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  • Dépendance des seniors : 365 000 places en Ehpad à créer d’ici 2050 selon les projections du modèle LIVIA

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une mise à jour des données du modèle LIVIA, qui permet de projeter les besoins d’accompagnement à l’autonomie des personnes âgées de 60 ans ou plus, selon leur lieu de vie, leur âge, leur sexe et leur niveau de dépendance, sur la période 2021-2070.

    Développé à partir du modèle EPP4 co-construit avec l’Insee, LIVIA repose notamment sur les projections démographiques Omphale 2022 et les résultats des enquêtes Autonomie-Ménage 2022, EHPA 2019 et de la Base interadministrative des établissements. Il distingue les personnes âgées, vivant en logement ordinaire, en résidence autonomie ou en Ehpad, et propose également des estimations du nombre de bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), selon deux définitions de la perte d’autonomie : l’une administrative, l’autre « épidémiologique », fondée sur des limitations d’activité déclarées.

    Deux scénarios pour anticiper les besoins en structures d’accueil

    Le modèle peut être utilisé selon deux hypothèses distinctes :

    • Scénario 1 : maintien des pratiques actuelles d’entrée en Ehpad. Ce scénario permet d’estimer le nombre de places supplémentaires nécessaires pour accompagner l’évolution démographique.
    • Scénario 2 : stabilisation du nombre de places en Ehpad. Le modèle évalue alors le report nécessaire vers d’autres formes d’habitat accompagné, comme les résidences autonomie.

    En 2050, 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus en France

    Dans l’hypothèse intermédiaire d’une augmentation parallèle de l’espérance de vie globale et de celle sans perte d’autonomie, la population de seniors nécessitant une aide à l’autonomie progresserait de 740 000 entre 2021 et 2050. À comportements constants en matière d’entrée en établissement, cela impliquerait la création de 365 000 nouvelles places en Ehpad. Un objectif difficile à atteindre, alors même que leur nombre a légèrement reculé entre 2019 et 2023. Si l’offre en Ehpad reste stable, les capacités des résidences autonomie, actuellement limitées à 110 000 places, devraient être multipliées par 4,6 d’ici 2050 pour absorber cette population dépendante, dans une logique de maintien à domicile renforcé et de développement de solutions d’habitats intermédiaires.

    Un outil de datavisualisation pour explorer les projections

    L’ensemble des projections issues du modèle LIVIA et de son prédécesseur EPP4 est accessible via l’application interactive Dataviz de la Drees. Les données sont consultables sous forme de graphiques personnalisables selon plusieurs critères : sexe, tranche d’âge, hypothèses démographiques, niveau de perte d’autonomie ou encore disponibilité des places en Ehpad.

  • Baromètre 2024 : les inégalités sociales pèsent toujours sur la santé des Français (Santé Publique France)

    Un état de santé globalement perçu comme bon, mais très inégal selon le niveau de vie

    Présenté le 11 décembre 2025, le nouveau baromètre de Santé publique France dresse un panorama nuancé de la santé des Français. Deux tiers des personnes interrogées se déclarent en bonne santé, mais ce taux tombe à 50 % chez les personnes en difficulté financière. L’étude, réalisée en 2024 sur un échantillon de 35 000 répondants âgés de 18 à 79 ans, met en évidence le rôle déterminant du niveau social sur la santé perçue et réelle. Les pathologies chroniques (diabète, hypertension, etc.) sont plus fréquentes chez les personnes moins diplômées ou à faibles revenus. À l’inverse, certaines pratiques à risque comme l’excès d’alcool ou la sédentarité concernent davantage les populations favorisées.

    Baisse du tabagisme, mais encore inégalement réparti

    Le recul du tabagisme quotidien est confirmé : moins d’une personne sur cinq fume désormais tous les jours, soit une diminution de 4 millions de fumeurs en dix ans. Santé publique France souligne toutefois des écarts importants selon les catégories sociales. Chez les personnes en difficulté financière, la part de fumeurs quotidiens atteint encore 30 %.

    Santé mentale : des indicateurs préoccupants et inégalement répartis

    La santé mentale reste un sujet d’alerte : 16 % des adultes ont connu un épisode dépressif en 2024, et 5 % ont eu des pensées suicidaires. Les jeunes, les femmes et les personnes en situation de précarité sont les plus touchés. Parmi les personnes dépressives, les hommes sont surreprésentés parmi celles qui ne sont pas prises en charge : 53,9 % contre 37,9 % chez les femmes.

    Un tiers des Français signalent des troubles du sommeil persistants

    Le sommeil, facteur déterminant de santé mentale, reste perturbé. Les Français dorment en moyenne sept heures et demie par nuit, mais un tiers déclarent souffrir d’insomnies, en particulier les femmes de plus de 50 ans.

    Vaccination, résistance aux antibiotiques : des lacunes persistantes en information

    Si près de 80 % des répondants se déclarent favorables à la vaccination, ce chiffre est en net recul par rapport au début des années 2000 (environ 90 %). La défiance reste marquée à l’égard du vaccin contre le Covid-19, rejeté par un quart des interrogés. Par ailleurs, 40 % des personnes déclarent ne jamais avoir entendu parler de la résistance aux antibiotiques, et autant ignorent que ces médicaments sont inefficaces contre la grippe, malgré les campagnes de sensibilisation. Enfin, 80 % des Français affirment avoir été confrontés à un événement climatique extrême, en majorité des épisodes de canicule.

    Méthodologie : Le baromètre repose sur une enquête téléphonique menée en 2024 auprès d’un panel représentatif de 35 000 adultes. Santé publique France actualise cet outil depuis près de trente ans pour suivre l’évolution des comportements et perceptions liés à la santé.

  • 77 % des algorithmes d’IA approuvés par la FDA en 2025 relèvent de la radiologie, mais peu sont cliniquement évalués

    Une domination de la radiologie

    En 2025, la radiologie concentre 77 % des autorisations de dispositifs médicaux embarquant de l’intelligence artificielle aux États-Unis, selon la dernière mise à jour de la FDA.

    • La cardiologie arrive en deuxième position,
    • suivie par la neurologie, qui progresse.

    Toutefois, nombre de ces solutions dites « radiologiques » sont en réalité utilisées dans d’autres spécialités cliniques, comme l’oncologie ou la médecine cardiovasculaire, en raison de leur nature image-guidée. Une classification plus fine de la FDA est attendue pour refléter les usages réels.

    @JAMA Netw Open – FDA Approval of Artificial Intelligence and Machine Learning Devices in Radiology A Systematic Review

    Peu de dispositifs (29%) évalués avant autorisation

    Une étude* publiée le 7 novembre dans JAMA Network Open souligne que la majorité de ces dispositifs d’IA n’ont pas fait l’objet d’une évaluation clinique rigoureuse. Sur les 723 dispositifs d’imagerie homologués entre novembre 1995 et juin 2024, 717 disposaient d’une documentation publique : seuls 208 (29 %) ont été testés cliniquement. Moins de 10 % ont été évalués sur des humains, et seulement 5 % de manière prospective. Les auteurs de l’étude, dont Ram Sivakumar (Institut de radiologie Mallinckrodt, université Washington de St. Louis), relèvent qu’à peine 15 dispositifs ont été testés à la fois de façon prospective, clinique, et sur des humains. La grande majorité des autorisations repose sur la procédure 510(k), qui ne requiert pas de données cliniques indépendantes démontrant les performances ou la sécurité du dispositif.

    Les chercheurs appellent à une gouvernance institutionnelle renforcée pour valider la qualité des tests réalisés et vérifier que les dispositifs fonctionnent comme attendu. Ils recommandent également d’intégrer des cadres réglementaires post-market, à l’image de l’évaluation des technologies de santé en Europe, afin de mieux cerner la valeur clinique et économique des solutions d’IA.

    Des géants du MedTech dominants, mais sous pression

    Les entreprises en tête des autorisations restent les grands groupes historiques du secteur. Toutefois, trois tendances pourraient affaiblir leur position :

    • La volonté des établissements d’éviter le verrouillage fournisseur,
    • la limitation du choix induite par les plateformes propriétaires,
    • et l’impossibilité pour ces acteurs d’agir comme des agrégateurs neutres, leurs solutions étant perçues comme concurrentes par d’autres développeurs.

    Concurrence internationale et ralentissement de la croissance : 46 % de croissance annuelle des algorithmes d’IA en santé depuis 2015, mais un net ralentissement depuis 2022

    Si les États-Unis demeurent largement en tête, des entreprises issues d’Allemagne, du Japon, des Pays-Bas et de Corée du Sud apparaissent désormais dans le top 30 mondial. Par ailleurs, le rythme d’approbation ralentit : de +46 % par an depuis 2015, il est passé à +17 % par an depuis 2022. Chaque mise à jour d’un algorithme nécessitant une nouvelle approbation, les contraintes réglementaires apparaissent de plus en plus inadaptées au rythme de développement du machine learning. Des ajustements réglementaires sont attendus.

    L’approbation ne garantit pas l’adoption clinique

    Enfin, l’autorisation de la FDA signifie que l’algorithme est « sûr », mais pas nécessairement qu’il est efficace en pratique clinique. Plusieurs établissements hospitaliers rapportent des problèmes d’intégration et de performances, notamment en lien avec des alertes inappropriées ou des interférences avec les workflows. L’autorisation réglementaire n’est qu’une étape dans un processus d’adoption bien plus long, qui dépend de la démonstration de la valeur ajoutée réelle.

    *Sivakumar R, Escobar M, Ziegler E, et al. Evaluation of Clinical Testing of FDA-Authorized Artificial Intelligence Algorithms for Medical Imaging. JAMA Netw Open. 2024;7(11):e2440305. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.40305

  • Thaïlande : une plateforme d’IA distinguée pour accélérer la veille épidémiologique

    Des méthodes conventionnelles limitées

    La surveillance épidémiologique vise à anticiper grippe, dengue et autres infections grâce à une collecte continue de données. Cependant les approches conventionnelles, telles que la sérologie ou la PCR, restent souvent incomplètes dans les pays asiatiques à ressources limitées :

    • Systèmes fragmentés
    • Sensibilité insuffisante
    • Délais prolongés et couverture restreinte

    Ces contraintes affaiblissent la détection précoce et le contrôle rapide des épidémies.

    Un système cloud-IA pour un suivi immédiat

    Pour combler ces lacunes, le Department of Disease Control thaïlandais a développé une plateforme sécurisée reposant sur :

    • Une architecture cloud assurant disponibilité et montée en charge
    • Des algorithmes d’IA analysant en continu les signaux épidémiques via un tableau de bord et des alertes proactives

     Intégration horaire et diffusion ciblée

    La plateforme Digital Disease Surveillance :

    • Intègre des données biomédicales, environnementales et sociales via des processus automatisés d’extraction-transformation-chargement (ETL) horaires pour garantir des mises à jour en temps réel.
    • Assure l’interopérabilité avec les systèmes locaux et propose une interface intuitive pour les autorités sanitaires.
    • Diffuse automatiquement les alertes via des messageries comme LINE, largement utilisée en Asie.

    Un déploiement régional en 2026

    Après une phase concluante en Thaïlande, une validation nationale est prévue avant un déploiement élargi en 2026 dans l’ensemble de l’ASEAN, qui regroupe dix pays d’Asie du Sud-Est.

  • Enquête : l’usage de l’IA inquiète de plus en plus les psychologues (APA)

    La nouvelle enquête* Practitioner Pulse de l’American Psychological Association (APA) a été publiée en décembre 2025.

    Depuis deux ans, l’IA générative gagne du terrain dans les métiers de la santé mentale. Elle sert à résumer des notes, rédiger des documents ou assister les praticiens sur des tâches répétitives. Les psychologues restent cependant très prudents, à l’inverse d’autres professions médicales — radiologie et dermatologie notamment. Dans ces spécialités plus techniques, l’IA est déjà intégrée à des tâches codifiées comme l’analyse d’images ou le codage administratif.

    Une adoption croissante de l’IA

    En psychologie, le travail clinique repose sur la relation, l’interprétation et le contexte, ce qui limite pour l’instant l’usage de l’IA dans les tâches centrales. L’enquête APA 2025 montre cependant une progression nette de l’adoption : de plus en plus de psychologues utilisent ces outils au quotidien, mais principalement pour des fonctions périphériques — rédiger, synthétiser, organiser. « Les psychologues sont attirés par ce métier parce qu’ils veulent améliorer la vie des gens, mais ils peuvent perdre des heures chaque jour dans des tâches administratives ou la navigation complexe des assurances », indique Arthur Evans Jr., directeur général de l’APA.

    L’enquête Practitioner Pulse 2025 a été menée en ligne auprès d’un échantillon aléatoire de 30 000 psychologues invités à compléter un questionnaire entre le 3 et le 29 septembre 2025. Au total, 1 742 professionnels ont répondu (taux de complétion : 6,6 %). Le questionnaire portait sur leurs pratiques, leur usage de l’IA, leurs préoccupations, ainsi que leur charge administrative et l’évolution de la demande en santé mentale.

    Résultats : 9 psychologues sur 10 sont inquiets

    • 56 % des psychologues ont utilisé un outil d’IA au moins une fois en 2025 (contre 29 % en 2024).
    • 29 % en ont un usage mensuel (contre 11 % en 2024).
    • 92 % expriment des inquiétudes liées à l’IA.
    • Principaux risques cités : fuites de données (67 %), dommages sociétaux sur le système de soins (64 %), biais (63 %), manque de tests rigoureux (61 %), sorties erronées ou « hallucinations » (60 %).
    • 38 % craignent une automatisation future de certaines tâches.
    • Usages courants : aide à la rédaction (52 %), génération de contenu (33 %), résumé d’articles ou de notes (32 %), prise de notes (22 %).
    • Usages cliniques limités : assistance au diagnostic (8 %), chatbot pour patients ou clients (5 %).
    • 62 % estiment que les technologies améliorent leur efficacité et leur précision.

    Le développement de l’IA s’accompagne donc d’une montée en puissance des craintes. Selon l’APA, l’essor de l’IA dans la psychologie doit donc s’accompagner d’un cadre strict : consentement éclairé, évaluation des biais, conformité réglementaire et transparence sur les données. « L’intelligence artificielle peut aider à soulager certaines pressions… mais la supervision humaine reste essentielle », rappelle Arthur Evans.

    L’IA libère peu de temps…

    Le rapport souligne, par ailleurs, un paradoxe. L’IA allège certaines tâches, mais elle ne règle pas les problèmes structurels du secteur. Près de la moitié des psychologues déclarent ne plus avoir de place pour de nouveaux patients. Beaucoup observent une aggravation de la sévérité des symptômes. Les contraintes imposées par les assurances — préautorisations, audits, faibles remboursements — restent lourdes et chronophages.

    Dans ce contexte, l’IA apparaît comme un outil d’appoint, utile pour récupérer un peu de temps mais insuffisant pour transformer le système. « Tirer parti d’outils d’IA sûrs et éthiques peut augmenter l’efficacité des psychologues, leur permettant de mieux servir leurs patients », estime néanmoins le directeur général de l’APA.

    * AI in the Therapist’s Office

    2025 PRACTITIONER PULSE SURVEY

    American Psychological Association

    https://www.apa.org/pubs/reports/practitioner/2025/index

     

  • Un DMDIV portable sans marqueurs pour suivre Alzheimer

    Une puce microfluidique pour modéliser la maladie

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 55 millions de personnes sont touchées dans le monde, avec 19 millions de nouveaux cas par an. Les méthodes actuelles — IRM, TEP, analyses biologiques — restent limitées :

    • Mesures statiques.
    • Coûts élevés.
    • ¨Procédures chronophages.

    Elles ne permettent ni un suivi cellulaire continu ni une évaluation dynamique des traitements.

    Des chercheurs de l’Université de Montréal, du Département de génie mécanique et industriel de l’Université Concordia ainsi que du Département de biochimie de l’Université McGill ont mis au point une plateforme microfluidique de type lab-on-a-chip reproduisant, in vitro, les interactions entre microglies et oligomères bêta-amyloïdes, biomarqueurs clés de la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer. Le système intègre :

    • Des microcanaux à flux contrôlé.
    • Une mesure d’adhésion cellulaire sans marqueurs.
    • Un dispositif compact pour un suivi en temps réel.

    Preuve de concept in vitro

    L’étude, publiée dans Microsystems & Nanoengineering, montre :

    • Une perte partielle d’adhésion après 24 h à forte concentration d’Aβ.
    • Une perte totale indiquant la non-viabilité cellulaire.
    • Une corrélation directe avec la toxicité observée in vitro.

    Perspectives vers le préclinique

    Ce modèle dynamique ouvre la voie à un suivi mécanobiologique continu de la progression d’Alzheimer et au criblage précoce d’agents thérapeutiques. Prochaines étapes :

    • Valider la plateforme sur des modèles précliniques.
    • L’intégrer aux protocoles d’évaluation de médicaments.

     

  • PLFSS 2026 : hausse de l’Ondam à 274,4 Md€, suspension de la réforme des retraites et création d’un congé de naissance

    Adopté en nouvelle lecture le 9 décembre par 247 voix contre 234 (93 abstentions), le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 vise un déficit de 19,4 milliards d’euros, en hausse de 1,9 Md€ par rapport au texte initial. Le gouvernement, qui entend ramener les comptes sociaux à l’équilibre d’ici 2029, abandonne le recours au 49.3 et table sur une croissance ralentie des dépenses sociales, malgré l’augmentation de certaines enveloppes budgétaires.

    Un Ondam rehaussé à 3,1% et plus de moyens pour l’hôpital

    Le niveau de l’Ondam 2026, initialement prévu à +1,6% (270,4 Md€), a été révisé à +3,1% (274,4 Md€). La progression intègre 850 millions d’euros supplémentaires pour garantir la stabilité des tarifs hospitaliers et 150 millions d’euros de plus pour la branche personnes âgées. Au total, 3,5 Md€ seront ajoutés pour soutenir l’hôpital public. L’effort de maîtrise des dépenses reste fort : 7,1 Md€ d’économies sont attendus, notamment via une réforme du cadre des arrêts de travail, des franchises médicales élargies (mais non doublées), et une limitation des prises en charge pour certaines ALD ou cures thermales.

    Suspension de la réforme des retraites et sous-indexation des pensions

    Le texte confirme la suspension jusqu’en 2028 de la montée en charge de la réforme des retraites de 2023. Les générations 1964 à 1968 partiront ainsi un trimestre plus tôt, et la durée d’assurance requise est réduite d’un trimestre pour les générations 1964 et 1965. Pour financer cette mesure (coût estimé : 1,5 Md€ en 2026-2027), le PLFSS prévoit une sous-indexation des pensions dès 2027, générant près de 15 Md€ d’économies d’ici 2029. En 2026, les pensions de base seront gelées. La revalorisation des retraites reste toutefois garantie pour les petites pensions et les allocataires de l’AAH.

    Nouvelles contributions des complémentaires santé et fiscalité ajustée

    Le taux de contribution des complémentaires santé est fixé à 2,05% sur les cotisations de leurs adhérents pour 2026. Le gouvernement a précisé que les assureurs ne pourront répercuter cette taxe sur les contrats. Par ailleurs, une nouvelle contribution financière pour l’autonomie (CFA) est instaurée via une hausse de la CSG à 10,6% sur les revenus du capital, à l’exclusion des revenus fonciers, immobiliers, et de l’épargne réglementée.

    Congé de naissance et prestations familiales

    Initialement prévu pour juillet 2027, le nouveau congé de naissance entrera finalement en vigueur dès janvier 2026. Indemnisé par la sécurité sociale, il pourra être pris par chacun des deux parents pendant un ou deux mois, en plus des congés maternité et paternité existants. Le PLFSS fixe les dépenses de la branche famille à 59,4 Md€ (+0,1%), sans revalorisation des prestations sociales en 2026, celles-ci n’étant pas indexées sur l’inflation.

    Accès aux soins et santé publique : nouvelles orientations

    Plusieurs mesures visent à renforcer l’accès aux soins et à lutter contre les déserts médicaux, notamment via la création d’un statut de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA) et des soutiens à l’installation officinale en zones rurales. Le texte confirme aussi la mise en œuvre de la stratégie “Vaccination et immunisation 2025-2030” (actualisation des obligations vaccinales, pilotage des centres) et de la stratégie “Santé mentale et psychiatrie”, dotée de 65 millions d’euros en 2026, dans le cadre de la Grande Cause nationale.

    Enfin, 4 500 postes seront créés en Ehpad, avec un financement de 250 millions d’euros, s’inscrivant dans l’objectif gouvernemental de 50 000 recrutements d’ici 2030.

    Un cadre budgétaire jugé incertain

    Le Haut Conseil des finances publiques alerte sur les hypothèses optimistes retenues, pointant les incertitudes liées à l’activité, l’emploi et l’inflation. Il souligne que l’effort de maîtrise attendu sur l’Ondam est bien supérieur à celui des années précédentes. Le texte sera examiné en nouvelle lecture au Sénat le 12 décembre.

  • IA en santé : 204 projets retenus par la DGOS pour améliorer les RH et les services d’urgence

    204 projets lauréats dans le cadre de la stratégie nationale sur l’IA en santé

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a sélectionné 204 projets dans le cadre de deux appels à manifestation d’intérêt (AMI) dédiés à l’intelligence artificielle, l’un portant sur les ressources humaines (RH) en établissement, l’autre sur l’organisation des services d’urgence. Annoncés cet été par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles et la DGOS, ces AMI s’inscrivent dans la stratégie nationale sur l’IA en santé, dont la version finale a été présentée le 12 novembre dernier.

    2 millions d’euros et jusqu’à 20 000 € par projet

    Dotés d’un budget global de 2 millions d’euros, les deux AMI permettent aux établissements lauréats de bénéficier d’un financement d’amorçage pouvant atteindre 20 000 euros par projet. L’enveloppe vise à soutenir le déploiement de solutions d’intelligence artificielle au sein des structures sanitaires, sociales ou médico-sociales.

    Focus sur les plannings pour l’AMI RH

    L’AMI dédié aux ressources humaines cible un cas d’usage unique : la réalisation et l’actualisation des plannings du personnel. Ce volet a retenu 126 dossiers, portés par 125 établissements — l’un d’eux ayant été sélectionné pour deux projets distincts. Les candidats retenus sont majoritairement des établissements publics (centres hospitaliers, CHU, CHI…).

    Trois cas d’usage pour l’IA aux urgences

    L’AMI centré sur les services d’urgence a pour objectif l’optimisation des organisations à travers trois cas d’usage principaux :

    • La retranscription automatique des appels au Samu,
    • L’aide au triage en service d’urgence,
    • L’estimation des temps d’attente et la gestion des flux.

    Parmi les 147 candidatures reçues, 78 projets ont été retenus, portés par 74 établissements, là encore principalement publics. La liste des lauréats a été rendue publique par la DGOS, qui accompagnera désormais les établissements dans la mise en œuvre de leurs projets. Ces expérimentations alimenteront les retours d’expérience de la stratégie nationale IA santé en phase opérationnelle.

  • Une expérimentation en officine démontre l’efficacité d’un parcours de soins pharmaceutique pour les pathologies courantes

    Une nouvelle organisation des soins testée dans les pharmacies

    En Gironde, une expérimentation menée par la CPTS Ouest Gironde en partenariat avec l’USPO a permis à 115 patients d’être pris en charge directement en pharmacie pour des cas de rhinite et de rhino-conjonctivite allergique. Ce dispositif s’inscrit dans le Parcours de Soins Officinal (PSO), un modèle porté par le Collectif PSO (Leem, NèreS, USPO), qui entend positionner les pharmaciens comme acteurs de premier recours pour certains maux du quotidien. Le PSO repose sur une coopération entre professionnels de santé. Le pharmacien, en première ligne, évalue la situation du patient, dispense un traitement si nécessaire, y compris des médicaments soumis à prescription, ou oriente vers un autre professionnel, le tout selon un protocole validé par le Conseil National Pharmaceutique (CNP).

    Une expérimentation balisée : 7 pharmacies, 6 mois, 0 incident, moins de 2 produits par acte et 18 % de conseils ajoutés

    Un modèle de délégation de tâches qui rassure

    Entre avril et septembre 2025, les 7 pharmacies impliquées ont appliqué un protocole de délégation de tâche incluant un arbre d’orientation clinique. Résultats : aucun incident signalé, aucune réorientation vers un médecin, et une satisfaction exprimée par les pharmaciens sur la facilité de mise en œuvre et le service rendu. Les données collectées montrent une dispensation moyenne inférieure à deux produits par acte, avec des produits conseils ajoutés dans 18 % des cas. Pour les patients comme pour les professionnels, l’expérimentation a contribué à un meilleur accès aux soins et à une prise en charge fluide et sécurisée.

    De possibles économies de plusieurs millions d’euros

    Le PSO s’inscrit dans une logique d’efficience : selon l’étude Care Factory commandée par le Leem, le recours au pharmacien pour les pathologies ciblées permettrait d’économiser jusqu’à 39 millions d’euros par an pour l’angine, et plus de 500 millions d’euros pour la rhinite allergique. Une enquête Harris Interactive de 2022 révèle par ailleurs que plus de 8 Français sur 10 estiment que certaines affections ne nécessitent pas de médecin en première intention.

    Un modèle pour les territoires en tension

    Le PSO s’appuie sur le maillage territorial des officines, accessibles même en zone de désertification médicale. Il valorise l’expertise pharmaceutique et s’intègre dans les dynamiques locales des CPTS pour offrir une réponse structurée aux besoins de santé de proximité. Déjà généralisés pour les protocoles « angine » et « cystite », les dispositifs expérimentaux comme celui mené en Gironde montrent que le pharmacien peut assurer un rôle renforcé dans le système de santé.

  • Interopérabilité en santé : 7 standards techniques sur 4 niveaux pour structurer les échanges

    Depuis plusieurs années, la France met en œuvre des efforts pour améliorer l’interopérabilité dans le secteur de la santé, en structurant un cadre national. Le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’Information de Santé (CI-SIS), sous la responsabilité de l’Agence du Numérique en Santé, définit les standards techniques et sémantiques adaptés à tous les logiciels des professionnels de santé, en s’appuyant sur des normes internationales  Toutefois, des défis subsistent, notamment la coexistence de nombreux systèmes d’information disparates et hétérogènes utilisés par hôpitaux, laboratoires, pharmacies, médecins, et organismes d’assurance, souvent issus d’éditeurs proposant encore des solutions fermées. Cette diversité limite les échanges de données, en plus d’une non-uniformité dans la structuration des données de santé.  Le déploiement d’un espace interopérable de données de santé, soutenu par des plateformes de tests et la gouvernance associée, vise à lever ces freins et à accélérer la mise en œuvre des échanges nationaux et européens.

    Faciliter l’échange de données

    L’interopérabilité en santé désigne la capacité de différents systèmes, dispositifs et applications d’information à accéder, échanger, intégrer et utiliser les données de santé électroniques de manière coordonnée, fluide et sécurisée. Cette communication doit se faire au sein d’un même établissement, entre établissements, et au-delà des frontières organisationnelles, régionales et nationales pour optimiser la santé des individus et des populations. L’interopérabilité vise un réseau mondial unifié facilitant à la fois le suivi des patients, la recherche médicale et la santé publique.

    Quatre niveaux pour structurer les échanges

    Le niveau fondamental permet le transfert de données sans modification, comme l’envoi d’un fichier PDF d’examen. Le niveau structurel garantit des données standardisées selon des formats précis (ex : HL7, FHIR) pour permettre leur interprétation automatique par divers systèmes. Le niveau sémantique assure la compréhension entre systèmes ayant des structures différentes, comme l’échange d’images médicales au format DICOM. Le niveau organisationnel implique l’harmonisation des règles, politiques, consentements et processus pour des échanges sécurisés et conformes entre entités disparates.

    Données de santé : HL7, FHIR, DICOM… les standards du CI-SIS à l’œuvre

    Le cadre français régi par le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’Information de Santé (CI-SIS), élaboré par l’Agence du Numérique en Santé (ANS), formalise les normes et règles pour garantir une interopérabilité technique et sémantique entre tous les acteurs du secteur. Le CI-SIS s’appuie sur des standards internationaux reconnus tels que HL7 FHIR pour la structuration des données, DICOM pour l’imagerie médicale, CDA pour les documents cliniques, ainsi que les profils d’intégration IHE.​

    Parmi les référentiels essentiels, le CI-SIS organise ses spécifications en trois couches : métier (contenu des documents échangés), service (échange de documents et accès à des APIs métiers), et technique (protocoles et standards d’échange). Le Centre de Gestion des Terminologies de Santé (CGTS) joue un rôle clé en garantissant la cohérence des terminologies utilisées (ex : SNOMED CT, LOINC).​ Les règles encadrent aussi la sécurité et la confidentialité des données, notamment dans un contexte marqué par une augmentation de 112% des attaques par rançongiciel entre 2022 et 2023. La réglementation impose un cryptage strict des échanges et le respect des référentiels français de sécurité, afin de protéger les données sensibles des patients.

    7 briques techniques : panorama des standards utilisés en France

    • HL7 FHIR : Fast Healthcare Interoperability Resources organise données en ressources modulaires (patient, affection, médicament). Elle facilite transferts entre systèmes via API web modernes.​
    • HL7 : Health Level 7 définit protocoles pour échanges cliniques et administratifs. La France l’utilise pour intégration dans Dossier Médical Partagé.​
    • DICOM : Digital Imaging and Communications in Medicine standardise imagerie médicale. Elle permet transferts d’images entre systèmes malgré formats variés.​
    • CDA : Clinical Document Architecture structure documents cliniques (rapports, comptes rendus). Elle assure portabilité et interprétation automatique.​
    • LOINC : Logical Observation Names and Codes identifie observations biologiques et analyses. Elle est obligatoire pour comptes rendus de biologie médicale en France.​
    • SNOMED CT : Système de nomenclature pour terminologies cliniques. Le Centre de Gestion des Terminologies de Santé (CGTS) le gère pour cohérence sémantique.​
    • IHE : Integrating the Healthcare Enterprise définit profils d’intégration. Elle guide implémentations pratiques des standards HL7 et DICOM.​

    Pourquoi l’interopérabilité est essentielle au système de santé moderne ?

    L’interopérabilité améliore la coordination des soins, facilite le déploiement d’innovations technologiques en assurant l’intégration de nouveaux outils et plateformes dans les systèmes existants. L’utilisateur-patient est engagé grâce à une meilleure transparence et à un accès facilité à ses données via des plateformes telles que Mon Espace Santé. Enfin, l’interopérabilité permet d’accéder à des données consolidées au niveau populationnel, utile pour le pilotage de la santé publique et la recherche médicale.

    • Meilleure coordination et qualité des soins : l’interopérabilité permet d’éviter les examens redondants, facilite l’accès aux données médicales essentielles, diminue les erreurs et favorise des diagnostics plus précis.
    • Optimisation des coûts, notamment pour les maladies chroniques : en réduisant les actes inutiles, elle contribue à maîtriser les dépenses de santé, particulièrement pour les patients atteints de pathologies chroniques, qui représentent une part importante des coûts.
    • Accélération de l’innovation et intégration des outils numériques : elle facilite le déploiement de nouvelles technologies en assurant leur compatibilité avec les systèmes existants.
    • Engagement du patient et utilisation populationnelle des données : l’interopérabilité améliore l’accès du patient à ses données (via des outils comme Mon Espace Santé) et permet une analyse consolidée à grande échelle, utile pour la recherche et le pilotage en santé publique.

    Systèmes cloisonnés, ressources limitées, sécurité, pourquoi le déploiement reste difficile sur le terrain ?

    La diversité des systèmes informatiques utilisés dans les établissements de santé freine l’interopérabilité. Beaucoup reposent encore sur des outils propriétaires, difficiles à faire communiquer entre eux, ce qui limite le partage et la mise à jour des dossiers patients — un problème observé dans près de la moitié des hôpitaux américains. Le manque de moyens financiers et humains ralentit la modernisation des infrastructures et la formation des professionnels. À cela s’ajoute la nécessité de protéger les données contre les cyberattaques, tout en garantissant leur accès sécurisé. La gestion du consentement des patients impose aussi des obligations réglementaires. La réussite de projets interopérables dépend d’une coordination solide entre des acteurs aux intérêts parfois divergents, appuyée par une gouvernance claire.

    • Hétérogénéité des systèmes : La coexistence de solutions propriétaires et non standardisées freine l’interopérabilité. Cette fragmentation des outils crée des silos d’information, limitant l’échange et la mise à jour des données de santé. Aux États-Unis, 48 % des hôpitaux rencontrent ce type de blocage.
    • Contraintes financières et humaines : Les budgets limités et le manque de ressources freinent la modernisation des systèmes d’information et la formation des équipes aux nouvelles technologies.
    • Sécurité et réglementation : L’équilibre entre l’accessibilité des données et leur sécurisation reste un défi constant face à la montée des cyberattaques. La gestion du consentement des patients impose des exigences supplémentaires, à la fois techniques et organisationnelles.
    • Gouvernance et coordination : Le déploiement de projets interopérables suppose une collaboration entre acteurs aux intérêts variés. Cela nécessite une gouvernance claire et une coordination soutenue pour garantir la pérennité des initiatives.

    Cadre d’interopérabilité des SI de santé

    Le CI-SIS (par l’ANS) évite les redondances et facilite l’intégration dans l’écosystème

    Pour répondre aux enjeux d’interopérabilité, la France a mis en place le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’Information de Santé (CI-SIS), piloté par l’Agence du Numérique en Santé (ANS). Ce référentiel, complémentaire du PGSSI-S, établit les règles communes permettant aux logiciels de santé de communiquer entre eux, en s’appuyant sur des standards et normes internationales. L’objectif est d’utiliser des référentiels communs afin de garantir un langage partagé entre les systèmes. L’ANS publie régulièrement des mises à jour du CI-SIS et met à disposition une documentation exhaustive pour en faciliter la mise en œuvre. L’intégration du CI-SIS dans les systèmes d’information évite aux acteurs de santé de redévelopper des fonctionnalités similaires pour chaque solution logicielle. Le cadre permet aussi d’assurer la compatibilité des solutions avec un écosystème numérique ouvert, condition indispensable pour répondre aux objectifs d’efficacité, de traçabilité et de sécurité des échanges de données de santé.

    L’espace de test d’interopérabilité mis en ligne par l’ANS permet aux éditeurs et établissements de vérifier la conformité de leurs logiciels aux spécifications du CI-SIS et aux exigences des programmes nationaux (Ségur, DMN). Il propose des simulateurs et des outils en libre accès. Cette plateforme est aussi utilisée pour les projectathons.

    Projectathons : des tests collectifs pour valider l’interopérabilité des logiciels de santé

    Les projectathons sont des sessions de tests en conditions réelles organisées autour de projets nationaux. Pendant plusieurs jours, les développeurs d’applications testent l’interopérabilité de leurs produits entre eux. Ces rencontres, organisées par l’ANS, facilitent la détection des problèmes et l’ajustement des implémentations. Volontaires, les participants s’appuient sur des scénarios fournis par l’espace de test pour valider leur conformité aux référentiels.

    L’acteur français des standards HL7 et IHE au service de l’interopérabilité

    L’association Interop’Santé, représentant français d’HL7 International et d’IHE International, adapte et promeut les standards pour la France. Elle regroupe établissements, industriels et institutions. Interop’Santé est à l’origine de deux standards nationaux, HPRIM XML et PN13-IS, et publie régulièrement des livres blancs ou des extensions de profils. En 2020, elle a diffusé un Guide d’Interopérabilité Hospitalier spécifiant les standards à appliquer dans les systèmes d’information des établissements sanitaires. Interop’Santé collabore étroitement avec l’ANS, notamment pour la rédaction des guides FHIR du CI-SIS.

    Le Ségur soutient financièrement le déploiement de solutions conformes

    Le Ministère de la Santé, via la Délégation du Numérique en Santé (DNS), accompagne le déploiement de l’interopérabilité grâce au Ségur du numérique en santé, qui prévoit des financements pour favoriser l’adoption de logiciels compatibles. De son côté, l’ANS propose un accompagnement renforcé grâce à sa plateforme G_NIUS (Guichet National de l’Innovation et des Usages en e-Santé), destinée à aider les acteurs de santé à décrypter les enjeux réglementaires. Des ressources pédagogiques, des webinaires, et des consultants spécialisés y sont accessibles.

    Le CGTS centralise les terminologies de santé

    Le Centre de Gestion des Terminologies de Santé (CGTS), opéré par l’ANS, assure la publication et la maintenance des ressources sémantiques nécessaires à l’interopérabilité : terminologies, jeux de valeurs, alignements. Le CGTS est le point d’entrée français pour SNOMED International, la LOINC, l’Organisation mondiale de la santé et le référentiel des médicaments (RUIM). Ces ressources sont accessibles via le Serveur Multi-Terminologies (SMT) de l’ANS, qui centralise l’ensemble des terminologies sous formats standardisés (FHIR, RDF/OWL) et propose un accès via API ou SPARQL.

    Aussi, des acteurs privés comme NUMEDIKAL proposent un accompagnement complémentaire pour renforcer l’appropriation des référentiels et des outils. Si l’approche actuelle reste incitative, une évolution vers des obligations réglementaires est envisagée. Les professionnels qui n’auront pas anticipé ces évolutions pourraient se retrouver en difficulté dans un environnement de plus en plus normé.