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  • Cybersécurité, la première crainte des professionnels de santé (étude e-santé en Suisse)

    Les hôpitaux suisses attendent de la digitalisation une optimisation des processus et une meilleure prise en charge des patients, mais les craintes cyber-sécuritaires restent l’obstacle principal pour mener à bien des projets de e-santé.

    C’est ce qui ressort d’une étude* mandatée par Swisscom, réalisée par le cabinet MSM Research publiée en septembre 2017. D’autres freins identifiés à la progression de la e-santé sont notamment la non-acceptation par les employés et autres partenaires ou les coûts engendrés par rapport aux avantages que les innovations confèrent aux établissement de santé.

    L’étude a été menée dans 44 hôpitaux, cliniques et hospices helvétiques.

    Les attentes en matière de e-santé

    Les établissements de santé helvétiques attendent des technologies numériques qu’elles optimisent les processus, dans l’espoir, notamment :

    • d’alléger le fardeau administratif ;
    • d’améliorer la communication et la transparence, à la fois au niveau des traitements des données commerciales et des informations concernant les patients.

    L’étude souligne que la e-santé doit aussi viser à améliorer la prise en charge des patients ; ainsi, elle doit permettre de prodiguer des traitements plus rapidement et de façon plus ciblée.

    Pour les hôpitaux, cliniques et hospices, la mise en réseau permise par les technologies digitales offre des perspectives prometteuses aussi bien en termes d’allégement des processus que d’amélioration des services aux patients. Cette mise en réseau est déjà une réalité avec les assureurs et, dans une moindre mesure, avec d’autres établissements de santé et les laboratoires.

    De nombreux freins potentiels

    De nature juridique, politique, socioculturelle, organisationnelle ou technologique, les freins restent nombreux. Interrogés sur leurs craintes, les hôpitaux ont mis en avant, entre autres (plusieurs choix possibles) :

    • les risques cyber-sécuritaires : 47 % ;
    • la protection des données et de la sphère privée : 22 % ;
    • les coûts élevés /aucun avantage direct évident : 31 % ;
    • les obstacles liés à la régulation : 19 % ;
    • la non-acceptation par les employés (13 %), les autres fournisseurs de service (13 %) et les patients (9%) ;
    • le manque de ressources et de savoir-faire en interne : 6%.

     Cyber-sécurité en France

    En France, « les établissements de santé sont clairement identifiés comme des cibles potentielles de pirates informatiques. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour assurer la sécurisation des outils numériques touchant à la santé humaine », confiait Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) (Source : Le point.fr, 2016).

    Pour rappel, c’est l’Asip Santé qui est en charge d’apporter l’appui au traitement des incidents à travers la Cellule ACSS.

    La majorité des acteurs ont conscience de la nécessité de se protéger et ce, même si cela implique des coûts non productifs. En moyenne, les efforts demandés devraient avoisiner 5 % des budgets informatiques existants. Des audits seront menés par l’ANSSI pour s’assurer que ces dépenses ont conduit à l’adoption de dispositifs de protection et de détection d’intrusion efficaces.

    Cédric Villani, chargé par le Président de la République d’une mission d’information sur l’intelligence artificielle, a par ailleurs fait part, dans son premier bilan de recherche, de la nécessité, pour l’ensemble des pays européens, de réaliser des investissements lourds pour la cybersécurité – il a chiffré à plusieurs dizaines de milliards d’euros l’investissement nécessaire pour se mettre à jour.  

  • L’application Cica’Clic des Laboratoires ConvaTec permet de suivre l’évolution d’une plaie

    ConvaTec propose depuis janvier 2017 l’application mobile gratuite Cica’Clic, réservée aux professionnels de santé, qui permet de suivre l’évolution d’une plaie et de choisir le pansement adapté.

    Cica’Clic a été développé en collaboration avec des infirmières et compte 3 000 professionnels utilisateurs.

    Les fonctionnalités de l’application facilitent le suivi des patients porteurs de plaies :

    • identification du pansement adapté à chaque type et stade de plaie, ainsi que des conseils associés ;
    • rédaction de l’ordonnance directement via l’application ;
    • création de dossier patient avec enregistrement des informations médicales les concernant (les données enregistrées sont confidentielles puisqu’elles sont stockées dans le téléphone de l’utilisateur et ne sont en aucun cas accessibles à un tiers) ;
    • suivi de l’évolution de la cicatrisation des plaies prises en charge grâce à une fonction « prendre une photo » intégrée.

    Enfin, l’application recense des actualités, la liste des congrès et réunions professionnels liés au domaine médical correspondant.

    Cica’Clic est disponible gratuitement sur l’Apple Store ou sur Google Play.

  • États-Unis : UnitedHealth veut concurrencer Amazon et Apple sur le marché de la health tech

    L’entreprise d’assurance maladie américaine UnitedHealth mettra l’accent en 2018 sur sa stratégie visant à concurrencer les géants de la health tech comme Amazon et Apple, a déclaré le nouveau P.-D.G. du groupe, David Wichmann, lors de la Journée des analystes organisée par la société fin novembre à New York.

    Domaine des soins : « un statu quo insatisfait »

    « On m’a demandé : « Qu’est-ce qui va être différent maintenant que vous êtes P.-D.G. ? » Ma réponse, courte, est que très peu de choses vont changer mais que tout va changer », a déclaré M. Wichmann, qui a succédé à Stephen Hemsley au poste de président-directeur général d’UnitedHealth, après avoir été le directeur financier de l’entreprise pendant cinq ans.

    Il précise que le groupe est « insatisfait du statu quo dans le domaine des soins ». Afin de s’imposer durablement sur un marché très concurrentiel, il envisage de concentrer ses efforts sur le déploiement de solutions innovantes dans le secteur.

    UnitedHealth veut rattraper son retard face à Amazon et Apple

    Interrogé sur la menace potentielle que représentent Amazon et d’autres géants de la technologie en train d’investir le marché des soins, comme Apple, Larry Renfro, directeur général de la divison « assurance » d’Optum, a déclaré que la société tentait de rattraper son retard sur le marché des start-up health tech.

    Développer l’apprentissage automatique pour améliorer les résultats des patients

    les dirigeants d’UnitedHealth ont présenté un certain nombre de programmes exploitant les données d’Optum et appliquant l’apprentissage automatique (machine learning) afin d’améliorer l’engagement et les résultats des patients avec les employeurs commerciaux et les affiliés à l’assurance Medicare.

    Lancement d’Optum Ventures pour financer des entreprises d’e-santé

    M. Renfro a également annoncé le lancement d’Optum Ventures lors de la réunion du groupe qui s’est tenue en novembre. La nouvelle entité prévoit d’investir 250 millions de dollars US (210 Mds €) pour financer des entreprises de santé numériques.

    Parmi les premières sociétés à être soutenues figurent :

    • Apervita, une plateforme d’analyse de données basée sur le cloud ;
    • SHYFT Analytics, une plateforme de recherche pharmaceutique basée sur le cloud ;
    • Mindstrong Health, une application smartphone qui utilise l’apprentissage automatique pour aider les patients à évaluer leurs troubles de santé mentale.

    UnitedHealth multiplie les acquisitions

    De plus, l’entreprise a récemment complété l’acquisition de l’unité de conseil du groupe Advisory Board (1,3 Mds USD ; 1,10 Md €), une société spécialisée dans la recherche et le conseil dans le domaine de la santé. En conséquence, UnitedHealth détient désormais une participation de 5,5 % dans la société d’informatique hospitalière Evolent Health, qui a récemment fusionné avec Advisory Board, ce qui en fait le principal actionnaire.

    Il s’agit de la troisième transaction réalisée cette année par le groupe allemand. Auparavant, UnitedHealth a conclu un accord de 2,3 milliards de dollars (1,9 Md €) avec Surgical Care Affiliates, l’un des plus grands fournisseurs des États-Unis dans le secteur de la chirurgie ambulatoire, et un deal de 2,8 milliards de dollars (2,4 Mds €) avec l’assureur chilien Banmedica.

    « Nous savons que nous pouvons être plus performants »

    Les acquisitions de UnitedHealth ont contribué à la croissance à deux chiffres des revenus du groupe au cours des dix dernières années.

    Le nouveau P.-D.G. de UnitedHealth ne semble pas s’inquiéter pour l’avenir de la société mais il a précisé aux investisseurs qu’il ne se reposera pas sur les lauriers de l’entreprise. « Nous savons que nous pouvons être plus performants, a déclaré David Wichmann. Nous sommes plus que prêts à intensifier notre jeu. »

  • Les professionnels de santé étrangers admissibles en France la durée d’une formation complémentaire

    Une autorisation temporaire d’exercice en France pour les étudiants en médecine, les médecins, les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes spécialistes étrangers, titulaires d’un diplôme permettant l’exercice de la spécialité dans leur pays d’origine a été mise en place par un décret paru au Journal officiel le 24 novembre 2017.

    Le décret fixe :
    • la procédure de délivrance de l’autorisation qui associe notamment de manière étroite le conseil national de l’ordre compétent et le Centre national de gestion ;
    • les durées minimale et maximale de cette autorisation ;
    • les types de formation pouvant être suivies ;
    • les modalités selon lesquelles il peut être mis fin à cette autorisation.

    Le décret modifie les parties du Code de la santé publique régulant l’autorisation temporaire de chacune des catégories nommées ci-dessus.

    Les médecins et chirurgiens-dentistes souhaitant obtenir la délivrance d’une autorisation temporaire d’exercice doivent notamment bénéficier d’une promesse d’accueil par un établissement de santé public ou privé à but non lucratif pour suivre une formation continue diplômante ou non diplômante permettant l’acquisition ou l’approfondissement d’une compétence dans leur spécialité.

    S’agissant des pharmaciens spécialistes, il leur est exigé de disposer d’une promesse d’accueil faite par un établissement public de santé. Un accompagnement durant leur formation doit être assuré par le coordinateur interrégional mentionné par l’article D. 633-12 du même code.

    À l’issue de la période de formation, les lieux de stages agréés (établissement de santé d’accueil) doivent produire au praticien un document attestant de sa formation.

  • IA et données : General Electric consolide sa position dans la santé en s’associant à Intel et Nvidia

    General Electric (GE) a annoncé un partenariat avec Intel et Nvidia à l’occasion du Congrès annuel de la Radiological Society of North America (RSNA) du 26 novembre 2017 à Chicago, afin d’accélérer l’adoption de l’IA dans le secteur de la santé et notamment développer ses applications à l’imagerie numérique.

    GE compte sur l’utilisation des données générées par les hôpitaux, à hauteur de 50 téracotets par établissement de taille moyenne et par an, alors que l’entreprise estime que 3% seulement sont exploitables.

    Nvidia doit soutenir la société à équiper ses quelques 500 000 appareils d’imagerie médicale d’IA et de nouveaux outils d’échographie devraient naître de l’association avec GE.

    Le partenariat avec Intel prend la forme d’un investissement direct dans un laboratoire commun de développement numérique, le JPAL (Joint Performance Acceleration Lab) et l’intégration aux appareils d’imagerie de GE des fonctionnalités de la plateforme Xeon Scalable d’Intel.

    Détecter les lésions hépatiques et rénales grâce à l’IA plus rapidement

    La fonctionnalité dont les appareils d’imagerie de GE vont être équipés émane du nouveau CT-scan de Nvidia, Revolution Frontier. Ce dernier est relié à la plateforme d’IA de Nvidia et est deux fois plus puissant par rapport aux anciennes générations de cette technologie. Il est notamment adapté à la détection de lésions hépatiques et rénales nécessitant une prise en charge rapide, grâce à sa capacité accélérée d’analyser les données recueillies.

    GE et Nvidia vont également collaborer à l’élaboration de nouveaux outils d’analyse pour l’échographie et misent tout sur l’analyse de données massives, mais plus performante que celle actuellement possible grâce au machine learning.

    Perfectionner la plateforme Intel Xeon Scalable et développer des solutions d’imagerie au sein du JPAL

    GE va exploiter les performances et les solutions d’Intel afin de réduire les coûts associés à l’utilisation de solutions d’imagerie médicale numérique de 25% pour les établissements de santé grâce au cloud notamment. Cette collaboration doit aussi aboutir à la :

    • réduction de risques d’une exposition prolongée ou répétitive aux rayons pour les patients ;
    • réduction du temps nécessaire à l’établissement du diagnostic.

    Les deux sociétés vont également ouvrir un accélérateur de développement de solutions numériques  dans le centre-ville de Chicago. On y développera, testera et validera les innovations qui à termes ont vocation à être intégrées aux solutions d’imagerie matérielles et logicielles de GE Healthcare.

  • Baromètre du numérique 2017 : les Français sont prêts à adopter de nouveaux services numériques

    Le Baromètre du numérique sur « Les conditions de vie et aspirations des Français » réalisé par l’ARCEP, le Conseil général de l’économie et l’Agence du numérique, publié le 23 novembre 2017, confirme la progression des usages du numérique dans la société, avec des Français de plus en plus connectés.

    En 2017, 85% d’entre eux disposent d’un accès à internet à leur domicile et les trois quarts déclarent se connecter au web quotidiennement, de préférence via leur téléphone. 73% des Français en possèdent un aujourd’hui, alors qu’ils étaient à peine plus d’un quart (28%) en 2012.

    Reste que les possibilité offertes par les outils numériques sont encore « largement sous-exploitées », selon le Baromètre, avec 49 % des Français de 18 ans et plus qui profitent « pleinement » ou « assez largement » des possibilités offertes par les nouvelles technologies (nouveaux services, nouvelles fonctionnalités) dans leur vie quotidienne. 26 % n’en profitent pas du tout.

    Les plus jeunes et les plus diplômés sont ceux qui disent en profiter le plus, pour les achats en ligne ou l’e-administration, par exemple. A contrario, les plus âgés et les moins diplômés savent moins tirer profit des opportunités offertes par les outils numériques dans la vie de tous les jours.

    En conclusion, l’étude révèle que les Français « ne sont pas aussi frileux ou conservateurs qu’on le pense » et se disent prêts à adopter de nouvelles technologies ou services numériques « immédiatement » (24 %) ou « progressivement » (52 %).
    Seuls 23 % s’y refusent, notamment les personnes non-diplômées ou les plus de 70 ans.

  • ARCEP

    Autorisation de régulation des communications électroniques et des postesnull

  • PLFSS 2018 : projet de loi adopté par l’Assemblée, mais pas par le Sénat ce 1er décembre 2017

    Le PLFSS 2018 a été adopté en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale le mercredi 29 novembre 2017 mais, lors de son examen en nouvelle lecture par les sénateurs ce 1er décembre 2017, le texte n’a pas été adopté.

    Les députés ont rétabli la hausse de la CSG dans le texte, sujet épineux qui les oppose au Sénat et qui a constitué le principal obstacle à l’adoption du texte lors de la première lecture par les deux assemblées, et ont soumis de nouveau le projet de loi au Sénat.

    Étant dans l’incapacité à aboutir à un accord, même après qu’une Commission mixte paritaire se soit saisie des dispositions qui ont semé la discorde, le projet est maintenant renvoyé devant l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot et qui examinera le PLFSS 2018 en lecture définitive le 4 décembre 2017.

  • Télémédecine : 4 projets du CHU de Rennes retenus par l’ARS Bretagne

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Rennes a communiqué, le 28 novembre 2017, sur quatre projets innovants sur le plan numérique, diagnostique, thérapeutique et organisationnel, retenus par l’Agence Régionale de Santé Bretagne dans le cadre de son appel à projets « Télémédecine 2017 » datant du 1er juin 2017.

    Les dotations l’ARS vont permettre aux patients victimes d’AVC traités au CH de Redon – établissement partenaire du CHU appartenant au même GHT Haute Bretagne – de bénéficier de téléconsultations et télé-expertises pour une meilleure prévention et un suivi sur mesure.

    Les patients souffrant d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs pourront pratiquer une activité physique adaptée à partir d’une plateforme interactive.

    Avec le projet PRE²B, la population rennaise disposera d’un centre d’évaluation et de prévention des expositions environnementales toxiques graves.

    Enfin une nouvelle organisation est expérimentée pour rendre la détection précoce de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) plus performante et coordonner efficacement le parcours de soins des patients à l’échelle de trois départements bretons.

    Des lunettes connectées pour les téléconsultations et télé-expertises AVC

    Face à la raréfaction des ressources médicales en neurologie sur le territoire et à l’augmentation de patients identifiés « AVC » au sein de l’unité de proximité AVC du Centre Hospitalier de Redon, le docteur Stéphane Vannier, neurologue et responsable de l’Unité neuro-vasculaire au CHU de Rennes et le docteur Nicolas Chauvel, responsable des urgences au CH de Redon envisagent de déployer, sur le CH de Redon, un projet de téléconsultation et de télé-expertise AVC. Après accord de prise en charge, un neurologue du CHU pourra émettre pour ses collègues urgentistes du Redon un avis sur les cas d’AVC ou suspicion d’AVC inférieur à 4h30. Il disposera d’un accès direct au dossier informatisé du patient pris en charge et sera équipé de lunettes connectées afin d’avoir un échange visuel et en direct. Cette solution ultramobile et bretonne, permettra d’optimiser la prise en charge des patients de Redon, puis, suite à l’expérience pilote, de ceux des CH du GHT Haute-Bretagne (Fougères et Vitré). 

    Une plateforme interactive dédiée à l’activité physique dans l’artériopathie des membres inférieurs 

    Autour de la thématique « maladies chroniques et éducation thérapeutique », le projet de plateforme interactive pour le suivi et l’accompagnement en activité physique des patients atteints d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs pris en charge au sein du GHT Haute Bretagne a obtenu une dotation de 100 000 €. 

    Cette plateforme permettra aux patients de bénéficier d’une solution de réadaptation vasculaire (activité physique pour l’amélioration de la marche) supervisée et personnalisée à distance, basée sur un changement progressif des habitudes de vie à domicile. Cette plateforme se voudra évolutive pour servir dans d’autres pathologies après la phase de validation dans l’artériopathie des membres inférieurs. 

  • Mission Villani sur l’IA : les grands axes du rapport 2018 à paraître

    Missionné par le Président de la République pour élaborer la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle en septembre 2017, Cédric Villani fait un premier bilan de ses recherche qu’il a dévoilé le 29 novembre 2017.

    Il avait déjà annoncé que la santé serait un domaine phare de son enquête et qu’il y consacrerait 200 auditions. Il a fini par auditionner 250 personnes de 13 pays différents.

    Cela lui a permis de dresser un faire un état des lieux politique dans le domaine et d’identifier les acteurs forts sur la scène internationale, comme les États-Unis et les GAFA et de formuler quelques propositions, axes qui se retrouveront dans le rapport final :
    • structurer une politique industrielle et économique ambitieuse et à la fois prudente ;
    • définir une politique des données favorisant leur partage et leur mutualisation ;
    • développer une politique de formation encourageant l’agilité et la flexibilité, mais également la maîtrise des techniques nouvelles ;
    • limiter les besoin en énergie de l’IA pour garantir un impact écologique raisonnable ;
    • définir un cadre d’action éthique et mettre en place une gouvernance à la hauteur de la confiance des acteurs ;
    • créer un cadre propice pour une recherche articulée entre le public et le privé et une collaboration transversale entre l’ensemble des acteurs facilité par la construction d’un écosystème fort.

    Le rapport final doit être remis fin janvier 2018 et il pourrait déboucher sur une loi-cadre.

    Tenir compte des acteurs déjà positionnés et créer un écosystème robuste

    Sans que cela cela ne constitue une raison d’accélérer irraisonnablement, Cédric Villani souligne que les États-Unis et les GAFA se sont déjà positionnés sur le marche de l’IA et que l’écart se creuse avec ceux qui n’ont pas encore intégré cette nouvelle technologie à leur stratégie industrielle et économique.

    Les pays comme la Chine, le Canada, Israël, mais également des pays nord-européens se placent également et la France doit rejoindre ce dernier camp au plus vite pour pouvoir prétendre être un acteur de poids en la matière. Par conséquent, la feuille de route de Cédric Villani préconisera de faire émerger des écosystèmes forts afin de positionner efficacement la puissance publique comme moteur.

    Politique des données, du travail et de l’écologie en adéquation avec les enjeux

    • Concernant la politique des données, il s’agit de proposer un cadre qui permette d’arriver à un équilibre entre la protection nécessaire et une valorisation économique dans un climat de confiance dans la qualité et la gestion des données. La mission fera ainsi des propositions pour favoriser la mutualisation et le partage de données publiques et privées via des bases de données existantes, la mise en réseau de données et leur structuration afin de les rendre exploitables.
    • Si on ne peut nier l’impact de l’AI sur l’emploi, aucune prédiction funeste n’a lieu d’être actuellement et l’enjeu consiste à faire cohabiter l’homme et la machine. L’accent doit être mis sur la formation afin que cette nouvelle technologies soit appréhendée de la meilleure façon possible en encourageant  l’apprentissage de nouvelles compétences issues de l’automatisation et la flexibilité.
    • Maîtriser la consommation énergétique de l’IA est un véritable enjeu, donc il faut tabler sur les formes d’IA non énergivores et au service de l’écologie, ce qui pourrait constituer le secteur dans lequel la France prendrait les devants.

    La recherche et les investissements

    Pour une recherche plus efficace, les propositions suivantes émergent :

    • l’ouverture de facilités supplémentaires aux chercheurs ;
    • l’amélioration de l’environnement de travail des chercheurs en IA, à la fois pour faire revenir les français, mais aussi  pour attirer les chercheurs étrangers ;
    • la mise en place d’un écosystème plus favorable à la création d’entreprises ;
    • l’allégement de certaines contraintes administratives ;
    • l’organisation de défis sur des problématiques identifiées du monde industriel.

    Quant aux financements apportés par la puissance publique, aucune proposition chiffrée n’a été formulée, mais l’exemple de la Finlande a été cité et ce pays investit 100 millions par an dans l’IA.

    Par ailleurs, des investissements conséquents seront nécessaires pour développer la cybersécurité (plusieurs dizaines de milliards d’euros pour se mettre à jour).