Kantar Health, une société américaine spécialisée dans les études de marché dans le secteur de la santé, a publié en octobre 2017 son étude annuelle sur l’impact réel de près de 200 maladies sur la population, avec un point de vue centré sur le patient.
L’édition 2017 du « Rapport mondial sur la santé et le bien-être » (« the Global Health and Wellness Report », GHWR) démontre notamment que l’accès aux nouvelles technologies dans le secteur de la santé n’entraîne pas nécessairement d’effets positifs significatifs s’il n’est pas combiné à l’adoption d’un mode de vie sain.
Un large accès aux technologies avancées ne suffit pas à améliorer la santé
États-Unis : le développement de la health tech offre davantage de choix aux patients
Les patients aux États-Unis, contrairement à de nombreux autres pays, continuent de bénéficier d’un large accès aux technologies avancées, aux nouveaux médicaments et tests de diagnostic, précise le rapport.
« Parce que l’accès aux soins médicaux est élevé, les individus ont un large éventail de choix [aux États-Unis] en ce qui concerne les fournisseurs d’assurance, les mesures préventives, y compris les consultations chez des fournisseurs spécialisés ou la réalisation de tests préventifs, et les niveaux de traitement, qu’il s’agisse des programmes permettant d’entraîner un changement du mode de vie, des médicaments en vente libre ou sur ordonnance et des chirurgies. »
Mais la persistance de mauvais comportements entrave l’amélioration globale de la santé
Cependant, l’accès aux technologies et aux traitements les plus récents entraîne des coûts plus élevés et est accompagné par le développement globale d’un mode de vie potentiellement moins sain.
Malgré l’existence de comportements sains au sein du pays, notamment l’augmentation du nombre de personnes pratiquant une activité physique et le nombre décroissant de fumeurs, les auteurs de l’étude ont constaté que la généralisation de mauvaises habitudes alimentaires, accentuée par la présence d’un niveau élevé d’aliments transformés au sein de l’industrie agroalimentaire, avait entraîné une augmentation significative du taux d’obésité aux États-Unis depuis plusieurs années.
Le phénomène est aggravé par le fait que les citoyens américains sont globalement dépendants de la voiture. La majorité d’entre eux utilisent leur voiture pour aller travailler, faire du shopping et voir des amis.
Ce mode de vie explique en partie l’augmentation du taux des maladies liées à l’obésité, comme les maladies cardiovasculaires et métaboliques, les douleurs chroniques et les troubles psychiatriques, susceptibles de provoquer davantage de décès prématurés.
Un taux élevé des maladies non transmissibles
Au Royaume-Uni, par exemple, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’hypertension artérielle et l’obésité sont les problèmes de santé publique les plus préoccupants chez les adultes, indique le rapport.
Les maladies non transmissibles causeraient plus des trois quarts des décès au Royaume-Uni, les maladies cardiovasculaires et les cancers en étant les principales causes, précise-t-il.
Les principaux enseignements apportés par le rapport
- Les États-Unis sont les leaders dans presque tous les domaines thérapeutiques. Ils affichent cependant l’une des plus faibles productivités individuelles (WPAI) dans l’ensemble des catégories de maladies traitées.
- Lorsque les auteurs de l’étude ont comparé l’ensemble des WPAI, la Chine s’est avérée être la plus impactée par le manque de productivité individuelle parmi les pays émergents.
- Pour la plupart des traitements, quelle que soit la maladie, les cinq pays de l’Union européenne observés connaissent quant à eux la plus importante WPAI.
- La Chine présente des taux de traitement plus élevés que les autres pays étudiés pour certaines maladies mais cela s’explique principalement par le fait que, généralement, seuls les patients souffrant d’une maladie grave consultent un professionnel de la santé dans le pays.
- Les États-Unis et l’Allemagne se positionnent en haut du classement lorsqu’on s’intéresse au pourcentage de leur population pratiquant une activité physique mais ce sont les deux pays qui présentent le pourcentage le plus élevé de personnes atteintes d’obésité.
- Les États-Unis est le pays où il y a la plus importante proportion d’adultes souffrant d’une maladie métabolique (57 % de la population est diagnostiquée), comme l’hypercholestérolémie, l’hypertension, l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies thyroïdiennes.
- En ce qui concerne le taux d’adultes souffrant de douleurs chroniques, comme le mal de dos, les États-Unis se classent au premier rang avec 53 % des cas déclarés et 23 % des cas diagnostiqués.
Des résultats contradictoires
Pas de lien avéré entre la croissance des dépenses de santé et l’augmentation de la longévité
L’enquête révèle plusieurs contradictions, notamment le fait que les dépenses de santé n’augmentent pas nécessairement à mesure que l’espérance de vie croît puisque les États-Unis est le pays où la population dépense le plus en matière de santé mais ils se classent seulement au septième rang en matière de longévité.
Le Japon et l’Espagne arrivent quant à eux en première et en deuxième position en termes de longévité mais quatrième et huitième au niveau de l’importance des dépenses de santé.
De « nombreuses possibilités d’amélioration »
« Alors que le rapport de 2017 indique que des progrès ont été réalisés dans les soins délivrés aux patients, il [révèle également qu’il] y a encore du travail à faire pour améliorer la vie des personnes souffrant de maladies diverses car dans toutes les régions, les taux de diagnostic et de traitement varient considérablement et montrent que de nombreuses possibilités d’amélioration [sont envisageables] », a déclaré Michael Fronstin, directeur général de la division « résultats de santé, épidémiologie et prévision » à Kantar Health.
Donner un rôle plus important au patient par le biais des nouvelles technologies
Ces progrès peuvent notamment être obtenus par le développement des solutions health tech, en particulier numérique, qui, utilisées de manière optimale, ont la capacité d’aider les populations à modifier leurs comportements, aussi bien au niveau alimentaire qu’au niveau physique.
Le facteur semblant être ici essentiel pour parvenir à améliorer l’état de santé global de la population est de placer le patient au centre du système pour qu’il puisse devenir acteur, à la fois en améliorant ses connaissances dans le domaine médicale mais aussi en apprenant à gérer par lui-même sa santé sur le long terme pour tenter de la préserver ou de l’améliorer au quotidien.