Un bracelet électronique qui enregistre 9 paramètres physiologiques pendant le sommeil serait capable de repérer une grossesse très précocement. Les résultats préliminaires d’une étude* clinique portant sur le bracelet Ava ont été présentés à la conférence de l’American Society for Reproductive Medicine qui s’est tenue à San Antonio du 28 octobre au 1er novembre.
Le « fitbit » de la fertilité
Le bracelet connecté Ava, créée par la startup suisse Ava Sciences, a pour mission d’aider les femmes à tomber enceinte en les aidant à repérer les périodes où elles sont le plus fertiles. Une première étude a mis en évidence que le dispositif était capable d’identifier 5,3 jours de fertilité dans le cycle d’une femme avec 89% de précision, alors que les outils traditionnels ne repéraient que 2 jours. Les concepteurs du « Fitbit de la fertilité » ont décidé de développer leur produit pour une autre utilité : prévoir une grossesse.
Un bracelet qui enregistre 9 paramètres vitaux
Une étude a été conduite par le département d’endocrinologie reproductive de l’hôpital universitaire de Zürich.158 femmes âgés entre 20 et 40, non-enceintes, ont porté pendant la nuit le bracelet qui enregistrait 9 signes vitaux impactés par le cycle menstruel. Des travaux précédents avaient montré que le pouls au repos est plus faible pendant la phase folliculaire que pendant la phase lutéale du cycle. Et pendant la grossesse, le pouls au repos reste élevé. La température de la peau fait partie de ces paramètres qui évoluent aussi avec le cycle. Elle augmente d’environ un demi degré après l’ovulation et reste élevée jusqu’aux prochaines règles.
Résultats : une grossesse repérée précocement
Les chercheurs ont ensuite analysé les données issues de 21 cycles ayant abouti à une grossesse et 137 cycles sans conception. Avant même que la femme ait remarqué le moindre retard dans ses règles, le dispositif connecté percevait des différences significatives :
- une augmentation du pouls de 2,1 battements par minute
- une légère augmentation de la température de la peau (0,2° celsius)
- un moindre taux de variabilité du rythme cardiaque (changement de l’intervalle de temps entre un battement de cœur et le suivant)
Ces modifications ont été observées en tout début de grossesse, en non pendant la phase lutéale qui est plus tardive.
Un produit encore en développement
Ces résultats ont été présentés au congrès annuel de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) qui s’est déroulé à San Antonio (Etats-Unis) du 28 octobre au 1er novembre, et ont été publiés simultanément dans la revue de l’ASRM, Fertility and Sterility.
Lea von Bidder, présidente d’Ava Health, a expliqué qu’ »il s’agissait de résultats préliminaires, qu’il n’était pas possible de mettre sur le marché un tel dispositif pour le moment mais c’est quelque chose qui nous intéresse potentiellement et nous pourrions facilement imaginer l’intégrer plus tard ». La majorité des tests de grossesse traditionnels qui mesurent l’hormone hCG dans l’urine sont considérés comme fiables mais après 5 jours de retard de règles.