Les femmes souffrant de cancer considèrent les applications mobiles de psycho-oncologie comme des outils pertinents. Dans une étude* publiée le 24 novembre dans le Journal of Medical Internet Research Cancer, des chercheurs allemands montrent que les applications sont surtout plébiscitées pour gérer l’anxiété, les symptômes dépressifs et la qualité de vie. Les patientes estiment que les applis sont plus efficaces que les sites internet, les blogs ou les consultations en ligne.
Cancer : le fort besoin de suivi psychologique
Un tiers des femmes souffrant de cancer développent des troubles anxieux ou encore des symptômes dépressifs. La moitié de l’ensemble de ces patientes éprouvent le besoin d’un suivi psycho-oncologique. Bien que ces soins se soient développés ces dix dernières années, une majorité de patientes n’a pas accès à ce type de prise en charge. C’est pourquoi des outils virtuels – applications mobiles, sites, consultations en ligne ou encore emails – peuvent en partie combler les manques. Encore faut-il que ces outils répondent aux attentes des patientes…
Des outils virtuels pour gérer la détresse psychologique
Des chercheurs allemands du département de psychothérapie et de médecine psychosomatique de l’hôpital universitaire de Tübingen ont donc lancé une étude transversale visant à évaluer les besoins de soins psycho-oncologiques des femmes souffrant de cancer, en fonction de leur niveau de détresse psychologique. Une photographie qui devrait permettre de développer des applications mobiles, mais aussi des sites ou des blogs répondant à leurs besoins.
Un total de 716 femmes souffrant d’un cancer du sein et/ou d’un cancer gynécologique ont donc répondu à un questionnaire en ligne. Elles ont été recrutées via différents canaux : les réseaux sociaux, des plateformes de patients, des conseillers dans des centres oncologiques… Dans un premier temps, elles devaient classer par ordre d’importance leurs besoins psycho-oncologiques. Dans un second temps, elles étaient invitées à auto-évaluer leur niveau de détresse psychologique. D’autres outils permettant de mesurer leur qualité de vie et leurs besoins de suivi psychologique ont été utilisés.
Résultats
L’évaluation des besoins d’intervention psycho-oncologiques à l’aide d’applications mobiles a fait ressortir 5 priorités :
- gestion de l’anxiété (96,8%)
- capacité à faire face (96,8%)
- amélioration de la qualité de vie (94,4%)
- gestion de sentiments dépressifs (94,2%)
- capacité à faire face à une nouvelle vie (93,4%)
Les applis mobiles jugées pertinentes
A l’inverse, les patientes sont moins en attente d’applications mobiles centrées sur la spiritualité ou encore la sexualité. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les malades préfèreraient évoquer ces thèmes en face à face.
Par ailleurs, les patientes participant à cette étude considèrent, dans leur ensemble, que les outils virtuels comme pertinents pour une prise en charge psycho-oncologique. Mais, tous les outils ne se valent pas à leurs yeux. Elles les ont classées selon leur degré de pertinence :
- 77,7% pour les applis
- 67,7% pour les blogs et les chats
- 55,8% pour les mails
- 52% pour les consultations en ligne
- 41,5% pour les vidéoconférences
Par ailleurs, le degré de détresse psychologique des patientes n’avait pas d’influence sur leurs besoins en soins psycho-oncologiques. Cette étude semble mettre en évidence un certain consensus sur le sujet.
Les auteurs de ces travaux tiennent également à souligner que chez les patientes souffrant de cancer, l’auto-gestion des symptômes est perçue positivement. Tout naturellement, les offres de soins virtuels reçoivent un accueil lui aussi positif. « Ces résultats doivent donc encourager le développement d’applications mobiles dédiées à la psycho-oncologie, déclarent-ils. Elles devraient en outre réduire les obstacles qui se dressent dans l’accès à ces soins. »