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  • Le CHU de Toulouse adopte un jumeau numérique du cœur : des interventions réduites de 5 à 2 heures

    Un outil d’imagerie avancée pour les cardiologues 

    Le CHU de Toulouse est le premier centre hospitalier universitaire français à contractualiser avec la startup inHEART, intégrant à ses pratiques une technologie de jumeau numérique 3D du cœur. Présentée lors du CHU Healthtech Connexion Day (8-9 décembre), cette solution repose sur l’intelligence artificielle pour transformer les examens IRM ou scanner en une carte anatomique virtuelle et interactive du cœur, utilisable en temps réel lors des interventions de rythmologie.

    Utilisé notamment pour les ablations complexes telles que les tachycardies ventriculaires ou les cardioneuroablations, cet outil offre une représentation des pathologiques à traiter. Intégré directement dans les systèmes de cartographie électro-anatomique, le modèle permet aux cardiologues de naviguer dans le cœur du patient comme sur un GPS médical. Cette approche permet un ciblage, réduit la durée des procédures (de cinq à deux heures en moyenne), améliore leur taux de réussite (de 60 % à 75 %), limite les complications post-opératoires et raccourcit la récupération des patients.

    Des obstacles administratifs à surmonter

    Bien que commercialisée à l’étranger depuis 2022, la solution n’avait encore jamais été déployée en France. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du programme START’hu (Stratégie d’Assistance Robotique et Technologique interventionnelle Hospitalo-Universitaire), doté de 4,2 millions d’euros. Le plan vise à intégrer des technologies comme la robotique, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, l’impression 3D ou encore les jumeaux numériques dans les pratiques médico-chirurgicales.

    Deux projets sont d’ores et déjà en service :

    • la solution inHEART,
    • et le robot Epione, dédié au traitement des tumeurs abdominales et pulmonaires.
  • IA et pharma : 30 % des médicaments en développement intégreraient désormais des approches IA

    Plus de 2 milliards de dollars levés en Europe en 2025, malgré la baisse du nombre de tours

    Le dernier rapport TechBio x AI Drug Discovery, publié en partenariat avec Dealroom.co, confirme l’évolution du TechBio : d’un secteur expérimental à un pilier opérationnel du développement pharmaceutique.  En 2025, ce sont 31 médicaments découverts par IA qui sont entrés en phase clinique, plus de 150 nouvelles entreprises créées, et plus de 30 contrats signés entre laboratoires pharmaceutiques et acteurs des TechBio. Le recours à l’IA dans la R&D pharmaceutique devient systémique : environ 30 % des médicaments en cours de développement y font appel. Parallèlement, les investissements dans le secteur européen dépassent déjà les 2 milliards de dollars cette année, plaçant 2025 au troisième rang historique malgré une baisse du nombre de levées, concentrées sur des projets plus avancés.

    2025 : 8 IPO dans les TechBio européen, les critères de qualité se durcissent

    L’analyse des investissements révèle un marché en cours de structuration. En Europe, les fonds de capital-risque se resserrent autour de jeunes entreprises jugées prometteuses : même montant investi qu’en 2024, mais sur un nombre plus restreint de tours. Cette logique de sélection confirme une montée en maturité du secteur. Le Royaume-Uni domine toujours en montant levé, porté par le tour de table de 600 millions de dollars d’Isomorphic Labs. L’Espagne se distingue avec Quibim (50 M€) et Deepull (50 M€), tandis que la France suit avec Bioptimus (41 M€) et SeqOne (20 M€). Ces hubs reflètent une concentration des talents en IA biomédicale et une volonté d’industrialisation.

    Le marché reste orienté vers des fusions-acquisitions privées. Les IPO se raréfient, avec des critères de qualité stricts que seules 15 % des entreprises européennes remplissent ; 8 introductions en bourse ont été comptabilisées en 2025. Parmi les acquéreurs actifs : Takeda, Novartis, AstraZeneca, Abbott ou encore GE Healthcare. Ces groupes intègrent désormais les TechBio à leur stratégie d’innovation et d’enrichissement de pipeline, renforçant l’idée que les approches IA-first sont devenues essentielles.

    Accélérer les essais cliniques

    Les phases cliniques, qui concentrent 62 % des coûts de développement, sont historiquement peu digitalisées. En 2025, le financement du “clinical trial tech” atteint 200 millions de dollars, multiplié par 10 en dix ans. Cette dynamique traduit l’émergence d’acteurs spécialisés comme Rivia (plateforme d’opérations cliniques IA) ou Orakl Oncology (biobanque avatarisée pour stratification patient), qui optimisent délais, coûts et efficacité des essais.

    La synthèse des molécules constitue un goulot d’étranglement pour la mise au point de nouveaux médicaments. Elle subit un double choc :

    • Un taux d’échec élevé (50 % des réactions).
    • Un déficit de main-d’œuvre (40 % des chimistes proches de la retraite) et une forte dépendance à la sous-traitance.

    De nouveaux entrants, comme OnePot.AI, associent IA, robotique et automatisation pour industrialiser la chimie de synthèse. Cette niche dépasse déjà 200 millions de dollars levés en 2025, sans tour de late-stage, et ambitionne de transformer la synthèse en un système intelligent, programmable et plus prédictible. Le paysage décrit dans le rapport 2025 se distingue des éditions précédentes : les technologies ne sont plus en démonstration mais intégrées aux processus industriels. Des domaines jusqu’ici périphériques — essais cliniques, chimie — deviennent des axes importants de transformation.

  • Les investissements hospitaliers publics ont franchi 6 milliards d’euros en 2023, mais leur impact est freiné par l’inflation

    Hôpitaux publics : une hausse des investissements de 15 à 20 % par an depuis 2021, atténuée par l’inflation

    La Banque Postale et la Fédération hospitalière de France (FHF) ont présenté, le 6 octobre 2025, leur quatrième analyse annuelle coproduite sur la situation financière des hôpitaux publics. Cette édition 2025, centrée sur les ratios d’exploitation, confirme la poursuite des investissements engagés depuis 2021 : ceux-ci ont dépassé les 6 milliards d’euros en 2023, soit une progression annuelle estimée entre 15 et 20 %. Toutefois, cette dynamique est à relativiser. D’abord en raison de l’inflation, qui majore les coûts réels des opérations. Ensuite, parce qu’en euros constants (base 2023), les montants investis restent inférieurs à ceux observés entre 2009 et 2012, période marquée par les plans Hôpital 2007 et Hôpital 2012, où les investissements atteignaient jusqu’à 8 milliards d’euros annuels.

    CAF nette négative pour près de 6 hôpitaux sur 10 en 2023

    Pour financer ces investissements, les établissements hospitaliers ont majoritairement recours à l’emprunt, qui représente en moyenne la moitié du financement sur la période 2015-2023. L’encours de la dette reste stable en valeur, autour de 30 milliards d’euros. En revanche, la capacité d’autofinancement nette (CAF nette) des établissements devient négative en 2023, pour près de 60 % d’entre eux, un record depuis au moins 2015. Résultat : 1,3 milliard d’euros ont été prélevés sur les fonds de roulement, signalant une fragilité croissante. Le plan d’investissement issu du Ségur de la Santé, initié en 2020, contribue également aux financements, mais son efficacité est réduite par la hausse des prix.

    Un outil de travail hospitalier qui se détériore

    Malgré la relance des investissements, l’analyse des bilans montre que la valeur nette du patrimoine hospitalier est restée quasiment inchangée depuis 2015. Ce constat souligne que les investissements réalisés ne suffisent pas à enrayer la dégradation de l’outil de travail. Le taux de vétusté, bien que dépendant des règles d’amortissement, confirme cette tendance. L’étude 2025 s’intéresse plus précisément aux ratios d’exploitation. Tous apparaissent dégradés en 2023, une dégradation qui s’est accélérée. Parmi les causes : l’inflation, mais aussi une baisse de l’activité en hospitalisation complète, qui n’est que partiellement compensée par la montée de l’ambulatoire.

    62 % des hôpitaux publics en difficulté financière en 2023

    En se fondant sur les trois critères de déséquilibre financier définis par le décret du 27 juin 2008, l’étude révèle que 62 % des hôpitaux publics étaient en difficulté financière en 2023. Les plus touchés sont les CHU, CHR-U et les hôpitaux dont les recettes dépendent majoritairement de l’activité MCO (médecine, chirurgie, obstétrique). Les Ehpad rattachés aux hôpitaux publics contribuent également de plus en plus au déficit global du secteur hospitalier.

    Une fragilité liée au type d’établissement plus qu’à la région

    Enfin, si certaines régions présentent une surreprésentation d’établissements fragiles — notamment l’Île-de-France, PACA et la Corse —, l’étude montre que le type d’établissement a un impact plus fort sur la dégradation des performances financières que la localisation géographique. La catégorie d’établissement reste ainsi le principal facteur explicatif des écarts observés.

  • Etude : comment l’IA repère en amont les patients à risque d’interruption de radiothérapie

    Ces travaux, publiés en octobre et novembre 2025 dans JCO Clinical Cancer Informatics et JMIR Cancer ont conduit à l’ouverture d’un essai clinique évaluant un programme combinant outils numériques et accompagnement humain, ayant pour but d’améliorer la continuité des soins.

    La radiothérapie est un pilier du traitement de nombreux cancers, mais elle impose des protocoles longs et contraignants, reposant sur des séances quotidiennes pendant plusieurs semaines. Dans les zones rurales, les difficultés de transport, la précarité sociale ou l’isolement géographique augmentent fortement le risque d’interruptions non planifiées, un facteur étroitement associé à une baisse de la survie. Dans le Tennessee, où la mortalité par cancer figure parmi les plus élevées des États-Unis, près d’un quart des patients suivant une radiothérapie manquent au moins deux séances programmées. Malgré cet impact clinique majeur, les interruptions de soins sont le plus souvent prises en charge a posteriori, alors que le traitement est déjà fragilisé.

    Dans ce contexte, l’intelligence artificielle est généralement mobilisée pour optimiser la précision des traitements. En revanche, elle est plus rarement utilisée pour agir sur les conditions concrètes de continuité des soins. C’est cette approche organisationnelle et populationnelle qu’explore le programme ENRICH.

    Trois études pour anticiper les interruptions de radiothérapie

    Pour le bâtir, les chercheurs ont procédé par étapes, en s’appuyant sur 3 études complémentaires. La première s’est concentrée sur le niveau individuel. En exploitant les dossiers médicaux électroniques de patients suivis en radiothérapie dans le Tennessee, enrichis par des données sociales et géographiques, l’équipe a développé des modèles d’intelligence artificielle capables d’anticiper le risque d’interruption du traitement. Des grands modèles de langage ont été utilisés pour extraire et structurer des informations souvent disséminées dans les notes cliniques, afin de rendre ces données exploitables à grande échelle. Ces travaux ont été publiés dans JCO Clinical Cancer Informatics.

    La deuxième étude s’est penchée sur un aspect plus discret mais déterminant : la structuration et la fiabilité des données cliniques. Les chercheurs ont comparé plusieurs modèles de langage, généralistes et biomédicaux pour automatiser la classification des diagnostics de cancer à partir de textes médicaux. Cette étude a été publiée en 2025 dans la revue JMIR Cancer.

    La troisième étude a élargi l’analyse à l’échelle des territoires. À l’aide de modèles de machine learning explicables, l’équipe a étudié la mortalité par cancer du poumon au niveau des comtés du Tennessee, en la reliant à des facteurs géographiques et socio-économiques. Ces résultats ont été publiés dans JCO Clinical Cancer Informatics.

    Résultats : des facteurs sociaux bien identifiés

    • Près de 25 % des patients suivant une radiothérapie dans le Tennessee manquent au moins deux séances programmées, et environ 10 % interrompent leur traitement pendant une semaine ou plus.
    • Des interruptions non planifiées aussi courtes que 2 jours sont associées à une réduction significative de la survie.
    • Les analyses montrent que le risque d’interruption est associé à plusieurs facteurs non médicaux, notamment le statut d’assurance (Medicaid), l’isolement social, la vulnérabilité socio-économique du lieu de résidence et la distance au centre de radiothérapie.
    • Les modèles d’IA développés par l’équipe permettent de repérer en amont des profils de patients plus exposés à ces facteurs, en croisant données cliniques issues des dossiers médicaux, indicateurs sociaux et informations géographiques.

    Ces travaux ont conduit au lancement d’un essai clinique de 200 patients à Memphis évaluant ENRICH (Equitable Needs-based Radiotherapy Interruption Care for Health), un programme qui combine donc repérage précoce des patients à risque et accompagnement humain ciblé.

    Lorsqu’un patient est identifié comme susceptible d’interrompre sa radiothérapie, il est orienté vers un Community Health Support Specialist, un professionnel formé à l’accompagnement des patients atteints de cancer. Son intervention est volontairement non médicale et centrée sur des difficultés concrètes : organisation des trajets vers le centre de soins, mise en place de rappels de rendez-vous, aide à la compréhension du calendrier de traitement, ou orientation vers des aides sociales et communautaires lorsque des contraintes financières ou familiales sont identifiées.

    Après l’IA, le soutien humain…

    L’objectif n’est pas d’assurer un suivi permanent, mais d’intervenir aux moments les plus à risque du parcours, afin de sécuriser la régularité des séances quotidiennes de radiothérapie.

    « Nos recherches montrent que nous pouvons identifier avec précision quels patients présentent le risque le plus élevé d’interruption de traitement avant même qu’ils ne commencent leur thérapie », déclare David Schwartz, co-auteur des études. « Cela nous permet de déployer de manière proactive des ressources de soutien là où elles sont le plus nécessaires, avec le potentiel d’améliorer à la fois l’achèvement des traitements et les résultats en cancérologie, tout en s’attaquant simultanément aux inégalités de santé. »

    L’IA, un outil au service de l’organisation des soins

    Pour Arash Shaban-Nejad, qui pilote la stratégie IA du projet, « l’intégration d’une intelligence artificielle avancée avec un soutien aux patients ancré dans les communautés représente un nouveau paradigme de la médecine de précision, qui reconnaît que des soins oncologiques optimaux nécessitent de s’attaquer non seulement à la biologie de la maladie, mais aussi aux défis sociaux et logistiques auxquels les patients sont confrontés ».

    L’équipe travaille désormais à l’extension d’ENRICH à d’autres territoires du Tennessee. Cette approche pourrait, à terme, être transposée à d’autres maladies chroniques, pour lesquelles la continuité des soins dépend autant de l’organisation du quotidien que des traitements eux-mêmes.

     

    * Cancer Diagnosis Categorization in Electronic Health Records Using Large Language Models and BioBERT: Model Performance Evaluation Study

    Hashtarkhani S, Rashid R, Brett CL, Chinthala L, Kumsa FA, Zink JA, Davis RL, Schwartz DL, Shaban-Nejad A
    JMIR Cancer 2025;11:e72005

    https://cancer.jmir.org/2025/1/e72005

    *Leveraging Centralized Health System Data Management and Large Language Model–Based Data Preprocessing to Identify Predictors for Radiation Therapy Interruption.

    Fekede Asefa Kumsa et al.

    JCO Clin Cancer Inform 9, e2500218(2025).

    https://ascopubs.org/doi/10.1200/CCI-25-00218

    *Comparative Evaluation of Explainable Machine Learning Versus Linear Regression for Predicting County-Level Lung Cancer Mortality Rate in the United States.

    Soheil Hashtarkhani et al.

    JCO Clin Cancer Inform 9, e2400310(2025)

    https://ascopubs.org/doi/10.1200/CCI-24-00310

     

  • Deuxiemeavis.fr élargit son réseau avec 120 experts supplémentaires grâce à Gustave Roussy et au Centre Léon Bérard

    L’expertise accessible en 7 jours

    Depuis 2016, deuxiemeavis.fr propose aux professionnels de santé et à leurs patients, confrontés à des pathologies graves ou complexes, un accès en moins de 7 jours à un avis médical. La plateforme collabore désormais avec plus de 500 médecins sur plus de 800 pathologies. En oncologie, elle renforce aujourd’hui ses moyens grâce à deux partenariats avec

    Ces accords permettent d’ouvrir l’accès à 120 médecins spécialisés, répartis sur 130 parcours de prise en charge des cancers. Une évolution cohérente avec la place croissante de la cancérologie sur la plateforme, qui représente désormais 38 % des demandes d’avis en 2025.

    Pauline d’Orgeval, cofondatrice et présidente de deuxiemeavis.fr, rappelle que le service a été conçu pour limiter les pertes de chance et les errances diagnostiques, tout en s’insérant dans le parcours de soins. En plus des avis rendus, des webinaires animés par des médecins référents sont proposés aux praticiens. L’objectif est de permettre une prise de décision rapide, en s’appuyant sur les connaissances les plus récentes en matière de diagnostic et de traitement.

    Les patients peuvent également

    • Etre orientés vers des centres adaptés à leur profil.
    • Bénéficier d’un accès facilité à des essais cliniques (notamment à Gustave Roussy, où 40 % des patients en sont inclus).
    • Ou encore recevoir un avis sur des cancers rares comme les GIST, les adénocarcinomes appendiculaires ou les sarcomes.

    86 % de RCP conformes, mais un tiers tardives : l’intérêt d’un avis médical complémentaire

    Si 86 % des établissements organisent des RCP conformes aux critères de la HAS, 38 % de ces réunions ont lieu après le début du traitement, selon un rapport de l’Académie nationale de médecine publié en 2024. Cela peut affecter la qualité de la prise en charge. Dans ce contexte, les avis complémentaires proposés par deuxiemeavis.fr représentent une ressource supplémentaire intégrée au dossier médical. Dans les cas complexes ou rares, ils peuvent renforcer ou réorienter une décision thérapeutique, rassurer l’entourage ou favoriser l’accès à des options thérapeutiques non envisagées initialement. Ils permettent également aux patients non pris en charge dans un centre référent de bénéficier d’une expertise avant d’être réorientés, si besoin, vers un CLCC ou un établissement de proximité.

    83 % d’avis concordants

    En 2025, les données issues de l’activité de la plateforme montrent que 83 % des avis complémentaires en oncologie confirment en grande partie le premier avis. Le médecin référent se dit d’accord avec le diagnostic dans 75 % des cas et avec le traitement dans 68 % des cas. Les divergences portent sur l’ordre thérapeutique, la pertinence d’une chirurgie ou les alternatives disponibles. Elles restent marginales : seulement 1 % des cas révèlent un désaccord sur le diagnostic, et 2 % sur le traitement à suivre. Concernant la chirurgie – enjeu dans 61 % des dossiers – l’indication est confirmée dans 63 % des cas, mais le type de technique peut différer. Ces nuances soulignent l’intérêt d’un regard expert complémentaire dans des situations où les choix thérapeutiques sont déterminants.

    Cancer : 42 % des demandes d’avis concernent des patients nouvellement diagnostiqués

    Les patients ayant recours à deuxiemeavis.fr pour un cancer sont issus de tous les segments du système de santé : hôpital public (36 %), cliniques privées (29 %), CHU (17 %) et soins de ville (11 %). Au moment de la demande, 42 % viennent d’être diagnostiqués, 37 % ont commencé un traitement, 17 % sont en rechute et 4 % en rémission. Pour garantir l’accessibilité de ce service, la plateforme s’appuie sur des collaborations avec des assureurs et des associations de patients. Elle entend ainsi contribuer à réduire les inégalités d’accès à l’expertise médicale.

  • MNT, soins primaires, numérique, médicaments : les quatre chantiers de l’UE pour 2025

    Le rapport de synthèse 2025 sur l’état de santé dans l’Union européenne, financé par la Commission européenne dans le cadre du programme EU4Health, dresse un panorama des réformes en cours dans les systèmes de santé des États membres. Il met en lumière quatre chantiers :

    • La prévention des maladies non transmissibles (MNT),
    • La transformation des soins primaires,
    • L’adoption du numérique en santé,
    • Et les réformes pharmaceutiques.

    MNT : un coût humain et économique majeur

    Les MNT – cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, affections respiratoires chroniques – restent la première cause de mortalité évitable dans l’UE. En 2022, elles ont entraîné la perte de 2,4 millions d’années “de vie productives” parmi les 25-64 ans. Ce fardeau pèse à la fois sur la santé publique, les finances publiques et la participation au marché du travail. Des politiques multisectorielles sont déployées : fiscalité, interdictions de vente aux mineurs, réglementation de la publicité, environnement scolaire et urbain, etc. La consommation de tabac, d’alcool et l’obésité infantile font l’objet d’une vigilance, avec une attention particulière portée aux inégalités sociales de santé. Des stratégies nationales ciblant les maladies cardiovasculaires ont été lancées dans plusieurs pays (Espagne, Pologne, Bulgarie…).

    Des initiatives telles que Healthier Together, le plan européen de lutte contre le cancer, ou le plan européen de santé cardiovasculaire (prévu fin 2025), viennent compléter ces efforts. La Commission y consacre plusieurs centaines de millions d’euros via EU4Health, Horizon Europe ou encore l’ESF+.

    Soins primaires : renforcer l’attractivité et l’accès

    Alors que seuls 20 % des médecins dans l’UE sont des généralistes, les États membres réforment les soins primaires pour répondre au vieillissement démographique, à la prévalence des maladies chroniques et aux inégalités territoriales d’accès. Les politiques convergent autour de quatre priorités :

    • Attractivité des carrières (avec incitations financières et non financières),
    • Extension des compétences des professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens),
    • Modèles de soins intégrés et développement du numérique.

    Plusieurs pays développent des centres de santé communautaires (Roumanie, France), des réseaux de soins territorialisés (Portugal, Luxembourg) ou des incitations ciblées dans les zones sous-dotées (Danemark, Allemagne).

    Numérique en santé : cap sur l’interopérabilité et la cybersécurité

    L’ensemble des États membres disposent désormais d’un accès électronique aux dossiers médicaux. Toutefois, seuls 28 % des citoyens y ont recours. Pour augmenter l’adoption, les investissements se poursuivent, avec plus de 16 milliards d’euros mobilisés via la facilité pour la reprise et la résilience (RRF) et d’autres fonds européens. Le règlement European Health Data Space (EHDS), entré en vigueur en mars 2025, fixe un cadre commun pour l’échange sécurisé des données de santé. Il prévoit l’interopérabilité transfrontalière des prescriptions électroniques et des résumés patients d’ici 2029. En parallèle, le AI Act encadre l’usage de l’intelligence artificielle en santé, notamment pour les dispositifs diagnostiques. Un plan européen sur la cybersécurité hospitalière complète cet arsenal.

    Réformes nationales et cadre législatif européen en cours pour les médicaments

    L’accès équitable aux médicaments et la maîtrise des dépenses sont au cœur des réformes pharmaceutiques. Plusieurs pays ont renforcé la protection financière des patients, favorisé la prescription électronique, la substitution générique et la régulation des prix. Les efforts nationaux convergent avec la révision de la législation pharmaceutique européenne et la mise en œuvre du règlement sur l’évaluation des technologies de santé (HTA). Toutefois, des obstacles persistent : complexité réglementaire, limitations budgétaires et inégalités d’accès aux innovations thérapeutiques, notamment dans les aires de besoins non couverts.

    En misant sur la prévention, le renforcement des soins de proximité, la transformation numérique et la réforme de la politique du médicament, les États membres visent des bénéfices sanitaires, économiques et sociaux. Le rapport souligne notamment les effets potentiels sur la productivité, l’innovation et la compétitivité du secteur santé européen.

  • AAP : le congrès JVMA lance son appel à projets 2026 pour start-ups du bien vieillir

    Le Congrès Journées Vieillissement et Maintien de l’Autonomie (JVMA) lance son appel à projets 2026, centré sur les solutions innovantes pour le bien vieillir, le soutien aux aidants et aux professionnels de l’autonomie. La 7ᵉ édition se tiendra le 1er et 2 avril 2026 au Palais des Congrès de Tours, réunissant plus de 700 professionnels de la filière Silver économie.

    Critère Informations
    Dates  Congrès et pitchs : 1er & 2 avril 2026
    Financement proposé Non précisé — mise en visibilité, accompagnement et valorisation proposés
    Nature des projets attendus Solutions innovantes au service :
    – des personnes âgées
    – des aidants
    – des professionnels de l’autonomie
    Publics éligibles / candidats Start-ups innovantes portant un projet lié au bien vieillir, à la santé, à l’autonomie ou à la Silver économie
    Bénéfices pour les lauréats – Pitch devant un public d’experts et décideurs
    – Stand dédié dans l’espace innovation
    – Visibilité accrue auprès d’investisseurs
    – Accompagnement post-événement
    – Valorisation durable des innovations
    Modalités de dépôt Dépôt via le lien officiel : Appel à projet : « Les innovations des acteurs de la Silver Économie au service du vieillissement – JVMA
    Contact / Questions Formulaire de contact disponible sur le site du congrès : Appel à projet : « Les innovations des acteurs de la Silver Économie au service du vieillissement – JVMA
    Organisateurs / partenaires B4 EVENT, Gérontopôle ERVMA Centre-Val de Loire, Silver Valley, Silver Innov’, France Silver Éco, Union des Gérontopôles de France, Direction Générale des Entreprises, etc.

    Procédure de candidature et mise en œuvre

    • Les start-ups déposent leur dossier via la plateforme dédiée.
    • Les solutions sélectionnées seront invitées à présenter leur projet lors du congrès (pitch, stand, espace de démonstration).
    • Les lauréats bénéficieront d’une mise en lumière et d’un accompagnement professionnel visant à accélérer leur développement commercial et leur ancrage dans la filière Silver économie.

     

  • Diagnostic rapide des virus respiratoires grâce au séquençage métagénomique et à l’IA

    Urgence du diagnostic rapide

    Les infections respiratoires aiguës restent une cause majeure de morbidité et de mortalité, représentant près de 30 % des décès dans les pays à faibles ressources, soit environ 10 millions de décès annuels selon l’OMS. Les méthodes conventionnelles de diagnostic présentent plusieurs limites :

    • Lenteur : résultats en plusieurs jours
    • Contraintes d’infrastructure : absence de PCR dans certaines régions
    • Coût élevé, limitant l’accès aux tests

    Séquençage métagénomique et IA

    Des chercheurs universitaires américains et coréens (UCSF, Chan Zuckerberg Biohub, Abbott Pandemic Defense Coalition) ont combiné :

    • Séquençage métagénomique (mNGS) pour identifier tous les virus présents.
    • Pipelines bioinformatiques avancés et IA pour interpréter les données massives.
    • Analyse automatisée fournissant un profil viral exploitable en moins de 24 h.

    Le mNGS automatisé affiche 93,7 % d’exactitude en moins de 24 h

    Une étude prospective publié dans Nature Comunications, portant sur 191 échantillons respiratoires (110 positifs, 81 négatifs) et comparant mNGS automatisé et PCR multiplex ciblée a révélé :

    • Sensibilité : 93,6 % ; spécificité : 93,8 %
    • Exactitude globale : 93,7 % ; accord ajusté : 97,9 %
    • Délai de diagnostic : <24 h et détection de co-infections non identifiées par PCR

    Trois autres publications cette année dans Scientific Reports, Journal of Translational Medicine et Research and Therapy confirment l’intérêt clinique du mNGS pour :

    • Améliorer la détection d’agents rares ou polymicrobiens).
    • Étendre l’analyse ADN + ARN pour une sensibilité accrue).
    • Optimiser la prise en charge de populations spécifiques comme les patients VIH (AIDS).

    Une généralisation qui reste conditionnée

    Cette technologie ouvre la voie à :

    • Un diagnostic de précision rapide et accessible, même dans les zones à faibles ressources.
    • Un complément aux tests conventionnels, impactant la prise en charge et la surveillance épidémiologique.

    Reste des obstacles à surmonter : coût élevé, complexité analytique et harmonisation réglementaire avant adoption large en première ligne clinique.

     

  • En 2024, les cotisations santé des complémentaires ont bondi de 8,2 %, une hausse inédite depuis 2012 (Drees)

    46,5 Md€ de cotisations en 2024, +8,2 % pour les complémentaires

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié son rapport annuel au Parlement sur la situation financière des organismes complémentaires couvrant les risques santé. Le document s’appuie sur les données de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour analyser l’évolution des cotisations, des prestations, des charges de gestion, de la rentabilité et de la solvabilité du secteur.

    En 2024, les organismes complémentaires ont collecté 46,5 milliards d’euros de cotisations santé, soit une hausse de 8,2 % par rapport à 2023, après +6,0 % entre 2022 et 2023. Cette progression constitue un niveau inédit depuis 2012, première année de référence pour cette statistique dans le rapport. Les prestations versées ont également augmenté, atteignant 36,8 milliards d’euros (+5,4 % en un an). Cette hausse reste supérieure à celle de la consommation de soins et de biens médicaux (+3,7 %), mais marque un ralentissement par rapport à 2023 (+6,4 %). La part des cotisations reversée aux assurés sous forme de prestations est ainsi passée de 81 % en 2023 à 79 % en 2024.

    Des charges de gestion en hausse, mais mieux maîtrisées

    Redressement du résultat technique

    Les charges de gestion liées à l’activité santé ont atteint 8,8 milliards d’euros en 2024, en hausse de 5,8 %. Leur poids dans les cotisations santé a néanmoins diminué, passant de 19,3 % à 18,8 %, grâce à une progression plus rapide des cotisations. Le résultat technique des organismes en santé — différence entre les produits et les charges — est redevenu positif en 2024, à hauteur de 1,6 % des cotisations hors taxe, après une année 2023 marquée par un solde négatif, une première depuis 2011. Sur l’ensemble de leur activité, les organismes ont dégagé un résultat net moyen équivalent à 3,4 % des cotisations, stable par rapport à l’année précédente. Les niveaux de fonds propres déclarés restent largement supérieurs aux exigences réglementaires, traduisant une situation de solvabilité favorable.

    249 mutuelles encore en activité en 2024, un tiers de moins depuis 2016

    La consolidation du marché observée depuis le début des années 2000 s’est atténuée ces dernières années. Entre 2001 et 2016, le nombre de mutuelles a été divisé par six, et celui des institutions de prévoyance par deux. Depuis 2016, la tendance est au ralentissement : les institutions de prévoyance sont stables, les entreprises d’assurance ont légèrement diminué, tandis que les mutuelles ont encore reculé d’un tiers. En 2024, 373 organismes complémentaires exercent une activité santé : 249 mutuelles, 99 entreprises d’assurance et 25 institutions de prévoyance. Parallèlement, les rapprochements se poursuivent au sein de groupes d’assurance : 51 groupes rassemblent près de la moitié des organismes et concentrent 85 % des cotisations santé collectées.

  • Près d’un Français sur deux utilise le numérique pour sa santé mentale, selon une étude MentalTech-IFOP

    Le Collectif MentalTech publie un premier état des lieux des usages numériques en santé mentale en France. Réalisée avec l’IFOP, l’étude révèle que 48 % des Français ont déjà utilisé un outil numérique dans ce domaine, et 14 % supplémentaires se déclarent prêts à le faire prochainement. Cette adoption reste cependant soumise à certaines conditions.

    • 65 % des répondants souhaitent un accompagnement humain.
    • 86 % redoutent la désinformation ou les atteintes à la vie privée.

    Les solutions les plus plébiscitées sont celles jugées institutionnelles et encadrées, telles que les plateformes de rendez-vous (25 % d’usage) et la téléconsultation (13 %), loin devant les réseaux sociaux ou les intelligences artificielles conversationnelles.

    Une demande portée par les jeunes, les urbains et les CSP+

    Les usages varient selon l’âge et le profil socioprofessionnel. Les moins de 35 ans, les populations urbaines et les catégories aisées figurent parmi les principaux utilisateurs. 36 % des jeunes recourent déjà à des IA conversationnelles, contre 13 % chez les plus âgés. Les objets connectés (21 %) et les applications d’addictions (20 % chez les jeunes) rencontrent un intérêt croissant, notamment dans un contexte de saturation du système de soins dans les grandes villes.

    Prévention, bien-être et développement personnel en tête des usages

    Mais une frontière marquée entre soutien et soin

    L’étude montre que les outils numériques sont surtout mobilisés pour la prévention, l’auto-évaluation, ou encore le développement personnel, plus que pour des usages thérapeutiques ciblés. Seuls 15 % des utilisateurs les emploient pour un problème spécifique comme l’anxiété ou le stress. À l’avenir, 38 % envisagent une utilisation préventive, 34 % pour le sommeil, et 30 % pour un soutien émotionnel ponctuel. En revanche, 81 % des Français refusent l’idée de recourir à un outil numérique en cas de trouble mental sévère, confirmant une frontière claire entre accompagnement et traitement.

    Près de 20 % des Français ont tenté l’IA pour leur santé mentale, souvent comme première étape

    Près d’un Français sur cinq (19 %) a déjà utilisé un assistant virtuel ou chatbot pour des questions de santé mentale, avec 8 % d’utilisateurs réguliers. Les attentes portent sur l’écoute (40 %), le soutien émotionnel (39 %) et les conseils pratiques (37 %). La satisfaction reste modérée : 68 % se disent « plutôt » ou « moyennement » satisfaits, et seulement 14 % « très satisfaits ». Les bénéfices cités sont l’accessibilité, la disponibilité permanente et un effet de désinhibition numérique, souvent perçu comme une première étape avant de consulter un professionnel.

    Un paradoxe entre défiance générale et satisfaction des usagers

    La confiance envers les outils numériques de santé mentale reste relative. Les plateformes de rendez-vous inspirent le plus de confiance (53 %), suivies de la téléconsultation (30 %). En revanche, les IA conversationnelles n’obtiennent que 17 % de confiance, bien qu’elles soient jugées utiles par une majorité de leurs utilisateurs réguliers. Parmi les usagers, 92 % déclarent percevoir un bénéfice : accès à l’information (47 %), accès aux soins (38 %), autonomie (26 %), soutien émotionnel (25 %) et réduction de l’isolement (22 %).

    Les priorités exprimées par les Français pour l’avenir du numérique en santé mentale

    • Un encadrement humain (65 %).
    • La protection des données personnelles (63 %).
    • La validation scientifique des outils (56 %).

    Des écarts apparaissent selon le genre : les femmes privilégient davantage l’accompagnement humain et la rapidité, tandis que les hommes insistent sur la sécurité des données et la validation scientifique. Face à cette adoption en croissance, mais sous conditions, le Collectif MentalTech formule plusieurs recommandations :

    • Accélérer la validation clinique et scientifique des outils.
    • Renforcer la transparence et la protection des données.
    • Impliquer les professionnels de santé dans la conception.
    • Positionner les outils numériques comme compléments, et non remplaçants, de la relation humaine.

    Santé mentale et numérique – Etat des lieux des nouveaux usages des Français (Mental Tech et Ifop)