nous sommes 3 associés et avons créé Lifeaz dans un but simple : décupler les chances de survie des victimes d’arrêt cardiaque, et à terme, de révolutionner le secourisme.

    En quoi est-elle unique ?

    Une de nos caractéristiques unique , c’est que nous nous focalisons réellement sur le but et la mission. Tout ce que l’on développe et produit est destiné aux personnes qui vont pouvoir intervenir et à celles qui pourront être sauvées face à un arrêt cardiaque.

    Comment invente-on une innovation de rupture, réalise t-on un screening de toutes les pathologies qui se trouvent être sans solution ?

    Nous sommes partis du constat qu’aujourd’hui l’arrêt cardiaque représente plus de 50 000 décès chaque année en France. A titre de comparaison c’est quinze fois plus que les accidents de la route.

    Le taux de survie d’une victime est aujourd’hui de moins de 5 % alors que le défibrillateur, qui peut sauver une vie, existe depuis plus de 30 ans ! Le principal problème c’est le délai d’intervention. En effet il est nécessaire d’intervenir dans les 4ères minutes pour sauver une vie. Or les secours mettent 10 minutes à arriver, si l’on a la chance de vivre en zone urbaine. Face à cela, la tendance actuelle est au déploiement de plus en plus de défibrillateurs dans les lieux publics. Cela sensibilise et sauve des vies mais la grande majorité des arrêts cardiaques, c’est-à-dire environ 80 %, ont lieu au domicile des particuliers.

    Nous avons donc choisi de nous focaliser sur le domicile ainsi que sur les petites structures qui représentent notamment le lieu de travail.

    Par ailleurs, nous avons également constaté que la population ne savait pas comment réagir car elle n’a pas été assez formée. Les Sapeurs-Pompiers de France estiment qu’il serait nécessaire de former 80 % de la population française aux gestes qui sauvent, or aujourd’hui, seuls 20 % l’est. Avec les méthodes actuelles, des dizaines d’années seraient nécessaires pour parvenir à ce résultat.

    Ou votre idée est-elle innée ?

    Nous avons constaté qu’il existe un réel besoin de nouvelles méthodes de formation de la population, ainsi que le fait de rendre le défibrillateur le plus accessible possible pour le déployer là où il peut potentiellement sauver le plus de vie, c’est-à-dire au domicile et sur les lieux de travail.

    Nous avons donc choisi de développer un défibrillateur connecté conçu pour le domicile et les petites structures, ainsi qu’une plateforme en ligne d’initiation aux gestes qui sauvent en partenariat avec les Sapeurs Pompiers de Paris, qui permettra de toucher plus de monde et de former une communauté de citoyens initiés aux gestes qui sauvent et qui pourra intervenir en cas d’urgence.

    De quoi est constitué le boîtier  et comment s’utilise t-il ?

    Le défibrillateur est constitué d’un petit boîtier blanc. Son design est volontairement sobre et rassurant. En cas d’urgence il n’y a qu’un seul bouton à presser. Le clapet s’ouvre alors, puis une voix vous guide étape par étape.

    Une fois les électrodes placées sur la poitrine de la victime, le défibrillateur est totalement automatique, il analyse le rythme cardiaque et décide seul de la thérapie à adopter. Il n’existe alors aucun risque de se tromper ou d’empirer la situation. En pratique il y a des instructions visuelles et vocales. La voix vous indique d’appeler les secours, comment placer les électrodes selon le schéma, et indique à chaque étape ce qui se passe : « Choc indiqué, écartez-vous !» par exemple.

    Le défibrillateur fonctionne t-il avec un algorithme décisionnel ?

    Exactement, l’algorithme permet, en analysant le rythme cardiaque, de décider si la personne est victime d’un arrêt cardiaque, si elle nécessite un choc ou pas, si un massage cardiaque est nécessaire, s’il s’agit uniquement d’une personne qui est tombée dans les pommes et à qui il ne faut pas délivrer de choc. Si par exemple un enfant joue avec, aucun choc ne sera jamais délivré. L’algorithme est le cœur de la technologie car il rend le produit automatique.

    A t-il été conçu en interne ?

    Nous l’avons effectivement développé en interne, ainsi que tout ce qui concerne les cartes électroniques. Ceci étant, les défibrillateurs qui sont aujourd’hui sur le marché possèdent leur propre algorithme.

    Un diagnostic exclusif de la crise cardiaque est donc intégré/inclus ?

    Dans ce cadre l’algorithme est utilisé pour les fibrillations et les asystolies, donc dans le cadre de l’arrêt cardiaque.

    S’il existe des arythmies qui ne mènent pas à un arrêt cardiaque il n’y a aucune source d’erreur possible ?

    Exactement, s’il existe une arythmie qui n’est pas un arrêt cardiaque le dispositif ne délivrera pas de choc. En revanche, le signal est enregistré à chaque fois que les électrodes sont posées. Ce n’est pas le but premier du dispositif mais les données et l’électrocardiogramme sont enregistrées. Si par exemple il s’agissait d’un malaise et non d’un arrêt cardiaque, ces données demeurent exploitables par le médecin. Le but du produit n’est pas de réaliser un simple électrocardiogramme.

    Où sont stockées ces données ?

    Elles sont stockées directement sur la mémoire du défibrillateur.

    Il existe donc une sorte de suivi en temps réel ? Lorsqu’un défibrillateur est utilisé quelqu’un suit-il la situation depuis une plateforme ?

    Le suivi en tant réel est utilisé pour la maintenance connectée afin de nous assurer que le défibrillateur est opérationnel à tout moment. Les données personnelles de santé en revanche ne seront accessibles qu’au médecin, au SAMU.

    Lorsqu’un défibrillateur délivre un choc et confirme donc qu’une crise cardiaque a lieu, les pompiers sont-ils prévenus ?

    En réalité les secours ne souhaitent pas être prévenus automatiquement car ils préfèrent être appelés, ce qui constitue la première instruction délivrée par le défibrillateur. Grâce à la connectivité on peut géolocaliser le défibrillateur. Il existe un potentiel de liaison de toute la chaîne de secours grâce au défibrillateur.

    Est-on formé à son utilisation ?

    N’importe qui aujourd’hui peut utiliser un défibrillateur de manière très simple. Pour les situations d’urgence, nous développons avec la plateforme d’initiation aux gestes qui sauvent, un module spécifique sur le défibrillateur afin d’apprendre à l’utiliser et réagir en cas d’urgence.

    Présentant le statut de DM, ce défibrillateur peut-il être prescrit à des personnes qui ont été diagnostiquées cardiaques ?

    Un défibrillateur est un DM qui ne nécessite pas d’être prescrit. Vous pouvez en acheter un actuellement, notamment chez les distributeurs. En revanche un médecin pourra le recommander à ses patients s’il juge qu’ils pourraient être rassurés par sa présence. Mais ce n’est pas remboursé par la sécurité sociale, la prescription n’a donc pas lieu d’être, hormis en conseil.

    Cette solution sera-t-elle déployée dans les universités et pas seulement de santé avec la formation obligatoire de secourisme ?

    Cela pourrait y être associé, nous sommes en discussion avec des organismes de formation. Notre plateforme d’initiation aux gestes qui sauvent est destinée à toucher une grande partie de la population. Les premières personnes qui nous répondent et semblent intéressées sont les professions médicales et paramédicales, les étudiants ou médecins actuels qui ne bénéficient pas forcément de rappels après leurs études. Quant aux petites structures, les premiers concernés sont les cabinets médicaux, paramédicaux et les pharmacies. Sur cet aspects nous sommes vraiment complémentaires des formations diplômantes dispensées par les organismes de formation en intervenant en amont et en aval.

    La cible est donc tout d’abord médicale puis à vocation à devenir grand public ?

    La plus grande étape sera le grand public, pour lequel notre défibrillateur est conceptualisé, mais les premières personnes qui se sentiront intéressées sont celles qui ont la sensibilité médicale du sujet ou une sensibilité au secourisme mais aussi le grand public à risque, présentant des antécédents et souhaitant s’équiper.

    Dans l’idéal, votre solution pourrait-elle être déployée à la place des autres défibrillateurs, comme ceux que l’on voit dans les trains ou les lieux publics ?

    Dans certains cas oui mais nous nous positionnons surtout en complémentaire. Il existe déjà de nombreux défibrillateurs dans les lieux publics, nous n’avons pas vocation à les remplacer. Nous essayons d’élaborer un produit pour les petites structures et le domicile afin de réellement avoir un impact sur la survie. Ceci étant, des lieux publics pourront se poser la question. Notre produit ne pourra s’avérer être le meilleur dans certains cas puisqu’il n’aura pas été pensé pour, une gare par exemple.

    En quoi consiste votre communauté de citoyens ?

    Le but est de former, d’initier une grande partie de la population aux gestes qui sauvent. Ce n’est pour l’instant pas une formation diplômante, c’est une initiation. Un maximum de personnes pourra être touché et monter en compétences tout au long de leur vie. Ils apprendront tout d’abord à réagir en cas d’arrêt cardiaque, puis en cas d’étouffement, de malaise etc.

    Le principe est d’intégrer directement les citoyens à cette mission des pompiers et pouvoirs publics qui est de former 80 % de la population française. Notre constat est qu’avec les méthodes actuelles, cela n’est pas réalisable, c’est pourquoi nous souhaitons les intégrer à cette mission. Une personne qui fait partie de la communauté peut monter en compétence tout en partageant et sensibilisant autour d’elle.

    Comment est-on reconnu « compétent » au sein de la communauté ?

    C’est un serious game : on valide certains niveaux, après avoir répondu juste on obtient certains points et on monte progressivement en compétences. Nous sommes sur ce point complémentaire des organismes de formation, nous n’avons pas vocation à les remplacer. Jusqu’à un certain niveau nous orientons les personnes vers une formation physique diplômante pour passer un niveau supplémentaire. Et vice versa, les personnes ayant été formées en physique peuvent maintenir leurs acquis grâce à notre plateforme.

    C’est une sorte d’entraînement ludique ?

    Exactement.

    Comment s’inscrit-on ? Est-ce payant ?

    C’est gratuit pour le grand public. La plateforme sera mise en ligne et ouverte au grand public en septembre 2017. Pour le moment nous réalisons des tests avec des partenaires. Elle s’intitule « citoyenslifeaz.fr ».

    On peut d’ores et déjà s’y pré-inscrire et partager avec ses proches qui est un des principaux objectifs : aujourd’hui la formation aux gestes qui sauvent demeure assez personnelle, or une personne qui se forme à tout intérêt à former sa famille, ses proches voire ses voisins, informer ses collègues. Elle peut donc partager et donner accès et ainsi savoir que tout le monde dans son immeuble par exemple est formé à réagir.

    Concernant le DM, avez-vous travaillé en partenariat avec des hôpitaux ou des cliniques ?

    Notre comité scientifique est composé de 3 cardiologues et rythmologues issus de l’hôpital Jacques Cartier de Massy. Ces derniers nous conseillent principalement sur l’aspect médical depuis le début du projet. Par ailleurs nous sommes accompagnés en tant que start-up par plusieurs organismes, notamment Scientipôle au sein duquel nous sommes dans l’accélérateur santé et silver économie ; nous sommes incubés par l’École des Arts et métiers. Nous avons gagné quelques concours, nous avons notamment été finalistes d’un organisé par Cisco sur l’aspect connecté. Nous avons également un partenariat avec une fédération de mutuelles, la Fnim qui nous aide à rendre le produit le plus accessible possible.

    Quels sont les retours des professionnels de santé ?

    Ils sont très positifs. Depuis le début du projet nous sommes également en lien avec des organismes de formation, avec les pompiers, avec les cardiologues. Ces derniers voient que nous répondons à un réel besoin et que nous pouvons faire évoluer les choses quant aux chances de survie des victimes d’arrêt cardiaque, sachant qu’il n’y pas assez d’avancées depuis de nombreuses années.

    Comment avez-vous été financés ? Avez-vous été incubés ?

    Au départ nous avons fonctionné en « boostrappant » avec notre propre argent, des prêts, quelques concours gagnés pendant un an et demi. Récemment nous avons réalisé une levée de fonds, été lauréat du concours d’innovation numérique (CIN), organisé par la BPI et le gouvernement et obtenu un autre prêt d’honneur auprès de Scientipôle. Nous visons tout de même une deuxième levée de fonds qui nous permettra d’accéder au marché et de nous déployer.

    Quels freins avez-vous identifié au cours de votre développement ?

    Nous nous attaquons à un projet avec l’ambition de rendre un produit qui aujourd’hui existe dans les lieux publiques, plus accessible pour avoir plus d’impact. Que ce soit en termes de prix, de design, de sensibilisation des individus, c’est un grand challenge. La technologie en elle-même est sophistiquée et compliquée à développer. Mais nous sommes plusieurs anciens du monde des pacemakers et défibrillateurs implantables et connaissons donc ce domaine.

    Combien coûte ce dispositif ?

    Notre défibrillateur n’est pas encore commercialisé. Le prix sera différent de celui des fabricants actuels (entre 1 000 et 3 000€), qui laissent les distributeurs se charger de la maintenance (de 60 à 100€ / mois). Nous sommes sur un modèle d’abonnement tout compris pour une raison simple : nous ne souhaitons pas simplement vendre des défibrillateurs mais également assurer leur maintenance car l’ANSM a alerté sur le très faible niveau de maintenance des défibrillateurs dans les lieux publics.

    Un sur deux ne possède pas de contrat de maintenance, et un sur cinq ne fonctionne pas le jour où on en a besoin, ce que nous souhaitons absolument éviter, notamment à domicile. Notre abonnement comprend par conséquence la mise à disposition du défibrillateur, la maintenance connectée, le renouvellement des consommables et les modules de formation pour l’ensemble de la famille.

    Le prix n’est pas encore officiel mais s’élèvera pour les particuliers à moins d’une trentaine d’euros par mois avec un prix de mise à disposition initial. Et nous travaillons avec les mutuelles pour obtenir une prise en charge partielle de l’abonnement.

    Quelle est votre position sur le marché français ?

    Nous ne sommes pas seuls, certains fabricants de défibrillateurs sont des géants ! En revanche leurs produits ne sont pas connectés et destinés au domicile ou aux petites structures. Mais un problème de maintenance ayant été reconnu, une armoire connectée est souvent ajoutée autour du défibrillateur qui analyse et prévient le responsable de la maintenance en cas de problème. Dans un sens, nous pouvons aussi être très complémentaires avec les fabricants actuels.

    Où en êtes-vous en termes de développement ? Votre DM sera t-il marqué CE ?

    Nous sommes toujours en phase de développement et n’est pas encore commercialisé. Nous travaillons avec nos partenaires industriels afin que le dispositif soit produit en France. Il sera effectivement marqué CE pour obtenir les approbations de mise sur le marché.

    Visez-vous également une autorisation de la FDA ?

    Nous n’en sommes pas encore là.

  • IoT : E-Mosquito contrôle la glycémie par un système de piqûre non invasif

    L’Université de Calgary (Canada) en partenariat avec M Pharmaceutical Inc. annonce le 22 juin 2017 le développement d’un nouveau wearable en matière de suivi du diabète E-Mosquito.

    E-Mosquito prend la forme d’un bracelet connecté qui se distingue par son mécanisme de piqûres. Les piqûres se font en deux temps :
    • prélèvement sanguin automatique : il est possible de régler l’heure et la fréquence.
    • les prélèvements sont immédiatement transmis pour analyse à une application.

    L’aiguille du test se change avec une recharge.

    E-mosquito est en cours de développement et n’est pas encore destiné à la commercialisation.

    Les chercheurs de l’université de Calgary cherchent actuellement à étendre les fonctionnalités de leur innovation à d’autres pathologies notamment en permettant la détection du cancer ou de problèmes génétiques.

  • IA : des robots assistant les thérapeutes pour faciliter les interactions avec les enfants autistes

    L’Université de Portsmouth annonce le 28 juin 2017 le développement du projet DREAM (Development of Robot-Enhanced therapy for children with AutisM spectrum disorders).

    Ce projet a pour but de développer des robots qui assisteront les thérapeutes dans leur travail pour améliorer les interactions sociales de l’enfant (RAT).

    Un robot pour améliorer les interactions sociales de l’enfant autiste

    Le robot développé par les chercheurs de l’université de Portsmouth a une double fonction :

    • assister le thérapeute pour améliorer les interactions sociales de l’enfant souffrant de troubles autistiques ;
    • un outil de diagnostic par une collecte de données cliniques pendant chaque séance.

    Les données collectées apportent un appui au diagnostic mais il apporte également des informations sur le suivi de l’enfant (prise en charge, progression, élaboration et observance du traitement). 

    Ce robot évolue de manière autonome. Du point de vue technique, sa conception est analogue à celle du robot Nao. Il est équipé de multiples-caméras intelligentes (Kinect), il est programmé pour comprendre le comportement de l’enfant. Il observe les caractéristiques suivantes :

    • le regard
    • la voix
    • les expressions du visage
    • les bruits émis par l’enfant
    • la gestuelle

    Une étude clinique est prévue à la Universitatea Babeş-Bolyai (UBB) en Roumanie avec 40 enfants. La date de cette étude n’a pas encore été communiquée.

  • Silver éco : Congrès spécialisé personnes âgées du 19 au 20 septembre 2017 à Montreux (Suisse)

    Le 7e Congrès spécialisé personnes âgées en Suisse a lieu du 19 au 20 septembre 2017 à Montreux est organisé par Curaviva, une association défendant les les intérêts des établissements dont le cœur de métier est constitué par les services aux personnes dépendantes et handicapées. Il est organisé en coopération avec le Global Ageing Network (ex IAHSA).

    Il a pour objet de traiter le thème des soins et de l’accompagnement des personnes âgées et savoir comment anticiper et agir.

    Les grands thèmes autour desquels tourneront les débats sont:
    • accompagner et être accompagné numériquement
    • soigner l’avenir
    • argent et esprit – qui finance et qui soigne et
    • recherche de sens et perte de sens.

    Programme

    Le programme complet est disponible ici.

    Les sujets forts et liés à la silver économie d’une part et à la e-santé et au numérique d’autre part sont les suivants:

    • Mardi, 19 septembre 2017
      • Quand les robots prennent en charge des tâches thérapeutiques et des soins
      • Crise existentielle de la vieillesse ?
    • Mercredi, 20 septembre 2017
      • Cybersanté et le dossier électronique du patient – Des NLFA [les nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes] du secteur de la santé à l’application concrète
      • Bien vieillir et bons soins – Qui est en mesure de financer ?
      • La disruption – les stratégies d’innovation pour les leaders des domaines clinique et opérationnel pour refaçonner et donner une nouvelle image aux services dédiés aux seniors à travers le monde
      • Donner accès aux seniors aux faibles revenus à la technologie
      • Les robots sociaux – nos futurs compagnons de vie âgée
      • Les nouveaux modèles d’affaires et repenser les anciens
      • Seniors numériques – Vieillir à l’ère des applis et des chaussettes intelligentes
      • Les nouveaux modèles d’affaires et repenser les anciens
      • L’avenir des villes orientées vers les seniors: les meilleures pratiques internationales à l’origine des villages et des infrastructures de soins aujourd’hui pour le marché de demain.

    Inscription et tarifs

    L’inscription varie entre 175 et 580 francs suisses.

    Pour effectuer une inscription en ligne et avoir plus de détails sur les tarifs, voir cette page.

  • Medtech : les start-ups distinguées au Healthtech Summit de Lausanne (26/28 juin 2017)

    Les start-ups suisses Edevice, Intento et Oviva ont été désignées, le 27 juin 2017, les start-ups les plus innovantes à l’occasion de l’édition du Healthtech Summit de Lausanne (26/28 juin 2017) :

    • Edevice : créateur d’une box médicale accompagnant le patient en suivi post opératoire ;
    • Intento : plateforme de rééducation et d’accompagnant pour les patients ayant subi un AVC ;
    • Oviva : application de consultation médicale diététique.