Un programme de santé mobile incluant l’envoi régulier d’emails, de SMS et de vidéos a montré son efficacité dans la lutte contre la mort subite du nourrisson (MSN). Les résultats de l’expérimentation*, publiés le 25 juillet dans le Jama, montrent que cette forme d’éducation thérapeutique a amélioré le taux d’adhérence des parents aux recommandations de bonnes pratiques concernant les techniques de couchage des nouveaux-nés.
Faire appliquer des recommandations grâce à l’envoi de SMS
La campagne nationale « Back to sleep » en faveur du couchage sur le dos du nourrisson a fait baisser le taux de mort subite (MSN). Cependant, en 2014, 3500 cas de MSN étaient encore à déplorer aux Etats-Unis. A peine plus de la moitié des parents ont adopté ces conseils. Les autorités sanitaires considèrent que le taux d’adhésion aux recommandations consistant à faire coucher les enfants sur le dos n’a jamais atteint le niveau souhaité. Par ailleurs, d’autres pratiques ont également perduré : le co-dodo (nourrisson et parents dans le même lit), l’utilisation de matelas mou, d’oreillers et de couverture.
Afin de faire bouger les lignes et d’inciter les parents à modifier leurs habitudes, une expérimentation a été menée auprès de 1600 mères de nouveaux-nés. Cette expérimentation comprenait :
- Des sessions d’information sur les techniques de couchage et sur l’allaitement délivrées par des infirmières pour toutes les mères
- L’envoi de conseils écrits et de vidéos par e-mail ou par SMS sur un environnement de sommeil sécurisé ou sur l’allaitement et les soins au nouveau-né pendant une durée de 60 jours
4 conseils clés contre la mort subite du nourrisson
En premier lieu, les auteurs de l’étude cherchaient à évaluer le taux d’adhérence aux recommandations principales de l’Académie américaine de pédiatrie :
- le couchage sur le dos,
- dormir dans la même chambre que les parents mais pas dans le même lit,
- la non-utilisation de draps et d’oreillers
- l’utilisation d’une tétine.
Résultat : 10% d’adhésion en plus
Sur les 1600 mères sélectionnées, 1263 ont répondu à l’enquête. Les mères étaient âgées en moyenne de 28 ans et leur enfant de 11 semaines. Celles qui ont bénéficié du programme de santé mobile se sont révélées plus compliantes que celles qui n’ont eu droit qu’aux sessions de formation. En moyenne, les taux d’adhésion ont grimpé de 10% :
- 89%% de couchage sur le dos contre 80% dans le groupe contrôle
- 83% de partage de chambre sans co-dodo contre 70%
- 79% de non-utilisation de draps contre 68%
- 69% d’utilisation de la tétine contre 60%
La combinaison des sessions d’information et des conseils par email ou SMS donnaient encore de meilleurs résultats. Par ailleurs, actionner ces deux leviers a permis d’effacer les disparités ethniques. Le taux d’adhésion aux recommandations était en effet plus faible dans certaines communautés, hispaniques notamment.
Une intervention de santé publique peu coûteuse…
Cette expérimentation a également démontré que la mise en place d’une telle intervention pouvait se faire à moindre coût. En effet, la grande majorité des parents disposent aujourd’hui de téléphones portables, l’envoi des messages peut être automatisé et personnalisé. Le taux d’ouverture des messages dépassait constamment les 50%.
Mais trop de mères perdues de vue
Malheureusement, le taux de perdu de vue était de 21%. Ce qui représente une des limites principales de l’étude. La plupart de ces mères qui ont abandonné le programme étaient jeunes, noires, célibataires, et de faible niveau d’éducation. Autrement dit le profil des mères qui adhèrent le mois aux recommandations.
Reste maintenant à démontrer si un tel programme de santé mobile peut infléchir le taux de mort subite du nourrisson.